Room

ECRANS | de Lenny Abrahamson (Can/Irl, 1h58) avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Photo : © DR


Étonnante symétrie que celle de ce film, construit en diptyque : deux volets successifs sur l'enfermement. Au mitan de Room intervient la libération (haletante) de la mère et du fils qu'elle a eu en captivité. Au huis clos entre ces deux êtres fusionnels succède alors le traumatisme… de la gestion post-traumatique : le fils découvre un monde infini et s'épanouit, sa génitrice se claquemure en elle-même.

Un concentré d'Œdipe qui se résoudra dans la séquence finale. Malgré quelques lourdeurs — le pesant accent porté sur le fiston, sur lequel il faudrait qu'on s'extasie — Room s'en sort plutôt bien dans la catégorie enlèvement-réclusion : une vision du très mitigé À moi seule (2012) de Frédéric Videau, inspiré de l'affaire Natascha Kampusch, permet de s'en convaincre…

Il est à plus d'un titre intéressant que les votants de l'Académie des Oscars aient salué l'interprétation de la comédienne principale de Room. Une fois n'est pas coutume, ils ne se sont pas fait embobiner par la prestation de l'enfant (le critère “mignon” biaise toujours le jugement critique), mais ont tenu à distinguer le jeu de l'actrice, en particulier l'effacement et l'effondrement de son personnage dans la seconde partie. Le triomphe surprise de la jeune Brie Larson — balayant Blanchett, Rampling, Lawrence et Saoirse Ronan (sa concurrente de Brooklyn) — célèbre aussi une nouvelle génération : belle plante sans être hyper sexuée, passant des séries télé aux productions indépendantes sans sourcilier, c'est une bosseuse plus qu'une carriériste planifiant la moindre apparition. Un peu de fraîcheur dans ce monde de dupes. VR


Room

De Lenny Abrahamson (ÉU, 1h58) avec Brie Larson, Jacob Tremblay...

De Lenny Abrahamson (ÉU, 1h58) avec Brie Larson, Jacob Tremblay...

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Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu.


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Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Espoirs | Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 octobre 2020

Ninkasi et À Thou Bout d'Chant dévoilent les gagnants de leurs tremplins

Avec la rentrée, commencent les tremplins musicaux qui livrent généralement leurs verdicts avant l'été. Sauf cette année où, chacun l'aura noté, tout est un peu à l'envers. C'est donc fin septembre que sont tombés comme des fruits trop mûrs les lauréats du tremplin découverte À Thou bout d'chant et du Ninkasi Music Lab. Le temple de la rue de Thou siégeait pour sa finale du côté de la Comédie Odéon et a désigné deux vainqueurs : le duo Enoïa remportant le prix du public et Oscar les Vacances et ses chansons de slacker made in France, celui du jury. Du côté du Ninkasi, ce sont les popeux zinzins d'Arche qui ont emporté l'adhésion – ici, pas vraiment de vainqueur même si un peu quand même – à l'issue de la soi

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Cinq Boiler Room pour transformer votre salon en club

Clubbing | En quête d’un bon set pour vous lâcher tout seul ou seule dans votre salon ? C’est encore mieux en images grâce aux mythiques Boiler Room. Vous serez moins seuls sur ce tapis muté en dancefloor frénétique : sélection des cinq meilleures.

Gary Ka | Lundi 23 mars 2020

Cinq Boiler Room pour transformer votre salon en club

SAMA On n’a jamais vu des gens aussi heureux avec une telle énergie dans une Boiler. Mais tout ça, c’est grâce au set parfait de la Palestinienne Sama ! KAYTRANADA Sûrement la Boiler la plus vue au monde, avec son lot de danseurs devenus de vrais memes sur Internet. Kaytranada nous offre la Boiler la plus groovy ! REGAL Une Boiler parmi les plus énervées de toutes avec le maître de l’acid techno actuelle. MEZIGUE Si vous portez un masque, vous vous sentirez moins seul avec le DJ masqué ! RED AXES Bon ok ce n’est pas une Boiler Room, mais les Israéliens de Red Axes sont aujourd’hui les boss

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Quand l’Europe tentait le régime sans Grèce : "Adults in the Room"

Thriller | Comment la Grèce a tenté de résister, grâce à Yánis Varoufákis, au chantage de l’Eurogroupe et à l’intrusion humiliante des technocrates dans son économie… Costa-Gavras revient en force avec un thriller économico-politique constatant un déni de démocratie ordinaire.

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Quand l’Europe tentait le régime sans Grèce :

Grèce, janvier 2015. Syriza, parti de gauche radicale, remporte les législatives. Élu député, l’économiste Yánis Varoufákis est nommé aux Finances et s’emploie à convaincre les instances européennes de renégocier la dette, sans nouveaux sacrifices. Une mission quasi impossible… La Providence aurait-elle un goût pervers pour l’ironie ? Aurait-elle ourdi cette tragédie grecque 2.0 que constitue la crise de la dette publique ayant frappé la République hellénique à partir de 2008, pour qu’au terme d’un infernal sirtaki dans les hautes sphères, Costa-Gavras puisse signer ce thriller économico-politico-diplomatique, retrouvant le mordant combatif faisant défaut à sa dernière réalisation en date, Le Capital (2012) — promenade dans l’univers de la haute finance plus désabusée qu’à l’accoutumée ? À l’instar des précieux Z, L’Aveu ou Missing, Adults in the Room relate le parcours d’un individu contre une machine étatique que sa puissance bureaucratique et sa doctrine économique ou politique ont transformée en monstr

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Juste après la fin du monde : " Ma vie avec John F. Donovan"

ECRANS | De Xavier Dolan (Can, 2h03) avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Juste après la fin du monde :

