"Chouf" : vendetta éventée

ECRANS | Un film de Karim Dridi (Fr, 1h48) avec Sofian Khammes, Foued Nabba, Zine Darar…

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Photo : © DR


Son frère trafiquant ayant été assassiné dans une cité marseillaise, Sofiane abandonne ses études de commerce pour le venger. Plus à l'aise avec les chiffres que les calibres, il va gagner sa place dans le “réseau” en modernisant le bizness…

Karim Dridi s'essaie à l'inépuisable “film de revanche familiale en milieu mafieux” mais souffre d'arriver après que Cronenberg, Matteo Garrone ou Stefano Sollima ont réactualisé/revitalisé le genre, et sans rien proposer d'original sur le traitement du trafic de drogue en banlieue — surtout pour qui vient de voir Divines.

Sa peinture de la cité s'apparente à un chromo sur les quartiers nord : kalashnikov dans les terrains vagues, flics corrompus, mères en colère, petite amie du héros façon Kay Corleone pas ravie qu'il tombe du mauvais côté, Simon Abkarian en margoulin libanais, une séquence de sauna, une exécution-barbecue, et même un nain nous rappelant à quel point Les Kaïras, c'était drôlement réussi — … Il ne manque que Depardieu en premier magistrat pour compléter le bingo phocéen.

De cette redite pas assez ratée, ni vraiment réussie, ressort au moins une poignée de jeunes comédiens à suivre.


Chouf

De Karim Dridi (Fr, 1h48) avec Sofian Khammes, Foued Nabba...

De Karim Dridi (Fr, 1h48) avec Sofian Khammes, Foued Nabba...

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Chouf, ça veut dire "regarde" en arabe. C'est le nom des guetteurs des réseaux de drogue de Marseille. Sofiane, 24 ans, brillant étudiant, intègre le business de son quartier après le meurtre de son frère, un caïd local. Pour retrouver les assassins, Sofiane est prêt à tout. Il abandonne famille, études et gravit rapidement les échelons. Aspiré par une violence qui le dépasse, Sofiane découvre la vérité et doit faire des choix.


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Marseille

ECRANS | de et avec Kad Merad (Fr, 1h39) avec Patrick Bosso, Venantino Venantini…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Marseille

Si Kad Merad était un post-adolescent imbu de son importance capillaire, on se gausserait de lui comme de son film maladroit, emberlificoté dans ses bonnes intentions et au finale spectaculairement avorté. Mais l’homme, plus encore son absolue sincérité ou son absence de cynisme, désarment toute intention médisante. Alors, on s’abstient. À l’inventeur du Kamoulox, il sera beaucoup pardonné. VR

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Regardez-les !

SCENES | Toutes les paillettes se sont évaporées dans les feux d’artifices (somptueux) du 8 décembre. Les théâtres doivent donc trouver d’autres moyens pour vous séduire. Et à l’Iris comme aux Célestins, on ne lésine pas sur un travail appliqué. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2011

Regardez-les !

Avant même que les spectateurs n’aient pris place dans la salle, les Célestins sont devenus un gymnase. Voire une salle de concours athlétique. Échauffement, musique électro façon quart-temps de basket. Ne manque plus que les pom pom girls pour accompagner les pyramides humaines des acrobates de Tanger. En dix minutes ils font étalage de leur indéniable talent athlétique. Fort heureusement, assez vite, Martin Zimmermann rattrape par le col son spectacle Chouf Ouchouf ("Regarde, regarde encore") créé avec son éternel acolyte Dimiti de Perrot. De magnifiques scènes de précision et d’équilibre trouvent un peu de la grâce qui caractérise ce duo et dont manquent indéniablement les Marocains pour qui tout geste se déploie en force. La suite de cette heure est à l’avenant : des numéros contrôlés par les Suisses avec parfois des parenthèses que l’on sent insufflées par les acrobates comme ces scènes assez déstabilisantes car d’une totale véracité : un souk ou un pas de danse esquissée par une femme voilée avec un partenaire masculin à califourchon sur ses épaules. Une sacrée audace et même une transgression qui, le temps d’un instant, rappelle que

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