Lumière bénit Hill : rétrospective Walter Hill au festival Lumière

Festival Lumière | S’intéressant à tous les cinémas de patrimoine, le festival Lumière défriche un terrain quasiment vierge et a le bon goût de sortir du purgatoire des auteurs avant qu’il ne soit trop tard. Après le regretté Michael Cimino et Ted Kotcheff, c’est au tour d’un autre boss des années 1980 de se voir honoré à Lyon : Walter Hill.

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Photo : © DR


Né en 1942, Walter Hill appartient à cette génération aussi dorée que cannibale ayant favorisé l'émergence d'un Nouvel Hollywood durant les seventies. S'il ne figure pas aujourd'hui au premier rang des “notables” universellement révérés et oscarisés, sa réputation comme son influence ne cessent de croître, en particulier du côté des amateurs de cinéma de genre et parmi ses jeunes confrères.

Auteur complet et respecté, Hill a connu ses principaux succès en tant que scénariste : c'est lui qui écrivit Guet-apens (1972) pour Peckinpah ou Alien (1979) pour Ridley Scott — plutôt contrariant pour quelqu'un se destinant à la profession de cinéaste. Or, à Los Angeles, le talent d'un metteur en scène se mesurant au nombre de dollars que ses films rapportent au box-office, Hill souffrait pour ses producteurs d'un manque de constance dans la réussite…

À toute vitesse

Son passage à la réalisation se fait pourtant sous de bons auspices avec Le Bagarreur (1975) : de l'action pure, un fond politique, des stars, des bénéfices… La jeune Isabelle Adjani se montre même séduite par ce coup d'essai : le film plaide en faveur de Hill lorsque celui-ci la sollicite pour endosser le rôle de la joueuse dans son projet suivant, Driver (1978). Une course-poursuite métaphysique, un jeu du chat et de la souris entre un pilote pour braqueurs hiératique (Ryan O'Neal) et un flic (Bruce Dern) ayant fait de sa capture davantage qu'une affaire personnelle : une obsession démente.

Flop outre-Atlantique, ce néo-polar épuré combine raffinement et stylisation plastiques ; sa trame a depuis inspiré le Drive de NWR, comme elle trouve de lointains échos chez Tarantino. Aujourd'hui encore, Driver impressionne par son appréhension de la géographie urbaine nocturne, son efficacité dans le recours à la violence et ses poursuites aux pneus crissants impeccablement réglées — une réminiscence du passage de Hill sur le plateau de Bullitt comme assistant réalisateur, sans doute.

Hill renoue avec les ambiances de cités sombres l'année suivante dans ce qui constitue un autre film fondateur, Les Guerriers de la nuit (The Warriors, 1979). On y suit la traque des Warriors, accusés — à tort — d'avoir assassiné le leader charismatique du plus puissant des gangs de New York lors du rassemblement “œcuménique” de toutes les factions de la ville. Entre Chasses du comte Zaroff et Délivrance, cette lente progression dans le ventre de la Grosse Pomme a des allures de comics carrossé en jeu vidéo : à chaque territoire traversé correspond un “niveau”, avec un affrontement contre une bande rivale, chacune se distinguant par sa tenue baroque ou ses croquignolets maquillages.

Rythmé par une DJette diabolique, le film (toujours d'actualité, sauf au niveau vestimentaire), s'octroie une bonne audience parmi les marges et n'entame pas l'élan de Hill, lequel enchaîne aussitôt avec un western, Le Gang des frères James (1980). Genre emblématique de la geste américaine, il traite de ses rapports paradoxaux à la nature, à la violence et à la loi. Pour la première fois, Hill fait appel au glissando de Ry Cooder, confie pour l'anecdote les rôles des frères James, Younger, Miller et Ford à des comédiens authentiquement frères à la ville (les Keach, Carradine, Quaid et Guest) et se retrouve en compétition à Cannes. Suivra Sans retour (1981) un survival brillant où des militaires perdus dans les marais sont exterminés par des cajuns n'aimant pas être importunés par des troufions bas-du-front.

