Rencontres du Sud : l'autre festival d'Avignon

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Photo : © Roger Arpajou


Prenant chaque année davantage de densité, les Rencontres du Sud annoncent le printemps avec leur cortège d'avant-premières en présence d'équipes.

En l'espace d'une petite semaine, la bagatelle de 19 films seront ainsi montrés au public, parmi lesquels Sage femme de Martin Provost ou Django d'Étienne Comar en provenance de la Berlinale — mais tourné dans notre région. Un autre film estampillé Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma fera ses grands débuts sur les écrans : Corporate de Nicolas Silhol.

Outre une programmation dédiée au jeune public, Ciné-Pitchoun !, les Rencontres proposeront également un drive-in avec la projection de la version Black&Chrome de Mad Max : Fury Road de George Miller. En route vers le Sud !

Rencontres du Sud
Au Cinéma Pandora à Avignon du 14 au 18 mars


Sage femme

De Martin Provost (Fr-Bel) avec Catherine Frot, Catherine Deneuve...

De Martin Provost (Fr-Bel) avec Catherine Frot, Catherine Deneuve...

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Claire exerce avec passion le métier de sage-femme. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, femme fantasque et ancienne maîtresse de son père défunt.


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Puces du Canal : sur la route d’Avignon… mais à Villeurbanne

Théâtre | Les Puces du Canal lancent dès maintenant un appel à projets pour un mini festival d’Avignon Off, programmé fin juin.

Nadja Pobel | Mercredi 21 avril 2021

Puces du Canal : sur la route d’Avignon… mais à Villeurbanne

Oui ? Non ? Pour l’instant, impossible de savoir si le Off se tiendra à Avignon ; quasi exclusivement en intérieur, il ne part pas avantagé par rapport au In (prévu du 5 au 25 juillet), dont la programmation (plus musclée que jamais) a été annoncée longuement fin mars. Mais ça n’a pas empêché l’équipe des Puces du Canal (à Villeurbanne) d’imaginer un projet culturel sous leur chapiteau pouvant accueillir de 500 à 3000 personnes : Sur la route d’Avignon. L’idée ? Programmer dans un mini-festival, du 24 au 27 juin, quatorze spectacles tout public (en après-midi et soirée) et neuf jeune public (en matinée) afin qu’ils soient vus aussi ici, par le public (s'il est autorisé à venir) et par des professionnels du spectacle vivant (soit qui ne peuvent pas se rendre à Avignon, soit qui y seront noyés dans la masse — rappelons que plus de 1500 spectacles sont présentés dans le Off en trois semaines !). Un appel à projets est d’ores et déjà lancé pour cette manifestation aux P

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Avignon : papes, etc

Vaucluse | Fermez les yeux, tentez d’oublier ce froid crispant, imaginez un endroit où à 21h, il est encore possible de sortir et où se déroule un festival… Uchronie ? Pas tant que ça. Avignon s’apprête à vivre un succédané de festivités théâtrales. Allons voir si on y danse encore.

Nadja Pobel | Jeudi 22 octobre 2020

Avignon : papes, etc

Premièrement, il va vous falloir bien observer les trajets en train et éviter d’attraper un TGV qui vous laissera poireauter jusqu’à 49 minutes (!) en gare d’Avignon TGV avant de monter cinq minutes dans un TER pour rejoindre le centre (ou le bus n°10, plus fréquent, mais plus long). Le TER sans changement entre Lyon et la Cité des Papes, c’est 2h20 : le temps de regarder le sud s’approcher pour 36, 20€. Ensuite, se faire à l’idée que la ville n’est pas la même en juillet que le reste du temps : 91 000 habitants à l’année, six fois plus pendant le festival. Enfin, quitter jupette et sandales pour s’apercevoir avec effroi que oui, même en PACA, il fait froid l’automne. Mais diantre, puisque la culture résiste, que Roselyne Bachelot a élu domicile dans cette ville pour des États Généraux des Festivals début octobre, Avignon n’a pas dit son dernier mot pour 2020. Une Semaine d’art, du 23 au 31 octobre, se tiendra en lieux fermés et chauffés (voir ci-dessous) et le Palais des Papes, aussi copieux à visiter que le célèbre pont est rapide, sont ouverts. Redécouverte. Le Palais des Papes Même lorsque sa cour est garnie des gradins accueillant 2

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Jean Bellorini créera bien en Avignon

Théâtre | Promis à la Cour d'honneur d'un festival balayé par la Covid, Jean Bellorini fera bien, in fine, la création du Jeu des ombres de Valère Novarina dans la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 25 juin 2020

Jean Bellorini créera bien en Avignon

Promis à la Cour d'honneur d'un festival balayé par la Covid, Jean Bellorini fera bien, in fine, la création du Jeu des ombres de Valère Novarina dans la cité des Papes du 23 au 30 octobre à la FabricA. En effet, une Semaine d'art en Avignon vient d'être annoncée par le festival. Elle se tiendra du 23 au 31 octobre dans des lieux fermés de la ville avec sept spectacles rescapés, dont Une cérémonie du Raoul Collectif (à voir au Théâtre de la Croix-Rousse du 30 mars au 3 avril 2021). Olivier Py renoue là avec l'origine du festival créé en 1947 par Jean Vilar puisqu'il se nommait alors précisément comme cela. Des rencontres, des Ateliers de la pensée et un programme de performances issues de résidences internationales avec la Collection Lambert (¡Viva Villa!) émailleront ces huit jours. Le directeur du TNP,

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Les Rencontres du Sud à Avignon

Festival | Comme chaque année à la mi-mars, c’est à Avignon qu’il faut se rendre pour faire une moisson d’avant-première et de séances en présence d’équipes ! D’autant (...)

Vincent Raymond | Vendredi 6 mars 2020

Les Rencontres du Sud à Avignon

Comme chaque année à la mi-mars, c’est à Avignon qu’il faut se rendre pour faire une moisson d’avant-première et de séances en présence d’équipes ! D’autant que 2020 marque la dixième édition de ces Rencontres du Sud, devenu Festival des montreurs d’images. Au programme, pas moins de 18 films internationaux dont dix en compétition. Et il y a du lourd : Light of my Life de Casey Affleck, Sole de Carlo Sironi, Chained de Yaron Shani, le très attendu Madre de Rodrigo Sorogoyen, A perfectly normal family de Malou Leth Reymann, Énorme de Sophie Letourneur, Honeyland de Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov, le très sensible Voir le jour de Marion Laine, le quasi-surréaliste Yalda de Massoud Bakhshi, Une vie secrète de Jon Garano, Aitor Arregi & José Goenaga Le Défi du C

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À Avignon, Blanche-Neige dynamitée

Théâtre | Michel Raskine, ancien directeur du théâtre du Point du Jour, s'offre une cure de jouvence avec son premier spectacle jeune public, "Blanche-Neige histoire d'un prince". Dans le In d'Avignon, il convoque le rire lié à une noirceur dont s'enduisent tous les autres spectacles vus au cours du festival. Pour l'occasion, il retrouve l'autrice Marie Dilasser dont il avait déjà monté "Me zo gwin ha te zo dour" ou "Quoi être maintenant ?". "Blanche-Neige" sera longuement en tournée dans les prochains mois et notamment au Théâtre de la Croix-Rousse, en janvier prochain. Le metteur en scène nous amène à la genèse de ce projet détonnant et la folle caisse de résonance que produit le festival.

