"Trashed" : le plastique, c'est satanique

Le Film de la Semaine | Jeremy Irons nous guide à travers le monde des déchets gouverné par de belles saloperies : dioxines et plastiques — des polluants ubiquistes impossibles à recycler, résidus de la révolution industrielle et des Trente Glorieuses. Un documentaire aussi édifiant qu’effrayant.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Photo : © Tiberius Films


Fin octobre, le WWF publiait une étude révélant l'extinction de 50% des espèces de vertébrés durant les quarante dernières années. À qui la faute ? Trashed délivre davantage qu'une ébauche de réponse à ce cataclysme supérieur à tous les accidents géologiques passés, en accumulant des strates d'informations. Pour certaines collectées au grand jour ; pour d'autres ramassées dans la fange putride de nos poubelles. Lesquelles, sous nos yeux obstinément aveugles, ont gagné notre espace vital. Elles gagneront tout court, si l'on n'y prend garde.

Ordures !

Sur le front environnemental, d'aucun(e)s pensent qu'il est plus productif pour la cause d'encenser en sautillant benoîtement un chapelet de micro-initiatives positives, en prenant grand soin d'éviter de s'attarder sur la situation actuelle, décidément trop anxiogène. Une étrange forme de méthode Coué consistant à consentir un traitement, sans accepter de reconnaître la maladie — tout à fait en phase avec notre époque de l'aseptisé triomphant. Ici, Jeremy Irons ne fait pas de cœurs avec les doigts, ni n'étreint ses interlocuteurs sur fond chill-out. Pas plus qu'il ne déverse un discours ruisselant d'optimisme angélique pour ne pas risquer d'effrayer le bourgeois.

Attendez-vous donc à voir les images-choc d'Everest de poubelles broutées par des animaux et laissant goutter leur jus dans la Méditerranée, d'incinérateurs poussant à côté d'écoles, de cas de cancers liés à l'utilisation de plastiques, de malformations consécutives à des herbicides. Sans oublier les animaux marins piégés par les détritus ou le bouillon flottant ressemblant à un continent au milieu de l'océan, nourrissant le premier niveau de la chaîne alimentaire. Et le poison se diffuse en boomerang, puisque nous nous situons à l'autre bout…

Rassurez-vous, Irons ne nous abandonne pas au seul désespoir : il salue la nouvelle émergence du commerce en vrac, la tendance zéro déchet / décroissance et suit l'exemple fructueux (bien connu) de la ville de San Francisco, pionnière en matière de tri et de super valorisation des ordures. Tout n'est donc pas perdu ; il ne reste plus qu'à régler la question des déchets nucléaires ultimes…

Trashed de Candida Brady (G-B, 1h38) documentaire avec Jeremy Irons…


Trashed

De Candida Brady (Angl, 1h38) avec Jeremy Irons

De Candida Brady (Angl, 1h38) avec Jeremy Irons

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TRASHED suit le voyage à travers le monde de l’acteur oscarisé Jeremy Irons pour étudier les dommages causés par les déchets sur l’environnement et notre santé. De l’Islande à l’Indonésie en passant par la France et le Liban, il rencontre des scientifiques, des politiciens et des gens ordinaires dont la santé et le mode de vie ont été profondément affectés par cette pollution. Terrible et beau à la fois, ce documentaire délivre aussi un message d’espoir et montre qu’il existe des démarches alternatives pour régler le problème.


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On a tout vu de la Fête des Lumières : on vous raconte

Fête des Lumières | Avant qu’elle ne débute officiellement ce soir, la Fête des Lumières a livré ses installations en avant-première mardi, à l’exception de "La Vague" sur la place Bellecour restée inactive en raison de la météo. Les installations les plus artisanales séduisent : Jordi Gali aux Subs, les "Visions" de verre à côté du palais de justice. Très belle surprise aussi place des Célestins avec "Synergetics". Passage en revue.

Nadja Pobel | Mercredi 8 décembre 2021

On a tout vu de la Fête des Lumières : on vous raconte

Parc Blandan : Jeux d’enfants Le collectif LAPS a gardé ses bonshommes de néons pour présenter les jeux taille XXL plantés dans ce parc utilisé pour la première fois. Les enfants sont invités à jouer au Snake ou à Puissance 4 en mettant leurs pieds sur un "dance pad". Interactif, très amusant et simple à la fois. Pari réussi. Parc de la Tête d’Or : Ricochets Trois installations dans ce parc dont celle de Jérôme Donna qui défriche une fois de plus un nouveau lieu. Face à la roseraie du Parc de la Tête d'Or, celui qui œuvre toute l'année à la Direction de l'Éclairage Urbain de la Ville déploie ses Ricochets, des anneaux posés sur le lac. Et il utilise aussi des projections d'animaux et de végétaux sur la forêt. Immense espace pour une boucle somme toute assez classique mais qui produit un bel effet, dans les tons b

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Droits aux putes ! Cécile Ducrocq et Claus Drexel portent la prostitution à l'écran

Nos films de la semaine | Le hasard place le même jour sur les écrans deux beaux films qui, bien qu’opposés dans la forme, mettent en scène des prostituées et prostitués témoignant de leur désir d’exercer leur profession. Une singularité de regard courageuse, à une époque où souffle un puritanisme de tartuffes.

Vincent Raymond | Mercredi 8 décembre 2021

Droits aux putes ! Cécile Ducrocq et Claus Drexel portent la prostitution à l'écran

D’un côté, un documentaire sur les travestis/trans/prostituées/prostitués du Bois de Boulogne, que la caméra de Claude Drexel cadre en plan fixe à toutes les saisons de l’année, recueillant leurs confidences sur leur vie au quotidien, leur travail du sexe et ce qui les a conduites à le pratiquer. De l’autre, une fiction de Cécile Ducrocq où une mère courage se tue à la tâche en multipliant les passes pour payer une école de cuisine privée à son grand dadais d’ado qui tourne mal. Si dans les deux cas, il n’y a pas d’héroïsation ni d’érotisation de la prostitution, il n’y a pas non plus de misérabilisme ou d’apitoiement de dame-patronnesse sur le sort des protagonistes. Ce qui n’empêche pas les films d’être magnifiquement photographiés, offrant ici des natures mortes sublimes ; là des plans dignes de Schatzberg ou de pochettes de 33t. De

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Cinq expos à voir en décembre à Lyon

Bons Plans | Cinq expositions à ne pas manquer ce mois-ci et autant d’interrogations sur : la finitude humaine, l’identité aliénée, la lumière, le corps des femmes, l’écologie.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 décembre 2021

Cinq expos à voir en décembre à Lyon

L’expo qui crâne Réunissant quelque 160 œuvres (peintures, photographies, sculptures, installations…), À la mort, à la vie ! propose un très bel aperçu de l’histoire de la vanité, du Moyen-Âge à aujourd’hui. Le parcours thématique (danses macabres, vanité des vanités, les âges de la vie…) est fort réussi et clair, et l’on y découvre un grand nombre d’œuvres fortes : la série photo Faces de Philippe Bazin, des images de Delphine Balley et de Éric Poitevin, une installation vidéo de Bill Viola, une grande nature morte peinte par Paul Rebeyrolle, des sculptures d’Étienne-Martin… À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui Au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 7 mai 2022 ORLAN déjoue les pièges de l’identité L’expo d’ORLAN à

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Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Écrans | Après de rocambolesques péripéties, l’Institut Lumière accueillera bien du 7 au 14 décembre les neuf films du “Festival Netflix“ et sa pluie de grands auteurs, dans un contexte houleux. Récit du feuilleton qui a tourneboulé les “professionnels de la profession”…

Vincent Raymond | Mercredi 1 décembre 2021

Le Netflix Film Club à l’Institut Lumière

Vendredi 8 octobre 2021, Halle Tony-Garnier, ouverture du 13e Festival Lumière. Ted Sarandos jubile. Le directeur des contenus de Netflix n’a pas fait le déplacement à Lyon pour rien. Sur scène, Thierry Frémaux vient de saluer publiquement sa présence. Plus tôt dans la journée, Sarandos a visité l’école CinéFabrique. À la clef, une rencontre avec les étudiants et l’octroi de bourses, comme à la Fémis, l’école des Gobelins et Kourtrajmé. Avec ses 200 millions d’abonnés dans le monde (dont plus 8 millions sur notre sol), la société qu’il représente peut être généreuse : elle n’a payé en France que 728 033 € d’impôts en 2020, soit 0, 6% de de ses bénéfices estimés. Seulement, la France demeure un problème pour son modèle de développement, car elle dispose d’un bouclier protégeant l’exploitation et la distribution des films en salles : la chronologie des médias. Une ligne Maginot attaquée de toutes parts, traversées parfois à la faveur d’exceptions dérogatoires

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Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

Clubbing | Premier opus en solo pour Tushen Raï, habitué du Sucre et co-directeur du label Hard Fist : où l'on croise sonorités ancestrales et globalisées avec l'acid-house de Chicago afin de produire quelques bombes pour dancefloor.

