Cartoon plein dans les salles

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Photo : © DR


Vous appréciez le cinéma d'animation, mais refusez par principe de vous infliger en famille les dernières émanations des gros studios ? Saisissez-vous du prétexte des congés scolaires pour convoyer vos ouailles dans les salles du réseau Grac de la Métropole ! 28 sites s'associent une fois encore en amont de la convention annuelle des professionnels européens de l'animation à Lyon (le Cartoon Movie) pour proposer un florilège de la production continentale récente — soit 16 programmes longs ou courts. L'occasion pour tous les publics de rattraper leur retard avec des œuvres singulières.

Les courts-métrages de Neige et les arbres magiques conviendront aux bambins dès 3 ans, tandis que les plus grands auront l'embarras du choix entre le très réussi Avril et le Monde truqué (qui mérite d'aplatir l'infâme Petit Prince aux César), Phantom Boy, Dofus - Livre 1 : Julith ou Tout en haut du Monde de Rémi Chayé, qui donnera une master-class le 2 mars au Toboggan de Décines.

Quant à La Montagne Magique d'Anca Damian ou Extraordinary Tales, d'après Poe, de Raul Garcia (présenté en avant-première et en sa présence le 3 mars au Comœdia), ils raviront ados et adultes par les étonnantes techniques plastiques et narratives déployées. Outre ces rendez-vous de prestige, chaque salle rivalisera d'imagination pour proposer l'animations thématique la plus originale : jeux, ateliers découvertes, goûters, apéros-sirop, débats, expositions, lectures de contes ou buffets de viennoiseries sont déjà prévus ; il ne vous reste qu'à choisir la séance…

6e On Cartoon dans le Grand Lyon
Dans diverses salles du 13 février au 4 mars

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“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Comédie | Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, un scénariste, un comédien paraplégique ainsi que son épouse, actrice à la mémoire défaillante. Leur haine routinière est perturbée par l’irruption d’admirateurs : des agents immobiliers désireux de faire main basse sur leur bâtisse. Mais on ne s’attaque pas si aisément à des experts en construction dramatique… Jadis lauréat d’un Oscar pour un thriller politico-sentimental — Dans ses yeux — et vieux routier des plateaux étasuniens où il a tourné bon nombre de séries, Juan José Campanella concocte ici un délice de manipulation auto-réflexive et métafilmique jouant autant avec les règles du genre policier qu’avec le public. En découle une comédie noire sardonique très Sunset Boulevard sur les vieilles peaux encapsulées dans leur passé, une réflexion mélancolique sur l’éphémère de la séduction (et à ses faux-semblant troubles), ainsi qu’un éloge vachard et jouissif du pouvoir absolu de la création artistique,

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Doudou et dur à la fois : "Mon ninja et moi" d'Anders Matthesen

Animation | Depuis que sa mère s’est remise en ménage, Alex a hérité d’un “demi-frère“ de son âge qui le tyrannise à la maison et au collège. Quand son oncle excentrique lui offre une poupée de ninja magique ramenée de Thaïlande, Alex pense tenir sa revanche. Mais la contrepartie sera rude…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Doudou et dur à la fois :

La toute neuve société de distribution Alba Films tient sa première authentique pépite avec ce long-métrage danois méritant d’être le succès d’animation de l’été 2020. Mon ninja et moi marque en effet une réjouissante révolution dans l’univers plutôt corseté et policé des productions destinées au “jeune public” — vocable flou qui rassemble bambins jusqu’aux ados. À présent que tous les studios d’animation ont globalement atteint une excellence technique comparable à celui développé par Blue Sky, Dreamworks ou Pixar et uniformisé leur style graphique, le récit (et son traitement) est devenu l’ultime refuge de la singularité. Un retour aux fondamentaux pour spectateurs blasés des prouesses visuelles asymptotiques. Auteur et coréalisateur de Mon ninja et moi, Anders Matthesen donne le ton dès le début en montrant des enfants exploités dans une usine thaïlandaise, clairement maltraités pour fabriquer les jouets des petits Occidentaux : la mondialisation expliquée par une relation de cause à effet, sans parabole émolliente. De la même manière seront ab

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Fête du cinéma d’animation

ECRANS | C’est une discrétion un peu affligeante qui accompagne la Fête du Cinéma d’Animation. Il faut dire qu’elle manque un poil de lisibilité : elle se déroule durant (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Fête du cinéma d’animation

C’est une discrétion un peu affligeante qui accompagne la Fête du Cinéma d’Animation. Il faut dire qu’elle manque un poil de lisibilité : elle se déroule durant tout le mois d’octobre non pas dans toutes les salles de cinéma, mais celles qui le souhaitent ainsi que dans des lieux partenaires. Le Festival Lumière mobilise beaucoup d’écrans, rares sont ceux de la Métropole s’associant à cette manifestation célébrant la vivacité d’un genre fécond se réinventant sans cesse — on le verra dans les prochaines semaines avec le film de Jérémy Clapin, J’ai perdu mon corps. En attendant, il vous reste la MLIS pour un ciné-goûter en compagnie d’un classique de l’anime, le tendre Panda petit panda du maître Isao Takahata. Fête du Cinéma d’Animation À la Maison du Livre, de l’Image et du Son (Villeurbanne) ​le mercredi 16 octobre à 14h30

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Oiseaux de bon augure : "Le Mystère des pingouins"

Anime | Leur ville inexplicablement envahie par des pingouins, un groupe d’enfants profite des vacances pour enquêter. Un songe astrophysique drapé de poésie mythologique, empli de fantaisie. Et de palmipèdes.

Vincent Raymond | Samedi 17 août 2019

Oiseaux de bon augure :

Garçonnet éveillé mais réservé, Aoyama prend d’incessantes notes sur son entourage. Lorsque des manchots surgissent et s’évanouissent aussi vite qu’ils sont apparus dans sa ville, il cherche à comprendre en compagnie de quelques amis. Et de l’assistante dentaire dont il est (très) épris… Ne vous arrêtez à l’extrême platitude du titre, évoquant un film à destination exclusive du très jeune public ! C’est d’ailleurs un peu la malédiction de nombreux anime, où personnages humains et animaux se côtoient volontiers quant ils ne s’hybrident pas les uns avec les autres ; où des figures divines protectrices de la Nature s’incarnent volontiers dans des créatures réelles ou imaginaires (Pompoko, Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Les Enfants Loups, Ame & Yuki…) Un florilège de situations reléguées aux contes pour enfants en occident, quand elles constituent l’essence de contes à résonance morale ou philosophique au Japon — dont Takahata, Miyazaki ou Hosoda. Dans un autre registre, la problématique du titre trompeur se posera bientôt avec le très beau Je veux mange

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L'affaire est dans le sac : "Greta"

Thriller | de Neil Jordan (É-U-Irl, int.-12ans, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

L'affaire est dans le sac :

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte pour ne pas dire consentante, soit une épave bourgeoise — les deux n'étant pas incompatibles ? Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galv

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La voix est libre : "Grâce à Dieu"

Le Film de la Semaine | D’une affaire sordide saignant encore l’actualité de ses blessures, Ozon tire l’un de ses films les plus sobres et justes, explorant la douleur comme le mal sous des jours inattendus. Réalisation au cordeau, interprétation à l’avenant. En compétition à la Berlinale 2019.

