Dalida : “Moi je veux mourir sur scène”

ECRANS | Un film de Lisa Azuelos (Fr, 2h04) avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Photo : © Luc Roux


Une bonne décennie après la mini-série télévisée de Joyce Buñuel, pourquoi diable entreprendre un nouveau biopic sur Dalida ? Si grâce à son producteur de frère la discographie de feue Iolanda Gigliotti s'est enrichie d'une vingtaine de titres — performance remarquable pour une artiste décédée en 1987 —, force est de reconnaître que Lisa Azuelos n'a rien à nous apprendre de nouveau. Entre deux séquences clipées hachant son ascension, la réalisatrice se borne à dévider l'existence malheureuse de la chanteuse en suivant un double-fil pas vraiment cachemire : c'était une collectionneuse de relations autodestructrices, mais aussi une femme de tête en quête de stimulations intellectuelles… Wow…

Entonnant volontiers le couplet de la star adulée échouant de naufrage sentimental en fiasco amoureux, le film transforme Dalida en une sorte de Pierre Richard tragique, accumulant avec brio les amants suicidés sous l'œil noir d'un Orlando plus vrai que nature — Riccardo Scamarcio est, avec Vincent Perez en Barclay et Timsit en Coquatrix, l'un des seuls attraits du film. Difficile d'éprouver de la compassion pour sa solitude quand on pense aux Malheurs d'Alfred.

N'accablons pas la malheureuse Sveva Alviti, qui s'applique à lire des ouvrages de philosophie en prenant des notes, mais être italienne et rouler les “R” comme son modèle ne suffit pas à le personnifier ou à seulement évoquer sa silhouette. Trop longiligne, la belle affiche en outre un regard au parallélisme sans défaut. Or, une Dalida sans strabisme, c'est comme un bon repas auquel il manquerait du fromage. On laissera ce pensum aux fans transis de la diva du Nil et aux malheureux votants de l'Académie de César l'année prochaine à la même période.


Dalida

De Lisa Azuelos (Fr, 2h04) avec Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio... De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe no 1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de « Gigi l’Amoroso » en 1974, le film DALIDA est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire … Une femme moderne à une époque qui l’était moins... Malgré sa disparition tragique en 1987 Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.
Pathé Vaise 43 rue des Docks Lyon 9e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Gavalda remix : "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part"

Drame | Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette (une prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte), Mathieu, employé timide et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Gavalda remix :

En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions (oui oui) de lecteurs — voire adulateurs — de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcément pourvues d’une gentilhommière en province ou en grande couronne, où l’on se rend pour les anniversaires d’ancêtres et la Noël (et les chamailleries afférentes). Il y a quand même une douce contradic

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Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Mon bébé | Enfant de la balle dont les deux parents sont cinéastes, Thaïs Alessandrin est à la fois l’inspiratrice et l’interprète principale du nouveau film de sa mère Lisa Azuelos. Un premier “premier rôle“ dont elle s’acquitte avec un beau naturel. Normal : c’est le sien. Rencontre.

Vincent Raymond | Mercredi 13 mars 2019

Thaïs Alessandrin : « avec ce film, on a mis de la conscience sur notre séparation »

Jade vous emprunte des traits personnels, notamment votre fascination pour Godard puisque vous rejouez l’ouverture du Mépris. Avez-vous cependant souhaité retrancher du scénario des éléments qui vous semblaient trop proches de vous ? Thaïs Alessandrin : Retranchés, non… Mais il y a une chose que j’aurais aimé davantage montrer : ma relation avec mon grand frère. On n’en montre qu’un aspect, alors qu’elle est beaucoup plus complète, plus intense et plus forte, du fait que l’on a peu d’écart. À part cela, il n’y a rien que j’aurais voulu changer. Quant à Godard, mais aussi tout le cinéma français des années 1960 jusqu’aux années 1980, ça a vraiment été une grande découverte pendant mon année de terminale. J’ai été émerveillée par ce monde, fascinée par les couleurs et les histoires de Godard en particulier dans Le Mépris. Faire ce clin d’œil à Godard et à Brigitte Bardot (pour qui j’éprouve également une grande admiration) était important pour moi. Je trouvais la scène assez drôle… Comment avez-vo