Sébastien Broquet | Mardi 30 novembre 2021

Les fantômes de Tushen Raï au Sucre

À l'écoute du premier EP de Tushen Raï, l'on pense, inévitablement, au My Life in the Bush of Ghosts de la paire Brian Eno & David Byrne, paru en 1981, révolutionnant l'art d'enregistrer et de composer, préfigurant l'explosion du sampling alors principalement l'œuvre des artistes hip-hop de New York ou de quelques expérimentateurs underground tel Christian Marclay, platiniste hors-normes marqué par le nihilisme punk. Eno & Byrne, eux, propulsent alors la sono mondiale balbutiante dans une nouvelle ère, inspirée du "quatrième monde" de leur ami et collaborateur Jon Hassel mêlant technologie et musiques du monde, mais sans faire appel à des musiciens, tout simplement en enregistrant voix et instruments à la radio sur les grandes ondes, ou sur d'autres disques déjà publiés (y compris des récits coraniques d'un muezzin algérien, valant aux rééditions futures une censure du titre concerné, Qu'ran, l'Islamic Council of Great Britain ayant porté plainte), rajoutant ensuite leur sauce proto-Talking Heads pour faire groover l'ensemble. YouTube plutôt que grandes ondes En 2021, la radio, c'est démodé : Tushen Raï a appliqué

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François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Théâtre | La Peur : un spectacle signé François Hien, à la fois sur l'homosexualité et sur la pédocriminalité des hommes d'Église, qui se révèle sans relief.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Le père Guérin, pour que son homosexualité ne soit pas révélée, va mentir à la justice : non, le père Grésieux n’était pas au courant des actes pédocriminels d’un troisième homme d’Église. Car « renoncer au secret de la confession » reviendrait à « être les supplétifs de la police » et surtout à ne plus avoir de paroisse, le bagne pour ce croyant qui ne s’accomplit que face à ses fidèles. Une des victimes ne l’entend pas ainsi et va marteler chaque dimanche sa vérité. Inspiré de l’affaire Bernard Preynat et nourri de la lecture de Sodoma de Frédéric Martel, le nouveau travail de François Hien, dans un décor réduit à son minimum, embrasse trop de sujets et s’avère comme bien souvent très bavard. François Hien sait parfaitement faire s’entrecroiser tous ces personnages dans un tissage très serré de son texte. Contrairement à ce qu’il faisait dans Olivier Masson doit-il mourir ? (qui traitait de l’euthanasie), son point de vue sur son sujet est clair (et heureusement !) : l’omerta qui règne

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Chokä, resto éphémère, succès répété

Restaurant | C’est un succès populaire, brandi pour prouver qu’on mange bien dans la nouvelle Part-Dieu (oui, le centre commercial). Ses ingrédients ? Un thème éphémère, et de la vraie cuisine, aussi.

Adrien Simon | Jeudi 2 décembre 2021

Chokä, resto éphémère, succès répété

La Part-Dieu fait depuis sa nouvelle extension la part belle à la nourriture. C’est l’espace des Tables, ensemble de restaurants placés sous la grande verrière du troisième étage. Qui s’étendait cet été jusque sur le toit (ce fut le Roofpop) et qui se prolonge dans la pénombre de la Food Society, l'espace street food. On avait évoqué récemment ce dernier, mais pas encore le vaisseau amiral des Tables, lui qui fait le buzz depuis que sa "réouverture" — la dynamique du projet étant de fermer et renaître après avoir tout changé — a provoqué pas moins de mille réservations en cinq petites heures. Pour comprendre, il faut revenir aux beaux jours de 2019, quand trois vingtenaires, Jade Frommer, Annaïg Ferrand et Loris de Vaucelles, se retrouvent fraichement diplômés de l’institut Paul Bocuse. L’histoire ne dit pas pourquoi ils ont rayé "stabilité" de leur vocabulaire, préférant "l'éphémère". Ils squattent quelques temps les locaux de La Cuisign, dans le 7e, pour y penser six menus thématiques. Le premier tourne autour du chocolat et d’un film ins

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Planète Seconde Main : la nouvelle fripe engagée et partagée

Friperie | L’heure est à la seconde main, et c’est tant mieux. Une nouvelle boutique se pointe dans le paysage lyonnais des fripes, elle s’appelle Planète Seconde Main, elle est la fusion de trois structures et elle est éphémère.

Louise Grossen | Jeudi 2 décembre 2021

Planète Seconde Main : la nouvelle fripe engagée et partagée

Fruit d’une synergie entre la fripe associative itinérante Cigüe Vintage, la marque d’up-cycling Good Mates et Clothe2Me, la friperie Planète Seconde Main vient d’ouvrir au 10 cours Aristide Briand. La promesse : favoriser de nouveaux modes de consommation vertueux, sensibiliser à l'écologie et proposer des sapes stylées à prix abordables. L’espace : une boutique tricéphale, spacieuse, colorée et accueillante. On entre par la section Cigüe, où articles vintage (mixtes) des années 1970 à 2000 et accessoires plastronnent en un harmonieux camaïeux sur les portants. 10€ pour un mignon gilet en laine, 15€ pour un pantalon. Vient la partie Good Mates : la marque propose des pièces uniques. Donne-lui trois vêtements, elle t’en fait un. Ou encore, on peut chiner dans sa sélection : du velours, du jean, du doux ou du rugueux… up to you. Puis cap sur Clothe2Me qui met en valeur des pièces de seconde main plus contemporaines, 100% récup. Un exemple de ce que peut être un écosystème de l'occasion qui lutte, à son échelle, contre la surconsommation. Bo

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Quai Bondy fête son premier EP au Croiseur

Post-Punk | « Trois Adonis, dans leur jeunesse verte / Gisent ici : Lyon pleure leur perte / Hélas ! chez toi comme sans nul remords / Ils (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 novembre 2021

Quai Bondy fête son premier EP au Croiseur

« Trois Adonis, dans leur jeunesse verte / Gisent ici : Lyon pleure leur perte / Hélas ! chez toi comme sans nul remords / Ils discouraient, un porcellet farouche / Les surprenant, la nuit, dedans leur couche / Les enterra devant qu'ils fussent morts ». Les mots seraient de Maurice Scève et relatent la mort de trois gentilshommes bourguignons, emportés par un plafond lors de l'effondrement de l'Auberge Le Porcelet par un funeste jour de 1540 sur ce qui est aujourd'hui le quai de Bondy qui donne son nom au groupe Quai Bondy. Le rapport ? Absolument aucun. Si ce n'est que la musique de Quai Bondy est le fruit d'un autre trio qui pourrait bien figurer les fantômes catastrophés des trois précités : « dans une urgence de vivre comme de mourir » nous dit la profession de foi de ces trois spectres rencontrés dans une cave. Ce qui frappe au-delà des guitares garage jouant classiquement l'alternance du poisseux et du cristallin, d'une basse post-punk en diable, c'est la voix qui semble chanter sur un bûcher aux flammes nourries ou depuis le tr

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Raconte-moi Lyon dépoussière les audio-guides

Tourisme | En attendant de voyager via le métavers, pour visiter des villes, il existe toujours des audio-guides. Beaucoup sont poussiéreux, soporifiques, monocordes… D’autres, comme celui de Séverine Peurichard, nous transportent avec virtuosité dans l’Histoire au travers de balades guidées en totale autonomie : voici Raconte-moi Lyon.

Louise Grossen | Vendredi 3 décembre 2021

Raconte-moi Lyon dépoussière les audio-guides

Impossible de passer à côté si vous habitez le quartier de Saint-Jean. Depuis septembre, cette dame vêtue d’une robe de marquise du XVIIIe siècle, d’un corset et d’un chapeau à plumes déambule dans les rues, accompagnée de son fidèle équipier, un shiba inu. Mais que fait-elle ? Elle nous raconte Lyon. « À la base, je n’aime pas du tout les audio-guides, particulièrement ceux des musées. Je les trouve ennuyeux, les boitiers sont lourds… Je voulais créer des guides vivants, les dépoussiérer de leurs vieux clichés. Ma passion de l’Histoire s’exprime jusque dans ma tenue. Tous les samedis, j’enfile ma robe et je descends à Saint-Jean pour faire la promotion de mon activité » nous explique Séverine Peurichard. Passion et expertise transpirent au travers d’épisodes qui nous font oublier les commentaires un peu trop sages des audioguides traditionnels. Ici, ils sont nourris de saynètes, font appel à des commentaires plus personnels et s'enrichissent d’un décor sonore et musical quasi cinématographique. À la manœuvre : le crooner et musicie

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La vague de Sébastien Lefèvre déferle sur Bellecour

Fête des Lumières | Il avait déployé des oriflammes pont Lafayette, hissé un homme digital au sommet de l’antenne de Fourvière, Sébastien Lefèvre s’apprête à faire déferler une gigantesque "Vague" sur Bellecour. Entretien.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