Jeune acteur dans le vent, Rupert Turner raconte à une journaliste pète-sec dans quelles circonstances il entretint enfant une correspondance épistolaire avec John F. Donovan, un autre comédien à l’existence torturée, et comment cet échange influa sur leurs destinées… Un petit saut de l’autre côté de la frontière et voici donc enfin (pour lui) Xavier Dolan aux manettes d’un film étasunien. Mais, outre la langue et donc les interprètes la pratiquant, point de métamorphose dans son cosmos : la structure nucléaire basique de son cinéma reste inchangée (une relation fusion/répulsion entre un fils et sa mère renforcée par l’absence du père, le sentiment teinté de culpabilité de se découvrir habité par des pulsions différentes de la “norme hétéro“, de la musique pop forte plaquée sur des ralentis, des éclats de voix…). Certes, le maniérisme formel est (un peu) mis en sourdine au profit de l’histoire — elle mérite toute l’attention de l’auteur, puisqu’il s’agit d’un enchâssement de récits —, mais il demeure quelques facilités consternantes empesant inut

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Seul au monde, Deutschland : "In My Room"

Et aussi | De Ulrich Köhler (All, 2h) avec Hans Löw, Elena Radonicich, Michael Wittenborn…

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Seul au monde, Deutschland :

Cadreur un brin irascible et je-m’en-foutiste, sans attaches amoureuses, Armin semble avoir prolongé son adolescence. Un lendemain de cuite, il s’éveille dans un monde où l’humanité s’est étrangement évanouie. Il va devoir vivre en étant le dernier des hommes. Mais pas des Hommes. Largement repris depuis Defoe, le thème du naufragé a donné lieu à bien des variations insulaires, la taille de l’île variant de l’atoll à la planète — coucou, Matt Damon. Si d’ordinaire la question de la survie du malheureux survivant se pose comme la priorité cardinale, elle s’évacue ici très rapidement dès lors que l’on a intégré que ledit survivant se trouve tout sauf malheureux du sort qui lui est échu : l’éradication de ses congénères tient davantage pour ce misanthrope inavoué d’un rêve libératoire ou d’un accomplissement que d’une punition. Quant à sa subsistance, elle est assurée par les ressources désormais surabondantes d’une Terre édénique, même pas convoitées par quelque zombie ou opposant à cet idéal rousseauiste. En clair, Armin se trouve

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Tenir tête à la méchanceté : "Wonder"

ECRANS | de Stephen Chbosky (E-U, 1h51) avec Jacob Tremblay, Owen Wilson, Izabela Vidovic…

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Tenir tête à la méchanceté :

Auggie, dix ans, redoute un peu plus la rentrée des classes que ses camarades. Affligé d’une sévère déformation du crâne et du visage, il n’a en effet jamais été scolarisé. Le brillant garçonnet fera pourtant face aux moqueries et humiliations, avec l’aide des siens et de ses nouveaux amis… On en voit à longueur d’année, de ces portraits plus ou moins ornés de l’estampille ”inspiré d’une histoire vraie”; de ces leçons de vie plus onctueuses et édifiantes les unes que les autres finissant toutes par la plus merveilleuse des concordes et l’harmonie humaniste. Sans échapper totalement à ce schéma (ah, l’insupportable musique standardisée, jouée au piano par trois doigts arthritiques, et qui souligne au lieu de susciter !), Wonder consent à de nombreux efforts pour ne pas être un tire-larmes bonne conscience de plus. Car si Auggie est le héros, il n’est pas la seule “voix” d’un film raconté également par son entourage (ses copains, sa grande sœur, l’ancienne meilleure copine de celle-ci…) Ce choix de narration “diffractée” ne change rien à la place de l’enf

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"Kóblic" de Sebastián Borensztein

Thriller | de Sebastián Borensztein (Arg-Esp, 1h32) avec Ricardo Darín, Oscar Martinez, Inma Cuesta…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Argentine, sous la dictature. Pilote dans l’armée, Kóblic déserte après avoir dû larguer des opposants au-dessus de l’océan. Pensant se fondre dans l’anonymat d’un village du Sud, il est identifié par un flic local retors et vicieux, qui veut connaître la raison de sa présence chez lui… Si le point de départ — c’est-à-dire les méthodes d’élimination — rappelle Le Bouton de nacre de Patricio Guzmán, évoquant la dictature du voisin chilien, ce puissant contexte historique reste à l’état de lointain décor. La menace qu’il représente s’avère plus que diffuse, les personnages se retrouvant, dans ce Sud profond, livrés à eux-mêmes et à leurs passions. Incontournable interprète du cinéma argentin, Ricardo Darín donne du flegme tourmenté au héros-titre, dans une prestation honorable mais prévisible. Heureusement qu’il a face à lui ce caméléon d’Oscar Martinez, déjà impressionnant ce début d’année dans

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Moon à la galerie Roger Tator

Design | Quatre années de recherche pour concevoir un... luminaire ! Oui, mais par n'importe lequel : l'objet réalisé par le designer Oscar Lhermitte est une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 juin 2017

Moon à la galerie Roger Tator

Quatre années de recherche pour concevoir un... luminaire ! Oui, mais par n'importe lequel : l'objet réalisé par le designer Oscar Lhermitte est une réplique très précise de la lune, à une échelle de 1/20 millions. Le moindre de ses cratères s'y retrouve et un anneau de lumière LED tourne autour du globe, éclairant constamment la face exacte de la lune et recréant les phases lunaires vues de la terre. Bref, il s'agit d'une véritable petite lune perso à placer sur votre commode ou votre table de chevet, produite à 500 exemplaires. L'exposition organisée par la galerie Rogert Tator (Moon jusqu'au 21 juillet) présente plusieurs étapes des recherches d'Oscar Lhermitte (des globes de différentes matières et de différentes couleurs), une vidéo retraçant la réalisation de l'objet et tous les mécanismes et pièces électroniques qui se logent à l'intérieur... La lune devient ici le lieu de rencontre des rêveurs et des bricoleurs.

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"Free Fire" de Ben Wheatley : trop de la balle !

