"Ma Ma" : un grand rôle pour Penélope Cruz

ECRANS | Avec sa construction sophistiquée et son interprétation épurée, cette chronique d’un combat contre l’injustice de la maladie signe le retour du grand Julio Medem. Elle offre en sus un vrai rôle à Penélope Cruz, qui malgré son abondante filmographie, n’en a guère endossé.

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Photo : © DR


Présentée en primeur lors des derniers Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, la nouvelle réalisation de l'auteur des Amants du Cercle polaire aborde avec un tact et une grâce remarquables l'un des pires casse-museaux du cinéma : le cancer. Un sujet dont certains s'emparent à des fins d'exorcisme personnel ou de témoignage, dans des tire-larmes indignes où les interprètes se livrent à des simagrées stratosphériques pour contrefaire la maladie.

Ce n'est pas le cas de Penélope Cruz qui, dans Ma Ma, apparaît sobre comme on ne l'a plus vue depuis des lustres. Incarnant une femme au chômage, abandonnée par son mari, touchée à un sein, subissant une chimio et ses effets secondaires, une mastectomie, puis une récidive alors qu'elle a retrouvé l'amour — avouez que le tableau est complet —, la comédienne vise autre chose qu'une performance outrancière adossée à une déchéance physique.

Magda, son personnage, se révèle combatif sans héroïsme grandiloquent ; quant aux atteintes du mal, elles ne sont ni adoucies pour épargner le spectateur ni affichées avec indécence : une poignée de cheveux restant dans la main de son compagnon, les plans cliniques laissant entrevoir le torse cicatrisé de Magda ainsi que les regards furtifs de son fils sur sa prothèse, portent davantage de souffrance qu'un long lamento nappé de violonades.

Mélo, Ma Ma non troppo

Appréciant la forme mélodramatique, Julio Medem se méfie cependant (avec raison) du piège de ses facilités. Et plutôt que de céder à une fascination macabre pour la mort et la maladie, il fait en sorte de hisser Ma Ma vers la lumière, le positif, la vie — en cela, il est assez proche de Lucía y el sexo (2000), où un deuil était le point de départ d'une renaissance. Un détournement (ou retournement) du genre, qui l'enrichit plus qu'il ne le trahit.

De la même manière, il refuse d'abandonner l'image du film à la tristesse : chaque plan est une occasion de faire entrer de la beauté et de la clarté. Cette démarche esthétique se double d'une construction dynamique, où la linéarité est sans cesse perturbée par de mini flashs-forward scandant le présent, comme dans Z ou L'Affaire Thomas Crown.

Une manière élégante de manifester l'irrémédiable dissolution de l'instant, chassé par un futur pressé de lui dévorer sa place ; une façon aussi d'écrire du cinéma pur en recourant à son encre essentielle : le temps.

Ma Ma de Julio Medem (Esp, 1h51) avec Penélope Cruz, Luis Tosar, Alex Brendemühl…


Ma ma Ma ma

Ma ma

De Julio Medem (Esp, 1h51) avec Penélope Cruz, Luis Tosar...

De Julio Medem (Esp, 1h51) avec Penélope Cruz, Luis Tosar...

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Magda est institutrice. Alors qu’elle vient de perdre son emploi et de se séparer du père de son petit garçon, on lui diagnostique un cancer du sein. Plutôt que de sombrer dans le désespoir, elle décide de partager des moments agréables avec ses proches...

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Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Cinéma | Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain comme Les Intergalactiques, échaudés, ont d'ores et déjà ciblé le mois de septembre pour leur édition 2021.

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2021

Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

Le 7 février, le symbolique cap des 100 jours de fermeture consécutifs pour les salles de spectacles et de cinéma a été franchi. Prudence étant mère de sûreté, les festivals prennent les devants et commencent à annoncer des décalages, des reports ou des aménagements. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : la Berlinale se déroulera du 1er au 5 mars en ligne et Cannes (qui avait tant tergiversé l’an dernier) s’est positionné du 6 au 17 juillet sur la Croisette. Bien malchanceux en 2020 (le premier confinement les avait frappés de plein fouet, même s’ils avaient pu proposer une version allégée après l’été), Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain ont ainsi choisi de renoncer au mois de mars, ciblant la quinzaine entre le 22 septembre et le 6 octobre, pour une mise à l’honneur « de l’Espagne, du Portugal, du Mexique ». Du côté des Intergalactiques, on la joue aussi rebelote : le 9e édition ne pouvant se tenir en avril 2020 avait é

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Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Villeurbanne | Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. (...)

