Et Cronenberg fit le bzzzzz

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Photo : © DR


C'est l'une des nouveautés de la rentrée dans les CNP-Cinémas Lumière (on ne sait plus comment les appeler) : le retour des projections du samedi minuit aux Terreaux. Désormais baptisées “Séances Midnight Movies” — même si elles sont programmées à 22h30 —, elles n'affichent certes plus systématiquement le merveilleux Graphique de Boscop mais un long-métrage différent chaque semaine, prélevé dans le vaste corpus du cinéma horrifique, assorti comme il se doit d'une petite introduction.

Le film sélectionné ce 5 novembre, La Mouche (1987), semble faire écho au carnaval sucré et horrifique qui vient tout juste de s'achever. David Cronenberg y offre en effet à son interprète Jeff Goldblum de splendides métamorphoses, grâce à des postiches bien gluants de diptère mutant amoureusement fignolés par Chris Walas — dûment récompensé par un Oscar du maquillage. Remake éloigné de la première adaptation d'une nouvelle de George Langelaan, La Mouche noire (1958), ce film contient en outre toutes les obsessions du cinéaste canadien : fascination pour les pulsions primitives, scientifique fantasmant l'eugénisme, hybridation du corps humain, voyeurisme, inclination potache pour le gore (conduisant à une interdiction aux moins de 12 ans)…

Conte de fée à l'envers, où la princesse commence avec son prince charmant et achève l'histoire avec un crapaud verruqueux, La Mouche est aussi une mise en garde à l'attention des apprentis-sorciers, trop excités à faire avancer le progrès à marche forcée qu'ils en oublient le principe de précaution, le recul nécessaire comme les règles de base d'une méthodologie correcte. Toi, le jeune étudiant en sciences, viens donc prendre une leçon de rigueur. Ainsi qu'un peu de suc digestif de Brundle-Mouche dans la face.

Au CNP Terreaux le samedi 5 novembre à 22h30


La Mouche

De David Cronenberg (1986, ÉU, 1h36) avec Jeff Goldblum, Geena Davis...

De David Cronenberg (1986, ÉU, 1h36) avec Jeff Goldblum, Geena Davis...

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Lyon : Retour en septembre du festival de science-fiction Les Intergalactiques

Science-Fiction | Il n’y a pas que les Hallus ou les Reflets… du Zola qui aient choisi de se reporter en septembre : idem pour les Intergalactiques avec leur (...)

Vincent Raymond | Mercredi 8 septembre 2021

Lyon : Retour en septembre du festival de science-fiction Les Intergalactiques

Il n’y a pas que les Hallus ou les Reflets… du Zola qui aient choisi de se reporter en septembre : idem pour les Intergalactiques avec leur programmation cinéma atomisée dans plusieurs lieux, faisant la part belle aux lointains visiteurs. Et ce, dès l’ouverture jeudi 9 septembre avec le kitchissime Rock Aliens (dont fut tiré la scie When the Rain begin to fall) au Rock’n’Eat. Suivront les déambulations d’un extra-terrestre “embarqué” dans le corps d’un junkie pour Fried Barry (le 10 à 21h au Lumière Bellecour) et deux séances de courts-métrages au Lumière Terreaux : les “nationaux“ samedi 11 à 11h et les “animations“ le dimanche 12 à 11h. Épicentre des Intergalactiques, la MJC Montplaisir offrira un double bill samedi soir dès 20h avec deux revenants des années 1980 : l’angoissant The Thing de Carpenter et la série B américano-bavaro-humaniste Enemy Mine. Le Zola accueillera le lendemain à 19h un classique de la science-fiction rare sur grand

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Le Fort de Gamut, un cluster de création

Résidence Artistique | Là-haut, perché sur la colline de Fourvière, existe un ancien fort militaire où artistes et animaux cohabitent à l’abri des regards. Situé à deux pas du Jardin des Curiosités, le Fort de Saint-Just, renommé par ses actuels occupants Fort de Gamut, abrite désormais l’association éponyme qui œuvre au soutient de projets artistiques. Visite.