ECRANS | Un hangar, quelque part dans les années 1970. Justine a organisé une rencontre entre des membres de l’IRA et des trafiquants d’armes. Au moment de la (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Un hangar, quelque part dans les années 1970. Justine a organisé une rencontre entre des membres de l’IRA et des trafiquants d’armes. Au moment de la transaction, un grain de sable en forme d’histoire d’honneur familial (donc de fesses) met le feu aux poudres. Et c’est l’hallali… Certes moins composé que le précédent opus de Ben Wheatley, le vertigineux High Rise (2016), Free Fire y fait écho par son ambiance vintage (ah, les looks croquignolets de Brie Larson, Armie Hammer et Cillian Murphy !) et son inéluctable spirale de violence dévastatrice. À ceci près que le ton est ici à la comédie : les traits comme les caractères sont grossis, les répliques énormes fusent autant que les projectiles, mais il faut moult pruneaux pour faire calancher un personnage : c’est un FPS revu par Tex Avery. N’en déduisez pas une expurgation de toutes les scènes gore : Scorsese figurant tout de même au générique en qualité de producteur exécutif, l’hémoglobine coule dru ; certaines exécutions valent même leur pesan

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Groom : le nouveau dandy de la nuit

Club | Salle de concert, club et bar à cocktails : une formule trois en un pour le Groom, nouveau lieu noctambule qui ouvre ses portes ce samedi 13 mai.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 mai 2017

Groom : le nouveau dandy de la nuit

La scène locale est au coeur de la programmation du Groom, porté par l’équipe de l’Away hostel (à deux pas) et du Slo Living hostel (à Guillotière). Côté concerts, la prog’ est confiée à AFX, plus précisément à Jean Brice Lacombe, également directeur du Riddim Collision Festival et Francis Richert, programmateur du festival Changez d’Air. A raison de deux à trois concerts par mois, les jeunes découvertes de la pop/folk/rock française seront invitées à fouler la scène. A commencer par Therapie Taxi et Eddy de Pretto le 4 juin et Inüit, six nantais trempés de pop électronique, le 23 juillet (sous réserve). Côté club, c’est l’équipe d’Encore qui prend les manettes. Soit Bertrand Fontana, Jacques Antoine Granjon et Clément Ruspil, également actifs chez Totaal Rez, Polaar, De Beaux Crâneurs, Courtship ou Enover. Une belle brochette hyperactive, à l’image de l’effervescence de la scène lyonnaise, qu’ils mettent un point d’honneur à défendre. C’est donc principalement les labels et collectifs lyonnais (tels La Chinerie,

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Citoyen d'honneur : Inspirez ; expi(r)ez !

ECRANS | De retour dans son village natal pour être célébré, un Prix Nobel voit se télescoper ses œuvres avec ceux dont il s’est inspiré… à leur insu. Il va devoir payer, ou au moins, encaisser. Un conte argentin subtil et drôle sur cet art de pillard sans morale qu’on appelle la littérature.

Vincent Raymond | Mardi 7 mars 2017

Citoyen d'honneur : Inspirez ; expi(r)ez !

Reclus dans sa villa espagnole depuis l’attribution de son Prix Nobel de littérature, Daniel Mantovani n’écrit plus et ne répond guère aux invitations. Lorsque survient la proposition de Salas, son village natale d’Argentine, de le faire "citoyen d’honneur", il accepte autant par nostalgie que curiosité. Mais était-ce une si bonne idée que cela ? Mariano Cohn et Gastón Duprat n’étaient pas trop de deux pour signer ce film jouant simultanément sur autant de tableaux : s’engageant comme une comédie pittoresque teintée de chronique sociale, Citoyen d’honneur change au fur et à mesure de tonalité. L’aimable farce tourne en effet à l’aigrelet, transformant un auteur habitué depuis des lustres à gouverner son destin (et celui de ses personnages, en bon démiurge) en sujet dépendant du bon vouloir de ses hôtes. Mantovani semble alors propulsé dans un épisode inédit de la série Le Prisonnier, qu’on jurerait ici adaptée par Gabriel García Márquez, avant de plonger dans une inquiétante transposition du film Delivrance – cette fois retouchée par Luis Sepúlveda ! Comm

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Ciné O’clock, 22e prise

Festival | Malgré le Brexit, les relations entre la France et l’Angleterre se portent à merveille du côté de Villeurbanne. Durant une semaine, le festival Ciné O’Clock se (...)

Julien Homère | Mardi 7 février 2017

Ciné O’clock, 22e prise

Malgré le Brexit, les relations entre la France et l’Angleterre se portent à merveille du côté de Villeurbanne. Durant une semaine, le festival Ciné O’Clock se révèle une Arche de Noé jouissive pour tous les amoureux des cinémas britannique et irlandais. La programmation embrasse un large spectre de 21 œuvres : les spectateurs pourront rattraper les films d’hier et d’aujourd’hui. De la Palme d’Or de Ken Loach (Moi, Daniel Blake) à la petite pépite bis Les Daleks envahissent la Terre, le festival propose de revoir ou découvrir tout ce que l’Irlande et l’Angleterre peuvent offrir d’aussi fou que solennel, d’aussi connu qu’oublié, d’aussi vieux que récent. Pour ceux qui voudront se replonger dans l'année écoulée, ou s’évader dans les années 1980, le quatrième long-métrage de John Carney,

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Et une fantastique nouvelle année !

ECRANS | CinéCollection, le cycle patrimonial du GRAC, poursuit son cheminement à travers les grands espaces cinématographiques nord-américains et marque une étape sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Et une fantastique nouvelle année !

CinéCollection, le cycle patrimonial du GRAC, poursuit son cheminement à travers les grands espaces cinématographiques nord-américains et marque une étape sur les terres du fantastique, avec une double programmation qui ne l'est pas moins : deux perles aussi noires que le jais, aussi précieuses que le diamant. D'abord une œuvre se situant à la lisière du conte, du polar, du drame social et de la parabole philosophique : Freaks (1932), de Tod Browning — initialement distribué en France sous le titre La Monstrueuse Parade. Cet ancêtre du Elephant Man (1980) de Lynch s’intéresse à la condition des monstres de foire, exploités jusqu’au début du XXe siècle pour leurs singularités morphologiques : les nains, géants, microcéphales, femmes à barbe, colosses, hermaphrodites, siamois… bref tous ceux que la médecine antique désignait comme tératoïdes. Browning, alors au sommet après le succès de son Dracula (1931), dépasse les attentes du studio Universal et de sa série de Monsters imaginaires

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Green Room : no future

ECRANS | Un groupe punk à la dérive vérifie à ses dépens la réalité du slogan No Future en se produisant devant un public de fachos. S’ensuit un huis clos surprenant, avec larsen et acouphènes modulés par Jeremy Saulnier. Prix du Petit Bulletin lors du dernier festival Hallucinations Collectives.

