Hallucinations Collectives se dévoile

Festival | Oyez ! Oyez ! Hallucinations collectives dévoile sa 10ème programmation avec des infos juteuses… pour ne pas dire saignantes ! Sévissant du 11 au 17 avril, le festival accueillera des invités de choix et des avant-premières à la pointe de l’actualité pour le plus grand plaisir de tous les cinéphiles déviants.

Julien Homère | Vendredi 24 mars 2017

Photo : Get Out © Universal Pictures


Notons la présence du phénomène Get Out de Jordan Peele, petit thriller terrifiant qui ravage le box-office US au point de rallier William Friedkin lui-même à sa cause. Le culte Fabrice Du Welz viendra présenter son polar énervé Message from the King, avec l'étoile montante Chadwick Boseman. La France aura pour représentant Xavier Gens pour la séance d'Hitcher de Robert Harmon, série B jouissive avec Rutger Hauer.

Il n'y a pas qu'au rayon des exclusivités que l'association Zone Bis a marqué le coup pour cette édition anniversaire. En plus d'offrir une soirée commémorative le vendredi et une nuit Hallucinations auditives avec Joe La Noïze & Ta Gueule, le cinéma Comœdia verra s'imprimer sur ses toiles plusieurs classiques oubliés tels qu'Opéra de Dario Argento, giallo terminal du maître de l'horreur italien, l'enneigé et définitif Le Grand Silence de Sergio Corbucci et l'indispensable Soy Cuba de Kalatozov en copie restaurée. En curiosités hexagonales, Litan de Mocky et Glissements progressifs du plaisir de Robbe-Grillet paraphent cette année sous le sceau du bizarre suprême.

Toute la programmation est à retrouver ici.

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Festival du Péristyle : festival souterrain, musiques à tous les étages

Opéra de Lyon | Pour sa dernière danse estivale, et au vu des conditions sanitaires, le directeur de l'Amphi et du Péristyle de l'Opéra a concoté une formule pour le moins originale du traditionnel Festival du Péristyle pour lequel l'Opéra Underground n'aura sans doute jamais aussi bien porté son nom.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juillet 2020

Festival du Péristyle : festival souterrain, musiques à tous les étages

En matière d'événements culturels on aura vu naître, dans les germes de la Covid-19 et de la distanciation sociale, toute une gamme de festival virtuels, limités, diminués et même de non festivals, comme autant de manière d'enfourcher le tigre de l'imagination et du système D. Le Festival du Péristyle, dont la vocation a été jusqu'ici de nous faire voyager en musiques tout autour du monde au pied de l'Opéra de Lyon, n'échappe pas au phénomène. Et nous offre, lui, une édition "souterraine" pour rompre le silence comme en loucedé. Où l'on nous promet un monde "mi-physique, mi-virtuel". Soit sans scène extérieure mais avec des musiciens jouant malgré tout en live pile sous nos pieds. L'idée : des concerts, donc, donnés dans l'amphithéâtre qui accueille la majorité des concerts de l'Opéra Underground l'année durant. Sauf que ces concerts se joueront sans public. Ou presque. Car ledit public sera un étage au-dessus et en plein air, sur le Péristyle, là-même où seront diffusés ces concerts en son, en images et en livestream sur des plateformes num

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Le directeur du Ballet de l'Opéra licencié

Opéra de Lyon | Le conseil d'administration de l'Opéra de Lyon a décidé de licencier le directeur du Ballet, Yorgos Loukos, suite à des faits de discrimination envers une danseuse.