Vincent Raymond | Lundi 11 février 2019

La voix est libre :

Lyon, années 2010. Fervent chrétien de quarante ans, Alexandre découvre qu’un prêtre ayant abusé de lui lorsqu’il était jeune scout est encore au contact de mineurs. Il saisit donc la hiérarchie épiscopale et Mgr Barbarin afin que le religieux soit écarté. Un long combat contre l’hypocrisie, l’inertie et le secret s’engage, révélant publiquement un scandale moral de plusieurs décennies… Il faut en général une raison impérieuse pour qu’un cinéaste inscrive à sa filmographie une œuvre résonant avec l’Histoire immédiate. Surtout si l’originalité de son style, sa fantaisie naturelle et ses inspirations coutumières ont peu à voir avec la rigueur d’une thématique politique, sociétale ou judiciaire. De même que Guédiguian avait fait abstraction de son cosmos marseillais pour Le Promeneur du Champ de Mars, François Ozon pose son bagage onirique pour affronter un comportement pervers non imaginaire dans un film filant comme une évidence de la première image du trauma à la révélation. A-t-on déjà vu en France pareille écriture scénaristique, à la fois méthodique et

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Melvil Poupaud : « j’ai toujours visé le long terme plutôt que le succès immédiat »

Grâce à Dieu | Dans le film d’Ozon, il incarne celui grâce auquel le scandale éclate enfin. Riche d’une carrière de plus de trente ans dans le cinéma (mais pas seulement), Melvil Poupaud enchaîne les partitions exigeantes et variées sans jamais se diluer. Conversation avec un comédien si précieux qu’il en devient indispensable…

Vincent Raymond | Lundi 11 février 2019

Melvil Poupaud : « j’ai toujours visé le long terme plutôt que le succès immédiat »

Dans Grâce à Dieu, François Ozon a fait appel à vous pour la troisième fois. À chaque fois, c’est dans ses drames les plus réalistes. Est-ce le fait du hasard, ou bien discutez-vous ensemble de la manière dont il vous emploie ? Melvil Poupaud : Je ne sais pas, je serais effectivement curieux de savoir pourquoi il pense à moi pour des rôles toujours assez dramatiques. Dans ma carrière, je n’ai pas fait énormément de franches comédies — plutôt des comédies romantiques. Peut-être qu’il sent en moi un potentiel de tragédien. Mais je ne peux pas me plaindre : ce sont des rôles qui ont toujours marqué. Le Refuge était plus petit, mais Le Temps qui reste ou celui-ci marquent ma filmographie et mon expérience d’acteur. Je ne vais pas lui demander de changer de registre (sourire), ça me réussit plutôt pas mal. À tous les deux, d’ailleurs. Votre liberté dans le cinéma français est très singulière : vous épousez des rôles forts (prêtre suborneur chez Ramos, victime combative chez Ozon, personne intergenre en quête d’identité chez Nola

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Grâce à Dieu

Avant-Première | Coup de tonnerre pour l’Église en général, cataclysme pour le diocèse de Lyon, apocalypse pour Philippe Barbarin et les autres personnes mises en cause (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Grâce à Dieu

Coup de tonnerre pour l’Église en général, cataclysme pour le diocèse de Lyon, apocalypse pour Philippe Barbarin et les autres personnes mises en cause dans cette sordide histoire, l’affaire Preynat (du nom du prêtre accusé d’actes pédophiles sur des jeunes scouts) a inspiré à François Ozon l’un de ses films les plus abrupts et émouvants, Grâce à Dieu, retraçant le courageux combat pour la vérité entrepris par les victimes devant la justice. Tourné sur les lieux mêmes des faits, le film est évidemment présenté en avant-première à Lyon, et suivi par un débat en présence du cinéaste et d’une partie de l’équipe. Grâce à Dieu Au Comœdia​ le lundi 11 février à 19h45

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Éclipse partielle : "P'tites histoires au Clair de lune"

Animation | de Miyoung Baek, Mohammad Nasseri, Babak Nazari (CdS-Fr-Irn-G-B, 0h39min)

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Éclipse partielle :

Destiné aux tout-petits dès trois ans, ce programme compile quatre films courts très inégaux et/ou un peu usés ayant en commun l’astre des nuits. Bonne idée sur le papier, qui commence pas trop mal avec Où est la lune ?, sorte de berceuse aux allures de comédie musicale condensée — il s’agit en fait d’un fragment de ciné-concert — accompagnant une élégante partie de cache-cache marine et aérienne à la fois. Les choses se finissent plutôt bien avec P’tit Loup, histoire enlevée de saute-moutons, au graphisme simple mais efficace. C’est entre les deux que cela se gâte : le conte iranien Ma lune, notre lune pourrait revendiquer un prix de médiocrité, s’il n’y avait l’épouvantable Il était une fois… la lune et le renard. Le fait que son auteur Babak Nazari ait quasiment tout fait seul à une époque où l’animation assistée par ordinateur était moins… accessible (2005) n’excuse ni la maladresse poussive du récit, ni la laideur caractérisée de l’ensemble digne des pire jeux vidéos du XXe siècle.

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Afros, blancs et méchants : "BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan"

Rire sous cape | Deux flics — l’un noir, l’autre blanc et juif — infiltrent la section Colorado du KKK. Le retour en grâce de Spike Lee est surtout une comédie mi-chèvre mi-chou aux allures de film des frères Coen — en moins rythmé. Grand Prix Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mercredi 22 août 2018

Afros, blancs et méchants :

Colorado Springs, aube des années 1970. Tout juste intégré dans la police municipale, un jeune flic noir impatient de “protéger et servir” piège par téléphone la section locale du Ku Klux Klan. Aidé par un collègue blanc, sa “doublure corps“, il infiltrera l’organisation raciste… Spike Lee n’est pas le dernier à s’adonner au jeu de l’infiltration : dans cette comédie « basée sur des putains de faits réels » (comme l’affiche crânement le générique), où il cite explicitement Autant en emporte le vent comme les standards de la Blaxploitation (Shaft, Coffy, Superfly…), le réalisateur de Inside Man lorgne volontiers du côté des frères Coen pour croquer l’absurdité des situations ou la stupidité crasse des inévitables sidekicks, bêtes à manger leur Dixie Flag. Voire sur Michael Moore en plaquant en guise de postface des images fraîches et crues des émeutes de Charlottesville (2017). Cela donne un ton cool, décalé-cocasse et familier, rehaussé d’une pointe d’actualité pour enfoncer le clou, au cas où les allusions appuyées à la

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Retour vers le futur : "Happiness Road"

Animation | Le cinéma taïwanais en prises de vues réelles connaissait un maître en la personne Ang Lee ; se pourrait-il qu’il se soit trouvé avec Sung Hsin-Yin son équivalent dans le domaine de l’animation ?

Vincent Raymond | Mercredi 1 août 2018

Retour vers le futur :

De son enfance taïwanaise, Tchi avait conservé des images diffuses, emportées aux États-Unis où elle a construit une existence bancale. De retour au pays pour les obsèques de sa grand-mère, Tchi renoue avec ses souvenirs, des amis et envisage un autre futur : en profitant du présent. Grand conte introspectif contemporain empreint d’une douce mélancolie s’apprivoisant progressivement pour se transmuer en nostalgie raisonnée, Happiness Road possède l’immensité d’une saga épique… alors qu’il conte le parcours d’une petite fille normale. Mais de cette normalité, Sung Hsin-Yin exhale tous les insondables mystères ; il embrasse le réel et l’onirique dans un même mouvement graphique d’une subtile élégance — qui n’est pas sans rappeler la grâce du regretté Isao Takahata. Et quand la majorité des romans d’apprentissage s’adresse à des enfants ou des adolescents, celui-ci se destine aux (jeunes) adultes, leur révélant qu’il n’est jamais trop tard pour mettre sa vie en harmonie avec ses aspirations profondes. Jouant de manière inattendue sur les époques, le surnatu

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Voiles et toile : "Capitaine Morten et la Reine des araignées"

Animation dès 6 ans | de Kaspar Jancis (Est-Irl-G-B-Bel, 1h15)

Vincent Raymond | Lundi 13 août 2018

Voiles et toile :

En pension chez la cruelle Annabelle, Morten espère le retour du bateau de son père, La Salamandre, dont le fourbe Stinger veut s’emparer. Las, un apprenti magicien rapetisse Morten et le propulse au royaume des insectes. Petit par la taille, le garçon reste immensément courageux… Héritiers d’une grande tradition du stop motion, les studios estoniens Nukufilm signent avec Capitaine Morten leur grande entrée dans le circuit des longs-métrages. Sans renoncer à l’inspiration ni l’esprit caractéristiques de l’animation des anciens pays “frères“ : comme chez maîtres tchèques ou russes, et même si l’histoire emprunte des sentiers fantaisistes, la marionnette conserve une certaine austérité dans sa forme — austérité que l’on retrouve dans certaines aspérités du récit : ici, Annabelle est cruelle et l’araignée (son double miniature) mange en beignets ses victimes. À une époque encourageant les histoires émollientes, il est peu banal de voir un conte osant réactualiser la figure de l’ogre et de la marâtre ! Qu’on se rassure cependant : cela se termine bien pour les gentils, évidemment.