Nadja Pobel | Mardi 20 août 2019

À Avignon, Blanche-Neige dynamitée

Vous connaissiez bien déjà Marie Dilasser dont vous aviez déjà monté des textes. Quelle est l'origine de ce nouveau projet ? Michel Raskine : Un projet s'est cassé la gueule et ça m'avait un peu atteint et j'ai dit à Marief Guittier [NdlR, comédienne avec qui il fraye depuis plus de trente ans] que depuis le temps qu'on voulait faire un spectacle jeune public, on allait le faire. Claire Dancoisne que je connais bien a un lieu sublime de résidence, le Théâtre de la Licorne, à Dunkerque. Elle nous a accueilli, mais il fallait intégrer des objets au spectacle car son lieu est axé sur la recherche pour la marionnette contemporaine et le théâtre d'objets. Ces contraintes ont été bénéfiques manifestement... Évidemment que c'est bien. On n'a pas trouvé la pièce que l'on voulait. Je ne voulais plus faire de duos avec Marief, il fallait minimum un trio. On a décidé de faire Blanche-Neige et qu'elle serait le prince. J'ai voulu un personnage de Blanche-Neige qui soit le plus loin possible de celui du prince. Je connaissais Tibor Ockenfels de l'École de la Comédie de Saint-Étienne. Si il y avait beaucoup d

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Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Nomades | Le cinéma n’a pas de frontière. Le réalisateur français Olivier Coussemacq le prouve en signant un film on ne peut plus marocain, "Nomades". Rencontre (logique) à l’occasion des Rencontres du Sud…

Vincent Raymond | Jeudi 8 août 2019

Olivier Coussemacq : « La poésie est pour moi un art sublime, suprême »

Habituellement, les films traitant des questions de migration du point de vue du Sud sont produits ou réalisés par des Marocains. Quel est votre rapport au Maroc ? Olivier Coussemacq : Cela a été une des difficultés du projet, en effet… Quand j’ai présenté le film à Tanger, en avant-première marocaine dans le cadre du festival du cinéma marocain, on n’a pas reconnu au film son identité marocaine. Quand je suis en France avec ce film, on me dit « Mais c’est un film avec des inconnus en langue arabe ! » J’ai un rapport ancien avec le Maroc, un rapport d’amour surtout, comme pour un certain nombre de pays et des liens anciens avec le Maghreb, ainsi qu’un intérêt pour ce qui n’est pas “nous“. J’ai envie d’aller voir ailleurs pour éviter de trop parler de nous — d’autres le font très bien. Enfin, j’ai eu quelques difficultés dans le passé, à titre intime, avec ma mère que je ne développerai pas et les mères du Maghreb en règle générale, sont des femmes qui m’émeuvent par leurs capacités de résistance, leur générosité. Un caractère de mère amoureuse et protectrice… Les Marocains ne se reconnaissaient pas

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Claire Devers : « Le naturel au cinéma n’existe pas »

Pauvre Georges ! | C’est aux Rencontres d’Avignon que la rare Claire Devers avait réservé la primeur de son nouveau long-métrage, "Pauvre Georges !", un film cachant son soufre satirique derrière l’apparente impassibilité de son héros-titre campé par l’impeccable Grégory Gadebois.

Vincent Raymond | Lundi 26 août 2019

Claire Devers : « Le naturel au cinéma n’existe pas »

Avez-vous avez modifié des éléments dans la configuration sociale ou professionnelle du roman de Paula Fox que vous avez adapté ? Claire Devers : Un peu, oui : il date des années 1960, presque 1970, et il était censé se passer dans une banlieue new-yorkaise dans un milieu de profs, d’artistes. C’est moi qui ai inventé la production audiovisuelle mais c’était quand même le même milieu socio-culturel. Et quand j’ai fait mes recherches de décor sur Google Map, très vite j’ai été intéressée par les Laurentides ; j’ai repéré visuellement Saint-Adèle et Saint-Jerôme et je me suis rendue compte que le milieu socio-culturel que je traitais vivait effectivement là-bas. J’avais été au bout d’une recherche assez cohérente entre les décors, la nature, les choix de vie… En fait, ce qui m’intéressait, c’était des bobos ; des gens de gauche, bien-pesants… Tous ces gens qui ont voté Hollande ou Macron dans les Yvelines. Le lieu a donc une place prépondérante dans ce film… En tant que metteur en scène, une fois que j’ai écrit mon hi

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Ivan Calbérac : « d’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

Venise n’est pas en Italie | Comme un prolongement logique de son roman et de son spectacle, Ivan Calbérac a réalisé le film semi-autobiographique "Venise n’est pas en Italie". Une démarche cathartique qui prend la forme d’une comédie, dont il s’est ouvert lors des Rencontres d’Avignon, mais aussi de Gérardmer…

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Ivan Calbérac : « d’un traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle »

L’aventure de Venise n’est pas en Italie a commencé il y a longtemps pour vous… Ivan Calbérac : Oui, elle est en partie autobiographique parce que mes parents me teignaient les cheveux en blond de sept à treize ans — ouais, c’est moche (rires). À l’époque, ils m’avaient convaincu que j’étais plus beau comme ça. Je pensais que c’était dans mon intérêt, donc j’étais complètement consentant et même limite coopératif : je demandais ma teinture — j’étais vrillé de l’intérieur. Mais en même temps, j’en avais super honte : j’avais toujours peur qu’on dise : « aïe aïe, il a les cheveux teints, la honte ! », et à 14-15 ans, j’ai voulu arrêter, ils m’ont dit OK. La plupart de mes amis qui me connaissaient à cet âge-là n’étaient pas au courant. Et puis j’ai grandi et à l’âge de 38-40 ans, cette histoire est redevenue présente. De cette sorte de traumatisme, j’ai essayé de faire une histoire drôle en la racontant d’abord comme un roman. Mais j’avais tout de suite en tête l’envie d’en faire un film, parce que je voyais un road-movie, plein d’images.