Vincent Raymond | Mercredi 9 septembre 2020

Au Zola, des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain diffractés

Et puis, tout d’un coup, la quinzaine des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain annulée à la veille de son lancement en mars, renaît en septembre. Certes, dans une forme allégée pour respecter les nouvelles règles en vigueur, sans la foultitude d’animation et de rencontres qui font son piquant (même s’il y en a quelques-unes), mais avec quantité de films inédits, en avant-première ou récemment sortis, ainsi qu’une compétitions. On vous recommande le focus brésilien (La Vie invisible d’Euridice Gusmão, Aquarius, Bacurau, Les Bruits de Recife…), le très douloureux Canción sin Nombre, l’étonnant portrait Mamacita… et de vous laisser porter pendant deux semaines pour en voir le maximum. Il y a bien des étés indiens ; pourquoi pas un été ibérique et latino-américain ? Ce sera du 16 au 30 septembre au Zola à Villeurbanne.

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Autoportrait de l’homme en vieil artiste : "Douleur et Gloire" de Pedro Almodóvar

Almodóvar | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Entre Les Fraises sauvages, Stardust Memories, Journal Intime et Providence, Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif. En compétition à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Autoportrait de l’homme en vieil artiste :

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire, à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma d’Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes… sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. À la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité) le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Almodóvar parvient cependant à les “habiter” au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique — il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en no

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« ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Les 35e Reflets au Zola | Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

 « ¿Que tal, Zola ? — Muito bem, obrigada ! »

Alors que la boussole géopolitique subit d’inquiétantes oscillations — tout particulièrement au sud du Rio Grande —, qu’il est rassurant de trouver un havre de stabilité au Zola, temple des Reflets du cinéma ibériques et latino-américains ! Mais ne vous méprenez pas : stabilité ne signifie aucunement immobilisme. En conservant son cap et sa ligne directrice, la 35e édition du festival continue surtout à défricher ces immenses pampas cinématographiques couvrant la moitié du Nouveau Monde et le quart sud-ouest de l’Ancien. Pour preuve, il sera sillonné par l’intégralité du film-fleuve argentin en quatre épisodes de Marian Llinás, La Flor. Et accueillera une réjouissante moisson d’inédits ou d’exclusivités, comme Cómprame un revolver de Julio Hernández Cordón (l’auteur des Marimbas del Infierno), le retour au Zola de Jaime Rosales pour Petra, en sa présence ou Yuli, le nouveau Icíair Bollaín en clôture — du lourd. Si la sélection compte 41 films, la compétition en r

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Ce qui nous liait : "Everybody knows"

¿Quién? | Sous le délicieux présent, transperce le noir passé… Asghar Farhadi retourne ici le vers de Baudelaire dans ce thriller familial à l’heure espagnole, où autour de l’enlèvement d’une enfant se cristallisent mensonges, vengeances, illusions et envies. Un joyau sombre. Ouverture de Cannes 2018, en compétition.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mai 2018

Ce qui nous liait :

Comme le mécanisme à retardement d’une machine infernale, une horloge que l’on suppose être celle d’une église égrène patiemment les secondes, jusqu’à l’instant fatidique où, l’heure sonnant, un formidable bourdonnement précipite l’envol d’oiseaux ayant trouvé refuge dans le beffroi. C’est peut dire que l’ouverture d’Everybody knows possède une forte dimension métaphorique ; sa puissance symbolique ne va cesser de s’affirmer. Installée au sommet de l’édifice central du village, façon nez au milieu de la figure, cette cloche est pareille à une vérité connue de tous, et cependant hors des regards. Elle propage sa sonorité dans les airs comme une rumeur impalpable, sans laisser de trace. Battant à toute volée sur une campagne ibérique ensoleillée, telle une subliminale évocation de l’Hemingway période espagnol, cette cloche rappelle enfin de ne « jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour [soi]. » Pour l’illusion du bonheur et de l’harmonie, également, dans laquelle baignent Laura et ses enfants, qui revient en Espagne pour assister au mariage de sa sœur. Et retrouver sa f

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Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Festival | Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 13 mars 2018

Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : ¡Fiesta y cinema!

