Shadow Days

ECRANS | de Zhao Dayong (Chi, 1h35) avec Li Ziqian, Liang Ming, Liu Yu…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Photo : © DR


Sujet tabou s'il en est pour la société chinoise, la politique publique de contrôle des naissances — et singulièrement dans les campagnes — ne fait pas partie des questions que le régime doit apprécier de voir traitées. Loin de renvoyer la réussite fulgurante des grands centres urbains du “pays aux deux régimes”, Shadows Days décrit des zones rurales délabrées, abandonnées par la modernité, où l'autorité locale (le maire) entretient avec la capitale des relations ambiguës : d'un côté, application à la lettre de directives barbares (stérilisation de force des femmes trop fécondes) ; de l'autre, pratique sereine de la prévarication ou du népotisme.

Ce grand écart moral se double d'une perte très symbolique de repère spirituel et idéologique : frappé par la maladie, le maire ne sait plus — littéralement — à quel saint se vouer. Naviguant d'un exorcisme traditionnel à l'exhumation d'une statue de Mao, tentant le christianisme, il cherche une lueur d'espoir. En vain. Voilà qui ajoute au pessimisme de Zhao Dayong : que reste-t-il à un pays dévorant ses enfants, s'il n'a même plus de perspective d'avenir ? Ce ne sont pas les jours d'ombre promis par le titre qui l'attendent, mais des jours sombres. VR


Shadow Days

De Zhao Dayong (Chin, 1h39) avec Li Ziqian, Liang Ming...

De Zhao Dayong (Chin, 1h39) avec Li Ziqian, Liang Ming...

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Pour échapper à un passé trouble, Renwei revient en compagnie de sa fiancée dans son village natal, dont son oncle est le maire, après 20 ans d’absence. Situé dans les montagnes, à la frontière de la Chine et de la Birmanie, le village de Zhiziluo a bien changé et s’est vidé de ses habitants, la plupart étant partis tenter leur chance en ville. Manquant de bras, l’oncle de Renwei propose à ce dernier de travailler pour le planning familial…


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Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Friperie | On connaissait Le Frip Club rue Victor Hugo, on connaissait aussi le joli camion itinérant du Road Frip. La fusion de ces deux concepts fait naître Fripes Machine, une boutique partagée en plein cœur de Guillotière.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Fripes Machine : les Charly et Lulu de la sape

Amandine Savi et Bastien Monhard viennent d’inaugurer leur dernier projet : 110m2 de pièces vintage sur deux niveaux avec une partie vente à la pièce (de 10€ à 70€), une autre au kilo (25€ le kg) et un étage dédié à l'échange de vêtements. Des néons roses, des vieux téléphones aux murs, des long-boards, des patins à roulettes suspendus, du papier peint bariolé, des vinyles, une ambiance musicale qui suffirait pour nous faire rester, et un distributeur de bonbons. Non, on n'a pas encore découvert la machine à remonter le temps, on est juste chez Fripes Machine. Ces deux Lyonnais nostalgiques n’ont rien laissé au hasard dans la boutique. « Le projet des fripes est né de notre tour du monde avec Amandine. On a flashé sur les concepts canadiens, genre temples de la fripe. Ici, on a reproduit un peu notre rêve version miniature. Et comme on est des enfants des années 90, Hit Machine, tout ça… l’univers était tout trouvé ! » L’espace agréableme

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Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

Littérature | Dans son nouveau roman, "À la machine", Yamina Benahmed Daho retrace la vie, au XIXe siècle, du rhodanien Barthélemy Thimonnier. Où il est autant question du parcours rude de l’inventeur de la machine à coudre que du mécanisme sociétal qui l’a laissé dans la misère. Ceci n’est pas sans rapport avec aujourd’hui.

Nadja Pobel | Mardi 2 mars 2021

Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

15 novembre 1855, Barthélemy Thimonnier est officiellement reconnu inventeur de la machine à coudre lors de l’exposition universelle de Paris, mais l’américaine Singer, plus simple d’utilisation, fera les beaux jours des femmes (surtout elles…) jusqu’à maintenant, encore. Jamais le tailleur n’améliorera sa condition avec ce qu’il a maturé et imaginé. Miséreux, il devra même finir par vendre en pièces détachées les éléments de son engin pour se nourrir. Oui, nous sommes parfois chez Zola. La condition ouvrière est d’une extrême dureté et, passée au tamis de l’écriture très précise de Yamina Benahmed Daho, il en résulte des données chiffrées fondamentales : déjà, Paris « est une ville indécemment chère », il faut seize heures de train pour rallier Lyon à la capitale, l’enterrement de la grand-mère « est privé des apparats que l’industrie de la marbrerie vend à un prix insensé », le tarif du ticket à l’entrée

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Indochine passera par le Parc OL pour ses 40 ans

Pop | Jean-Michel Aulas bataille sur tous les fronts. Non content d'œuvrer sans relâche à la reprise de la Ligue 1, le président de l'OL n'abandonne rien côté (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 mai 2020

Indochine passera par le Parc OL pour ses 40 ans

Jean-Michel Aulas bataille sur tous les fronts. Non content d'œuvrer sans relâche à la reprise de la Ligue 1, le président de l'OL n'abandonne rien côté divertissement musical non plus, même si le Parc OL a été contraint d'annuler Paul McCartney, Rammstein ou encore la première édition du Felyn Festival concocté avec Vivendi cette année à cause de la crise du Covid-19. Et les dates pour 2021, ces derniers jours, ne cessent de s'additionner : ainsi, après avoir planifié une nouvelle édition 1 du Felyn Festival dont la programmation reste à établir les 18 et 19 juin 2021, après avoir reprogrammé deux concerts pour Rammstein, voilà qu'un nouveau venu s'invite au calendrier : le groupe de pop romantique des 80's françaises, Indochine, fera halte par le Parc OL le samedi 26 juin 2021 au cœur d'une tournée fêt

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John Waters : « je crois que mes films sont politiquement corrects »

Écrans Mixtes | Dandy malicieux et provocateur, John Waters est une figure essentielle du cinéma underground puis indépendant étasunien. Son œuvre trans-courants et trans-genres (à tous points de vue) a fait de lui LE représentant de la comédie queer. Affublé du réducteur surnom de “pape du trash“, il est surtout un grand cinéaste. À l’honneur à Lyon. [Traduit de l'anglais par Lauranne Renucci & Vincent Raymond]

