Jean Labadie, ou le 7e art délicat de la distribution

Festival de Cannes | Sa société Le Pacte présentait cette année douze films à Cannes, dont la Palme d'Or, Moi, Daniel Blake de Ken Loach. Distributeur de Desplechin, Jarmusch, Kervern & Delépine, Jean Labadie est un professionnel discret mais loquace. Parcours d’un franc-tireur farouchement attaché à son indépendance.

Vincent Raymond | Dimanche 22 mai 2016

Photo : © Vincent Raymond


N'était l'affiche de Médecin de campagne, le dernier succès maison placardé sur le seul bout de mur disponible — les autres étant recouverts de bibliothèques — on jurerait la salle de réunion d'un éditeur. Rangées dans un désordre amoureux et un total éclectisme, des dizaines de livres s'offrent à la convoitise du visiteur : ici les BD (Jean Graton, Hergé, Larcenet…), là Péguy et Zola côtoyant Hammett et des essais historiques ; ailleurs Tomber sept fois se relever huit de Philippe Labro…

« Une fois que j'ai fini des livres, je les amène ici. J'aime l'idée que les gens peuvent se servir », explique le maître des lieux, Jean Labadie. La soixantaine fringante, le patron de la société de distribution Le Pacte confesse « passer aujourd'hui davantage de temps à lire qu'à voir des films. » À voir. Animé d'une curiosité isotrope et d'une énergie peu commune dissimulée sous la bonace, l'homme suit avec acuité l'actualité et la commente, pince-sans-rire, sur son très actif compte twitter @LabadieLePacte. Le cinéma y figure en général en bonne place.

Privé de télé !

Le goût lui en a été inculqué quasiment au berceau. Né dans une famille sans télévision, Jean Labadie grandit dans la cinéphilie et un culte de la version originale qu'il affine en pension catholique. Le ciné-club a une programmation solide : les sulfureux Viridiana de Buñuel ou L'Évangile selon Saint-Matthieu de Pasolini « mais pas François et le Chemin du soleil de Zeffirelli, que tout le monde considérait comme une daube ! »

Après le bac, il se dirige « sans savoir pourquoi » vers une école de commerce à Lyon « parce que j'avais raté celle de Paris (rires). » Trois années “d'exil” durant lesquelles il hante les théâtres et cinémas : « C'était l'époque Chéreau au TNP, le meilleur du théâtre du monde passait à Villeurbanne. » Diplômé, Jean rentre à Paris, espérant intégrer une troupe comme administrateur. « Tous les postes étant occupés dans le théâtre de la décentralisation, le seul à m'attirer, je me suis tourné vers le cinéma. »

Il vend en porte-à-porte des encyclopédies médicales et du diamant défiscalisé, jusqu'au jour où il tombe sur l'annonce providentielle : « Transunivers films recherche un représentant. » Le patron de cette société spécialisée dans les films porno et de karaté, hallucine face à ce diplômé cinéphile. L'enthousiasme de Jean l'emporte et il est embauché. En 1979, la société se retrouve avec un OVNI sur les bras : Bako, l'autre rive, Prix Jean-Vigo. Sorti dans une combinaison de salles absurde, le film ne décolle pas. Au fait des circuits Art et essai, Jean se voit confier le mandat de le placer sur les bons écrans. C'est sa chance.

Passe par Bac d'abord

Il sait qu'il faut passer par les salles 14-Juillet de Marin Karmitz. Usant de la bonne vieille méthode du porte-à-porte, Jean campe devant son bureau toute une journée jusqu'à ce qu'il obtienne un entretien. Karmitz refuse le film… mais le débauche. « J'ai du apprendre sur le terrain à toute blinde. Une école formidable ! » Durant sept ans, il sera chargé de la distribution en France, retardant le moment d'effectuer son premier achat en 1982 « L'Histoire officielle ou Meurtre dans un jardin anglais, je ne sais plus ». Il se lie avec Eric Heumann, en charge des ventes télé et internationales, et saute le pas à ses côtés en 1986 pour fonder Bac Films avec un troisième partenaire, Stéphane Sorlat, et un capital de 50 000 francs (7600 euros).

L'arrivée de Canal+, la démultiplication des chaînes et un “coup” d'entrée (la coproduction du Diable au corps de Bellocchio très bien vendu à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes grâce à une scène de fellation) favorisent la jeune société qui n'a que peu de frais généraux et réinvestit tout dans les films.

Positionné sur l'art et essai, Bac grossit à vitesse exponentielle. Et se trouve en mesure dès 1989 d'acheter sur scénario Sailor et Lula. « On n'a pas fait la meilleure offre sur la France, mais on a ajouté deux territoires sur lesquels on savait que les autres ramaient un peu. » L'année suivante à Cannes, avant même de décrocher la Palme d'Or avec Lynch, il s'engage dès lecture du script sur Barton Fink des frères Coen. « Ç'a toujours été notre force de décider vite. » Au total, ce seront huit Palmes d'or qui se succèderont jusqu'à 2007 !

Il se lance ensuite dans la production avec Eric Heumann pour un projet épique qui manque de couler Bac Films : Indochine, de Régis Wargnier. Succès en salles, il sera couronné aux Césars et par l'Oscar du meilleur film étranger — le dernier emporté par un film français à ce jour, ce que Jean Labadie note avec malice chaque année. Heumann part alors de son côté, et Bac dont le fonds ne cesse de grossir, crée en 1998 une filiale pour distribuer des films repérés dans les marchés internationaux : Mars Films.

Jean est alors sur tous les fronts : un article de Variety l'informe que Woody Allen n'a plus de contrat avec Sony ; il prend aussitôt l'avion et via une amie avocate, convainc la sœur du cinéaste de signer avec un indépendant — lui — plutôt qu'une major. Miramax et StudioCanal lui ayant consenti des partenariats exclusifs, il sort jusqu'à 80 films par an ! Après avoir repoussé plusieurs offres d'achat, il se décide à faire entrer Bac Films en bourse, « un truc marrant à faire une fois dans sa vie… pas deux ! » Car le 11-septembre plombe les résultats. Pour éviter la débâcle, Jean Labadie cède Mars à StudioCanal et la moitié des 600 films de son catalogue. Les banques l'obligent à intégrer un actionnaire “solide” ; ce sera Roch Lener, venu de l'animation. De 2004 à 2007, le tandem fonctionne, jusqu'à ce que Jean s'intéresse aux comptes. Des tensions vont naître et Jean apprendra son congé par SMS… quatre mois après sa dernière Palme d'Or.

L'impact du Pacte

Pensant un temps reprendre le contrôle de Bac en bourse, il préfère revendre ses parts pour fonder une nouvelle société en décembre 2007. « Tous les noms de fleurs, d'arbres et d'étoiles étaient pris, le Pacte nous plaisait bien : il y avait l'idée de s'engager vis-à-vis des artistes et des spectateurs. » Nanni Moretti l'appelle pour l'assurer de son soutien ; son confrère et ami Vincent Maraval tient à lui offrir son premier film, Le Cahier de Hana Makhmalbaf. Jean récupère Gomorra de Matteo Garrone, acheté sur scénario pour Bac, et est préféré pour Valse avec Bachir parce qu'il distribue Jarmusch, avec qui il a un contrat intuitu personae. Peu à peu, les fidèles (Desplechin, Loach) reviennent au bercail, accompagnés par de petits nouveaux : Refn, Kervern & Delépine ou les frères Nasser.

Mi-2016, pour sa 10e année Le Pacte figure au 10e rang des distributeurs hexagonaux, retrouvant la 1ère place des indépendants. Jean Labadie n'en tire aucune gloire ; il poursuit sa route pestant contre la pusillanimité du gouvernement face au piratage, et tente de boucler une série documentaire expliquant comment on produisait des films sans le petit écran, en 1965. Un enfance sans télé, ça laisse des traces.

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Visiter Turin, en voisin

Italie | Grande cité étrangère la plus proche de Lyon (hors Genève), Turin vaut tellement mieux que l’image industrieuse qu’elle véhicule dans nos contrées. Entre la flamboyance de ses avenues napoléoniennes à arcades, la réfection de l’immeuble des usines FIAT et sa Mole Antonelliana, c’est aussi une capitale de la gastronomie au pied du Pô et en bordure des Alpes.