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Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes | Avec son alter ego Alban Teurlai, Thierry Demaizière s’est intéressé à une petite communes des Hautes-Pyrénées au prestige planétaire pour les chrétiens, depuis qu’une certaine Bernadette y a vu la Vierge. Regard d’un athée sur Lourdes, et propos rapportés des Rencontres du Sud d’Avignon…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes est-il un film de commande ? Thierry Demaizière : Non seulement ce n’est pas un film de commande, mais on n’était jamais allés à Lourdes ni Alban, ni moi. En plus, l’un est athée et l’autre agnostique ; moi j’avais bu de l’eau bénite pour mon bac parce que mes grands-parents allaient là-bas, pour vous dire notre rapport à Lourdes… L’histoire a commencé avec une amie, Sixtine Léon-Dufour, qui est créditée au générique. Il s’est trouvé pendant une semaine que l’on n’arrivait pas à la joindre, et elle ne voulait pas nous dire où elle était, en croyant qu’on allait se moquer. Quand elle a dit qu’elle était hospitalière à Lourdes, on lui a demandé de raconter. Et on s’est dit qu’il y avait un truc génial à faire sur les pèlerins. Sur Internet, on voit qu’il y a des sujets de télévision sur le commerce de Lourdes, mais pas de documentaire sur les pèlerins au cinéma, je n’en revenais pas. Alors on est partis à Lourdes. Comment avez-vous sélectionné vos personnages ? De manière assez classique pour un documentaire : on a pris des enquêtrices pour bosser parce

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Benoît Magimel : « Guillaume me connaît et sait que je suis un gentil garçon »

Nous finirons ensemble | Personnage pivot des "Petits mouchoirs", Vincent est à nouveau interprété par Benoît Magimel. Conversation avec un comédien sur la manière d’appréhender un rôle et son métier à l’occasion des Rencontres du Sud d’Avignon…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Benoît Magimel : « Guillaume me connaît et sait que je suis un gentil garçon »

Figuriez-vous parmi les comédiens les plus heureux de retrouver leur personnage ? Benoit Magimel : Le plus heureux, je ne sais pas, mais lorsque Guillaume me l’a proposé j’ai tout de suite dit oui. C’est une chance si rare de pouvoir retrouver un personnage au cinéma dix ans plus tard, de vieillir avec lui ; forcément, c’est une expérience assez unique. Retrouver Vincent, sa voix, était une évidence. J’étais ravi. Sa situation, son statut et ses rapports avec les personnages, cela l’était-il également ? Oui, bien sûr. À partir de 40 ans, j’ai l’impression que plus les années passent, plus on accepte de vivre un peu plus pour soi, un peu moins pour les autres. La façade, le masque tombent, on s’accepte un peu plus, on se connaît mieux. Ce personnage est très hésitant, ses sentiments assez contradictoires : l’attirance qu’il avait pour Max dans le premier était de l’ordre d’une amitié forte : il considérait qu’il était plus heureux avec lui qu’avec sa femme ; ce n’est pas par hasard qu’il rencontre Alex — ce qui n’empêche pas qu'il éprouve toujours des sentiments pour

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Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Mais vous êtes fous | Pour son premier long-métrage, Mais vous êtes fous, l’ancienne journaliste Audrey Diwan s’est penchée sur une histoire d’addiction à fragmentation multiple. Propos rapportés des Rencontres du cinéma d’Avignon et de Gérardmer.

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Audrey Diwan : « le doute m’a permis d’avancer »

Pourquoi ce titre ? Audrey Diwan : Je voulais donner un élan. Quand il y a une pulsion dramatique, on ne va pas la renforcer par quelque chose de triste — j’ai l’impression que le film n’est pas forcément comme ça. J’avais envie d’un titre inclusif pour les deux personnages du couple Céline Sallette et Pio Marmaï. Comment vous êtes tombée sur ce fait divers ? J’ai rencontré par hasard la femme dont est tirée l’histoire vraie — ce qui ne veut pas dire que c'est son histoire parce que derrière on a pas mal fictionnalisé. Et j’ai été bouleversé par cette femme qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, parce qu’elle venait de découvrir que son mari souffrait d’une grave addiction, que sa famille était contaminé. Elle était surtout pleine de questions, sidérée et puis bouleversée pour elle mais aussi pour lui. C’était quelqu’un capable de sentiments très forts. J’ai longtemps pensée à elle, jusqu’à apprendre quelle avait été la résolution de cette histoire, quelques années plus tard, et comment s’était effectuée la contamination.

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9e Rencontres du Sud

Plus Loin | On aime de plus en plus ce rendez-vous dans la cité du pont Saint-Bénézet, devenu Festival des Montreurs d’images, où tous les professionnels se (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

9e Rencontres du Sud

On aime de plus en plus ce rendez-vous dans la cité du pont Saint-Bénézet, devenu Festival des Montreurs d’images, où tous les professionnels se retrouvent et une dizaine de films font escale en avant-première, pour la plupart accompagnés par leur équipe. Cette année sont (notamment) attendus Elise Otzenberger pour Lune de Miel, Olivier Coussemacq pour Nomades, Thierry Demaizière et Alban Teurlai pour Lourdes, Pierre Jolivet et Alice Belaïdi pour Victor et Célia, Antoine Russbach pour Ceux qui travaillent, Audrey Diwan et Pio Marmaï pour Mais vous êtes fous, Ivan Calberac pour Venise n’est pas en Italie, Guillaume Canet pour Nous finirons ensemble, Guillaume de Tonquédec pour Roxane, Romain Cogitore pour L’Autre Continent ainsi que André Téchiné pour une masterclass. Ajoutons une programmation jeune public, le Ciné-Pitchoun et vous avez déjà pris

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Olivier Maurin : « nous voulions faire Avignon dans la bonne humeur »

Festival d'Avignon | Rencontre avec Olivier Maurin : le brillant metteur en scène d' "Illusions" d'Ivan Viripaev est au Festival d'Avignon pour la première fois.

Nadja Pobel | Jeudi 12 juillet 2018

Olivier Maurin : « nous voulions faire Avignon dans la bonne humeur »

C'est la première fois que vous venez ici. Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ? Olivier Maurin : Les rencontres. Le fait que la directrice qui dirige le lieu est venue voir le spectacle quand nous le jouions au TNP en octobre dernier. Cela a ouvert des portes. Ça me semblait être le spectacle possible. Ça semblait aussi financièrement être le moment de le faire, ce qui n'était pas le cas les années précédentes. On pouvait économiser assez d'argent sur le reste de l'année pour pouvoir être ici et le faire dans des conditions correctes. Quel est le montant de l'investissement ? De 25 000 à 30 000€. La location de la salle est de 15 000€, auxquels il faut rajouter de quoi se loger, manger, payer l'équipe. Nous voulions le faire dans la bonne humeur, ne pas se dire qu'on mettrait la clé sous la porte si on n'avait pas de spectateurs payants. Quelle image aviez-vous du off avant de venir ? Ce qui est compliqué, c'est qu'il y a plein de off différents dans des théâtres très variés. On fait tous la même chose : on joue devant des gens ; et en même temps, on n'a pas tous les mêmes prat

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Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Festival d'Avignon | 1538 spectacles, 133 lieux, 440 pages de programme. Le Off d'Avignon (du 6 au 29 juillet) bat tous les records. Faut-il se jeter dans la jungle ? Pour quelles retombées ? Dialogue avec le Lyonnais Philippe Mangenot, qui dirige la compagnie Théâtres de l’Entre-Deux.

