Le Booooom #2 : places aux jeunes !

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Photo : © DR


Réunissant 145 salles de Rhône-Alpes acceptant la carte M'ra, permettant aux élèves et aux apprentis d'accéder au cinéma à des conditions préférentielles, le Réseau Médiation Cinémas M'ra avait lancé en 2015 le Boooom !, un événement incitant les titulaires de ladite carte à profiter de leurs avantages avant son échéance (fin mai).

Le succès de l'initiative a entraîné sa reconduction cette année, dans une forme plus étoffée : pour le Boooom #2, 45 salles organisent une manifestation spécifique, ludique ou festive ayant pour thème central “le futur”. Les Amphis de Vaulx-en-Velin ont ainsi choisi un bon vieux classique, Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott précédé d'une présentation et suivi d'un pot pour ceux qui auraient encore de l'estomac vendredi 20 à 18h. Le Toboggan de Décines quant à lui rendra hommage au président du jury cannois George Miller avec une soirée rétrospective Mad Max (1 & 2) le samedi 21 à 18h suivie d'animations concoctées par le ToboGanG ; tandis qu'au même moment le Ciné la Mouche de Saint-Genis-Laval projettera Mad Max Fury Road (choisissez votre époque).

Il s'agit là d'un échantillon, chaque écran composant son programme à sa guise. Un détail cependant est commun à toutes les séances : la projection en première partie d'un court-métrage coup de cœur labellisé “Boooom Booooom” des Ambassadeurs 2016 — en l'occurrence As it used to be, de Clément Gonzalez. Si les détenteurs de la carte M'ra doivent s'acquitter d'un euro par place, les autres spectateurs sont aussi les bienvenus… mais au tarif habituel.

Dans les salles partenaires jusqu'au 31 mai
http://grac.asso.fr/evenements/413-le-booooom-2

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Des Intergalactiques post-apocalyptiques

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Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

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Au-delà du divertissement, la science-fiction a toujours eu pour fonction de nous prévenir des risques encourus en cas de futur mal négocié. Mais depuis un bon demi-siècle — et grâce aux progrès exponentiels de la connaissance —, le futur a changé d’échelle : jadis horizon éloigné, il jouxte désormais le moment présent au point de se confondre parfois avec lui. Il arrive même que l’avenir soit moins anxiogène que l’époque contemporaine : l’ambiance géopolitique délétère nous indique 23h58 à l’horloge de la fin du monde. Une belle atmosphère collapsogène qui a sans doute incité les programmateurs des Intergalactiques à composer pour 2019 une sélection cinématographique totalement post-apocalyptique. Point d’orgue le samedi 27 avril, la double séance de Mad Max 2 (1982) et Mad Max : Fury Road (2015) présentés par Jean-Pierre Dionnet et séparés par une table ronde tentant d’établir si Fury Road est (ou non) le meilleur film du monde. Meilleur ne veut pas dire seul ; aussi, vous pourrez découvrir les autres gâteries exhumées pour l’occasion. C

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Nuit super héroïnes

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Vincent Raymond | Mardi 11 décembre 2018

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Voici le genre de soirée auquel on aimerait convier Martin Solveig. Surtout pas pour le charger d’ambiancer les séances — il serait capable de demander aux spectatrices si elles veulent pogoter à l’entracte au bar ou tektoniker sur les génériques — mais pour lui prouver par l’image que ses réflexes paternalistes de fin de banquet appartiennent résolument à un autre âge. Cela fait bien longtemps que diverses amazones (mise d’ailleurs à l’honneur de la nouvelle livraison de la revue Carbone) en remontrent aux machos sur la toile, et il ne suffirait pas d’une nuit pour s’en convaincre. Celle programmée par l’Institut Lumière réunit cependant un joyeux panel de ces héroïnes ayant imposé leur marque dans un monde résolument taillé pour l’autre sexe. On commencera à 20h30 avec la complexe Lisbeth Salander version Rooney Mara dans Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes signé par Fincher, incarnation d’une perfection clinique parasitée par les né

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Projections à l'italienne

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Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