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Green Room : no future

On le sait depuis Psychose d’Hitchcock : les films qui bifurquent sans crier gare dans l’hémoglobine méritent toujours qu’on consente un détour en leur direction. Faisant mine de nous emmener dans des contrées connues, ils se plaisent à nous projeter au milieu d’un ailleurs terrifiant confinant parfois au nulle part — cette terra incognita cinématographique qui se réduit comme une peau de chagrin. Green Room appartient à cette race bénie d’œuvres maléfiques se payant même le luxe de changer plusieurs fois de directions. Conservant le spectateur pantelant, dans un état d’incertitude en accord avec l’intranquillité seyant à des personnages de survival. Et ourlant ses massacres de ponts rock (ou plutôt punk) du plus bel effet. Haches tendres et battes de bois Partant d’un chaos dérisoire, de la situation minable d’un groupe tirant le diable par la queue, Green Room semble brandir l’étendard d’une comédie ingénue, laissant entrevoir de fines plaisanteries sur les musiciens à cheveux gras, leur combi pourri ou les parquets en bois norvégien. On s’attend à une succession de mésaventures anecdotiques — tendanc

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DiCaprio et l’Oscar : Attrape-moi si tu peux !

ECRANS | « Caramba, encore raté ! » C’est une phrase de ce goût que Iñárritu lâchera si, par malheur, Leonardo DiCaprio quittait bredouille le (...)

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

DiCaprio et l’Oscar : Attrape-moi si tu peux !

« Caramba, encore raté ! » C’est une phrase de ce goût que Iñárritu lâchera si, par malheur, Leonardo DiCaprio quittait bredouille le Dolby Théâtre à l’issue de la 88e cérémonie des Oscars. Régulièrement nommé depuis vingt-deux ans, le comédien semble frappé par une malédiction semblable à celle de Peter O’Toole et Kirk Douglas, jamais récipiendaires de la fameuse statuette malgré de multiples citations — obligeant l’Académie, embarrassée, à leur décerner un trophée d’honneur. Pour Leo, la série noire commence en 1994 par un second rôle dans Gilbert Grape : trop tendre du haut de ses 19 printemps, il ne fait pas le poids face au buriné Tommy Lee Jones qui emporte la mise avec Le Fugitif. Ignoré par la profession l’année de Titanic (à contrario de Kate Winslet, qui était en compétition), il revient en lice en 2005 porté par les ailes de l’Aviator de Scorsese ; mais les votants n’ont d’yeux cette année-là que pour Jamie Foxx dans Ray. Transformé en aventurier africain pour Blood Diamond en 2007, il est surclassé par Forest Whitaker qui ava

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Bang Gang

ECRANS | Des lycéens comblent le désert de leur existence en se prenant en main, c’est-à-dire les uns avec les autres et dans tous les sens… Inspirée par un fait divers, Eva Husson n’a pas froid aux yeux pour son premier long métrage qui, sans être bégueule, se révèle plus stuporeux que stupreux…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Bang Gang

Identifié par ses pom-pom girls aux pectoraux avantageux, ses capitaines d’équipe de football athlétiques mais bas du front, ainsi que par ses forts en thème malingres, myopes, boutonneux et polycomplexés, le film de lycée (high school movie) est un genre à part entière outre-Atlantique. Cette catégorie de comédies plus ou moins émoustillantes destinées à être consommées avec popcorn et boy/girlfriend sort rarement de l’ornière, à moins d’un miracle ou d’une volonté de pervertir les codes — voir Carrie (1977) de De Palma ou Retour vers le futur (1985) de Zemeckis. Si le cinéma français s’adonne parfois à ces bluettes sucrées (La Boum, LOL), il propose aussi des traitements alternatifs de l’âge “ingrat” — ou “des possibles”. Dans des œuvres saisissant l’adolescence comme un état mystérieux ou inquiétant, et ceux qui la traversent pareils à une tribu autonome, abandonnée à elle-même ; des œuvres valant parfois davantage pour les ambiances construites, nimbées d’interdits et de tabous transgressés que les histoires racontées. De par son climat d’étrangeté diffuse, son goût pour l’architectur

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Igor de la Cuesta, un attachant imposteur

SCENES | Il a inspiré à Fitzgerald Gatsby le Magnifique, soufflé à l'oreille de Churchill l'idée d'une coalition internationale, offert à Anne Frank son livre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 26 novembre 2015

Igor de la Cuesta, un attachant imposteur

Il a inspiré à Fitzgerald Gatsby le Magnifique, soufflé à l'oreille de Churchill l'idée d'une coalition internationale, offert à Anne Frank son livre d'autographe... Dandy échappé d'une chanson du quatuor post-yéyé La Position du Tireur Couché («élégant, distingué, séduisant, cultivé», il a un faible pour les femmes mariées) Igor de la Cuesta fut de toutes les grandes entreprises artistiques et politiques du XXe siècle. Mais l'Histoire n'a pas retenu son nom, forcée à l'oubli par la rancœur de maris jaloux et l'invraisemblance de son parcours, succession de naufrages dont il fut systématiquement l'un des rares survivants. C'est du moins ce qu'il raconte, en toute fausse modestie et avec la complicité de Boris, son fidèle claviériste attifé comme un amuseur de croisière, dans Life is a bathroom and I am a boat. Un spectacle étonnant, à mi-chemin du tour de chant made in Broadway (de Cheek to Cheek à Fly Me to the Moon en passant par un mashed potatoes avec Michel Debré) et de l'aparté mythomane, qu'Ivan Gouillon, improvisateur d'expérience et présentateur à rouflaquettes bien connu des habitués du

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Ex_Machina

ECRANS | Pour son premier film derrière la caméra, l’ex-scénariste de Danny Boyle Alex Garland s’aventure dans la SF autour du thème de l’intelligence artificielle, dont il livre une variation qui peine à trouver sa forme, entre didactisme dialogué et sidération visuelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 juin 2015