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

John Waters : « je crois que mes films sont politiquement corrects »

Comment devient-on John Waters, et surtout, comment parvient-on à le rester dans une industrie qui transforme l’underground en mainstream ? John Waters : Quand vous dites John Waters, vous voulez dire « un réalisateur aussi connu pour avoir fait plein d’autres trucs ? » (rires). Je suis devenu John Waters parce que je ne savais pas ce que j’aurais pu faire d’autre ! À 12 ans, je savais déjà que je voulais être dans le show business. J’étais marionnettiste dans les goûters d’anniversaires d’enfants. Et j’ai découvert les films underground de Jonas Mekas — à l’époque, je tenais une rubrique cinéma dans un journal underground de New York. En écrivant à leur propos, je me suis dit que j’étais capable d’en faire. Je ne sais pas pourquoi je l’ai cru, mais je savais que je pouvais y parvenir juste parce que j’y croyais ! L’industrie du film m’intéressait : très jeune, je m’étais abonné à Variety. Cela m’a fait comprendre qu’il fallait un appât pour attirer les gens quand on n’avait pas d’argent et faire en sorte qu’ils écrivent à

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Téchiné et Waters pour les 10e Écrans Mixtes

Festival | Après la venue l’an passé du vétéran James Ivory, le festival LGBT+ lyonnais ne pouvait manquer la célébration de son premier millésime à deux chiffres. Il s’offre donc deux têtes d’affiches d’exception pour sa dixième édition (du 4 au 12 mars prochains) : André Téchiné et John Waters. Excitant !

Vincent Raymond | Vendredi 3 janvier 2020

Téchiné et Waters pour les 10e Écrans Mixtes

Honneur pour commencer à la figure internationale de John Waters. La rumeur de la venue du pape du cinéma trash (déjà récompensé d’un Léopard d’honneur à Locarno l’an passé) était depuis quelques mois persistante, elle se confirme autour de quatre projections (Pink Flamingos, Polyester — qu’on espère en odorama —, Cry Baby et Serial Mother) et d’une masterclass. Gageons qu’il sera question de la mémoire de Divine, emblématique interprète de son œuvre. Déjà présent en ouverture à travers Quand on a 17 ans en 2016, André Téchiné revient pour une rétrospective de sept films plus un documentaire de Thierry Klifa, ainsi que deux masterclass — dont une réservée aux étudiants de la CinéFabrique. Son film

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Olivier Paquet Science humaine

Portrait | Avec son huitième roman, Les Machines Fantômes, l'auteur de science-fiction Olivier Paquet s'affronte à une vieille marotte tout en sortant du pré-carré purement SF. Livrant une étude approfondie et prospective du rapport de notre société aux Intelligences Artificielles, en forme de page-turner ultime.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

Olivier Paquet 
Science humaine

[Edit-Fête du Livre] « Plus que de la SF ». Voilà, éculé jusqu'à l'os, le slogan tarte à la crème brandi par le critique paresseux pour qualifier le roman d'un auteur de "blanche" flirtant de près ou de loin avec ce sous-genre devenu mainstream. Mais si l'expression fonctionne comme libellé d'une institution telle que le FC Barcelone ("Mas que un club", plastronne-t-on en Catalogne), on aurait tendance à dire ici, tel Coluche et sa lessive qui lave plus blanc que blanc : "moins que de la SF", on voit à peu près ce que c'est, "plus que de la SF" on touche à l'ésotérique. La chose fait doucement rire l'auteur lyonnais de science-fiction Olivier Paquet qui vient pourtant de publier avec Les Machines Fantômes son livre le plus réaliste et, oserait-on dire, le moins SF. Pour lui, ce tic journalistique est une manière de ménager le lecteur, « de dire que ouf !, ça ne va pas être trop effrayant, un slogan facile. Le critique, s'il n'a pas lu de SF, va trouver ça exotique et ça lui suffit. Mais c'est difficile de lire de la SF, il faut accepter d'entrer dans un monde qu'on ne comprend pas a prio

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Cirques en tous genres

Festival des 7 Collines | Rendez-vous incontournable du cirque international, le Festival des 7 Collines fait la part belle au Québec dont quatre compagnies sont invitées, en tête desquelles Machine de Cirque, véritable locomotive.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Cirques en tous genres

Dans leur spectacle éponyme, Machine de cirque, les acrobates de la compagnie forçaient un peu trop sur l'aspect démonstratif et blagues clin d’œil. Au vu des premières images, il semblerait que le tout récent La Galerie, présentée en ouverture des 7 Collines ait une sobriété étonnante. Vêtus de costards noir et blanc, les circassiens jouent avec des pots de peintures et créent des séquences visuellement marquantes. Plus qu'intriguant. Autre troupe québecoise incontournable en France et notamment à Saint-Étienne : Les 7 Doigts de la Main qui cette fois, avec Passagers, tracent des parcours de vie en s'appuyant aussi sur des projections vidéo en plus de leur savoir-faire de circassiens. Roue libre Outre quelques concerts (le Syrien Omar Souleyman, les Sud-Africains de BCUC, la Portugaise Pongo), c'est bien la piste qui animera ces nuits ligériennes. Et deux pépites françaises y trouvent place : le chantre de magie nouvelle, Yann Frisch, également épatant maître de cérémonie et ambianceur (Le Terabak de Kiev de Stéphane Ricordel) débarque avec son camion-théâtre pour délivr

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André Téchiné : « entre la fidélité au réel et au cinéma, j’ai choisi le cinéma »

L’Adieu à la nuit | André Téchiné place sa huitième collaboration avec Catherine Deneuve sous un signe politique et cosmique avec "L’Adieu à la nuit". Où l’on apprend qu’il aime la fiction par-dessus tout…

Vincent Raymond | Jeudi 25 avril 2019

André Téchiné : « entre la fidélité au réel et au cinéma, j’ai choisi le cinéma »

Pourquoi avoir choisi d’aborder ce sujet ? André Téchiné : Comme toujours, c’est la conjonction de plusieurs choses. On part souvent d’un roman qu’on adapte à l’écran ; là j’avais envie d’une démarche inverse, de partir de tout le travail d’enregistrement, d’entretiens et de reportages fait par David Thomson sur tous ces jeunes qui s’engageaient pour la Syrie et sur ces repentis qui en revenaient. Comme c’était de la matière brute, vivante, et qu’il n’y avait pas de source policière ni judiciaire, j’ai eu envie de mettre ça en scène ; de donner des corps, des visages, des voix. Dans les dialogues du film, il y a beaucoup de greffes, d’injections qui viennent de la parole de ces jeunes radicalisés. Mais j’avais envie que ça devienne un objet de cinéma : la fiction, c’était pour moi le regard sur ces radicalisés de quelqu’un de ma génération et, par affinité, avec Catherine Deneuve — car j’ai fait plusieurs films avec elle — et parce qu’elle incarne un côté Marianne, français. Et puis je voulais que ce soit intergénérationnel.

