Les Écrans du doc : Sur les barricades

Julien Homère | Mardi 21 mars 2017

Photo : N'importe qui © Atmosphères / 53 Productions


C'est la lutte initiale ! Fenêtre sur le monde et l'Homme, Les Écrans du doc témoignent d'une prise de conscience des enjeux socio-politiques contemporains, par le peuple et pour le peuple. Un soulèvement civil et salutaire.

Ouverture toute trouvée, Silvia Munt lancera les hostilités avec son brûlot Afectados, témoignant de la révolte aussi intime que collective des Indignés espagnols. Le combat continuera avec Food Coop de Tom Boothe, consacré à la réussite d'un supermarché coopératif à New York. Pour alimenter le débat et distribuer leurs avis, les membres du projet Demain ou les Amis du Monde Diplomatique basés à Lyon viendront partager leur point de vue. Swagger d'Olivier Babinet peindra de son côté la jeunesse d'Aulnay-sous-Bois et de Sevran blindée de rêves et d'ambitions, dans un milieu défavorisé.

Et si la pensée était la meilleure des luttes ? Réfléchir ensemble et philosopher sur nous en tant que société citoyenne ? Le temps d'une rencontre, Judith Sévy et François Danzé dialogueront sur Alain Guyard à l'issue de La Philo vagabonde de Yohan Laffort.

Pour conclure cette guérilla spirituelle, un invité prestigieux viendra clore le débat… en l'ouvrant sur des problématiques nouvelles : l'écrivain, scénariste, comédien et cinéaste François Bégaudeau parlera du réel avec N'importe qui sur les revendications citoyennes oubliées, histoire de planter les graines d'un avenir meilleur.

7e édition de Les Écrans du doc
Au Ciné-Toboggan du mardi 21 au dimanche 26 mars


Afectados (rester debout)

De Silvia Munt (Esp, 1h22) Documentaire

De Silvia Munt (Esp, 1h22) Documentaire

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Frappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen, apolitique et spontané, s’est mis en place pour proposer son aide à ces victimes de prêts toxiques –des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers l’entraide et la solidarité, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.


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Mois du documentaire, suite, avec la très riche programmation concoctée par l’écran décinois, à l’avenant de la vitalité du genre, lequel reflète les préoccupations flottant dans l’air du temps. Ainsi, on ne s’étonnera pas de voir les thématiques environnementales (Animal, I Am Grata, Bigger Than Us, Douce France, Une fois que tu sais, La Panthère des neiges…) et sociale (dans l’acception la plus large) s’adjuger la part du lion. Mais comme toujours dans le doc, ce n’est pas le militant qui fait le film, c’est la caméra — ou, plus précisément, l’art de voir et de donner à voir — voilà pourquoi il faut notamment découvrir Un peuple de Emmanuel Gras (en sa présence), formidable récit sociologique “autour” d’un groupe de Gilets jaunes qui confirme le talent hors normes de l’auteur du captivant Makala. Mais ce qui fait l'intérêt de ce festival — outre l’abondante qualité des films et des avant-premières —, c’est la densité des échanges qui leur sont associés : le documentaire se prêtant à la réflexion, il l

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On ne l’arrête plus ! Lorsqu’il ne signe pas un livre (ou deux, comme cette année), qu’il n’écrit pas une pièce de théâtre, l’ancien [prenez votre souffle] prof de lettres-chanteur de Zabriskie Point-critique de cinéma/littéraire-fondateur de revue François Bégaudeau réalise des documentaires et sillonne la France pour les présenter. Après N’importe qui, voici Autonomes consacré à ces individus ayant réussi à s’affranchir (intellectuellement et/ou matériellement) de l’emprise de la société et surtout, d’une forme de dépendance. L’idée est sans doute de montrer qu’un mode alternatif est possible et viable. À découvrir donc en sa compagnie le 8 octobre au Zola de Villeurbanne, cinéma indépendant — mais là, il vaut mieux quand même qu’il y a ait du monde…