La vague de Sébastien Lefèvre déferle sur Bellecour

Bien avant de participer à la Fête des Lumières, vous avez commencé votre métier de créateur lumière en travaillant pour des compagnies d’arts vivants…Sébastien Lefèvre : J’ai fait des études de chimie et biologie, fait des stages en entreprise et ce milieu ne correspondait pas du tout à ma projection dans la vie. Je me suis formé à la technique du spectacle et j’ai découvert la lumière puis j’ai été diplômé de la Rue Blanche [NdlR : devenue l’ENSATT]. J’ai tout de suite travaillé avec des compagnies : les Trois-Huit, Philippe Delaigue, Claire Rengade, Émilie Flacher, Yuval Pick,

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Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

Théâtre | Du pari fou d’Enzo Cormann d’écrire 99 pièces de théâtre de 30 minutes, le metteur en scène Philippe Delaigue en porte huit à la scène. Partie 2 et intégrale de cette aventure aussi étonnante que séduisante à La Renaissance, à Oullins.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

Les âmes démultipliées d'Enzo Cormann au Théâtre de la Renaissance

C’est un compagnonnage long d’une quarantaine d’années qui unit les deux hommes, depuis une rencontre fortuite à Lyon. Ils ont beaucoup travaillé ensemble notamment en tant que directeurs de département à l’ENSATT et aussi sur les planches. En 2014, Philippe Delaigue dirigeait Enzo Cormann dans Hors jeu, un texte de ce dernier relatif à la violence de la société envers les chômeurs. Seul en scène, il dialoguait avec ses interlocuteurs cachés dans de multiples haut-parleurs. Désormais il y a des visages. Depuis 2016, l’auteur s’attelle en effet à l’écriture d’un grand ensemble de textes de chacun 30 minutes, pour trois acteurs de trois générations (25, 45 et 65 ans). Un volume a déjà été publié aux Solitaires Intempestifs, un autre suivra très prochainement. Au théâtre, il joue dans sept des huit pièces retenues dans cette somme et semble s’en amuser. Car, avant les propos politiques que véhiculent ses textes, il y a un plaisir indéniable de jouer, à se transformer, s’affranchir des mensonges et des

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Des litres de Talitres à l'Épicerie Moderne

Label | L'Épicerie Moderne et Talitres c'est en quelque sorte une longue histoire. Nombreux sont les artistes mis en avant par le label bordelais – qui a fêté (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 décembre 2021

Des litres de Talitres à l'Épicerie Moderne

L'Épicerie Moderne et Talitres c'est en quelque sorte une longue histoire. Nombreux sont les artistes mis en avant par le label bordelais – qui a fêté ses vingt ans cette année – à avoir arpenté la scène feyzinoise, parfois à plusieurs reprises. L'exemple le plus emblématique et récent étant Raoul Vignal, quand bien même son statut de local biaise sans doute un peu l'affaire. Cette fois ce sont d'un coup quatre formations maison qui se rejoignent pour un concert spécial. D'abord, le précité Vignal, prince de l'accord alternatif et empereur du finger-picking, dont on ne se lasse guère et qui vient présenter à nouveau son très beau Years in Marble. Si l'on se pique de penser que Vignal a un côté crooner alors c'est assurément la couleur d'une soirée qui accueille ég

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Jordi Gali, un chorégraphe en Lumière aux Subs

Fête des Lumières | Le chorégraphe Jordi Galí est programmé aux Subs lors de cette Fête des Lumières.

Nadja Pobel | Mardi 30 novembre 2021

Jordi Gali, un chorégraphe en Lumière aux Subs

C’est une illustration du chemin que cherche à prendre cette première Fête des Lumières de la nouvelle mandature : accorder de la place à de grands artistes qui ne sont pas spécialistes de la lumière, mais qui ont une capacité de l’intégrer à leur créativité. C’est le cas de Jordi Galí qui présente aux Subs 20 Watts pendant et au-delà des quatre jours de festivités. Le danseur catalan (auprès de Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker, excusez du peu) a fondé en 2007 la compagnie Arrangement Provisoire qu’il co-dirige désormais avec Vania Vaneau. Habitué aux constructions monumentales dans l’espace public conçues avec des habitants ou occupants du territoire, il s’est ici allié, depuis septembre, à des artisans menuisiers, designers et à une trentaine de personnes en parcours d’inserti

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"Le Lac des cygnes" de Preljocaj à la Maison de la Danse

Danse | Figure parmi les plus populaires de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj s’attèle régulièrement à des relectures de grands (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2021

Figure parmi les plus populaires de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj s’attèle régulièrement à des relectures de grands classiques narratifs : Roméo et Juliette, les Mille et une Nuits, Blanche Neige… Et ce avec des fortunes diverses. À plus de soixante ans, le chorégragraphe se confronte aujourd’hui au classique des classiques de la danse, Le Lac des cygnes, sur la musique tubesque de Tchaïkovski. Rappelons qu’à l’origine, ce ballet avait été créé en 1895 par Marius Petipa et Lev Ivanov. Créée en 2020 à Paris, la version de Preljocaj met en scène, avec une certaine malice et retenue, quelque vingt-six interprètes au talent époustouflant. Réglée au cordeau, suivant le fil narratif de l'œuvre d'origine, cette pièce foisonne de pistes possibles : pastiche humoristique, échos à l’actualité écologique et économique d’aujourd’hui, passages de la musique classique à l’électro (des musiques signées 79 D), beauté des costumes, utilisation de la vidéo...

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Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Librairie | Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2021

Les Fleurs du Bal, espace dédié aux expos et au livre d'occasion

Depuis 2003, la librairie Le Bal des Ardents — et son fonds de quelque 25 000 livres — est devenue un véritable sanctuaire pour les amateurs de bonne littérature, de revues alternatives, de livres d’art et de sciences humaines… Le Bal propose aussi des ouvrages d’occasion mais, avec le temps, l’espace est venu à manquer. Francis Chaput-Dezerville (qui dirige le Bal) vient donc d'ouvrir, depuis la fin du mois de novembre, un nouvel espace situé dans la même rue, à quelques mètres de la maison mère. Les Fleurs du Bal (y aurait-il dans le nom du lieu une référence à un recueil de poèmes de Charles Baudelaire ?) sont consacrées aux livres d’occasion et aussi à des expositions d’artistes liés aux goûts du libraire (artistes participant par exemple aux Cahiers Dessinés, ou bien à des revues d’art brut ou d’art alternatif). Actuellement, c’est Nylso qui présente des paysages singuliers et assez hypnotiques en noir et blanc. Côté l

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Pour la Fête des Lumières, une année de transition

Fête des Lumières | C'est la première Fête des Lumières de l’ère post-Collomb, qui l’aura événementialisée au maximum. Toujours flamboyante sous la municipalité verte, l’édition 2021 s’ouvre à de nouveaux artistes et tente de pousser les barrières de son périmètre de sécurité imposé, du côté de Blandan.

Nadja Pobel | Mardi 30 novembre 2021

Pour la Fête des Lumières, une année de transition

À première vue, lors de l’annonce début novembre de la programmation 2021, il n'y avait pas de grands changements pour cette Fête des Lumières. Toujours ramassée en Presqu’île pour cause de périmètre de sécurité post-attentats 2015, toujours sur quatre jours avec les mêmes édifices et espaces mis en lumières. Pourtant, à y regarder de plus près, exit les noms des mastodontes qui régnaient sur la ville : Yves Caizergues, Skertzò, Damien Fontaine (qui était dans la cathédrale Saint-Jean ces dernières semaines) ou encore les Theoriz Crew et Benedetto Bufalino. Les reverra-t-on ? « La porte est ouverte à tous, nous confie Romain Tamayo, chargé de projet Fête des Lumières à la Ville de Lyon, on choisit chaque année les meilleurs projets ». Avec 60% de

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Julien Poncet : « que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? »

Théâtre | Trois mois après la reprise, le directeur de la Comédie Odéon, Julien Poncet, dresse un bilan de cette étrange rentrée et interpelle les pouvoirs publics pour que cette salle de la Presqu’île ait un avenir. Il ne la défendra pas sans leur collaboration. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 1 décembre 2021

Julien Poncet : « que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? »

Comment s’est passé cette rentrée en jauge pleine, dans une ère (peut-être) post-Covid? Julien Poncet : en septembre, on a rouvert avec des spectacles de 2019, 2020 dont certains avaient été reporté cinq fois comme la série de Pierre Palmade. J’avais concentré ces spectacles "tête d’affiche" pour créer une sorte d’appel d’air. Les gens étaient nombreux, mais les billets avaient été commercialisés avant le Covid. En octobre, on a vraiment lancé notre saison avec le fonctionnement habituel : une production maison sur le premier horaire de 19h (Intra muros d’Alexis Michalik) puis ensuite les Chiche Capons... Une semaine de Didier Super a été annulée — reportée fin janvier — car un de ses musiciens a eu le Covid bien qu’étant vacciné – ça nous a obligé à appeler 800 personnes, c’est un surplus de travail et ça a un impact économique. Mais on peut constater que les gens sont plutôt au rendez-vous. On commence à être un peu complet sur les samedis une semaine à l’avance. Je me l’explique, car on

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"Le Diable n’existe pas" de Mohammad Rasoulof : quatre morts et une seule vie

Drame | Un film en quatre temps et en crescendo pour montrer la banalité de la peine capitale en Iran, où la mort donnée sur ordres détruit par contrecoup bien des vies. Un conte d’une tragique beauté visuelle, douloureusement bien interprété, comme toujours chez Mohammad Rasoulof. Ours d’Or à Berlin 2020.