Faire miroiter les œuvres cinématographiques du monde hispanophone et lusophone, telle est la raison d’être du festival Les Reflets. Que ce soit pour faire découvrir des réalisations passées inaperçues — à l’exemple du long-métrage argentin El Presidente de Santiago Mitre, avec Ricardo Darín à l’affiche, dont la sortie début janvier fut plus que fugace. Ou mettre en avant ceux désignés comme étant les plus prometteurs tel Les Bonnes Manières, un film brésilien un peu surcoté au demeurant, mélangeant tous les genres pour un résultat moyennement convaincant. Pour cette 34e édition, la péninsule ibérique est à l’honneur avec dix films espagnols projetés dont deux en présence de leurs réalisateurs — le très attendu Abracadabra de Pablo Berger (auteur du remarquable Bianca Nieves) en avant-première et La Mano Invisible de David Macián, en compétition. On pourra également revoir une copie restaurée de Attache-moi (1989), seul film de l’emb

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Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Festival | En carence de culture ibérique et sud-américaine ? Dites 33, comme la 33e édition des Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain. Un traitement de choc à base de saveurs épicées, à l’horizon sensitif infini.

Julien Homère | Mardi 14 mars 2017

Reflets du cinéma Ibérique et latino-américain : ¡ Hasta siempre el cine !

Jouissant d’œuvres inédites en France et d’avant-premières prestigieuses, le festival millésime 2017 s’ouvrira sur La Colère d’un homme patient, un polar de Raul Arévalo, éclaboussant les premiers chanceux de sa récente pluie de Goya. Dans le même registre, Cent ans de pardon brillera par la présence du prolifique Luis Tosar. Beaucoup de films ne viendront pas seuls : les rencontres constituent en effet l’un des atouts majeurs des Reflets. En guise d’échanges, la brésilienne Eliane Caffé et le chilien Georgi Lazarevski parleront de leurs documentaires respectifs que sont Era o Hotel Cambridge et Zona franca sur le désarroi de la classe ouvrière. Côté fiction, Adrian Saba et Fernando Guzzoni offriront deux drames juvéniles sur fond de critique sociale : le thriller péruvien El sonador et l’anxiogène Jesus. Les sensations cannoises de l’année passée auront une seconde vie, à l’image d’

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¡Hola cine! Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

ECRANS | Sous la houlette de leur directeur Laurent Hugues, les Reflets villeurbannais sont devenus une indispensable passerelle entre les cinémas latins et le public français. Et un passage obligé pour les cinéastes de référence.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mars 2016

 ¡Hola cine!
Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

Qu’est-ce qui a présidé au choix du film d’ouverture, Hablar de Joaquín Oristrell ? Laurent Hugues : On voulait à la fois commencer par la compétition et un film ibérique — puisque nous faisons cette année un focus sur l’Espagne. Hablar s’est imposé par son parti pris artistique : il s’agit d’un faux plan-séquence dans une rue historique de Madrid, sur 300 mètres, permettant de croiser une vingtaine de petites histoires. C’est un cri d’alarme militant que lance Oristrell, qui a tourné ce film avec des amis. Certains ont complètement improvisé sur la trame préétablie. Hablar dresse un portrait de l’Espagne d’aujourd’hui par la parole, l’échange, dans une rue où Podemos est bien implanté. Et il défend les couleurs espagnoles dans la compétition. Il n’y a qu’un seul film en lice par pays ? Pour éviter la surreprésentation, oui. Avec l’Espagne, cela aurait été facile de faire concourir trois films. Notre engagement étant que les films soumis au choix du public soient inédits, ou que leur distribution en France ne soit pas prévue pour l’instant. C’est une manière de porter un éclaira

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Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

ECRANS | Si sa superbe programmation va beaucoup fureter du côté de l’Amérique latine, c’est bien l’Espagne qui va faire plusieurs fois l’événement lors des 31e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola. Ou comment une production touchée par la crise survit grâce à sa diversité et l’inventivité de ses cinéastes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2015