Un tel tir groupé aurait dû visser Hill aux sommets — d'autant qu'il se paiera le luxe de signer dans la foulée avec 48 heures (1982) le buddy movie faisant d'Eddie Murphy une star de cinéma. Las ! La suite des années 1980 lui fut moins fructueuse économiquement : l'échec commercial des Rues de feu (1984) le contraignit à tourner une comédie — Comment claquer un million de dollars par jour (1985) —, à consentir une suite à 48 heures

Une série de déconvenues et parfois de sévères avanies, mais qui ne lui fera jamais perdre la précieuse confiance des comédiens : Bruce Willis, Christopher Walken, Robert Duvall, Stallone (ou dernièrement Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver dans (Re) Assignment qu'il a présenté en avant-première au Festival) continuent à tourner sous sa direction. Ils ont compris que le temps leur donnera raison.

Driver
Au CNP Bellecour le mercredi 12 à 20h et à l'UGC Ciné-Cité internationale le vendredi 14 à 20h30

Les Guerriers de la nuit
Au CNP Bellecour le jeudi 13 à 22h

Le Gang des frères James
À l'Institut Lumière le dimanche 16 à 11h30


Les Guerriers de la nuit

De Walter Hill (cycle Walter Hill)

De Walter Hill (cycle Walter Hill)

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Comme un petit goût de reviens-y-pas : "The Dead Don't Die"

Cannes 2019 | Quelle mouche a piqué Jim Jarmusch (ou quel zombie l’a mordu) pour qu’il signe ce film ni série B, ni parodique, ni sérieux ; ni rien, en fait. Prétexte pour retrouver ses copains dans une tentative de cinéma de genre, ce nanar de compétition figure dans celle de Cannes 2019 dont il effectue en sus l’ouverture.

Vincent Raymond | Mercredi 15 mai 2019

Comme un petit goût de reviens-y-pas :

Centerville, États-Unis. Depuis la fracturation des Pôles, la terre est sortie de son axe et de drôles de phénomènes se produisent : la disparition des animaux ou l‘éveil des macchabées qui attaquent la ville. Au bureau du shérif Robertson, on commence à lutter contre les zombies… Certes oui, l’affiche de The Dead Don’t Die vantant son « casting à réveiller les morts » a de la gueule. Mais empiler des tombereaux de noms prestigieux n’a jamais constitué un gage de qualité, ni garanti de provoquer le tsunami de spectateurs escompté par les producteurs. Voyez les cimetières, où l’on trouve pourtant la plus forte concentration de génies au mètre carré (et une proportion non négligeables de sinistres abrutis) : outre les taphophiles, ils ne rameutent guère les foules. Blague à part, cette affiche reproduisant luxueusement celle plus brute de décoffrage de La Nuit des Morts-Vivants (1968) annonce d’emblée la couleur : Jarmusch vient rejouer la partition du classique horrifique de George A. Romero. C’est loin d’être la premiè

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Afros, blancs et méchants : "BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan"

Rire sous cape | Deux flics — l’un noir, l’autre blanc et juif — infiltrent la section Colorado du KKK. Le retour en grâce de Spike Lee est surtout une comédie mi-chèvre mi-chou aux allures de film des frères Coen — en moins rythmé. Grand Prix Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mercredi 22 août 2018

Afros, blancs et méchants :

Colorado Springs, aube des années 1970. Tout juste intégré dans la police municipale, un jeune flic noir impatient de “protéger et servir” piège par téléphone la section locale du Ku Klux Klan. Aidé par un collègue blanc, sa “doublure corps“, il infiltrera l’organisation raciste… Spike Lee n’est pas le dernier à s’adonner au jeu de l’infiltration : dans cette comédie « basée sur des putains de faits réels » (comme l’affiche crânement le générique), où il cite explicitement Autant en emporte le vent comme les standards de la Blaxploitation (Shaft, Coffy, Superfly…), le réalisateur de Inside Man lorgne volontiers du côté des frères Coen pour croquer l’absurdité des situations ou la stupidité crasse des inévitables sidekicks, bêtes à manger leur Dixie Flag. Voire sur Michael Moore en plaquant en guise de postface des images fraîches et crues des émeutes de Charlottesville (2017). Cela donne un ton cool, décalé-cocasse et familier, rehaussé d’une pointe d’actualité pour enfoncer le clou, au cas où les allusions appuyées à la

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La Malédiction : "L’Homme qui tua Don Quichotte"

Enfin ? | Pendant un quart de siècle, Terry Gilliam a quasiment fait don de sa vie au Don de Cervantès. Un dévouement aveugle, à la mesure des obsessions du personnage et aussi vaste que son monde intérieur. Mais l’histoire du film n’est-elle pas plus grande que le film lui-même ?