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Muriel, ou le temps d’un départ : "L'Adieu à la nuit"

Le Film de la Semaine | Une grand-mère se démène pour empêcher son petit fils de partir en Syrie faire le djihad. André Téchiné se penche sur la question de la radicalisation hors des banlieues et livre avec son acuité coutumière un saisissant portrait d’une jeunesse contemporaine. Sobre et net.

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Muriel, ou le temps d’un départ :

Printemps 2015. Dirigeant un centre équestre, Muriel se prépare à accueillir Alex, son petit-fils en partance pour Montréal. Mais ce dernier, qui s’est radicalisé au contact de son amie d’enfance Lila, a en réalité planifié de gagner la Syrie pour effectuer le djihad. Muriel s’en aperçoit et agit… Derrière une apparence de discontinuité, la filmographie d’André Téchiné affirme sa redoutable constance : si le contexte historique varie, il est souvent question d’un “moment“ de fracture sociétale, exacerbée par la situation personnelle de protagonistes eux-mêmes engagés dans une bascule intime — le plus souvent, les tourments du passage à l’âge adulte. Ce canevas est de nouveau opérant dans L’Adieu à la nuit, où des adolescents en fragilité sont les proies du fondamentalisme et deviennent les meilleurs relais des pires postures dogmatiques. Grand-mère la lutte Sans que jamais la ligne dramatique ne soit perturbée par le poids de la matière documentaire dont il s’inspire, L’Adieu à la nuit

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La Chinerie dévoile les premiers noms de son festival

Aux Puces du Canal | Un lieu inédit, un concept participatif qui l'est tout autant et déjà quelques jolis noms : La Chinerie Festival, qui se tiendra les 8 et 9 juin aux Puces du Canal, ça promet !

Sébastien Broquet | Mardi 20 mars 2018

La Chinerie dévoile les premiers noms de son festival

C'est l'histoire la plus dingue des festivals modernes : une bande potes qui lance un crowfunding pour monter son événement, proche d'abandonner et qui récupère 20 000 € dans les dernières 24 heures... La Chinerie, emmené par G'Boï & Jean-Mi, que l'on suit avec passion au Petit Bulletin, lance donc son festival. Ce sera les 8 et 9 juin, sur un site évidemment pas comme les autres : les Puces du Canal, l'endroit rêvé pour des chineurs... Il y a aura cinq scènes (house, techno, minimal, hip-hop et origines) qui tourneront de midi à 1h du matin, dont l'une dans la salle de laser game, avant que deux soirées en ville (l'une au Ninkasi, l'autre au Transbordeur avec Encore) ne permettent de poursuivre les festivités. La programmation a été faite par vote de la communauté des Chineurs, ces membres des di

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Indochine à Musilac

Festival | Musilac se passionne décidemment sur les années 80, puisqu'après Depeche Mode c'est Indochine qui vient de confirmer sa présence. Nicolas Sirkis et sa bande (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 24 novembre 2017

Indochine à Musilac

Musilac se passionne décidemment sur les années 80, puisqu'après Depeche Mode c'est Indochine qui vient de confirmer sa présence. Nicolas Sirkis et sa bande seront sur l'esplanade du lac le 14 juillet.

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Cirque, cinéma et prohibition au Festival des 7 collines

Les 7 Collines | La vitalité créatrice du cirque, qui, aujourd'hui, est bien loin d'être un art mineur, crée des formes inédites. Les créateurs circassiens empruntent volontiers (...)

Monique Bonnefond | Mardi 20 juin 2017

Cirque, cinéma et prohibition au Festival des 7 collines

La vitalité créatrice du cirque, qui, aujourd'hui, est bien loin d'être un art mineur, crée des formes inédites. Les créateurs circassiens empruntent volontiers des matériaux, des codes aux autres arts. Ils reprennent, réactivent, décalent des techniques, des concepts qu'ils se réapproprient. La compagnie The Rat Pack bouscule dans son spectacle Speakeasy, la pratique circassienne en empruntant des techniques cinématographiques, en détournant les références et clichés des films de gangsters dans lesquels le club est un lieu clé où règne une ambiance close, sombre. C'est cet univers reconstitué tel un plateau de cinéma, avec des accessoires d'époque comme le sol en damiers, les meubles Art déco, qui donne son nom au spectacle. Le Speakeasy était un bar clandestin du temps de la prohibition où on demandait aux clients de baisser la voix pour commander de l'alcool. Les six artistes performatifs de la compagnie passionnés par toutes les formes de création artistique, réussissent, par un énorme travail d'expression corporelle inspiré des films muets, à conjuguer parfaitement les arts du cirque et du cinéma et nous font av

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G'Boï & Jean-Mi : « On part facilement dans des délires... »

House | Créateurs du réseau de social digging La Chinerie, d'un label et du premier festival 100% collaboratif, G'Boï & Jean-Mi assènent en sus des sets pointus où leur science du groove contagieux fait des merveilles. Surveillez-les : ils seront un peu partout pendant Nuits Sonores, sur la grande scène de la Nuit 3, au Sunday Park ou encore pour un Extra! version zonards. Explications avec Anthony (G'Boï) et Quentin (Jean-Mi).