Au Zola, l’Espagne sera au coeur des Reflets

Aux derniers Goya, l’équivalent espagnol de nos César, deux films se tiraient la bourre dans la course aux récompenses finales : La Isla Minima (qui sortira en France sous le titre Marshland) et La Niña de Fuego. Deux films de genre, l’un tirant vers le cinéma criminel, l’autre vers le thriller. Cela fait longtemps qu’on loue dans nos colonnes la force des cinéastes espagnols lorsqu’ils s’attaquent à des territoires squattés par les productions anglo-saxonnes, mais cette reconnaissance par les professionnels — ainsi que par le public, les deux films ayant été de gros succès au box-office national — montre que, loin de s’être commué en académisme ou en opportunisme commercial, le cinéma de genre made in Spain est encore en pleine effervescence. Et ce malgré la crise qui a touché le pays et, par voie de conséquence, le financement de son industrie cinématographique ainsi que sa distribution — nombre de salles ont fermé leurs portes ces dernières années. Marshland : un thriller post-franquiste La Niña de Fuego et Marshland seront les deux événements majeurs de la nouvelle édition des Reflets du ci

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¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

ECRANS | L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 mars 2014

¡ Feliz cumpleaños, les Reflets !

L’air de rien, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola fêtent cette année leur trentième édition. Une endurance remarquable qui ne s’accompagne d’aucun signe visible d’embourgeoisement. Au contraire : le festival affiche une santé insolente qui se traduit par une moisson de films très excitants. Ne reparlons pas de ceux que l’on a déjà défendus ici (Les Bruits de Recife, Gloria, Rêves d’or et Les Sorcières de Zugarramurdi, même si ce n’est pas le meilleur De La Iglesia) ; attardons-nous plutôt sur quelques inédits fort alléchants, comme cette jolie brochette espagnole qui réunit Martin Manuel Cuenca et son Cannibal, avec son tailleur assassin et amoureux, Enrique Urbizu et son th

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Cartel

ECRANS | La rencontre entre Cormac McCarthy et le vétéran Ridley Scott produit une hydre à deux têtes pas loin du ratage total, n’était l’absolue sincérité d’un projet qui tourne le dos, pour le meilleur et pour le pire, à toutes les conventions hollywoodiennes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 novembre 2013

Cartel

Il y a sans doute eu maldonne quelque part. Comment un grand studio hollywoodien a-t-il pu laisser Cormac McCarthy, romancier certes adulé mais absolument novice en matière d’écriture cinématographique, signer de sa seule plume ce Cartel, le faire produire par la Fox et réaliser par un Ridley Scott réduit ces dernières années à cloner sans panache ses plus grands succès (Robin des Bois, sous-Gladiator, Prometheus, sous-Alien…) ? Le film est en tout point fidèle à la lettre et à l’esprit de ses œuvres littéraires : omniprésence de la corruption morale, déliquescence d’un monde livré à la sauvagerie et s’enfonçant dans une régression inéluctable vers le chaos, voilà pour l’esprit ; pour la lettre, c’est là que le bât blesse, tant McCarthy se contrefout éperdument des règles élémentaires de la dramaturgie cinématographique. Pas d’expositions des personnages, de longues conversations plutôt virtuoses dans leur façon d’exprimer les choses sans vraiment les nommer, mais qui versen

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À en perdre ses latins

ECRANS | Pour leur 29e édition, les brillants Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola ouvrent en fanfare avec le dernier Almodovar, puis continuent avec un programme mêlant best of de la saison et perspectives sur les événements cinématographiques à venir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 11 mars 2013

À en perdre ses latins

Comment ça va, le cinéma latino ? Plutôt bien, si on en croit le début de saison, puisqu’au milieu d’une écrasante domination américaine, c’est bien du côté de l’Espagne, de l’Argentine et du Chili que la résistance a été la plus vive. Aussi, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain n’ont eu qu’à aller piocher ces bonnes nouvelles-là pour assurer le fond goûtu de leur 29e édition. On ne pourra donc que conseiller aux distraits de ne pas rater les séances de rattrapage de Blancanieves, petit bijou de cinéma muet d’aujourd’hui qui a entre temps effectué une razzia historique aux Goyas (les César espagnols). Plus frais encore, le génial No de Pablo Larraín sur le référendum organisé par Pinochet en 1988 pour asseoir son pouvoir — raté ! mérite une vie sur le long cours ; le festival sera un endroit parfait pour savourer ce thriller politique prenant et audacieux.Comme un justicier qui viendrait remet

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Reflets électriques

CONNAITRE | La nouvelle édition des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain propose une belle brochette de films issus d’une dizaine de pays, avec notamment une flamboyante délégation espagnole. Et quelques belles surprises venues d’ailleurs… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 8 mars 2012

