Trans-Europe-Express

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Photo : Bienvenue au Gondwana © Mandarin Production



Bienvenue au Gondwana

De Mamane (Fr, 1h40) avec Antoine Gouy, Michel Gohou...

De Mamane (Fr, 1h40) avec Antoine Gouy, Michel Gohou...

voir la fiche du film


Un jeune français idéaliste plongé en Afrique, des élections présidentielles controversées, un dictateur décidé à rester au pouvoir en trichant, deux hommes de main adeptes de géopolitique, un député français déterminé à vendre des asperges aux africains, une jeune et jolie révolutionnaire : Bienvenue au Gondwana !


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"The Young Lady" : corps de ferme

ECRANS | de William Oldroyd (G-B, 1h29) avec Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Dans l’Angleterre rurale victorienne, une jeune oie innocente prénommée Katherine épouse un Lord brutal tyrannisé par son père. Leurs fréquentes absences engendrant l’ennui, elle se laisse séduire par un palefrenier. Les sens désormais éveillés, elle s’enhardit et tient tête aux hommes… Évoquant à la fois Loin de la foule déchaînée et Lady Chatterley (pour la sensualité animale de la relation transgressant les ordres social et patriarcal), le film de William Oldroyd est aussi sous-titré Lady Macbeth. Du personnage shakespearien, Katherine possède en effet l’inextinguible soif de pouvoir… dès lors qu’elle se découvre la capacité de l’étancher. En conquérant le domaine, c’est le plein contrôle de ses désirs et pulsions qu’elle vise. Et obtient. Puissant dans son minimalisme, The Young Lady déborde pourtant de cette intensité érotico-dramatique que tout tente de réfréner — du hors-champ aux robes à corset, en passant par la fixité glaciale des plans. Le jeu dépourvu d’intention de la brillante

Continuer à lire

"Bienvenue au Gondwana" : coup de pompe Afrique

ECRANS | de Mamane (Fr, 1h40) avec Antoine Gouy, Michel Gohou, Digbeu Cravate…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Après le méphitique À bras ouverts, censé rire de l’hypocrisie des intellos bobos (en perpétuant les pires clichés sur les Roms), voici une poussive satire de la Françafrique et des républiques bananières ; à l’inconvenant succède donc le convenu. Dans Bienvenue au Gondwana, l’humoriste Mamane donne un visage au pays chimérique gouverné par la prévarication qu’il a imaginé. Et y propulse des “observateurs internationaux” pour surveiller l’improbable scrutin auquel se présente le président-fondateur, un despote invisible. Sans doute Mamane n’a-t-il pas su trancher entre franche farce (sur le modèle du Crocodile du Botswanga) et la charge subtile (façon Rabbi Jacob) ; voilà pourquoi son film dégage ce sentiment d’incomplétude, et paraît timoré lorsqu’il s’agit d’aligner un peu de discours. La comédie française populaire contemporaine devrait revoir ses prétentions politico-sociales : elle n’est pas à la hauteur. À moins qu’elle n’ait pas d’auteur pour cela en ce moment.

Continuer à lire

Festival du Cinéma européen

ECRANS | Déjà la seizième édition de ce festival proposant une sélection d’avant-premières et conviant quelques équipes à trinquer à la santé du cinéma européen. Cette année, Gilbert (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Festival du Cinéma européen

Déjà la seizième édition de ce festival proposant une sélection d’avant-premières et conviant quelques équipes à trinquer à la santé du cinéma européen. Cette année, Gilbert Melki et Sylvain Desclous sont attendus pour le drame Vendeur, Arthur Dupont et Vincent Bal pour une comédie musicale, La Vie est belge. On conseillera un film historique allemand, Fritz Bauer, un héros allemand narrant les coulisses de la capture d’Eichmann et en clôture, la bonne surprise Adopte un veuf de François Desagnat, en présence (théorique) de l’excellent Nicolas Marié, qui vaut à lui seul le déplacement. VR 16e Festival du Cinéma européen Au Ciné-Meyzieu du 2 au 9 avril