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

Un père de famille, époux et fils attentionné, exerce un métier peu commun ; un militaire cherche à éviter de participer à une exécution capitale ; un autre militaire profite d’une permission pour aller fêter l’anniversaire de sa fiancée ; une jeune femme expatriée débarque en pleine campagne pour faire connaissance avec son oncle malade… sans se douter de ce qu’elle va découvrir. Quatre courts-métrages se déroulant dans l’Iran contemporain, quatre histoires se répondant entre elles, quatre contes liés à la question de la peine de mort… De la contrainte naît la créativité — hélas ! Rasoulof a opté pour ce film en quatre tableaux afin d’éviter d’attirer l’attention sur son travail. Pour qui est familier du court-métrage (et de sa construction “à chute”, sans exécrable jeu de mot), son premier volet se révèle prévisible ; mis en perspective dans la globalité de l’œuvre, il prend une dimension davantage inquiétante contrastant avec son apparente douceur : la peine de mort est cette épée de Damoclès gangrénant le quotidien, menaçant tout le monde, et dont tout un chacun peut être malgré soi complice. Un

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Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

En salles | Les films à voir au cinéma cette quinzaine : notre sélection.

Vincent Raymond | Jeudi 2 décembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 1er au 14 décembre

★★☆☆☆ La Méthode Williams Qu’est-ce que ça bouge sur les écrans ! Espérons toutefois conserver un peu de stabilité pour les films, certains sortant à la vitesse d’un service des sœurs Williams (207 km/h). Celles-ci sont justement au cœur de La Méthode Williams, biopic autorisé de Reinaldo Marcus Green dans lequel Will Smith incarne leur père et coach Richard, promoteur d’une méthode destinée à faire dès le berceau de ses filles des championnes. La nécessité de créer des role models aux États-Unis, alliée au politiquement correct, abrasent les rugosités du personnage. Certes, il apparaît déterminé et doué d’une formidable vista, mais ses zones d’ombres avérées sont soit à peine évoquées, soit “arrangées” en extravagances de caractère. Dommage, car en instillant ces nuances dans le rôle, il y aurait eu davantage d’enjeu pour Will Smith. Et plus d’intérêt à coller à la vérité. Un film de Reinaldo Marcus Green (EU, 2h18) avec Will Smith, Saniyya Sidney, Demi Singleton ; sorti

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Une Fête des Lumières pour les enfants, aussi, au parc Blandan

Fête des Lumières | Un jardin rien que pour eux ! La Fête des Lumières pense aux enfants et les emmène au parc Blandan placé sous l'égide du groupe LAPS.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

Une Fête des Lumières pour les enfants, aussi, au parc Blandan

C’est la grande nouveauté de cette Fête des Lumières vue par la nouvelle municipalité : dans sa volonté de toucher de plus larges publics qu’auparavant ("empêchés" ou âgés...), les enfants se voient dédier un programme spécial au parc Blandan. Jusque-là, les gones montaient sur les épaules de leurs parents pour échapper à la foule de plus en plus compacte depuis l’instauration du cordon sanitaire post-Bataclan. Seul Jérôme Donna avait créé pour eux un extraordinaire jardin d’enfants sur la montée de la Grande Côte en 2011, où prenaient vie avec des tubes lumineux colorés les contes les plus célèbres. Cette année, c’est dans la partie haute de cet espace du 7e arrondissement ouvert en 2014 et agrandi en 2019 que dix installations représentant dix j

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"La Croisade" avec Louis Garrel au Pathé Bellecour

Avant-Première | Parmi tous les films sortis (ou annoncés prochainement) figurant dans l’éphémère section “pour le climat” du dernier Festival de Cannes, un seul tranche (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

Parmi tous les films sortis (ou annoncés prochainement) figurant dans l’éphémère section “pour le climat” du dernier Festival de Cannes, un seul tranche avec la multitude de documentaires “concernants”… et c’est une fiction, à la fois cocasse et poétique, signée par Louis Garrel : La Croisade. Par ailleurs interprète du film, le réalisateur vient présenter au Pathé Bellecour le vendredi 3 décembre à 20h ce bref long-métrage (1h07) très réussi dans lequel des enfants s’emparent de la question environnementale scandaleusement désertée par les adultes, quitte à bousculer leurs aînés — à raison. On notera avec émotion qu'il s’agit de l’une des ultimes collaborations avec l’immense scénariste Jean-Claude Carrière.

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L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Ciné-Café | Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 2021

L'Aquarium propose une soirée Bis, une vente de DVD et du documentaire

Peur d’un décembre frisquet ? Les moelleux canapés du ciné-café croix-roussien L'Aquarium accueillent les amateurs pour quelques séances réconfortantes et toujours aussi éclectiques, qu’il s’agisse de la projection d’un désopilant classique (Certains l’aiment chaud le 2 décembre) ou de soirées quiz (samedi 11 : les médias et le cinéma). Bonne nouvelle, il programme également la nouvelle mouture du festival de court-métrage documentaire organisé par l’Université Lyon 2 — une sordide affaire ayant impliqué le créateur de Doc en Court à la rentrée. Sans doute cornaqué par une nouvelle équipe, le rendez-vous désormais baptisé Lumidoc renaît pour trois soirées les 14, 16 et 17 décembre. L’Aquarium, dont on rappelle qu’il est aussi une vidéothèque, organise samedi 18 décembre de 10 à 19h un immense déstockage en se délestant de plus de 3 000 DVD à 3€ pièce. De quoi attirer une foule de Pères Noël et légitimer la pétillante soirée Bis du lendemain, dont l’affiche compte

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La Japan Touch et le Salon de l’Asie, les cultures asiatiques à l'honneur

Salon | Le rancard des Japan lovers est de retour à Eurexpo. 30 000 m² dédiés à la culture asiatique les 27 et 28 novembre, à travers un archipel de stands et animations.

Louise Grossen | Vendredi 26 novembre 2021

La Japan Touch et le Salon de l’Asie, les cultures asiatiques à l'honneur

Les temps forts du Salon de l'Asie ? Les spécialités culinaires, évidemment, avec l'événement Asian Kitchen (21 restaurants et bars asiatiques qui en font le plus grand food court asiatique de France) mais aussi une ribambelle d’activités. Cette année, focus sur les arts martiaux pour lesquels un espace géant est dédié : tatamis, musée des arts martiaux, aire de sumos, reconstitution d'un dojo et de deux campements féodaux japonais et coréen avec tir à l’arc, tambours, calligraphie et sabre. Côté Japan Touch, la culture nippone sera mise à l’honneur au travers d’animations pour toute la famille. Mangas, jeux vidéo et concours de cosplay pour certains, rencontre avec des stars de l’anime pour d’autres (la comédienne Stéphane Excoffier doubleuse de la célèbre Monkey D Luffy dans

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Neuf spots où fêter le beaujolais nouveau à Lyon ce jeudi

Vin Nature | Voici venu le troisième jeudi de novembre — aka "le Beaujolais nouveau". Cette année, la procession est annulée. On ne percera pas à minuit les tonneaux, pour cause de Covid. Mais quand le soleil se lèvera, on pourra voir ce que les vins primeurs (ceux tout juste fermentés, pas très élevés !) ont dans le ventre. Le beaujo nouveau est synonyme d’excès. Par exemple, ceux d’un vignoble ivre de chimie et de tripatouillages — les fameuses levures qui donnent la banane ! Mais il pourrait aussi bien signifier autre chose. Après tout, le beaujolais est l'une des patries du vin dit "naturel", lequel a souvent mis à son service la macération carbonique — technique de vinification beaujolaise qui sied aux primeurs, on vous laisse wikipédier. Alors pourquoi pas cette année miser sur un beaujo nouveau non épris de chimie ? Suivez le guide.

