No Land's Song

ECRANS | de Ayat Najafi (All/Fr, 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Photo : © DR


Monter un concert avec des solistes féminines au pays des mollahs, où les voix non masculines sont prohibées… Le défi que s'est lancé la compositrice Sara Najafi rappelle le pari des Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, en particulier son jeu de cache-cache (de caméra) permanent. Najafi use de bien des contorsions pour parvenir à ses fins, mettant les autorités face à leurs contradictions et leur suprême hypocrisie — le documentaire rappelle qu'avant 1979, les Iraniennes pouvaient librement chanter et n'étaient pas spécialement voilées. Malgré des déconvenues, grâce à de la ruse légitime, on assiste à un concert-passerelle entre l'Iran et la France, avec, entre autres, Jeanne Cherhal et Élise Caron. VR


No land's song

De Ayat Najafi (All, Fr, 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi...

De Ayat Najafi (All, Fr, 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi...

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En Iran, depuis la révolution de 1979, les chanteuses ne sont plus autorisées à se produire en solo, tout au moins devant des hommes... Voulant rendre hommage aux grandes artistes des années 1920, Sara Najafi est déterminée à faire revivre la voix des femmes.


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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Au Point du Jour, jouer pour déjouer les mensonges

Théâtre | Pour leur première création au sein du théâtre qu’ils dirigent depuis presque deux ans, Angélique Clairand et Éric Massé ont fait de l’écriture assez fade de Philippe Besson une pièce de théâtre sage.

Nadja Pobel | Jeudi 8 octobre 2020

Au Point du Jour, jouer pour déjouer les mensonges

Au commencement, posé sur une chaise, Philippe Besson est interviewé. Il répond aux questions d’une journaliste chignonée au ton sec et prétentieux ; disserte sur son métier d’écrivain, son homosexualité. Mais ce cadre très formel déjà se distord sous les coups d’une voix-off de l’un et l’autre via laquelle leurs pensées intérieures prennent le dessus et masque les discours convenus. Ce pas de côté va être le squelette de l’adaptation théâtrale que font Angélique Clairand et Eric Massé de Arrête avec tes mensonges, Paru en 2017, le roman est clairement autobiographique puisqu’il relate l’amour de jeunesse de l’auteur, avec un adolescent qui enfouira son identité sexuelle jusqu’à ce que son fils démêle les fils. Ces trois hommes sont l’armature de cette pièce qui se déroule essentiellement en 1984 puis en 2007 et en 2016 pour un épilogue malheureux et les trois acteurs endossent parfois plusieurs fois le même personnage selon son âge. Mieux : le Philippe adolescent et celui devenu écrivain à succès à 40 ans dialoguent, l’un donnant des conseils de couple à l’autre alors à l’aube de sa vie amoureuse. Ainsi le du

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Papa, maman, forbans : "Kajillionaire" de Miranda July

Comédie | Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990.

Vincent Raymond | Jeudi 1 octobre 2020

Papa, maman, forbans :

Un couple d’escrocs semi-clochards et leur fille de 26 ans Old Dolio vivent de combines médiocres en attendant l’arnaque absolue. Attirée par cette famille atypique, une jeune beauté joint le gang. Et c’est le cataclysme intérieur… N’était le générique attestant leur présence à l’écran, on refuserait d’admettre que sous la défroque usée et hagarde des protagonistes se cachent Debra Winger et Evan Rachel Wood. Mais il y a aussi quelque chose de réjouissant à les (non) voir, puisqu’elles s’effacent totalement derrière des personnages, passant leur temps à se faire oublier d’un monde les ayant exclues. Avec ces bras cassés et son absurdité burlesque, Miranda July retrouve la tonalité du cinéma indé US du milieu des années 1980 à 1990 pratiqué par Jarmush, LaBute, DiCillo, Zwigoff voire Wes Anderson… — ne manque ici que Steve Buscemi pour assurer la caution vintage ! Si elle évite le maniérisme, elle ne résiste pas à un p’tit cliché en insistant lourdement sur l’obsession de Old Dolio pour le Big One. La méchanceté pure et la folie de ses parents rattrapent heureusement cette facilité.

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Un week-end avec Haenel

Biennale des musiques exploratoires | Vous n'avez rien de prévu le week-end du 13 au 15 mars et un RTT le vendredi, pourquoi pas le passer avec Yannick Haenel (Prix Médicis 2017 pour le (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Un week-end avec Haenel

Vous n'avez rien de prévu le week-end du 13 au 15 mars et un RTT le vendredi, pourquoi pas le passer avec Yannick Haenel (Prix Médicis 2017 pour le savoureux Tiens ferme ta couronne). C'est dans le cadre de la Biennale des musiques exploratoires du GRAME que l'Auditorium a convié l'auteur pour mettre en lumière les liens entre les genres et les disciplines artistiques. Où l'on trouvera un florilège de concerts voués à faire dialoguer œuvres du répertoire et création musicale, avec entre autres le Quatuor Bela pour ouvrir le bal ; le Quatuor Tana autour de Beethoven et l'ONL pour un finale sur deux créations de Lara Morciano et Hugues Dufourt et un détonnant Boléro de Ravel mais aussi un concert spatialisé autour du Drumming

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La musique dans tous ses états

Biennale des Musiques Exploratoires | La Biennale des Musiques Exploratoires propose pas moins de cinquante spectacles et concerts, défrichant les nouvelles tendances de la création musicale, et les croisements entre musique et danse, théâtre ou arts plastiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

La musique dans tous ses états

Héritière de la Biennale Musiques en Scène, la Biennale des Musiques Exploratoires (BIME) suit à peu près le même sillon : celui de la créativité musicale actuelle et des croisements entre la musique et d'autres disciplines comme le théâtre, la performance, la danse... Pendant presque un mois, le festival proposera dans plusieurs lieux de la métropole rien moins qu'une cinquantaine de concerts et de spectacles, dont seize premières mondiales. L'écrivain Yannick Haenel (auteur des remarquables romans Cercle ou Renards pâles) en sera une sorte de parrain avec notamment l'écriture d'un petit opéra et un Week-end Yannick Haenel à l'Auditorium du 13 au 15 mars. Week-end où seront lus des textes de l'écrivain par Charles Berling, et où seront interprétés quelques choix de cœur de l'auteur : Drumming de Steve Reich, le Quintette à cordes en ut majeur de Schubert, L'histoire du soldat de Ramuz-Stravinsky lue, dansée et jouée... Sans oublier une œuvre du très singulier compositeur argentin (formé au CNSMD de

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Eaux profondes au Point du Jour

Théâtre | Après l'avoir créé en début d'année au CDN de Valence, Éric Massé et Angélique Clairand amènent De l'Ève à l'eau sur les planches du Théâtre du Point du Jour : un spectacle très personnel qui ne convainc pas.