Sébastien Broquet | Mardi 11 février 2020

Le directeur du Ballet de l'Opéra licencié

Il avait été condamné, en appel, en décembre dernier pour discrimination pour avoir demandé le non-renouvellement du contrat d'une danseuse à son retour de congé maternité : Yorgos Loukos, directeur du Ballet de l'Opéra, a été licencé en ce début février, suite à une session extraordinaire du conseil d'administration. Ce licenciement était souhaité par le syndicat des artistes professionnels, le SNAM-CGT, qui avait publiquement pris position suite à la condamnation du désormais ancien directeur, pour des faits remontant à 2014, à 1 500 euros d'amende avec sursis et à 5 000 euros de dommages et intérêts à verser à la plaignante, Karine Marion, qui était alors salariée de l'Opéra en CDD depuis cinq années. Un sixième renouvellement de contrat lui aurait offert la possibilité de passer en CDI. Mais à son retour de congé maternité, elle reçoit au contraire une lettre de non-renouvellement de celui-ci. Yorgos Loukos assène ses arguments auprès de la Ville de Lyon : « faiblesse physique et stylistique » et « style trop classique ». Mais lors d'un entretien enregistré par la danseuse quelques jours plus tard, il précise sa p

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Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Adoration | Dernière pierre ajoutée à son édifice ardennais, Adoration est le plus sauvage et solaire des éléments de la trilogie de Fabrice du Welz. Avant de s’attaquer à son nouveau projet, Inexorable, le fidèle d’Hallucinations Collectives livre quelques “adorables“ secrets…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Fabrice du Welz : « ma trilogie a trouvé une forme de cohérence »

Il vous a fallu une quinzaine d’année pour mener à son terme votre “trilogie ardennaise”. De Calvaire à Adoration, en passant par Alleluia, on peut à présent voir un double mouvement s’y dessiner : d’une part un rajeunissement progressif des protagonistes (vous commenciez dans un EHPAD pour finir avec des adolescents), de l’autre leur féminisation… Fabrice du Welz : Au départ, ce n’était pas prévu pour être une trilogie. C’est après Alleluia que je me suis un peu laissé prendre au jeu quand on m’a parlé des correspondances existant entre ce film et Calvaire. Et il est vrai qu’il y avait comme une sorte de mouvement ou de recherche vers une figure féminine, qui éclate ici avec le personnage de Gloria. Maintenant je me rends compte que je suis resté assez fidèle à un certain décor des Ardennes, mais aussi à des noms, comme Gloria ou Bartel — souvent, quand je commence un nouveau projet, je me raccroche à eux. Aujourd’hui, la trilogie trouve avec ce film une form

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Ardennes que pourra : "Adoration"

Le Film de la Semaine | « Mes jeunes années (…) / Courent dans les sentiers / Pleins d'oiseaux et de fleurs » chantait Charles Trenet. À ce tableau pastoral, Fabrice Du Welz ajoute sa touche d’intranquillité et de dérangement faisant d’une fuite enfantine une course éperdue contre (ou vers) l’âge adulte.

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Ardennes que pourra :

Adolescent d’une petite dizaine d’années, Paul vit dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où sa mère travaille. Lorsque Gloria, jeune patiente de son âge est internée, Paul éprouve pour elle une fascination intense. Un acte irréversible va lier leurs destins et les entraîner dans une cavale folle… Retour aux fondamentaux pour Fabrice Du Welz, que sa parenthèse — ou la tentation ? — hollywoodienne avait sinon dispersé, du moins un peu dérouté de sa ligne originelle. Ultime volet de sa “trilogie ardennaise”, Adoration n’en est certes pas le moins sauvage ni le moins exempt de mystères non élucidés, mais il semble convertir en lumière pure la vitalité débordante de ses protagonistes. Et même s’autoriser, suprême audace, une espérance dans une conclusion en forme d’épiphanie. Le cadre lui-même s’avère propice puisque la nature dans laquelle se dissolvent ses fugitifs déborde de vie, de bienfaits estivaux ou de rencontres favorables ; quand aux poursuivants, ils demeurent à l’état de silhouettes — rien à voir avec La Nuit du chasseur !

