The Lady In The Van

ECRANS | de Nicholas Hytner (G-B/E-U, 1h44) avec Maggie Smith, Alex Jennings, Frances de la Tour…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Photo : © DR


Adaptateur monomaniaque de Alan Bennett depuis La Folie du roi George (1995), Nicholas Hytner signe un film britannique tout ce qu'il y a de plus règlementaire, incluant pantalon à velours côtelé, scones et flegme. Un écrin classique pour Jim Broadbent et surtout Maggie Smith, qui surcompose la harpie décomposée de camionnette, vêtue de peaux de chats et embaumant l'urine, pittoresque attraction pour la gentry de Camden.

Mais davantage que l'interprétation attendue de Dame Smith, c'est le travail sur la dissociation de l'auteur qui retient l'attention : à la fois narrateur et personnage agissant dans l'histoire, Bennett se dédouble à l'écran ; s'observe dans cette duplication, échangeant avec son alter ego des considérations proustiennes. Il y a dans cette tentative de narration décalée une “réflexion” (dans tous les sens du terme) séduisante, rappelant les chambres à écho construites par Resnais ou Charlie Kaufman. En moins élaborées, quand même — we're British ! VR


The Lady in the van

De Nicholas Hytner (Angl-ÉU, 1h44) avec Maggie Smith, Alex Jennings...

De Nicholas Hytner (Angl-ÉU, 1h44) avec Maggie Smith, Alex Jennings...

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Un homme découvre qu'une femme habite dans sa voiture, qui se trouve être garée dans l'allée de sa maison. Une relation étonnante va alors naître.


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Indian Palace : Suite royale

ECRANS | De John Madden (Ang-Éu, 2h03) avec Dev Patel, Judi Dench, Maggie Smith, Richard Gere…

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Indian Palace : Suite royale

Retour au Marigold Hotel avec ses sympathiques pensionnaires british du troisième âge et son truculent personnel autochtone, décidés à passer un braquet commercial en investissant dans un nouveau palace plus moderne et plus luxueux. Mais c’est plutôt business as usual dans cette suite sous tranxène, qui prend prétexte de la préparation d’un mariage indien pour multiplier les micro-intrigues toutes plus inintéressantes les unes que les autres sans jamais remettre en cause son caractère néo-colonial. Exemple ultime de ce qu’est aujourd’hui le cinéma pour seniors — qu’ont-ils fait pour qu’on leur réserve de telles purges ? Indian Palace en reprend la grande idée : la vieillesse n’est ni un naufrage, ni un crépuscule, mais une deuxième jeunesse. Perspective rassurante qui permet du coup de laisser de côté toutes les questions qui fâchent : la perte d’autonomie physique, le corps plus à la hauteur d’un désir toujours vif et surtout la mort, que le film balaie d’une pichenette scénaristique assez honteuse. Les danses bollywoodiennes, les pitreries d’un Dev Patel en passe de rafler le trophée de pire acteur de l’année après sa performance

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Quartet

ECRANS | De Dustin Hoffman (Ang, 1h38) avec Maggie Smith, Michael Gambon, Billy Connolly...

Jerôme Dittmar | Mercredi 27 mars 2013

Quartet

Depuis Quatre mariages et un enterrement, l'Angleterre fait figure d'Eldorado de la comédie romantique. Si à Hollywood celle-ci a plongé dans l'hyper vulgarité ou au mieux la relecture post-geek, Outre-Manche le genre se découvre une nouvelle tendance : la version troisième âge. La vieille Europe voudrait-elle ainsi dire que l'amour n'est pas qu'un truc de trentenaires ou réservé aux héros des films de Judd Apatow ? Qui sait. Après Indian palace et sa maison de retraite délocalisée, voici en tout cas Quartet, ou la demeure chic pour musiciens classiques en fin de vie. Piloté par Dustin Hoffman, dont l'âge avoisine celui de son casting, le film ne brille ni par son intrigue (pour se reformer un quatuor doit faire face au temps passé sur les plans professionnel et sentimental), ni par sa mise en scène (cosy et surtout pépère). Le cinéaste en herbe trouve évidemment là un film miroir, un peu embarrassant, auquel il manque un supplément d'audace et de style pour ne pas tomber dans l'oubli. Jérôme Dittmar

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