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

La Malédiction :

De retour en Espagne, où il avait tourné son film d’études inspiré de Cervantès, un réalisateur de pubs en panne créative retrouve le cordonnier à qui il avait confié le rôle de Don Quichotte. Mais celui-ci se prend désormais pour le Chevalier à la triste figure et l’entraîne dans sa quête… À un moment, il faut savoir terminer un rêve. Même quand il a tourné en cauchemar. L’histoire de la conception de L’Homme qui tua Don Quichotte est l’une des plus épiques du cinéma contemporain, bien davantage que celle racontée par ce film aux visées picaresques. Palpitante et dramatique, même, jusque dans ses ultimes et rocambolesques rebondissements. Idéalisée par son auteur pendant un quart de siècle, cette œuvre a gagné au fil de ses avanies de production une nimbe de poisse à côté de laquelle la malédiction de Toutankhamon passe pour un rappel à la loi du garde-champêtre. Elle a aussi suscité une attente démesurée auprès du public, sa

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Un Soderbergh petit bras : "Logan Lucky"

ECRANS | de Steven Soderbergh (E-U, 1h58) avec Channing Tatum, Adam Driver, Seth MacFarlane…

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Un Soderbergh petit bras :

Les frères Logan sont des poissards, Clyde (qui a perdu son avant-bras à l’armée) en est persuadé. Bien que récemment viré et divorcé, son aîné Jimmy n’y croit pas et lui propose un casse d’autant plus ardu à accomplir qu’ils doivent compter sur Joe Bang, un braqueur… incarcéré. Heu ? Face à l’affiche, il y a de quoi baver : Soderbergh réunit James Bond, la petite-fille d’Elvis, Kylo Ren et Magic Mike pour exploser le coffre-fort, non pas d’un casino au Nevada, mais d’un circuit de course automobile en Caroline du Nord. Soderbergh a beau translater son intrigue dans un État moins proche de l’Idaho, et la saturer de bras cassés (ou amputés), cette énième resucée auto-parodique de Ocean’s Eleven ne casse malheureusement pas trois pattes à un canard. Certes, il y a des crétins à la “frères-Coen”, un portrait affligeant de la classe infra-moyenne et de l’Amérique profonde, mais on sent Tonton Steven tourner sur la réserve, sans forcer son talent, tout à la joie d’être avec ses potes. Si ça lui fait plaisir, pourquoi pas, mais quelle frustration pour le publi

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A ticket to Ride

shoegaze | Au début des années 90, Ride fut le visage radieux d'une scène musicale britannique qui n'en voulait pas : les shoegazers. Une poignée de groupes à la fois mélodiques et bruitistes, mélancoliques et furieux, vaporeux et frondeurs, préférant regarder leurs chaussures plutôt que d'affronter en face les spotlights de la starisation. Reformé en 2015 et auteur d'un album cette année, le quatuor d'Oxford est de passage au Transbo pour le plus grand bonheur des nostalgiques du rock joué le nez dans les grolles.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 octobre 2017

A ticket to Ride

L'Angleterre, début des années 90. Mélangeant la force mélodique de la pop psychédélique à la puissance sonore du rock noise et du post-punk, ils montent sur scène en anorak ou affublés de vêtements trop grands, cachés derrière un mur de fumigène, de son et de cheveux, les yeux irrémédiablement fixés sur leurs chaussures. Comme s'ils semblaient vouloir s'inscrire inconsciemment à contre-courant de la nature historiquement extravertie du rock. On donne alors à leur comportement un surnom, le shoegazing ("matage de pompe", à la louche), et au moins deux hypothèses pour l'expliquer : des musiciens trop obnubilés par leurs pédales d'effet pour prêter attention au public ou simplement trop timides pour en soutenir le regard et ainsi apercevoir leur âme en miroir. De ce courant, riche en groupes de qualité, Ride, un quatuor d'Oxford qui est alors considéré comme un chef de file, en dépit du potentiel charismatique de ses deux leaders Andy Bell et Mark Gardener. Il faut dire que Ride n'est pas à un paradoxe près. Car c'est à un concert des Smiths, précipité de ce que la pop peut avo

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"Baby Driver" de Edgar Wright : Ils en font des caisses