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Y-a-t-il meilleur filon que le réel pour les cinéastes en quête d’un sujet solide ? Parce qu’elle se revendique en prise directe avec ledit réel — ce qui ne l’empêche pas d’être écrite ni scénarisée — et affirme des regards singuliers, la veine documentaire est souvent privilégiée pour réfléchir le passé comme le présent. Mieux : elle rassemble en salles un public régulier, demandeur d’échanges. Au Ciné-Toboggan, le festival Les Écrans du Doc cultive cette intelligence du regard et de la parole à travers une petite semaine où chaque jour correspond à une thématique développée en deux films — récents lorsqu’ils ne sont pas inédits. Après une ouverture centrée sur “écrire et filmer le réel“ avec L’Époque de Matthieu Bareyre et le discutable Depuis Mediapart de Naruna Kaplan de Macedo, c’est “l’écologie, regard sur le monde“ qui est observée à travers L’Illusion verte de l’Autrichien Werne

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Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

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Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

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Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, tournées vers sa laideur extérieure comme sa beauté intérieure. Accompagnant un pot d’ouverture, Food Coop de Tom Boothe montrera que même Wall Street n’arrive pas à stopper le geste fraternel au sein d’une coopérative alimentaire new-yorkaise. Manger mieux pour vivre mieux, credo commun entre Rosa Maria, exilée de son village en 1931 et les migrants kurdes à Riace, dans le sud de l’Italie actuelle : Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella rappelle les heures sombres de l’actualité, en miroir avec son Histoire, démarche jumelle de Ils ne savaient pas que c’était une guerre. Avec l’association Coup de Soleil, favorisant les échanges culturels entre la France et le Maghreb, son réalisateur Jean-Paul

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"Swagger" : à l’école de la classe

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Ils se prénomment Aïssatou, Astan, Aaron, Elvis ou Mariyama… Vivant dans des cités de périphérie, ces adolescents dépassent la facile caricature à laquelle ceux qui ne les ont jamais approchés les réduisent. Pour un peu qu’on consente à les rencontrer ! Olivier Babinet, lui, les a écoutés durant des semaines, et construit en leur compagnie ce singulier documentaire débordant de fantaisie, de liberté et surtout d’espoir. Film stylé, Swagger est ainsi autant une collection de témoignages qu’une œuvre de création chamarrée ; un puzzle assumé et dynamique se pliant autant à l’imaginaire immédiat de ses protagonistes qu’à leurs projections. S’ils décrivent le quotidien pas forcément folichon avec lequel ils doivent composer au prix d’une sacrée créativité, les onze ados du film sont aussi les acteurs d’un changement en cours. Que la caméra, complice magique, transpose parfois dans une imagerie hollywoodienne ou clippée — voir les défilés vestimentaires de Paul et Régis, deux jeunes mecs ayant su affirmer leur identité à travers leurs fringues. Ou qu’elle an

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"Food Coop" : la coopérative, ça va super-marcher !

ECRANS | de Tom Boothe (E-U, Fr., 1h37) documentaire

Vincent Raymond | Lundi 31 octobre 2016

Une utopie réalisée mérite toujours d’être valorisée, surtout si, comme le Park Slope Food Coop, elle est économique. Créé en 1973, ce supermarché coopératif est une enclave miraculeuse en plein New York, où 17 000 membres s’engagent à effectuer 2h45 de bénévolat par mois. En contrepartie, ils ont accès à des produits équitables, de bonne qualité à des prix modiques. Ajoutons que le négoce est rentable (il écoule son stock plus vite et réalise un plus important chiffre d’affaires que les autres), qu’il est un plus social pour ses rares salariés, et l’on a presque tout dit ; le reste est livré par les témoignages de fondateurs, de membres-clients entrecoupés par des séquences captées dans le quotidien… ou chez la triste concurrence. Tout tend à prouver que l’autogestion fonctionne et qu’elle n’a pas de défaut. Limite prosélyte. Un truc chiffonne malgré tout : tourné il y a quatre ans (à l’époque où le réalisateur effectuait son étude de marché), ce film sort pile au moment où Boothe ouvre sa propre supérette coopérative parisienne, laquelle se trouve — tiens donc — partenaire de l’opération. Eh Tom, tu as a beau porter un pull jacquard, une ba

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"La Philo vagabonde" : festin de cerveau

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr, 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs — et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de “produit culturel”, Guyard se veut une sorte de coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu — certes, lui porte et apporte des valeurs

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Quoi de neuf, en doc ?

ECRANS | Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Quoi de neuf, en doc ?