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Sandrine Kiberlain, les liens du sans : "Mon Bébé"

Comédie Dramatique | De Lisa Azuelos (Fr, 1h27) avec Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Sandrine Kiberlain, les liens du sans :

Jade va passer le bac. Et ensuite ? Direction le Canada pour ses études. Comme elle est la dernière des trois enfants à quitter la maison, sa mère Héloïse commence à angoisser à l’idée de la séparation. Et de la solitude : Héloïse vit sans mec, et a de surcroît un père en petite forme… Il aura fallu à Lisa Azuelos une tentative d’éloignement d’elle-même (le faux-pas Dalida) pour se rapprocher au plus près de ses inspirations, et signer ce qui est sans doute son meilleur film. En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver : égarée dans l’incertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente d’emmagasiner (avec son téléphone) le plus d’images d’un présent qu’elle sait volatil. Dans le même temps, elle est gagnée par une tendre mélancolie : des souvenirs de Jade petite se surimprimant par bouffées soudaines sur sa grande ado. Grâce à ces flash-back doucement intrusifs, contaminant le présent

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Placebo la vie : " Euforia"

Mélo | De Valeria Golino (It, 1h55) avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Placebo la vie :

Entrepreneur fortuné évoluant dans le milieu de l’art, Matteo mène une existence de plaisirs loin de son village d’origine. Lorsqu’il apprend que son frère est condamné par la maladie, il le fait venir chez lui et lui fait croire à un traitement miracle. Mais pour adoucir le moral de qui ? Préparez vos mouchoirs : voici un mélodrame d’amour. Mais d’un genre inhabituel, puisque le lien unissant les protagonistes est fraternel, au sens propre — au reste dans un mélo, il y a toujours un regard empli de désir émanant du ou de la cinéaste sur ses interprètes ; il suffit de se remémorer Sirk et Hudson. À l’instar de son premier long-métrage Miele, Valeria Golino se saisit de la maladie et de la mort pour, en creux, exalter l’intensité de la vie ; ses films agissent un peu comme des vanités, à l’envers ou à l’endroit. Ici, le personnage de Matteo va prendre conscience de son égoïsme de jouisseur en considérant ceux qu’il perd et auxquels il survit. Il faudra que son frère meure pour qu’il apprenne à vivre. Douloureuse leçon de philosophie, un peu trop démonstra

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Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

Les Estivants | Autour de leur partenaire et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi, Pierre Arditi et Valeria Golino évoquent leur travail sur Les Estivants, et de la manière dont la fiction télescope la réalité (et réciproquement) depuis le mouvement #MeToo…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Valeria Bruni Tedeschi : « on est tous plein de blessures et de chagrins »

Avez-vous eu les mêmes difficultés à convaincre la Commission d’avance sur recettes de financer votre film que votre personnage au début des Estivants ? Valeria Bruni Tedeschi : Elle n’a pas beaucoup de mal à monter son film, puisqu’elle le tourne à la fin — c’est génial avec une scène aussi catastrophique. En tout cas, je trouve que je n’ai pas trop de mal. Je fais des films avec pas trop d’argent : celui-là a coûté trois millions d’euros, avec des acteurs peu payés, et très peu de jours de tournage, sept semaines. Je ne suis pas contre le fait que ça soit un peu difficile de faire le film ; après ça serait bien d’avoir un tout petit peu plus de moyens… Dans cette séquence, les membres de la commission parlent des similitudes entre vos films. Les ressentez-vous ? VBT : (rires) J’ai l’impression que je conte toujours un peu la même chose, mais ce n’est pas grave ! J’aime bien donner la parole aux gens qui me critiquent en me disant que c’est toujours la même chose ; à ceux qui me disent des choses un peu désagréables ; du coup ça devient drôle. Mais on travail