Nadja Pobel | Mercredi 11 juillet 2018

Philippe Mangenot : « tout le monde est à Avignon ! »

Vous étiez déjà venu avec Hamlet 60 en 2013 et c'est la seconde année consécutive que vous présentez Regardez la neige qui tombe. Qu'est-ce qui vous pousse à revenir ? Philippe Mangenot : J'étais venu pour la première fois avec un spectacle de Camille Germser - déjà au Petit Louvre - que j’administrais et produisais. C'est riche de ces aventures que je reviens : c'est très chouette en terme de public, de diffusion, de presse. Peut-être parce que je suis tout le temps dans le même théâtre et que l’accueil, la relation avec le public, sont bien. Bien sûr, ça coûte de l'argent mais il y a une dimension humaine et c'est pour ça que je ne change pas de lieu. Une fidélité avec le public se crée. Quand vous venez pour la première fois avec Hamlet 60, vous vous dites que pour que le spectacle vi

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Léa Frédeval : « ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Les Affamés | Léa Frédeval raconte la genèse du film adapté de son livre qu’elle avait présenté en primeur au Rencontres du Sud d’Avignon. Elle confie également ses futurs projets…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Léa Frédeval : « ma génération doit s’enlever de l’individualisme »

Votre aventure est partie d’un roman ? Léa Frédeval : Oui, Les Affamés a été publié en 2014. Ce sont les édition Bayard qui m’ont commandé le livre… Je n’avais pas prévu d’écrire du tout. J’en étais à ma troisième année de fac dans mon troisième établissement, moi-même en errance, je n’avais aucune piste. J’essayais des choses en faisant de grands écarts universitaires assez fous. Et à la fin de ma troisième année, frustrée par un mauvais résultat, je lance un blog. Pas pour être connue : il y a quinze ans j’aurais ouvert un journal intime. J’ai pris mon ordi et trois semaines plus tard, j’ai reçu un email des éditions Bayard me disant être tombées sur mon blog par hasard et me demandant de faire dans un livre le constat de ma génération. Je l’ai fait, il n’y avait rien de plus sympa. Un an et demi après, on m’a appelé pour l’adapter au cinéma. Comment avez-vous abordé cette première expérience cinématographique ? Il n’y a rien de plus cool à faire dans la vie ; je ne vois pas ce que je pourrai faire de plus enrichissant et beau — où je me s

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Samuel Collardey : « je m’inspire de tranches de vie pour fabriquer des histoires »

Une année polaire | Grand écart climatique pour Samuel Collardey, qui a présenté en primeur aux Rencontres du Sud d’Avignon son nouveau film tourné aux confins de l’hémisphère boréal, Une année polaire. Une expérience inuite et inouïe.

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Samuel Collardey : « je m’inspire de tranches de vie pour fabriquer des histoires »

Une année polaire s’achève avec une phrase précisant qu’Anders est toujours instituteur au Groenland. Ce que l’on a vu tient donc davantage du documentaire que de la fiction ? Samuel Collardey : Pour aller très vite, le film a été écrit : le scénario est très documenté, tout vient de témoignages que j’ai reçus d’anciens instituteurs ou de choses que moi-même j’ai vécues, ou que Anders a vécues ; je n’ai rien inventé. Tout ce qui est dans le film est documentaire, mais il est effectivement mis en scène comme une fiction. C’est-à-dire que tout le monde joue son propre rôle. Cela donne en effet un registre un peu hybride entre le documentaire et la fiction. Mais c’est un petit peu ma façon de faire — la question s’était déjà posée sur L’Apprenti, Tempête. J’aime travailler avec des non-professionnels sur des effets de réel très forts, et je m’inspire de leurs tranches de vie pour fabriquer des histoires. Est-ce que ce cela vous complexifie ou vous simplifie le travail de procéder ainsi ? Je ne sais pas si c’est plus fa

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Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Amoureux de ma femme | C’est sur les terres de sa jeunesse avignonnaise, lors des Rencontres du Sud, que le réalisateur et cinéaste Daniel Auteuil est venu évoquer son nouvel opus, Amoureux de ma femme. Le temps d’une rêve-party…

Vincent Raymond | Vendredi 1 juin 2018

 Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Le scénario est adapté d’une pièce de Florent Zeller que vous avez jouée. Y a-t-il beaucoup de différences ? Daniel Auteuil : Ah oui, il est très très librement adapté ! On a beaucoup parlé : je lui ai raconté à partir de la pièce de quel genre d’histoire j’avais envie. Je voulais parler des pauvres, pauvres, pauvres hommes (rires), et de leurs rêves, qui sont à la hauteur de ce qu’ils sont. Certains ont de grands rêves, d’autres en ont des plus petits. Et puis il y avait l’expérience de cette pièce, qui était très drôle et qui touchait beaucoup les gens. Mon personnage est un homme qui rêve, plus qu’il n’a de fantasmes. Un homme qui, au fond, n’a pas tout à fait la vie qu’il voudrait avoir, peut-être ; qui s’identifie dans la vie des autres. Le cinéma vous permettait-il davantage de fantaisie ? La pièce était en un lieu unique et était très axée sur le verbe, sur le texte. Une grande partie était sur les pensés, les apartés. Ici, c’est construit comme un film : le point de départ était cette idée de rêve et tout ce qu’on pouvait montrer. Que les rêves, ressemblent à

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Julien Hallard : « Ce qui m’intéresse, c’est que le message passe »

Comme des garçons | S’il n’a tourné aucune image de son film inspiré de l’équipe de foot féminine de Reims dans la ville de ses exploits, Julien Hallard est bien allé à Avignon pour parler aux Rencontres du Sud de "Comme des garçons"…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Julien Hallard : « Ce qui m’intéresse, c’est que le message passe »

Y a-t-il a un lien entre le foot et votre mère, à qui vous avez dédié ce film ? Julien Hallard​ : C’est une dédicace affective avant tout. S'il y en avait un, ce serait sur la cause féministe — ma mère était très engagée. Et comme elle aimait le cinéma, je me devais de lui dédier mon premier film. Quel est votre propre rapport au foot ? J’ai joué dans le Calvados chez les poussins, j’aime ça depuis l’enfance. Et je m’intéresse vraiment au football féminin, ce n’est pas un truc opportuniste : je suivais Lyon et l’équipe de France, ça joue bien. Au moment où les hommes plongeaient en 2010, les filles faisaient une bonne coupe du monde, ça m’a inspiré. Elles vont trouver leur place dans ce sport majeur, avec beaucoup d’argent. Et si elles arrivent à s’imposer, elle s’imposeront dans le sport le plus populaire sur la planète. Donc j’aimerais bien que ça arrive. À partir de quand la fiction prend-elle ici le pas sur l’histoire authentique ? La majeure partie de ce que vous voyez dans le film est vraie, final