Nadja Pobel | Mardi 5 novembre 2019

Eaux profondes au Point du Jour

En français, en anglais, en ch'ti, en wolof, en parlange et même en langue des signes (le 12 novembre), De l'Ève à l'eau est un retour aux origines pour les auteurs, metteurs en scène et acteurs Angélique Clairand et Éric Massé qui se souviennent ainsi « d'où ils viennent » : d'une campagne française, d'où subsiste ce patois local qu'est le parlange dans lequel Ève signifie "eau". Via la figure d'une ancienne agricultrice, en prise à la démence et à des crises de coprolalie, c'est toute la paysannerie malmenée par les pouvoirs publics qui se trouve sur ce plateau, scénographié par Johnny Lebigot qui est allé chercher l'inspiration dans les fermes désormais abandonnées où a grandi le duo de concepteurs du spectacle : l'intime de la chambre au-dedans, la pagaille de la grange au-dehors. Mais cette trame du retour aux origines est envahie et déviée par des artifices inutiles voire dérangeants. Marais poitevin Ainsi dans ce qui est présenté comme une introduction, Éric Massé, en allant du fond de la salle vers la scène et après avoir fait part des odeurs de la campagne et du f

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Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Théâtre | Pour leur première rentrée en tant que directeur et directrice à la tête du Théâtre du Point du Jour, Angélique Clairand et Éric Massé s’associent à de jeunes collectifs qui ont le vent en poupe et proposent des entrées très diverses au théâtre (expositions, projets participatifs, immersifs et itinérants).

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Un nouveau Point du Jour avec Angélique Clairand et Éric Massé

Une photo d’un rassemblement spontané dans le parc de Gezi d’Istanbul prise en 2013 par Leonora Baumann, membre du collectif Item, orne la plaquette de cet An 1 du Point du Jour nouvelle ère. Ce cliché en dit long sur la volonté du duo élu de tisser des liens avec le territoire (Item est installé à Lyon), de regarder et considérer ceux qui luttent contre l’oppression (Gezi jouxte la place Taksim) et de s'ouvrir à d’autres arts. Deux fois par saison un journaliste, un photojournaliste, un metteur en scène et un interprète s’empareront d’un sujet d’actualité pendant une semaine. Ce Grand ReporTERRE aura pour thème la radicalisation politique en 2019-20. Par ailleurs, une expérience sensorielle et sonore, Fugueuses (en mai) par une jeune autrice tout juste sortie de l’ENSATT, Judith Bordas, se basera sur une collecte de témoignages des habitants du 5e arrondissement. De nombreux spectacles seront en langue des signes et d’autres nomades, en balade dans les quartiers de l’arrondissement. Passer la 5e Celui qui ouvre la saison sera en appartements : Elle et lui

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Vincent Segal fait salon

Nuits de Fourvière | En ouverture classieuse des Salons de musique proposés par les Nuits de Fourvière, le maître violoncelliste Vincent Segal et le label No Format unissent leurs talents à l'Odéon pour célébrer leur conception de la musique pas comme les autres, friande de rencontres et d'épure.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 juin 2019

Vincent Segal fait salon

D'une pierre deux coups, d'un concert deux rêves, c'est ce que réalisent cette année les Nuits de Fourvière en inauguration de ces Salons de musique, qui du 23 juin au 11 juillet offriront comme un genre de programmation parallèle au festival, entre l'Odéon, la Salle Molière et l'Opéra de Lyon. D'abord, il s'agissait d'exaucer le désir du violoncelliste protée Vincent Segal (révélé avec Bumcello et capable d'accompagner Enrico Macias et Susheela Raman, M et Mayra Andrade, Blackalicious et Agnès Jaoui) de proposer un autre genre de performance que celles régulièrement livrées par lui entre les marches des deux théâtres antiques, autour de quelques amis musiciens échangistes et sans amplification. Un salon de musique en somme. Ensuite, pourquoi pas en profiter pour fêter ainsi en grande pompe mais en toute modestie, les quinze ans du label No Format, fondé en 2004 par Laurent Bizot, défenseur des musiques singulières, immatures, métissées et improvisées, qui accueillit les premiers pas en piano solo de Gonzales,

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L’or dur de Naples : "Piranhas"

Drame | de Claudio Giovannesi (It, int.-12ans, 1h52) avec Francesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turitto…

Vincent Raymond | Mardi 4 juin 2019

L’or dur de Naples :

Naples, années 2010. La quinzaine conquérante, Nicola trépigne d’envie devant les gangs, leur argent facile et la crainte qu’ils inspirent, autant qu’il abhorre leur manière de rançonner les gens. En se liguant avec une famille sur le carreau, il va prendre le contrôle de son quartier… Adapté d’un roman de Roberto Saviano (qui en a co-écrit le scénario), Piranhas poursuit son examen des milieux mafieux entrepris avec Gomorra, l’enquête (suivie par le film de Matteo Garrone) qui avait mis en lumière le fonctionnement de la Camorra… et lui vaut la constante protection de la police. Mais à la différence de ce précédent opus, pratiquant le patchwork, la juxtaposition de lambeaux d’événements, pour restituer l’emprise tentaculaire de l’organisation criminelle et privilégiant une forme “documentarisante”, Piranhas ne craint pas d’adopter la structure plus conventionnelle d’un récit fictionnel.

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La fabrique des petits soldats : "Le Fils"

Documentaire | Documentaire de Alexander Abaturov (Ru-Fr, 1h11)…

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

La fabrique des petits soldats :

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexandre Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’étaient leurs marinières rouges, ils pourraient êtres les bidasses de Full Metal Jacket (1987) effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats “pour de rire“ — avec pommettes en charpie et nez explosé —, les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, Abaturov

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Re-territorialiser le Point du Jour avec Eric Massé et Angélique Clairand

Théâtre | Nommés début janvier à la tête du théâtre du Point du Jour après un long suspense, Angélique Clairand et Éric Massé précisent leur projet : profondément axé sur le territoire.

Nadja Pobel | Mardi 5 février 2019

Re-territorialiser le Point du Jour avec Eric Massé et Angélique Clairand

Gérard Collomb n’aura finalement pas cédé aux sirènes de Claudia Stavisky qui souhaitait faire du Théâtre du Point du Jour une annexe des Célestins. C’est lui qui, le 31 janvier, a introduit le baptême du feu d’Angélique Clairand et Éric Massé sous les ors de la République adoubé par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes dont le directeur Michel Prosic a rappelé que ce théâtre avait « une ampleur locale, métropolitaine, nationale et internationale » et qu’il était une « marque de fabrique ». Jean-Louis Martinelli, Gwenaël Morin et plus encore Michel Raskine ont effectivement fait l’histoire et la renommée de ce lieu d’une taille intermédiaire rare à Lyon (280 sièges), au croisement des Scènes Découvertes et des grands plateaux. D’où le fait que ce lieu fut l’objet de la convoitise de 51 candidats puis de six "short-listés". Aucune création à l’ordre du jour Les vainqueurs ont, selon M. Prosic, étayé leur propos en quatre mots-clés : la diversité

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Éric Massé et Angélique Clairand nommés au théâtre du Point du Jour