Sébastien Broquet | Mardi 16 mai 2017

G'Boï & Jean-Mi : « On part facilement dans des délires... »

#Baskets Anthony : On s'est rencontré à Confluence, on bossait tous les deux dans un magasin de vêtements et baskets, Hollister. On s'est rapproché par le rap, on est devenu potes et on a lancé une asso, je venais d'acheter deux platines. Ensuite, on s'est mis en coloc' et on a monté le groupe Les Chineurs de House. La Chinerie a commencé tout simplement... On a mis nos études entre parenthèse à ce moment-là. #G'Boï & Jean-Mi Quentin : Notre première date, c'était au Djoon à Paris, en février 2016. Joli club pour commencer ! Anthony mixait tout seul avant, c'est lui qui m'a appris. #Influences Quentin : On est devenu potes grâce à notre passé de diggers dans le hip-hop. On organisait des apéros hip-hop chez Anthony, qui se sont transformés en mixes. Petit à petit, on a glissé vers la musique électronique et notamment la house. Ce sont deux musiques créées par les Noirs américains dans les années 80, qui utilisaient les mêmes samples de disco et de funk. J'ai trouvé des similitudes. Dans nos sets, il y a beaucoup de funk, de disco, de house. On va auss

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Insomniaque : les 3 soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 28 mars 2017

Insomniaque : les 3 soirées du week-end

31.03.17 > LE SUCRE LA CHINERIE À Lyon, on marche par paire ! Rhône et Saône. Fourvière et Croix-Rousse. Cesar & Jason. G'Boï & Jean-Mi... Ces deux derniers nommés secouent sévère les dancefloors sous l'égide de leur crew La Chinerie, repaire pour orfèvres de la house music qui fête là deux années d'existence en compagnie du londonien Mr G, de la parisienne Marina Trench, de Raär et Leo Pol, et bien sûr, des deux duos suscités. Sweety. 01.04.17 > NINKASI KAO QUASAR Si vous avez kiffé la techno profonde, poisseuse, dub et réellement heavy développée par le label Chain Reaction depuis le mitan des 90's, précipitez-vous au Kao ce samedi : l'un de ses représentants, DJ Pete, membre également de la famille Hard Wax, moitié du culte duo Scion, assure de sa présence pour un DJ set forcément épique. Autre headliner à l'affiche : le new-yorkais Adam X, pas vu depuis des lustres. Indus. 02.04.17 > LE SUCRE MISS KITTIN Toujours un immense plaisir de savourer un set de Kittin, lové entre sucré et sexy, un brin coquin, un bout tabou : sa techno lourde à l

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Stagiaires en herbe

Ateliers | Les vacances d'avril approchent dangereusement. Que diable les enfants vont-ils pouvoir faire de leurs dix doigts ? Petite sélection primesautière d'ateliers et autres stages frais et décontractés.

Antoine Allègre | Mardi 28 mars 2017

Stagiaires en herbe

Voyager Et s'ils partaient à la découverte d'une culture qui leur est étrangère ? L'Institut Chine Education (Lyon 3e) a prévu le coup en organisant des stages découverte pendant les vacances pour les 4-15 ans. Ils y apprendront les bases de la langue et de l'art pictural typique. Ils pourront également écouter des contes qui émerveillent les enfants de l'Empire du Milieu depuis des centaines d'années, pratiquer de la gymnastique qui détend ou encore fabriquer des raviolis. Attention, les jauges sont restreintes – se limitant entre 4 et 8 participants par session à 10€ l'heure, du lundi au vendredi. Plonger Autre type d'aventure, cette fois subaquatique du côté du Musée des Confluences qui a installé depuis le 11 mars dernier un container sur sa terrasse côté Nord. La programmation d'ateliers dans ce nouveau lieu sera en partie dédiée aux bambinos. En ce moment, les kids de 4 à 6 ans et les 7-10 ans embarquent à bord de l'Octopuss 2, une base scientifique à l'esthétique 70's qui a échoué à la Confluence. Une expérience drôle, intuitive et instructive pour les océanographes en culotte courte.

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 20 décembre 2016

Insomniaque

22>12>16 LE SUCRE CASSIUS --- Attention : en raison d'un problème de santé de l'un des membres de Cassius, cette date est reportée à la rentrée 2017. Infos billets sur le site du Sucre --- L'autre duo ayant explosé les codes de la house en pleine french touch a su sans cesse se réinventer, accumulant les hits même quand on ne les attendait pas (I <3 u so) ; l'un, Zdar, s'imposant aussi comme orfèvre du son pour tout ou presque ce que la planète compte de stars. À intervalles réguliers, la paire trouve encore le temps de se retrouver derrière les platines pour quelques sets où l'hédonisme se décline sous toutes ses facettes. Ibiza. 23>12>16 LE SUCRE LA CHINERIE Il va falloir tenir onze heures d'affilée, et les huîtres de Oyster Sonore (Clément Marandon, l'un des meilleurs écaillers de France) ne seront pas de trop pour vous revitaliser même si le line-up, comme toujours bien senti, c

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Du Sucre au Terminal sur un même tempo

Clubbing | C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

Du Sucre au Terminal sur un même tempo

C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à l'impertinence affichée, conviant les souvenirs des nuits les plus mythiques du clubbing, évoquant les souvenirs des fêtes dantesques du Palace et du Paradise Garage, flirtant avec les fantasmes comme avec les interdits : c'est jouissif et un brin décadent, c'est surtout très bien achalandé côté... musique, où l'incontournable Bolito sera bien évidemment de la fête, comme L'Homme Seul. Le traditionnel live de minuit sera assurée par une chorale, Omega, au répertoire jazz & variété... Et la suite assurée par The Man Inside Corrine puis les icônes du clubbing gay de San Francisco que sont le Honey soundsystem. Ambiance. Du côté du Terminal, le club le plus à l'affût des sons qui feront demain, on finit l'année en version all star game avec le programmateur maison Stakhan (Tunnel Vision), Mush des voisins de Chez Émile, Markus Gibb, Mohammed Vicente, G'Boi & Jean-Mi de La Chinerie... Collision des sons en prévision et surtout,

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Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Top 10 | Entre une réédition d'A-ha et un disque de Xiu Xiu jouant la musique de Twin Peaks, le Disquaire Day, c'est plus de 200 références tous azimuts, toutes périodes, inédits, rééditions, collector, attrape-couillons, ayant pour seul point commun le support aussi authentiquement vinyl que le toupet de Dick Rivers. On y a subjectivement picoré dix petites perles pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Disquaire Day : Vinyl, Vidi, Vici

Allen Toussaint – Live in Philadelphia 1975 (Rhino) Parce qu'il n'y a pas plus bel hommage à rendre au king of New Orleans, qui nous a quitté en novembre, que de se déhancher sur ces titres saisis sur le vif dans la cité de l'Amour Fraternel, quarante ans avant sa mort. Big Star – Complete Columbia : Live a University of Missouri 4/25/93 (Columbia) Avril 1993, les mythiques inventeurs de la power pop se reforment (partiellement) à Missouri University. Un live mythique ici réédité, remasterisé et agrémenté de cinq inédits. David Bowie – The Man Who Sold the world, picture disc 12'' (Parlophone) On ne va pas épiloguer. On tombe dessus, on achète ce disque (un sublime vinyl peint et une pochette ad hoc), quitte à vendre le monde. Elvis Presley – I'm Leavin : Elvis Folk Country (Sony Music) De Dylan à Gordon Lightffoot, voici rassemblés les divers enregistrements folk du king entre 1966 et 1973. Florence & the Machine – Delilah/Only Love can break your heart 7'' (Island)