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La mauvaise éducation : "Come as you are"

Drame | de Desiree Akhavan (É-U, 1h31) avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Mercredi 18 juillet 2018

La mauvaise éducation :

1993. Surprise en plein ébat avec une camarade, la jeune Cameron est envoyée par sa tante dans camp religieux de “réhabilitation“ pour les adolescents “déviants“ placé sous la férule des frère-sœur Marsh. Au sein du groupe, Cameron tente de préserver son intime personnalité… Cette vieille obsession puritano- normative de guérir l’homosexualité par la réclusion et la prière ! Dans l’idée (et l’efficacité), cela rejoint l’antique sacrifice des vierges pour s’assurer de bonnes récoltes ; le fait de croire que l’on peut infléchir des événements sur lesquels l’on n’a aucune prise en sadisant ses semblables au nom de l’intérêt général. La prétendue maison de rééducation religieuse des Marsh est à la fois un lieu de retrait du monde pour des familles honteuses de l’orientation de leur enfant (“cachons ce gay que nous ne saurions voir“) et un centre de torture psychologique. Paradoxalement, le confinement des ados et les chambrées non mixtes tendent à annuler le lavage de cerveau hétéro opéré pendant la journée. Desiree Akhavan épouse avec beaucoup de justesse et de sens

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Flash-back sur le Petit Bulletin Festival

MUSIQUES | De la pop, électro ou pas, française comme sud-africaine, les extravagances du rock anglais, une soirée 100 % féminine à base de folk américain et de performances voyageuses et l'un des plus grands orchestres d'Afrique de l'Ouest... Pour sa deuxième édition, le Petit Bulletin Festival est parti dans tous les sens sous la verrière des Subsistances. Et cela a valu quelques beaux moments dont il faudra se souvenir.

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mai 2018

Flash-back sur le Petit Bulletin Festival

Vendredi 27 avril Sage C'est Sage qui a ouvert les hostilités vendredi soir pour le concert inaugural du Petit Bulletin Festival sous la verrière des Subsistances. Des hostilités il faut bien le dire particulièrement avenantes mais un rien surprenantes pour qui est habitué aux disques de l'ancien Revolver. C'est en groupe – dont faisait partie la chanteuse et musicienne Theodora – et en mode plutôt rock que Sage a fait la blague, livrant des extraits ici particulièrement saignants de son album à venir en juin, Paint Myself. Ceux qui aiment cet artiste en mode piano-solo auront, ô joie, pu en profiter quelques précieuses minutes lors d'un concert surprise sis à la Boulangerie des Subistances pendant le deuxième changement de plateau. Là, Sage s'est livré, entre autres, à quelques reprises et à des collaborations complices avec Theodora pour un moment suspendu. Nakhane Vint le tour de Nak

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Un festival de talents (et de surprises)

Pépites | En plus d'Alela Diane, le Petit Bulletin Festival #2, ce sont deux autres têtes d'affiche, Cascadeur et Orchestra Baobab, et quatre jeunes talents fascinants. À noter aussi quelques concerts acoustiques et surprises à découvrir sur place pour lesquels il faudra prêter l'oreille. On n'en dit pas plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 avril 2018

Un festival de talents (et de surprises)

Les têtes d'affiche Cascadeur C'est Cascadeur qui ouvrira le festival comme première tête d'affiche. Une tête d'autant plus reconnaissable qu'elle est casquée mais dont les mélodies et les atmosphères d'apesanteur pop ne sont pas moins inoubliables que la tenue de pilote-cascadeur qui va avec. Son dernier album, Caméra est une pépite. Et ses prestations live des rêveries. Orchestra Baobab C'est la touche sono mondiale du festival, au goût de légende. Car l'orchestre de bal ouest-africain, l'un des plus grands du genre, créé en 1970, à l'effectif pléthorique et changeant, aura connu une histoire aussi riche qu'accidentée. Reformé en 2000 après une longue absence, Orchestra Baobab vient présenter un hommage forcément jouissif à l'un de ses membres les plus éminents : El Hadj Ndiouga Dieng, décédé en 2016. Alors on danse ? Les découvertes Sage Pour beaucoup ce n'est pas à proprement parler une découverte puisque le dénommé Ambroise Willaume a déjà officié avec le trio Revolver qui connut un certain succès en mode pop de chambre au tournant des

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Isaac Gracie : Un ange passe

Petit Bulletin Festival | Révélation express du folk rock anglais, le très intense Isaac Gracie, gueule d'ange à la voix de démon, ressuscite les figures de Kurt Cobain et Jeff Buckley. Mais ne doit sa grandeur qu'à lui-même.

Stéphane Duchêne | Mercredi 28 mars 2018

Isaac Gracie : Un ange passe

Visage d'ange donc forcément androgyne, 23 ans qui en font 16, le Londonien Isaac Gracie serait un mélange de Kurt Cobain, de Jeff Buckley et, si l'on en croît le Telegraph, de … Macaulay Culkin messianique – preuve à charge : la lourde croix qu'il porte autour du coup. Le voilà donc charriant quelque chose de cette jeunesse gracieuse que le succès a sacrifié. Et s'il faut voir des symboliques partout, on ne s'étonne pas que dans son nom, il y ait les mots « grâce » et « gracié », ni qu'il porte le prénom du fils qu'Abraham voulut offrir en sacrifice à Dieu sur le Mont Moriah avant qu'un ange ne retienne son bras. Lui n'en est pas là car à la genèse de sa carrière. Mais du nom qu'on nous assigne, en une infusion lacanienne, il reste forcément quelque chose. Le concernant, dans ce lyrisme désespéré et colérique, comme abandonné à la

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Tous en salles ! : Proprement séduisant

Festival kid friendly | Les vacances arrivent, et avec elles les joies de l’organisation familiale. Comment occuper ses enfants ? En les expéd… pardon, les envoyant au (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 6 février 2018

Tous en salles ! : Proprement séduisant

Les vacances arrivent, et avec elles les joies de l’organisation familiale. Comment occuper ses enfants ? En les expéd… pardon, les envoyant au cinéma grâce au Festival Tous en Salle ! — nouveau nom de On Cartoon dans le Grand Lyon — concocté par les salles adhérentes du réseau GRAC. Une belle occasion de transformer votre progéniture en addict des salles obscures. Quatorze films seront projetés, dont cinq en avant-première. À l’affiche, un florilège de films d’animation pour la plupart européens, parmi lesquels le Britannique CroMan de Nick Park (créateur de Wallace & Gromit), le Danois Agatha - ma voisine détective ou encore le court-métrage hongrois Willy & les gardiens du lac. Mais également deux anime nippons, Mary et la fleur de la sorcière de Hiromasa Yonebayashi et Fireworks de Shimbo et Takeuchi. Également au programme, des films “avec des comédiens”, tel que le Chilien Mala Junta, présenté en avant-première. Au rayon classique, Chaplin, Ke

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Petit Bulletin Festival #2 : Embarquement immédiat !