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8e Rencontres du Sud

Plus loin | À la fois rencontre professionnelle et manifestation ouverte au public, les Rencontres du Sud d’Avignon ont fait leur mue pour devenir l’an dernier le (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

8e Rencontres du Sud

À la fois rencontre professionnelle et manifestation ouverte au public, les Rencontres du Sud d’Avignon ont fait leur mue pour devenir l’an dernier le Festival des Montreurs d’images, doté d’une compétition très officielle. En plus de la dizaine d’avant-premières proposées (Je vais mieux, Luna, Katie says Goodbye, Trois jours à Quiberon, The Strange Ones, Les Municipaux ces héros, Comme des garçons, My Wonder Women, Une année polaire, Croc-Blanc, Pierre Lapin) la plupart en présence des équipes, l’édition 2018 programmera pour son drive-in un must pour plusieurs générations : Scarface, de De Palma. Ajoutez la présence de Michel Ocelot, un florilège de succès en salles et une sélection jeune public, et vous aurez un événement dont on reparlera. Rencontres du Sud Au Pandora à Avignon et d’autres salles d’Avignon, Le Pontet et Villeneuve-lez-Avignon ​du mardi 20 au samedi 24 mars

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Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Entretien avec la réalisatrice de Ôtez-moi d'un doute | Avant d’aller à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs, Carine Tardieu était passée aux Rencontres du Sud pour présenter son film tourné en Bretagne. Rencontre avec une voyageuse.

Vincent Raymond | Mardi 5 septembre 2017

Carine Tardieu : « Pleurer ou rire, c’est une manière d’être vivante »

Vous abordez ici le thème du secret de famille, très fécond au cinéma… Carine Tardieu : Au fur et à mesure de l’écriture de cette histoire, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de familles dans lesquelles il y avait des secrets — beaucoup autour de la paternité, car on sait qui est la mère d’un enfant. On en entend davantage parler depuis que les tests ADN existent. Des gens m’ont raconté leur histoire : certains ont eu envie de chercher leur père biologique, d’autres n’ont jamais voulu savoir… Paradoxalement, découvrir que son père n’est pas son père biologique permet à votre héros de mieux le connaître le premier… Absolument. J’ai eu moi-même la sensation de rencontrer mon père assez tard, alors que mon père je le connais depuis toujours. Parfois, la rencontre se fait à un moment précis de la vie : quand on devient soi-même père ou mère, on se demande quel homme et quelle femme nos parents ont été. On projette des choses sur eux, qui sont juste une petite partie de leur réalité : ils sont bien davantage que nos parents.

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"Django" : Étienne Comar donne corps au grand guitariste manouche

ECRANS | Pour sa première réalisation, le producteur et scénariste Étienne Comar s’offre rien moins qu’un portrait du plus fameux des guitaristes jazz manouche, Django Reinhardt. De belles intentions lourdes comme un pavé…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Producteur inspiré de Timbuktu ou Des Hommes et des dieux, Étienne Comar passe ici à la réalisation pour un bien étrange biopic inspiré par sa fascination pour l’œuvre, la musique et la personnalité de Django Reinhardt — campé par un Reda Kateb appliqué, impeccable aux six-cordes durant le premier quart d’heure (le meilleur du film). Ce portrait au classicisme suranné se focalise en effet sur la période de l’Occupation et donne l’impression de chercher à exonérer le guitariste jazz de son insouciance d’alors en le transformant en proto-résistant, voire en héros de survival. C’est se livrer à de sérieuses extrapolations au nom de la fiction et/ou de l’admiration. Étienne Comar a beau jeu de justifier sa démarche par les béances de l’histoire officielle, une question éternelle se pose : jusqu’où un cinéaste peut-il laisser voguer son imagination sans travestir la vérité, fût-ce en invoquant une licence artistique ? Sur l’écran d’argent, une légende dor

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Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Trois questions à | Choc des Rencontres cinématographiques du Sud d’Avignon, où il a été projeté en avant-première, L’Origine de la violence a été présenté par un Élie Chouraqui combatif et serein.

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Y a t-il de la violence en vous ? Avez-vous réussi à en déterminer l’origine ? Il y en a, oui. J’ai fait un peu d’analyse, je me suis fait “suivre”, comme on dit, parce que j’avais des questions auxquelles personne n’avait répondu. Des vides dans mon passé, des inquiétudes, des angoisses — qui m’habitent toujours, qui ne sont pas complètement dissipées — m’empêchant parfois de “bien” vivre. J’avais tendance à me mettre dans des situations désagréables alors que ce n’était pas du tout indispensable. J’ai compris pourquoi. Maintenant, je vais mieux (rires). Je suis beaucoup plus apaisé. Vous évoquez à travers le film les interdits pesant sur la représentation des camps d’extermination — et l’impossibilité de montrer des déportés en train de rire. C’est rare… Ce principe de Claude Lanzmann, selon lequel on ne montre pas l’immontrable, c’est comme un lieu commun, c’est stupide. Pardon pour Lanzmann, pour lequel j’ai beaucoup de respect, mais il n’est pas question de garder les choses mystérieuses, sans en parler. Il faut au contraire tout montrer et tout analyser — si possible avec talent et intelligence. On a non seulement l

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6e Rencontres du Sud

ECRANS | Pour connaître les tendances cinématographiques des prochains mois, direction Avignon et ses Rencontres du Sud. La manifestation conviviale, qui se déroule (...)

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

6e Rencontres du Sud

Pour connaître les tendances cinématographiques des prochains mois, direction Avignon et ses Rencontres du Sud. La manifestation conviviale, qui se déroule aux cinémas Pandora, Capitole, Utopie et Pathé Cap Sud du 15 au 19 mars, programme cette année 17 avant-premières, dont 11 en présence d’équipes. Parmi les immanquables, Les Habitants de Raymond Depardon, Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer, L’Outsider de Christophe Barratier (inspiré de l’affaire Kerviel) ou Le Cœur régulier de Vanja d’Alcantara d’après Olivier Adam.