Nomination | Au terme d'un long suspens et de quelques rebondissements, le duo Angélique Clairand et Éric Massé a été désigné par la DRAC et la Ville de Lyon pour diriger le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 24 janvier 2019

Éric Massé et Angélique Clairand nommés au théâtre du Point du Jour

Au terme d'un long suspens et de quelques rebondissements, le duo Angélique Clairand et Éric Massé a été désigné par la DRAC et la Ville de Lyon pour diriger le théâtre du Point du Jour après le départ de Gwenaël Morin cet été. Ils seront en poste pour trois ans renouvable une fois. Ils ont été choisi parmi les six candidats de la short list qui attendaient le verdict depuis leur entretien avec les tutelles en octobre dernier. Recalés donc sont Abdelwaheb Sefsaf, Baptiste Guiton & Pauline Laidet, le collectif X, Olivier Coulon-Jablonka et Thierry Jolivet. Ce dernier était fortement soutenu par les Célestins, au point que le forcing de Claudia Stavisky auprès de Gérard Collomb, redevenu maire depuis le passage devant le jury, a beaucoup ralenti la désignation du candidat vainqueur et semé le trouble chez les candidats. Le comédien et metteur en scène Éric Massé est actuellement associé à la Comédie de Valence-CDN depuis 2010. Ce mois-ci, il y

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Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne »

Le Retour de Mary Poppins | Suite lointaine d’un des plus grands triomphes des Studios Disney qui avait glané cinq Oscar (dont celui de la meilleure actrice pour Julie Andrews), "Le Retour de Mary Poppins" est le Disney de Noël 2018. Rencontre avec le réalisateur et l’interprète de la nounou magique…

Vincent Raymond | Lundi 24 décembre 2018

Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne »

Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été impressionnant. Et un travail colossal. Mais si quelqu’un devait s’atteler à la tâche, je voulais que ce soit moi, car ce film signifie énormément pour beaucoup de personnes de ma génération. Il fallait que cette suite reflète dignement l’esprit du film de 1964, même si la barre était particulièrement haute. Avec mes co-scénaristes Dave Magee et John de Luca, nous avons dû créer un script pour lier les parties musicales entre elles. Car les livres de P. L. Travers fonctionnent par épisodes ; il n’y a pas vraiment de narration liant les chapitres les uns aux autres. Puisque Le Retour de Mary Poppins dépeint l’époque de la Grande Dépression à Londres, il fallait comprendre les difficultés de cette période, qui trouve un écho très contemporain. C’était un exercice

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Mary à tout prix (et pareille à elle-même) : "Le Retour de Mary Poppins"

Comédie Musicale | De Rob Marshall (É-U, 2h10) avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Mary à tout prix (et pareille à elle-même) :

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que leur père, jeune veuf, s’emploie à sauver leur maison d’une saisie. Heureusement, sa magie sera le sucre qui aidera la médecine à passer… Disons-le tout net, cette suite est une délicieuse mine de paradoxes. Tout d’abord parce qu’elle s'applique davantage à répliquer l’opus initial qu’à le prolonger, histoire de montrer l’immutabilité de la nounou — laquelle pourtant à changé de physionomie en changeant d’interprète. Ainsi le ramoneur est-il ici remplacé par un allumeur de réverbères (même genre de monte-en-l’air, en plus propre sur lui), l’oncle Albert s'envolant au plafond troqué par une cousine Topsy vivant tête-bêche, la séquence champêtre en animation par… une séquence champêtre en animation (avec une touche de cabaret en sus). Bénéficiant des évolutions techniques contemporaines, cette Mary Poppins est donc plus une 2.0 qu’une n°2. Mais si la trame se conforme à l’original, cet épisode se distingue

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Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Biennale Musiques en Scène | Bérénice Gulmann, déléguée artistique de la Biennale Musiques en Scène, nous emmène au cœur de la nouvelle et palpitante édition État(s) Limite(s). Des créations multiples qui posent la question des frontières, du virtuel et du réel, qui reposent la question des états humains. Quid de cet état entre rêve et sommeil, de ce lieu entre enfance et âge adulte ?

Pascale Clavel | Mardi 20 février 2018

Bérénice Gulmann : « Michaël Lévinas est un visionnaire »

Lorsque l’on regarde la programmation de cette édition, on a le tournis. Pourquoi ce trop ? Bérénice Gulmann : 47 concerts, c’est beaucoup. Grame est une sorte d’incubateur tout au long de l’année et la Biennale est là comme un moment phare qui montre la création contemporaine dans toute sa diversité. Les artistes s’emparent de disciplines sœurs, travaillent dans la transdisciplinarité. Un festival, c’est un moment où tout est possible, où le public est à même d’aller d’une proposition à une autre sans avoir une idée préconçue, il se laisse emmener par la dynamique, par l’énergie. C’est le cas par exemple du Crazy Week-end à l’Auditorium. Il y a de plus en plus de propositions participatives qui sont possibles grâce aux recherches faites à Grame et aux nouvelles technologies. On a tissé une programmation à la fois très savante et en même temps très ludique. Comment faire venir un public qui se détourne parfois de la musique de son temps ? On essaie, au sein d’une même programmation, d’avoir une musique de notre temps assez convenue, plus attendue et d’autres plus surprenantes. À l’Auditorium, da

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Entre deux : "L'École de la vie"

Documentaire | de Maite Alberdi (Fr-Chi-P-B, 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Entre deux :

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros — Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette, Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale —, et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étr

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Prison de filles : "Des rêves sans étoiles" de Mehrdad Oskouei

Documentaire | de Mehrdad Oskouei (Irn, 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Prison de filles :

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de “réhabilitation” pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec eux. À ces “tête-à-tête“ trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? Ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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La barbe ! (à ras) : "Barbara" de Mathieu Amalric

Biopic | de et avec Mathieu Amalric (Fr, 1h37) avec également Jeanne Balibar, Vincent Peirani…

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

La barbe ! (à ras) :

Une comédienne endosse pour les besoins d’un film le rôle de la chanteuse Barbara. On la suit hors et sur le plateau, tentant de s’approprier ce personnage fantasque et nocturne ; cette icône qui, en réalité, est une idole que fantasme un réalisateur obsessionnel… Mathieu Amalric succombe à son tour à la mode du biopic, tentant une approche conceptuelle d’un fragment de l’existence de la longue dame brune. En l’occurrence, il mêle les répétitions d’une actrice-jouant-Barbara à des images d’archives de l’authentique Barbara répétant en tournée. Un collage-hommage dont on devine l’intention : montrer la convergence de démarches artistiques absolues tout en provoquant un trouble visuel et mental chez le spectateur grâce à la “performance” de la comédienne. Las ! De confusion, il n’y a guère : le mélange d’images fait surtout rejaillir l’artifice et l’inanité du simulacre. Si Jeanne Balibar, tristement horripilante dans le surjeu maniéré dont elle est coutumière, semble donner l’impression de se regarder jouer — et de s’écouter chan

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Leçons de son : "Buena Vista Social Club : Adios" de Lucy Walker