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Congés rayés : "Les Estivants"

Comédie dramatique | De & avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr.-It., 2h08) avec également Pierre Arditi, Valeria Golino, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Congés rayés :

Son compagnon venant de la quitter, Anna se trouve fragilisée. Pas les meilleures dispositions pour écrire son nouveau film, ni pour passer des vacances dans la villa de sa richissime famille, entre souvenirs, fantômes et vieux différends. Et si du chaos naissait pourtant un nouvel ordre ? Sur le papier, ce film cumule les handicaps : quel intérêt pourrait-on éprouver à suivre, après Il est plus facile pour un chameau et Un château en Italie, une énième variation sur les désarrois intimes et les relations compliquées de la cinéaste avec sa fameuse sœur et le non moins célèbre époux de celle-ci, de surcroît dans leur lieu de villégiature ? Ne nous permettrait-elle pas là de satisfaire un trivial goût pour l’indiscrétion, comme si l’on feuilletait une version respectable (et autorisée) d’un magazine people ? Et cependant, on est vite gagné par cet effet de dédoublement et de distance qu’elle s’impose. Par l’emboitement des mises en abyme et des échos rebondissant de film en film, également, d’une grande complexité théoriq

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Les affaires de famille de Jean-Paul Rouve : "Lola et ses frères"

Comédie Dramatique | de et avec Jean-Paul Rouve (Fr, 1h45) avec également Ludivine Sagnier, José Garcia…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Les affaires de famille de Jean-Paul Rouve :

Depuis la mort de leurs parents, Lola joue un peu le rôle de grande sœur pour ses deux frères aînés que rien ne rapproche : Benoît est aisé et aime tout contrôler ; Pierre, en difficulté, très soupe-au-lait. Ils en oublieraient presque que leur benjamine a, elle aussi, une vie à elle… Voici l’histoire de famille que l’on aurait aimé voir réalisée par Michel Blanc il y a quelques semaines, et que son excellent interprète du pathétique Voyez comme on danse signe avec la sensibilité qu’on lui connaît. Oh certes, il ne retrouve pas la grâce de Quand je serai petit (2012) mais s’obstine (à raison) dans cette trajectoire qui lui fera accomplir un jour une indiscutable réussite ; ce film sur les relations entre frères et sœurs, parents et enfants autour duquel beaucoup tournent sans aller nulle part, mais que lui pressent. Dans les familles cinématographiques de Rouve — et donc dans celle de Lola — il n’y a pas que des cadres sup’ urbains, ni de coucheries entre notaires blancs, ni de magot en héritage : c’est la recherche du

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L’Italie à sa botte : "Silvio et les autres"

Bunga-Bunga | de Paolo Sorrentino (It-Fr, 2h38) avec Toni Servillo, Elena Sofia Ricci, Riccardo Scamarcio…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

L’Italie à sa botte :

Sergio, petit escroc provincial cherche à s’attirer les faveurs de Berlusconi afin de monter en gamme dans le bizness. S’il dispose des atouts nécessaires (des jeunes femmes), il lui faut trouver la connexion idoine. Au même moment, dans sa villa, l’ex Cavaliere se prépare à revenir au pouvoir. La première séquence montre un agneau innocent entrant par mégarde dans la demeure de Berlusconi. Fatale erreur : fasciné par la télévision diffusant un jeu quelconque, il s’écroule raide, traîtreusement pétrifié par la climatisation glaciale, aussi sûrement que par une œillade de Méduse. Malheur à tous ces Icare et Sémélé ayant désiré approcher leur divinité : leur chute sera à la hauteur de leur orgueil. Cette ouverture en forme de parabole résume tellement bien le propos du film qu’on se demande, un peu inquiet, si ce qui suit peut être du même niveau. Même si Sorrentino fait une proposition intéressante en abordant Berlusconi par une périphérie canaille et envieuse, en retardant son apparition au deuxième voir troisième acte à la façon du Tartuffe