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Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

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Diane Krüger : « Fascinée par les personnages qui se cherchent et qui sont compliqués »

The Operative | De passage à Paris où elle tourne le film d’espionnage 355, la comédienne internationale Diane Krüger évoque son travail sur "The Operative", où elle interprète une agent du Mossad s’affranchissant de ses donneurs d’ordre. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Diane Krüger : « Fascinée par les personnages qui se cherchent et qui sont compliqués »

Le travail d’espion présente-t-il des similitudes avec celui d’actrice, dans la mesure où vous devez entrer dans un personnage, le tenir… Diane Krüger : Quand on est actrice, on fait semblant ; on observe des gens et pendant 6 à 8 semaines, on simule. Mais les agents du Mossad que j’ai pu observer durant mon stage ont vécu sous des fausses identités, ont mené de fausses vies pendant des années. Il faut un mental incroyable pour cela : sur 5000 personnes, le Mossad n’en recrute qu’une ! Vous dites que vous avez fait un stage ? Oui, ils étaient “partenaires“ du film. Ils m’ont fait faire des petits exercices. Par exemple, avec un passe qu’ils m’ont fabriqué, j’ai dû essayer d’entrer à l’aéroport international de Tel-Aviv — après, je ne sais pas jusqu’à quel point c’était préparé, mais quand même… Avec des cheveux foncés, sans maquillage et en changeant de vêtement, on passe inaperçu. Finalement, le but, c’était de montrer que les meilleurs agents, ce sont madame et monsieur Tout-le-monde, sans signe distinctif.

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Sous couverture, dans de sales draps : "The Operative"

Thriller | Recrutée par le Mossad pour infiltrer une entreprise iranienne, Rachel a dérogé aux règles en nouant une liaison avec l’homme qu’elle devait espionner. Des années plus tard, elle reprend contact avec son superviseur avec à la clef un marché visant à la prémunir de toutes représailles…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Sous couverture, dans de sales draps :

Jadis monopolisé par James Bond et sa collection d’épigones, le cinéma d’espionnage a depuis déserté le registre spectaculaire ou ludique pour investir celui d’une authenticité et d’une complexité souterraine plus en adéquation avec le monde contemporain ; celui où un bureaucrate des services de renseignement couleur beige terne à l’instar du Smiley de John Le Carré est plus à redouter qu’un milliardaire mégalomane. De fait, ce sont bien les stratégies “d’intelligence“ via le système de recrutement et d’utilisation des “correspondants“ que Adler dépeint ici, dans toute sa perversité manipulatrice. Ramener l’humain au centre du jeu quand il est d’habitude question d’intérêts étatiques et d’actions menées par des agents surhumains, voilà qui est intéressant. Et de même que certains de ses compatriotes cinéastes dénoncent des mesures pratiquées sur le territoire intérieur, ou que d’autres confrères et consœurs étrangers vitupèrent l’interventionnisme occulte de leurs agences de renseignement (les Étasuniens avec le CIA, par exemple), Adler montre que l’intérêt d’une agence passe avant tout : qu’importe la prés

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Une saison de bon goût

Opéra de Lyon 2019/2020 | La saison 2019/2020 de l'Opéra de Lyon suscite comme chaque année de l'étonnement, tant l'audace artistique est devenue une marque de fabrique de la maison lyonnaise.

Yannick Mur | Mardi 4 juin 2019

Une saison de bon goût

Directeur depuis 2003, Serge Dorny a su donner à l'Opéra de Lyon une image qui rayonne bien au delà des frontières nationales. Ce travail fut récompensé en 2017 avec le prix de "Meilleure Maison d'Opéra" lors des International Opera Awards. Cette année encore, l'Opéra de Lyon est nominé dans quatre catégories, ce qui lui permet de se hisser au niveau des opéras les plus prestigieux du monde. C'est avec Guillaume Tell de Rossini que débute la saison. Si l'ouverture figure parmi les plus célèbres pages musicales, l'opéra ne connaît pas le même succès et n'est que très peu représenté. Une opportunité à saisir pour les amateurs de vocalises rossiniennes. C'est Tobias Kratzer qui œuvrera à la mise en scène après son Tannhäuser attendu cet été au festival de Bayreuth. Verdi lecteur de Hugo Deux Verdi sont également à l'affiche. En novembre, Ernani sera donné en version de concert à l'Auditorium sous la baguette de Daniele Rustioni et en mars, c'est Rigoletto qui sera donné dans une mise en scène confiée au jeune artiste allemand Axel Ranisch. Considéré comme une œuvre de jeun

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La Maîtrise de l'enfer à la Renaissance

Théâtre | D'une dureté sans nom, la vie de gamins sur l'île du Levant à la fin du XIXe siècle est magnifiquement restituée par la Maîtrise de l'Opéra. Travail haut de gamme mené par la metteuse en scène Pauline Laidet.