Documentaire | de Lucy Walker (É-U-Cu, 1h50) documentaire avec Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Manuel Mirabal…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Leçons de son :

Vingt ans ou presque après le documentaire de Wenders, y avait-il encore des choses à apprendre sur le groupe d’octo-et-nonagénaires cubains ? Étonnamment, oui. Réalisé à l’occasion de la tournée d’adieux du Buena Vista Social Club, ce film est davantage qu’une séquelle du précédent opus : il creuse aussi ses racines grâce à un luxe d’archives inédites. Si Lucy Walker opte pour une structure plus classique et une réalisation moins “virtuose” que son prédécesseur allemand, elle compense par un supplément de valeur informative et d’émotion : les maîtres du son dont elle établit le parcours médiatique (Ibrahim Ferrer, Compay Secundo, Rubén González…) avant leur entrée dans l’illustre orquesta sont désormais tous mort, exception faite de la vaillante Omara Portuondo. La cinéaste exhume par ailleurs des images (parfois tendues) de la conception de l’album de 1996, rendant au producteur Nick Gold des lauriers souvent indument tress

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États généraux du documentaire

ECRANS | S’il est encore trop tôt pour connaître le programme détaillé de la 29e édition des États généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche) on peut d’ores et déjà en (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

États généraux du documentaire

S’il est encore trop tôt pour connaître le programme détaillé de la 29e édition des États généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche) on peut d’ores et déjà en indiquer ses dates (du 20 au 29 août) et rappeler le principe de cette semaine. Conjuguant séquences réflexives (séminaires théoriques) approche pratique (ateliers) et projections (plusieurs sections interrogeant le patrimoine comme la production contemporaine), ce laboratoire vivant est surtout le rendez-vous cardinal et convivial des amateurs de cette forme exigeante, mais polyvalente. Un must pour qui croit en la capacité du cinéma d’émettre une voix dissonante. www.lussasdoc.org

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Guillaume Kosmicki à Musicalame

Musiques Savantes | Le livre débute par John Zorn et son mythique Naked City. Et parcourt au fil des pages 25 ans de musiques de traverses, incendiaires, innovantes, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Guillaume Kosmicki à Musicalame

Le livre débute par John Zorn et son mythique Naked City. Et parcourt au fil des pages 25 ans de musiques de traverses, incendiaires, innovantes, compliquées... savantes, dit l'auteur, Guillaume Kosmicki, qui clôture ainsi une trilogie consacrée, donc, aux Musiques Savantes. De la musique spectrale à la toujours très riche scène minimale, des pas de côté de Björk à Xu Yi ou Aphex Twin, c'est une somme essentielle qui se dessine là pour les férus d'archéologie discographique. Guillaume Kosmicki, musicologue, présentera son ouvrage à la librairie Musicalame le jeudi 15 juin à 19h30.

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Jour de fête

21 juin | Alors qu'en ce 21 juin, la ville se couvrira comme chaque année d'estrades, de scènes et de musiciens en tous genres, une petite sélection des événements s'imposait, dans laquelle picorer selon son goût et son humeur musicale.

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 juin 2017

Jour de fête

Marathon de dancefloor On espère que vous aurez un peu forcé sur le cardio à l'approche de l'été. Il faudra au moins ça pour survivre au programme toujours marathon du Boulevard Électro de Gerland, sis au pied, ce n'est sans doute pas un hasard, du Palais des Sports. Au programme notamment, l'alliance de Tapage Nocturne, activiste bien nommé de la nuit lyonnaise, et de Nashton Records, label ayant pour particularité d'avoir un pied à Lyon et un autre à Varsovie. Avec Mediateurs Electronics en ouverture (avec notamment Craninho), le défi sera d'aller au bout des sept heures de danse proposée par Donü, Dykore, Pleije (Nashton Records), la house de Benny Bos et l'ensorcelant Salem Unsigned. Rendez-vous à la buvette, les mains sur les hanches, pour souffler un peu et se désaltérer. Tapage Nocturne & Nashton Records Au Boulevard électro à Gerland de 17h à minuit Combustion spontanée On reconnaît bien là l

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"Le Goût du tapis rouge" : raides carpettes

Documentaire | de Olivier Servais (Fr, 1h13) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Dix jours en mai, leur vie s’interrompt, cependant qu’elle s’illumine. Guetteurs ou arpenteurs, ils forment une foule compacte s’agglutinant autour des marches du Palais des Festivals et roulant le long de la Croisette. Deux éditions durant, Olivier Servais a braqué ses regards vers ce peuple de l’ombre, les uns mendiant des paillettes aux étoiles, les autres œuvrant à leur service. Cannes vu par les vraies gens, hors apparat et coupe-file… L’idée était séduisante de partager un point de vue “plébéien”, extérieur, éventuellement dissonant — plutôt que les sempiternels clichés sur l’angoisse de la star au moment de gravir les escaliers ou l’art du concierge de palace à satisfaire ses caprices. Hélas, Servais semble parti tourner à caméra-que-veux-tu, et avoir ensuite effectué un collage à la diable de ses séquences, histoire de leur donner un cachet expérimento-impressionniste. Le résultat est fade, factice et soporifique. Cependant, s’il fallait retenir une chose de ce vrac, c’est que la faune statique des fanatiques du Festival est aussi diverse dans ses motiva

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"Noma au Japon" : comment réinventer le meilleur restaurant du monde

ECRANS | de Maurice Dekkers (P-B, 1h33) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Couronné plusieurs années consécutives meilleure table du globe, le Noma de Copenhague se voit confier une carte blanche durant six semaines par le Mandarin Oriental de Tokyo. Pour l’équipe menée par le chef René Redzepi, le défi est de taille : il s’agit en effet de composer une carte nouvelle respectant l’esprit Noma tout en se nourrissant des particularités du terroir japonais. Une course contre la montre et pour les papilles s’engage… On ne saurait mieux expliquer le processus créatif de la haute cuisine, naissant d’une fusion de talents individuels et d’une symbiose d’inspirations sous la houlette d’un chef d’orchestre aux intuitions audacieuses. Capable de tirer le meilleur de chacun, de fuir les évidences gastronomiques et de se remettre en question sans concession, Redzepi apparaît comme un catalyseur et un liant. Sa curiosité et son perfectionnisme contagieux, respectueux de la nouveauté, des cultures, des saveurs ou de l’esthétique, rappellent la démarche de Benjamin Millepied dans l’excellent documentaire

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"Retour à Forbach" : mauvaises mines

ECRANS | de Régis Sauder (Fr, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Venu pour solder la maison de famille, Régis Sauder arpente Forbach — autrefois cité minière, désormais dévorée par le chômage et gagnée par les votes extrêmes. Sur les traces de son enfance mosellane, il confronte ses souvenirs de prolo complexé à la réalité contemporaine, retrouve des camarades d’antan. En leur compagnie, mais aussi avec quelques grands témoins (telle une tenancière de café, parfait coryphée moderne) il enregistre la réalité du quotidien forbachois, dans son effrayante apparence de cité fantôme : plans fixes sur des pas-de-portes désertés, des échoppes à l’abandon, des commerces fermés, auxquels succède l’empilement des bulletins en faveur de l’extrême-droite lors des élections régionales. Dans cette région autrefois occupée, les mémoires sont courtes, et Sauder profite de son amer pèlerinage pour rappeler la cause du malheur actuel : l’exploitation minière, qui fit les “beaux jours” et la richesse du pays — c’est-à-dire des quelques familles possédant les mines, pompant le sol comme l’énergie vitale des ouvriers. Dépourvu d’illusion et de rêve, Forbach apparaît ici écrasé entre

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"L’Opéra" : un an de prises à Bastille

Le Film de la Semaine | Des coulisses aux cintres, des tensions sociales aux minutes de silence, des répétitions aux applaudissements, une suite d’instantanés façons puzzle glanés durant une saison de l’Opéra de Paris visant à désacraliser cette institution culturelle française majeure. Avec bienveillance.