Adrien Simon | Mercredi 17 novembre 2021

Neuf spots où fêter le beaujolais nouveau à Lyon ce jeudi

Jaja Cave C’est l’une des fonctions de cette cave/galerie fraîchement ouverte dans le Vieux-Lyon par Antoine Kochen et Chloé Courbière que d’accueillir des événements. Sans surprise, Jaja se saisit de l’occasion pour étendre ses horaires (jusque 22h) et faire goûter une demi-douzaine de primeurs, ceux de Romain Zordan, vers Fleurie, ou des frères Soulier, dans.. le Gard. 5 quai Fulchiron, Lyon 5e Vercoquin Le pionnier du vin nat’ lyonnais n’allait tout de même pas faire l’impasse sur un 17e beaujo' nouveau. Frédéric Lignon fera goûter jeudi en journée quelques primeurs, par exemple ceux de Fabien Forest ou des Dufaitre — à glouglouter avec une tranche de saucisson. À emporter, il y a de quoi s’amuser, et si ce n’est pas en beaujolais ce sera dans une autre région proposée par cette cave sans fond. 33 rue de la Thibaudière, Lyon 7

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Tardi et Grange dédicacent chez Expérience

Bande Dessinée | Certes, c'est loin d’être la première fois qu’ils collaborent sur un projet, qu’il soit personnel, politique ou artistique, mais chacun d’entre eux mérite (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Tardi et Grange dédicacent chez Expérience

Certes, c'est loin d’être la première fois qu’ils collaborent sur un projet, qu’il soit personnel, politique ou artistique, mais chacun d’entre eux mérite d’être considéré. Et leur venue d’être signalée : Jacques Tardi, l’un des très rares auteurs français de BD à figurer au Temple de la renommée Will Eisner — lui qui ne prise guère les honneurs, ça pose quand même son bonhomme — et sa compagne Dominique Grange, à la fois scénariste, chanteuse et militante historique font en effet une escale à la librairie Expérience ce lundi 22 novembre de 17 à 19h pour présenter leur nouveau rejeton, après notamment les albums livre/CD N’effacez pas nos traces et Le Dernier Assaut. Baptisé Elise et Les Nouveaux Partisans, il raconte le parcours d’une jeune chanteuse découvrant l’engagement politique durant les événements de mai-1968. Toutes ressemblances avec une certaines Dominique G. ne seraient que non fortuites…

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"Oranges Sanguines" de Jean-Christophe Meurisse : pas de quartier !

Comédie | Deuxième incursion du maître de La Compagnie des Chiens de Navarre au cinéma après le bancal Apnée, Oranges Sanguines rectifie le tir pour viser juste dans plusieurs directions à la fois : politique, économie, famille, adolescence… Un tableau acerbe et féroce de la société française, façon puzzle.

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Pendant qu’un ministre des Finances tente de gérer en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique (en clair, ses fraudes fiscales), un couple de vieillards surendettés essaie de se sortir de sa mouise en participant à un concours de rock. Et une adolescente rêve à sa première fois. Mais, méfiance, dans la campagne profonde, un frappadingue attend son heure pour commettre des agressions sexuelles. La France, en 2021… Passer des planches à la caméra est rarement une sinécure pour les metteurs en scène, qui doivent apprendre à changer de dimensions : réduire les trois dimensions de la scène à deux pour l’écran, et puis dompter le temps à coup d’ellipses et de montage. Jean-Christophe Meurisse avait sans doute besoin d’ajustements à l’époque d’Apnée, objet peu mémorable aux faux-airs de prototype ; il en a tiré de vertigineuses leçons pour ces Oranges

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Villeurbanne prend la lumière

Politique Culturelle | La première partie du programme de Villeurbanne, Capitale française de la culture a été dévoilée par le maire, Cédric Van Styvendael.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 novembre 2021

Villeurbanne prend la lumière

Passé l'exaltation de la victoire, il a fallu pour les équipes de la Ville et des structures culturelles de Villeurbanne se remettre au boulot et faire d'un dossier une réalité. Ce qui, bien sûr, est beaucoup plus complexe. L'avantage, c'est que le maire et ses équipes de campagne avaient planché sur un programme culturel dense et dépourvu de nouvel événement type festival pour mieux viser le maillage du territoire et le long-terme, hormis un festival du numérique abandonné en cours de route face aux critiques et finalement ressorti du chapeau pour l'occasion sous le noms Les IRréels. Bref, il y avait les fondations, il y avait les idées pour construire, il a fallu charpenter l'ensemble et même si ce n'est pas fini, on commence à mieux saisir tout ce qui se déroulera au fil de cette année 2022. Les IRréels Il y a donc ces IRréels, un festival du numérique qui se déroulera du 7 au 10 juillet et sera porté par le Pôle PIXEL, où seront croisées expériences personnelles des Villeurbannais et œuvres d'artistes, avec du jeu vidéo, de la réalité virtuelle, des performances audiovisuelles. Même si c'est encore trè

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Les ombres et les lumières de Vania Vaneau

SCENES | La danseuse et chorégraphe Vania Vaneau présente du 30 novembre au 4 décembre sa création Nebula, solo pour aller au plus près de la nature. Elle nous explique comment elle extrait, avec son corps, un peu d’espoir dans ce monde atomisé.

Article Partenaire | Lundi 15 novembre 2021

Les ombres et les lumières de Vania Vaneau

Nebula de Vania Vaneau, 2021, Passages Transfestival, Metz © Raoul Gilibert-3147 Vous avez travaillé en trio pour Ora (Orée) (2019), en duo pour Ornement (2016), vous allez livrer un solo. Est-ce que cela a été décisif au moment de penser Nebula ? Comment c’est arrivé ? L’expérience du trio est un partage duquel je sortais pour regarder et maitriser la forme de l’extérieur. Et pour Nebula, j’ai eu envie de revenir à un solo car c’est plus personnel. J’avais besoin de travailler dans un élan plus intuitif, une impulsion un peu plus consciente. C’est plus simple d’être seule pour cela. C’est parce que vous avez l’intuition de travailler en solo que vous êtres allée vers ce sujet de la nature que vous dites « déjà détruite » ou c’est ce sujet qui vous conduit à la forme du solo ? C’était les deux en même temps. Il y a un état d’urgence de quelque chose qui est fini, détruit et le devoir de répondre à ce sentiment apocalyptique avec un élan, une action, le jeu. Le solo est le plus approprié pour cela mais je travaille étroitement avec les compositeu

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La mélancolie de Léonie Pernet à l'Opéra Underground

Pop Électronique | Infiné n'en finit plus d'assouvir nos passions mélomanes pour les chemins de traverse, œuvrant aux confins des musiques électroniques, du contemporain et de (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 18 novembre 2021

La mélancolie de Léonie Pernet à l'Opéra Underground

Infiné n'en finit plus d'assouvir nos passions mélomanes pour les chemins de traverse, œuvrant aux confins des musiques électroniques, du contemporain et de la sono mondiale, constituant un laboratoire fort pertinent de la création actuelle. Un labo accueillant depuis trois ans en collaboration avec le label Crybaby les pas de côté d'une jeune artiste auparavant repérée par le label Kill the DJ de Fany Corral, épatante tête chercheuse. Cette jeune femme, c'est Léonie Pernet, autrice d'un premier album baptisé Crave en 2019 qui l'avait d'emblée posée sur la carte des productrices les plus influentes du pays. Son successeur, Le Cirque de Consolation, paraît ce vendredi 19 novembre — la veille de son passage à l'Opéra Underground qui devrait rayonner de ses volutes électroniques couplées à des influences africaines ou orientales, développées au fil d'un disque où elle chante aussi beaucoup plus : c'est forcément pop, aussi. Femme de goût, Léonie Pernet a confié son dernier clip en date, Hard Billy, à l'épatant réalisateur Jean-Gabriel Périot — expert en cut-up d'mages d'archives

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Marie-Julie Michel, dessins-vertiges à la Galerie 1111

Dessin | En quelques dessins seulement, Marie-Julie Michel nous plonge dans l’infini. Rien moins ! Exigeant chacun plusieurs centaines d’heures de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Marie-Julie Michel, dessins-vertiges à la Galerie 1111

En quelques dessins seulement, Marie-Julie Michel nous plonge dans l’infini. Rien moins ! Exigeant chacun plusieurs centaines d’heures de travail, ses dessins sont composés de minuscules motifs répétés indéfiniment, et évoquant plus globalement (quand on les regarde avec un peu de recul) quelques formes abstraites (cercles, ondulations, etc.). De près, on s’immisce dans un champ de particules, une carte de l’infini, un monde aussi simple que foisonnant… Une magie hypnotique opère, le regard se prend de vertiges… Pourtant, il y a dix ans encore, rien ne destinait Marie-Julie Michel (née en 1979, vivant à Lyon) à un tel travail créatif, elle n’était pas encore artiste. C’est après une grave maladie pulmonaire que la jeune femme se met à dessiner, pour exorciser son mal au début, de manière plus délibérée ensuite. Proches du monde cellulaire, de l’infiniment petit comme de l’infiniment grand (on pense parfois à des cartographies de constellations), ses œuvres se déclinent en dessins et aussi en sculptures. Au 1111, elles dialoguent avec deux

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Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