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Idiocratie à la française : "Les Tuche 3"

ECRANS | de Olivier Baroux (Fr, 1h32) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 30 novembre 1999

Idiocratie à la française :

Voir un candidat au programme étique accéder à la magistrature suprême après que son adversaire s’est ridiculisé lors du débat d’entre-deux tours n’a aujourd’hui plus rien d’absurde. Pas plus que d’imaginer le dernier des clampins gouverner une super-puissance. La démocratie est cette chose prodigieuse qui donne parfois au peuple le pouvoir de faire n’importe quoi de sa voix. Prenons le cas des Tuche (2010). Gentil succès dans les salles, son audience record lors de sa diffusion télévisée a commandé la mise en chantier d’une suite désespérante…. mais triomphale au box-office. Un solide argument pour légitimer ce troisième opus — celui de la maturité ? Ah non, on ne parle pas de musique. Ici, Jeff Tuche devient donc président de la République, ce qui contrarie sa vocation de fainéant professionnel. Son épouse Cathy martyrise les cuisiniers de l’Élysée pour arriver à la frite parfaite et leur fille se fait manipuler par un écrivaillon de salon. Bref, c’est le chaos au Château… Baroux et sa troupe ne parviennent toujours pas à trancher ent

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Idiocratie à la française : Les Tuche 3

Comédie | de Olivier Baroux (Fr, 1h32) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Idiocratie à la française : Les Tuche 3

Voir un candidat au programme étique accéder à la magistrature suprême après que son adversaire s’est ridiculisé lors du débat d’entre-deux tours n’a aujourd’hui plus rien d’absurde. Pas plus que d’imaginer le dernier des clampins gouverner une super-puissance. La démocratie est cette chose prodigieuse qui donne parfois au peuple le pouvoir de faire n’importe quoi de sa voix. Prenons le cas des Tuche (2010). Gentil succès dans les salles, son audience record lors de sa diffusion télévisée a commandé la mise en chantier d’une suite désespérante…. mais triomphale au box-office. Un solide argument pour légitimer ce troisième opus — celui de la maturité ? Ah non, on ne parle pas de musique. Ici, Jeff Tuche devient donc président de la République, ce qui contrarie sa vocation de fainéant professionnel. Son épouse Cathy martyrise les cuisiniers de l’Élysée pour arriver à la frite parfaite et leur fille se fait manipuler par un écrivaillon de salon. Bref, c’est le chaos au Château… Baroux et sa troupe ne parviennent toujours pas à trancher ent

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Nakache, Toledano, Bacri : « Le banal, c’est de rendre plus extraordinaire l’ordinaire »

Le Sens de la Fête | Pour leur sixième long-métrage, Olivier Nakache et Éric Toledano ont partagé le plaisir de l’écriture du scénario avec un maître en la personne de leur interprète, Jean-Pierre Bacri. Entretien exclusif avec trois auteurs unis par le sens de l’affect… et de l’humour à froid.

Vincent Raymond | Mercredi 4 octobre 2017

Nakache, Toledano, Bacri : « Le banal, c’est de rendre plus extraordinaire l’ordinaire »

Ces jours heureux puis Nos jours heureux étaient nourris d’expériences vécues. Est-ce encore ici le cas ou bien avez-vous dû vous documenter sur le monde des traiteurs ? Olivier Nakache : C’est exactement… les deux. Avec Éric, dans notre jeunesse nous avons travaillé dans le milieu de la fête à tout un tas de postes. Et nous avons effectué un travail d’enquête auprès des brigades de serveurs pour pouvoir préparer le scénario au mieux, en s’inspirant de la réalité. Là, on a dû se récréer des anecdotes vraies pour pouvoir les transformer à notre sauce. Par exemple, les feuilletés aux anchois pour faire patienter les convives, ce n’est pas totalement sorti de notre cerveau… Le film démarre par une embrouille entre la brigade de serveurs et l’orchestre pour le monte-charge : on a vu dix fois ces querelles d’ego, et la hiérarchie que chacun veut s’inventer. Éric Toledano : Dans les mariages, on a toujours été touchés par ceux qui auraient voulu être plus. Je pense beaucoup au personnage de Gilles, un chanteur qui aurait voulu jouer devant un vrai public. On a u