Nadja Pobel | Mardi 9 avril 2019

La Maîtrise de l'enfer à la Renaissance

Aujourd'hui surface dédiée au naturisme au large de Hyères dans la France varoise, l'île du Levant fut au tournant du XIXe siècle une terre brutale pour des gamins touts petits jusqu'à vingt ans, délinquants ou orphelins, malmenés par la vie. Là-bas, au grand air et au soleil, le comte de Pourtalès a voulu que son île soit un refuge, « une colonie agricole ». Mais alors que Napoléon a autorisé en 1850 l'ouverture des bagnes pour mineurs, un directeur (Olivier Borle, fidèle de la troupe du TNP) sans foi ni loi s'occupe de faire marcher droit. Les prévenances de l'infirmière désemparée devant tant de maltraitance n'y pourront rien. Composée d'une centaine d'enfants, la Maîtrise de l'Opéra de Lyon se déploie avec trente minots sur le plateau, à raison de deux castings différents en alternance. De toute évidence, leurs compétences individuelles, et surtout le degré de travail collectif entre eux, est très haut. Constamment en scène, éclipsant les adultes, ils portent ces 80 minutes de spectacle avec l'orchestre et le chœur dirigé par Karine Locatelli, qui leur est familière puisqu'elle les a préparés sur des productions

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Olivier Conan : « défendre les musiques impures ! »

Opéra Underground | Débarqué en cours de saison dernière à la tête de la programmation du Péristyle et de l'amphi de l'Opéra, aussitôt renommé Opéra Underground, Olivier Conan a tout chamboulé et posé dans l'instant sa patte lumineuse : voilà un homme venu de New York qui secoue l'institution dans tous les sens et impacte sur toute la ville. Bonne pioche.

Sébastien Broquet | Lundi 24 septembre 2018

Olivier Conan : « défendre les musiques impures ! »

Changement de cap au Péristyle : comment s'est passé ce premier été pour vous ? Olivier Conan : J'ai voulu faire une saison assez différente de la précédente, plus sous forme de festival. On a mis une vraie scène, on l'a orientée pour que le focus soit vraiment sur les musiciens. On a ouvert la programmation à des choses très nouvelles : beaucoup de musiques hybrides. Pas mal de New-Yorkais, des Éthiopiens, des Colombiens, des Vénézuéliens car ils ne peuvent pas rentrer chez eux... International ! Des musiques difficiles à définir, de l'avant-garde, des mélanges. Ça me tient à cœur, de défendre ses musiques que j'appelle impures. J'étais content de voir les communautés colombiennes ou vénézuéliennes de Lyon venir et se frotter aux autres publics. Nina Hagen, c'était votre première date dans la grande salle de l'Opéra : bilan ? Surpris par la réaction des gens : ça a parlé aux

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En attendant Jane Fonda

Institut Lumière | Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses (...)

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

En attendant Jane Fonda

Star majuscule de l’automne dans le quartier Monplaisir (et l’ensemble de la Métropole), la future récipiendaire du 10e prix Lumière verra un choix de ses films projetés en guise d’hommage lors du festival. Pour mettre le public en appétit, et permettre à certaines œuvres risquant de ne pas bénéficier d’une séance entre les 13 et 21 octobre, l’Institut en programme trois extraites de la carrière de Jane Fonda ; trois moments assortis de présentation ou de conférences pour se remémorer le parcours de cette icône ayant marqué tant la pellicule par ses rôles que la vie politique mondiale par ses engagements. C’est Julia (1977) de Fred Zinnemann qui ouvrira le bal le 13 septembre, durant les séances de présentation du festival. Inspiré par un épisode de la vie de l’autrice et scénariste Lillian Hellman, ce drame se déroulant durant les prémices de la