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Trois questions à Zhao Dayong : “Nous sommes devenus indifférents à l’invisible”

ECRANS | Comment peut-on tourner sereinement un film aussi critique sur et dans la Chine contemporaine ? Je savais bien que le sujet ne passerait pas la (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Trois questions à Zhao Dayong : “Nous sommes devenus indifférents à l’invisible”

Comment peut-on tourner sereinement un film aussi critique sur et dans la Chine contemporaine ? Je savais bien que le sujet ne passerait pas la censure, c’est pour cela que je n’ai pas pensé à le diffuser en Chine. Je n’ai pas demandé d’autorisation de tournage — mais c’est classique pour un film indépendant chinois à petit budget. Malgré tout, il a été montré sur place lors de trois ou quatre projections privées. Mais devant moins de mille spectateurs. Le cinéma chinois nous montre d’habitude le progrès, l’urbanisation, mais oublie le monde rural… La Chine est dans une étape de transition : les frontières entres les villes et les régions rurales ne sont pas très claires et l’on peut sentir parfois deux civilisations en même temps. L’endroit choisi pour le tournage était dans les années 1960-1970 un centre administratif (on voit beaucoup de vestiges de la Révolution culturelle). Mais ensuite, la ville a été désertée, elle est devenue cette cité fantôme, très triste… Pourquoi faire surgir des éléments fantastiques au sein d’un film à tonalité ultra réaliste ? Personnellement, je ne suis pa

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Quand on a 17 ans

ECRANS | Des ados mal dans leur peau se cherchent… et finissent par se trouver à leur goût. Renouant avec l’intensité et l’incandescence, André Téchiné montre qu’un cinéaste n’est pas exsangue à 73 ans.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Quand on a 17 ans

Autant l’avouer, on avait un peu perdu de vue Téchiné depuis quelques années : le cinéaste a pourtant tourné sans relâche, mais comme à son seul profit (ou en rond), s’inspirant volontiers de faits divers pour des films titrés de manière la plus vague possible — La Fille du RER, L’Homme qu’on aimait trop — à mille lieues de ses grandes œuvres obsessionnelles et déchirantes des années 1970-1990, de ses passions troubles, lyriques ou ravageuses. Comme si le triomphe des Roseaux sauvages (1994), puisé dans sa propre adolescence, avait perturbé le cours initial de sa carrière… Cela ne l’a pas empêché d’asséner de loin en loin un film pareil à une claque, à une coupe sagittale dans l’époque — ce fut le cas avec Les Témoins (2007), brillant regard sur les années sida. Le chenu et les roseaux De même que certains écrivains trouvent leur épanouissement en se faisant diaristes, c’est en prenant la place du chroniqueur que Téchiné se révèle le plus habile, accompagnant ses personnages de préférence sur une longue période, les couvant de l’œil pour mieux suivre leur(s) métamorphose(s), l’

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Écrans mixtes : allons-y gaiement !

ECRANS | Pour sa 6e édition, le festival de cinéma queer lyonnais affirme son attachement à la production hexagonale en conviant deux films très attendus pour leurs (...)

Vincent Raymond | Mercredi 2 mars 2016

Écrans mixtes : allons-y gaiement !

Pour sa 6e édition, le festival de cinéma queer lyonnais affirme son attachement à la production hexagonale en conviant deux films très attendus pour leurs premières françaises : Théo et Hugo dans le même bateau du duo Ducastel & Martineau en ouverture ; et surtout Quand on a 17 ans d’André Téchiné en clôture. Disons le tout net, c’est le second, œuvre de maturité (co-scénarisée par Céline Sciama, attendue le 8 mars) et témoignant d’une nouvelle jeunesse de l’auteur de J’embrasse pas qui devrait le plus enthousiasmer. Entre ces deux exclusivités nationales, Écrans mixtes propose la première rétrospective intégrale Alain Guiraudie, en sa présence. L’occasion de reprendre le parcours de ce poète militant, vif défenseur de toutes les minorités en terres rurales, dont la démarche intègre a donné lieu à une filmographie cohérente. Certes, Le Roi de l’évasion ou Pas de repos pour les braves sont plus aboutis et mieux joués que Ce vieux rêve qui bouge ou Voici venu le temps, mais la mise en

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Steve Jobs : iBiopics et colégram

ECRANS | Mélange de coups d’éclats, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Steve Jobs : iBiopics et colégram

Mélange de coups d’éclats, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques — d’autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d’une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs... ou plutôt aux pommes d’or. Le petit écran fut le premier à s’intéresser au phénomène, avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martin Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l’émergence d’une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L’original apprécia tellement la performance qu’il invita Wyle à l’imiter à ses côtés, sur la scène de l’Apple Expo 2000. Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l’épisode Les Apprentis Sorciers de la sér

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Le Musée des Confluences passe l'art à la machine

ARTS | Avec son ambition théorique démesurée et son parcours de plus de deux siècles de création à travers 200 œuvres et objets, l'exposition "L'Art et la machine" est une véritable usine à gaz. Le visiteur, un peu déboussolé, y découvrira cependant des œuvres fortes et des pistes de réflexion. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 octobre 2015

Le Musée des Confluences passe l'art à la machine

Vouloir retracer les relations entre la création artistique et le monde des "machines" – terme étrangement jamais défini dans l'exposition ; Le Robert indique : «objet fabriqué, généralement complexe, destiné à transformer l'énergie et à utiliser cette transformation» – de la fin du XVIIIe siècle à aujourd'hui tient de la gageure et les commissaires de l'exposition en sont conscients. Claudine Cartier et Henry-Claude Cousseau ont ainsi délibérément écarté le design, l'automate ou le robot, la bande dessinée et la guerre de leur propos. Mais la période retenue est encore tellement vaste et ambiguë qu'il en devient par exemple frustrant de ne voir le futurisme évoqué qu'à travers une unique toile de Luigi Russolo, l’impressionnisme par une œuvre de Claude Monet, le constructivisme russe ou le Bauhaus réduits à peau de chagrin... Les commissaires semblent aussi partir du principe que chaque visiteur connaît les premières réactions négatives (romantiques notamment) des artistes vis-à-vis de la machine, antinomique a priori du geste artistique unique, désintéressé, mû par l'imaginaire et baigné d'une certaine aura. En mettant