Film de voitures | de Edgar Wright (G-B, 1h53) avec Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey, Jamie Foxx…

Vincent Raymond | Mardi 4 juillet 2017

Petit génie du volant, le mutique et mélomane Baby est le pilote préféré de Doc, un criminel envers qui il a une dette et qui le force à conduire sur des braquages. Quand Baby veut se ranger des voitures, Doc ne l’entend pas de cette oreille. Ça va swinguer. Au commencement, il y eut The Driver (1978) de Walter Hill, polar taciturne et nocturne à cylindrées hurlantes, hystérisé par Bruce Dern pétant des durites. Puis vint la relecture purple-electroclash de NWR, Drive (2011), accélération sensible et refroidie par l’épure. Très logiquement surgit à présent la version bubble-gum, soigneusement clipée par un Edgar Wright vibrant davantage pour le rythme musical de son film que par les ronflements de moteurs — tant mieux, on n’est pas dans Fast and Furious non plus.

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Martin Scorsese : « je vis toujours avec Silence »

C'est à moi que tu parles ? | Lors de son bref passage en France, Martin Scorsese a brisé le silence pour évoquer celui qui donne le titre à son nouveau film. Morceaux choisis et propos rapportés de sa conférence de presse.

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Martin Scorsese : « je vis toujours avec Silence »

Votre titre est accompagné au générique de début par un réel silence. Doit-il s’entendre comme un constat ou une injonction ? Martin Scorsese : C’est une façon d’attirer l’attention du spectateur, mais aussi une forme de méditation intime, car ce film exige une concentration du public. Nous venons tous du silence et nous allons tous y retourner ; alors autant s’y habituer et s’y sentir bien. Qu’est-ce qui vous a autant attiré dans le livre de Shūsaku Endō ? J’ai été attiré — obsédé, devrais-je dire — par l’histoire qu’il raconte. Pour moi, il parle d’une manière extraordinaire de la façon d’accepter la spiritualité qui est en nous. Sa résonance est toute particulière de nos jours, alors que le monde rencontre de grands changements technologiques et que des faits horribles se déroulent. J’espère que cette histoire — donc le film — pourra ouvrir un dialogue en montrant que la spiritualité existe, puisque qu’elle est une part intégrante de notre humanité profonde. Vous avez porté ce projet

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"Paterson" : Poète, vos papiers (du véhicule)

ECRANS | Une semaine ordinaire dans la vie de Paterson, chauffeur de bus à Paterson, New Jersey et poète à ses heures. Après la voie du samouraï, Jarmusch nous indique celle d’un contemplatif alter ego, transcendant le quotidien sur son carnet. Une échappée hors du temps bienvenue.

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Dalí soutenait que la gare de Perpignan était le centre du monde. Alors, la ville de Paterson, avec ses rues peu fréquentées, ses murs de briques rouges et sa quiétude provinciale, ne pourrait-elle être le nord magnétique de la poésie américaine ? Escale obligée — semble-t-il — pour une foule de maîtres du verbe, de Ginsberg à Iggy Pop, ce cadre apparemment dépourvu de pittoresque et de distractions a inspiré William Carlos Williams tout au long de sa carrière. Il est aussi la patrie d’un bien nommé Paterson, émule du précédent ; le lieu d'où il compose son œuvre dans le secret d’un carnet de notes, sans jamais se départir de son impassibilité. Citoyen en apparence quelconque d’une ville banale, Paterson trouve dans son train-train matière à émerveillement, transmutant les choses vues en vues singulières. Carnet de notes sur revêtement de ville Emboîtant les pas de ce scribe machiniste, Jarmusch révèle le caractère ininterrompu du processus d’écriture : entre la cristallisation de l’inspiration et la fixation du texte sur le papier, les mots s’affichent, s’accumulent, s’agencent dans son esprit —

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On se (re)fait une toile ? Lumière sur les classiques

Classiques | Grâce à la magie réparatrice du numérique, les classiques du cinéma retrouvent de l’éclat, une nouvelle jeunesse et surtout le chemin des (très) grands écrans. Parce (...)