Reflets électriques

Louons d’abord les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (qui n’ont pas lieu au cinéma Le Zola pour rien, salle dont la programmation est devenue l'une des plus pointues et excitantes de l’agglomération) pour une raison : offrir enfin aux spectateurs lyonnais une VO de Malveillance, le dernier film de Jaume Balaguero sorti uniquement en VF durant les vacances de Noël. L’Espagne sera de toute façon à l’honneur cette année, puisque l’ouverture du festival se fera avec l’avant-première de Eva, qui vient de remporter le Goya (le César local) du meilleur premier film. Kike Maillo, son réalisateur, s’empare d’un sujet qui rappelle inéluctablement le AI de Spielberg : en 2041, un ingénieur se voit confier la mission de créer un enfant-androïde. Si le fantastique espagnol a souvent fait des merveilles (notamment grâce à Balaguero…), il s’est rarement aventuré dans la science-fiction. D’où curiosité… Le nom de Montxo Armendariz ne dit pas forcément grand-chose aux spectateurs français ; il est toutefois depuis près de trente ans un des metteurs en scène espagnols importants. Son nouveau film, No tengas miedo, est annoncé comme un de ses plus a

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Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

ARTS | Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012.

Dorotée Aznar | Mercredi 15 février 2012

Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

Date de première diffusion:  7 Février 2012Emission n°97 Durée: 35’38 minInvité: Lili Reynaud-Dewar, artisteContenu: Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012. La jeune plasticienne a accepté de répondre à nos questions sur ‘Ceci est ma maison’, l’exposition complexe qu’elle propose.     Chroniques: Califragilisticse penche sur la notion d’habitat au micro de MattCoco; Gwilherm Perthuis introduit une nouvelle somme française sur Joseph Beuys. Liens utiles : Texte de Florence Dérieux à propos de L. Renaud-Dewar sur le site de la Zoo Galerie Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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«Un mélange réussi»

ECRANS | Entretien / Michel Dulac, président de l’Association pour le Cinéma du Zola. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Lundi 14 mars 2011

«Un mélange réussi»

Petit Bulletin : Quelle est l’importance des festivals dans la politique du Zola ?Michel Dulac : On s’est rendu compte que pour une petite salle monoécran comme la nôtre, ce sont les événements en dehors de la programmation, que ce soient les festivals ou les soirées spéciales, qui construisent notre identité. Cela se traduit dans les chiffres : la fréquentation hors-CNC, c’est-à-dire en dehors des films à l’affiche, est en hausse, alors que la fréquentation générale est en baisse. Par ailleurs, beaucoup de jeunes ont rejoint l’Association pour le Cinéma, et leur implication participe à la dynamique et l’originalité des festivals. Il y a aussi le travail mené dans le "Journal des Reflets" rédigé par l’Association. Il est important de remettre les films en perspective, que ce soit dans le parcours des cinéastes ou dans le contexte politique du pays. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle édition des Reflets ?Cette année, il y aura beaucoup de films intéressants : je pense par exemple à "Contracorrente", ou bien sûr le nouveau film d’Alex de la Iglesia. Les Reflets sont un panorama : on es

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Ils seront aux reflets…

ECRANS | Laura MañaActrice chez Bigas Luna ou Vicente Aranda, Laura Maña viendra présenter son cinquième film en tant que réalisatrice, "La Vida empieza hoy", le lundi 28 (...)

Christophe Chabert | Jeudi 10 mars 2011

Ils seront aux reflets…

Laura MañaActrice chez Bigas Luna ou Vicente Aranda, Laura Maña viendra présenter son cinquième film en tant que réalisatrice, "La Vida empieza hoy", le lundi 28 mars à 20h45. Antonio FerreiraSon deuxième film, "Embargo", est une comédie noire inspirée de José Saramago, romancier disparu l’an dernier. Il le présentera le lundi 21 mars à 20h45. Nicolás Rincón GilleDans la riche sélection de films colombiens présentés aux Reflets, le documentaire "Los Abrazos del Rio" sur les mythes et réalités du fleuve Magdalena sera défendu par son réalisateur le dimanche 27 mars à 21h.

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Prophète en son pays

ECRANS | Événement / Il y a quelques semaines, Alex de la Iglesia claquait bruyamment (mais avec classe) la porte de l’Académie des sciences et des arts (...)

