"Les Figures de l'ombre" : Les étoiles noires de la NASA

ECRANS | de Theodore Melfi (É-U, 2h06) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner…

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Photo : © 2016 Twentieth Century Fox


La trajectoire Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, brillantes mathématiciennes à la NASA durant les années 1960, dont les contributions permirent à l'aérospatiale d'effectuer des avancées décisives. Tout en combattant la ségrégation au quotidien, car elles étaient noires…

Alors que la société étasunienne semble n'avoir jamais été autant proche de succomber à ses pulsions rétrogrades, Hollywood continue de produire des biopics édifiants et formatés, idéalisant — héroïsant parfois — des personnalités issues de la société civile.

Quand Jeff Nichols ose le drame réaliste et pudique avec Loving, Theodore Melfi chausse les grosabots d'une hagiographie convenue, farcie de répliques sur-écrites pour donner une apparence de comédie, de retournements moralisateurs ainsi que de personnages secondaires tellement archétypiques et manichéens qu'on n'imagine même plus les trouver dans des scripts d'apprentis scénaristes.

Ces gugusseries semblent, heureusement, avoir fait leur temps : le public comme les votants de l'Académie des Oscar plébiscitent désormais des approches plus crues des choses. Peut-être ont-ils compris, avant les studios, que certains sujets historiques ne souffraient guère le badinage naïf, ni les grosses ficelles. Prochaine étape, la fin de la mode du biopic ?


Les figures de l'ombre

De Theodore Melfi (ÉU, 2h06) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer...

De Theodore Melfi (ÉU, 2h06) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer...

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Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.


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Kevin Costner dans "L'un des nôtres" : très chère chair de notre chair

Thriller | Un thriller de Thomas Bezucha, avec Kevin Costner et Diane Lane, qui pourrait figurer dans les filmographies de Clint Eastwood ou John Cassavetes.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Kevin Costner dans

Montana, fin des années 1950. Après la mort accidentelle de leur fils, Margaret et George voient leur bru épouser le très discret Donnie, et quitter la ville du jour au lendemain avec leur petit-fils Jimmy. Bien décidés à le récupérer, ils partent à sa recherche, sans imaginer le calvaire à venir… Signé par un réalisateur n’ayant jamais connu la gloire et doté d'un titre français bancal, L’un des nôtres sort presque en catimini, mais ne vous y trompez pas : il pourrait figurer dans la filmographie de Clint Eastwood ou de Cassavetes. Avec son couple formé d’un shérif retraité mutique (Kevin Costner, parfait dans la mesure et le non-dit) et d’une cow-girl obstinée (Diane Lane, nouvelle Gena Rowlands), ce néo western glissant d’un déchirant drame familial vers un glaçant thriller ne cesse de surprendre par la richesse de ses motifs secondaires et de sa justesse. Sobriété d’interpré

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