Nadja Pobel | Jeudi 21 octobre 2021

Visiter Turin, en voisin

Il faut à peine cinq heures pour joindre Torino depuis Lione. On traverse le Fréjus, le Val d’Aoste et voici la capitale du Piémont qui vaut que Milan, deux heures plus loin, puisse attendre — les deux cités nourrissent une rivalité féroce (un Lyon / Saint-Étienne en plus coriace). Quatrième cité la plus peuplée d’Italie (850 000 habitants), Turin est un étonnant condensé d’Histoire qui ne s’enferme pas sur ses lauriers de Savoie (à laquelle elle fut liée durant quatre siècles) ni sur celui d’avoir été la première capitale d’un pays réuni (de 1861 à 1865) — elle abrite un immense musée du Risorgimento pour mémoire. Le cœur de la ville regorge de bâtiments somptueux et d’églises (ah, le vrai faux Saint-Suaire dans la Cattedrale !) et les salons du Palazzo Madame, médiéval à l’arrière, baroque au devant, romain sur les côtés de la porte centrale. Mais Turin est aussi une ville à vivre et à regarder d’en haut — du toit du Mole comme du circuit d’essais du Lingotto, temple reconverti de l’Avvocato Giovanni Agnelli. Un quartier : le Balôn Et si Turin était avant tout un marché ? Celui qui chaque jour sauf le dimanche se tient

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Lyon : festivals à gogo !

Cinéma | À peine sort-on des Hallus, avant de se jeter dans Lumière, voici qu’une nouvelle brassée de festivals jaillit, réclamant de notre part attention(s) et ubiquité. Un vrai problème de riche !

Vincent Raymond | Jeudi 23 septembre 2021

Lyon : festivals à gogo !

À tout seigneur, tout honneur : gros morceau de cette quinzaine, les 37e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (du 22 septembre au 5 octobre) se déploient au Zola comme l’an passé en version automnale afin de compenser l’ajournement du mois de mars — donnant, au passage, l’illusion que nous vivons un mois de mars austral. Dotés d’un imposant programme espagnol où les réalisatrices figurent à l’honneur (Icíar Bollaían pour La Boda de Rosa, Pilar Palomero pour Las Niñas, Paula Cons pour La Isla de las Mentiras etc.), nanti de son lot d’inédits et d’avant-premières (la sensation cannoise venue d’Haïti Freda de Gessica Geneus, Sentimental de Cesc Gay…), d’une compétition “premiers films”, de ses savoureux “minutos picantes“ agrémentant les avant-séances et des résonances dans les cinémas de l’agglomération, ces Reflets ne sont en rien l’ombre d’eux-mêmes ! Mais aussi… Engagée depuis le 17 septembre dernier, l’édition

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Fête du Cinéma : c'est parti pour 5 jours à prix réduit

Promo | Elle avait manqué l’an dernier après le premier confinement, elle s’imposait cette année après 7 mois d’extinction des feux dans les salles : la Fête du Cinéma, (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Fête du Cinéma : c'est parti pour 5 jours à prix réduit

Elle avait manqué l’an dernier après le premier confinement, elle s’imposait cette année après 7 mois d’extinction des feux dans les salles : la Fête du Cinéma, 36e du nom est de retour ! Toujours portée par la FNCF (Fédération nationale des cinémas français), la manifestation vise à attirer à l’entrée de l’été un maximum de public afin de : doper les entrées, vendre du pop corn, profiter de la clim’ et — surtout, quand même — voir des films. Le principe ne change guère : du mercredi 30 au dimanche 4 juillet inclus, chaque séance est accessible à un prix unique habituellement réservé au jeune public (soit 4€), hors dispositifs à majoration tels que les 3D, 4DX, etc. Seule modification par rapport aux années précédentes : la Fête s’allonge à 5 jours au lieu de 4, soit +25%. Par comparaison, la série 10% fait figure de piètre dégriffe ! S’il fallait une preuve supplémentaire de la supériorité du grand sur le petit écran…

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L’Été en Cinémascope, le retour

En Plein Air | Hommages et déserts au menu de l’Été en Cinémascope 2021, avec en sus de somptueux plats de résistance. Réservez tout de suite un mardi et sept jeudis ; en plus, c’est gratuit !

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

L’Été en Cinémascope, le retour

Un temps, on a redouté que la place Ambroise-Courtois demeure silencieuse et obscure durant les mois chauds — ce qui eût été une première depuis un bon quart de siècle ! Fort heureusement, il n’en sera rien : du 1er juillet au 31 août (admirez l’amplitude et la précision de la couverture), l’Été en Cinémascope vient meubler nos soirées avec une programmation à l’image de la programmation de l’Institut Lumière dont il dépend : d’un éclectisme sans aucune frontière. S’ouvrant avec Cuisine et dépendances de Philippe Muyl (jeudi 1er juillet à 22h) et une pensée pour Jean-Pierre Bacri, le cycle se poursuit avec une autre histoire d’appartement — totalement de saison —, le délicieux 7 ans de réflexion de Billy Wilder (mardi 6 à 22h) qui incitera à prendre le métro pour rentrer et un bain moussant à la maison. En écho au 40e anniversaire de Jazz à Vienne, la soirée du 13 débutera à 21h par un set musical salsa afro-cubaine par le groupe Guaracha Sabrosa suivi par l’une

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À l'Institut Lumière, on dirait les cinémas du Sud

Festival | Contraint à l’annulation l’an passé, le Festival des cinémas du Sud s’est déplacé de mai à juillet pour célébrer sa 21e édition dans un format certes compact (...)

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

À l'Institut Lumière, on dirait les cinémas du Sud

Contraint à l’annulation l’an passé, le Festival des cinémas du Sud s’est déplacé de mai à juillet pour célébrer sa 21e édition dans un format certes compact (deux jours seulement) mais d’une appréciable densité. Au programme, six films du Maghreb et du Moyen-Orient à chaque fois présentés et assortis d’un échange avec la salle — À l’Institut Lumière les vendredi 9 et samedi 10 juillet. Contexte sanitaire oblige, l’événement accueillera moins d’invités, mais le public se consolera avec la sélection qui compte des œuvres déjà connues comme les très forts Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène (en ouverture) et Tu mourras à 20 ans d’Amjad Abu Alala (en clôture, en présence du réalisateur — sous réserve), comme de nombreux inédits… par ailleurs identifiés à travers les festivals du globe. C’est le cas de Louxor de Zeina Durra (primé à la Roche-sur-Yon), Zanka Contact d’Ismaël El I

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Écrans Mixtes, les Hallus, la Caravane : les festivals se recalent

Cinéma | La proximité de la réouverture des salles datée au 19 mai, et la baisse — pour le moment — continue du taux d’incidence redonnent le moral aux organisateurs : Hallucinations Collectives et Écrans mixtes ont annoncé leur retour pour cet été.

Vincent Raymond | Vendredi 7 mai 2021

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Caravane des Cinémas d’Afrique Pas de chance pour la 16e édition de la Caravane des Cinémas d’Afrique du Ciné Mourguet ! Déjà contrainte d’annuler l’an passé, la biennale fidésienne reporte à nouveau son rendez-vous à 2022 mais en promettant (en sus de sa programmation) la présentation d’une création originale du styliste béninois Prince Toffa : une robe confectionnée à partir de 16 000 capsules de café. Ceux qu’il faudra avaler pour patienter ? Écrans Mixtes D’ici là, on se consolera avec — dans l’ordre d’apparition — Écrans Mixtes. Le festival de cinéma queer, qui avait fermé ses portes l’an dernier in extremis en présence de John Waters avant le premier confinement, tiendra sa 11e édition du 23 juin au 1er juillet avait. S’il avait déjà révélé sa

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Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

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Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

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Le 7 février, le symbolique cap des 100 jours de fermeture consécutifs pour les salles de spectacles et de cinéma a été franchi. Prudence étant mère de sûreté, les festivals prennent les devants et commencent à annoncer des décalages, des reports ou des aménagements. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : la Berlinale se déroulera du 1er au 5 mars en ligne et Cannes (qui avait tant tergiversé l’an dernier) s’est positionné du 6 au 17 juillet sur la Croisette. Bien malchanceux en 2020 (le premier confinement les avait frappés de plein fouet, même s’ils avaient pu proposer une version allégée après l’été), Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain ont ainsi choisi de renoncer au mois de mars, ciblant la quinzaine entre le 22 septembre et le 6 octobre, pour une mise à l’honneur « de l’Espagne, du Portugal, du Mexique ». Du côté des Intergalactiques, on la joue aussi rebelote : le 9e édition ne pouvant se tenir en avril 2020 avait é

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Cinémas du Sud toujours prévu mi-novembre

Festival | « C'est dur d'avoir 20 ans en 2020 » a lâché l’autre jour un président à la télé. Dur pour les jeunes… et les festivals. Voyez (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2020

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« C'est dur d'avoir 20 ans en 2020 » a lâché l’autre jour un président à la télé. Dur pour les jeunes… et les festivals. Voyez Cinémas du Sud qui, chaque printemps, nous fait prendre la température de la production cinématographique méditerranéenne, arabe et maghrébine. Annulé en avril pour cause de confinement, il avait trouvé une date de report du 12 au 16 novembre entre l’Institut Lumière, le Cinéma Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon et le Gérard-Philipe de Vénissieux, mais le couvre-feu compromet certaines séances, voire plus. Sauf contrordre seront projetés Scales, Talking about Trees en présence de la productrice Marie Balducchi, The Curve en présence de la productrice Xénia Maingot, La Guérisseuse en compagnie de son réalisateur Mohamed Zineddaine et de Oualid Mouaness. À suivre…

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Qui veut devenir juré ?

