Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) Avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Ounie Lecomte n'en a pas fini avec la thématique de l'adoption. Un sujet intime qu'elle avait déjà abordé frontalement — sans laisser d'impérissable souvenir, d'ailleurs — dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité.

Malgré des atouts de poids, allant de la musique d'Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s'égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.


Je vous souhaite d'être follement aimée

De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Salette, Anne benoit...

De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Salette, Anne benoit...

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Elisa, kinésithérapeute, part s’installer avec son jeune fils, Noé, à Dunkerque, ville où elle est née sous X. Quelques mois plus tôt, elle y a entrepris des recherches sur sa mère biologique, mais cette femme a refusé de dévoiler son identité.


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“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Thriller | De petits arrangements avec la sécurité dans une influente usine vont empoisonner l’environnement, les salariés et les relations familiale d’une infirmière trop jeune et trop honnête. Après la belle histoire Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte d’un cran avec cet éco-thriller tristement contemporain. Label Cannes 2020.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Rouge“ de Farid Bentoumi : poussée à boue

Tout juste diplômée, Nour a été embauchée comme infirmière dans l’usine où son père est syndicaliste. Très vite, elle découvre l’existence de graves pollutions boueuses affectant l’environnement et les salariés, ainsi que de nombreuses complicités pour dissimuler ces empoisonnements… Ironie tragique, le rouge du titre ne renvoie pas à la couleur du monde ouvrier, celui-ci ayant pactisé avec le patronat autour d’intérêt communs ; en l’occurence sur le dos du monde vert. C’est d’ailleurs l’un des enjeux remarquables de ce film qui infléchit de manière pragmatique la démarcation entre “les bons et les méchants“. En vérité, on n’est plus dans la dialectique ancienne parant mécaniquement le prolétaire de toutes les vertus et l’employeur des pires turpitudes : la loi du marché est passée par là. Et les compromissions clientélistes successives des élus comme des représentants syndicaux ont fait le reste. Le capitalisme ayant horreur du vide (comprenez : de ne pas avoir une classe à exploiter impunément) a donc jeté son dévolu sur l’environnement, au sens large. Alerte rouge

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Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Festival | Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 décembre 2020

Jazz à Vienne 2021, premiers noms

Armés de notre plus solide perche d'espoir (et bientôt peut-être d'un vaccin) sautons par dessus la crise sanitaire comme Armand Duplantis efface 6m à l'entraînement et projetons nous vers l'été prochain. C'est à cette date que Jazz à Vienne gonflé d'optimisme nous propose d'atterrir aux alentours du 23 juin en dévoilant, comme si de rien n'était (ou ne sera), les premiers noms de son édition 2021, sise du 23 juin, donc, au 10 juillet prochain. à commencer par l'ami Jamie Cullum qui se verra ce jour précédé sur scène par la batteuse et chef d'orchestre Anne Paceo. Deux jours plus tard, se tiendra une soirée délicieusement africanisante avec la légende Salif Keita, le prince (et Dorian Gray) du blu-funk Keziah Jones et la mezzo-soprano Julia Sarr qui viendra livrer un message de paix à l'occasion de Sénégal en Isère 2021. On continue les 28 juin et 05 juillet avec d'autres habitués de la scène allobroge parce que furieusement incontpurnables d'abord les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz en un double plateau d'envergure, puis le contrebassist

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Sorties de leur réserve : "Une belle équipe"

Comédie | Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Sorties de leur réserve :

Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilisent des corps de femmes afin de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Bien

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Anne Benoît, actrice majuscule

Théâtre | Tout repose sur l'actrice. Anne Benoît est magistrale dans le rôle d'une femme en souffrance au travail imaginée par la romancière Nina Bouraoui dans un livre à paraître en janvier, "Otages". Richard Brunel accompagne à la mise en scène ce cri, cette résistance et ces violences.