Dans le documentaire comme dans les autres genres, certains arbres au feuillage outrageusement vert et au tronc gentiment creux captent indument une lumière méritant de se répandre sur d’autres pousses de la forêt. Heureusement, il existe des manifestations telles que Les Écrans du Doc pour aller au-delà de cette canopée et faire état d’une diversité parfois insoupçonnée. En une petite semaine, quatorze films vont se succéder au Toboggan décinois, pour la plupart accompagnés par des animations. Si la moitié de la programmation est constituée d’avant-premières — dont Il m’a appelé Malala de Davis Guggenheim et No Land’s Song de Ayat Najafi à l’occasion de la soirée d’ouverture, coïncidant avec la Journée internationale des Droits des Femmes —, on se réjouit des coups de projecteurs braqués sur des œuvres nécessaires telles que les récents Merci patron ! de François Ruffin, astucieuses représailles à l’avidité des milliardaires, ou

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Doc en packs au Toboggan

ECRANS | Pour sa cinquième édition, Les Écrans du doc se fraie un chemin entre les festivals de cinéma lyonnais du moment — Les Reflets au Zola, qui continuent cette (...)

Christophe Chabert | Mardi 17 mars 2015

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Pour sa cinquième édition, Les Écrans du doc se fraie un chemin entre les festivals de cinéma lyonnais du moment — Les Reflets au Zola, qui continuent cette semaine, le Festival du cinéma européen, qui débute ce vendredi à Meyzieu — et tire largement son épingle du jeu. L’idée étant de monter des doubles programmes thématisés pour mettre en perspective la production documentaire actuelle, plutôt foisonnante. Ainsi, Mehran Tamadon sera mis à l’honneur ce mercredi avec ses deux films, Bassidji et Iranien, où lui, l’athée, se confronte coup sur coup aux défenseurs extrêmes de la République islamiste et à quatre mollahs, dans un dialogue de sourds qui serait drôle s’il n’était aussi tragique dans ses conséquences — Tamadon ne peut désormais plus retourner en Iran. Il sera présent pour débattre avec les spectateurs au cours de la soirée. Complémentaires aussi, les deux documentaires projetés le jeudi 19 qui montrent le calvaire des demandeurs d’emploi : côté pile, l’enfer bureaucratique de Pôle e

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Bron, commune des livres

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Stéphane Duchêne | Mardi 3 mars 2015

Bron, commune des livres

Rarement sans doute les différentes rencontres, dialogues et débats réunissant les auteurs invités par la Fête du Livre de Bron auront constitué de la sorte les pièces d'un puzzle thématique qui n'a sans doute jamais été aussi commun – et n'a donc jamais aussi bien porté son nom. «Qu'est-ce qu'on a en commun ?», donc, pose la question inspirée de l'essai de Christian Dardot et Pierre Laval, évidemment invités pour parler du vaste sujet de leur livre : à savoir proposer une révolution politique, sociale et écologique pour le XXIe siècle, celle du commun. Pour commencer, on pourrait dire plus précisément ici que ce qu'on a en commun, c'est la ou les littératures, quelles qu'en soient les approches. Littérature, qui cette année porte donc à la Fête du Livre une série de regards sur le contemporain à travers les enjeux du commun. Qu'ils passent par l'évocation du monde social et le plus souvent de son effritement (les rencontres "roman choral, roman social" avec Olivier Adam et Donal Ryan, "La France à hauteur d'homme" avec Florence Aubenas, "L'Italie, un nouveau monstre" avec Silvia Avalone et Simonetta Greggio) ; de l'histoire et de la mémoire ("La mém

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Gondry, star du doc

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Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

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Période faste pour le documentaire français en ce moment… Du coup, Les Écrans du doc, le festival consacré au genre au Toboggan de Décines n’a eu qu’à se pencher pour ramasser les beaux fruits de cette production. Parmi eux, les très réussis L’Escale, Se Battre et La Cour de Babel, sans oublier le dernier film-fleuve de l’immense Frederick Wiseman, le plus français des cinéastes américains, At Berkeley. La soirée à ne pas rater durant le festival sera celle consacrée à Michel Gondry — vendredi 11 avril, avec la projection de L’Épine dans le cœur et, en avant-première, du remarquable Conversation animée avec Noam Chomsky. C’est une belle occasion pour revenir sur le cas Gondry, qui alterne depuis ses débuts des projets commerciaux d’envergure avec des petites formes aventureuses et expérimentales, où le documentaire a t