En salles | C'est la clef, dit-on, du succès d’un film. Bien plus que les critiques — voilà pourquoi on les cite pour l’alimenter. Mais le bouche à oreille peut aussi évoquer des histoires de bouches… et d’oreilles…

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

Voix et parole vont souvent de pair, en particulier dans le vocable politique. En pleine précampagne électorale, Jean-Christophe Meurisse des Chiens de Navarre sort avec Oranges sanguines (17 novembre) un bijou corrosif évoquant (notamment) la figure du politique et son usage de la langue de bois à travers un ministre gérant en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique. Volontairement “impur” dans sa forme — une construction de saynètes rend le fil de sa narration discontinu, mais l’effet mosaïque en résultant sert admirablement le propos — ce film choral restitue l’impureté de la chose publique, les arrangements boiteux, les masques sociaux et l’hypocrisie ambiante dont, pourtant, personne n’est dupe. Dialogue, distribution, jeu sont impeccables, et si l’on rit devant ces polaroïds du cynisme contemporain érigé en norme, c’est jaune : qui est le plus monstrueux ? Chacun fabrique le monstre de son prochain. Tragiquement drôle ! Oh, ouïe, encore ! À la même date, mais plus près des tympans, une rom’-com’ charmante, cocasse et touchante de et avec

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Le Troquet des Sens, rénové

Bar à Vin | L’historique bar à vin naturel sort du confinement rénové : les murs et les assiettes ont changé. La cave, c'est heureux, reste toujours bien garnie.

Adrien Simon | Jeudi 18 novembre 2021

Le Troquet des Sens, rénové

Il y a dix ans à Lyon, le vin naturel n’était pas encore à la mode. Mais le Troquet des Sens, bar-restaurant du quartier d’Ainay avait déjà deux ans d’âge. Le rouge, le blanc, ont coulé sous les ponts… Des bouteilles de Ganevat, de Lapierre, de Dard & Ribo : les historiques. Qu’on retrouve toujours à la carte d’un Troquet qui s’est rénové : « ça n’avait pas de sens d’ouvrir à demi-jauge [NdlR : ce qu’imposaient alors les mesures sanitaires], alors Matthieu et Florian [NdlR : les fondateurs] ont préféré fermer [en octobre 2020]. Et quitte à fermer ils ont tout refait » explique Jean, le sommelier, qu’on croisait ces derniers mois du côté d’Odessa (sur les Pentes). « Tout refait », c’est-à-dire l’intérieur, que l’on doit au studio Johany Sapet (dont le travail fut remarqué au Bistrot du Potager Gerland), les assiettes (signées par la céramiste Inès Levézier) et ce qu’il y a dedans : le midi un menu bistrotier, le soir des assiettes à partager, comme de sympathiques poireaux-vinaigrette, à l’ail noir, deux belles poignées de coques juteuses relevées de gingembre et citronnelle, d’une toute simple ass

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La Bijouterie, enfin le retour

Restaurant | Le restaurant multi-primé La Bijouterie s’est offert un lifting de rentrée. Son chef Arnaud Laverdin en profite pour proposer un menu du soir toujours plus élaboré, alors qu’au déjeuner il se transforme en Mr Baoshi, avec une courte carte de brioches vapeurs à emporter.

Adrien Simon | Mercredi 17 novembre 2021

La Bijouterie, enfin le retour

L’histoire commence en 2015. En remontant la rue Hippolyte-Flandrin, on avait vu sur le trottoir la longue silhouette d’Arnaud Laverdin penchée au-dessus d’un fumoir : il préparait le chocolat de son dessert. C’était devant son tout nouveau, tout premier, restaurant : La Bijouterie. Avec des couverts dorés, on y bectait le midi des "bijoux", des dim sums enluxés ; et le soir ? une succession de petites assiettes, à l’accent un peu provocant. Deux mois après son ouverture, La Bijouterie accrochait déjà un prix, celui du guide du Fooding. L’histoire se répétera pour Sapnã que Laverdin ouvrira quelques années plus tard, à quelques mètres. Depuis, il semble avoir brassé dans le succès, toujours cité par la presse nationale dans les listes des "tables qui font bouger Lyon". On fut surpris de constater qu’en pleine rentrée post-Covid, La Bijouterie restait fermée, sa vitrine barrée d’une affiche noire annonçant un retour, un jour. Du fait de la crise s

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"L'Evénement" de Audrey Diwan : la peur au ventre

Drame | Mûrie de longues années par Audrey Diwan, cette adaptation d’Annie Ernaux saisit l’ascèse et la précision de l’autrice, pour la transmuter en portrait dépourvu de pathos d’une éclaireuse engagée malgré elle dans une lutte à la fois intime et secrète. Un souffle de vivacité autour d’un sujet toujours brûlant — l’avortement. Un Lion d’Or à Venise à la clef.

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Brillante élève, Anne ambitionne de suivre des études de lettres et de devenir écrivaine. La découverte d’une grossesse totalement inattendue menace ses plans, mais dans la France provinciale de 1963, avorter est un crime passible de prison pour qui le commet et qui le facilite. Entre secret, honte, et résolution, Anne tente de trouver des informations, de l’aide, des solutions… Tout pour que son avenir ne soit pas obéré par un événement non désiré… Trente-trois ans plus tard, un même regard. Qui interpelle et prend à témoin le public. Deux femmes, comme deux faces d’une même pièce, liées par leur “condition” et singulièrement par une postérité comparable. Deux affiches de films distingués à Venise qui se répondent en nous tendant un miroir. Et résonne en sourdine la terrible mise en garde de Simone de Beauvoir : « n’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » En 1988, Une affaire de femmes de Claude C

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Audrey Diwan : « ce que je voulais, c’est être à l’épure »

L’Événement | Parmi les invités d’honneur du 30e festival de Sarlat, la réalisatrice Audrey Diwan tout juste laurée de son Lion d’Or à la Mostra de Venise pour le coup de poing L’Événement — est au centre de toutes les attentions depuis que Bac Nord (qu’elle a coscénarisé) triomphe au box-office. L’occasion de reprendre avec elle le fil d’une conversation entamée en 2019 entre Avignon et Gérardmer…

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Audrey Diwan : « ce que je voulais, c’est être à l’épure »

Lors de notre précédente discussion, à l’époque de Mais vous êtes fou, vous évoquiez déjà votre travail sur l’adaptation de L’Événement… Audrey Diwan : J’avais déjà commencé il y a deux ans ? Au bout d’un moment on ne sait plus : comme les livres, les films et les histoires d’écriture nous portent, c’est difficile de circonscrire la période de travail. Quand j’ai commencé à écrire, je pensais au livre depuis longtemps — je l’avais lu quelques années avant. L’angle que vous avez choisi, c’est raconter l’histoire dans le film au présent alors que le récit par Annie Ernaux dans le livre est au passé… Je crois que c’est la clé que je cherchais. D’abord, c’est toujours complexe de mettre en scène l’auteur cherchant son œuvre — mais ça peut se faire. Ensuite, ce qui me plaisait moins dans cette idée, et la raison pour laquelle j’ai élagué cette partie du texte, c’est que si j’avais montré Annie Ernaux en train de regarder cette histoire, je l’aurais mise dans le rétroviseur, donc j’en aurais fait une histoire passée. Or ce qui m’intéressait, c’éta

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Le Réverbère, 40 ans d’images

Photographie | Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Le Réverbère, 40 ans d’images

Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de ses (anciens ou actuels) assistants et assistantes de présenter, chacun sur une cimaise, leur florilège d’images produites par la galerie. L’exposition est prolifique, variée, et ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on redécouvre des photographies vues dans d'anciennes expositions du lieu : quelques chefs d’œuvre coups de poing de William Klein, quelques éclats poétiques de Bernard Plossu, des portraits émouvants d’Arièle Bonzon, des jeux de reflets en abyme du Canadien Serge Clément, des compositions au cordeau de Pierre Canaguier… La sélection la plus osée et la plus troublante est signée Aurélie Sannazzaro qui met en avant le corps : corps érotique, corps pornographique, corps fragile et blessé, corps fragmenté… On y revoit l’un des plus beaux diptyque de Denis Roche, quelques nus de Jacques Damez, et ces genoux photographiés par

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À la Librairie Descours, les passagers de la nuit signés Perrine Lamy-Quique

Littérature | Livre-enquête, cold case littéraire, récit choral, c'est dans une forme singulière que la professeure de lettres et de cinéma lyonnaise Perrine Lamy-Quique rouvre, avec Dans leur nuit, le dossier du drame de Passy. Une avalanche qui en 1970 emporta une partie d'un sanatorium haut-savoyard et une cinquantaine d'enfants. Aussi suffocant qu'édifiant.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 novembre 2021

À la Librairie Descours, les passagers de la nuit signés Perrine Lamy-Quique

Il y a des années comme ça, qui ressemblent à un calendrier de l'avent : où que l'on pioche, une catastrophe. C'était l'année, 1970, où la France perdit le 10 novembre son timonier, le grand Charles, rangé des affaires politiques un an plus tôt. Surtout, l'année où le pays sembla immoler sa jeunesse dans des catastrophes dictées par le sort. Le 10 février, une avalanche emporte le centre UCPA de Val d'Isère et fait 39 morts. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, un incendie ravage le 5-7, une boîte de nuit iséroise – la proximité du drame avec le décès de De Gaulle inspirera la célèbre épitaphe de Charlie Hebdo « Bal tragique à Colombey : un mort ». Avant cela, le 16 avril, un glissement de terrain emporte une partie du sanatorium du plateau d'Assy, en Haute-Savoie, où l'on soigne la tuberculose par le grand air parce que 1970 c'est déjà un autre temps. On déplore 71 morts, dont 56 enfants. C'est ce drame, partiellement tombé dans l'oubli – une stèle digne de ce nom n'y a été érigée qu'en 2019 – dont Perrine Lamy-Quique a choisi de raviver la mémoire. En convoquant le réel sans absolument aucune afféterie.