Festival | Comme chaque année, les Rencontres du cinéma francophone (dont la 25e édition se tiendra du 9 au 15 novembre au cinéma Les 400 Coups de Villefranche-sur-Saône) (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Qui veut devenir juré ?

Comme chaque année, les Rencontres du cinéma francophone (dont la 25e édition se tiendra du 9 au 15 novembre au cinéma Les 400 Coups de Villefranche-sur-Saône) fait appel aux bonnes volontés pour constituer son jury de huit cinéphiles ayant la lourde (mais agréable) charge de déterminer le palmarès du festival, sous la présidence du critique Alex Masson (photo). Pour faire acte de candidature, il faut être majeur, disponible durant la totalité de la période — c’est le minimum pour assister aux projections — et rédiger avant le 15 octobre une lettre faisant état de votre motivation à l’attention de l’association organisatrice L’Autre Cinéma soit par courrier (Candidature jury 2020 - Espace Barmondière - 69400 Villefranche-sur-Saône) soit par mail à contact@autrecinema.fr.

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Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Villeurbanne | Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. (...)

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. Certes, dans une forme allégée pour respecter les nouvelles règles en vigueur, sans la foultitude d’animation et de rencontres qui font son piquant (même s’il y en a quelques-unes), mais avec quantité de films inédits, en avant-première ou récemment sortis, ainsi qu’une compétitions. On vous recommande le focus brésilien (La Vie invisible d’Euridice Gusmão, Aquarius, Bacurau, Les Bruits de Recife…), le très douloureux Canción sin Nombre, l’étonnant portrait Mamacita… et de vous laisser porter pendant deux semaines pour en voir le maximum. Il y a bien des étés indiens ; pourquoi pas un été ibérique et latino-américain ? Ce sera du 16 au 30 septembre au Zola à Villeurbanne.

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Pierre-Emmanuel Le Goff : « notre enjeu, c’est de préserver la fenêtre pour les exploitants »

La Vingt-Cinquième Heure | Homme d’images polyvalent, Pierre-Emmanuel Le Goff a ajouté à la société de production et de distribution La Vingt-Cinquième Heure qu’il a cofondée en 2012, une plateforme vidéo dotant les cinémas d’une salle virtuelle. Sans surprise, elle cartonne en ce moment…

Vincent Raymond | Mercredi 29 avril 2020

Pierre-Emmanuel Le Goff : « notre enjeu, c’est de préserver la fenêtre pour les exploitants »

Votre concept est à la fois rattaché aux salles de cinéma tout en étant une plateforme de vidéos en ligne. Comment est-ce possible ? Pierre-Emmanuel Le Goff : Je définis notre projet comme étant « le moins pire des systèmes à l’exception de tous les autres », pour reprendre le mot de Churchill à propos de la démocratie. C’est vrai qu’on n’est pas une vraie salle de cinéma au sens où l’on n’a pas de fauteuils. En revanche, le fait d’être à horaire fixe et programmé par une salle de cinéma ayant la connaissance de son public, de son terroir ; le fait d’avoir la possibilité d’échanger en direct avec le réalisateur, d’être géolocalisé avec ses spectateurs habituels, nous place au plus proche d’une expérience de cinéma de proximité en “circuit court“. La répartition des recettes fait que l’on n’est pas sur la même logique que les plateformes de VOD, bien souvent défiscalisées et basées à l’étranger. Justement, comment ventilez-vous les recettes sur le prix d’un billet ? La répartition entre les ayants-droits et intervenants est-elle fixe ou variab

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Cinémas : essais d'ouverture(s)

Cinéma | Un mois et demi après la fermeture des salles, l’exploitation cinématographique traverse la pire crise de son histoire. En attendant une reprise dont nul ne se risque à fixer la date, des salles maintiennent le contact avec leurs spectatrices et spectateurs. Quitte à organiser des projections virtuelles…

Vincent Raymond | Mercredi 29 avril 2020

Cinémas : essais d'ouverture(s)

Un coup de massue. Quand Édouard Philippe annonce samedi 14 mars le passage au fatidique stade 3 de la lutte contre la propagation du Covid-19 et la fermeture pour le soir-même de tous les lieux accueillant du public, les exploitants sont au tapis. « Cette fois, c’est la fin », soufflent certains. La veille encore, exception faite des salles forcées de baisser le rideau dans les premiers clusters de la maladie (Bas-Rhin, Oise…), beaucoup avaient pensé sauver les meubles en s’accommodant vaille que vaille de la nouvelle interdiction de rassembler plus de 100 personnes… L’annonce du confinement le mardi suivant ; sa prolongation par quinzaine, puis jusqu’au 11 mai, douchent les ultimes espoirs. Impossible de se projeter, sans jeu de mot, dans la réouverture de leurs sites. D’autant que les salles, en bout de chaîne, sont tributaires des films mis à disposition par les distributeurs — lesquels décalent en cascade sine die les dates de sorties de leurs nouveautés ou vont profiter du décret contournant la chronologie des médias pour s’affranchir de la salle. Quant aux producteurs, ils reportent leurs tournages. Le monde entier du septième

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Après Miss et James Bond, Pinocchio et La Daronne sont reportés

ECRANS | C’est le film à suspense dont les professionnels du cinéma (et le public) se passeraient bien. Malheureusement, il devrait connaître encore bien des rebondissements avant son dénouement…

Vincent Raymond | Vendredi 6 mars 2020

Après Miss et James Bond, Pinocchio et La Daronne sont reportés

Alors que la fréquentation dans les salles enregistre depuis le début 2020 des résultats calamiteux (-27% à Lyon par rapport à 2019, à date), plombée par l’absence de film très porteur, le Covid-19 s’invite dans le jeu, menaçant franchement la diffusion aux deux bouts de la chaîne. En amont, producteurs et distributeurs ont vite arbitré : craignant que leurs films (donc, leurs investissements) pâtissent d’une moindre exposition et “manquent leur public“ à cause de la pandémie, plusieurs d’entre eux ont préféré décalé leurs sortie. Premier à avoir agi le 3 mars, Warner Bros France pour le film Miss de Ruben Alves (initialement prévu le 11 mars, décalé au 23 septembre). Dans la foulée, on apprenait que Rocks de Sarah Gavron sortirait chez Haut et Court le 17 juin en lieu et place du 15 avril. Et puis le 4 mars, le block-buster mondial sur lequel comptaient toutes les salles pour se refaire une santé au printemps se décommandait à son tour : dans un communiqué laconique, MGM, Universal et les producteurs de Bond, annonçaient le

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Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Institut Lumière | Au milieu des hommages (à Poulidor), des films, des invités prestigieux (Platini, Killy, Luc Dardenne) et d'une thématique tournée vers l'olympisme, le toujours très éclectique Festival Sport, Littérature et Cinéma réserve la part du lion au football. Avec la promesse de nous aider à cerner notre amour de ce jeu.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Festival Sport, Littérature et Cinéma : Complètement foot

Il y a cette maxime sur le football et la morale qu'énonça un jour le gardien du Racing Universitaire d'Alger, Albert Camus ; Sartre lisant L'Équipe dissimulé dans les pages du Monde ; Marguerite Duras conversant dans Libération avec un retraité nommé Platini qu'elle compare à un ange... Et quand Montherlant écrit en 1927 : « il a conquis le ballon et seul, sans se presser, il descend vers le but adverse. / Ô majesté légère, comme s'il courait dans l'ombre d'un dieu ! », il n'a jamais vu jouer Best ou Rocheteau mais à coup sûr, il parle d'eux. De là, ce lien indéfectible du football et d'une élite culturelle qui ne l'a pas toujours assumé. Longtemps le culte du jeu et des joueurs fut réservé à la vulgarité d'un peuple célébrant ses veaux d'or dans la folie propre aux foules théorisées par Gustave Lebon. Les choses ont bien changé et sans doute le

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24e Rencontres du cinéma francophone : tous en Calade !