MUSIQUES | Pour sa deuxième édition, le Petit Bulletin Festival prendra ses quartiers aux Subsistances les 27, 28 et 29 avril prochains avec pas moins de sept artistes au programme, de la folk à la pop en passant par la world music. En voici le détail.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 février 2018

Petit Bulletin Festival #2 : Embarquement immédiat !

C'est la verrière des Subsistances qu'investiront les artistes de la deuxième édition, printanière, du Petit Bulletin Festival. En ouverture, le vendredi 27 avril, c'est le petit génie casqué Cascadeur qui viendra présenter son troisième album, à paraître le 30 mars et sur lequel il poursuit une œuvre aussi aérienne qu'énigmatique. Un disque plus cinématographique que jamais, jusque dans son titre Camera, que Cascadeur délivrera sur scène masqué mais sans fard en quatuor pop. Avant lui, c'est un autre prodige du genre, Sage, ex-Revolver qui fera apprécier, lui aussi en quatuor, son sens de la composition et des arrangements, déjà vus à l'œuvre, outre Revolver, aux côtés de Woodkid et The Shoes, et rassemblés sur de nouveaux titres comme sur ceux de son album éponyme, paru en 2016. Les deux musiciens français à la voix perchée et à la formation classique seron

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Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Entretien | Hugh Jackman a posé les griffes de Logan et enfilé la tenue de Monsieur Loyal de l’inventeur du spectacle moderne, Phineas Taylor Barnum. Showtime !

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Pour quelles raisons teniez-vous à ce film et à ce que vous vouliez réussir, en tant qu’artiste et être humain ? Hugh Jackman : J’ai grandi dans l’amour des comédies musicales avec Fred Astaire et Gene Kelly — comme Chantons sous la pluie. En 2009, alors que je présentais la cérémonie des Oscars, son producteur Larry Mark m’a proposé de faire un musical. Mais à l’époque, c’était difficile de convaincre Hollywood sur un projet totalement original et neuf — l’ironie étant que La La Land était parallèlement en production, sans que nous le sachions. L’essentiel dans un musical étant le livret, c’était risqué de soumettre onze chansons originales à l’approbation du public. Lorsque Justin Paul en a écrit cinq, on a su que l’on tenait quelque chose — et le studio aussi. D’abord, le sujet “Barnum” s’adaptait parfaitement à un musical : avec ses rêves et son imagination, le personnage était plus grand que nature

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Un joyeux Barnum : "The Greatest Showman"

Musical | de Michael Gracey (E-U, 1h46) avec Hugh Jackman, Michelle Williams, Zac Efron…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Un joyeux Barnum :

Des poussières de son enfance miséreuse aux paillettes de la gloire, en passant par ses échecs, la vie romancée à la façon d’une comédie musicale de l’inventeur du spectacle moderne, l’entrepreneur Phineas Taylor Barnum (1810-1891). Créée ex nihilo pour le cinéma, sans passer par la case Broadway — une exception partagée avec La La Land —, cette comédie musicale adopte les codes du grand spectacle contemporain pour en conter la genèse, avec ce qu’il y a d’extravagance, de scintillant, mais aussi de clichés et de tape-à-l’œil façon Baz Luhrmann — la mise en abyme est de ce point de vue réussie. Et quel meilleur ambassadeur pour incarner Barnum que Hugh Jackman ? Ultime représentant de ces showmen plus qu’accomplis : absolus, conservant leur crédibilité sur toutes les scènes, il fait évidemment

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Carlos Saldanha : « Si l’on trouve l’émotion juste, on oublie que ce sont des animaux à l’écran »

Ferdinand | Le sympathique créateur de Rio adapte pour la Fox un classique de la littérature enfantine ayant déjà inspiré les studios Disney… nouveaux patrons de la Fox. Un film familial qui reste dans la famille, en somme.

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Carlos Saldanha : « Si l’on trouve l’émotion juste, on oublie que ce sont des animaux à l’écran »

Qu’est-ce qui vous convaincu de signer cette nouvelle adaptation animée de l’histoire de Ferdinand le taureau ? Votre lecture du livre ? Carlos Saldanha : Au Brésil, le livre de 1936 était moins connu qu’aux États-Unis. La première fois que j’ai entendu parler de l’histoire de Ferdinand, c’est à travers le court-métrage de 1938. Je l’ai vu à la télévision, sur les chaînes pour enfants. Quand je suis arrivé aux États-Unis, mes enfants ont lu cette histoire à l’école. Leurs copains de classe l’avaient déjà lue avec leurs parents, lesquels l’avaient lues avec leurs propres parents quand ils étaient petits. Plusieurs générations connaissaient donc cette histoire. Alors, le jour où la Fox m’a dit avoir acquis les droits du livre et m’a demandé si en faire un film d’animation m’intéressait, j’ai été emballé par l’idée — en mesurant le défi immense d’adapter un classique. Comme c’était la première fois que j’adaptais un livre — mes films précédents (L’Âge de glace, Robots, Rio) étaient basés sur des idées originales — j’étais un peu sceptique. J’ai donc voulu rencontrer les

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Les adieux à l’arène : "Ferdinand"

Animation | de Carlos Saldanha (E-U, 1h46) avec les voix (v.o.) de John Cena, Kate McKinnon, David Tennant…

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Les adieux à l’arène :

Depuis sa naissance, le taureau Ferdinand sait qu’il est destiné à combattre dans une arène. Mais à la différence de ses congénères, le jeune bovin préfère les fleurs à la violence. Alors il s’enfuit et grandit auprès d’une petite fille. Jusqu’au jour tragique où on le renvoie à son étable d’origine… Imaginé en 1936 par Munro Leaf, adapté par Dick Rickard en format court pour les studios Disney en 1938, ce petit conte a pris du volume entre les mains de l’auteur de Rio qui, sans en changer l’esprit, l’a accommodé à l’air du temps. Il assume en effet d’y présenter la corrida comme un spectacle barbare ; quant au matador, il en prend davantage pour son grade que dans la chanson de Cabrel. Certes, cette version dilatée a recours à quelques facilités, notamment du côté des comparses du héros, tous déjà vus ailleurs sous des formes diverses : la gentille gamine qui l’adopte est d’un modèle standard, la vieille bique qui le coache évoque un mixte de Maître Yoda et d’Abraham Simpson ; enfin le trio de

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Ours dort : "Ernest et Célestine en hiver"

Animation | de Julien Chheng & Jean-Christophe Roger (Fr, 0h45) animation avec les voix de Pauline Brunner, Xavier Fagnon, Raphaëline Goupilleau…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Ours dort :

Quatre nouvelles aventures de l’ours musicien et de sa copine-colocataire la souris, glanées avant l’hibernation d’Ernest. L’occasion de rencontrer Bibi l’oie sauvage qu’ils ont élevée, la Souris verte dérobant les objets abandonnés ou Madame Tulipe, voisine du tandem aimant danser… L’ambition de ce programme de courts-métrages est plus modeste que le long-métrage ayant donné vie cinématographique aux personnages de Gabrielle Vincent : on est ici dans le bout-à-bout d’épisodes formatés pour une diffusion télévisuelle. D’où la question : en dépit de leur qualité formelle tout à fait comparable au film de Benjamin Renner, Aubier & Patar, que font-ils sur grand écran sans “plus-value”, sans liant ? On tolère de perdre une partie de l’univers des personnages et de la noirceur ayant fait d’Ernest & Célestine un objet à la poésie complexe ; pas vraiment d’assister à une sorte de projection de DVD grand format.