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Au tour du Lou Rugby de lancer son festival avec Vivendi

Stadium de Gerland | Après l'OL de Jean-Michel Aulas qui a annoncé s'associer à Live Nation pour produire les événements de son Arena à Décines, c'est au tour du Lou Rugby d'Olivier Ginon de se lancer dans la production de concerts dans son stade en compagnie d'Olympia Production, filiale de Vivendi : la bataille du divertissement est déclarée à Lyon.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 novembre 2021

Au tour du Lou Rugby de lancer son festival avec Vivendi

La programmation sera dévoilée le mardi 12 novembre, les dates aussi. Ce jour-là, Yann Roubert, le président du Lou Rugby, sera accompagné de Christophe Sabot, président d'Olympia Production. Tous deux annonceront la création d'un festival en 2022 devant se dérouler au Stadium de Gerland, mais pas seulement, puisque l'association entre les deux entités concerne également de « futurs grands événements musicaux » en plus de ce festival. Quelques semaines après l'annonce de la collaboration entre la multinationale du divertissement Live Nation et l'Olympique Lyonnais pour la future Arena de Décines devant sortir de terre en 2023, c'est donc un nouveau coup de tonnerre qui s'annonce dans le paysage des concerts et festivals à Lyon. Déjà, car une deuxième multinationale du divertissement s'installe en ville — Oly

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Festival du Film Court de Villeurbanne : Level 42

Court-métrage | Dans H2G2, la bible de Douglas Adams, 42 était la réponse à la « question ultime sur le sens de la vie ». Peut-on alors parler hasard si le millésime 2021 du Festival du film court correspond à sa 42e édition ? Non point, puisqu’il a été créé en 1980. Tout se tient !

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Festival du Film Court de Villeurbanne : Level 42

Depuis sa réouverture mi-mai, le Zola n’a pas chômé : il a rattrapé au printemps l’édition “40+1” du festival du film court (confiné l’an passé), animé un Summer Camp, reprogrammé début septembre ses Reflets du cinéma ibérique hivernaux, transformé en week-end son Ciné O’clock, et s’est mis en chasse d’un nouveau directeur ! Sans transition, il embraie avec l’édition “normale” de son historique rendez-vous du court. Comme d’habitude, le programme abonde de friandises (dont une carte blanche à Rafik Djoumi sur “Le monde d’après vu d’avant”, une longue nuit du cinéma bis) autour du cœur de la machine : la compèt’ animation et européenne. Quoi de neuf ? Doc ! Au vu de cette dernière, on comprend pourquoi après trois décennies d’éclipse l’Académie des César a décidé pour 2022 de réactiver un trophée pour le court-métrage documentaire : quasi inexistan

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Les Écrans du Doc : la passe de 10 au Toboggan

Documentaire | Mois du documentaire, suite, avec la très riche programmation concoctée par l’écran décinois, à l’avenant de la vitalité du genre, lequel reflète les préoccupations (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Les Écrans du Doc : la passe de 10 au Toboggan

Mois du documentaire, suite, avec la très riche programmation concoctée par l’écran décinois, à l’avenant de la vitalité du genre, lequel reflète les préoccupations flottant dans l’air du temps. Ainsi, on ne s’étonnera pas de voir les thématiques environnementales (Animal, I Am Grata, Bigger Than Us, Douce France, Une fois que tu sais, La Panthère des neiges…) et sociale (dans l’acception la plus large) s’adjuger la part du lion. Mais comme toujours dans le doc, ce n’est pas le militant qui fait le film, c’est la caméra — ou, plus précisément, l’art de voir et de donner à voir — voilà pourquoi il faut notamment découvrir Un peuple de Emmanuel Gras (en sa présence), formidable récit sociologique “autour” d’un groupe de Gilets jaunes qui confirme le talent hors normes de l’auteur du captivant Makala. Mais ce qui fait l'intérêt de ce festival — outre l’abondante qualité des films et des avant-premières —, c’est la densité des échanges qui leur sont associés : le documentaire se prêtant à la réflexion, il l

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Aux Clochards Célestes, l'enfance des genres par Jeanne Garraud

Théâtre | Quel rôle la société assigne à une mère fût-elle féministe et consciente des enjeux ? Pour son deuxième spectacle, Jeanne Garraud écrit sans faux-semblants, et pour quatre voix, une histoire autobiographique qui ne cesse de lorgner vers l'étrange.

Nadja Pobel | Jeudi 18 novembre 2021

Aux Clochards Célestes, l'enfance des genres par Jeanne Garraud

En février, Jeanne Garraud laissait le soin à ses quatre comédiens (tous de très haut vol !) le soin de dire ce qu'elle avait écrit quelques mois après la naissance de sa fille, en l'absence d'un père accaparé par le travail. Ce qui n'aurait pu être qu'une énième variation sur la découverte de la charge d'une mère ou, pire, un règlement de compte n'est rien de tout cela. Car celle qui fut chanteuse et qui a fondé sa compagnie de théâtre en 2018 avec un délicat spectacle de transition entre deux métiers — On entend les oiseaux lorsqu’on les écoute —, a eu l'intelligence de replacer cette situation, somme totale banale, dans un contexte plus global. Un soir Johanna reçoit avec son conjoint, pour la première depuis son accouchement, un autre couple : son propre frère et sa compagne qui est aussi la meilleure amie de cette jeune mèr

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Mode d'emploi : la vie des idées à la Villa Gillet

Festival | Nouveau brassage d'idées pour cette édition de Mode d'Emploi, porté par la Villa Gillet, autour des enjeux liés au journalisme et à la démocratie. En vedette : le journaliste américain William Finnegan, l'Historien Pierre Rosanvallon et une pléiade d'auteurs méditerranéens.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 novembre 2021

Mode d'emploi : la vie des idées à la Villa Gillet

Avec la venue de Richard Powers en préambule du festival, c'est sans doute le point d'orgue de Mode d'Emploi que la venue d'un autre prix Pulitzer en la personne de William Finnegan (le journaliste-surfeur a obtenu le prestigieux prix pour son autobiographie Jours Barbares). La plume du New Yorker, entre autres, y animera les journées du mercredi 17 et jeudi 18 novembre. D'abord, au Club de la Presse devant des étudiants en journalisme pour évoquer les nouvelles formes de récit long à l'œuvre dans le journalisme d'investigation – outre Jours Barbares, Finnegan a publié des ouvrages sur ses enquêtes en Afrique du Sud, au Mozambique, ou sur la pauvreté aux États-Unis —, ensuite lors de deux conversations-tables rondes à la Villa Gillet en compagnie d'

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Fête des Lumières 2021 : une nouvelle ère à bas-bruit

Fête des Lumières | Du 8 au 11 décembre la Fête des Lumières version élus EELV ressemblera aux précédentes avec les mêmes sites éclairés. Mais elle renouvelle en revanche grandement les artistes conviés pour plus de proximité et s'adresse aux petits dans le parc Sergent Blandan.

Nadja Pobel | Lundi 8 novembre 2021

Fête des Lumières 2021 : une nouvelle ère à bas-bruit

Il se dit « tellement content de pouvoir enfin parler de la Fête des Lumières ». Après y avoir cru jusqu'au bout l'an dernier et avoir dû l'annuler pour cause de crise sanitaire, Grégory Doucet présente enfin sa première Fête en tant qu'édile, le « premier grand événement culturel et festif gratuit et dans l’espace public de l'ère post-Covid » dit-il avec des pincettes sachant que les contaminations font encore des vagues — oubliant en route que le Tour de France (culturel en un sens) est déjà passé par Lyon en 2020. À première vue, cette Fête ne diffère pas des éditions menées sous les mandatures de Gérard Collomb et pilotées de main de maître par Jean-François Zurawik, dont le nom n'a pas été prononcé ce lundi matin lors de la conférence

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Les punchlines de Waly Dia à la Bourse du Travail

Humour | Le roi de la punchline et chroniqueur sur France Inter Waly Dia sera à l'affiche de la Bourse du Travail le vendredi 26 novembre avec son dernier spectacle, Ensemble ou Rien : 1h20 de one-man-show bien rodé, dynamique et incisif.