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Philippe Martin, producteur habituel de Jean-Stéphane Bron, ne s’en cache pas : grand amateur d’art lyrique et familier de Stéphane Lissner (le directeur de l’Opéra de Paris), c’est lui qui a soufflé l’idée, pour ne pas dire commandé ce film au cinéaste helvétique, pur néophyte dans cet univers. Mais est-ce en cela un problème ? L’œil du candide capte souvent des mouvements insolites que l’habitué, blasé malgré lui, ne perçoit plus. Bron s’est donc immergé pendant 130 jours dans les murs de l’Opéra, le découvrant lui-même pour le faire découvrir au spectateur. Avec la chance du débutant, du point de vue dramaturgique : couvrant la saison 2015-2016, il suit donc des grèves à répétition, les conséquences des attentats parisiens, l’arrivée et le départ de Benjamin Millepied… davantage du côté directorial, offrant ainsi un contrepoint (ou un contrechamp) à l’excellent Relève : histoire d’une création de Thierry Demaizière & Alban Teurlai, tourné c

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Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Jazz | Jazz à Vienne qui regarde souvent et encore vers l'avenir, en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne : Hommages et Mary J. Blige

Si la 37e édition de Jazz à Vienne s'ouvrira sur un concert du Joe Cocker italien Zucchero en la soirée du 29 juin ; si l'événement du festival sera sans doute pour certains le retour de De La Soul en mode live band, le 1er juillet, et le même soir un concert hip-hop symphonique qui verra l'ONL, dirigé par Issam Krimi, accompagner MC Solaar, Ärsenik et BigFlo & Oli, rencontre inédite et mariage a priori improbable de la scansion rap et de la grandeur symphonique ; si le prodige aux 10 millions d'albums Jamie Cullum risque d'emporter tous les suffrages du public, c'est surtout le nombre d'hommages à des artistes disparus qui marque cette programmation 2017 du festival. Fela Day Cela commence le 2 juillet avec l'anniversaire des vingt ans de la disparition du père de l'afrobeat Fela Kuti auquel Jazz à Vienne consacrera une journée hommage gratuite. Au pr

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Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

ECRANS | Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, tournées vers sa laideur extérieure comme sa beauté intérieure. Accompagnant un pot d’ouverture, Food Coop de Tom Boothe montrera que même Wall Street n’arrive pas à stopper le geste fraternel au sein d’une coopérative alimentaire new-yorkaise. Manger mieux pour vivre mieux, credo commun entre Rosa Maria, exilée de son village en 1931 et les migrants kurdes à Riace, dans le sud de l’Italie actuelle : Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella rappelle les heures sombres de l’actualité, en miroir avec son Histoire, démarche jumelle de Ils ne savaient pas que c’était une guerre. Avec l’association Coup de Soleil, favorisant les échanges culturels entre la France et le Maghreb, son réalisateur Jean-Paul

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"Le Concours" : il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Idhec, la Femis représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou encore Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé — 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s — qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire — que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisque l’on pénètre les coulisses d’une grande institution et l’on ass

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"Ouvrir la voix" au Périscope

CONNAITRE | Être femme et noire en France, aujourd'hui : une double peine. Le documentaire de la réalisatrice et militante afro-féministe Amandine Gay est un (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 janvier 2017

Être femme et noire en France, aujourd'hui : une double peine. Le documentaire de la réalisatrice et militante afro-féministe Amandine Gay est un instantané du quotidien des femmes afro-descendantes noires, en France et en Belgique, qui se livrent sur la beauté, le travail, l'accent, la religion, le machisme... Et se retrouvent toutes à l'intersection du racisme et du sexisme. Un documentaire pas sorti en salles, mais toutes les projections sont rapidement complètes. La prochaine : au Périscope, ce lundi 30 janvier à 20h30.

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Mélodie en surface

ECRANS | Avec la période de Noël vient l’envie de consommer des sucreries chamarrées dans des proportions outrepassant les limites du raisonnable, en se (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Mélodie en surface

Avec la période de Noël vient l’envie de consommer des sucreries chamarrées dans des proportions outrepassant les limites du raisonnable, en se recroquevillant dans d’épais lainages — une posture régressive expliquant l’audience télévisuelle stable de tous les épisode de la séries des Sissi avec Romy Schneider, lors de chacune des ses rediffusions hivernales. Les plus courageux pourront satisfaire cette pulsion en extérieur, grâce à la ressortie dans les salles du GRAC à l’occasion de CinéCollection d’un bon vieux classique de la comédie musicale : La Mélodie du bonheur (1965). Face à ce pain de sucre de près de trois heures, même votre votre popcorn au caramel aura des airs de polystyrène hypoglycémié. Signé par le chevronné Robert Wise, alors en état de grâce après West Side Story (1961), interprété par Julie Andrews fraîchement oscarisée pour Mary Poppins, adapté d’un succès de Broadway couvert de Tony Awards depuis sa création en 1959, cette histoire de gouvernante de sept enfants épousant le père (veuf) de cette famille nombreuse entre deux chansons et sur fond de montée du nazi

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Richard Bellia : « J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude »

Photographie | Avec son livre Un œil sur la musique, le photographe Richard Bellia retrace 35 ans d'une carrière aux côtés des plus grands (The Cure, Nirvana, Joe Strummer). Avant la présentation de son ouvrage à Lyon, il est revenu sur sa vie derrière l'objectif.