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Y a comme une noce… : "Le Sens de la fête" de Éric Toledano & Olivier Nakache

ECRANS | de Éric Toledano & Olivier Nakache (Fr, 1h57) avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Y a comme une noce… :

Depuis trente ans, Max, traiteur exemplaire, organise des mariages. Mais ce soir, il arrive au bout du rouleau : ses vies personnelle et professionnelle semblent s’être concertées pour se déliter au cœur d’une noce compliquée. Pourtant, Max fait comme d’habitude : il gère… Cette comédie douce-amère est taillée sur mesure pour (et un peu par) Jean-Pierre Bacri, idéal en chef-d’orchestre désabusé d’un cortège de bras-cassés, de parasites et d’imprévus. Le droopyssime comédien a en effet mis la main à la pièce montée scénaristique, permettant de judicieuses relances quand le soufflé tend à retomber. On ne fera pas grief à la paire Nakache & Toledano de quelques baisses de régime : il y a tant de “vrais” personnages en jeu — pas des silhouettes — que leur donner de la substance à chacun tient du casse-museau. Essuyant bien des tempêtes, ce mariage-paquebot gouverné par le capitaine Max (seul maître à bord après les réalisateurs) rassem

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Dalida

ECRANS | Lisa Azuelos, la réalisatrice de Lol, consacre un biopic à Dalida, fameuse chanteuse italienne, Égyptienne de naissance mais d’expression française, disparue (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Dalida

Lisa Azuelos, la réalisatrice de Lol, consacre un biopic à Dalida, fameuse chanteuse italienne, Égyptienne de naissance mais d’expression française, disparue voilà bientôt trente ans. Si vous ne pouvez pas vous rendre à l’avant-première de prestige se déroulant à l’Olympia, elle sera retransmise en direct non pas d’Orlando, mais dans votre cinéma, ce qui vous permettra de découvrir avant tout le monde la prestation de Sveva Alviti dans le rôle-titre. Dalida Aux Pathé Bellecour, Vaise et Carré de Soie le mercredi 30 novembre à 19h30

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Les Tuche 2 - Le Rêve américain

ECRANS | De Olivier Baroux (Fr, 1h34) avec Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Les Tuche 2 - Le Rêve américain

Et si le prolifique Olivier Baroux, à travers le fatras profus de sa production annuelle, cherchait à nous faire comprendre la théorie de la relativité générale ? Les Tuche 2 peut en effet se recevoir comme une illustration de la maxime « quand on le contemple, on se désole ; quand on le compare, on se console… ». Considérée isolément, cette comédie filmée à la truelle est un terrain de jeu pour acteurs de qualité aimant cabotiner et surtout peu regardants question stéréotypes. Mise en perspective — tout à coup, les mots font peur — cette suite indolore est moins calamiteuse que certaines séquelles obscènes, voire que le précédent Baroux, Entre amis. Si elle s’enlise dans un nonsense poussif, au moins s’essaie-t-elle à un registre qui n’est ni du bout-à-bout parodique paresseux, ni de l’anachronisme systématique façon Mille-et-une nuits boutonneuse. L’indifférence flasque est garantie, pas le fou-rire inextinguible. VR

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Gibraltar

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h53) avec Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Riccardo Scamarcio…