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

Prophète en son pays

Événement / Il y a quelques semaines, Alex de la Iglesia claquait bruyamment (mais avec classe) la porte de l’Académie des sciences et des arts cinématographiques d’Espagne, en désaccord avec une partie de la profession sur l’équivalent ibérique de la loi Hadopi, qu’il jugeait liberticide. Manière de rappeler que le réalisateur du très punk "Action mutante" n’avait rien perdu de sa gnaque, malgré les succès publics et son tout récent triomphe à la Mostra de Venise avec son dernier film, "Balada triste de trompeta", qui y a obtenu le prix du scénario et le prix de la mise en scène. Il était temps de reconnaître le travail du cinéaste à sa juste valeur, c’est-à-dire non pas comme un geek officiant dans le cinéma de genre, mais comme un incroyable inventeur de formes et de récits, un des plus créatifs du cinéma européen contemporain. "Le Jour de la bête", "Perdita Durango", "Mort de rire", "800 balles" ou "Le Crime farpait" traduisaient une montée en puissance pour De la Iglesia, passant du rire potache à une réflexion caustique sur l’Histoire espagnole, ancienne ou récente, où le triomphe du consumérisme et l’oubli d’une culture populaire à la sincérité fondamentale se mariaient d

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¡ Caramba ! Un festival…

ECRANS | Cinéma / Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain du Zola s’offrent un grand cru 2011 : normal, cela faisait longtemps que les cinémas espagnol et sud-américain n’avaient affiché une si belle et grande diversité. Passage en revue obligatoire ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

¡ Caramba ! Un festival…

On l’avait dit en revenant de Cannes : dans un festival en retrait, le cinéma latino-américain avait plus que tiré son épingle du jeu, toutes sélections confondues. À Venise, il avait confirmé sa bonne santé grâce notamment à "Santiago 73", "Post mortem" du Chilien Pablo Larrain, film bien glaçant quoiqu’un chouille aut(eur)iste, à redécouvrir aux Reflets ; et c’est un film espagnol, "Balada triste de trompeta" signé Alex De La Iglesia, qui avait fait figure de grand gagnant au palmarès avec deux prix majeurs (lire encadré). Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain n’avaient donc que l’embarras du choix pour concocter une édition 2011 grand luxe, comme ils n’en avaient pas proposé depuis quelques années, il faut le reconnaître. Difficile de faire un tour exhaustif de tout ce qu’il ne faudra pas rater pendant cette quinzaine ; esquissons donc les grandes lignes et les films majeurs de cette sélection. Cry for me, Argentina Il y en a sûrement qui, malgré nos conseils répétés depuis sa présentation cannoise, n’ont toujours pas vu l’extraordinaire "Carancho" de l’Argentin Pablo Trapero. Plus d’excuse : vous allez tous vo

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Cellule 211

ECRANS | De Daniel Monzón (Esp, 1h45) avec Alberto Amman, Luis Tosar…

Christophe Chabert | Dimanche 11 juillet 2010

Cellule 211

La veille de son entrée en fonction dans une prison de haute sécurité, Juan, jeune maton idéaliste, a carrément la scoumoune ! Assommé accidentellement dans la partie en travaux de la prison, il est ensuite pris au milieu d’une émeute de détenus. Comme il est encore en civil, il se fait passer pour un prisonnier et tente de contrôler de l’intérieur l’insurrection en fraternisant avec Malamadre, brute psychopathe ayant pris la tête des émeutiers. Gros succès au box-office espagnol, "Cellule 211", même s’il dénonce au passage les violences carcérales et la corruption étatique, est avant tout une série B à vocation divertissante. Le scénario, bien fichu, rappelle celui d’"Assaut" de John Carpenter, notamment quand Juan finit par faire cause commune avec les détenus contre l’arbitraire de la hiérarchie à l’intérieur de la prison. Le film arrive même à incorporer à sa petite mécanique de thriller quelques notations étonnantes, comme ces terroristes de l’ETA transformés en monnaie d’échange politique auprès du pouvoir. Monzón n’hésite pas à foncer tête baissée dans la violence désespérée, quitte à forcer le trait quand ça l’arrange. Le casting est un festival de gueules cassées, sauf

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Caotica Ana

ECRANS | De Julio Medem (Esp-Fr, 1h57) avec Manuela Vellés, Charlotte Rampling…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