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Festin aux Célestins

SCENES | Alors que s’achève tout juste, sur le plateau des Célestins, une version tonitruante de "Cyrano" (avec un Torreton sidérant), le théâtre de la Ville de Lyon annonce une future saison résolument européenne et contemporaine. Laquelle sera lancée par la mise en scène de "Chatte sur un toit brûlant" par Claudia Stavisky et l’indispensable festival international Sens interdits. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 5 juin 2013

Festin aux Célestins

Bien sûr, nous sommes aux Célestins, un des théâtres d’excellence de la région, où ce sont les mots qui sont portés aux nues au fil des très nombreux levers de rideaux (270 lors de la saison qui vient de s’écouler). Ce sont toutefois des chiffres qui nous permettront d’y voir plus clair dans sa saison 2013/2014 : un tiers de spectacles mis en scène par des femmes, dont la moitié écrits par la gente féminine, cinq grands maîtres du plateaux (Bondy, Ostermeier, Lupa, Goebbels, et Vogel), neuf pièces internationales, un tiers de la programmation composée de compagnie de la région Rhône-Alpes (Nöjd, Haut et Court…). Des locaux et des stars Du côté des mots, les premiers à résonner seront ceux de Tennessee Williams avec Chatte sur un toit brûlant, créé cet été au Château de Madame de Sévigné à Grignan (44 représentations !) et repris dès le 19 septembre. Autre résident (temporaire), le circassien Mathurin Bolze qui présentera en novembre Ali + Nous sommes pareils à des crapauds qui dans l’austère nuit… (attention, titre à rallong

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Quoi de neuf, docs ?

ECRANS | Alors que le mois du film documentaire bat son plein, deux festivals complémentaires y seront exclusivement consacrés durant les quinze jours à venir. (...)

Christophe Chabert | Lundi 12 novembre 2012

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Alors que le mois du film documentaire bat son plein, deux festivals complémentaires y seront exclusivement consacrés durant les quinze jours à venir. Histoires vraies.doc au Ciné Duchère tire le premier, avec parmi les reprises proposées De mémoires d’ouvriers de Gilles Perret, sur la naissance de la classe ouvrière dans les Alpes ou encore le beau film de Safinez Bousbia sur El Gusto, ce groupe de papys du chaâbi algérois façon Buena Vista Social Club. La musique sera au cœur de cette édition avec Les Fils du vent, sur les héritiers de Django Reinhardt, Traviata et nous, ou comment Nathalie Dessay et Jean-François Sivadier se sont confrontés au monument de Verdi et enfin, en avant-première, un documentaire sur la rencontre entre les Pockemon Crew, troupe de danseurs hip-hop lyonnais et Emelthée, un chœur spécialisé dans la musique baroque et contemporaine. Du côté de Décines, Les Écrans du doc ouvrira sa troisième édition avec l’avant-première des Invisibles de Sébastien Lifschitz, témoignage d’une

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Le cran des écrans

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Dorotée Aznar | Lundi 21 novembre 2011

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Commencé avec une soirée consacrée à Christian Rouaud, la veille de la sortie de son Tous au Larzac, le festival Les Écrans du doc se poursuit cette semaine au Toboggan de Décines avec plusieurs films inédits ou en avant-premières. Remarqué à la Quinzaine des réalisateurs, La Nuit elles dansent des Canadiens Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault suit une famille de danseuses orientales égyptiennes au Caire d’avant la Révolution. Un documentaire qui n’hésite pas à chercher le romanesque mais aussi à se rattacher à la tradition du grand mélodrame égyptien. Il y a une décennie, Serge Halimi avait fait trembler les murs médiatiques avec son petit livre rouge Les Nouveaux chiens de garde. Le combat continue sur le grand écran avec un documentaire éponyme signé Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, qui dénonce la mainmise des groupes industriels sur les médias et l’apparition d’une génération de «journalistes» gardiens de l’ordre économique et apôtre du marché. Engagé aussi, Laïcité Inch’Allah fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie ; le film tombe à point nommé, puisqu’il a été réalisé pendant la Révolution tunisienne, et que son angle d’attaqu

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Les Rencontres Documentaires, plongée dans le réel

CONNAITRE | Cinéma / Jusqu'au dimanche 28 novembre, le cinéma Tobboggan de Décines ouvre sa programmation à la Première édition des Rencontres Documentaires. Entre regard sur l'Algérie contemporaine, réflexion sur les media et réquisitoire altermondialiste : au total, sept documentaires pour tenter de nourrir son identité d'un regard nécessaire à notre monde, le regard informé.