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Django Django, les maîtres de l'univers pop

MUSIQUES | Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Django Django, les maîtres de l'univers pop

Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir en deux sur un changement de ton. Et où, sur fond de claviers quasi carpenteriens, sous un empilement de "ouh ouh" et perdu dans une rythmique space funk, un chœur chante «Take it back if you really, really wanna take it to the stars». Là commence un voyage qui n'est que changement de direction dans l'espace-temps (d'où sans doute la référence à Saturne, planète géante, donc, et dieu du temps du panthéon romain). Car Born Under Saturn est plein de fausses cassures de rythme (le "sax" de Reflections) qui sont autant de passages semblables à ces trous de vers qui permettraient en théorie d'accéder d'un bout du cosmos à l'autre ; plein de sauts quantiques musicaux qui ne sont pas sans rappeler, en plus sophistiqué, la manière qu'avaient en concert leurs aînés du Beta Band de s'échanger les instruments en plein milieu d'un morceau ; plein de ces digressions dignes, tant pis, on les cite, des contrepoints chers aux Be

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A Avignon, le pape est nu

CONNAITRE | Quand les comédiens remballent leurs affiches, que reste-il à Avignon ? Un spectacle son et lumière avec la voix de Francis Huster, oui, bon. Il reste (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 juillet 2014

A Avignon, le pape est nu

Quand les comédiens remballent leurs affiches, que reste-il à Avignon ? Un spectacle son et lumière avec la voix de Francis Huster, oui, bon. Il reste surtout ce majestueux Palais des papes qui, une fois le calme revenu, retrouve le silence dans lequel il baignait du temps où il recouvrait sa fonction première de résidence de l’épiscopat. Fondée, en vingt ans (!), dans la première moitié du XIVe siècle, cette construction gothique (la plus grande du Moyen-Âge) sera pillée et largement abîmée lors de la Révolution française. C’est paradoxalement sa transformation en prison et caserne qui la sauve : le revêtement posé sur les murs des cellules protège alors les chefs-d’œuvre peints au-dessous. Au-delà de la fameuse cour d’honneur, ce sont vingt-cinq salles qui se visitent, de l’immense salle des Festins (le "Grand tinel") aux chambres, en tête celle dite "du pape", aux murs bleus décorés d'oiseaux et d'écureuils et dont le sol est recouvert de tomettes colorées. La chambre du cerf, cabinet de travail d’un des deux papes bâtisseurs, Clément IV, possède elle aussi des fresques remarquablement conservées figurant des scènes de chasse, de pêche, de cueillette et de bain, ainsi

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Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

SCENES | "Cour d’honneur" et "Place du marché 76"

Benjamin Mialot | Vendredi 19 juillet 2013

Avignon - Jout 6 - Gloire au spectacle vivant !

On écrit souvent tout le bien que l’on pense du travail de Jérôme Bel, chorégraphe atypique de la scène française, adepte notamment d’une forme proche du spectacle-documentaire. Au fil des ans, l'instigateur du hit The Show Must Go On a ainsi construit diverses créations pensées autour de la figure d’un danseur – Véronique Doisneau du Ballet de l’Opéra de Paris, Cédric Andrieux de la compagnie Merce Cunningham... Un danseur qui donne son nom au spectacle et qui, sur scène, évoque sa vie tant personnelle que professionnelle, notamment en rejouant des extraits des pièces auxquelles il a participé – ce qui permet à Jérôme Bel d’affirmer crânement n’avoir jamais écrit un seul pas de danse.Suivant toujours cette logique et désirant imaginer un spectacle sur «la mémoire d’un lieu, d’un théâtre», Jérôme Bel a conçu Cour d’honneur : oui, car quel plus beau théâtre que la Cour d’honneur du Palais des papes, place centrale et majestueuse de l’incontournable Festival d’Avignon ? Pour évoquer cette mémoire, après plusieurs pistes de réflexion (il voulait d’abord interroger tous ceux qui travaillent dans le lieu), Bel a fait appel au

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Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

SCENES | "D'après une histoire vraie", "Drums and Digging"

Benjamin Mialot | Mardi 16 juillet 2013

Avignon - Jour 5 - Tout et son contraire

Christian Rizzo a souvent divisé notre rédaction, entre admirateurs de la ligne claire du chorégraphe et pourfendeurs d’un langage hermétique – pour rester poli. D’après une histoire vraie, sa dernière création dévoilée au Festival d’Avignon, rebat les cartes, Rizzo lui-même expliquant avoir changé sa façon de travailler. Stop aux corps frêles et au sous-texte cérébral, place à une émotion brute. Soit huit danseurs et deux batteurs, pour une pièce centrée sur les danses folkloriques de groupe, imaginée à partir d’un souvenir fort – un spectacle vu par Rizzo à Istanbul « dans lequel jaillissait un groupe d’hommes se livrant à une danse traditionnelle, complètement effrénée, avant de disparaître aussitôt ».Un jaillissement retranscrit sur scène en 1h15, dans une lente progression. D’où un spectacle qui prend du corps au fil de la représentation, emportant littéralement l’audience qui finit par se croire à un concert de rock – même si, le jour où nous y étions, personne n’a osé se lever. On ne savait pas Christian Rizzo capable d’une telle intensité, et l’on espère revoir ce spectacle en 2014/2015 dans la région – une autre pièce de Christia

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Avignon - Jour 4 - Course de fond

SCENES | "Je hais les gosses", "End/Igné" et le mouvement H/F

Nadja Pobel | Samedi 13 juillet 2013

Avignon - Jour 4 - Course de fond

L'éclectisme à Avignon n'est pas un vain mot. On y retrouve les trois quarts des spectacles programmés tout au long de la saison dans les café-théâtres lyonnais, dont celui d'un certain Monsieur Fraize qui, comme le dit son affiche, se relâche du 4 au 24 juillet. Nul lieu indiqué. Il n'est tout simplement pas là mais sur la photo, son polo et son pantalon de velours côtelé sèchent sur un fil. Joli coin d'œil par l'un des comiques qui nous aura fait pleurer de rire cette année. Mais revenons aux présents, éclectiques donc, avec les chansons d'Entre deux caisses, quatuor de musiciens inspirés par Allain Leprest, auquel ils rendent hommage dans une mise en scène de la chanteuse Juliette. Joli spectacle que ce Je hais les gosses, recommandé pour les enfants dès huit ans, en dépit de son ton un peu assassin envers eux et, surtout, de son caractère politique et utopiste - l'action se situe dans une décennie future et le groupe jette un regard amusé sur nos années deux mille, où l'on travaillait et allait à l'école pour apprendre un métier (folle hérésie !). Très dif

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Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

SCENES | "Les Particules élémentaires" et "Exhibit B"

Nadja Pobel | Samedi 13 juillet 2013

Avignon - Jour 3 - Ultra moderne solitude

Le buzz du festival n'est pas dans la cour d'honneur mais à quelques encablures d'Avignon, à Vedène, avec une adaptation improbable et inespérée du deuxième roman de Michel Houellebecq, qui contient tous les autres, Les Particules élémentaires. Aux manettes, un gamin de 26 ans, Julien Gosselin, pêche parfois par excès de jeunisme, comme si un micro et une séquence de coït à poil étaient les ingrédients indispensables d'un spectacle moderne. Passées ces quelques réserves, force est de constater que ce travail ne manque pas d'énergie. C'est toutefois quand on oublie le collectif (onze au plateau) et que le jeu comme le texte se resserrent sur un ou deux personnages, dans la deuxième partie de la pièce (sur près de quatre heures au total),  que ce travail trouve son point culminant. Par exemple dans cette magistrale et déchirante scène où Michel s'aperçoit, à quarante ans, qu'il est passé à côté de l'amour de sa vie, sa triste et désenchantée amie de collège. Gosselin parvient, sur un plateau nu, sans coulisses, avec des acteurs-musiciens en permanence en scène et une utilisation enfin judicieuse de la vidéo, à rendre l'abyssal individualisme q

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Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

SCENES | "Ping Pang Qiu", "Orphelins" et "Concerto pour deux clowns".