24e Rencontres du cinéma francophone | Davantage que les souvenirs ou les regrets, l’automne est une saison où les festivals et les bons films se ramassent à la pelle, n’en déplaise à Prévert, (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

24e Rencontres du cinéma francophone : tous en Calade !

Davantage que les souvenirs ou les regrets, l’automne est une saison où les festivals et les bons films se ramassent à la pelle, n’en déplaise à Prévert, pourtant scénariste de premier ordre. Voilà ce qu’inspire l’affiche de la 24e édition des Rencontres du Cinéma Francophone. Enfin, pas l’affiche en elle-même avec ses bris de miroir, plutôt sa programmation regorgeant de promesses mais aussi de certitudes. Citons notamment l’avant-première du nouveau Guédiguian, Gloria Mundi déjà remarqué (et primé) à Venise, que Robinson Stévenin accompagnera, ou bien celle de Notre Dame de Valérie Donzelli, dont on ne se lasse pas de louer la (bienheureuse et inattendue) réussite, que la comédienne-réalisatrice présentera via une vidéo. On se montrera en revanche plus mitigé devant Chanson douce, adaptation du Goncourt 2016 défendu par sa réalisatrice Lucie Borleteau. Si elles proposent une Carte blanche au Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand, ces Rencontres lorgnent beaucoup du côté de la Mostra : outre le pré-cité

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Misère UBER alles : "Sorry We Missed You"

Le Film de la Semaine | Pour s’en sortir, un intérimaire se lance dans l’entrepreneuriat franchisé avec l’espoir de s’en sortir… précipitant sa chute et celle de sa famille. Par cette chronique noire de l’ère des GAFA, Ken Loach dézingue toujours plus l’anthropophagie libérale. En compétition à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Misère UBER alles :

Newcastle, de nos jours. Abby et Ricky s’en sortent tout juste avec la paie de l’une et les intérims de l’autre. Alors, Ricky convainc son épouse de vendre leur voiture pour acheter un utilitaire afin de devenir livreur “indépendant“. Le mirage d’une vie meilleure s’offre à eux. Le début de l’enfer. D’aucuns pourraient reprocher — c’est une figure de style : en fait, ils le font — à Ken Loach de rabâcher sous toutes les formes sa détestation du modèle capitaliste. Ou d’avoir joué depuis trente ans les prophètes de mauvais augure en dénonçant avec constance les ravages de la politique thatchéro-reagano-libérale qui, ayant désagrégé le tissu socio-économique britannique, n’en finit plus de saper ce qu’il reste de classe moyenne, après avoir laminé les classes populaires, au nom de la “libre“ entreprise, “libre“ concurrence… bref de toute cette belle liberté octroyée au haut de la pyramide pour essorer le lumpenprolétariat. Trente ans que Loach essuie les mêmes remarques condescendantes des partisans du marché (qui le voient

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Fête du cinéma d’animation

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Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Fête du cinéma d’animation

C’est une discrétion un peu affligeante qui accompagne la Fête du Cinéma d’Animation. Il faut dire qu’elle manque un poil de lisibilité : elle se déroule durant tout le mois d’octobre non pas dans toutes les salles de cinéma, mais celles qui le souhaitent ainsi que dans des lieux partenaires. Le Festival Lumière mobilise beaucoup d’écrans, rares sont ceux de la Métropole s’associant à cette manifestation célébrant la vivacité d’un genre fécond se réinventant sans cesse — on le verra dans les prochaines semaines avec le film de Jérémy Clapin, J’ai perdu mon corps. En attendant, il vous reste la MLIS pour un ciné-goûter en compagnie d’un classique de l’anime, le tendre Panda petit panda du maître Isao Takahata. Fête du Cinéma d’Animation À la Maison du Livre, de l’Image et du Son (Villeurbanne) ​le mercredi 16 octobre à 14h30

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Forum | Si aucun spectateur lyonnais n’ignore plus que sa ville fut le berceau du Cinématographe Lumière, mesure-t-il seulement ce que représente aujourd’hui pour (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Le monde du cinéma lyonnais se connecte

Si aucun spectateur lyonnais n’ignore plus que sa ville fut le berceau du Cinématographe Lumière, mesure-t-il seulement ce que représente aujourd’hui pour la métropole le 7e art — par ailleurs une industrie (et d’autre part un langage) ? Non seulement l’agglomération lyonnaise présente un taux d’équipement cinématographique et une fréquentation supérieurs aux autres grandes aires urbaines de province, mais elle abrite de nombreuses filières de formation comme de production actives et réputées. Une galaxie de talents qui, souvent, éprouvent paradoxalement un sentiment d’isolement malgré de nombreuses tentatives pour faire émerger des synergies entre structures établies, collectifs d’artistes, associations, professionnels de l’audiovisuel aguerris ou débutants, qu’il s’agisse d’amateurs de formes alternatives, traditionnelles ou innovantes. Afin de fédérer un peu mieux un écosystème riche de potentialité (et le faire marcher en ordre moins dispersé ?), un collectif d’acteurs du secteur organise donc ce vendredi 20 septembre des “états généraux locaux” du cinéma lyonnais. Réunissant tout ce que le mét

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Les bons plans de la semaine #1

Un jour, une sortie | On débute avec Jean-Louis Aubert et on conclue avec une toile sous les étoiles : voici nos propositions de la semaine.

La rédaction | Mercredi 26 juin 2019

Les bons plans de la semaine #1

Mercredi 26 juin – Rock téléphoné Mise Aubert « Voilà, c'est fini », comme le chantait Jean-Louis lui-même, fin de saison, rideau, dernier numéro de saison pour le Petit Bulletin et ouverture ou presque des vacances et de la saison des festivals. Les festivals, Jean-Louis Aubert les a beaucoup fréquentés ces derniers étés avec sa version reformée de Téléphone, les Insus(portables). Sans doute fatigué de tout ce cirque, Aubert a choisi de calmer le jeu en solo et en acoustique. Idéal pour entamer la mise au vert estivale ? Sinon, il y a toujours un nouvel épisode du Village préféré des Français sur France 3. À la Bourse du Travail à 20h30 Jeudi 27 juin – Blues Summer blues Avec une régularité métronomique, le duo Hill country blues Left Lane Cruiser enchaîne les albums (à raison d'un par an, grosso merdo) et les concerts en terre lyonnaise (quasiment au même rythme). Les revoici avec sous l'aisselle, Shake & Bake, leur sortie annuelle aussi rutilante au dehors que poisseuse en dedans.

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Séances à l'air libre

L’Été en Cinémascope | Il est toujours hasardeux de tenter de trouver un point commun entre les films retenus pour l’Été en Cinémascope. Convenons au moins que l’ensemble respecte certains critères…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

Séances à l'air libre

Pas étonnant que vous ayez une impression de déjà-vu : les films projetés depuis des temps immémoriaux sur la place Ambroise-Courtois au dos du monument dédié aux inventeurs du Cinématographe, ont tous vu le jour dans les salles obscures avant de rendre vos nuits estivales plus belles. Mais pour se retrouver au programme, ils doivent constituer un ensemble harmonieux réunissant à la fois des œuvres du patrimoine, des films à très grand spectacle hyper récents, du cinéma d’auteur, des classiques ; un savant mélange du 7e art international compacté en huit films. Cette année, c’est le très beau road movie familial de Matt Ross avec Viggo Mortensen, Captain Fantastic (2016) qui ouvre — grand — les festivités mardi 25 juin : où il est question de liens du cœur plus forts que la mort. Le cœur, toujours lui, bat fort dans Moi, Daniel Blake de Ken Loach : cette seconde Palme d’Or (2016) du Britannique conte les déboires des plus pauvres des pauvres confrontés à la bureaucratie au front de taureau. En hommage