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Deux bonnes pâtes : "Wallace & Gromit - Cœurs à modeler"

Animation | de Nick Park (G-B, 0h59) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Deux bonnes pâtes :

Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que frustrantes : depuis Le Mystère du Lapin-Garou (2005), les deux comparses semblaient avoir été délaissés au profit d’un personnage plus mignon ou plus lucratif puisqu’il est devenu le héros d’une série autonome, Shaun le mouton. Composé de deux courts-métrages, Cœurs à modeler accentue ce double sentiment puisqu’il réunit A Close Shave (1995) — une fantaisie fantastique entre Delicatessen et Terminator, marquant d’ailleurs la “naissance” du jeune ovidé Shaun — et A Matter of Loaf and Death (2008), un inédit où Wallace, reconverti dans la boulange, tombe sous le charme d’une femme fatale aux allures d’ogresse jetant son dévolu sur tous les mitrons. Heureusement que l’enfariné benêt pourra compter sur la clairvoyance muette de Gromit pour le tirer de ce fichu pétrin… Bourrée d’astuces visuelles virtuoses et rythmée par un sens du gag irrési

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Le Mépris, le plan cul de Godard

Redoutable Reprise | L’anecdote a beau être connue, elle vaut qu’on la raconte tant elle en dit long sur le cinéma, les hommes qui le produis(ai)ent et le caractère taquin du (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Le Mépris, le plan cul de Godard

L’anecdote a beau être connue, elle vaut qu’on la raconte tant elle en dit long sur le cinéma, les hommes qui le produis(ai)ent et le caractère taquin du rusé Godard époque 62-63. L’histoire commence lorsque le cinéaste convainc le mogul Sam Levine de cofinancer son adaptation du roman de Moravia, en lui promettant Bardot au générique. Au premier montage du film, l’Américain tombe des nues, car la comédienne ne l’est justement jamais à l’écran. Or Levine a cher payé pour voir BB en tenue d’Ève — très cher, même, puisque le cachet de la star représente la moitié du budget du film s’élevant à 5 millions de francs de l’époque. Alors il se fâche et met en demeure JLG d’ajouter une séquence, mais en lui retranchant des vêtements. Levine désire la nudité de Bardot ? Soit. Godard va lui offrir sur son plateau, dès l’ouverture du film dans une scène dialoguée raboutée dont on ne sait dans quelle mesure elle est improvisée. Couchée sur le ventre dans le plus simple appareil, la blonde callipyge passe en revue son anatomie, demandant à son partenaire

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Le complexe du cinéma

Exploitation | Le mieux est l’ennemi du bien : quand trop ouvrir de salles peut mener à en fermer d’autres… Tour d’horizon des projets dans l’agglomération.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Le complexe du cinéma

Outre l’ouverture de trois salles supplémentaires mi-octobre au Comœdia (voir ci-contre), il faudra compter avec l'UGC Part-Dieu, regroupant à l’horizon 2020 ses deux niveaux en un seul site et passant de 14 à 18 écrans. Après validation en février 2017 de l’extension et restructuration de l’ensemble du pôle commercial par la Commission départementale d’aménagement commerciale (CDAC), la Commission nationale (CNAC) s’était auto-saisie en mars ; elle a donné son accord le 8 juin dernier. Rien ne s’oppose plus à ce (probable) futur Ciné-Cité, qui rendra le sympathique Astoria bien singulier dans le parc lyonnais… et risque de faire de l’ombre au multiplexe de la Cité-Internationale, déjà fragilisé. Mégaratés en série Déjà présente en Isère ou les deux Savoies, l’enseigne Megarama voulait s’implanter dans la Métropole. Un projet de 8 écrans et 1466 fauteuils pour Saint-Bonnet-de-Mure, ZAC du Chanay, avait été accepté en CDAC. Cons

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Sortie de piste pour Pixar : "Cars 3" de Brian Fee

Animation | de Brian Fee (É-U, 1h49) animation avec les voix (v.f.) de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Nicolas Duvauchelle…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Sortie de piste pour Pixar :

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue sa génération aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez — une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse — en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa

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Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

European Lab | Secrétaire d’État à la modernisation administrative et ancienne adjointe au maire de Lisbonne, Graça Fonseca a fait de Lisbonne puis du Portugal la première capitale et le premier pays à mettre en place des budgets participatifs : soit des budgets soumis à des commissions citoyennes. Entretien.

Lisa Dumoulin | Mardi 30 mai 2017

Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

Quels types de projets ont vu le jour grâce aux budgets participatifs à Lisbonne et au Portugal ? Graça Fonseca : C’est tout nouveau à l’échelle du Portugal, on a commencé cette année, donc il n’y a pas encore de projet réalisé. La période de vote commence en juin et on aura des premiers résultats à la fin de l’année. Au niveau local, à Lisbonne, la plupart des projets concernent la qualité de vie : l’espace public, les espaces verts, les équipements culturels, les espaces de jeux pour les enfants… C’est l’objectif principal : les gens veulent vivre, travailler, avoir des enfants dans une ville agréable. Au niveau national c’est un peu différent. On observe avec cette première expérience de budgets participatifs que les gens proposent beaucoup d’idées ayant trait à l’identité locale, l’Histoire, l’artisanat… C’est important, en tant que pays, de se développer par l’innovation, mais aussi de prendre en compte son ADN, ses traditions, son industrie, son savoir-faire. Le Portugal ne sera jamais la France, la France ne sera jamais l’Angleterre. On doit chercher ce qui nous rend différents des autres et le transformer en richesse. On doit chercher ce

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Carte Blanche à Lisbonne : Boa Noite !

Nuits Sonores | Quinze groupes et DJs qui font bouger les lisboètes, la webradio phare de la scène underground, mais aussi la ministre du renouveau portugais : focus sur les invités de la carte blanche à Lisbonne, ville invitée du festival Nuits Sonores et du forum European Lab.

Lisa Dumoulin | Mardi 23 mai 2017

Carte Blanche à Lisbonne : Boa Noite !

Lyon prend des airs de Lisbonne pour quelques jours. Elle n'a pas autant de collines (sept pour la capitale portugaise), mais peut se targuer d'accueillir la crème de la crème des artistes lisboètes. Une sélection pointue, autrement dit « une prise de risque importante, que nous permet la gratuité de l'événement » dixit Violaine Didier, fondatrice d’Arty Farty et programmatrice. Côté artistes, on note une grande variété de styles et de profils. « Notre but est de représenter au plus près la réalité, et non de faire venir des artistes que tout le monde connaît déjà. Cela implique une part d’artistes émergents, expérimentaux, qui font la scène de Lisbonne aujourd’hui. » Soit pas mal d’artistes rock, beaucoup aussi qui puisent dans leurs racines portugaises pour leurs compositions comme Rocky Marsiano & Meu Kamba Sound, aka D-Mars dans la galaxie hip-hop old school, digger de pépites de semba angolais comme de marrabenta du Mozambique, qui a exploré la collection discographique de Rui Miguel Abreu pour le projet live qu’il vient présenter avec percussionnistes

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"Molly Monster" : fraternelle couvade

ECRANS | de Ted Sieger, Michael Ekblad & Matthias Bruhn (Sui-All-Nor, 1h09) animation

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Molly trépigne de joie : elle va bientôt être grande sœur ! Mais ses parents sont partis sur l’île aux œufs en oubliant d’emporter le bonnet qu’elle a tricoté pour son·sa puîné·e… Alors Molly ne fait ni une, ni deux et s’en va à leurs trousses… Destiné aux tout-petits dès 3 ans, ce film d’animation en forme de parcours initiatique sous-entend qu’être l’aîné·e d’une fratrie se mérite comme un beau cadeau. Et qu’il faut être prêt·e à triompher de plein d’épreuves dans des ambiances bariolées, plus psychédéliques encore qu’un épisode des Teletubbies passé à la centrifugeuse ou qu’une escapade de Moomins dans l’univers de George Dunning. S’il ne s’avère pas d’un grand secours pour expliquer comment l’on fait les bébés, Molly Monster se révèle en revanche aussi audacieux visuellement que les programmes télévisés en couleur des années 1970.

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"L’École des lapins" : terrier, c’est fou !