Nadja Pobel | Vendredi 12 juillet 2013

Avignon - Jour 2 - Tous azimuts

Il nous a fallu laisser Angelica Liddell sur le côté pour enfin attaquer le Off du festival. Mais l'Espagnole n'est pas du genre qu'on oublie : récemment, son texte Belgrade avait résonné d'une manière absolument bouleversante au Théâtre des Ateliers,  grâce au collectif La Meute, et nous attendons depuis que cette création soit diffusée pour vous en parler plus longuement. À Avignon, elle met en scène ses propres textes, dont Ping Pang Qiu, dont le nom fait référence à la "diplomatie du ping-pong" - un échange de joueurs entre la Chine et les États-Unis dans les années 70, grâce auxquels les deux pays entretiennent depuis de bons rapports économiques, tant qu'il n'est pas question de droits de l'homme. Un travail documentaire à quatre voix, parfois trop délirant (le final où tout le monde se jette des nouilles chinoises à la figure) mais bien souvent instructif et intransigeant avec une Chine plus aimée que dénoncée.  De son côté, la comédienne Valérie Marinese, déjà aperçue au Théâtre de l'Elysée à Lyon joue dans Oprhelins, une très bonne pièce d'un dramaturge anglais contemporain, Den

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Avignon - Jour 1 - Static or not static

SCENES | "Par les villages" et "Remote Avignon"

Nadja Pobel | Jeudi 11 juillet 2013

Avignon - Jour 1 - Static or not static

En sortant de la cour d'honneur du Palais des Papes, 4h30 apres y être entré, un soulagement a envahi l'ensemble des spectateurs restés jusqu'au bout du solo de Jeanne Balibar, crispant quand il était audible. Car en adaptant Par les villages, long poème dramatique de Peter Handke, Stanislas Nordey, artiste associé de l'édition 2013 du Festival d'Avignon, a aussi fait le choix de l'anti spectacle. Autant l'enchaînement de deux monologues dans Clôture de l'amour ne manquait pas de puissance, autant l'exercice produit ici une ambiance mortifère, les émotions restant enfouies sous des gravas de logorrhée. La faute à une absence de réelle mise en scène - les acteurs, ultra-statiques, se parlent à dix mètres les uns des autres sur un plateau dont l'immensité offrait pourtant des conditions de jeu inouïes. Balibar n'est jamais dans son rôle, hautaine et absente à la fois. À cour, Olivier Mellano assure lui un splendide début de spectacle, avant que sa partition se fasse de plus en plus menue - et c'est d'a

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Mélange Fort

MUSIQUES | Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 24 mai 2013

Mélange Fort

Alors que l'exposition hommage à Django Reinhardt se poursuit au Fort du Bruissin jusqu'au 14 juillet, le festival Fort en Jazz se refermera le 24 juin avec les Canadiens de The Lost Fingers, dont le nom est un hommage au maître du jazz manouche et à ses fameux doigts manquants - lesquels ne l'ont pas empêché de devenir le plus grand guitariste de son genre. Pour eux, il s'agit surtout de revisiter à la sauce manouche des standards des années 80. Un bien beau symbole d'une édition 2013 qui n'hésite pas à abuser des mélanges. Ainsi aura-t-on la joie (ou pas) d'assister au grand retour de Matt Bianco, le groupe d'un certain Mark Reilly qui, à l'époque où les Smiths régnaient sur le bon goût, fut l'un des rares Anglais à produire une musique tournée vers le jazz et les rythmes latino. Non sans empocher le pactole avec quelques tubes, dont le mythique Yeh, Yeh. Parmi les prestations à ne pas rater, on notera celle du pianiste et claviériste Bojan Z, grand rafleur de Victoires du Jazz, tout comme Eric Legnini, qui viendra présenter un projet où se croisent afro beat, folk,

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Jour de fête

MUSIQUES | Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 avril 2013

Jour de fête

Pour ceux qui l'ignoraient, il y a une vie après la journée de la femme et celle du dépistage du cancer des roustons, elle peut même être musicale, cette vie. C'est ainsi que le 30 avril a lieu, sous les bons auspices de l'UNESCO, et de l'Institut Thelonious Monk, l'International Jazz Day (ça veut dire «journée internationale du jazz»), dont la capitale sera cette année Istanbul. Le rapport avec Lyon ? C'est que Jazz à Vienne profite de l'événement pour proposer une très complète journée de festivités jazz en la capitale des Gaules, bien sûr, mais aussi de là (Francheville) à là (Saint-Etienne). Concerts, ouverture d'exposition (Django Reinhardt au Fort de Bruissin dans le cadre du 60e anniversaire de sa mort), masterclasses diverses, projections de films (Les Fils du Vent au Comoedia, suivi d'un concert), rencontres en centre pénitentiaire, focus jazz à la BM avec une sélection de disques et documents, et bien sûr, concerts, concerts, concerts (mais ça on l'a déjà dit). En vedette, il en faut une, le pi

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Surveiller et ravir

SCENES | Moyennement voire très sévèrement accueilli par la presse au dernier festival d’Avignon où il fut créé, matière à diviser les rédactions (dont la nôtre), Plage ultime est pourtant un spectacle puissant pour qui accepte de se laisser engloutir par ses sables mouvants. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 13 mars 2013

Surveiller et ravir

Un fatras d’accessoires jonche le plateau : un bar, un piano à queue, des fauteuils mais aussi et surtout, au premier plan, un tapis roulant d’aéroport et juste derrière un pont métallique suspendu, comme une passerelle dont on ne sait ni d’où elle part ni où elle mène. Les comédiens vont et viennent, maugréent, rient, échangent parfois quelques bribes d’histoires. Alors bien sûr, ce travail (initialement annoncé d’une durée de 2h40 et fort heureusement pour son rythme resserré en 1h40) n’est pas narratif, il est même parfois très épars mais peu importe car ce que parvient à capter Séverine Chavrier est la frénésie - ou l’arrêt brutal - des déplacements et le néant auquel renvoie ce perpétuel et obsédant besoin de se rendre d’un point à un autre. Les valises valsent, tombent, s’entrechoquent souvent dans ce spectacle inspiré de l’univers de l’écrivain américain J. G. Ballard ; les gens courent, se figent, se cognent, recommencent dans ce qui peut être un hall de gare, symbole implacable d’une société trop pressée. Mais il s'agit plus sûrement encore d'un no man’s land voire d'une loupe posée s

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Qui es-tu Django ?