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Seu Jorge : Black Starman

Nuits de Fourvière | Pour qui se souvient du marin brésilien qui transformait du David Bowie en poésie carioca sur le pont d'un rafiot dans La Vie Aquatique de Wes Anderson, alors la venue de Seu Jorge à Fourvière, dans le cadre d'une tournée hommage au Thin White Duke, est un événement digne d'une grande marée. Grand moment de saudade en perspective que les embruns de l'Orchestre de l'Opéra de Lyon pourraient bien transformer en larmes de joie.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

Seu Jorge : Black Starman

Un marin brésilien au bonnet rouge du nom de Pele Dos Santos, interprétant du David Bowie en portugais sur le pont d'une Calypso d'opérette, baptisée le Belafonte, cela aurait pu ne constituer que quelques scènes anecdotiques de La Vie Aquatique (2004) l'un des films les plus cultes – même si souvent décrié – du cinéaste texan Wes Anderson, lui qui aime tant faire regorger ses œuvres de détails croustillants. Au lieu de cela, elles devinrent elles-mêmes cultissimes et firent de leur interprète, le chanteur et acteur brésilien Seu Jorge, pourtant déjà largement reconnu dans son pays, une icône. Sans doute, ce qui avait alors marqué à l'époque s'ancrait-il dans le contraste entre ces moments de pure poésie musicale, presque inexplicables sur le moment (pourquoi diable la musique de Bowie est-elle si sublime en brésilien, accompagnée d'une simple guitare acoustique ? Transposée ici en bossa nova, là en samba triste ?) et l'ambiance plutôt frappadingue des aventures d'océanographes documentaristes menés par Bill Murray, partis explorer les f

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Darick Robertson, en quête de la vérité à Original Watts

Bande Dessinée | Le dessinateur de Transmetropolitan et The Boys fait une halte du côté d'Original Watts cette semaine : culte.

Sébastien Broquet | Mardi 29 mai 2018

Darick Robertson, en quête de la vérité à Original Watts

Hunter S. Thompson en journaliste déjanté ? Encore plus que dans la réalité, oui. Version cyberpunk, avec phylactères emplis d'insultes et autres offenses au bon goût commun, cases vivement colorées où le rouge sang n'est pas rare : le gonzo journaliste devient héros de bande dessinée dans Transmetropolitan, sombre série lancée en 1997 (et qui dura 5 ans) par Warren Ellis et dessinée par son acolyte Darick Roberton. Rebaptisé Spider Jerusalem, le plumitif lutte contre l'omniprésente corruption, affronte une société de consommation où le transhumanisme et la surveillance de masse ne sont pas des détails, tout en ingurgitant une certaine quantité de drogues (normal) et en étant obsédé par une seule chose : la vérité. Cette série de science-fiction devenue culte a consacré un Darick Robertson déjà repéré pour ses travaux aussi bien chez DC Comics (un Justice League) que Marvel (Wolverine, Spider-man, Punisher...). En 2006, avec Garth Ennis, ils lancent The Boys, presque aussi irrévérente que Transmetropolitan et lancée sur les mêmes rails du succès.

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De l'agitation à l'Opéra

Opéra de Lyon | Les notes de frais de Serge Dorny ont été dévoilées et épluchées par le pure player Médiacités. Une partie des salariés s'est offusqué de leur contenu, dans un communiqué.

Sébastien Broquet | Mardi 23 mai 2017

De l'agitation à l'Opéra

Voici donc que surgit une nouvelle affaire de notes de frais dans le milieu de la culture lyonnaise. La seconde en quelques mois : la Chambre Régionale des Comptes avait déjà épinglé la gestion manquant de rigueur de Guy Walter (directeur de la Villa Gillet), entraînant un resserrement du budget de cette structure par les collectivités locales. Cette nouvelle histoire de notes concerne cette fois Serge Dorny, le directeur de l’Opéra de Lyon. C’est un tout nouveau pure player, Médiacités, qui a révélé l’affaire le mardi 9 mai, signant avec éclat son lancement entre Rhône et Saône, en mettant en ligne une enquête consécutive à l’épluchage de 3500 copies des notes de frais du directeur. Premier constat : les autorités de tutelle sont encore prises au dépourvu. Suite à la première affaire, il ne semble donc pas qu’un audit sur les notes de frais des grandes structures subventionnées ait été réalisé, visant à clarifier et encadrer le fonctionnement de ces frais, nécessaires à la bonne marche des ces maisons il

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"Message from the King" : et ma sœur ?