Gabriel Cnudde | Mardi 15 novembre 2016

Richard Bellia : « J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude »

Quand vous étiez jeune, vous étiez passionné de musique et de photographie. C'est pour ça que vous avez choisi ce métier, pour allier vos deux passions ? Ou bien vous n'y avez jamais réfléchi et ça s'est fait naturellement ? Richard Bellia : C'est exactement ça. C'est exactement la deuxième possibilité. C'est à dire que je l'ai fait, puis après je me suis retrouvé à l'avoir fait. Y'avait pas plus de plan de carrière que ça. Ça s'est fait de manière vachement simple. Les Anglais disent « I got carried away » et bien moi c'est pareil. J'ai commencé par hasard et j'ai continué par habitude. Vous avez énormément photographié les artistes sur scène et un peu moins en studio ? Pourquoi ? Êtes-vous plus attiré par le côté "libre" et "sauvage" de la scène ? Ce n'est pas aussi simple que ça. En fait, je crois qu'en tant que photographe, je prends ce qu'on me donne. Si on me dit que je dois aller au concert de X, je suis content. Si j'ai le droit de rester sur le devant de la scène, je suis encore plus content. Si on me dit que je peux y rester une demi-heure, je suis encore plus content. Si on me dit que je peux aller ret

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"Swagger" : à l’école de la classe

ECRANS | Portrait d’une banlieue par des jeunes qui la vivent au présent et ont foi en l’avenir, dans un documentaire de création bariolé, sans complaisance mortifère ni idéalisation naïve. Stimulant.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Ils se prénomment Aïssatou, Astan, Aaron, Elvis ou Mariyama… Vivant dans des cités de périphérie, ces adolescents dépassent la facile caricature à laquelle ceux qui ne les ont jamais approchés les réduisent. Pour un peu qu’on consente à les rencontrer ! Olivier Babinet, lui, les a écoutés durant des semaines, et construit en leur compagnie ce singulier documentaire débordant de fantaisie, de liberté et surtout d’espoir. Film stylé, Swagger est ainsi autant une collection de témoignages qu’une œuvre de création chamarrée ; un puzzle assumé et dynamique se pliant autant à l’imaginaire immédiat de ses protagonistes qu’à leurs projections. S’ils décrivent le quotidien pas forcément folichon avec lequel ils doivent composer au prix d’une sacrée créativité, les onze ados du film sont aussi les acteurs d’un changement en cours. Que la caméra, complice magique, transpose parfois dans une imagerie hollywoodienne ou clippée — voir les défilés vestimentaires de Paul et Régis, deux jeunes mecs ayant su affirmer leur identité à travers leurs fringues. Ou qu’elle an

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"Trashed" : le plastique, c’est satanique

Le Film de la Semaine | Jeremy Irons nous guide à travers le monde des déchets gouverné par de belles saloperies : dioxines et plastiques — des polluants ubiquistes impossibles à recycler, résidus de la révolution industrielle et des Trente Glorieuses. Un documentaire aussi édifiant qu’effrayant.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Fin octobre, le WWF publiait une étude révélant l’extinction de 50% des espèces de vertébrés durant les quarante dernières années. À qui la faute ? Trashed délivre davantage qu’une ébauche de réponse à ce cataclysme supérieur à tous les accidents géologiques passés, en accumulant des strates d’informations. Pour certaines collectées au grand jour ; pour d’autres ramassées dans la fange putride de nos poubelles. Lesquelles, sous nos yeux obstinément aveugles, ont gagné notre espace vital. Elles gagneront tout court, si l’on n’y prend garde. Ordures ! Sur le front environnemental, d’aucun(e)s pensent qu’il est plus productif pour la cause d’encenser en sautillant benoîtement un chapelet de micro-initiatives positives, en prenant grand soin d’éviter de s’attarder sur la situation actuelle, décidément trop anxiogène. Une étrange forme de méthode Coué consistant à consentir un traitement, sans accepter de reconnaître la maladie — tout à fait en phase avec notre époque de l’aseptisé triomphant. Ici, Jeremy Irons ne fait pas de cœurs avec les doigts, ni n’étreint ses interlocuteurs sur fond chill-out. Pas plus qu

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"Dernières nouvelles du cosmos" : mes mots ont la parole

ECRANS | de Julie Bertuccelli (Fr, 1h25) documentaire avec Hélène “Babouillec” Nicolas…

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Présentant les préparatifs d’un spectacle façon MJC, avec un comédien un brin halluciné déclamant des vers post-mallarméens, les premières images inquiètent légitimement. Où donc nous a entraînés la réalisatrice de La Cour de Babel ? Elle livrera peu à peu les clefs : l’interprète des poésies est en fait le père d’Hélène, leur auteur. Signant Babouillec, cette trentenaire souffrant d’un trouble autistique ne parle ni n’écrit : elle communique depuis dix ans en désignant une à une les lettres composant les mots reflétant ses pensées. C’est grâce à ce procédé de bénédictin qu’elle a brisé le mur l’isolant du monde et “dicté“ ses créations. Julie Bertuccelli fait témoigner ses parents (formidables de présence et de soutien), filme l’auteure à l’œuvre — œuvre de patience —, et en discussion avec un mathématicien, sans doute brillant, mais énonçant ici des platitudes. La cinéaste ne pose pas un regard admiratif ou protecteur sur une “curiosité”, mais nous fait partager son appréhension d’une démarche artistique singulière. Et prouve également que captée à l’état natif, la poésie d’Hélène se suffit à elle-même, n’en déplaise à son

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"Sing Street" : band de jeunes

ECRANS | de John Carney (Irl, G-B, E-U, 1h46) avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Dublin, 1985. Espérant s’attirer les faveurs de la splendide Raphina, Conor décide de monter un groupe avec ses (rares) camarades de lycée. Une manière de s’évader de la crise économique omniprésente lui valant une relégation dans un établissement public et précipitant le divorce de ses parents… Ex-fans des eighties, directeurs de salles de concert, préparez-vous à pleurer des larmes de vinyle devant cette charmante romance à l’accent rugueux fleurant la douce nostalgie du jukebox d’une époque musicalement magique — autant qu’elle empeste l’haleine nicotinée du skin. À elle-seule, la BO de Sing Street justifie le déplacement : Joe Jackson (Steppin’ Out), Daryl Hall & John Oates (l’imparable Maneater), Duran Duran, The Cure (In Between Days, tudieu !), sans parler des compos du groupe Sing Street, pas déshonorantes… Un concentré de la diversité bouillonnante des années new wave, en perpétuelle réinvention culturelle, mélodique, vestimentaire ; une période métamorphique en écho aux mutations inhérentes à l’adolescence. John Carney a su miraculeusement rendre tangible non seulement ce jaillissemen

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"Voyage à travers le cinéma français" : c’était sa première séance

ECRANS | Bertrand Tavernier raconte son rapport affectif aux films qui l’ont construit, dévoile son Panthéon intime. Édifiant, enthousiaste, touchant : trois quarts de siècle d’un compagnonnage actif avec le cinéma, à tous les points de vue et d’écoute.