Ex_Machina

Imitation Game a popularisé la figure d’Alan Turing auprès du grand public ; sans le succès du film, il est peu probable que les spectateurs comprennent spontanément à quoi Alex Garland fait référence dans Ex_Machina. On y voit un informaticien remporter, lors d’un prologue expéditif, une sorte de loterie interne à son entreprise pour aller passer un séjour auprès de son patron dans sa somptueuse villa isolée du reste du monde. Assez vite, il se rend compte que loin d’être des vacances, il s’agit encore et toujours de travail — n’y voyez pas là une quelconque critique sociale, nous sommes dans le futur. En l’occurrence, faire passer un test de Turing à une androïde sexy dotée d’une intelligence artificielle, histoire de voir si celle-ci prend conscience de son caractère robotique ou si elle persiste à se considérer comme humaine — auquel cas, le test est réussi. Ex_Machina devient alors un long développement autour de la scène inaugurale de Blade Runner, le réplicant moustachu étant remplacé par une bimbo diaphane au corps inachevé, laissant appa

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Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

ECRANS | "Carol" de Todd Haynes. "Mon roi" de Maïwenn. "Plus fort que les bombes" de Joachim Trier. "Green Room" de Jeremy Saulnier.

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

Il fait beau et chaud sur Cannes, et tandis que les plagistes ont les pieds dans l’eau, les festivaliers continuent de macérer dans une mare de sueur, brûlant au soleil de files d’attente désespérées, rabrouant les resquilleurs, espérant secrètement découvrir de beaux films. À la mi-temps du festival, on est encore dans l’expectative. Il faut dire que des films, on n’en voit moins que les années précédentes, et surtout que l’on se concentre sur les films événements. A perdre chaque jour entre trois et cinq heures à attendre, on doit forcément sacrifier la part de découverte pourtant essentielle à la manifestation. D’où l’impression d’assister à une grande preview des films importants de l’automne, plus qu’à une compétition en bonne et due forme. Carol : Tood Haynes sublime le mélodrame Si toutefois on devait jouer le jeu des pronostics, on dirait que Carol de Todd Haynes ferait une très belle Palme d’or. Ce n’est pas ce qu’on a vu de mieux dans ladite compétition — Le Fils de Saul a notre préférence — mais il marque une étape décisive dans la carrière d’un cinéaste plutôt rare, dont chaque œuvre était jusqu’ici pétrie de contradic

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Frank

ECRANS | De Lenny Abrahmson (Irl, 1h35) avec Michael Fassbender, Domhnall Gleeson, Maggie Gyllenhaal…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Frank

Quelque part en Irlande, Jon, un jeune musicien, rêve de rock et de gloire, mais végète chez ses parents. Le hasard le met sur la route d’un groupe avant-gardiste dont le claviériste vient de devenir fou ; Jon le remplace au pied levé et découvre, médusé, que le chanteur ne se montre qu’avec une énorme tête en carton-pâte sur scène… mais aussi en privé ! Frank est-il un génie torturé ou un as du buzz post-Daft punk ? Et, par conséquent, Frank-le film est-il une comédie sarcastique ou un hommage à ces doux dingues qui ont construit la légende du rock’n’roll ? Difficile de trancher au départ, tant Abrahamson brouille les pistes, fidèle à un certain esprit de la comédie british qui force le trait de la caricature tout en l’adoucissant d’un sirop émotionnel qu’on sent souvent sincère. Mais il n’arrive jamais à résoudre cette contradiction de base : peut-on faire un film aussi calibré et normé sur des personnages à ce point en dehors des clous, refusant à tout prix de vendre leur âme au music business ? Frank pose par ailleurs une autre question, fondamentale pour quiconque s’intéresse à un si grand acteur : Michael Fassben

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Halo quoi ?

MUSIQUES | Max Colombie, nom de pays coké ou caféiné, mais Flamand à la musique morphinique en diable, a choisi de se rebaptiser Oscar and the Wolf, comme dans un conte (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 27 janvier 2015

Halo quoi ?

Max Colombie, nom de pays coké ou caféiné, mais Flamand à la musique morphinique en diable, a choisi de se rebaptiser Oscar and the Wolf, comme dans un conte pour enfant, sans doute parce qu'il avait des choses à conter. Ces choses, il les conte depuis des ballades nocturnes, glacées à effet pourtant chauffant. Une sorte d'igloo musical avec vue sur la Lune, car les loups aiment la Lune, c'est bien connu. S'il se produit en groupe sur scène, c'est bien en loup solitaire qu'il gère depuis quatre ans son univers discographique, un ordinateur toujours à portée de main. Un peu à la manière d'un James Blake ou d'un Chris Garneau, avec lesquels on pourrait tracer des comparaisons, même des comparaisons de trois fois rien, d'atmosphère ou d'intention. Comme ce dernier par exemple, Max Colombie/Oscar a d'ailleurs tâté du folk mais a fini par lui préférer les nocturnes en chambre, la sienne, les envolées oniriques nichées au creux du cerveau quand celui-ci tourne à mille tours/minute pendant que dehors la ville est endormie – les beaux et surprenants éclats au piano d'Astriu. Comme Blake, c'est dans un mélange d'envolées pop et d'explorations sonores qu'i

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Insomniaque - Semaine du 14 au 20 janvier

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Oscar Mulero et Robert Hood au Double Mixte, Rahaan au Kafé et Vakula au Transbordeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Insomniaque - Semaine du 14 au 20 janvier

16.01 Jacob 002 Après un premier event pour le moins chaotique (promotion agressive, préventes très inférieures aux prévisions, tête d'affiche bloquée à l’aéroport...), le groupuscule techno Jacob reprend le chemin du Double Mixte pour une deuxième soirée qui s'annonce sous de bien meilleurs augures. Ne serait-ce que du point de vue strictement musical, grâce à la présence à son affiche de deux producteurs intransigeants et bien dans leur époque (autrement dit hantés par le spectre de la crise économique) : l'Espagnol Oscar Mulero et Robert Hood, pionnier de Detroit qu'on ne présente plus. 16.01 Le Beat #2 «The beat is my native language