Louise Grossen | Jeudi 22 avril 2021

Le Fort de Gamut, un cluster de création

C’est le bouc, Stanley, qui nous guide à l’aide de ses plus belles vocalises jusqu’à la porte d’entrée. Dès l’arrivée, le panorama est à couper le souffle. À moins que ce ne soit les 200 marches de la montée des Épies qu’il nous a fallu gravir avant d’arriver... Ce lieu se mérite ! Le temps de reprendre notre souffle, et Victor Boucon, artiste plasticien en résidence, nous emmène en visite. Il dispose d’un espace de création depuis plusieurs mois : « ici, je suis sûr de pouvoir forger, souder et faire du bruit sans déranger les voisins, c’est un vrai terrain de jeu pour artistes. » Pour accéder à son atelier, il faut s’enfoncer dans une aile défensive du bâtiment, semi-enterrée, que les résidents appellent « les catacombes ». Ici, Victor travaille surtout le métal. Parmi ses créations en cours : une épée de type médiévale ou un couteau, posés sur la forge qu’il a imaginée et construite seul. À Gamut, on peint, sculpte, photographie, chante, forge, soude, écrit, et on partage l’extérieur avec les quatre poules, le bouc et les béliers. « Le bouc, on le s

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Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Falling | Le comédien aux mille talents vient de signer son premier long-métrage en tant que cinéaste, qu’il a présenté en première française durant le Festival Lumière à Lyon. Une histoire de famille où l’attachement et l’oubli se livrent un duel sans ménagement. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 4 novembre 2020

Viggo Mortensen passe derrière la caméra, on en a parlé avec lui pendant le Festival Lumière

Comment se fait-il que ce soit cette histoire en particulier que vous ayez racontée pour votre premier film — car vous avez écrit plusieurs scénarios avant de réaliser Falling ? Viggo Mortensen : Je suppose que je voulais me souvenir de mes parents — de ma mère, pour commencer —, pour le meilleur et pour le pire comme tout le monde. Même si c’est devenu une histoire père/fils, l’inconscient de leur combat repose sur une différence d’opinion autour de leurs souvenir de leur femme et mère. Elle reste, à mon avis, le centre moral de l’histoire. Et c’est très important pour moi le casting de la mère, Gwen. Hannah Gross était parfaite, géniale : même si elle n’est pas là tout le temps, elle est là. Mais la raison pour laquelle j’ai fait mes débuts comme réalisateur et scénariste avec cette histoire, c’est parce que j’ai trouvé l’argent (sourire). J’avais essayé plusieurs fois, il y a 23-24 ans, avec un autre scénario, au Danemark, j’avais 20-30% du budget, mais pas davantage. Au bout du compte, je pense que c’était mieux que j’attende,

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Videodrome, film dément

ECRANS | À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Videodrome, film dément

À l’occasion des 6e Journées Cinéma et Psychiatrie organisées par la Ferme du Vinatier, le Comœdia accueille une projection-débat autour d’un film collant parfaitement à la thématique choisie pour les travaux — Sexe(s), psy-&-vidéos —, Videodrome (1983) de David Cronenberg. Une plongée dans la fascination pour la violence et le désir charnel ; une anticipation de notre rapport viscéral aux écrans — des préoccupations récurrentes chez Cronenberg, au demeurant. Le film sera suivi d’un échange animé par le Dr Alain Bouvarel (pédopsychiatre, directeur du Centre National de l'Audiovisuel en Santé Mentale/Festival de Lorquin), le Dr Jean-Pierre Salvarelli (psychiatre - hôpital du Vinatier) et le Dr Jean-Christophe Vignoles (psychiatre - hôpital Saint Jean de Dieu). Videodrome Au Comœdia le mardi 22 novembre à 20h

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De l'art de parler (et de se taire)

SCENES | Des esquisses de travail, une première et surtout le retour de la précieuse troupe de Pôle Nord : voilà de bonnes raisons pour se rendre au festival Paroles, paroles de la Mouche, une salle d'une vitalité rare toute la saison durant.

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

De l'art de parler (et de se taire)

Dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler la Métropole, un théâtre se place à l’avant-garde en terme de programmation : celui de la Mouche à Saint-Genis-Laval. Savoir enfin qui nous buvons, fable viticole prévu en juin aux Subsistances dans le cadre du festival UtoPistes, qui a triomphé au 104 parisien, été couverte d’éloges dans Le Monde et ailleurs a fait l’ouverture de la saison passée de la Mouche. Retour à Reims, d’après le virulent livre de Didier Eribon et mis en scène par l’excellent Laurent Hatat est passé par Vienne ce mois-ci : il sera le 27 mai à Saint-Genis. Le déchirant solo Rendez-vous gare de l’Est niché dans la petite salle de la Croix-Rousse cet hiver était en octobre dans ce même théâtre de la Mouche… N’en jetez plus ! Ce flair indiscutable est celui de Gabriel Lucas de Leyssac, dynamique directeur de la salle, qui a aussi initié Paroles Paroles, événement annuel. Du 30 mars au 6 avril, il accueille notamment la nouvelle création d’Eric Massé, Light spi