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19e Cinémas du Sud

ECRANS | Comme les journaux, nourris d’actualité et répondant à un besoin d’immédiateté, le cinéma travaille pour les historiens. Mais du fait des délais inhérents à sa (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

19e Cinémas du Sud

Comme les journaux, nourris d’actualité et répondant à un besoin d’immédiateté, le cinéma travaille pour les historiens. Mais du fait des délais inhérents à sa fabrication, il bénéficie d’un temps de latence et d’analyse permettant aux événements dont il s’inspire de décanter, aux passions de refroidir ; aussi peut-il lui-même faire œuvre d’historien. Depuis une triste décennie, les soubresauts politiques frappant tout particulièrement les pays bordant la Méditerranée ont, c’est fatal, infusé dans la sphère intellectuelle et artistique, contaminant le cinéma. Glanant chaque année un solide échantillon représentatif des productions d’Afrique et du Moyen-Orient, le festival Cinémas du Sud a été le témoin attentif des Printemps arabes vus par le 7e art, de la situation des réfugiés et autres harragas ; et l’on se doute que les actuelles turbulences algériennes seront au cœur des prochaines éditions. En attendant, le millésime 2019 a de respectables arguments à défendre. Sur les neuf longs-métrages présentés, huit ont déjà remporté les suffrages du public dans différents festivals du globe — le dernier étant

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« ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Les 35e Reflets au Zola | Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

 « ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre de stabilité au Zola, temple des Reflets du cinéma ibériques et latino-américains ! Mais ne vous méprenez pas : stabilité ne signifie aucunement immobilisme. En conservant son cap et sa ligne directrice, la 35e édition du festival continue surtout à défricher ces immenses pampas cinématographiques couvrant la moitié du Nouveau Monde et le quart sud-ouest de l’Ancien. Pour preuve, il sera sillonné par l’intégralité du film-fleuve argentin en quatre épisodes de Marian Llinás, La Flor. Et accueillera une réjouissante moisson d’inédits ou d’exclusivités, comme Cómprame un revolver de Julio Hernández Cordón (l’auteur des Marimbas del Infierno), le retour au Zola de Jaime Rosales pour Petra, en sa présence ou Yuli, le nouveau Icíair Bollaín en clôture — du lourd. Si la sélection compte 41 films, la compétition en r

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20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas

Plus loin | À la veille d’une année électorale déterminante pour l’Europe politique, le festival ardéchois qui célèbre sa création cinématographique fête deux décennies. Il (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas

À la veille d’une année électorale déterminante pour l’Europe politique, le festival ardéchois qui célèbre sa création cinématographique fête deux décennies. Il programme ainsi 75 films, rendant hommage à des cinéastes (Dominique Marchais, Terrence Davies, Marion Vernoux) et un comédien (André Wilms) ; fait un focus sur les immigrations et propose plusieurs avant-premières du nouveau film que Nils Tavernier a consacré à un (presque) enfant du pays, L’Incroyable Histoire du facteur Cheval. 20e Rencontres des cinémas d’Europe d'Aubenas À la Maison de l’Image, aux Cinémas Le Navire et Palace (Aubenas) ​jusqu’au 25 novembre

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Jeunet & Caro en version majuscule

Exposition | C’est l’histoire chaque fois recommencée d’un tout petit musée qui ne cesse de grandir. Et qui après Wes Anderson ou Ma vie de Courgette s’offre Jeunet & Caro en expo temporaire…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Jeunet & Caro en version majuscule

Petit à petit, Le Musée Cinéma et Miniature de Lyon est devenu un géant. Au point de faire passer pour des succédanés les établissements thématiques comparables. Certains sont pourtant installés dans de grandes capitales ou à proximité immédiate, voire à l’intérieur, de studios leur offrant une forme de rente de situation. Conséquence : ils misent avec paresse sur une ou deux pièces d’exception ou des animations vaguement interactives en lien avec les effets spéciaux. À mille lieux du concept du Musée créé par Dan Ohlmann, dont le profil artistique — il est miniaturiste lui-même — et l’obstination viscérale pour la préservation d’un patrimoine en péril expliquent le succès. Ohlmann et son équipe sauvent non seulement des éléments cinématographiques divers (décors, maquettes, maquillages, accessoires…) d'une inéluctable destruction, mais ils restaurent et valorisent ces objets trop longtemps réduits à leur fonction strictement utilitaire. Derrière des vitrines mais à portée de regard du public, sous une lumière savamment travaillée, ils atteignent alors la noblesse muséale sans abandonner leur essen

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Les Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais sont de retour

Festival | À Villefranche, on n’attend pas la mi-novembre pour faire le plein de nouveautés — cinématographiques, s’entend. Voilà vingt années bien tassées que les 400 (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Les Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais sont de retour

À Villefranche, on n’attend pas la mi-novembre pour faire le plein de nouveautés — cinématographiques, s’entend. Voilà vingt années bien tassées que les 400 Coups trinquent à la santé des productions francophones en conviant les auteurs de premiers films ainsi que celles et ceux désireux de faire partager leurs plus récentes réalisations en avant-premières. Un assemblage efficace, complété par une compétition arbitrée par un jury de spectateurs (toutefois présidé par un semi-pro, puisqu’il s’agit du critique Frédéric Mercier) et qui revendique sur ses 18 longs-métrages au programme une stricte parité pour les cinéastes. Qui dit mieux ? Parmi les œuvres à départager, on recommande Sofia de Meryem Benm’Barek et l’on attend avec beaucoup d’intérêt Amanda de Mikhaël Hers — qui nous avait enchanté avec son bon Ce sentiment de l’été. Moins convaincant se révèle La Dernière folie de Claire Darling de Julie Bertuccelli, décidément plus à son aise dans le format documentaire. Également en lice, Lune

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Lee Chang-dong : « je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning | Invité à ouvrir la saison de la Cinémathèque Française (qui lui consacre une rétrospective), le cinéaste coréen y a présenté l’avant-première post-cannoise de son nouveau film, "Burning", adapté de Murakami et Faulkner. Conversation privée avec l’auteur de "Peppermint Candy".

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Lee Chang-dong : « je voulais raconter la colère qui se forme chez les jeunes d’aujourd’hui »

Burning usant volontiers d’une forme métaphorique, comment interpréter votre choix de faire de votre héros Jongsu un écrivain ayant du mal à écrire, sachant que justement vous avez débuté comme écrivain ? Lee Chang-dong : Effectivement, Jongsu représente un aspirant écrivain, et je voulais montrer un caractère inhérent de ces jeunes gens, au moment où ils se posent beaucoup de questions sur ce qu’ils doivent absolument écrire. J’ai été écrivain. Il y a même un moment où je voulais écrire un roman : après avoir démissionné de mes fonctions ministérielles. Mais autour de moi, les gens étaient furieux, et me disaient de recommencer à faire des films. Alors j’ai abandonné. À présent, je suis un vieux cinéaste (sourire), mais dans mon for intérieur, je pense ne pas avoir trop changé. À chaque fois, je me demande comme un débutant quel film réaliser ; comment dialoguer avec les spectateurs… Cela traduit mes limites et mes faiblesses. Et c’est la raison pour laquelle j’ai

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De Priscilla à Travolta

L’Été en Cinémascope | Peu importe que l’on soit par terre, sur un coussin, une chaise pliable ou un gradin, avec l’Été en CinémaScope, on a peut-être le bas du dos endolori, mais les yeux sont au 7e ciel…

Vincent Raymond | Mardi 19 juin 2018

De Priscilla à Travolta

« Tenue légère adaptée pour le désert ». Voilà le dress code que l’Été en CinémaScope devrait imposer au public lors de la première séance de sa nouvelle saison… Encore faut-il pouvoir compter sur une météo estivale clémente, ce qui relève hélas de l’utopie. Les courageux et courageuses peuvent oser les escarpins compensés et les bustiers moulants : ils et elles feront sensation mardi 26 juin pour la projection en plein air de Priscilla, folle du désert (1994), road movie musical dans le bush — en anglais, ça veut notamment dire buisson — australien et son Outback — son arrière-pays, si vous voulez. On changera radicalement d’ambiance la semaine suivante (c’est la vertu de ce rendez-vous : zapper d’un style, d’une ambiance, d’un genre à l’autre) en partageant le gigot de la colère servi par Claude Sautet à Vincent, François, Paul et les autres (1972). Une œuvre visionnaire sur l’évolution urbaine et de la classe moyenne pré-soixante-huitarde. Parenthèse asiatique le 10 juillet avec le polar mélancoliq