Louise Grossen | Mercredi 17 novembre 2021

Les punchlines de Waly Dia à la Bourse du Travail

Après ses prouesses inaugurales en 2011 dans On n’demande qu’à en rire, l'émission de Laurent Ruquier puis au Jamel Comedy Club l'année suivante, Waly Dia a sillonné la France avec un premier spectacle, produit par Jamel et baptisé Garde la pêche ! : un succès. Pour son deuxième one-man, Ensemble ou rien, l'humoriste n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal. Résultat ? Un spectacle juste, rythmé et brûlant d’actualité, qui se penche sur le vivre-ensemble et la diversité de la France. Celui qui était défini comme « l'étoile montante » du stand-up il y a quelques années impose désormais sa plume parmi les grands de l’humour. Premier constat : un public très hétéroclite. Entre les quadras fan de ses billets hebdo sur France Inter, les nerds amateurs d’Osmosis — série futuriste sur Netflix dans laquelle Waly tint un rôle récurrent, lui qui fait l'acteur par ailleurs —, quelques jeunes (ou moins jeunes) en date, le natif de Grenoble fait salle comble. Et fédère. Réfléchir À en juger par son entrée sur

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Old Time Relijun au Sonic : l'évanjile selon Dionyso

Indie Rock | C'est un monument d'indie rock tordu et libre comme l'air qui s'apprête à fouler la scène du Sonic en la personne d'Old Time Relijun et de son leader Arrington de Dionyso, artiste d'avant-garde, persécuté par l'arrière-garde crypto-fasciste.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 novembre 2021

Old Time Relijun au Sonic : l'évanjile selon Dionyso

Si l'on veut bien considérer le rock comme un monothéisme, alors sans doute dans les années 90, l'État de Washington en fut-il une terre sainte et la ville de Seattle, la Mecque fugace. Flanquée à quelques encablures de la Space Needle d'une autre ville sainte plus modeste. Car à une soixantaine de kilomètres de Seattle-la-Grunge, se trouve Olympia-l'indie, modeste bourgade de même pas 50 000 habitants, fief d'un label tout aussi sacré que le mythique Sub Pop : K records, fondé par Calvin Johnson (Beat Happening, Dub Narcotic Soundsystem), d'un autre pas moins célébré (Kill Rock Stars) mais aussi berceau du mouvement riot grrls et siège social de groupes comme Bikini Kill, Sleater-Kinney, The Go Team, The Gossip. Et d'un groupe légèrement plus underground, Old Time Relijun, fondé en 1995 par Arrington de Dionyso, chanteur, saxophoniste et plasticien, tout à fait dans l'esprit du coin. La musique d'Old Time Relijun figure un mélange entre les éructations fondues du

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À la découverte des abordables Monts du Lyonnais

Rhône | Plus discrets, moins rutilants que les Monts d'Or, les Monts du Lyonnais se prêtent au jeu trouble de l’automne (ok c'est joli ces feuilles orangées, mais on se caille, non ?). Balade au-dessus de Mornant sur la ligne des crêtes entre le col de la Luère et Riverie, à une demi-heure de Lyon.

Nadja Pobel | Jeudi 18 novembre 2021

À la découverte des abordables Monts du Lyonnais

Le grenier de Lyon À regarder la carte des Monts du Lyonnais, surgissent les mêmes noms de communes que sur les étals des marchés de producteurs de Lyon : Rontalon, Thurins, Taluyers, Orliénas... C'est que cette zone coincée entre Rhône (le fleuve) et Loire (le département) à l'est et l'ouest — et le Parc naturel régional du Pilat et le Beaujolais au sud et au nord —, est essentiellement agricole comme en témoignent les serres qui parsèment (sans défigurer) les champs à perte de vue. C'est aussi un lieu d'élevage qui donne à ses légumes (et fraises, framboises, pommes, poires, pêches...), viandes, volailles, charcuterie et produits laitiers (ah, les fromages de chèvre de Rontalon qu'on retrouve sur la place Carnot le mercredi !) une marque : Le Lyonnais Monts et Coteaux. Et le vignoble des Coteaux du Lyonnais est une AOC/AOP, celui des Collines rhodaniennes une IGP. Depuis les années 1950-1970, le territoire a été adapté pour notamment favoriser l’irrigation et pérenniser l’agriculture. Cela se fait dans le respect de l’env

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Les mercredis de l'Anthropocène, saison 6

ACTUS | Place à la sixième saison des Mercredis de l'Anthropocène ! Le cycle de rencontres et dialogues proposé par l'Ecole urbaine de Lyon invite à mieux comprendre les mondes urbains anthropocènes du 27 octobre 2021 au 31 décembre 2021.

Article Partenaire | Jeudi 4 novembre 2021

Les mercredis de l'Anthropocène, saison 6

Tour d’horizon de ces rendez-vous hebdomadaires devenus incontournables où chercheurs et spécialistes de tous horizons croisent leurs paroles, pointent des problématiques et mettent au jour des solutions. L'objectif : faire dialoguer chercheurs et société civile sur les thématiques emblématiques de l'urbainanthropocène, du numérique à l'économie sociale et solidaire en passant par le changement climatique… La programmation NB : Tous les rendez-vous durent environ 1h, de18h30 à 19h30. Rendez-vous à Hôtel71, sauf le 10 novembre au Collectif Item. Voilà déjà deux mois qu’économistes, sociologues ou ingénieurs agronomes se réunissent à l’Hotel71 pour dialoguer autour des solutions de demain et la programmation de Décembre ne sera pas moins fournie. En décembre ? Trois rendez-vous immanquables : Tandis qu’artistes et scientifiques se saisissent des grands enjeux du siècles (le 1er décembre), deux expertes, Natacha Gondran et Valérie

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"Les Éternels" de Chloé Zhao : combat land

Marvel | Après Thanos, une nouvelle menace s’abat sur la Terre. Mais pas de panique, un autre groupe de super-héros va faire le job. Ni Dune, ni dieux, Chloé Zhao adapte le premier volet de la série signée par l’alter ego de Stan Lee, le dessinateur Jack Kirby. Et ça fonctionne plutôt bien si l’on excepte quelques concessions à l’air du temps…

Vincent Raymond | Vendredi 5 novembre 2021

En “sommeil” depuis des siècles, les Éternels — un groupe d’êtres surnaturels envoyés par une entité cosmique sur Terre pour la protéger des Déviants, de féroces prédateurs — se réactive et se reforme lorsque une escouades de monstres qu’ils croyaient exterminés, se met à les attaquer, prenant la vie de leur cheffe, Ajak. Commence une implacable traque autour du monde, ainsi qu’un compte rebours dont le déclenchement s’est lancé à leur insu des millénaires plus tôt… Nouvel aiguillage dans le MCU : après Avengers : Endgame (2019) se soldant par la défaite de Thanos, les Éternels relèvent le gant — expliquant au passage pourquoi ils n’ont jamais interféré dans les affaires du réducteur de populations de l’univers : bons petits soldats, il devaient s’en tenir à la mission assignée par leurs boss, Arishem. Comme dans chacune des branches marvelliennes, il s’agit donc pour une poignée de super-veilleurs de sauver notre planète d’une entité résolue à l’asservir ou la détruire ; les humains “ordinaires” (c’est-à-dire non mutants) étant à nouveau des sous-produits narratifs : tout

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Scènes Découvertes, balle au centre

Politique Culturelle | La Ville de Lyon a décidé de remettre en jeu le label des huit Scènes découvertes de la cité. Pour chacune d'entre elles, l'enjeu est important tant l'aide financière et la mise en réseau bénéficient à ces structures souvent fragiles mais au travail sur l'émergence primordial.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 novembre 2021

Scènes Découvertes, balle au centre

Le dispositif Scènes découvertes est l'une des grandes réussites des mandats successifs de Gérard Collomb et de l'adjoint à la Culture qui a initié ce projet, Patrice Béghain. Initié en 2002, l'opération visait à aider les jeunes artistes à trouver de premières scènes, s'épanouir, répéter mais aussi à se faire repérer par des professionnels sensibilisés à la programmation de ces lieux labellisés. Une sorte de "second palier", après la formation, avant le passage vers une vie d'artiste professionnel. Un sas de transition dont l'autre but était bien évidemment d'offrir au public lyonnais un regard permanent sur les bouillonnantes scènes artistiques locales à moindre coût. Le tout, avec le soutien financier et une aide à la communication de la Ville de Lyon. La Drac abondait aussi financièrement. Au départ, seules les salles de théâtres étaient concernées : Les Clochards Célestes, l'Élysée, l'Esp

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