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Gibraltar

Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième long-métrage de Julien Leclercq. D’autant plus qu’il s’est associé avec Abdel Raouf Dafri, scénariste surcoté de Mesrine et de la saison 2 de Braquo. La (relativement) bonne surprise de Gibraltar, c’est que tous deux optent pour un traitement sobre et rigoureux de leur sujet : la descente aux enfers d’un patron de bar criblé de dettes qui accepte de jouer les indics pour les douanes françaises sur le rocher de Gibraltar, plaque tournante du trafic de drogue. Pas d’"enculé" à toutes les répliques, ni de découpage frénétique de l’action, mais un film-dossier qui tente de raconter simplement cette histoire vraie et de dénoncer au passage l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir. On se croirait face à un vieil Yve

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Quand je serai petit

ECRANS | Avec cette fable très personnelle où un homme de quarante ans pense retrouver l’enfant qu’il était et le père qu’il a perdu, Jean-Paul Rouve témoigne, à défaut d’un vrai style, d’une réelle ambition derrière la caméra. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 7 juin 2012

Quand je serai petit

La première demi-heure de Quand je serai petit est assez épatante. Par ce qu’elle raconte, certes, mais aussi par la manière dont Jean-Paul Rouve, devant et derrière la caméra, s’invente un personnage taillé sur mesure pour lui et en même temps différent de tout ce qu’il a fait jusqu’ici. Ainsi, Matthias traîne un mal-être inexpliqué qui semble se propager à son environnement. On le voit embarquer dans un ferry avec sa femme ; sur le pont, son regard s’attarde sur un enfant qui monte à son tour dans le bateau. Il fausse compagnie à son épouse pour arpenter les couloirs à sa recherche et le trouve, seul, dans une des cabines. De retour sur la terre ferme, il est toujours obsédé par cet enfant, au point de chercher à connaître son nom et l’endroit où il vit. Toutes les fictions sont possibles alors, de la plus noire (y a-t-il un désir interdit derrière ce jeu de piste ?) à la plus fantastique. C’est celle-ci que Rouve finit par adopter, sans pour autant diluer l’intérêt du film. Un père et manque Car cet enfant, c’est lui. Aucun tour de force ni effet spécial pour arriver à rendre crédible cette improbable équation ; la mise en scène garde le même réalis

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Low Cost

ECRANS | De Maurice Barthélémy (Fr, 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Judith Godrèche, Gérard Darmon...

Dorotée Aznar | Vendredi 3 juin 2011

Low Cost

Puisque nos objets nous ressemblent, il ne faut pas s'étonner que Low Cost soit à l'image de son sujet. C'est-à-dire rien, ou rien d'autre qu'une énième comédie française qui, toujours pas remise des Bronzés, voit la vie en beauf. Satire boursouflée et méchante d'une bande de pieds nickelés empêtrés dans les misères des voyages discount, le nouveau Maurice Barthélémy accumule le pire. L'ex-Robins des bois confond caricature et racisme. Il se complait dans un huis clos hystérique, d'une lourdeur agressive et répétitive à faire passer Il y a-t-il un pilote dans l'avion pour du Billy Wilder. Avec Low Cost, Barthélémy et ses potes ne trompent plus personne. Rance, crétin, complaisamment régressif, leur cinéma donne mal au cœur. Jérôme Dittmar

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Poupoupidou

ECRANS | De Gérald Hustache-Mathieu (Fr, 1h40) avec Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton…

Christophe Chabert | Mercredi 5 janvier 2011

Poupoupidou

Un écrivain à succès se retrouve à enquêter sur la mort d’une starlette populaire à Mouthe, la ville la plus froide de France. Son corps a été retrouvé dans un no man’s land frontalier et les circonstances de son décès révèlent peu à peu sa destinée sentimentale compliquée, reproduisant celle de Marylin Monroe. Hustache-Mathieu se demande ce qui, du rêve contenu dans les images et les mythes américains, peut se transposer en France, et son film y répond par un double échec. Celui des personnages et, plus grave, celui de la mise en scène et du scénario qui se prennent les pieds dans un imbroglio de références (Lynch et "Twin Peaks" en premier lieu) et n’accouchent que d’un fastidieux déroulé programmatique, inopérant sur son versant comique, volontariste dans ses envolées dramatiques. Même Jean-Paul Rouve n’est ici qu’une vague citation des personnages autrefois incarnés par Patrick Dewaere. "Poupoupidou" est un fantasme de cinéphile sur un fantasme de spectatrice ; un fantôme de film, en fin de compte. CC