Continuer à lire

Le dernier jour de gloire est arrivé

MUSIQUES | Onze ans après sa séparation et à l'occasion de la réédition en vinyle de sa discographie, Second Rate se reforme pour cinq ultimes concerts, dont un Kao. Retour sur la fulgurante carrière de ce monument national du punk rock. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 29 avril 2014

Le dernier jour de gloire est arrivé

En 1990, c'était l'heure des communications, de la médiatisation, de la conscientisation, de la socialisation, de la démocratisation et de tas d'autres concepts en "tion" sans doute piochés dans un dictionnaire terminologique. L'auteur de cette liste, Jean Leuloup, que nous nous plaisons à surnommer "le Steven Tyler de la Belle Province" (si tel est aussi votre cas, vous souffrez de prosopagnosie, bienvenue au club) a toutefois oublié le plus important : la distorsion. Cette révolte faite pure vibration qui s'est répandue telle une fissure sismique dans les sous-sols des grandes métropoles américaines durant les années punks, a ouvert la décennie suivante des brèches d'où jaillit une avant-garde incorruptible (de Fugazi à Sonic Youth) à l'influence aujourd'hui plus décisive que jamais et a fini par creuser un gouffre qui a tout avalé sur son passage – les 90's donc, véritable Nirvana pour qui considère qu'une chanson est autant un jeu d'esprit qu'un cri primal. En France, cette drôle de contrée où, bien que le son se propage dans l'eau salée cinq fois plus vite que dans l'air, tout se répercute avec dix ans de retard, il faudra quasiment attendre le tournant du s

Continuer à lire

Morning glory

ECRANS | De Roger Michell (ÉU, 1h47) avec Rachel McAdams, Harrison Ford…

Christophe Chabert | Jeudi 31 mars 2011

Morning glory

Les as du marketing hollywoodien ont découvert un filon juteux : le film pour seniors. Après "Sans plus attendre" (le mélo) et "Red" (le film d’action), voici la comédie romantique. Où l’on voit une jeune productrice aux dents longues (McAdams) débaucher un grand nom du journalisme vieillissant (Harrison Ford) pour animer une émission matinale d’infotainment. Le scénario expose avec une franchise désarmante sa philosophie : qu’est-ce qu’on en a à foutre des problèmes du monde et de l’actualité ? On veut de la régression et du divertissement ! Le film fait ainsi l’éloge du renoncement, du succès à tout prix et de la gaudriole pour ménagères sans aucun complexe, ridiculisant tout sur son passage — Diane Keaton qui danse le bras levé avec 50 cents ; une certaine idée de la déchéance. Cinq jours à relire Kant ne suffiraient pas à se laver le cerveau de ce truc hallucinant de crétinerie satisfaite. Christophe Chabert

Continuer à lire

Glory Hope Mountain THE ACORN Bella Union/Cooperative/Pia

MUSIQUES | Quand un musicien décide d’écrire un disque en hommage et autour de la figure de sa mère adorée, on peut légitimement craindre que le résultat ressemble au mieux à (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 novembre 2008

Glory Hope Mountain
THE ACORN 
Bella Union/Cooperative/Pia

Quand un musicien décide d’écrire un disque en hommage et autour de la figure de sa mère adorée, on peut légitimement craindre que le résultat ressemble au mieux à un collier de vieilles pâtes sèches, au pire à une dégoulinance vibratile à la Patrick Fiori. C’est pourtant ce qu’a fait Rolf Klausener, leader du groupe canadien The Acorn (autrement dit, «Le Gland»). Glory Hope Mountain est effectivement un grand récit de gloire et d’espérance tout en montagnes russes (ou ici canadiennes) porté par une voix bouleversante et des compositions classes. Soit la vie d’une orpheline hondurienne (sa mère donc) dont l’existence âpre a connu l’embellie de ce rêve nord-américain qui, ces jours-ci, met des trémolos jusque dans la voix de la boulangère bourguignonne ou du déménageur breton. Stylistiquement, cela se situe à égale distance du Montréal d’Arcade Fire et des Grands Lacs de Sufjan Stevens, là où légèreté de l’air et nature monumentale se confondent dans le paysage d’arrangements pastoraux inflammables. Le résultat est aussi beau que l’idée que l’on se fait depuis chez nous d’un horizon ontarien postérisé. Si bien que la conclusion d

Continuer à lire