Nadja Pobel | Mardi 26 novembre 2019

Anne Benoît, actrice majuscule

« J'ai cherché la joie comme une folle » nous dit Sylvie Meyer, la quinquagénaire, deux enfants et un mari qui vient de partir sans qu'elle s'en émeuve vraiment. Depuis vingt ans, elle travaille dans une usine de caoutchouc, répond à toutes les demandes même lorsqu'il s'agit de surveiller désormais les agissements de ses collègues. Jusqu'à ne plus en pouvoir et se pointer au bureau avec un couteau caché dans le sac, pour une nuit de séquestration. Richard Brunel, pour cette dernière production en tant que directeur du CDN de Valence (et avant de bientôt rejoindre l'Opéra de Lyon) utilise des astuces scénographiques qui lui sont familières : de la vidéo projetée et des cloisons mouvantes faites de rideaux californiens permettant d'ouvrir ou fermer l’espace. Tout est aseptisé comme récemment dans Certaines n'avaient jamais vu la mer ou même dans le pourtant rugueux Roberto Zucco. Trop. Mais au moins rien n'entrave la parole de ce quasi monologue — l'homme n'étant qu'une matière à re

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En formule trio

Jazz | Ce n'est pas si courant dans nos contrées : trois pointures du jazz se succèdent en quelques jours dans les salles lyonnaises, avec Ibrahim Maalouf, Louis Sclavis et Herbie Hancock.

Sébastien Broquet | Mardi 15 octobre 2019

En formule trio

Ibrahim Maalouf Du jazz à la Halle Tony Garnier ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Sami Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, et l'on ne doute pas que le gigantisme de cette salle ne soit même pas un obstacle pour celui qui fût récompensé en 2017 d'un César pour sa musique du film Dans les forêts de Sibérie. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'

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Dans la boîte de jazz

Jazz | Entre incontournables têtes d'affiche et indécrottables têtes chercheuses, entre péniches, sous-sol et salles extra-larges, voici quelques-uns des grands moments de jazz à piocher cette saison dans la boîte de Pandore jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

Dans la boîte de jazz

Le jazz, c'est pas très compliqué, c'est une affaire de grands noms et de défrichage, de types qui ont joué avec les plus grands (ou qui le sont eux-mêmes) et de laborantins flirtant avec les limites de leur genre. De grands noms, le Grand Lyon n'en manquera pas cette saison qui accueillera deux éternels revenants : Herbie Hancock (2 novembre) et Bobby McFerrin (18 novembre) tous deux à l'Auditorium (avec Jazz à Vienne), et dans des styles très différents Ibrahim Maalouf (27 octobre à la Halle Tony Garnier) et Michel Jonasz (23 novembre à l'Amphi 3000). Plus pointu : Sclavis se présentera en quartet au Périscope pour Characters on a wall, autour du travail du plasticien Ernest Pignon-Ernest (18 octobre) et en trio douze jours plus tard à l'Opéra Underground avec un projet pour cordes et clarinette baptisé Asian Fields Variations (26 octobre). Ce sont d'ailleurs bien dans ces lieux que se joue le jeu du défrichage et de l'expérimentation. Au Périscope qui fêter

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Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Mais vous êtes fous | Pour son premier long-métrage, Mais vous êtes fous, l’ancienne journaliste Audrey Diwan s’est penchée sur une histoire d’addiction à fragmentation multiple. Propos rapportés des Rencontres du cinéma d’Avignon et de Gérardmer.

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Pourquoi ce titre ? Audrey Diwan : Je voulais donner un élan. Quand il y a une pulsion dramatique, on ne va pas la renforcer par quelque chose de triste — j’ai l’impression que le film n’est pas forcément comme ça. J’avais envie d’un titre inclusif pour les deux personnages du couple Céline Sallette et Pio Marmaï. Comment vous êtes tombée sur ce fait divers ? J’ai rencontré par hasard la femme dont est tirée l’histoire vraie — ce qui ne veut pas dire que c'est son histoire parce que derrière on a pas mal fictionnalisé. Et j’ai été bouleversé par cette femme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, parce qu’elle venait de découvrir que son mari souffrait d’une grave addiction, que sa famille était contaminé. Elle était surtout pleine de questions, sidérée et puis bouleversée pour elle mais aussi pour lui. C’était quelqu’un capable de sentiments très forts. J’ai longtemps pensée à elle, jusqu’à apprendre quelle avait été la résolution de cette histoire, quelques années plus tard, et comment s’était effectuée la contamination.