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Jafar Panahi, éblouissant Prix du scénario à Cannes : "Trois visages"

Le Film de la Semaine | Passé expert dans l’art de la prétérition et de la mise en abyme, le cinéaste Jafar Panahi brave l’interdiction qui lui est faite de réaliser des films en signant une œuvre tout entière marquée par la question de l’empêchement. Éblouissant Prix du scénario à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 5 juin 2018

Jafar Panahi, éblouissant Prix du scénario à Cannes :

Dans une vidéo filmée au portable, Marziyeh, une jeune villageoise se montre en train de se pendre parce que la comédienne Behnaz Jafari n’a pas répondu à ses appels à l’aide. Troublée, Behnaz se rend sur place accompagnée par le réalisateur Jafar Panahi. Mais Marziyeh a disparu… Avoir été mis à l’index par le régime iranien en 2010 semble avoir stimulé Jafar Panahi : malgré les brimades, condamnations et interdictions diverses d’exercer son métier comme de quitter son pays, le cinéaste n’a cessé de tourner des œuvres portées par un subtil esprit de résistance, où se ressent imperceptiblement la férule des autorités (le confinement proche de la réclusion pénitentiaire dans Taxi Téhéran ou Pardé), où s’expriment à mi-mots ses ukases et ses sentences — c’est encore ici le cas, lorsqu’un villageois candide demande benoîtement pourquoi Panahi ne peut pas aller à l’étranger. Auto-fiction Le cinéaste Panahi joue ici son propre rôle, tout en servant dans cette fiction de chauffeur et de témoin-confident à s

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Allez les filles !

Nuit du cinéma | Pour la Nuit du cinéma, les CinéPorteurs laissent les femmes changer les choses à leur manière. Il y a celles qui utiliseront intelligemment la parole et les (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 5 juin 2018

Allez les filles !

Pour la Nuit du cinéma, les CinéPorteurs laissent les femmes changer les choses à leur manière. Il y a celles qui utiliseront intelligemment la parole et les médias (We want sex equality), celles qui, comme la célèbre Billie Jean King, montreront leurs capacités lors d’un match de tennis (Battle of the sexes) tandis que d’autres rejoindront la bataille des animaux et de la nature contre leur prédateur commun : l’homme (Princesse Mononoké). Pour les machos qui ne seraient pas contents, la légende raconte que Kill Bill rôdera aussi dans les parages… Nuit du cinéma Au ciné La Mouche le samedi 9 juin à partir de 19h30

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Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Fantastique | Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 29 mai 2018

Soirée culte aux 400 Coups avec Spielberg et del Toro

Il n’y a pas si longtemps, le Mexicain Guillermo Del Toro et l’Américain Steven Spielberg étaient tous les deux nommés pour l’Oscar du meilleur film... Malheureusement pour Pentagon Papers, c’est La Forme de l’eau qui l’a emporté. Et si on remettait en compétition ces deux réalisateurs sur le ring du film fantastique, qui gagnerait ? Voyons ça dans le Beaujolais, aux 400 Coups, lors d'une soirée dédiée à ce genre. Pour un duel intense, mieux vaut choisir deux films cultes. Côté Steven Spielberg, même si la série des Indiana Jones pourrait faire l’affaire, l’un des chefs-d ‘œuvres du réalisateur reste l’histoire de E.T l’Extraterrestre, réalisé en 1982. Alors que le petit Elliot se lie d’amitié avec l’extraterrestre et fait tout pour le cacher au gouvernement, E.T cherche à rentrer parmi les siens. Et si tout le monde retient sans problème la réplique « E.T téléphone maison », on en oublie parfois les quatre Osc

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Un panorama engagé

Cinémas du Sud | Sorbonne occupée par ici, péroraisons radiophoniques de Cohn-Bendit par là… Tout semble indiquer que l’on s’apprête à célébrer les cinquante ans de Mai 68. Quitte (...)

Margaux Rinaldi | Mardi 24 avril 2018

Un panorama engagé

Sorbonne occupée par ici, péroraisons radiophoniques de Cohn-Bendit par là… Tout semble indiquer que l’on s’apprête à célébrer les cinquante ans de Mai 68. Quitte à jeter un pavé dans la mare, soyons réalistes et demandons autre chose : par exemple, de saluer le demi-siècle d’existence du cinéma tunisien. La 18e édition du festival Cinémas du Sud (parrainée cette année par Costa-Gavras) nous en offre la possibilité. Une soirée spéciale lui sera dédiée, avec Mustafa Z (Nidhal Chatta) et Whispering Sands (Nacer Khémir). Ces deux films suivront la comédie Personal Affairs, basée sur un vieux couple palestinien et réalisée par l’Israélienne Maha Haj, qui sera diffusée la veille, lors de la soirée d’ouverture. Cette année, le festival est bel et bien orienté sur des films engagés, loin des antagonismes ou des clichés qui pourraient persister entre les huit pays représentés… Pour l’Égypte par exemple, les réalisateurs Mohammed Hammad (Withered Green) et Hala Elkoussy (Cactus Flower) mettent au premier plan de leurs film

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Pâques en salle sombre

Cinématokids | Avec son récurrent programme Cinématokid, l'Institut Lumière soigne les mirettes de notre progéniture en leur donnant accès au meilleur de l'animation internationale.

Antoine Allègre | Mardi 3 avril 2018

Pâques en salle sombre

Le rendez-vous est pris. Faisons chauffer le pop-corn. Pendant les vacances d'avril, les enfants (à partir de 6 ans) auront droit à un programme aux petits oignons du côté de l'Institut Lumière. Tout débute le samedi 7 avril – dans le cadre du festival Quais du Polar – avec la projection du Secret de la pyramide, prequel imaginaire où Watson rencontre Sherlock Holmes sur les bancs de l'école. Produit par le maître du divertissement (comprendre Steven Spielberg), ce film est la plus parfaite des mises-en-jambe pour les 7-8 ans dans le monde merveilleux et accidenté de l'intrigue policière. Les mardis 10 et vendredis 20 avril, partons à la rencontre d'Horton, pachyderme tête en l'air et touché par la graisse, dans une aventure tutoyant l'absurde bon enfant (ça tombe bien). Le goûter est offert Attention chef d'œuvre intergénérationnel : Le Roi et l'oiseau. D'une beauté à couper le souffle, la merveille signée Paul Grimault est un must-see (projection les mercredi 11, samedi 14 et mercredi 25 avril). À découvrir également, une perle de l'animation made in France :

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Caravane de films aux couleurs d’Afrique !

Festival | La Caravane des Cinémas d’Afrique du Ciné-Mourguet marque sa 15e étape à Sainte-Foy-lès-Lyon. Dans ses bagages, 40 films, 20 invités, 30 cinémas partenaires, un défilé de mode et un concert. Rencontre avec son président, François Rocher.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 21 mars 2018

Caravane de films aux couleurs d’Afrique !

On pourrait l’appeler le “Festival de Cannes du cinéma africain”. Créé il y a un quart de siècle, à l’initiative d’amis passionnés, Caravane des cinémas d’Afrique a vocation à faire connaître sa plus récente production cinématographique et mettre en valeur un pan de cette culture « souvent trop méconnue en France ». La soixantaine joviale et les yeux pétillants, son président François Rocher tient à souligner qu'il ne s'agit pas « d'un festival avec des films sur l’Afrique, mais bien avec des œuvres réalisées par des cinéastes issus de ce continent. » Lorsque la première salle du Mourguet a été créé en mai 1988, il y eut cette volonté de rattacher le nouveau cinéma à un festival. Plutôt que d’en créer un plus classique, les fondateurs de Caravane font le choix de porter une thématique qui les rassemblait et inexistante jusqu’alors : le cinéma africain. Faute de programme complet, l’événement est transformé en biennale, histoire de pouvoir recevoir les réalisateurs dans les meilleures conditions possibles — une vingtaine seront présents cette anné

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Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Festival | Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 20 mars 2018

Films européens tout bâbord à Meyzieu !