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Les 3e Rencontres autour du Cinéma italien vont vous botter : en 48 heures, elles vont saturer votre agenda de séances (six au total), parmi lesquelles moult avant-premières en présence de scénaristes, cinéastes, comédiennes ou spécialistes vous permettant d'approfondir votre vision des films. Comptez donc sur La Vita possibile de Ivana de Matteo, Easy de Andrea Magnani, L'Ordre des choses de Andrea Segre, Indivisibili de Edoardo De Angelis, Il Figlio (Manuel) de Dario Albertini et Un Bacio de Ivan Cotroneo. Ce n'est jamais mauvais de finir sur un baiser. 3e Rencontres autour du Cinéma italien Au Cinéma Comœdia du 31 janvier au 2 février

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

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Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Nuit Alien à l'Institut Lumière

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Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Nuit Alien à l'Institut Lumière

Son retour aux affaires pour Prometheus, puis récemment Alien : Covenant, a suscité des réactions mitigées de la part de quelques puristes. N’en déplaise à ces pisse-froid : Ridley Scott a su dans ces deux préquelles ranimer en beauté la flamme de son terrible xénomorphe. Sans trop de difficultés car, l’honnêteté le pousse à le reconnaître, la bête possède une résistance et une faculté d’adaptation peu communes — on parle ici du monstre, pas du réalisateur, hein ! Sans doute désireux de réconcilier les amateurs de l’Alien originel avec Scott, mais aussi d’offrir aux plus jeunes l’occasion de découvrir sur grand écran le début de la saga (donc la

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Le BOOOOOM #3 s'intéresse à l’envers du décor au cinéma

Actu | Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la campagne : allez au cinéma ! En particulier si vous avez entre 15 et (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Le BOOOOOM #3 s'intéresse à l’envers du décor au cinéma

Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la campagne : allez au cinéma ! En particulier si vous avez entre 15 et 25 ans, à l’occasion du Booooom (oui, avec 5 “o”), un festival “éclaté” en Auvergne-Rhône-Alpes — ce qui est bien normal, puisqu’il est organisé et coordonné par le Réseau Médiation Cinéma M’Ra, une heureuse initiative régionale. Chaque année au mois de mai, ce Booooom propose à ses salles partenaires (27 au total) de programmer une ou plusieurs séances ou soirées événementielles autour d’une thématique commune. Le millésime 2017 sera réflexif : il sera en effet question de “l’envers du décor”, grâce à des films parlant du cinéma. Cette mise en abyme donne lieu à une foule d’alléchantes propositions : Super 8 de JJ Abrams fera escale au CinéRillieux vendredi 19 à 20h avant des animations et un buffet, Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry (avec quiz et buffet) attirera les amateur de suédage, au Lem de Tassin le même jour à 20h30, et au même moment le Ciné-Caluire vous conviera à une immersion

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"Alien : Covenant" : critique et entretien avec Ridley Scott

Science-Fiction | Après une patiente incubation, Ridley Scott accouche de son troisième opus dans la saga Alien, participant de son édification et de sa cohérence. Cette nouvelle pièce majeure semble de surcroît amorcer la convergence avec son autre univers totémique, Blade Runner. Excitant.

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

L’ouverture d’Alien : Covenant se fait sur un œil se dessillant en très gros plan. Ce regard tout neuf et empli d’interrogations est porté par l’androïde David, création du milliardaire Peter Weyland. Aussitôt s’engage entre la créature et son démiurge une conversation philosophique sur l’origine de la vie, où affleure le désir de la machine de survivre à son concepteur. L’image mimétique d’un instinct de survie, en quelque sorte. Cet œil inaugural, immense et écarquillé, reflétant le monde qui l’entoure, fait doublement écho non à Prometheus — dont cette séquence est la préquelle et la totalité de Covenant la suite — mais à l’incipit de Blade Runner (1982) du même Scott. L’œil y apparaît pareillement, pour réfléchir un décor futuriste et comme miroir de l’âme : c’est en effet par l’observation des mouvements de la pupille, lors du fameux test de Voight-Kampff, que l’on parvient à trier les authentiques humains de leurs simulacres synthétiques, les “répliquants”. Le David d’Alien rêve-t-il, comme eux, de moutons élect

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Cinéma italien : l’esprit de la Péninsule au Ciné-Caluire

Festival du cinéma italien | Portée par une poignée prodigieuse de comédiens aussi polyvalents que complémentaires (dont Sordi et Gassman) la comédie transalpine a connu à la fin des années (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Cinéma italien : l’esprit de la Péninsule au Ciné-Caluire