ECRANS | Django unchained, hommage ou remix ? Les deux et plus encore. Au commencement il y a Django, légende du western italien. Année 1966 : dans la foulée de Pour (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 10 janvier 2013

Qui es-tu Django ?

Django unchained, hommage ou remix ? Les deux et plus encore. Au commencement il y a Django, légende du western italien. Année 1966 : dans la foulée de Pour une poignée de dollars, Sergio Corbucci explore le genre avec frénésie et s'inspire d'une BD où un personnage trimballe partout un cercueil. De cette figure, il tire une intrigue épurée (un pistolero venge sa femme tuée par un chef de gang raciste), prétexte à une relecture décharnée des Sept samurais. Plantant son décor dans un Far West fantomatique et boueux, peuplé de personnages violents et corrompus, Django se taille alors vite une réputation de petit objet déviant et sulfureux. Succès populaire, le film acquiert une telle aura qu'il engendre quantité de pseudo-suites, clones bâtards, les distributeurs étrangers ne se gênant pas pour rebaptiser Django tout ce qui vient d'Italie avec un colt. Il faut attendre 1987 pour enfin voir débarquer une suite, officielle, sans Corbucci aux commandes mais toujours Franco Nero dans le rôle titre (le Django original). Stallonemania oblige, le film a des airs de Rambo 2 dans l'Ouest - un juste retour des choses quand on sa

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Django unchained

ECRANS | Chevauchée sanglante d’un esclave noir décidé à retrouver sa fiancée en se vengeant de blancs cupides et racistes, «Django Unchained» n’est pas qu’une occasion pour Quentin Tarantino de rendre hommage aux westerns ; c’est aussi un réquisitoire contre l’Histoire américaine, d’autant plus cinglant qu’il conserve le style fun de ce définitivement immense cinéaste. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 7 janvier 2013

Django unchained

Première réaction à la sortie de ce Django unchained : Tarantino est fidèle à lui-même, et c’est pour ça qu’on aime son cinéma. De fait, ils sont peu aujourd’hui à offrir 2h45 de spectacle qui semblent passer en quelques minutes, sans pour autant renier le fondement de leur style : des scénarios écrits contre toutes les règles hollywoodiennes, privilégiant le dialogue et la durée des épisodes à une construction en trois actes où l’action et la parole sont dosées équitablement. Tarantino y ajoute cette élégance de mise en scène qui frappe dès le générique, où une chaîne d’esclaves torses nus et l’haleine fumante traverse de nuit une étendue aride et rocailleuse. Pourtant, il convient de tempérer ce jugement hâtif : oui, Tarantino est immense et oui, Django unchained est un très grand film, mais il n’est que l’aboutissement d’une mue amorcée entre les deux volumes de Kill Bill. Cette césure n’avait rien d’artificiel : elle marquait un tournant décisif, celui où le cinéaste cessait de déployer sa maestria en cinéphile compulsif visitant avec une gourmandise enfantine le cinéma bis, et où il donnait une réelle gravité à ses sujets, prenant ce qu’il montre

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Django Django Unchained

MUSIQUES | Derrière l'un des groupes britanniques les plus excitants du moment se cachent des musiciens maniaques qui mêlent aptitude innée à pondre des tubes et liberté de mouvement artistique absolue. Une formule imparable. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 23 novembre 2012

Django Django Unchained

On se demande comment les Beaux-Arts britanniques parviennent encore à former des artistes, au sens classique du terme, tant elles accouchent depuis la nuit des temps – c'est-à-dire les années 60 – de musiciens géniaux (certains vous diront que si c'est pour finir par prendre des photos de gros anglais moches sur une plage, comme Martin Parr, ou couper des vaches en deux, comme Damien Hirst, c'est peut-être mieux comme ça). Django Django en est la dernière preuve manifeste puisque que c'est sur le banc des Beaux-Arts d’Édimbourg que Dave MacLean et Vinnie Vett se sont trouvés. L'avantage des Beaux-Arts en matière de musique par rapport à, disons l'ENA, qui à part Jean-François Copé (pas le dernier au clavier et as du pipeau) a produit peu de virtuoses, c'est qu'elle permet aux musiciens qui s'en échappent de livrer des packages esthétiques complets, une sorte de vision. Ce fut le cas par exemple de Roxy Music, qui n'aurait probablement jamais porté de costumes en matières chelous, si certains d'entre eux, à commencer par Bryan Ferry, n'avaient fréquenté des écoles d'arts. Comme q

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On tire la langue, on tape dans les mains

SCENES | Festival d'Avignon (9) / 1927. The Animals and Children took to the Streets. Steven Cohen. The Cradle of Humankind

Dorotée Aznar | Mercredi 25 juillet 2012

On tire la langue, on tape dans les mains

Le Off tire la langue. Croisé dans la rue, un comédien lyonnais nous confirme la rumeur qui circule entre les remparts depuis plusieurs jours : il y aurait environ 30% de festivaliers en moins cette année à Avignon. Résultat, pas mal de compagnies jettent l'éponge et plient bagages. Dans le In, tout va bien, les files d'attente sont toujours aussi longues et les spectacles affichent encore complet. Vus depuis la mise en ligne du dernier blog : un fabuleux spectacle tout public à partir de 9 ans (le meilleur spectacle vu depuis notre arrivée ici), The Animals and Children took to the Streets de la compagnie 1927 qui mélange théâtre, animation et musique live dans une ambiance très Triplettes de Belleville. On en reparlera très prochainement. Vu également, le dernier Steven Cohen The Cradle of Humankind où l'artiste, que l'on croise fréquemment à Lyon et qui avait fait scandale (notamment) en déambulant devant le Musée de la Résistance et de la Déportation presque nu, couvert d'une pancarte "Juif", part sur les traces des origines du monde. Dans ce spectacle, on découvre un artiste plus d

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L'addition, s'il vous plaît

SCENES | Festival d'Avignon (8) / Romeo Castellucci. The Four Seasons Restaurant

Dorotée Aznar | Mardi 24 juillet 2012

L'addition, s'il vous plaît

Alors, il est comment le nouveau Castellucci ?  Ce qui est certain, c'est que "The Four Seasons restaurant" ne devrait pas créer la polémique. Et qu'il ne faudra pas trop non plus y chercher l'aspect "based on the true story of Mark Rothko". Car après une formidable introduction où les spectateurs sont soumis aux insoutenables sons produits par des matières aspirées dans un trou noir et un finale tout aussi grandiose dans lequel un tableau vivant emporte tout sur son passage on trouve un... machin antique, interprété  par dix jeunes filles vêtues comme des paysannes. Et dans le machin antique, c'est le drame. Dans les rangs, derrière nous, on parle de "refus de la vulgarité du monde contemporain par la sobriété". Sur la scène, en vrai : c'est juste un peu chiant. Une phrase prononcée par l'un des personnages retient notre attention : "Honore ce que tu ne comprends pas". Pour le coup, on honore Castellucci comme jamais ! Dorotée Aznar

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