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Bertrand Tavernier ne pouvait choisir meilleur public que celui du Festival Lumière — manifestation organisée par l’institut homonyme, qu’il préside, dans la ville où il est né — pour présenter les premières séances du documentaire-somme retraçant son parcours. Car davantage qu’une audience acquise, celle-ci se révèlerait surtout réceptive au projet de ce ciné-fils/cinéphile, l’accompagnant bien volontiers dans l’exploration de sa mémoire d’ogre. Promis depuis des années, ce Voyage dans le cinéma français offre un retour très personnel aux sources primitives de sa passion pour l’écran d’argent ; aux origines de sa curiosité fervente et contagieuse, devenue avec les années prosélytisme chaleureux en faveur de tous les types de cinémas, peu importent les chapelles, du moment qu’ils lui apportent du plaisir — son emploi immodéré du superlatif absolu et de l’épithète “formidable” est d’ailleurs légendaire. Oncle Tatave, celui qui se souvient de tous les films Tout aussi prodigieuse se révèle sa mémoire cinématographique, presque indissociable du contexte folklorique des séances qu'il ressuscite : le voisin fa

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"La Philo vagabonde" : festin de cerveau

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr, 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs — et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de “produit culturel”, Guyard se veut une sorte de coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu — certes, lui porte et apporte des valeurs

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Reportage de Jérémy Suyker sur la création à Téhéran

Septembre de la photographie | Le photographe Jérémy Suyker revient de Téhéran avec une série d'images sur les difficultés et la richesse de la créativité sous la censure du régime. L'insolence y est un mode de la liberté.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Reportage de Jérémy Suyker sur la création à Téhéran

« Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'occupation allemande », écrivait, provocateur, Jean-Paul Sartre en 1944... L'Iran n'est pas un pays occupé, certes, mais la censure y pèse de son poids qui n'est pas de plume, sur la création artistique. Le ministère de la Guidance islamique (équivalent du ministère de la Culture) soumet toute pièce de théâtre à son autorisation préalable, interdit aux chanteuses d'enregistrer un disque, hommes et femmes ne peuvent pas se toucher entre eux sur scène... Malgré cela, la vie créative bouillonne toujours à Téhéran, jouant avec les limites du permis, bricolant des systèmes D, contournant la censure. C'est ce que montre le projet photographique de Jérémy Suyker, exposé à l'Atelier Item et publié

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"Aquarius" : péril(s) en la demeure

ECRANS | Guerre d’usure entre l’ultime occupante d’un immeuble et un promoteur avide usant de manœuvres déloyales, le deuxième long-métrage du Brésilien Kleber Mendonça Filho tient tout à la fois du western, de la fable morale, du conte philosophique melvillien et de la réflexion sur le temps.

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Clara vit dans son petit immeuble en bord d’océan, l’Aquarius, depuis toujours. En apparence, tout le monde respecte cette ancienne critique musicale, brillante intellectuelle, mère de famille, ayant de surcroît survécu à la maladie. Les opinions à son encontre changent lorsqu’elle refuse une offre pour l’achat de son appartement : seule à résister à l’appât du gain, aux intimidations diverses du promoteur (et à ses manœuvres déloyales), elle essuie en sus l’hostilité des copropriétaires de l’Aquarius comme de ses enfants, favorables à la conclusion de la vente. Mais l’obstinée Clara est dans son bon droit… La Folle du logis Reparti bredouille de la Croisette, Aquarius mérite sa chance en salle. Ce combat du pot de terre contre le pot de fer est davantage qu’une chicanerie immobilière, même s’il corrobore incidemment les relations immorales entre le pouvoir (médias, religion, politique…) et les promoteurs — le Brésil est actuellement secoué par un gigantesque scandale de corruption dans lequel se retrouvent bien placées les omnipotentes entreprises de BTP du pays. Aquarius illustre surtout un très problématique (

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6Mois : décadrer le temps, recadrer l'image

Revue | Il existe des manières différentes de regarder le monde, sans le prisme d'une actualité speedée devenant insipide (primaires de la droite, de la gauche, des (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

6Mois : décadrer le temps, recadrer l'image

Il existe des manières différentes de regarder le monde, sans le prisme d'une actualité speedée devenant insipide (primaires de la droite, de la gauche, des verts, des bleus, des jaunes...). C'est ce que propose la revue XXI depuis 2008, comme sa petite sœur 6Mois née en 2011. Le bruit ambiant est laissé pour mort et cette rédaction (la même pour les deux titres) se concentre sur ce qui survit au brouhaha, explorant les grandes lames de fond du monde. Jeudi 15 septembre à la librairie Ouvrir l’œil (1er arr.), la journaliste Marion Quillard viendra présenter le dernier numéro tout juste paru de 6Mois, où il est question notamment de l'Iran au travers de trois récits imagés « car ce pays va compter dans les années à venir, de plus en plus de touristes le visitent, des accords sur le nucléaire ont été récemment signés... » dit-elle. Elle sera accompagnée du photographe Jeremy Suyker, fin connaisseur de cette région, qui avait précédemment publié ses clichés dans la revue et qui expose actuellement à l'Atelier Item (Les Ins

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Voilà l'été : un jour, une sortie #7

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Mercredi 17 août 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #7

43 / Mercredi 17 août : cinéma Toni Erdmann Pas de chance pour Maren Ade, nouvelle victime de la loi du conclave : encensée par les festivaliers de Cannes, elle en est repartie boudée par le palmarès. Pourtant, son film avait de très solides arguments artistiques et moraux pour décrocher ne serait-ce qu’un accessit. (lire la suite de l'article) 44 / Jeudi 18 août : punk Jello Biafra Il aurait pu être maire de San Francisco, mais devint légende du punk rock : California Uber Alles. S’il échoua aux élections municipales en 1979, Jello Biafra (de son vrai nom Eric Boucher) n’a rien raté de son parcours scénique le menant des Dead Kennedys à un album massue avec The Melvins. Inlassablement sur la route, éternellement engagé, le voici au Ninkasi accompagné de The GSM : parfait pour se décoincer les articulations engourdies par l

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Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans

Sono Mondiale | Le CMTRA (Centre des Musiques Traditionnelles en Rhône-Alpes) est impliqué dans trois festivals cet été : le tout nouveau Charivari, la clôture des Nuits de Fourvière et bien entendu les Jeudis des Musiques du Monde. Tour d'horizon avec sa directrice, Yaël Epstein.

Sébastien Broquet | Mardi 21 juin 2016

Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans

Les Jeudis des Musiques du Monde fêtent leurs 20 ans : pouvez-vous nous conter l’histoire de ce festival ? Yaël Epstein : Les Jeudis sont nés d’une volonté partagée du CMTRA et de la Ville de Lyon, avant même que les fêtes d’été ne soient créées. Nous étions au milieu des années 1990 et l’idée était à la fois de faire découvrir aux Lyonnais les musiques du monde, cette très grande famille musicale en pleine éclosion qui ne disposait que de peu d’espaces de diffusion, et de proposer un espace convivial de rencontre interculturelle dans la ville. Sir Jean & Afrobeat Experience comme Kumbia Boruka font l’actualité ces derniers mois et sont à l’affiche de vos événéments : quel est votre regard sur leur éclosion ? Ce sont deux groupes très représentatifs de ces nouvelles musiques du monde — que l’on appelle parfois sono-mondiale — qui réussissent à allier la singularité des musiques traditionnelles avec des sons et une énergie très actuels. C’est un véritable phénomène qui témoigne de la rapidité des échanges et des hybridations artistiques, qui ont encore une fois une longueur d’avance sur les politiques