Parrain de la 18e édition du Festival de cinéma européen de Meyzieu, Daniel Prévost (le célèbre M. Cheval du Dîner de cons) présentera lors de la soirée de pré-ouverture, Les Petits Ruisseaux (2010). À sa suite, les grandes rivières du festival s’écouleront avec un panel de onze films européens en avant-première (et en VOST) dont quatre projetés en présence de leurs réalisateurs — ainsi qu’une compétition de neuf courts-métrages. Le dimanche matin, un goûter et un atelier “Maquillage & Effets spéciaux” feront la joie des petits spectateurs, après la séance consacrée à l’animation danoise, Mika & Sebastian l’aventure de la poire géante. La Maison des Associations présentera également une démonstration de cascades et de techniques du cinéma. Avec la présence d’Une femme heureuse de l’Anglais Dominic Savage, le festival européen semble (pour l’instant) être épargné par le Brexit… Fes

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C’est le printemps au cinéma !

ECRANS | La fin de l’hiver approche… et avec elle, le retour du Printemps du cinéma. En déboursant 4€, découvrez toutes les nouveautés des salles obscures pendant (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

C’est le printemps au cinéma !

La fin de l’hiver approche… et avec elle, le retour du Printemps du cinéma. En déboursant 4€, découvrez toutes les nouveautés des salles obscures pendant trois jours. Les cinéphiles auront l’embarras du choix ; rien que pour la semaine du 14 mars, trente films seront de sortie. En synergie avec cet événement, la 2e édition de la Fête du Court-métrage se tiendra pendant une semaine. Les grands films courts seront diffusés dans les cinémas, mais aussi dans d'autres lieux tels que les bibliothèques, cafés, théâtres, bars et galeries. À la Maison des Étudiants, des rencontres avec des professionnels (sur réservation) sont organisés pour le 16 mars et le lendemain, c'est journée ateliers de toutes sortes (tournage en direct, bruitage, réalité virtuelle, fond vert) à l'école CinéCréatis. Le Printemps du Cinéma Du 18 au 20 mars Fête du Court-métrage Du 14 au 20 mars Réservations pour les rencontres professionnelles :

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Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Festival | Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour faire découvrir des réalisations passées inaperçues — à l’exemple du long-métrage argentin El Presidente de Santiago Mitre, avec Ricardo Darín à l’affiche, dont la sortie début janvier fut plus que fugace. Ou mettre en avant ceux désignés comme étant les plus prometteurs tel Les Bonnes Manières, un film brésilien un peu surcoté au demeurant, mélangeant tous les genres pour un résultat moyennement convaincant. Pour cette 34e édition, la péninsule ibérique est à l’honneur avec dix films espagnols projetés dont deux en présence de leurs réalisateurs — le très attendu Abracadabra de Pablo Berger (auteur du remarquable Bianca Nieves) en avant-première et La Mano Invisible de David Macián, en compétition. On pourra également revoir une copie restaurée de Attache-moi (1989), seul film de l’emb

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Festi’vache : le ciné-meuh en 47 films

Festival | Petit Paysan d’Hubert Charuel, Les Gardiennes de Xavier Beauvois, Visages Villages d’Agnès Varda… Ces films nommés aux Césars 2018 seront à l’affiche du (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 27 février 2018

Festi’vache : le ciné-meuh en 47 films

Petit Paysan d’Hubert Charuel, Les Gardiennes de Xavier Beauvois, Visages Villages d’Agnès Varda… Ces films nommés aux Césars 2018 seront à l’affiche du Festi’vache dont la 12e édition commence vendredi 2 mars — le jour même de la remise des précieuses statuettes. Pas de smoking ni de robe longue à Saint-Martin-en-Haut, dans les monts du Lyonnais, où le cinéma sur le monde rural sera mis à l’honneur à travers 47 films, documentaires et fictions mélangés ; autant de fenêtres sur l’univers agricole. Avec en bonus, un focus en cinq films sur l’Amérique Latine rurale. En complément de ces projections, des rencontres seront organisées avec des équipes artistiques mais aussi des ac

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Ciné-Rillieux ou la création d’un cinéma de proximité

Rillieux-la-Pape | Un nouveau cinéma de quartier a ouvert en décembre dernier à Rillieux-la-Pape, commune nord de la métropole lyonnaise. L’ancien maire, Jacky Darne, avait à cœur d’offrir aux Rilliards un vrai lieu consacré au 7e art.

Aliénor Vinçotte | Mardi 27 février 2018

Ciné-Rillieux ou la création d’un cinéma de proximité

Adieu le mono-écran de l’espace Baudelaire ! Grâce à ses trois salles flambant neuves et ses 591 fauteuils, le Ciné-Rillieux va pouvoir multiplier ses séances : de 60 à 80 par semaine, avec de six à dix films projetés. À l’origine, l’ancien maire rilliard, Jacky Darne, souhaitait la construction d’un édifice consacré au 7e art pour ses administrés. Le projet a été finalement soutenu et validé par son lointain successeur, Alexandre Vincendet, lors du conseil municipal de septembre 2015 — pour un investissement de 4 M€. Se targuant dans un communiqué d’être « le plus beau cinéma de la Métropole », le tout nouveau complexe a déjà enregistré plus de 5 000 entrées depuis son ouverture. Une fierté. Ouvert en décembre dernier lors des fêtes de fin d’année — au moment où la fréquentation des salles obscures atteint son pic — le cinéma rilliard semble avoir fait le pari du minimaliste, question déco. Sa directrice, Audrey Péguy-Gattegno promet que la prochaine étape est « d’aménager le hall d’entrée pour en faire un espace plus convi

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Les Sportives en Lumière

Sport, Littérature & Cinéma | La cinquième édition du festival Sport, Littérature & Cinéma est largement consacrée aux femmes ce week-end, à l'Institut Lumière.

Sébastien Broquet | Mardi 30 janvier 2018

Les Sportives en Lumière

C'est l'histoire d'un rendez-vous excitant qui nous laisse un peu sur notre faim, cette année. D'un festival pas commun, ramenant le sport dans le monde des intellos, nous rappelant que le cyclisme a engendré quelques-unes des plus belles pages de la littérature française et que le film de boxe est un genre à part entière empli de chefs d'œuvre. Que le football, s'il garde malheureusement en France son image beauf, fait intégralement partie de la pop culture en Angleterre. Sport, Littérature & Cinéma, c'est cette histoire et bien plus encore : une riche idée de Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière, ardent supporter de l'OL, qui de plus accompagne le récent boom éditorial autour des livres consacrés au sport. Mais si les quatre précédentes éditions nous avaient aguiché, celle-ci semble plus maigre : épuisement de la formule ou fatigue passagère, l'avenir le dira. Reste que l'on déniche quelques pointes d'intensité au cœur de ce programme largement dédié aux femmes. Oui, le mil

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Projections à l'italienne

Cycle | Les 3e Rencontres autour du Cinéma italien vont vous botter : en 48 heures, elles vont saturer votre agenda de séances (six au total), parmi lesquelles (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

 Projections à l'italienne

Les 3e Rencontres autour du Cinéma italien vont vous botter : en 48 heures, elles vont saturer votre agenda de séances (six au total), parmi lesquelles moult avant-premières en présence de scénaristes, cinéastes, comédiennes ou spécialistes vous permettant d'approfondir votre vision des films. Comptez donc sur La Vita possibile de Ivana de Matteo, Easy de Andrea Magnani, L'Ordre des choses de Andrea Segre, Indivisibili de Edoardo De Angelis, Il Figlio (Manuel) de Dario Albertini et Un Bacio de Ivan Cotroneo. Ce n'est jamais mauvais de finir sur un baiser. 3e Rencontres autour du Cinéma italien Au Cinéma Comœdia du 31 janvier au 2 février

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38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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22e Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais

ECRANS | On ne se rend jamais en vain dans les salles caladoises des 400 Coups. Surtout lorsque se profilent les Rencontres : presque vingt longs-métrages y sont (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

22e Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais

On ne se rend jamais en vain dans les salles caladoises des 400 Coups. Surtout lorsque se profilent les Rencontres : presque vingt longs-métrages y sont programmés cette année, dont huit soumis à l’appréciation du jury des spectateurs. Mais la compétition relève presque de l’anecdote, l’enjeu demeurant la possibilité offerte au public d’échanger avec les comédiens, cinéastes, scénaristes ou producteurs accompagnant les œuvres lors des séances, généralement en avant-premières et souvent uniques. Le très rare Gérard Meylan, interprète fétiche (et quasi exclusif) de Robert Guédiguian a ainsi ouvert le bal avec La Villa — proposé à nouveau au Singuliers de Belleville samedi 11 —, et Antony Cordier présenté sa nouvelle réalisation Gaspard va au mariage. La suite ne manque pas d’intérêt, avec l’arrivée d’Emmanuel Gras pour son fascinant documentaire Makala (Grand Prix de la Semaine de la Critique) et Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde, un premier long-métrage intense primé à