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Le Premier qui l’a dit

ECRANS | De Ferzan Ozpetek (Italie, 1h48) avec Riccardo Scamarcio, Nicole Grimaudo…

Christophe Chabert | Jeudi 8 juillet 2010

Le Premier qui l’a dit

Ferzan Ozpetek est un peu le François Ozon italien ; assumant joyeusement de faire un cinéma gay tout en cherchant à l’inscrire dans la tradition nationale (ici, la comédie de mœurs à l’italienne). Pendant une heure, "Le Premier qui l’a dit" réussit assez bien ce programme : un beau garçon revient de Rome dans sa riche famille d’industriels des Pouilles pour faire son coming out. Mais au moment du dîner, son frangin, qui s’apprêtait à reprendre le business de pâtes familiales, lui grille la politesse et claque la porte de l’entreprise. Il doit donc ajouter une autre imposture à ce mensonge en se transformant en patron… Enlevée, bien écrite, rythmée, cette première partie est franchement plaisante. La suite l’est moins, notamment quand Oztepek fait débarquer dans la demeure familiale les quatre potes follasses du héros, le film utilisant d’un coup les stéréotypes et les clichés qu’il avait évités jusqu’ici. Du coup, même la fin, volontariste dans la mélancolie, sent le fabriqué. CC

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La Prima Linea

ECRANS | De Renato De Maria (It, 1h40) avec Riccardo Scamarcio, Giovanna Mezzogiorno…

Dorotée Aznar | Vendredi 9 avril 2010

La Prima Linea

Pour évoquer les "années de plomb", période sanglante de l’histoire italienne, le réalisateur Renato De Maria choisit de s’intéresser au destin de Sergio Segio, l’un des initiateurs de Prima Linea (groupe armé d'extrême gauche fondé en 1976). Il situe l’action en 1982, quand Segio fut arrêté par la police. Face caméra, mine grave, l’acteur interprétant l’ancien terroriste raconte la naissance du mouvement, le passage à des actions meurtrières ; et surtout sa rencontre avec Susanna, une autre militante qu’il aima follement. Par le biais de cette reconstitution fidèle et crédible de l’époque (vieilles bagnoles, costumes cheap, coupes de cheveux so 70’s), De Maria livre un véritable témoignage… néanmoins sans aucun recul. Fondé sur l’autobiographie de Sergio Segio, le film se transforme rapidement en sorte de repentance cinématographique morale malsaine ; le plus fort arrivant à la fin lorsqu’une petite phrase de justification nous informe que Segio et ses amis, tous libérés, travaillent maintenant comme bénévoles. Comme si l’on avait affaire ici à la rédemption suprême. AM

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La très très grande entreprise

ECRANS | de Pierre Jolivet (Fr, 1h45) avec Roschdy Zem, Jean-Paul Rouve, Marie Gillain…

Christophe Chabert | Jeudi 30 octobre 2008

La très très grande entreprise

Après une comédie romantique déplorable qui flattait les nouveaux riches comblés par l’élection de Sarkozy (Je crois que je l’aime), l’insaisissable Pierre Jolivet pourfend ici le méchant libéralisme qui broie les vies d’honnêtes travailleurs. Comprenne qui pourra… C’est une comédie, mais une comédie grise, un film de bureaux et d’appartements exigus, qui tente de compenser cette claustrophobie par quelques gimmicks de réalisation (la fiche signalétique des employés de l’entreprise, idée bien maladroite…). Ça se regarde comme un téléfilm mou du genou, inoffensif sur le fond (les portes ouvertes sont régulièrement enfoncées), et n’était le talent des acteurs (Roschdy Zem et surtout Jean-Paul Rouve, vraiment bien), on s’ennuierait ferme. CC

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