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Les Nouveaux Sauvages

ECRANS | De Damián Szifron (Arg-Esp, 2h02) avec Ricardo Darin, Oscar Martinez…

Christophe Chabert | Mardi 13 janvier 2015

Les Nouveaux Sauvages

Prenant au pied de la lettre l’adage qui veut qu’un Argentin, c’est un Italien qui parle espagnol, Les Nouveaux Sauvages se veut hommage aux comédies italiennes à sketchs façon Les Monstres. Mais Damian Szifron, qui vient de la télévision et ça se sent, en offre en fait une caricature où le mélange d’empathie, de critique sociale et de mélancolie des Risi, Scola, Gassman et Tognazzi serait remplacé par une misanthropie ricanante face à un monde contemporain où violence, frustration et aigreur sont devenues des sentiments ordinaires. Passé le prologue, plutôt amusant, le film s’enfonce dans une laideur morale et un regard complaisant qui, au passage, ne gomme pas les réelles inspirations de Szifron, à la limite du plagiat : de Duel à Chute libre, chaque sketch semble piquer des idées à d’autres films pour les passer à la moulinette d’une réalisation clipesque qui renvoie aux formats courts façon Canal +. L’ultime segment où une femme fait payer, le jour de son mariage, ses infidélités à son époux volage, en dit long sur la

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A Most Violent Year

ECRANS | J. C. Chandor explore à nouveau les flux du capitalisme américain en montrant l’ascension d’un self made man dans le New York violent et corrompu de 1981. Un thriller glacial, élégant et cérébral qui confirme son auteur comme la révélation américaine des années 2010. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

A Most Violent Year

La chute d’une banque et de ses employés lors de la crise financière de 2008 ; un marin solitaire en perdition sur l’océan ; un entrepreneur cherchant à faire fructifier son business malgré une violence omniprésente et la pression des juges et de ses concurrents. Quoi de commun entre Margin Call, All Is Lost et A Most Violent Year, les trois premiers films (en trois ans !) de J. C. Chandor ? Une affaire de flux et de cap, de tempêtes et d’éthique, de systèmes déréglés et d’humanité en péril. Le protagoniste de A Most Violent Year, Abel Morales, aime les lignes droites. On le découvre longeant les quais de New York pour son footing quotidien, dans un travelling latéral qui vaut résumé de son caractère. Il ne cessera de le répéter : toute sa vie, il a suivi «le droit chemin». Cet entrepreneur ambitieux, qui a fait de la distribution du pétrole son fonds de commerce, est sur le point de gravir un échelon en rachetant des entrepôts au b

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The Two Faces of January

ECRANS | D’Hossein Amini (EU-Ang-Fr, 1h37) avec Viggo Mortensen, Kirsten Dunst, Oscar Isaac…

Christophe Chabert | Mardi 17 juin 2014

The Two Faces of January

Dans les années 60 en Grèce, un petit arnaqueur américain officie comme guide touristique et se rapproche d’un couple bien sous tous rapports, lui très riche, elle très belle. Sauf que le mari est en fait un escroc recherché, cachant à sa femme la réalité de ses activités et embringuant le guide dans un jeu dangereux. Tiré d’un roman de Patricia Highsmith, The Two Faces of January prolonge le travail entrepris par feu-Anthony Minghella sur Le Talentueux Monsieur Ripley, à qui Hossein Amini, scénariste de Drive — ce qui est à la fois un bon et un mauvais présage, la valeur du film tenant surtout à la mise en scène de Winding Refn — reprend une évidente volonté de classicisme. De fait, The Two Faces of January tente de retrouver l’atmosphère des polars exotiques à l’ancienne, mais ne dépasse pas, dans sa mise en scène, le niveau d’un joli catalogue d’images glacées et racées, lissant tout le trouble de l’intrigue et réduisant les personnages à des stéréotypes sans épaisseur. Cette aseptisation touche particulièrement le jeu d’ordinaire fiévreux de Mort

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States of Grace

ECRANS | De Destin Cretton (ÉU, 1h36) avec Brie Larson, John Gallagher Jr…

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

States of Grace

Prototype du cinéma calibré Sundance, States of Grace additionne sujet sensible, outsiders névrosés et attachants, sentimentalisme en sourdine et forme lo-fi. La galerie de personnages qui habitent ce foyer pour adolescents à problème en Californie fournit donc une ronde scénaristique au centre de laquelle trône Grace, qui tente de soigner leurs fêlures tout en dépassant la sienne, encore à vif. Ce manque d’enjeux dramaturgiques est la limite de States of Grace, qui n’est pas déshonorant mais dans lequel on peine à percevoir un regard de cinéaste vraiment neuf et original. Destin Cretton sait écrire et filmer, comme le prouvent les deux séquences en miroir qui ouvrent et ferment le récit, mais il se laisse parfois aller à de grosses ficelles mélodramatiques qui viennent alourdir un propos déjà chargé. Étrangement, plus le film se veut bouleversant, plus il paraît artificiel et anodin, et c’est au contraire quand Cretton s’en tient à la petite musique d’un quotidien fragile qu’il est le plus touchant. Christophe Chabert

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Insomniaque - Semaine du 26 mars au 1er avril

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : l'opening de la boutique Jimmy Fairly, Oscar Mulero au Club Transbo et San Proper au DV1. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 mars 2014

Insomniaque - Semaine du 26 mars au 1er avril

28.03. Jimmy Fairly grand opening On a les hommes-sandwiches qu'on mérite, y compris dans le secteur de l'optique : tandis qu'Atoll et Optique 2000 continuent d'alimenter la querelle infantile qui opposa Antoine et Johnny Hallyday à la fin des années 60, la très en vogue start-up toulousaine Jimmy Fairly se paye, elle, pour l'ouverture de sa boutique lyonnaise (au 72 rue du président Édouard Herriot), deux pontes d'Ed Banger. D'un côté DVNO, mascotte officieuse du label de Justice (c'est sa voix qu'on entend sur le morceau qui porte son nom) et moitié de Scenario Rock. De l'autre So Me, son graphiste attiré. Joli.   28.03 Haste A peine vient-on de lui tirer le portrait que le collectif Haste renouvelle son identité graphique. Ce n'est pas l'unique changement que sa prochaine soirée au Club Transbo entérinera, puisqu'en lieu et place de l'habituelle avant-garde de la techno britannique, c'est un Espagnol qu'elle verra se produire. En l'occurrence Oscar Mulero, discret vétéran du genre – il a notamment fondé au début de