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Maps to the stars

ECRANS | David Cronenberg signe une farce noire et drôle sur les turpitudes incestueuses d’Hollywood et la décadence d’un Los Angeles rutilant et obscène. Un choc ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

Maps to the stars

La «carte des stars» du titre fait référence à ces dépliants indiquant l’emplacement des villas appartenant aux célébrités hollywoodiennes à Los Angeles ; la carte du dernier film de David Cronenberg se résume en revanche à un cercle d’une demi-douzaine de personnages portant des prénoms impossibles, gravitant dans l’univers du cinéma et unis par des liens scénaristiques mais aussi par de tortueux liens du sang. Il y a un jeune acteur de treize ans arrogant et cynique, star d’une franchise ridicule (Bad babysitter) et déjà passé par la case réhab', son père moitié gourou, moitié thérapeute new age, une comédienne vieillissante obsédée par le fantôme de sa mère morte dans un incendie, un chauffeur de limousine qui se rêve scénariste et acteur… Et, surtout, une fille mystérieuse qui s’incruste dans leur vie, un peu folle et portant sur son corps les stigmates de graves brûlures. Film choral ? Pas vraiment, car Maps to the stars tisse assez vite une toile réjouissante où chacun va illustrer la décadence dans laquelle s’enfonce un Los Angeles corrompu au dernier degré, réplique vulgaire et morbide de celui décrit par John Schlesinger dans s

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(Télé)Visions de Cronenberg

ECRANS | Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette (...)

Christophe Chabert | Jeudi 15 novembre 2012

(Télé)Visions de Cronenberg

Hourra ! C’est le retour de L’Épouvantable vendredi cette semaine à l’Institut Lumière, dans une formule allégée à deux films au lieu de trois. Pour cette nouvelle saison, c’est David Cronenberg qui a l’honneur de lancer les hostilités, avec deux films donc, et pas des moindres. D’abord La Mouche, son œuvre la plus célèbre, qui fait aujourd’hui encore l’unanimité même chez les détracteurs du cinéaste. Pourtant cette commande de Mel Brooks autour du remake d’une série B fantastique (La Mouche noire avec Vincent Price), avait tout de la fausse bonne idée. Cronenberg y décrit le calvaire de Seth Brundle (Jeff Goldblum), physicien geek ayant inventé une méthode de téléportation révolutionnaire mais qui, lors d’un test sur sa personne, voit son génome mélangé à celui d’une mouche ; plutôt qu’à une métamorphose gore, on assiste à l’avancée réaliste et tragique d’une forme virulente de cancer, à laquelle Cronenberg ajoute une déchirante histoire d’amour entre Brundle et une jolie journaliste (Geena Davis), façon La Belle et la bête. Ensuite, flashback quelques années auparavant avec Videodrome, grande œuvre culte où Max Renn (James Wo

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Cosmopolis

ECRANS | Après A dangerous method, David Cronenberg signe une adaptation fidèle et pourtant très personnelle de Don De Lillo. Entre pur dispositif, théâtralité assumée et subtil travail sur le temps et l’espace, un film complexe, long en bouche et au final passionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 mai 2012

Cosmopolis

David Cronenberg a le goût du paradoxe. Quelques mois seulement après A dangerous method, où sa mise en scène baissait les bras face au rouleau compresseur scénaristique de Christopher Hampton, le voilà qui transforme le roman de Don De Lillo, Cosmopolis, en un pur objet de cinéma, dont l’origine littéraire (et, une fois sur l’écran, quasi-théâtrale) est littéralement bousculée par le regard de Cronenberg. Il suffit par exemple de voir comment Cronenberg subvertit l’idée même de chapitre à l’écran : Eric Packer, son héros, monte un matin dans sa limousine avec pour seul objectif d’aller «se faire couper les cheveux». Trader arrogant, dont la volonté de contrôle l’a progressivement insensibilisé aux soubresauts du monde (la visite du Président des Etats-Unis, un début d’émeute et même sa propre épouse, simple trophée qu’il n’a plus envie de contempler), Packer dialogue froidement avec les passagers qui se succèdent dans l’habitacle. Or, ceux-ci ne montent pas dedans : la scène commence et ils y sont déjà, comme si ils s’étaient téléporté par on ne sait quel tour de magie à l’intérieur. Et lorsqu’elle se termine, ils disparaissent aussi sec du récit, et