ECRANS | de Ute von Münchow-Pohl (All, 1h16) animation…

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Lapin urbain, Max rêve d’intégrer un gang trop cool. Mais un coup du sort l’expédie dans la légendaire école où ses congénères s’exercent pour devenir lapins de Pâques en protégeant l’œuf d’or sacré convoité par de fourbes renards… Voici un joli conte de saison, remettant au goût du jour la tradition germanique du lapin pascal (censé distribuer des œufs à la place des cloches ou des poules), et démontrant les vertus de la rigueur et de l’entraide, bien supérieures aux illusions promises par une vie de plaisirs égoïste — un fond certes bien moral ; mais c’est le propre du conte. L’animation fluide, la tonalité lumineuse de la palette choisie et le caractère primesautier des personnages, rendent le film particulièrement attachant. Visible dès 7 ans, s’il n’abêtit pas le jeune public, il ne cherche pas non plus à gagner les grands ados à sa cause en instillant d’artificiels niveaux de lecture parallèles. Pas de méprise toutefois : cette réussite ne nous dissuadera pas de croquer avec gourmandise des lapins en chocolat.

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Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Ecrans à cran | Nouvelles concurrences, aides indirectes sabrées : la nouvelle année a un goût des plus saumâtres pour les cinémas indépendants. La fin d’une époque ? Espérons que non !

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Cinémas de proximité : par ici la sortie ?

Les excellents chiffres de la fréquentation pour 2016 (213 millions de spectateurs !) claironnés par la Fédération nationale des cinémas français, méritent d’être examinés avec attention : ce “deuxième meilleur résultat depuis 1966” a été conquis grâce à un nombre record de films (700 !!) projetés sur plus de 5 600 écrans, c’est-à-dire le parc le plus important d’Europe. Mais pour combien de temps encore ? Au pays de l’exception culturelle, et en particulier dans la Métropole lyonnaise, cette richesse globale d’équipements n’est pas uniforme : deux grands systèmes complémentaires d’exploitation cinématographique cohabitent. D’un côté, les réseaux (Gaumont-Pathé, UGC, CGR, Mégarama…), implantant depuis une vingtaine d'années force multiplexes dans les périphéries ou les zones commerciales ; de l’autre, des cinémas indépendants, vestiges des salles de patronage ou municipales, portés par de petits exploitants ou des associations, fédérés en regroupements (GRAC, Acrira…), partiellement subventionnés par l’Europe, l’État et les collectivités locales. Vecteurs d’une programmation volontiers alternative (mariant cinéma grand

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"La Jeune Fille sans mains" : on applaudit à tout rompre

ECRANS | de Sébastien Laudenbach (Fr, 1h13) avec les voix de Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm, Philippe Laudenbach…

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Un pauvre meunier se fait circonvenir par le Diable et lui cède sa fille en échange d’une fortune. Mais la belle étant trop pure pour être corrompue, le démon ne peut la toucher. Le père a beau couper les mains de sa fille, rien n’y fait… Cette adaptation animée de Grimm tranche littéralement avec le tout-venant, d’emblée par l’originalité de sa technique : toutes signées Sébastien Laudenbach, les illustrations la composant sont davantage des évocations, des esquisses à l’encre émaillées de masses colorées vibrantes que des images sagement bouclées. Il en ressort une intensité fiévreuse, une intranquillité en parfaite adéquation avec un sujet ne s’embarrassant pas de précautions inutiles — un conte étant un tissu de cruautés, un chapelet d’événements brutaux dont il faut tirer une morale, en adoucir les contours par crainte de choquer les jeunes esprits, frise toujours le contresens ! Triomphant sans hargne de toutes les injustices de la vie avec opiniâtreté, classe et optimisme, l’héroïne de La Jeune Fille sans les mains est une él

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John Musker & Ron Clements : « Notre défi majeur : que Vaiana soit vraiment l’héroïne »

3 questions à.... | Sur un canevas parsemé de fils clairs, les deux vétérans du plus puissant studio au monde ont brodé quelques points baroques. Ils s’en expliquent…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

John Musker & Ron Clements : « Notre défi majeur : que Vaiana soit vraiment l’héroïne »

Vaiana précise qu’elle n’est pas “princesse, mais fille de chef” ; Maui redoute qu’elle se mette à chanter… Avez-vous voulu transgresser les codes Disney ? John Musker & Ron Clements : Pour nous, Vaiana n’était pas une princesse comme les autres : elle est moderne, différente de celles que nous avons créées auparavant comme Ariel dans La Petite Sirène. Notre défi majeur, c’était qu’elle soit vraiment l’héroïne, et non pas que Maui porte le film. Elle est là pour sauver le monde. Ce film est avant tout un rite de passage à l’âge adulte, il n’y a pas d’histoire d’amour. Mais sinon, on adore la musique et les chansons ! L’animation stylisée permet par convention aux personnages de montrer leurs passions, leurs sentiments, et tout ce qu’ils éprouvent par le chant. Qu’est-ce qui a changé dans la narration et l’animation depuis vos débuts ? John Musker : Beaucoup de choses ont changé depuis 43 ans que je suis chez Disney. Je n’ai pas connu Disney personnellement, mais j’ai travaillé avec des artistes qui avaient eu cette chance et connu ses points de vue, ses techniques. En un sens, beauco

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"Vaiana, la légende du bout du monde" : l’atoll est aux petits soins

Disney de Noël | de John Musker & Ron Clements (E-U, 1h43) avec les voix (V.F.) de Cerise Calixte, Anthony Kavanagh, Mareva Galanter…( V.O.) Dwayne Johnson, Auli'i Cravalho, Alan Tudyk…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Mue d’une irrésistible envie de naviguer depuis son enfance, malgré le refus de son chef de père, Vaiana a été choisie par l’océan pour aider un demi-dieu vantard à briser une malédiction condamnant son peuple. Elle embarque donc vers l’aventure… Après la parenthèse Zootopia, retour à une formule plus “classique” de parcours initiatique pour une héroïne nantie d’un faire-valoir costaud mais benêt. Une structure éprouvée signée par les auteurs de La Princesse et La Grenouille ou La Petite Sirène, où Maui le demi-dieu affiches les sempiternelles mimiques d’ado imbu de lui-même ; où l’on subit des chansons aiguës parlant de développement personnel, et où la finesse transparente de l’image nous en met plein la vue. La vraie nouveauté, c’est l’ouverture sur un corpus légendaire océanien (l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Orient ayant été précédemment essorés) dont le graphisme du film tire parti : les personnages ont ainsi des physionomies “australes” crédibles ; quant aux tatouages tribaux, d’ordinaire si galvaudés, ils reprennent ici leur véritable dessein en étant… animés.

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"Louise en hiver" : seule au monde

ECRANS | de Jean-François Laguionie (Fr, 1h15) avec les voix de Dominique Frot, Diane Dassigny, Antony Hickling…

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Vacancière âgée dans une station balnéaire, Louise a manqué le dernier train de retour de la saison. La voilà prise au piège dans sa maison de villégiature pour l’hiver, avec pour seule compagnie la mer, ses souvenirs et un chien… Langueur de sieste et tonalité pastel portent ce film au ralenti, comme des vaguelettes bercent un bateau amarré à quai. Bien sûr, la technique artisanale est superbe, et la maestria de Jean-François Laguionie (Le Tableau) toujours intacte, mais le format court-métrage eût été suffisant pour venir à bout des vacances involontaires de cette Madame Hulotte en retraite. Sans doute le voyage intérieur que Louise accomplit dans sa nostalgie fera-t-il écho auprès des têtes argentées ; encore faut-il que ces spectateurs consentent à aller voir un film d’animation sans bambin pour escorte — ce qui n’est pas, hélas, toujours gagné. Demeure un étonnement : pourquoi avoir attribué à Louise le timbre râpeux de Dominique Frot, alors que sa silhouette et son minois semblent avoir été calq

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"La Grande course au fromage" : Bougez-vous les meules !