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

On se (re)fait une toile ? Lumière sur les classiques

Grâce à la magie réparatrice du numérique, les classiques du cinéma retrouvent de l’éclat, une nouvelle jeunesse et surtout le chemin des (très) grands écrans. Parce qu’il en programme chaque année, le Festival Lumière participe à la renaissance de ces films sauvés, en encourageant le public à les découvrir dans des conditions optimales : celles pour lesquelles ils ont été conçus, versus ces petites lucarnes mal calibrées où l’image pixellise. Pour cette édition 2016, les spectateurs auront notamment le bonheur d’admirer le J’accuse (1938) de Gance — toujours d’actualité — mais aussi de poursuivre leur voyage dans l’œuvre de Costa-Gavras restaurée avec Compartiment tueurs (1965) et Un homme de trop (1967). Le western abstrait et légendaire de Marlon Brando, La Vengeance aux deux visages (1961) ou la comédie poétique méconnue de Philippe de Broca Le Roi de cœur (1966) font également partie de cette éclectique sélection — laquelle se trouve complétée par une passionnante masterclass portant sur les questions de déontologie dans la res

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Quentin Tarantino pour l'ouverture du festival Lumière

Festival Lumière | Le Festival Lumière vient de dévoiler une surprise : la venue de Quentin Tarantino pour l'ouverture, trois ans après son prix Lumière. Il assistera à la (...)

Vincent Raymond | Mercredi 5 octobre 2016

Quentin Tarantino pour l'ouverture du festival Lumière

Le Festival Lumière vient de dévoiler une surprise : la venue de Quentin Tarantino pour l'ouverture, trois ans après son prix Lumière. Il assistera à la projection de Butch Cassidy et le Kid, le western que George Roy Hill tourna un casting de choc : Paul Newman, Robert Redford (son future duo gagnant de L'Arnaque) et Katharine Ross. Le film sera présenté en 35mm. Ce sera le samedi 8 octobre à 18h, à la Halle Tony Garnier.

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Lumière 2016 : Catherine et compagnie

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Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

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Si le Festival Lumière prend l’habitude de nimber sa soirée d’ouverture d’un épais mystère en dévoilant le plus tard possible le titre du film projeté devant le public surchauffé d’une Halle Tony-Garnier comble — en espérant qu’elle soit comblée —, il distille heureusement les noms des “passeurs” conviés à présenter chacune des séances. Parmi le beau monde espéré pour cette 8e édition, et en attendant la “Reine blanche” Catherine Deneuve lors du second week-end, notons les présences d’Emmanuelle Béart pour les 30 ans du diptyque Jean de Florette-Manon des sources (lundi 10 octobre à 20h, Pathé Bellecour), de la désormais pensionnaire du Français Dominique Blanc pour Lady Vengeance de Park Chan-wook (même jour, même lieu à 21h30), de l’immense Costa-Gavras pour notamment Un homme de trop (vendredi 14 à 14h45, La Fourmi & samedi 15 à 17h, Institut Lumière), du secret Philippe Garrel — incroyable ! — pour Le Vent de la nuit (samedi 15 à 14h30, CNP Bellecour), de la légendaire Anna Karina pour Alphaville de Godard (vendredi

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8e Festival Lumière : On en sait (beaucoup) plus

ECRANS | Le voile est à présent levé sur la programmation du prochain festival, qui aura pour invitée centrale et Prix Lumière Catherine Deneuve du 8 au 16 octobre prochains.

Vincent Raymond | Mercredi 7 septembre 2016

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Outre les annonces déjà effectuées en juin dernier (voir notre article : Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve), quelques jolies surprises viendront réjouir les amateurs de belles bobines… L’hommage à la Reine Catherine, Buster Keaton, Marcel Carné, la rétrospective consacrée au femmes à Hollywood ou à la réalisatrice Dorothy Arzner, on savait déjà. Tout comme l’invitation à Walter Hill (yeah !) ou à Jean-Loup Dabadie et la Nuit Bande de potes destinée à dérider un fond de l’air morose. Ce dont on ne se doutait pas, c’est qu’il y aurait encore des programmes complets qui pointerait le bout de leur nez ! À commencer par une sélection concoctée par un ancien Prix Lumière, Quentin Tarantino, qui a eu l’idée très habile de choisir des films portant le millésime 1970 — les associant pour certains en “double bill“ : Love Story, Deep End, L’Oiseau au plumage de cristal, La Dame dans l’auto avec des l

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Le Fest'Bouc cherche sa voie

Festival | En difficulté, le FestBouc se cherche une nouvelle voie pour exister au milieu des massifs festivals estivaux. Déjà, en changeant de date pour s'installer (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