Portée par une poignée prodigieuse de comédiens aussi polyvalents que complémentaires (dont Sordi et Gassman) la comédie transalpine a connu à la fin des années cinquante un essor inégalé. La revisiter étant une garantie de plaisirs infinis, on souscrit bien volontiers à la proposition du Ciné-Caluire qui en programme une joyeuse sélection dans le cadre de son festival annuel. Du Pigeon (1959) de Monicelli, merveille de charme et de légèreté, au romanesque absurde de Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (1974) de Comencini, en passant par la cruauté de L’Argent de la vieille (1972) du même Luigi — où s’illustre une machiavélique Bette Davis —, ou par la fantaisie de Il Vigile (1960) de Zampa, présenté en avant-première de sa ressortie. Un second axe sous-tend cette semaine : une mini-rétrospective Marco Bellocchio. Associé au renouveau “politique” du cinéma italien pendant les Nouvelles vagues, le réalisateur avait marqué le pas à l’orée des années 1990, mais son obstination à traiter l’histoire immédiate depuis quinze ans l’a replacé au premier plan. On reverra

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Dix concerts qui vont faire du bruit

MUSIQUES | Dans le landerneau des organisateurs de concerts, ce mois d'octobre 2015 est si dense en propositions qu'il est surnommé "Octobrute". Un nickname d'autant plus approprié qu'une bonne partie d'entre elles fait plus dans le jean élimé que dans la dentelle. Exemples contractuels.

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Dix concerts qui vont faire du bruit

Valient Thorr / Broken Water On a découvert Valient Thorr par hasard, au détour d'un abattoir reconverti en squat de vikings. C'était à l'été 2014, on avait une bonne douzaine d'années de retard sur le reste de la population mondiale – du moins celle assez sensible au high energy rock'n'roll pour s'organiser en chapitres – mais qu'importe : rarement a-t-on vu musiciens faire montre d'autant d'engagement que ces Américains aux bonnes trognes... ben d'Américains. Au point de descendre, entre deux riffs taillés pour faire imploser les jukeboxes des restoroutes, faire du rameur dans la fosse. [+ Child + Black Bone] Au Warmaudio jeudi 15 octobre On a déploré la brouille de Frank Black et Kim Deal. On a chouiné à l'idée que Thurston Moore et Kim Gordon les imitent – et ils ont fini par le faire, les salauds. Puis est apparu Broken Water. C'était en 2010 avec Whet, un premier album qui voyait ce très revendicatif trio mixte d'Olympia (des droits des femmes à la surveillance généralisée, ce ne sont pas

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Mad Max : Fury Road

ECRANS | Une date dans le cinéma d’action ? Non, mais un bon blockbuster… Un grand film de George Miller ? Non, juste une efficace remise à jour de la franchise "Mad Max"… Bref, entre excitation et frustration, Fury Road laisse autant repu que sur sa faim. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 15 mai 2015

Mad Max : Fury Road

Seul face au désert, Max Rockatansky soliloque sur les êtres qu’il n’a pas pu sauver, les temps qui sont devenus fous et lui-même, peut-être plus cinglé encore que ceux qui veulent sa peau. Mad Max est de retour et, pour signer une bonne fois pour toutes l’entrée dans le XXIe siècle (cinématographique) de son héros légendaire, George Miller lui offre un lézard à deux têtes qu’il décapite puis dévore à pleines dents. Comme dit l’affiche : «Le futur appartient aux fous.» C’est vrai et c’est faux dans Fury Road : vrai, car la folie est bel et bien omniprésente à l’écran, par la création d’un univers où effectivement, la raison semble avoir définitivement hissé le drapeau blanc, où les pénuries en série (pétrole, eau, verdure) ont donné naissance à une lignée d’êtres dégénérés, à la peau blanchâtre et au vocabulaire proche de celui d’Idiocracy, corps monstrueux, difformes et malades qui arrivent encore à se diviser en castes, alors qu’il n’y a manifestement plus grand chose à gouverner. Folie aussi dans le projet, assez dément, de faire de Fury Road une sorte de film d’action ultime, sans temps morts, comme une énorm

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Mad Max : les routes furieuses de George Miller

ECRANS | Élu meilleur film de l’année par tout ce qu’Internet compte de critiques de bande-annonces à la simple vue de ses innombrables trailers, Mad Max Fury road (...)