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À la Machine

MUSIQUES | Florence Welch a toujours lorgné vers les grandes voix féminines des années 60 (Candi Staton) à 80 (Kate Bush). Chose étrange sur Ship to Wreck – notons au (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

À la Machine

Florence Welch a toujours lorgné vers les grandes voix féminines des années 60 (Candi Staton) à 80 (Kate Bush). Chose étrange sur Ship to Wreck – notons au passage que son obsession ophéliaque de la noyade, entrevue depuis Lungs, est toujours bien... ancrée, si l'on ose dire – le morceau très classic rock qui ouvre How Big, How Blue, How beautiful, elle semble d'emblée habitée par l'esprit, la voix et le débit ensorcelant de Stevie Nicks de Fleetwood Mac lorsqu'elle chantait en une transe dévorante leur fameux Rhiannon, l'histoire d'une sorcière galloise – «Welsh witch» en anglais. Étrange coïncidence qui ne fait sans doute que confirmer les pouvoirs sorciers de la rousse anglaise à la voix inflammable. Laquelle ne sort quasiment jamais, tout au long de ce nouvel album, de cette transe, si ce n'est pour quelque secondes d'une intro en ballade de nouveau bushienne sur le morceau-titre, qui lui aussi explose en bouche sans prévenir. Ici, tout est en effet big, à commencer par les arrangements en superpositions de cuivres, ces rythmiques de films d'aventures et cette voix qui donne l'impression que Florence e

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Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret Frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes.

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Les Authentiks reprennent du poil de la bête

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Les Authentiks reprennent du poil de la bête

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival Les Authentiks retrouvera cet été le chemin du Théâtre antique de Vienne. Connaissant le climat de morosité financière dans lequel baigne le secteur culturel ces temps-ci, cette résurrection est déjà un petit miracle en soi. Sa programmation, exclusivement dédiée au hip-hop, ce sabir des peuples périphériques, offre elle aussi quelques raisons de se réjouir. À commencer par la venue de Joeystarr, qui partagera le haut de l'affiche avec les beatmakers martiaux de Chinese Man, le temps d'une "Caribbean Dandee Block Party" en bonne compagnie (derrière les platines : Cut Killer et DJ Pone) qu'on nous promet caliente. C'est toutefois en bas de la carte que se nichent les propositions les plus excitantes, à savoir les frangins BigFlo & Oli, petits prodiges d'un rap salutairement déconneur, et la pair Anton Serra/Lucio Bukowski, la plus lettrée et loyale du collectif lyonnais L’Animalerie. Reste à savoir s'ils se produiront comme prévu avec Kacem Wapalek, qui a récemment réglé ses comptes en pub

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Un Moi(s) de cinéma #6

ECRANS | Chaque mois, Le Petit Bulletin vous propose ses coups de cœur cinéma des semaines à venir en vidéo.

Christophe Chabert | Mercredi 3 juin 2015

Un Moi(s) de cinéma #6

Au sommaire de ce sixième numéro : • Cannes 2015 : bilan rapide • Loin de la foule déchaînée de Thomas Vinterberg • Vice Versa de Pete Docter • Une seconde mère d'Anna Muylaert

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Les Authentiks de retour

MUSIQUES | Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 avril 2015

Les Authentiks de retour

Hors les murs depuis l'annulation de son édition 2013, le festival des Authentiks retrouvera le chemin du Théâtre antique de Vienne le 15 juillet prochain. Au programme, du beat et des palabres avec le collectif Chinese Man, le petit prodige electronica Fakear, Joeystarr pour un plan à trois avec Cut Killer et DJ Pone, les rappeurs léonins (au sens propre) de l'Animalerie et la pasionaria ragga Soom-T.

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Voyage en Chine

ECRANS | De Zoltán Mayer (Fr, 1h36) avec Yolande Moreau, Qu Jing Jing…

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

Voyage en Chine

Pas de cris, mais beaucoup de chuchotements ; le couple formé par Liliane et Richard est saisi au début de Voyage en Chine dans une torpeur dépressive que l’on imagine liée à l’usure du temps. En fait, ils viennent d’apprendre la mort de leur fils Christophe et la distance entre les deux époux se creuse de plans en plans, tous rigoureusement composés. Liliane, fatiguée des démarches administratives pour rapatrier le corps, décide d’aller le récupérer seule sur les lieux de l’accident, en Chine. Zoltán Mayer avance dans son mélodrame ténu au rythme de son héroïne et de son actrice, Yolande Moreau, formidable et dans un registre nouveau — une femme simple, mais cultivée et capable d’introspection, ce qu’elle exprime en tenant un journal où elle déverse ses regrets et sa fierté pour son enfant. Il y a là un vrai regard de cinéaste, qui met à distance toute tentation de l’exotisme et du folklore pour se concentrer sur les interactions émotionnelles entre les personnages et leur environnement. Si le contexte est celui de la Chine du Sichuan, il y a quelque chose de japonais dans la mise en scène, comme du Ozu en plus stylisé, la beauté des cadres, des déc

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Poupées de son

MUSIQUES | Nuits Sonores reçoit enfin le groupe par lequel tout a commencé : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Poupées de son

Dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard (voir en page 6), équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous fait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder. Autre bricoleur de génie, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : une halle de l'ancien Marché de gros, où il donnera ce dimanche avec Kraftwerk un concert en 3D, à la fois conclusion de Nuits Sonores 2014 et synthèse de quatre décennies d'incubation des musiques que le festival défend. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 70 le flûtiste Florian Schneider dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchissement de la pop anglo-saxonne par toute une génération de musiciens teutons – ironie du sort, c'est la presse musicale britannique qui baptisera ces expérimentations germanocentrées "krautrock

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Les dossiers de Warren

CONNAITRE | Visuelle par excellence, la littérature policière est l'une des plus solubles dans le neuvième art. La très belle collection d'adaptations que co-éditent (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Les dossiers de Warren