Le Fest'Bouc cherche sa voie

En difficulté, le FestBouc se cherche une nouvelle voie pour exister au milieu des massifs festivals estivaux. Déjà, en changeant de date pour s'installer au début de l'été indien. Ensuite, en cherchant une nouvelle formule pour exister en tant que festival rural : moins de têtes d'affiches, plus de rencontres et de conférences en journée. Ainsi, samedi, trois débats seront animés par le cinéaste Vincent Verzat autour du thème "Forum de la transition écologique intégrale : Pourquoi et comment agir maintenant ?", en compagnie de différents intervenants des mondes politiques et associatifs. Le tout étant précédé de projections dès le matin (Jungwa, l’équilibre rompu de Christiane Mordelet et Stanzin Dorjai Gya). Côté musique, on retiendra surtout la présence de quelques valeurs sûres aux platines : l'égérie de la drum'n'bass Elisa do Brasil (photo), l'échappée des Spiral Tribe, Ixindamix, et le maître techno qu'est The Driver (aka Manu le Malin). Le sound-system dub de Genève O.B.F. est aussi au programme. Ces quatre noms suffiront amplement à justifier l

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Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve

Festival Lumière | Pour la première fois de sa jeune histoire, le Festival Lumière (étendu à neuf jours, du 8 au 16 octobre prochain) couronnera une reine, Catherine Deneuve.

Vincent Raymond | Lundi 20 juin 2016

Prix Lumière 2016 : Catherine Deneuve

Le voile a été levé sur les grandes lignes de la 8e édition du Festival Lumière et sur son invitée principale, la comédienne française Catherine Deneuve, qui se verra remettre le précieux Prix le 14 octobre prochain à la Salle 3000. Elle sera la seule des récipiendaires du Prix Lumière à n’avoir jamais réalisé de film. Mais faire figure d’exception n’aura rien pour lui déplaire : depuis plus d’un demi-siècle qu’elle trône au zénith du 7e art, l’actrice aux deux Césars a toujours cultivé son indépendance d’esprit — un sorte de chic bourgeois parfaitement libertaire qui la rend si fascinante. Égérie de Truffaut, après avoir été muse de Demy et de Polanski, inspiratrice absolue de Téchiné, sa filmographie est un paysage renversant d’intelligence et de continuité, allant de Buñuel et Chabrol à Bercot, en passant par Desplechin, Lars von Trier, Ozon et Cavalier. Sections spéciales Impossible pour le moment de connaître ni le nombre, ni les titres des films présentés (encore moins celui d’ouverture ; alors celui de clôture…). En revanche, les grandes rétrospectives ont été révélées. Poursuivant le travail accompli autour

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Présentation du Festival Lumière 2016

ECRANS | Si l’on sait déjà que le Festival Lumière durera désormais officiellement plus longtemps, soit du samedi 8 au dimanche 16 octobre (auparavant, il grignotait (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Présentation du Festival Lumière 2016

Si l’on sait déjà que le Festival Lumière durera désormais officiellement plus longtemps, soit du samedi 8 au dimanche 16 octobre (auparavant, il grignotait sur le week-end précédant son ouverture grâce à l’inauguration de son village), on ignore encore sa programmation. Pour tout connaître sur le futur Prix et les sections rétrospectives, plusieurs soirées emplies de révélations vous attendent. Une seule contrainte : vous inscrire préalablement au 04 78 78 18 85 ou à communication2@institut-lumiere.org. En attendant, faites vos paris… À l’Institut Lumière le lundi 20 juin à 18h30 et 20h, mercredi 22 juin à 19h et 20h30, samedi 25 juin à 11h, mercredi 29 juin à 18h30 et 20h

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While We’re Young

ECRANS | Après Frances Ha, Noah Baumbach continue d’explorer le New York branché et sa bohème artistique, transformant "Solness le constructeur" d’Ibsen en fable grinçante et néanmoins morale où des bobos quadras se prennent de passion pour un couple de jeunes hipsters. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

