Grand Corps Malade et Mehdi Idir : « L'humour existe dans ces centres : il est trash et drôle »

3 questions à... | « L’important, ce n’est pas la chute mais l’atterrissage ». Avec Mehdi Idir, Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade raconte le combat d’êtres brisés par la vie, adapté de son livre autobiographique. Diagnostic à échelle humaine d’une jeunesse aux espoirs figés.

Julien Homère | Mardi 28 février 2017

Photo : © Renaud Monfourny


Comment vouliez-vous faire ressentir visuellement la violence psychologique du handicap ?
Mehdi Idir : On a décidé de ne pas en faire un documentaire. On filme à hauteur de fauteuil, et les valides sont montrés en contreplongée : c'était notre parti-pris. La réalisation a découlé du centre [de rééducation, NDLR] avec ses couloirs interminables et ses lignes. Pour cette raison, le début est fait de plans très serrés, comme l'introduction en vue subjective, qui jouent sur les cadrages pour ressentir l'enfermement du personnage jusqu'à ce qu'il arrive dans le fauteuil : là, l'image s'élargit.

Pourquoi ne pas avoir choisi des stars pour les rôles principaux ?
MI : Avec Fabien, on mate beaucoup de films français et les mêmes visages reviennent toujours : ça nous énerve. En faisant ce film, je cherchais de nouvelles têtes pour montrer un vivier de talents inexploités.

Grand Corps Malade : J'ajouterai que ça rend le propos d'autant plus crédible car les spectateurs ne les connaissent pas et peuvent penser qu'ils sont réellement handicapés. À la fin des avant-premières, quand les acteurs descendent les marches de la salle et qu'on les présente au public, la plupart d'entre eux l'ont cru. Ça rend le film plus intéressant. Si on avait mis quelqu'un de connu dans un fauteuil, on aurait vu la performance d'acteur, pas l'histoire.

Aviez-vous autant d'humour que Ben, votre alter ego à l'écran ?
GCM : Je suis un très grand optimiste. L'humour existe dans ces centres-là : il est même très trash et drôle. Il fallait que ça se ressente, même dans les situations les plus dures. Contrairement aux personnages de Toussaint et Steeve, Ben a des éléments de récupération dés le début : l'espoir naît chez lui d'un orteil qui bouge ce qui explique sa vision du handicap.


Patients

De Grand Corps Malade, Mehdi Idir (Fr) avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab...

De Grand Corps Malade, Mehdi Idir (Fr) avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab...

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Se laver, s'habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens.... Bref, toute la crème du handicap. Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s'engueuler, se séduire mais surtout trouver l'énergie pour réapprendre à vivre. Patients est l'histoire d'une renaissance, d'un voyage chaotique fait de victoires et de défaites, de larmes et d’éclats de rire, mais surtout de rencontres : on ne guérit pas seul.


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Basketteur devenu slameur à la suite d’un accident, Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade, ne cesse depuis de renaître dans de nouvelles disciplines. En littérature, avec la publication de Patients, qu’il porte ensuite à l’écran et réalise avec Mehdi Idir. Le revoici derrière la caméra pour La Vie scolaire, à nouveau cosigné par Mehdi Idir, que tous deux viennent à point nommé présenter à quelques jours des vacances en compagnie des comédiens Soufiane Guerrab et Liam Pierron. En cas de retard, les mots d’excuses devront être visés par les surveillants. La Vie scolaire Au Pathé Vaise ​le mercredi 19 juin à 20h

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Julien Homère | Mardi 28 février 2017

Avec Mehdi Idir, Grand Corps Malade porte à l’écran le combat d’une vie, qu’il avait déjà romancé dans un livre. Le film narre sur une année l’histoire de Ben (brillant Pablo Pauly), transporté au centre de rééducation Coubert après un grave accident le laissant partiellement tétraplégique. C’est le début d’une longue lutte pour retrouver son autonomie, bardée d’amitiés, de peines et d’amour. Les réalisateurs montrent le quotidien par moment insoutenable des malades. S’ouvrant sur une vision subjective clinique, la mise en scène privilégie une forme immersive à l’opposé du format documentaire, NTM et Lunatic en clins d’œil musicaux générationnels à l’appui. Une absence de prétention rend le propos sincère et l'empêche de tomber dans le misérabilisme. Aucune des questions sensibles n’est évitée : suis-je toujours un être humain ? Puis-je tomber amoureux ? Puis-je faire seul mes besoins ? Ai-je un avenir ? Le récit arrive à être touchant sans être plombant, dur sans être dramatique, à la recherche d’un équilibre subtil entre rires

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ECRANS | De Mathias Malzieu et Stéphane Berla (Fr, 1h34) animation

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Jack et la mécanique du cœur

La longue, laborieuse et coûteuse gestation de cette adaptation par Mathias Malzieu de son livre et de son concept-album n’explique pas intégralement l’indigence du résultat. Déjà fortement influencé par Tim Burton, l’imaginaire de Malzieu se confronte ici encore plus directement à son modèle, notamment dans un prologue enneigé qui évoque Edward aux mains d’argent ; la comparaison n’est guère flatteuse. C’est peu dire que le leader de Dionysos est un piètre narrateur, meublant les intervalles entre les moments chantés pour tenter de créer une introuvable continuité aux événements. Les chansons elles-mêmes paraissent déjà d’un autre âge — et leurs interprètes avec, Olivia Ruiz et Grand Corps Malade en tête — mais c’est surtout l’animation qui fait un bond de quinze ans en arrière. Froids pantins numériques lisses et inexpressifs, les personnages sont d’une rare laideur et évoluent dans des univers tout aussi impersonnels. Malzieu tente parfois d’inscrire son récit dans une évocation cinéphile qui relierait Méliès au western leon

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