ECRANS | de Fabrice Du Welz (G-B-Fr-Bel, int. -12 ans avec avert., 1h42) avec Chadwick Boseman, Luke Evans, Teresa Palmer…

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Parti du Cap, Jacob King atterrit en urgence à Los Angeles. Il a sept jours et 600 $ pour retrouver sa sœur Bianca, mystérieusement disparue. Très vite, il découvre son corps à la morgue mais aussi qu’un réseau de dealers, un producteur pédophile et un dentiste vénal sont liés à sa mort… Il a dû se faire plaisir, Fabrice Du Welz, en tournant ce film aux faux-airs de blaxploitation, où les bas-fonds crasseux du New York des années 1970 sont troqués contre un L.A. contemporain, alliant visage sinistre et indécente opulence. En bon disciple du cinéma de genre, il respecte le cahier des charges, en réunissant une cohorte d’affreux aussi patibulaires que pervers, une donzelle en danger, dont le sauvetage assurera la rédemption du héros — qui a forcément un carnaval de choses à se reprocher, de l’abandon de sa sœur aux avoinées qu’il distribue. Jacob King a en outre des accents eastwoodiens, marquant physiquement les coups qui lui sont prodigués. On pourrait croire à un pur film d’action et d’ambiance, misant davantage sur l’efficacité que sur l’invent

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"Get Out" : black out

ECRANS | de Jordan Peele (É-U, int. -12 ans, 1h44) avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Chris part passer le week-end chez les parents de sa petite amie Rose. Avec appréhension : il ne les a jamais rencontrés ; ils sont blancs et lui noir. Après un accueil très (voire trop) bienveillant, Chris découvre un gros méchant loup, et qu’il est piégé comme un mouton à l’abattoir… Vous la voyez venir, la métaphore politique, sociale et raciale ? Avec ses gros sabots qui claquent, il faudrait être sourd jusqu’aux yeux pour ne pas la sentir arriver. Il y a cinquante ans et réduit à 26 minutes, Get Out aurait pu être un épisode génial de The Twilight Zone ; aujourd’hui, il manque un tantinet de fraîcheur — celle qui glace les omoplates. Le film ne manque pourtant pas de bonnes idées : engagé comme une romance indé, il est insensiblement gagné par une forme d’intranquillité galopante, entrelardé de gags à la Chris Rock, avant de s’achever dans une épouvante organique que ne dédaignerait pas Cronenberg. Las, il est pénalisé par son rythme trop lent qui condamne le spectateur à prendre de l’avance sur l’intrigue. Dommage.

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"L’Opéra" : un an de prises à Bastille

Le Film de la Semaine | Des coulisses aux cintres, des tensions sociales aux minutes de silence, des répétitions aux applaudissements, une suite d’instantanés façons puzzle glanés durant une saison de l’Opéra de Paris visant à désacraliser cette institution culturelle française majeure. Avec bienveillance.

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Philippe Martin, producteur habituel de Jean-Stéphane Bron, ne s’en cache pas : grand amateur d’art lyrique et familier de Stéphane Lissner (le directeur de l’Opéra de Paris), c’est lui qui a soufflé l’idée, pour ne pas dire commandé ce film au cinéaste helvétique, pur néophyte dans cet univers. Mais est-ce en cela un problème ? L’œil du candide capte souvent des mouvements insolites que l’habitué, blasé malgré lui, ne perçoit plus. Bron s’est donc immergé pendant 130 jours dans les murs de l’Opéra, le découvrant lui-même pour le faire découvrir au spectateur. Avec la chance du débutant, du point de vue dramaturgique : couvrant la saison 2015-2016, il suit donc des grèves à répétition, les conséquences des attentats parisiens, l’arrivée et le départ de Benjamin Millepied… davantage du côté directorial, offrant ainsi un contrepoint (ou un contrechamp) à l’excellent Relève : histoire d’une création de Thierry Demaizière & Alban Teurlai, tourné c