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

Mad Max : les routes furieuses de George Miller

Élu meilleur film de l’année par tout ce qu’Internet compte de critiques de bande-annonces à la simple vue de ses innombrables trailers, Mad Max Fury road sera visible en version longue — en version film, quoi — dès le 14 mai. Histoire de rappeler que le culte autour du personnage ne date pas d’aujourd’hui, UGC Ciné Cité Internationale organise le mardi 12 mai une soirée avec les deux premiers volets de la saga signée George Miller — le troisième, où le cinéaste amorce un virage humaniste qu’il maintiendra ensuite via Lorenzo, Babe, le cochon dans la ville ou les deux Happy feet, est plus embarrassant. Dans Mad Max, on fait donc la connaissance de Max Rockatansky (Mel Gibson), flic badass arpentant les routes australiennes où des punks complètement vrillés sèment la terreur — viols, meurtres et tutti quanti — à la poursuite d’un or noir devenu denrée rare. À grands coups de scènes de poursuite spectaculaires, de violence et de nihilisme, Miller pose les bases d’un univers où la folie semble prendre le dessus sur tout autre sentiment, mais le circonscrit encore dans un périmètre réaliste, celui d’un futur proche où l’humanité

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L’Amérique au firmament…

ECRANS | Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas : de janvier à juin, c’est le retour des super auteurs du cinéma américain avec des films qu’on dira, par euphémisme, excitants. À l’ombre de ces mastodontes vrombissants, une poignée de cinéastes d’ici devraient leur donner le change. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

L’Amérique au firmament…

Les Wachowski, Eastwood, Gonzalez Iñarritu, Paul Thomas Anderson, Michael Mann, Tim Burton, George Miller, à qui on ajouterait bien James Wan et Josh Whedon : le premier semestre 2015 se pose en miroir inversé du dernier semestre 2014. Fini le renouvellement générationnel, les cinéastes du monde entier qui arrivent à une forme de maturité créative, les francs-tireurs décidés à faire trembler le cinoche mainstream ou son frère jumeau, le world cinéma… Certes, il y en aura quelques-uns d’ici à fin mai ; mais ce sont bien les superauteurs américains qui risquent de faire la pluie et le beau temps sur l’actualité cinématographique d’ici là. Après un mois de janvier en forme de tour de chauffe, ce sont donc Larry et Lana Wachowski qui ouvrent le bal avec leur Jupiter Ascending le 4 février — que son distributeur français a, de manière particulièrement débile, rebaptisé Jupiter : le destin de l’univers. Après la fresque spatio-temporelle de Cloud Atlas, génial puzzle d’une ambition folle, les Wachowski s’envoient en l’air pour

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Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

ECRANS | La saga Alien proposée pendant toute une nuit à la Halle Tony Garnier est non seulement l’occasion de revoir une des franchises les plus stimulantes du cinéma de SF américain, mais aussi la possibilité de constater les premiers pas de quatre cinéastes importants, tous représentatifs des évolutions récentes du style hollywoodien.

Christophe Chabert | Lundi 13 octobre 2014

Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

1979 : Alien, Ridley Scott Alors que les golden boys du Nouvel Hollywood connaissent des fortunes diverses — gloire pour Spielberg et Lucas, temps difficiles pour Coppola et Cimino, vitesse de croisière pour De Palma — les studios découvrent les vertus d’une génération d’Anglais venus de la pub et du clip : Alan Parker, Adrian Lyne et enfin Ridley Scott, peu de temps avant son frère Tony, passent à la mise en scène de cinéma. Scott, remarqué pour le beau Duellistes, se retrouve aux manettes d’Alien et invente le film d’horreur galactique, à la direction artistique impeccable, misant sur le suspense et la suggestion, montrant des ouvriers de l’espace aux prises avec un monstre viscéral. Les inoubliables visions de ce premier film ont posé la mythologie Alien : les face huggers, l’accouchement abdominal de la bête et, moins horrible, Sigourney Weaver en survivante sexy et virile. 1986 : Aliens, le retour, James Cameron Cameron sort du succès surprise de Terminator et empoigne cette suite pour en faire un film raccord avec l’état d’esprit du cinéma américain des années 80 : un Vi