While We’re Young

Quarante ans, toujours pas parents ; Josh et Cornelia — couple inattendu mais crédible formé par Ben Stiller et Naomi Watts — sont en pleine crise. Tandis que leurs amis BoBos new-yorkais s’assurent une descendance, eux semblent frappés de stérilité. Celle-ci n’est pas seulement sexuelle, elle est aussi créative, en particulier pour Josh, en galère pour terminer un documentaire fleuve qui, manifestement, n’intéresse que lui. Jusqu’au jour où ils rencontrent Jamie et Darby — Adam Driver et Amanda Seyfried, prototypes de hipsters ayant fait de la bohème une règle de vie. À leur contact, Josh et Cornelia trouvent une seconde jeunesse, revigorés par ce couple qui semble vivre dans un présent perpétuel. Noah Baumbach se livre alors à une comédie de mœurs contemporaine, même s’il s’inspire très librement d’une pièce vieille d’un siècle — Solness le constructeur d’Ibsen. Le ton y est mordant et le monde actuel en prend pour son grade : tandis que Josh se débat avec son portable, ses CD et son appartement design, Jamie ne jure que par les vinyles, les VHS et le mobilier vintage. La jeunesse s’empare des objets ringards de ses aînés et les rends

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Hungry Hearts

ECRANS | Après "La Solitude des nombres premiers", Saverio Costanzo prolonge son exploration des névroses contemporaines en filmant l’enfermement volontaire d’une femme, atteinte d’une phobie radicale du monde extérieur. Un film dérangeant dont la mise en scène rappelle Polanski. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Hungry Hearts

La rencontre entre Jude et Mina pourrait être le prélude à une comédie romantique : ils se retrouvent tous deux enfermés dans les toilettes d’un restaurant chinois, incommodés par l’odeur et embarrassés par cette promiscuité forcée. Cette première scène de Hungry Hearts agit donc comme un faux-semblant pour le reste du film, pas franchement drôle et même carrément inquiétant. Mais Saverio Costanzo, déjà auteur du remarquable et terrible La Solitude des nombres premiers, y offre deux indices au spectateur quant à la tournure que prendront les événements : d’abord, la claustration physique et son prolongement psychologique, véritable sujet du film ; puis cette idée d’un corps masculin dont les fluides créent des effluves nauséabondes et potentiellement dangereuses. C’est ce qui va détraquer l’histoire d’amour : une fois le mariage célébré, l’enfant à naître n’est pas vraiment désiré. «Ne viens pas en moi !» demande Mina, mais Jude ne parvient pas à se retenir. Quelque chose d’étranger est donc entré

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Steve Schapiro, l’envers du décor (naturel)

ECRANS | Belle initiative de l’Institut Lumière que cet hommage au photographe Steve Schapiro qui, dans les années 60 et 70, réalisa les photos de plateau de (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Steve Schapiro, l’envers du décor (naturel)

Belle initiative de l’Institut Lumière que cet hommage au photographe Steve Schapiro qui, dans les années 60 et 70, réalisa les photos de plateau de quelques films mythiques du Nouvel Hollywood. La Galerie Lumière, rue de l’Arbre Sec, expose ses images prises sur les tournages du Parrain ou de Taxi Driver, clichés qui ont déjà donné lieu à des ouvrages magnifiques édités par Taschen ; et au hangar, rue du Premier film, quatre films sur lesquels Schapiro a travaillé seront projetés. Taxi Driver, évidemment, mais aussi Chinatown, le néo-film noir de Polanski, Nos plus belles années de Sydney Pollack, mélodrame dont le classicisme est gâché par l’improbable présence de Barbra Streisand en pasionaria in love, et enfin l’exceptionnel Macadam Cowboy de John Schlesinger — que l’on présentera le 25 novembre à 20h30. Seul film classé X à avoir jamais gagné l’oscar du meilleur film, cette histoire d’amitié entre deux marginaux — un jeune cowboy texan obligé de faire le gigolo à New York (John Voight) et

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Frances Ha

ECRANS | En noir et blanc et au plus près de sa formidable actrice et co-auteur Greta Gerwig, Noah Baumbach filme l’errance d’adresses en adresses d’une femme ni tout à fait enfant, ni tout à fait adulte, dans un hommage au cinéma français qui est aussi une résurrection du grand cinéma indépendant américain. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 juin 2013