ECRANS | de Rasmus A. Sivertsen (Nor, 1h18) animation, avec les voix de Michel Hinderijkx, Philippe Allard, Pascal Racan…

Vincent Raymond | Mercredi 9 novembre 2016

L’impulsivité de Solan le canard lui joue bien des tours ! La preuve avec un dernier “exploit” : parier une maison (qui n’est pas la sienne) contre une usine de fromages (norvégiens, en plus). Pour sauver la bicoque engagée, le volatile et ses amis doivent convoyer une meule géante à travers la montagne. Ils vont s’en payer une bonne tranche… Quelle substance, psychotrope ou non, faut-il avoir ingérée pour imaginer un titre et un synopsis aussi improbables ? Du brunost hors d’âge ? Les arcanes des auteurs de films à destination des jeunes publics demeurent en tout désespérément insondables pour les profanes que nous sommes. L’invraisemblance d’un sujet n’ayant jamais défrisé la moindre tête blonde, brune ou rousse, les tout-petits spectateurs lambda suivront avec gourmandise les déambulations pataudes des personnages de ce stop motion long comme un jour sans pain, pendant que leurs accompagnateurs s’abandonneront à une bienheureuse sieste. Même si l’animation est correcte, l’exotisme nordique ne suffit pas à captiver outre mesure. Bref, c’est râpé.

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

Le film | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentaux, des maltraitances enfantines, d’énurésie, d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés.

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Salles (de ciné) gosses !

KIDS | Eh oui, les vacances scolaires sont déjà là… Cette année, elles ont la cocasserie de débuter un mercredi — ce qui époulaille tout le monde, sauf les salles (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Salles (de ciné) gosses !

Eh oui, les vacances scolaires sont déjà là… Cette année, elles ont la cocasserie de débuter un mercredi — ce qui époulaille tout le monde, sauf les salles obscures, pour qui ce jour constitue le commencement ordinaire d’une semaine cinématographique. Parents désœuvrés, lorgnez en confiance sur les écrans du réseau GRAC, qui programment leur traditionnel rendez-vous Les Toiles des mômes dans 37 sites de la Métropole. Au menu, un joli mixte entre les meilleurs films jeune public (dès 2 ans !) sortis ces derniers mois (Ma vie de courgette, Ivan Tsarévitch et la princesse changeante, La Chouette entre veille et sommeil, Les Nouvelles aventures de Pat et Mat…), des reprises (Fievel et le Nouveau Monde), des avant

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"La Chouette entre veille et sommeil" : chouette, des histoires !

ECRANS | de Arnaud Demuynck, Frits Standaert, Samuel Guénolé, Clementine Robach, Pascale Hecquet (Bel-Fr, 0h40) animation…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Une chouette affable s’en vient conter cinq historiettes ; cinq brèves amusettes inspirées de légendes d’ici ou de traditions de là, à écouter avant de faire dodo… Programme d’animation destiné au plus jeune des publics (dès 3 ans), cet assemblage de courts-métrages réalisé sous le patronage d’Arnaud Demuynck fait se succéder des talents aux parti-pris graphiques très variés : on peut apprécier chaque film pour des raisons différentes. La relecture de La Soupe au caillou installe un sympathique bestiaire bariolé dans une ambiance de fête de quartier, celle de La Moufle joue sur la quiétude de la neige et du rêve ; quant à La Galette court toujours, elle reprend le Bonhomme de pain d’épice. Parents et enfants partageront sûrement quelques regards complices pendant Une autre paire de manche illustrant habilement tous les impérieux contretemps empêchant le jeune Arthur de se préparer le matin pour aller à l’école — on sent le vécu. Et n’invoqueront certes plus d’ovin pour trouver le sommeil après avoir ri aux éclats devant Compte les mou

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"Les Nouvelles aventures de Pat et Mat" : casse-tout rama

ECRANS | de Marek Beneš (Tch, 40 min) animation…

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

Aussi prompts à recourir à leur boîte à outils qu’inaptes à s’en servir à bon escient, les héros de cette nouvelle fournée de courts-métrages mériteraient de s’appeler Bricolo et Fiasco — leurs interventions se traduisant invariablement par une aggravation de la situation initiale ! Oh, ils ne manquent pas d’inventivité ; seuls le bon sens et l’adresse leur font défaut : ces deux partisans du moindre effort seraient en effet prêts à imaginer (et construire) une machine à peler les bananes plutôt qu’être contraints de les éplucher, dussent-ils pour cela brûler une bananeraie — pourquoi faire simple lorsque l’on peut complexifier à outrance ? Rythmées par une entraînante fanfare synthétique, les cinq aventures de ces bricoleurs du dimanche — 7 jours sur 7 — au sourire impassible semblent provenir du burlesque muet. Il y a du Buster Keaton dans l’absurdité et le bric-à-brac des gags ; un art de résoudre les problèmes de la pire façon, certes, mais aussi la plus poétique. Héritière de la tradition tchèque, cette “ost-animation” peut paraître rigide de prime abord

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Little Big Man : “J’ai été un Indien, moi, monsieur !”

ECRANS | Au moment où Sergio Leone redéfinissait — en Europe de surcroît — la forme canonique du western, Arthur Penn contribuait avec Little Big Man (1970) à (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

Little Big Man : “J’ai été un Indien, moi, monsieur !”

Au moment où Sergio Leone redéfinissait — en Europe de surcroît — la forme canonique du western, Arthur Penn contribuait avec Little Big Man (1970) à renverser la table hollywoodienne en contestant la version édulcorée du récit national étasunien colportée par les dogmes et les poncifs de ce genre héroïque. Sous ses dehors de comédie d’aventures bariolée, cette saga apparaît comme révolutionnaire à plus d’un titre. Parce qu’elle donne des Américains natifs une représentation positive — ils ne sont plus ces éternels sauvages violents et braillards ; ces agresseurs ignares du Blanc, mais les détenteurs d’une culture, occupants légitimes d’un territoire envahi par des colons belliqueux. Et qu’elle ne prend pas un vainqueur pour héros, mais un jouet fragile du destin (à l’instar, plus tard, du protagoniste de Slumdog Millionnaire) : en l’occurrence Jack Crabb, visage pâle de plus de 120 ans racontant une existence tumultueuse dans l’Ouest, faite d’allers-retours entre son monde d’origine et la tribu cheyenne l’ayant adopté. La longévité exceptionnelle de Crabb (avant que Jeanne

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"La Tortue rouge" : enfin, Michael Dudok de Wit passe au long-métrage

ECRANS | Présenté en ouverture du Festival d’Annecy après un passage à Cannes dans la section Un certain regard, ce conte d’animation sans parole mérite de faire parler de lui : aussi limpide que la ligne claire de son trait, il célèbre la magie de la vie — cette histoire dont on connaît l’issue, mais dont les rebondissements ne cessent de nous surprendre.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de l’attendre au tournant, le public ayant découvert — et apprécié — ses films courts multi-primés Le Moine et le Poisson (1994) ou Père et Fille (2000) avait grand hâte de voir sa poésie muette empreinte de tendresse se déployer dans la durée. Étonnamment, c’est du côté des studios nippons Ghibli que l’ancien résident de Folimage aura trouvé asile — il s’agit au passage d’une belle ouverture pour la maison fondée par Takahata et Miyazaki, qui n’avait jusqu’alors jamais accueilli d’auteur non-asiatique. Une collaboration somme toute logique : Dudok de Wit se trouve en parfaite communion philosophique et spirituelle avec ses aînés, chantres comme lui d’une relation pacifiée, d’une osmose retrouvée entre l’Homme et son envir

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Hana et Alice mènent l’enquête : le renouveau de l'anime nippon

ECRANS | L’animation connaît en ce moment un regain bien loin de se limiter à l’Hexagone. En témoigne ce polar nippon à prendre en filature serrée, de même que son réalisateur — le chevronné Shunji Iwai.