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Le fil de nos pensées

ARTS | Même si son œuvre monumentale à la Sucrière a nécessité 6 000 pelotes de laine, tout ne tient qu’à un fil chez Chiharu Shiota : celui que les Anciens disaient relier l’âme à l’au-delà et qu’aujourd’hui on pourrait voir comme constituant le réseau fragile et incertain de la psyché, de la mémoire et de l’identité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 6 mai 2012

Le fil de nos pensées

«Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous», écrivait Tristan Tzara. Ne cherchons pas trop vite les significations ou les symboles, et laissons l’œuvre monumentale de Chiharu Shiota se donner d'abord à nos sensations, à la déambulation, à la rêverie et aux dérives de l'imagination... Occupant les 1700 m² du premier étage de la Sucrière, l'installation impressionne d'emblée fortement et compose un espace-temps difficile à définir : parmi des lumières tamisées et extrêmement précises, nous sommes projetés dans une sorte de souterrain mystérieux, hanté par de grands fantômes blancs vaporeux. Soit seize robes blanches démesurées (qui semblent identiques et sont en réalité toutes légèrement différentes, dessinées par le styliste Mongi Guibane), aux traînes reliées entre elles ainsi qu'aux piliers du bâtiment, le tout prenant place parmi les trames de milliers de fils de laine noire entrecroisés (6 000 pelotes et 600 km de laine). Tout communique et est relié en un vaste réseau : fils, tissus, parois de béton, sol, piliers. Cortex

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A dangerous method

ECRANS | La rivalité entre Freud et son disciple Carl Gustav Jung, un sujet complexe mais idéal pour David Cronenberg, qu’il rend passionnant pendant 45 minutes, avant de laisser la main à son scénariste, l’académique Christopher Hampton. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 décembre 2011

A dangerous method

Au détour d’une séquence de séduction entre Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui donne beaucoup d’elle-même à ce personnage de femme hystérique découvrant la nature sexuelle de son mal) et Carl Gustav Jung (Michael Fassbender, loin de l’animalité de Shame, comme cherchant à déchirer le corset moral qui l’enserre), celle-ci lui dit : «Dans chaque homme, il y a une part féminine». L’admirateur de David Cronenberg saisit instantanément ce qui renvoie à l’œuvre du cinéaste canadien : la sexualité comme révélateur de la confusion des genres. A dangerous method raconte le conflit entre Freud, qui pense que tout est explicable par la nature libidinale des êtres, et Jung, qui croit que certains phénomènes proviennent d’un inconscient collectif. Mais il dit aussi qu’il y a une part d’inexplicable dans le désir et que la chair prend toujours le dessus sur le cerveau. Malaise dans la civilisation Comment raconter cette rivalité intellectuelle sans s’empêtrer dans des couches de dialogues explicatifs ? Cronenberg trouve de belles parades à cet écueil : par la mise en scène, comme lors de ce passage remarquable où le dispositif d’analyse inventé par Jung

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Le cinéma interné

ECRANS | Dans le cadre des journées professionnelles «Cinéma et psychiatrie», l’Institut Lumière organise une soirée ouverte à tous le mardi 29 novembre à 20h. Heureuse (...)

Dorotée Aznar | Dimanche 20 novembre 2011

Le cinéma interné

Dans le cadre des journées professionnelles «Cinéma et psychiatrie», l’Institut Lumière organise une soirée ouverte à tous le mardi 29 novembre à 20h. Heureuse initiative car le programme, qui sera présenté et commenté par trois spécialistes de la psychiatrie, aura pour point d’orgue la projection de Spider de David Cronenberg (2002). Mal aimé à sa sortie, y compris dans ces colonnes, le film n’a depuis cessé de grandir dans nos esprits au fil des visions, jusqu’à apparaître comme une œuvre majeure du cinéaste canadien. Ralph Fiennes y incarne un homme au comportement bizarre, bredouillant d’incompréhensibles morceaux de phrases et notant ses pensées dans un carnet avec une écriture en pattes de mouche (d’araignée ?). Tout juste sorti de l’asile, on l’envoie dans une pension médicalisée près du quartier où il passa son enfance. Là-bas, il revit les épisodes qui l’ont conduit à commettre un acte irréparable et l’ont plongé dans la folie — à moins que celle-ci n’ait toujours été là, névrose latente liée à un œdipe mal digéré… Le génie du dispositif inventé par Cronenberg est de mêler au sein des plans le présent et le passé, le souvenir des faits et le rapport distordu qu

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