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Lumière rime avec avant-première

ECRANS | Pathé, UGC… et maintenant les Cinémas Lumière : à chaque circuit son cycle d’avant-premières. Les anciens CNP donnent rendez-vous à leurs spectateurs chaque lundi (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

Lumière rime avec avant-première

Pathé, UGC… et maintenant les Cinémas Lumière : à chaque circuit son cycle d’avant-premières. Les anciens CNP donnent rendez-vous à leurs spectateurs chaque lundi de septembre à 20h30 avec des films qui seront à l’affiche de leurs salles dans les prochaines semaines. Après Le Redoutable lundi dernier, place au bouleversant Faute d’amour de Zvyagintsev le 11, à Un beau soleil intérieur de Claire Denis le 18 et à Happy End de Haneke — pour conclure fort logiquement le 4 octobre. Soit uniquement des œuvres incluses dans la sélection officielle du dernier Festival de Cannes. Au Lumière Terreaux

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Cinémade se bouge le culte

Clubbing | Un festival pour clubbers cinéphiles : résumons ainsi Cinémade, qui deux jours durant convie à La Sucrière la crème de l'électronique métissée dans des décors inspirés de Kill Bill ou Indiana Jones.

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Cinémade se bouge le culte

Attention : si l'on va beaucoup parler cinéma autour de Cinémade, les festivités s'adressent plutôt aux clubbers adeptes de films cultes projetés dans le salon le dimanche soir en descente, qu'aux férus de fauteuils rouges des salles obscures. Car de fauteuils, ici, il n'y aura point. De projection, non plus. Ou si peu : le jubilatoire Mars Attack, de Tim Burton, sera servi en guise d'apéritif en plein air (sur la place Général Delfosse) pour la soirée d'ouverture, ce jeudi 22 juin. Après ça, place au dancefloor : plusieurs artistes dont nous nous sommes déjà fait l'écho dans ces pages sont à l'affiche, à commencer par la paire électro-orientale Acid Arab, de retour en formule concert cette fois, lâchant donc un temps les platines qui ont fait leur soudaine gloire. Mais la recette reste la même : le grain très ghetto et gras de l'acid house de Chicago mis au service de la chaleur du Moyen-Orient, entre classiques revisités et perles contemporaines dénichées, pour inventer une nouvelle musique de danse

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Cinéma en plein air : tout le monde à toile !

Cinéma | Profiter d’une projection dans la douceur de la vêprée est l’un des incommensurables plaisirs de l’été. Cette année encore, les occasions d’éclairer sa nuit par du cinéma ne manquent pas.

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Cinéma en plein air : tout le monde à toile !

Désormais intégré dans le dispositif Tout l’monde dehors, l’Été en Cinémascope de l’Institut Lumière fait aujourd’hui figure de vénérable ancêtre en matière de projection estivale. Au dos du monument dédié aux inventeurs du 7e art, les spectateurs de la place Ambroise-Courtois (Lyon 8e) découvriront tous les mardis soir (sauf les 3 et 10 août) une sélection d’œuvres populaires et/ou spectaculaires : du potache The Nice Guys (27 juin) à l’épico-intimiste Mud (29 août), en passant par l’effréné Transperceneige de Bong Joon-ho (25 juillet), il y aura de quoi voir du pays. Cinéma de quartier Mais Monplaisir n’est pas tout seul : chaque quartier ou presque s’offre son mini-festival. Place d’Ainay (Lyon 2e), on commence avec Lyola !, le 6e festival du film allemand du sympathique Goethe Institut du 3 au 6 juillet, qui intègre notamment le magnifique Toni Erdmann — ainsi

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Dites 33 ! Le cinéma en fête

Fête du Cinéma | Du dimanche 25 au mercredi 28 juin, les salles de cinéma vous proposent de partager leur 33e Fête — qui a fait parler d’elle très tôt cette année, en invitant des graphistes à concourir pour la réalisation de l’affiche 2017. Si le dispositif a connu de nombreuses modifications depuis sa création, il s’est stabilisé autour de la formule “4 jours/4 € par séance”. C’est encore le cas cette année. Voici notre sélection de films à voir ou revoir à cette occasion.

Vincent Raymond | Dimanche 25 juin 2017

Dites 33 ! Le cinéma en fête

À voix haute - La force de la parole De Stéphane De Freitas, Ladj Ly (Fr, 1h39) documentaire Notre avis : La parole est au 93 ! Suivis sur une poignée de semaines, des étudiants de l’Université de Saint-Denis apprennent l’art rhétorique afin de gagner le concours Eloquentia, désignant le meilleur orateur. Fondateur de l’événement et chef d’orchestre du documentaire, Stéphane de Freitas pose sa caméra sur les visages d’une jeunesse qui ne demande qu’à être comprise et écoutée. Grâce à sa forme très cinématographique, shootée comme un entraînement de boxe, À voix haute libère une émotion forte par le montage de témoignages sincères. Alien : Covenant De Ridley Scott (EU-Angl, 2h02) avec Michael Fassbender, Katherine Waterston... Notre avis : Après une patiente incubation, Ridley Scott accouche de son troisième opus dans la saga Alien, participant de son édification et de sa cohérence. Cette nouvelle pièce majeure semble de surcroît amorcer la convergence avec son autre univers totémique, Blade Runner. Excitant. Aurore De Blandine Le

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"Cinéma, mon amour" : un amour sans complexe

Documentaire | de Alexandru Belc (Rou-Tch, 1h10) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Animé d’une foi qu’un charbonnier lui envierait, et de son amour viscéral pour le 7e art, Victor Purice tient à bout de bras le Dacia, seul cinéma de la ville roumaine de Piatra Neamt. Un édifice à l’ancienne, où aidé de ses deux employés, Victor tente d’attirer à nouveau le public. Lors de la sortie de Baccalauréat, Cristian Mungiu rappelait le sort malheureux du parc cinématographique roumain post-Ceaușescu : la libéralisation sauvage et brutale du secteur a fait disparaître 400 salles en une génération, supprimant de facto l’habitude pour les spectateurs de communier ensemble devant un grand écran. À la tête de son Dacia, Victor Purice est un des rares survivants de cette hécatombe : l’un des trente derniers.

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Festival du cinéma israélien

ECRANS | Initié par l’Espace Hillel, le Festival du Cinéma Israélien de Lyon se déroulera cette année du 9 au 26 mai et visitera pas moins de neuf cinémas de la Métropole, (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Festival du cinéma israélien

Initié par l’Espace Hillel, le Festival du Cinéma Israélien de Lyon se déroulera cette année du 9 au 26 mai et visitera pas moins de neuf cinémas de la Métropole, présentant dix films — une poignée d’avant-premières et quelques films ayant parsemé la saison cinématographique écoulée (dont l’excellent Une semaine et un jour). Pour l’ouverture, c’est Tikoun d’Avishai Sivan qui a été choisi. Primé à Locarno en 2015, cette œuvre sera introduite par Xavier Nataf, le directeur du Festival du Cinéma Israélien de… Marseille. Festival du Cinéma Israélien Au Cinéma Lumière Bellecour le mardi 9 mai à 20h30

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17e Festival Cinéma du Sud

ECRANS | C’est sous le parrainage de la grande Hiam Abbass que s’ouvre cette 17e édition coorganisée par Regards Sud et l’Institut Lumière. Entourée par (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

17e Festival Cinéma du Sud

C’est sous le parrainage de la grande Hiam Abbass que s’ouvre cette 17e édition coorganisée par Regards Sud et l’Institut Lumière. Entourée par l’indispensable productrice Michèle Ray-Gavras et la réalisatrice Rayhana, la comédienne présentera en primeur À mon âge, je me cache encore pour fumer, adaptation de sa pièce et première d’une série de neuf projections rendant compte de la richesse des cinémas du Sud — séances toutes accompagnées par des comédien(ne)s, cinéastes ou producteur(trice)s. On notera aussi l’avant-première française de House Without Roof, que Soleen Yucef viendra présenter. Un concentré de soleil pour les salles obscures. 17e Festival Cinéma du Sud À l’Institut Lumière du mercredi 12 au 15 avril

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