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Le classique aux trousses

ECRANS | La rentrée cinéma, c’est aussi celle du cinéma de patrimoine. Et il y en a partout : à l’Institut Lumière, chez UGC, dans les salles du GRAC… Du rare, du classique, des incontournables : que du bon ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Le classique aux trousses

Qui dit cinéma de patrimoine dit la désormais incontournable Ciné-Collection, soit un classique qui circule chaque mois dans salles (indépendantes) du GRAC, à Lyon et dans l’agglomération. Joli programme, cette saison encore, d’un bel éclectisme, qui débutera avec La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, qu’on ne présente plus — enfin, on le fera quand même la semaine prochaine ! et qui se poursuivra en octobre avec la grande redécouverte de l’été cinématographique : Seconds de John Frankenheimer. Film inouï, renversant, qui en 1966 passait au crible d’un thriller paranoïaque l’illusion de la deuxième chance américaine, miroir aux alouettes que le cinéaste transforme en cauchemar halluciné par une mise en scène multipliant les déformations d’image et les audaces graphiques — notamment une scène de bacchanales qui repousse les limites de la censure en matière de nudité. Tout aussi essentiel, Johnny Got his Gun, seul film réalisé par le scénariste blacklisté Douglas Trumbo, prendra la suite en novembre, au pic des commémorations de la Première Guerre mondiale. C’est le contexte du film, mais son

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Reprises à l’italienne

ECRANS | Même si l’été cinématographique sera sans doute un des plus riches en nouveautés excitantes, le programme des rééditions en copies neuves n’est pas mal non plus, et sera placé sous le signe de l’Italie. CC

Christophe Chabert | Vendredi 10 juillet 2009

Reprises à l’italienne

Pendant longtemps, l’été au cinéma était l’occasion de revoir ses classiques, les distributeurs n’osant pas déranger les vacanciers avec des nouveautés tapageuses (par crainte, aussi, de les envoyer au casse-pipe commercial). Les mœurs ont changé, la tradition s’est perdue, avant de revenir en force durant les années 2000. Maintenant, films anciens et films récents coexistent harmonieusement sur les écrans ; certaines salles en font même un pilier de leur programmation estivale. Exemple lyonnais : le Comœdia qui, après avoir vaillamment labouré le sillon du cinéma américain des années 70, change de destination cette saison et se tourne vers l’Italie. En point d’orgue, la rétrospective des premiers films signés Nanni Moretti (lire portrait en page 20) ; autour, une série de films rares ou bien connus, mais toujours bienvenus (de nouveau) sur un grand écran. Noir, c’est noir (mais ça peut être drôle, aussi) Ça commence fort avec Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini. Fort, c’est le moins qu’on puisse dire concernant cette adaptation de Sade transposée dans la République fasciste de Salo, où des notables décaden

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Max le dingue et George le punk

ECRANS | Cinéma / Pour bien commencer l’année, rien de tel que la reprise dans le cadre de la Ciné-collection du Mad Max de George Miller, road-western australien nourri à l’ultra-violence, comme si John Wayne s’était réincarné dans le futur en Inspecteur Harry ! CC

Christophe Chabert | Mardi 30 décembre 2008

Max le dingue et George le punk

Le «Il était une fois» qui ouvre Mad Max résonne comme un avertissement : «Quelques années après aujourd’hui…». Nous voilà donc dans un futur proche — 30 ans plus tard, on ne sait pas s’il est déjà passé ou encore bien présent. L’insécurité routière et l’insécurité tout court s’y confondent au point d’avoir créé des polices du bitume bien organisées : il y a ceux qui poursuivent et ceux qui interceptent. Max fait partie des «intercepteurs», Ray-Bans sur le nez, bottes au pied et cuir sur le dos, il pilote un bolide débridé pour chopper les chauffards déments écrasant tout sur leur passage. Max en a sa claque et décide de prendre une retraite anticipée avec femme et enfant dans la campagne australienne. Pas de répit pour les braves, et Mad Max va se transformer en cours de route en film de vengeance extrêmement cruel et violent. Autos défenseL’idée de George Miller derrière Mad Max, qui lui permit de conquérir un public international comme aucun cinéaste australien ne l’avait fait auparavant, est une simple question d’actualisation. Le western, ses espaces vierges, ses méchants caricaturaux et ses héros iconiques chevauchant de fiers destriers, trouve dans les lignes de

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