Vincent Raymond | Mardi 10 mai 2016

Hana et Alice mènent l’enquête : le renouveau de l'anime nippon

Inconnues pour la plupart des spectateurs occidentaux, Hana et Alice ont pourtant vu le jour sur les écrans il y a une dizaine d’années au Japon en chair, en os et en uniforme. Créées par Shunji Iwai pour agrémenter des spots à la gloire d’une barre chocolatée portionnable bien connue, ces lycéennes s’en sont (presque) affranchies en devenant en 2004 les héroïnes d’un long-métrage éponyme narrant leurs complicité ainsi que leurs aventures sentimentales. Le temps a passé, mais Iwai n’en avait pas pour autant fini avec elles. Et c’est par la voie de l’animation qu’il a choisi d’offrir un prolongement en forme de préquelle à leur exploits. À partir de cette pierre dessinée avec grand talent, le cinéaste effectue un nombre impressionnant de ricochets : il se révèle à une plus large audience en France (où curieusement, ses films n’ont jamais beaucoup été relayés) et s’affirme comme un excellent réalisateur de film d’animation, investissant le segment “réaliste”— celui de l’imaginaire étant déjà largement quadrillé par les héritiers de Takahata et Miyazaki, tels que Hosoda ou la foule des auteurs de nekketsu. Précis et sans hentaï Shunji Iwai s

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Robinson Crusoe

ECRANS | de Vincent Kesteloot & Ben Stassen (Bel, 1h30) avec les voix de Matthias Schweighöfer, Kaya Yanar, Dieter Hallervorden…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Robinson Crusoe

Le plus célèbre naufragé du monde refait surface, sous forme animée et en 3D. Mais était-ce bien nécessaire ? Pour “justifier” cette adaptation de Defoe à destination d’un jeune public, on a gratifié le marin perdu d’animaux parlants, de chats maléfiques, de couleurs saturées et de péripéties moisies. Ajoutons un registre d’expressions faciales limitées et des textures peu travaillées pour faire bonne mesure. Heureusement qu’une séquence durant une poursuite sur un aqueduc offre quelques sensations fortes : pendant quelques secondes, on est proprement désorienté, n’ayant plus conscience du haut ni du bas ! S’échouant sur nos écrans à Pâques (les vacances, pas l’île), ce film encore plus malade que Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout (2012) constitue la meilleure incitation à lire la prose du regretté Michel Tournier.

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Reprise : coeurs brûlés, rallumés

ECRANS | Tourné dans la foulée immédiate de L’Ange bleu (1930), qui révéla Marlene Dietrich et cimenta son fructueux couple avec le cinéaste Josef von Sternberg, Cœurs (...)

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

Reprise : coeurs brûlés, rallumés

Tourné dans la foulée immédiate de L’Ange bleu (1930), qui révéla Marlene Dietrich et cimenta son fructueux couple avec le cinéaste Josef von Sternberg, Cœurs brûlés semble en prendre son contrepied. Tournée à Hollywood et non plus dans les studios allemands de l'UFA, cette production affiche dès son titre original Morocco — moins lyrique qu’en français — ce dépaysement exotique dont l’époque, fascinée par le folklore colonial, raffolait. Campée par Marlene, Amy Jolly ne provoque pas la perte d’un homme, mais se trouve partagée entre deux soupirants classiques : l’un richissime, lui offrant la sécurité matérielle ; l’autre, un fringant légionnaire, lui promettant l’ivresse d’une passion amoureuse (et ses aléas). En lieu et place du barbon Emil Jannings, le jeune premier Gary Cooper lui donne la réplique : immense, sanglé dans son uniforme ajusté, il joue de la prunelle céruléenne, de la pose héroïque et du sourire enjôleur comme personne. Malgré ce luxe de différences — d’oppositions, même — Cœurs brûlés apparaît par instants comme la conséquence de

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Les Espiègles

ECRANS | De Janis Cimermanis (Let, 0h45) animation

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Les Espiègles

Visible dès 3 ans, cette nouvelle récolte de courts métrages animés issus des studios lettons AB, signés par l’auteur de SOS Brigade de secours !, est très axée sur les questions de nature — l’espièglerie étant l’arme pacifique dont les animaux se servent pour se prémunir des attaques ou de la désinvolture humaine. Réalisés en stop motion à partir de pâte à modeler et de poupées dont les fibres diverses hurlent leur origine synthétique et les colorants non biologiques, ces petits films bariolés se révèlent toujours aussi plaisants à découvrir. VR

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Dofus - Livre 1 : Julith

ECRANS | De Anthony Roux & Jean-Jacques Denis (Fr, 1h47) avec les voix de Sauvane Delanoe, Emmanuel Gradi, Laetitia Lefebvre…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Dofus - Livre 1 : Julith

Exception notable dans la constellation des jeux de rôle en ligne ET des mangas, Dofus est une création 100% tricolore — cela ne lui décerne pas d’office un brevet d’excellence, mais mérite que l’on s’intéresse à son cas. Déjà décliné avec succès dans une série animée télévisée, son univers heroic fantasy, aux arcs narratifs entre Star Wars (pour le côté orphelin à pouvoirs héritier de puissances maléfiques) et Dragon Ball (pour l’aspect quête en meute baroque et les acolytes grotesques dragueurs) passe au tableau supérieur en s’offrant le grand écran grâce à Gebeka. Sans rivaliser avec ces vis sans fin (ont-elles d’ailleurs jamais eu un commencement ?) que sont Naruto ou One Piece, ce qui s’annonce comme un premier opus trouve sa place et son rythme ; il peut même se gagner un public plus adulte que la cible de base, ravi d’y trouver un second niveau de lecture. Un brin coquin, comme le veut la tradition, mais plus goguenard qu’égrillard… VR

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Tout en haut du monde

ECRANS | Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté (...)

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Tout en haut du monde

Le renouveau de l’animation viendrait-il de la diversité européenne ? Même si l'on trouve mille qualités à Vice-Versa, à Dragons voire à L’Âge de glace, l’honnêteté oblige à admettre que ces films souffrent d’un regrettable conformisme esthétique — quand ils ne succombent pas à certains gimmicks narratifs. Comme si la créativité de leurs auteurs ne pouvait s’exprimer qu’à l’intérieur d’un champ clos produisant des fruits ronds, colorés et sucrés, à la saveur prévisible. De notre côté de l’Atlantique, les cinéastes ont une autre approche : ils ne cherchent pas à rivaliser dans la restitution de la réalité — cette course à l’échalote technique servant d’argument aux films ayant les scénarios les plus pauvres —, ils investissent l’écriture en traitant de sujets plus segmentants, moins glamour ; et réfléchissent à la dimension plastique de leurs œuvres. Découvrir Tout en haut du monde, c’est avoir le regard ébloui par une bourrasque de pureté et de clarté. Rémi Chayé propose un traitement visuel allant à l’essentiel, très flat design, qui change les perspectives

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Votez pour la Ciné Collection de juin

ECRANS | Chaque mois, vous le savez, les salles affiliées au Groupement Régional d'Actions Cinématographiques vous proposent avec la Ciné Collection de redécouvrir un (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 janvier 2015

Votez pour la Ciné Collection de juin

Chaque mois, vous le savez, les salles affiliées au Groupement Régional d'Actions Cinématographiques vous proposent avec la Ciné Collection de redécouvrir un chef-doeuvre du cinéma d'auteur. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'elles font appel à vous pour élire celui qui sera projeté au mois de juin. Vous avez ainsi jusqu'au 28 février pour vous décider entre : Rivière sans retour d’Otto Preminger Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar Un singe en hiver de Henri Verneuil Le Fleuve sauvage d’Elia Kazan Le jour se lève de Marcel Carné L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford 12 hommes en colère de Sidney Lumet   Et faire parvenir votre vote via ce formulaire.

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