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De la poudre aux yeux : "Mais vous êtes fous"

Drame | De Audrey Diwan (Fr, 1h35) avec Pio Marmai, Céline Sallette, Carole Franck…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

De la poudre aux yeux :

Dentiste apprécié, mari et papa aimant, Roman cache sa cocaïnomanie. L’une de ses fillettes étant victime d’une surdose, la police et les services sociaux débarquent : la famille entière se révélant positive à la drogue, les enfants sont placés. Et l’image du bonheur parfait se pulvérise… Audrey Diwan a tiré son argument d’une histoire vraie en modifiant, comme le veut la coutume, les noms et situations des protagonistes afin qu’ils ne soient pas identifiables. De ce fait divers à énigme qui aurait pu ne tenir qu’un court-métrage — en clair, comment ont-ils tous pu être contaminés par le père ; ce dernier les a-t-il délibérément empoisonnés ? —, la cinéaste a su étoffer son propos en composant un film où l’addiction prend des significations supplémentaires et se transforme en bombe à fragmentation. S’ouvrant sur la dépendance aux stupéfiants, le drame bifurque en effet vers un récit centré autour du manque : celui éprouvé par des parents privés de leur progéniture, et surtout celui que les deux amants Roman et Camille officiellement séparés ressentent l’un pour

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"Corporate" : critique et interview du réalisateur Nicolas Silhol

ECRANS | Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail, suite à un suicide dans son entreprise. Jusqu’où restera-t-elle fidèle à sa hiérarchie ? D’une grande rigueur réaliste et peuplé d’un casting hétéroclite venant de la télévision, du théâtre ou du cinéma classique, Corporate dissèque les méthodes de management amorales mais totalement acceptées par nos entreprises modernes. Enveloppant son histoire d’une mise en scène économe, froide et sans éclat, son discours sur l’injustice sociale demeure louable mais aurait été plus audible dans un documentaire. À se demander si le récit ne passe pas à côté de son sujet tant l’inspectrice du travail (justement campée par Violaine Fumeau) et son regard sur cet univers sans pitié placent au second plan une intrigue policière dispensable. Nicolas Silhol : « Je n’avais pas envie de faire un reportage » Les DRH que l’on porte dans le cœur sont rares. Pourtant, c’est bien sur ce métier clivant que le réalisateur Nicolas Silhol a décidé de tourner son premier thriller. Entretien avec le patro

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Jazz : ils re-Vienne

Jazz à Vienne | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Jazz : ils re-Vienne

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms — c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouge sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu ? Qui revient ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, depuis tant d'années, qui laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche (on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter). Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, l'immense guitariste John McLaughlin, l'incontournable Erik Truffaz, la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf, invité dans les plus grands raouts planétaires (cf. Cannes),

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Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète en bas d'article).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Cinq bonnes raisons d’aller à Jazz à Vienne

Chic feat. Nile Rodgers Le retour en force du génial Nile Rodgers initié par sa collaboration avec Daft Punk et Pharrell Williams sur Get Lucky entraîne évidemment le come-back de Chic (ou ce qu'il en reste, c'est à dire Nile) sur les grandes scènes de festivals. Revue de tubes en approche : des pépites disco composées avec son acolyte Bernard Edwards (disparu en 1996) à celles concoctées pour d’autres (Sister Sledge, Diana Ross remise en selle par Upside Down, le Let’s Dance de Bowie…), le théâtre va onduler du bodjo, sévèrement. Plaisir pur. Au Théâtre Antique le samedi 2 juillet Ibrahim Maalouf Le génial trompettiste d’origine libanaise s’est imposé durablement sur la scène jazz et au delà, depuis son premier album Diasporas en 2007. Réussissant à se frayer un chemin original et à défricher des pistes inexplorées, si ce n’est parfois par Jon Hassell, Ibrahim Maalouf mêle sonorités orientales et jazz, parfois saupoudrées d’une fine influence hip hop ou électronique.