Caotica Ana

Après deux ans passés dans les tiroirs du distributeur, le dernier film (ou presque, il a depuis tourné "Une chambre à Rome", qu’on dit plus réussi…) de Julio Medem est effectivement un objet assez ingrat, comme l’excroissance malade de son beau "Lucia y el sexo". Ana (la très affriolante Manuela Velés) est une jeune fille insouciante et libre, vivant avec son père dans une grotte à Ibiza où elle peint des tableaux naïfs. Elle est repérée par une mécène française (Charlotte «qu’est-ce que je fais là ?» Rampling) qui lui propose d’intégrer son vivier d’artistes à Madrid. Elle y tombe amoureuse d’un beau gosse d’origine arabe et découvre à son contact qu’elle peut se souvenir de ses vies antérieures, mais surtout de ses morts. Au-delà du délire new-age (justifié in fine par une allégorie politique rageuse), c’est bien la mise en scène qui s’avère totalement chaotique : très mal filmé (un coït où la caméra fait du va-et-vient au-dessus de la comédienne, beurk !), bourré de clichés (notamment sur l’art contemporain) et de symbolisme grossier (plus une insupportable musique tribale), le film de Medem se prend les pieds dans son sujet, pourtant si personnel (le cinéaste évoque sa sœur

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Reflets à l’aveugle

ECRANS | Les nouveaux Reflets du cinéma ibérique et latino-américains misent sur la curiosité des spectateurs : pas de films venant éclipser les autres par la signature de leurs auteurs, beaucoup de pays peu répertoriés sur la carte cinéphilique… CC

Christophe Chabert | Dimanche 7 mars 2010

Reflets à l’aveugle

Alors que les Reflets du cinéma ibérique et latino-américains, 26 ans au compteur, ont acquis une solide réputation de qualité et d’exigence, la programmation de la quinzaine 2010 semble avoir fui les gros films événements des pays qu’elle propose d’ordinaire — pas de "Cellule 211", le "Prophète" espagnol, par exemple… Mais cela reflète une réalité : l’Espagne et le continent sud-américain ont été les grands absents des trois festivals majeurs que sont Venise, Berlin et Cannes — Almodovar seul en compétition, de médiocres produits auteurisants dans les sections parallèles, tous absents à Villeurbanne sauf le brésilien Mourir comme un homme, et l’uruguayen Mal dia para pescar, que l’on n’avait pas vus… Même le fantastique espagnol a marqué le pas, comme en témoignaient le raté Rec2 et les deux films présentés à Gérardmer. Les Reflets ont donc compensé ce manque d’actualité par un programme de films venus de pays encore peu représentés au festival. Rage sociale Ainsi du Nicaragua, où aucun film n’avait été produit depuis vingt ans. Curiosité donc pour La Yuma de Florence Jaugey, où une jeune f

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Gran Latino

ECRANS | Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain à Villeurbanne fêtent leurs vingt-cinq ans ; de retour au seul Zola, mais avec des incursions lyonnaises au Comœdia, le programme déroule une belle série d’avant-premières, d’inédits et de séances de rattrapage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 25 février 2009

Gran Latino

Pour fêter leurs vingt-cinq ans, les Reflets du cinéma ibérique et latino-américains ont curieusement choisi la formule «less is more». Plutôt que de fêter ce quart de siècle (cap symbolique !) en mettant les bouchées doubles, ils reprennent l’aller simple vers le Zola. Adieu le Centre Culturel de la Vie Associative donc, ce qui ne nous manquera pas vu l’inadéquation du lieu à la projection de films ! En revanche, notable nouveauté, le festival villeurbannais tente une percée lyonnaise en délocalisant certaines projections au Comœdia. Et pas n’importe lesquelles, puisque c’est là-bas que l’on pourra découvrir en avant-première le nouveau film de Lucrecia Martel, La Femme sans tête, qui attendait patiemment depuis sa présentation mitigée au dernier festival de Cannes que son distributeur l’envoie sur les écrans français. Cannes, qui avait montré le dynamisme des cinématographies argentines, mexicaines et brésiliennes, est d’ailleurs une des sources principales de cette vingt-cinquième édition : rayon déjà sortis, on retrouve le problématique Los Bastardos d’Amat Escalante, cinéaste petit malin qui provoque son spectateur avant de lui faire un bras d’honneur et de se tirer en courant

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