Dorotée Aznar | Vendredi 26 novembre 2010

Les Rencontres Documentaires, plongée dans le réel

Cette optique militante de la programmation est également renforcée par l'organisation de débats, conférences qui échelonneront les projections. Les intervenants membres d'associations, historiens, réalisateurs permettront ainsi d' élargir les horizons, forger les positions et affiner les idées. Ces "Premières éditions des Rencontres du Doc" portent à nos regards de spectateurs des problématiques multiples, économiques essentiellement. Un enjeu qui contraint les existences et dont on ne se lasse pas d'observer les conséquences. Les focales sont diverses : ici, c'est un grand format, "La Fin de la pauvreté ?" interroge ainsi Philipe Dias parcourant territoires et continents dans une vision surplombante apte à démêler les mécanismes. Là, Jocelyne Lemaire Darnaud prend sa caméra et enquête tout simplement sur la circulation de son argent, un petit ruisseau qui produit une grande rivière : "Moi, la finance et le développement durable", où comment son petit compte en banque peut financer de «très grandes choses». Qui dit finance, dit pouvoir, politique certes, mais aussi médiatique. Le 27 novembre, une grande soirée carte blanche à et en présence du journaliste et documentariste Pierr

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Entre les murs

ECRANS | Laurent Cantet et François Bégaudeau mettent en scène, dans un troublant faux-semblant entre réel et fiction, une classe de quatrième où le langage, les codes et les rapports de force fondent une dramaturgie efficace, pour un film distrayant et bien dosé. CC

Christophe Chabert | Jeudi 11 septembre 2008

Entre les murs

D’abord, la Palme. Si Entre les murs avait raflé la prestigieuse récompense cannoise il y a cinq ans, un tel choix aurait entériné avec beaucoup de culot une idée forte : la transformation du cinéma au contact de la télé-réalité et de sa puissance pour recréer, par des dispositifs sophistiqués de mise en scène et de scénario, le réel. Ten de Kiarostami fut l’étendard de ce cinéma retrouvant une nouvelle jeunesse en suçant le sang de ce grand autre télévisuel. Mais voilà, Entre les murs sort en 2008, une année où les films les plus forts se singularisent par un sens impressionnant du décor-personnage (de Dark Knight à Gomorra en passant par Wall-E) ou des narrations monstrueuses (Dark knight encore, Desplechin et son Conte de noël). À côté, Entre les murs, son anti-décor (jamais Laurent Cantet ne filme l’école dans un plan d’ensemble, et l’espace du film est aussi claustro que la prison de Oz) et sa mise en scène cherchant à se faire oublier sans arrêt, est un objet à contretemps, plaisant comme les tribulatio

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«Présupposer l’égalité»

ECRANS | Entretien / Auréolés d’une Palme d’or surprise avec «Entre les murs», Laurent Cantet (réalisateur) et François Bégaudeau (acteur et auteur du livre original) s’apprêtent à passer le grand oral du public avec un film aussi rusé qu’intelligent. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 septembre 2008

«Présupposer l’égalité»

Petit Bulletin : Qu’est-ce qui a motivé l’adaptation d’Entre les murs ?Laurent Cantet : Je n’ai pas la moindre idée du pourquoi je fais un film plutôt qu’un autre. C’est un jour un sujet sur lequel je commence à réfléchir, qui en amène un autre, et d’un seul coup, j’ai l’impression d’avoir envie d’y réfléchir pendant les trois ou quatre ans que vont durer la préparation et le tournage. Après il y a des convergences, l’envie de donner des nouvelles du monde dans lequel on vit, de montrer des personnages en essayant d’être le plus proche d’eux, de montrer le groupe et la difficulté pour y trouver sa place… Ce n’est jamais la forme que cela peut entraîner, par exemple ici l’improvisation avec les acteurs ?LC : L’origine du film n’est pas là. Après, j’ai toujours pensé que faire un film c’était trouver le dispositif de fabrication approprié à chacun. C’est vrai que mon premier court-métrage, Tous à la manif, était fait un peu comme Entre les murs, avec une bande de lycéens à qui j’avais laissé pas mal d’espace dans l’écriture. J’avais le sentiment d’avoir trouvé un début de méthode que j’ai p

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