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Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’étaient égarés sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la "gasconnerie" folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux "rois" de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoir

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Mardi 22 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer. Pendant ce temps, son frère se meurt du SIDA et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait à peu près la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie — qui est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur — passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie — Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à Laurence Anyways… Dommage, car Bruni Tedeschi a progressé en tant que cinéaste, moins ar

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Ici-bas

ECRANS | De Jean-Pierre Denis (Fr, 1h35) avec Céline Sallette, Éric Caravaca…

Dorotée Aznar | Mercredi 11 janvier 2012

Ici-bas

En 1943 à Périgueux, Sœur Luce, chrétienne dévouée, tombe amoureuse d’un aumônier résistant qui s’apprête à quitter les ordres. Malentendu presque lacanien : elle pense que leurs chemins, y compris spirituels, se croisent et confond le désir qu’il éprouve pour elle avec l’amour qu’elle porte pour le Christ. Beau sujet que Jean-Pierre Denis, réalisateur rare des Blessures assassines, tente de marier avec sa peinture de la France en guerre. Mais le manque de moyens de la reconstitution, les clichés d’un dialogue sans aucun naturel ni quotidienneté, donnent à Ici-bas des allures de téléfilm France 3 Région. Il faut attendre le dernier tiers, où le cinéaste pousse sa logique jusqu’à la plus grande noirceur, pour que le film s’extirpe de cette glaise théâtrale, se débarrassant au passage (et c’est tant mieux) de tout soupçon de bondieuserie. Dans cette dernière partie, la troublante Céline Sallette tombe le masque de l’illuminée et révèle une cruauté particulièrement effrayante. Christophe Chabert

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"Je n'aimais pas la trompette"

MUSIQUES | Entretien avec Ibrahim Maalouf, trompettiste de jazz franco-libanais. À mi-chemin entre le jazz et la musique orientale, ses deux premiers albums ont été acclamés par la critique. Sur scène, c'est accompagné de son quintet, qu'il propose de redécouvrir sa musique, dans une version plus rock. Au festival Jazz à Vienne le 2 juillet. Propos recueillis par Laurence Magnaudet

Dorotée Aznar | Jeudi 1 juillet 2010

Petit Bulletin : Vous êtes issu d'une famille de musiciens. La musique a été une évidence pour vous ?Ibrahim Maalouf : Oui et non. Mon père m'a appris la trompette très tôt, mais j'avais envie de faire autre chose. Je voulais devenir architecte. Et puis, j'ai intégré le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et j'ai commencé à participer aux concours internationaux. Je me disais que je devais aller le plus loin possible dans ce que je pouvais faire dans le registre classique. Je l'ai fait. Et puis j'ai voulu arrêter. Arrêter la musique ? Pourquoi ?D'abord je n'aimais pas la trompette. J'en ai fait parce que c'était l'instrument de mon père et que j'avais des facilités. Mais je trouvais le son trop dur. Si aujourd'hui je devais refaire d'un instrument, ce serait quelque chose de plus doux, comme le piano ou la guitare. La trompette, ça peut être doux, mais à l'époque, je ne le savais pas. Et finalement, vous avez décidé de continuer, mais dans un autre registre.Oui. J'ai rencontré Maurice André, qui m'a dit de trouver mon propre son. J'ai repris la trompette, mais en travaillant pour moi. Je me suis mis à composer de petites

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Une vie toute neuve

ECRANS | D’Ounie Lecomte (Corée du Sud-Fr, 1h32) avec Saeron Kim, Do yeon Par…

Christophe Chabert | Lundi 4 janvier 2010

Une vie toute neuve

Produit par le grand Lee Chang-dong, ce premier film à forte teneur autobiographique n’a pas retenu la leçon de l’ancien ministre de la Culture sud-coréen : prendre toujours le spectateur à contre-pied d’une séquence à l’autre. "Une vie toute neuve" fonctionne sur le principe inverse : tout y est désespérément prévisible. Ounie Lecomte ayant une peur panique de la note fausse, elle se contente de déployer scolairement le programme de son film. Une petite fille est abandonnée par son père dans un orphelinat ; d’abord mutique et rebelle à cette nouvelle vie temporaire — en attente d’une adoption occidentale — elle va se trouver une amie, puis se faire une raison. Comme le film n’est pas particulièrement bien filmé, plutôt avare en émotions et peu soutenu par des idées de cinéma elles-mêmes guère audacieuses (on ne voit jamais le visage du père), l’affaire se regarde avec un ennui distingué, mais profond. CC

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