Frances Ha

Elle s’appelle Frances et c’est déjà tout un programme pour le nouveau film de Noah Baumbach, son meilleur depuis Les Berkman se séparent. Frances est une New-yorkaise pur jus, mais c’est comme si cette belle création cinématographique, fruit d’un travail en symbiose entre le cinéaste et son actrice Greta Gerwig, était aussi l’héritière d’un certain cinéma français. Dans une des nombreuses chambres où elle va échouer et qu’elle se refuse obstinément à ranger, Frances épingle un poster anglais de L’Argent de poche de François Truffaut ; avec un de ses colocataires, elle regarde un soir à la télé Un conte de Noël de Desplechin ; sur un coup de tête, la voilà partie pour Paris, où elle traîne entre le Café de Flore et la Sorbonne, tentant vainement d’avancer dans sa lecture de Proust ; enfin, séquence mémorable, on la voit danser en toute liberté dans la rue tandis que la caméra l’accompagne en travelling latéral, avec Modern Love de David Bowie déchaîné sur la bande-son.

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Insomniaque - Semaine du 17 au 23 avril

MUSIQUES | 18.04 LYC 1804On a beau dire, on a beau faire, ça fait du bien de tomber sur des soirées aussi pointues que celles organisées par Enover. La prochaine, (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 11 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 17 au 23 avril

18.04 LYC 1804On a beau dire, on a beau faire, ça fait du bien de tomber sur des soirées aussi pointues que celles organisées par Enover. La prochaine, abritée comme de bien entendu par La Marquise, sera l'occasion de faire la connaissance de James Welsh. Jamais entendu parler ? Rien d'anormal, ce petit gars de Leeds ayant publié son premier EP l'an passé. Un EP qui, avec ses références classieuses (ah ! Ce sample des Temptations sur le morceau éponyme) et ses percussions organiques, ne devrait laisser de marbre aucun amateur de deep house suave et léchée.   19.04 '99'On ne sait pas pourquoi Ed'n Legs a baptisé cette soirée programmée au Terminal de la sorte

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Du plomb dans la tête

ECRANS | Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior (...)

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Du plomb dans la tête

Quelques semaines après son ex-rival et nouveau pote expendable Schwarzenegger, c’est au tour de Stallone de se lancer dans la course au meilleur senior du cinéma d’action. Différence notable : là où Schwarzy recrutait un Sud-coréen hype derrière la caméra de son moyen Dernier rempart, Stallone, cohérent avec son envie de faire revivre la série B mal embouchée des années 80, a fait appel au vétéran Walter Hill pour cette adaptation d’un roman graphique français. Saine initiative : Du plomb dans la tête s’impose assez vite comme un concentré nostalgique du genre, sec, violent, plein d’humour noir mais jamais parodique, bien raconté et habilement mis en scène. Stallone y campe un tueur à l’ancienne qui n’est pas prêt à se coucher devant la loi, la morale et l’époque, même quand celles-ci sont incarnées par un flic incorruptible au milieu d’une police gangrenée par l’argent sale et les magouilles en tout genre. C’est l’alliance temporaire entre le vieux grincheux, brutal, taiseux, allergique à la technologie et le jeune loup idéaliste, naïf, scotché à son smartphone qui donne au film son échine de buddy movie et qui permet à Stallone de

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Hell driver

ECRANS | De Patrick Lussier (ÉU, 1h44) avec Nicolas Cage, Amber Heard…

Christophe Chabert | Dimanche 20 mars 2011

Hell driver

Échappé des flammes de l’enfer pour sauver sa petite fille kidnappée par un adorateur de Satan, Milton récupère bagnole et belle blonde, puis casse tronches et tronçons d’autoroutes sur fond de hard-rock qui tâche, se transformant en icône pour adeptes du mélange tuning-baston. Qu’on se le dise : "Hell driver" est un parangon de beauferie vulgos et décomplexée, un pur film de drive in sans le commentaire distancié qu’en avait fait Tarantino et Rodriguez. Le début tient la route grâce à un humour bien noir, un réel culot pour montrer des filles à poil et des crânes défoncés, et un certain soin dans la réalisation (3D comprise) et la caractérisation des personnages (notamment le «comptable» joué par William Fichtner). Après, ça sent nettement plus la série Z : effets spéciaux pourris, direction artistique scandaleuse (le repère des satanistes à la fin aurait mérité le licenciement du chef déco), cascades de dialogues pour débiles légers et incohérences de scénario trop voyantes pour être honnêtes. La leçon à en tirer : même le n’importe quoi mérite un tant soit peu de conscience professionnelle. Niveau inconscience, le film est au diapason d’un Nicolas Cage dont on se demande sinc

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