Visuelle par excellence, la littérature policière est l'une des plus solubles dans le neuvième art. La très belle collection d'adaptations que co-éditent Castermann et Rivages depuis 2008, et qui comprend notamment un scrupuleux et iconique Dahlia Noir par Matz, David Fincher et Myles Hyman, suffit à en attester. La présence simultanée dudit Myles Hyman et de James Ellroy à Quais du polar aussi. Ce n'est toutefois pas dans cette convergence que réside l'événement BD de cette édition 2014, mais dans la venue d'un scénariste anglais à la barbe druidique dont l'un des principaux accomplissements est d'avoir déconstruit la figure du super-héros. Non, il ne s'agit pas d'Alan Moore, mais de Warren Ellis, auteur de Planetary et The Authority, sagas spectaculaires et sophistiquées qui le virent, d'un côté par le prisme d'une organisation secrète d’archéologues surhumains, de l'autre par celui d'une force d'intervention planétaire aux méthodes expéditives, non seulement mettre au jour les modes de construction de la culture pop (du cinéma hongkongais aux comics eux-mêmes), mais aussi examiner sous un angle inédit de brûlantes questions de société (d

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Blues celebration

MUSIQUES | Vieilli, usé, fatigué, Depeche Mode ? Sûrement pas : entre recettes maison, perpétuelles innovations sonores et production fureteuse et grandiose, les trois Anglais donnent avec "Delta Machine" un aperçu détonnant de leurs obsessions blues. Le blues couleur pétrole d’un groupe qui, à l’âge du Christ, n’a de fossile qu’une inépuisable énergie sans cesse transfigurée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 17 janvier 2014

Blues celebration

D’inspiration affichée Violator / Songs of Faith & Devotion / Ultra, Delta Machine aurait pu n’être que l’addendum tardif et donc éculé, à bout de souffle et de soufre, d’une quadrilogie fantasmée. Mais le trio de Basildon (soit l’Hydre Gahan-Gore, affublée de la "Super Nanny" Andy Fletcher, homme-lige de toujours), guère enthousiasmant sur ses précédentes sorties plus électro, retrouve le moyen de programmer ses machines – et plus largement le rouleau compresseur DM lui-même – aux confins de leurs possibilités pop. La production confiée aux vieux briscards Ben Hillier et Flood s’affiche en bouillon de culture vénéneux découlant d’un vaste bayou sonique où rock et électro sont indémêlables, où l’un et l’autre se hantent, autour de pop songs plus sophistiquées qu’on ne le croit et pourtant universelles – car enfin DM renoue avec les tubes qui ont fait sa grandeur. Filons et trésors Depeche Mode, c’est un fait, n’a jamais fait la révolution, sa révolution, qu’à de rares occasions, et jamais de manière violente – y compris sur l’embardée gospelo-grunge de Songs of Faith & Devotion. Mais a toujours évolué en une sorte de porosité bowienne à l’air du

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Oh les jolis nippons

MUSIQUES | Ils sont quatre, viennent du Japon, sont sapés comme des héros de série Super Sentaï (Bioman et consorts) et produisent une musique d'une dinguerie absolue. Ils, ce sont les Polysics, et Arnaud Rebotini les importe cette semaine au Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 15 septembre 2013

Oh les jolis nippons

On s’en doutait sur la foi de quelques images d’Épinal, on en a la certitude depuis que les contenus les plus bizarres de Youtube en émanent : le Japon est le pays de tous les extrêmes. D’un côté les modestes sanctuaires shintoïstes, de l’autre les buildings babéliens. D’un côté les petits chats et les aplats rose du kawaii, de l’autre les gros tentacules et les dégradés blanchâtres du hentai. D'un côté un taux de criminalité parmi les plus bas du monde, de l'autre un nombre de mafieux si élevé qu'il est inscrit au Livre Guinness des records. Et caetera, et caetera. La musique composée sur l'Archipel est évidemment à l'avenant, écartelée entre les refrains niaiseux de la Jpop et les expérimentations nauséeuses de la Japanoise (Merzbow, Boredoms, Boris…). Surtout dans le cas des Polysics, champions incontestés du grand écart sonique. L'empire des non-sens Vous n'avez jamais entendu parler d'eux ? C'est normal : sur la quinzaine d'albums que ce groupe tokyoïte a enregistré depuis 1997, un seul a eu l'honneur d'être distribué en Europe

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Nouvelle (mini) vague

MUSIQUES | D'ores et déjà en lice pour les palmarès 2013, les Wave Machines ravalent avec "Pollen" la pop académique de leur premier album. Et en recrachent le miel vénéneux en mille fleurs electro. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 1 février 2013

Nouvelle (mini) vague

En Angleterre, pop et coupe de cheveux sont toujours allées de pair. On pourrait d'ailleurs écrire une encyclopédie de la brit-pop à l'aune de son histoire capillaire, impeccablement peignée ou savamment coiffée-décoiffée, au bol comme les Beatles ou hirsute comme les punks, rasée à la oï ou à devantures méchées. Souvent même, il n'a guère fallu plus qu'un brushing pour se donner une identité musicale ou cultu(r)elle, que l'on soit mod à coupe de douille ou rocker à banane. Est-ce de là que depuis quelques mois la pop anglaise nouvelle génération,  lassée des crêpages de chignons, semble ne s'intéresser au cheveu que pour mieux le couper en quatre ? De Breton à We Have Band en passant par Django Django, elle opte pour le déstructuré tous azimuts, quitte à dérouter le critique qui se fait des cheveux ou les perd. Wave Machines en est la dernière preuve, quatuor de Li

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Malaxe le thorax

SCENES | Voilà du théâtre qui crisse, qui ne prend pas le spectateur par la main avec un gant de velours. D’ailleurs Denis Lavant est de la partie et il n’a pas (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 novembre 2012

Malaxe le thorax

Voilà du théâtre qui crisse, qui ne prend pas le spectateur par la main avec un gant de velours. D’ailleurs Denis Lavant est de la partie et il n’a pas pour habitude de jouer des bluettes. Habitué des planches théâtrales et re-re-re-re-révélé au cinéma avec le puissant et hors-normes dernier film de Leos Carax, Holy Motors, le comédien offre une composition parfaite des textes peu montés d’Heiner Müller : Paysage sous surveillance, Libération de Prométhée et Nocturne. Dans ces trois séquences distinctes, il opère un travail sur son corps et sa voix proprement unique, se fondant tel un animal dans la musique électronique de Kasper T. Toeplitz, devenant tour à tour élastique ou rugueux. Une matière au sens propre que le metteur en scène Wilfried Wendling malaxe. Toutefois ce n’est pas un solo de l’acteur en singe savant de la scène auquel on assiste mais bien à un spectacle sensoriel qui intègre, au-delà du jeu et de la musique, des bruits d'ambiance et la danse aérienne de Cécile Mont-Reynaud, qui se déplace dans une forêt de cordes par une nuit de pleine lune. Müller Machines