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Temples : du soleil

Musiques en Stock | Quatuor de poupées psychés piquées de mysticisme et touchées par la grâce, Temples s'affirme comme les têtes (et quelles têtes !) de gondole du rayon lysergique de la grande épicerie indie rock. Au point qu'il se pourrait fort bien qu'avec leur Sun Structures, le soleil ne se couche pas sur Musiques en stock.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Temples : du soleil

Si l'on peut considérer qu'à notre époque un groupe psychédélique peut en cacher un autre, c'est doublement vrai en ce qui concerne Temples. Le groupe de James Edwards Bagshaw a tendance à boucher capillairement la vue vers la concurrence. Reste que ce serait un peu court – même si c'est long et touffu – car c'est surtout dans le domaine musical que Temples bouche la vue vers, et à, la concurrence. Au point de taper dans l'œil de Noël Gallagher — qui même dans ses rêves les plus fous n'a jamais pu approcher ne serait-ce qu'à un cheveu d'un tel sens du psyché — et même de Johnny Marr, ancien artificier à manche des Smiths, Robert Wyatt ou les Stones. Nés au succès par l'opération du Saint-Esprit (comprendre le Dieu Internet, multiplicateur des fans de leur première composition authentifiée, Shelter Song), les quatre garçons dans le vent de Kettering, férus de mysticisme, ont su le préserver par un sens de la composition et de l'arrangement (ces cordes !) qu'on ne retrouve guère aujourd'hui dans leur génération que chez un Jacco Gardner. Et par un sens du rappel à la nostalgie (cette voix qui évoque tantôt John Lennon dans ses moments les plus inspiré

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À Lussas, vive les doc’ !

ECRANS | Havre de bonheur et de réflexion pour les adeptes du cinéma du réel, les États généraux du film documentaire de Lussas ont su se construire une enviable (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

À Lussas, vive les doc’ !

Havre de bonheur et de réflexion pour les adeptes du cinéma du réel, les États généraux du film documentaire de Lussas ont su se construire une enviable singularité en résistant, encore et toujours, à la tyrannie des palmarès. Ce village ardéchois présente ainsi depuis 1989 un tour d’horizon très libre de la production documentaire annuelle, avec des projections en plein air, chez l’habitant ; des échanges avec des professionnels ainsi qu’un module théorique de premier plan : des séminaires et ateliers très prisés se déroulent sur place. Le détail de la programmation sera connu début août sur le site www.lussasdoc.org. À Lussas (Ardèche) du 21 au 27 aout

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Fête de la musique 2016 à Lyon : nos bons plans

Fête de la musique | Tout le plaisir est dans la déambulation et la surprise, lors d'une fête de la musique réussie : mais voici quelques spots où il fera bon se poser mardi soir.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 juin 2016

Fête de la musique 2016 à Lyon : nos bons plans

Rock de chambre Quelle star du rock n'a jamais rêvé jouer sur le parvis d'une Chambre de Commerce et d'Industrie ? Pourquoi n'a-t-on jamais pensé — mais qu'avais-tu dans le melon, Malcom McLaren ? — à un Sex Pistols live au NY Stock Exchange ? L'histoire du rock est faite de malentendus, c'est comme ça. En voilà un de réparé avec cette folie d'un soir au pied de la CCI : au programme, fixé pour la pause déjeuner et l'afterwork : des habitués de nos nouveaux amis À Thou bout d'Chant : Via (chanson pop, jazz, bossanova, blues, rock, reggae… et un guitariste co-sosie de Phil Collins et William Sheller) et les petits jeunes rock de The Weds qui selon la jurisprudence Macron, au vu du lieu et au vu de leur nom, devraient jouer en costume. Du moins, on espère. Via, The Weds Sur le

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Un voyage en Iran

ECRANS | Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Un voyage en Iran

Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le dénoncer ; et celles des artistes sont souvent les premières à se faire entendre. Depuis l’instauration de la république islamique en Iran, les cinéastes ont multiplié les coups d’éclats : fictions et documentaires, tournés au grand jour ou sous le manteau, témoignent de la restriction démocratique, de la régression des droits des femmes et d’une certaine exaspération populaire. Dépassant le brûlot pour repenser la forme, le langage et les moyens de production cinématographiques, ces œuvres ont révélé plusieurs générations d’auteurs dont le talent est célébré partout dans le monde, sauf à Téhéran où certains sont emprisonnés (comme Jafar Panahi). Afin de savourer (ou découvrir) l’originalité de ce cinéma persan, l’association culturelle franco-iranienne de Lyon propose un double programme intégrant No Land’s Song d'Ayat Najafi, récent documentaire consacré à un projet-passerelle ô combi

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"Absence" : un film contemplatif, mais quelconque

ECRANS | Un film de Chico Teixeira (Br/Chi/Fr, 1h27) Avec Matheus Fagundes, Irandhir Santos, Gilda Nom

Vincent Raymond | Mercredi 1 juin 2016

Une contrainte oulipienne a dû être imposée ces derniers mois aux cinéastes sud-américains pour qu’ils intègrent dans leurs œuvres les paramètres suivants : a/ un homme entre deux âges, plutôt aisé, vivant seul et appréciant les adolescents ; b/ un adolescent (ça tombe bien) se débattant avec une vie de galère et nourrissant, sans forcément se l’avouer, une fascination trouble pour son protecteur. Chico Teixeira l’a relevée, ajoutant au passage une mère alcoolique pour faire bonne mesure et un père tellement démissionnaire qu’il vide les lieux dès la première séquence. Saupoudré de contemplatif, imprégné de frustrations, le résultat ne se distingue pas vraiment du tout-venant : le film est propre, mais terriblement quelconque.

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La Sociologue et l’Ourson

ECRANS | de Étienne Chaillou & Mathias Théry (Fr, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

La Sociologue et l’Ourson

On avait à peu près tout vu et entendu au moment de la présentation du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes du même sexe (dite du “mariage pour tous”). Beaucoup de passion et d’écume, empêchant toute réflexion sereine ou toute parole structurée en faveur de la loi d’être relayée dans le calme. Chaillou et Théry font de cette chienlit table rase, en proposant de suivre le parcours de l’une des expertes sollicitées le temps de l’examen du projet, la sociologue Irène Théry (la mère de l’un des documentaristes). À la fois conviviale et didactique, l’approche ne manque pas d’originalité : les auteurs ont pris le parti de remplacer la plupart des intervenants dans les images d’archives par des jouets animés qui dédramatisant le sujet sans le ridiculiser. Et de rendre la sociologie vivante en illustrant de manière plaisante les exemples concrets choisis par la spécialiste dans son histoire familiale, à l’occasion des entretiens qu’elle accorde à son rejeton. Ce documentaire dispose enfin d’un autre grand mérite : il inscrit le texte dans le temps républicain, en abrasant (autant que faire se peut) la surmédiatisation délirante dont ont bénéficié

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