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Les belles convulsions de Breton

MUSIQUES | Connecté, curieux, autonome et débrouillard, Breton est un groupe bien de son temps. Il est surtout, avec seulement deux albums d'une pop anticonformiste et post-humaine à son actif, le groupe britannique le plus passionnant du moment. Retour sur sa jeune et déjà admirable carrière avant son concert au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 4 février 2014

Les belles convulsions de Breton

«War. War never changes». Sur ces mots, prononcés par l'acteur Ron Perlman de sa caractéristique voix de croquemitaine, s'ouvrait Fallout, mètre-étalon du jeu de rôle informatique imaginé par Black Isle Studios dans lequel le joueur prenait en main le destin d'un habitant d'un abri anti-atomique. Sa mission : explorer la côte Ouest étasunienne, devenue suite à une Troisième Guerre mondiale un wasteland où prospèrent les plus bas instincts et où se développent à grand peine les projets de refondation, à la recherche du mécanisme de purification d'eau qui permettra à sa communauté de préserver son autarcie. C'était en 1997. Dix-sept ans après l'odyssée de ce troglodyte du XXIIe siècle, la guerre n'a toujours pas changé : elle reste un formidable terreau narratif et un très précis instrument de mesure du pouls d'une époque, même quand elle n'est qu'un lointain mauvais souvenir. Comme sur War Room Stories, deuxième album du groupe britannique Breton, grand disque de pop pour terres brûlées et lendemains qui chantent faux et parfaite suite de son prédécesseur.  Le dernier club avant la fin du monde

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Inside Llewyn Davis

ECRANS | Nouvelle merveille des frères Coen, l’odyssée d’un chanteur folk raté des années 60 qui effectue une révolution sur lui-même à défaut de participer à celle de son courant musical. Triste, drôle, immense… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 30 octobre 2013

Inside Llewyn Davis

Les dernières répliques de Burn after reading valent définitivement comme maxime du cinéma des frères Coen. Llewyn Davis, leur dernier anti-héros, n’échappe pas à cette loi : au terme d’un cycle narratif étourdissant, il n’a rien appris, sinon qu’il ne le refera pas — mais cet éternel retour laisse entendre qu’en fait si, il se fourvoiera dans la même impasse sombre… Llewyn Davis n’est pas un mauvais chanteur folk : les Coen le prouvent en le laissant interpréter en ouverture un de ses morceaux dans son intégralité, et c’est effectivement très beau. Mais le talent ne garantit pas le succès et Llewyn collectionne surtout les déconvenues. Ses disques ne se vendent pas, son manager le fait tourner en bourrique — scène admirablement écrite où la surdité du vieux grigou devient paravent à sa pingrerie — il met enceinte la copine d’un autre chanteur, qui lui répète en boucle son statut de loser. Et il n’est même pas foutu de veiller sur le chat de ses hôtes, fil rouge d’un premier acte d’une

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Room 514

ECRANS | De Sharon Bar-Ziv (Israël, 1h34) avec Asia Naifield, Ohad Hall…

Christophe Chabert | Mardi 1 octobre 2013

Room 514

Étouffant au-delà du raisonnable, Room 514 l’est à au moins deux titres : d’abord par son sujet, où une enquêtrice de l’armée israélienne tente de confondre un officier gradé qui aurait fait subir des violences gratuites à un Palestinien. Le film ne sort presque jamais de la salle d’interrogatoire, sinon pour quelques trajets en bus, et ne dévie de l’enquête que pour accéder à l’intimité de l’héroïne, en l’occurrence une relation essentiellement physique avec un autre soldat. Cela ne suffit pas à donner du corps à ce dilemme moral qui n’a d’original que sa localisation géopolitique. Mais l’étouffement, c’est surtout celui que procure une mise en scène monolithique, qui ne connaît que le plan séquence, serré qui plus est. Ce mélange de claustrophobie et de temps réel est assez insupportable à l’écran, et culmine lors d’une scène de cul d’un ennui absolu, où la caméra semble secouée au rythme du coït et des râles des amants. N’y a-t-il pas mieux à montrer aujourd’hui en matière de cinéma israélien ? Christophe Chabert

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Room 237

ECRANS | De Rodney Ascher (ÉU, 1h42) documentaire

Christophe Chabert | Samedi 15 juin 2013

Room 237

Peu de cinéastes ont suscité autant d’exégèses que Stanley Kubrick, et Shining est — avec 2001 — son plus grand remue-méninges. Ce documentaire part ainsi à la rencontre d’une poignée de mordus ayant disséqué le film jusqu’à son moindre photogramme, traquant faux raccords et indices pour en donner des interprétations parfois attendues — le génocide indien — parfois audacieuses — la Shoah — parfois parfaitement farfelues — le type qui y voit des images subliminales partout. Amusant au début, lassant à la longue, notamment à cause du choix d’Ascher d’illustrer ces théories par des images tirées non seulement de Shining et d’autres films de Kubrick, mais aussi d’une pléiade de classiques détournés façon La Classe américaine, Room 237 pose surtout question au cinéphile averti. Les intervenants s’appuient à de nombreuses reprises sur des scènes de la version améric

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L'impact des loups

MUSIQUES | Les frères Weaver, Nathan et Aaron de leurs prénoms, ne sont pas nés dans un coin reculé de Norvège, mais dans la verdoyante capitale de l'État de Washington, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 25 mai 2012