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Reperkusounds good

MUSIQUES | Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 30 mars 2012

Reperkusounds good

Festival Reperkusound / Sept, comme les sept jours de la Création. Sept, comme les sept merveilles du monde. Sept, comme le pH de l'eau pure. Sept, comme les sept vertus du bushido. Sept, comme les sept nains. Sept, enfin, comme l'âge du festival Reperkusound, qui se tiendra, comme de bien entendu, à l'Espace Double Mixte les 6, 7 et 8 avril prochains. De prime abord, la coïncidence est troublante. À l'aune de sa programmation, elle est d'une cosmique luminosité.  Et pour cause : jusqu'ici l’apanage des éleveurs nomades de canidés et des futurs bacheliers, l'événement s'est mué, sous l'influence de ce nombre qui justifie à lui seul l'existence de la numérologie, en un redoutable méli-mélo électronique. Oh bien sûr, l'electro-punk bas de la crête (Shaka Ponk, La Phaze), la drum'n'bass Max Havelaar (Highlight Tribe) et la house autocrate (Sebastian) y figurent toujours en bonne place. Mais de la techno hélicoïdale de Mr Nô à l'abstract hip-hop tradi-futuriste du vétéran nippon

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Le Ballet s'empare de Balanchine

SCENES | En regardant l'impressionnant répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon, on se dit qu'il n'y manque pas beaucoup des grands chorégraphes du XXe Siècle. George (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 décembre 2011

Le Ballet s'empare de Balanchine

En regardant l'impressionnant répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon, on se dit qu'il n'y manque pas beaucoup des grands chorégraphes du XXe Siècle. George Balanchine en fait partie et, pour la première fois, le Ballet interprétera l'une de ses pièces phares, Concerto Barocco, sur le Concerto pour deux violons en ré mineur de Bach (du 17 au 23 décembre à l'Opéra). Né en 1904, Balanchine rejoint les ballets de Diaghilev dans les années 1920, collabore très tôt et à de multiples reprises avec le compositeur Igor Stravinski (ils signeront une trentaine de pièces ensemble) puis émigre aux États-Unis au début des années 1930. Il y fondera le célèbre New York City Ballet. Artistiquement, le chorégraphe a renouvelé la danse classique en la libérant des pesanteurs de la narration et de l'illustration, au profit d'un formalisme épuré voire abstrait, tout en s'appuyant toujours sur une partition musicale au rôle essentiel. C'est ce que l'on pourra vérifier dans Concerto Barocco avec de nombreuses analogies formelles entre la musique de Bach et les mouvements et gestes abstraits des dix danseurs. Ce programme sera complété par deux p

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Chinese Man

MUSIQUES | Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…) Même que sur leur (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 5 mai 2011

Chinese Man

Comme son nom l’indique, chacun sait que Chinese Man est un trio marseillais flanqué de MC’s californiens (Cyph 4, Lush One, Plex Rock…) Même que sur leur nouvel album, Racing With The Sun, la mondialisation pousse le bouchon jusqu’à inviter Taïwan MC et une flopée de rappers indonésiens. Ainsi va le Chinese Man aux personnalités multiples, dédoublé entre Bollywood et Jamaïque, tonalités arabisantes et Saudade lusophile. Un chasseur de dragon qui braconne sur tous les terrains, du dub au jazz en passant par la jungle, l’afro-beat et le hip-opium. Le 17 mai au Kao, on compte donc sur High Ku, Sly et Zé Matéo pour ne pas nous poser un lapin (même si c’est le signe de l’année, on prédit plutôt un séisme sino-sonique en ce qui concerne leur nouveau show). Stéphanie Lopez

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La Machine à démonter le temps

ECRANS | De Steve Pink (ÉU, 1h40) avec John Cusack, Craig Robinson…

Dorotée Aznar | Mercredi 29 septembre 2010

La Machine à démonter le temps

Après cette grosse purge qu’était "Copains pour toujours", l’empressement à se retaper une histoire de quadras américains redevenant “best friends forever“ le temps d’une virée n’était que très, très, très relatif. Du coup, passée l’adorable improbabilité du postulat de départ (trois camarades revivent une nuit de folie qui scella leur destinée, grâce à un jacuzzi qui les fait voyager dans le temps – eeeeeeeeeet oui), on se surprend à ricaner tendrement et à afficher de larges sourires devant cette comédie moins régressive qu’il n’y paraît. OK, l’impression de déjà-vu est tenace, que ce soit dans les ressorts comiques ou dans l’exploration narrative du thème de la seconde chance (pour se dédouaner, le réalisateur a offert un second rôle à Crispin Glover, alias McFly senior dans "Retour vers le Futur"), mais l’alchimie entre les comédiens, la reconstitution savoureuse des années 80 ou encore un habile contournement du mélo redouté font que l’ensemble se regarde sans rougir. FC

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La Fille du RER

ECRANS | D’André Téchiné (Fr, 1h45) avec Émilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc…

Christophe Chabert | Mercredi 11 mars 2009

La Fille du RER

Après deux films historiques forts (Les Égarés et Les Témoins), André Téchiné se lance dans un projet contemporain, l’affaire de la fausse agression antisémite du RER. Présenté en deux parties pas du tout égales (Les Circonstances et Les Conséquences), La Fille du RER repose sur un foutoir scénaristique qui ressemble à une trop longue exposition enchaînée à une conclusion expédiée. En lieu et place du développement, on a droit à des digressions peu pertinentes sur des personnages secondaires dessinés à la truelle… Formellement, ça part aussi dans tous les sens, mais produit parfois de belles séquences, comme ce tchat par webcams interposées où les visages seuls finissent par exprimer l’émotion produite par les mots. Téchiné n’a donc pas grand-chose à dire sur son sujet, et sa mécanique romanesque paraît plus artificielle que jamais, peu aidée par la maladresse des dialogues et des acteurs. À l’exception notable d’Émilie Dequenne : vieillie et amaigrie, la Rosetta des Dardenne retrouve l’instabilité fiévreuse du rôle qui l’a révélée, introduisant une ambiguïté qui est le seul trouble d’un film assez essoufflé. CC

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