L'impact des loups

Les frères Weaver, Nathan et Aaron de leurs prénoms, ne sont pas nés dans un coin reculé de Norvège, mais dans la verdoyante capitale de l'État de Washington, Olympia. Ils n'ont jamais incendié d'églises, ne se peinturlurent pas la tronche en blanc, ne se filment pas dans les bois en train de se mouvoir comme des satyres et ne s'automutilent pas sur scène. Au contraire, ils s'adonnent à l'agriculture biologique, ont des looks de rustauds lambda, n'ont aucun clip à leur actif et maudissent les pogoteurs. Pourtant, ils constituent, sous le nom de Wolves in the Throne Room, le groupe de black metal le plus stimulant des années zéro. Justement parce qu'ils sont, au contraire de trop nombreux pairs, demeurés fidèles à l'idéal de refus des normes (et par extension des clichés) qui présida à la naissance du genre à la fin des années 80. À ceci prêt qu'ils aiment à se produire à la lueur de bougies. Sera-ce le cas à l’Épicerie Moderne vendredi 1er juin ? On l'appelle de nos vœux impies. Au moins cela écarterait tout risque de blackout, tant leur musique, vortex sonore aussi radical que personnel où s'abîment blasts beats hérités de Burzu

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Toast

ECRANS | De S. J. Clarkson (Ang, 1h32) avec Oscar Kennedy, Freddie Highmore…

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Toast

Genèse pop et nostalgique de la vocation de Nigel Slater, cuistot et critique culinaire anglais parfaitement inconnu de ce côté-ci de la Manche. Dans sa première partie, le film se révèle aussi passionnant qu’un biopic de Jean-Luc Petitrenaud ou Joël Robuchon pourrait l’être pour un spectateur scandinave. Le deuxième acte, focalisé sur la rivalité entre le héros et sa marâtre, se développe faiblement sur l’idée que la cuisine peut être le moyen de se lier à ses proches, quitte à les transformer de façon irréversible – mais pour le coup, cette absconse morale se dilue dans l’envie de plus en plus tenace de se goinfrer de tarte aux citrons meringuée. Les deux interprètes de Nigel Slater (enfant et ado), d’une fadeur dommageable, participent malheureusement pour beaucoup au désintérêt d’un film dont on a de plus en plus de mal à cerner les enjeux. En prenant tous ces éléments en compte, il faut d’autant plus louer la réalisation de S. J. Clarkson, artisan télévisuel chevronné dont il s’agit du premier long-métrage : élégante, inspirée, ingénieuse mais sans épate, la mise en scène de Toast parvient à élever un récit farouchement anodin et à en faire jaillir une émotion inattendue là

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Room in Rome

ECRANS | Julio Medem Wild side

Christophe Chabert | Lundi 6 juin 2011

Room in Rome

Après un film très personnel, ambitieux et complètement raté (Caotica Ana), l’excellent Julio Medem se remet en selle en reprenant les choses là où il les avait laissées avec Lucia y el sexo : l’exploration du désir féminin à travers la recherche d’un cinéma sensuel et sexuel où tout transpirerait l’érotisme décomplexé. Mais Room in Rome poursuit ce projet en mode mineur : un huis-clos dans une chambre d’hôtel, une nuit, deux femmes et basta. La théâtralité de la situation est vite évacuée par la virtuosité de Medem à embrasser l’espace par une caméra caressante et une manière très habile de creuser le temps. D’abord pris dans un présent pur — la mécanique de la séduction entre l’Espagnole Alba (Elena Anaya, bientôt remarquable dans le nouveau Almodovar), lesbienne convaincue, et la Russe Natasha (Natasha Yarovenko), qui s’apprête à se marier — le récit s’opacifie au fur et à mesure où les masques tombent et les mensonges se révèlent. Medem force un peu sur le mélodrame, ce qui affaiblit l’émotion de la dernière partie, mais il réussit les deux grands enjeux de son film : l’oubli de la nudité, donnée naturelle de la situation (les deux actrices ne sont presque

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Chatroom

ECRANS | D’Hideo Nakata (Ang, 1h37) avec Aaron Johnson, Imogen Poots, Hannah Murray…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

Chatroom

La fascination du cinéma pour les univers virtuels semble devenir un vrai piège dès que celui-ci se met au défi d’en faire un sujet. C’est l’impasse dans laquelle s’est engouffré Hideo Nakata avec cette production anglaise tournée avec une partie du casting de "Skins". Dès l’ouverture où le cinéaste matérialise à l’écran l’espace virtuel de la discussion on line entre un groupe d’adolescents (la chatroom du titre), ça sent le cramé : entre les poncifs (les ados sont mal dans leur peau, c’est pour ça qu’ils vont sur internet) et la pauvreté du dispositif (l’espace virtuel est coloré, la réalité est toute grise), le film sonne faux. Plus il avance, plus il s’avère en plus incroyablement moralisateur : le web, pour Nakata, n’est qu’un déversoir à pulsions destructrices, perversions, violences en tout genre, et c’est bien sûr en reprenant pied dans le réel que l’on peut retrouver les vraies valeurs humaines. Brice Hortefeux, sors de ce corps immédiatement et rends-nous le réalisateur de "Dark Water" ! CC

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La Vengeance dans la peau

ECRANS | De Paul Greengrass (ÉU, 1h51) avec Matt Damon, Joan Allen...

Christophe Chabert | Mercredi 19 septembre 2007

La Vengeance dans la peau

Paul Greengrass ne s'embarrasse pas d'un quelconque résumé des épisodes précédents. La première scène fait directement suite à l'ultime séquence de La Mort dans la Peau, et donne le ton, paranoïaque, crépusculaire. Jason Bourne/David Webb est donc à Moscou, la police à ses trousses. Il a beau connaître désormais sa réelle identité, il lui reste tout de même à savoir quelles furent les raisons qui le poussèrent à devenir un assassin d'élite et, simple routine, à échapper aux opérateurs omniprésents de la CIA, dont les pontes le considèrent toujours comme une menace. Des bouquins de Robert Ludlum, on sait qu'il ne reste plus grand chose, si ce n'est que la psyché et la quête identitaire du personnage principal se sont vues retournées de fond en comble par Doug Liman mais surtout par Paul Greengrass, ce dernier parvenant in fine, via de subtiles touches acides disséminées ça et là (guettez le moindre détail), à métamorphoser une saga littéraire cocardière en films (doucement) contestataires. Le réalisateur de Bloody Sunday et de Vol 93, en bon fan de La Bataille d'Alger, prend visiblement un malin plaisir à se jouer de l'espace et de la t

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