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10 Hallus Cinés

ECRANS | Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

10 Hallus Cinés

Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa “Chambre des Merveilles” regorgeant de nouveautés aussi folles que drôles, tantôt connues, tantôt oubliées. Digne d’une chasse aux œufs punk, la soirée d’anniversaire régalera ses invités d’une ribambelle de court-métrages, clips et bandes-annonces inédits, en passant par la projection d’un film secret en avant-première mondiale. En plus d’accueillir Fabrice Du Welz, pont à lui seul de la Belgique aux États-Unis avec son Message from the King en avant-première, attardons-nous un instant sur deux films qui résument le sens de cette manifestation, antinomiques sur la forme mais oniriques dans le cœur : Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov et Litan de Jean-Pierre Mocky. Redécouvert dans les années 1990, le pre

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La Renaissance des Muses de l'Opéra

Bar | Fermé en 2012, l’ascenseur qui mène derrière les Muses rouvre pour seulement trois mois. Il faut se dépêcher de l'emprunter, pour aller boire un verre, grignoter les produits sélectionnés par Deux Filles en Cuisine et profiter de la terrasse panoramique.

Adrien Simon | Mardi 28 mars 2017

La Renaissance des Muses de l'Opéra

Les muses des arts, ces filles de Zeus qui ornent la façade de l’opéra, alimentent les rumeurs. Pourquoi l’architecte, Antoine-Marie Chenavard, n’en a choisi que huit ? La poésie, la musique, l’élégie, la tragédie, la danse, la comédie et même l’Histoire et la rhétorique, d’accord (Calliope, Euterpe, Erato, Melpomène, Terpsichore, Thalie, Clio et Polymnie). Mais il manque Uranie ! On a dit que, pour des raisons d’harmonie, et donc de symétrie, le bâtisseur a sacrifié l’astronomie. Car elle a peu à voir avec le théâtre, et parce qu’Uranie trônait déjà sur la place des Cordeliers (avant d’être décapitée par les Canuts, puis détruite en 1858). La vie de muse, c’est difficile. Les huit élues se trouvent désormais à la base du dôme, créé par Jean Nouvel. Et dans leur dos, éclairé de rouge, se trouve le petit restaurant que l’architecte avait aménagé pour, en 1994, le grand cuisinier Philippe Chavent. Malgré ses qualités (des chefs de renom comme Daniel Ancel, sa terrasse, son panorama), le restaurant, tel Uranie, se cassa la figure, ferma en 2012 et ne trouva personne pour le relever. Sans qu’on ne comprenne exactement : p

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Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

Opéra de Lyon | Rencontre avec le directeur de l'Opéra de Lyon, Serge Dorny, pour évoquer cette saison de transition voyant son chef permanent, Kazushi Ono, s'envoler vers d'autres cieux, remplacé à la rentrée par le jeune espoir italien qu'est Daniele Rustioni.

Sébastien Broquet | Mardi 17 janvier 2017

Serge Dorny : « Il faut avoir la nostalgie de l'avenir »

C'est la dernière saison de votre chef permanent, qui s'en va en juin. Serge Dorny : Kazushi Ono est un chef extrêmement moderne. Normalement, un chef s'intéresse à la musique, à la partition. Mais le monde a changé : tout ce qui est action citoyenne, vis à vis des territoires en difficulté, des publics scolaires, des réseaux associatifs, l'Opéra de Lyon, étant un acteur citoyen, s'y investit énormément. Il n'est pas automatique qu'un directeur musical le fasse. Kazushi Ono y a participé de façon active, il était très enthousiaste, au point qu'il a importé cette démarche dans les projets qu'il porte au Japon. C'est vraiment quelqu'un avec qui j'ai pu construire ce projet et l'enraciner dans la maison. Il est moderne, car il a compris que ça se passe sur scène et dans la fosse, mais aussi hors les murs ; dans la cité, dans les banlieues éloignées. Cet accès au plus large public possible doit se gagner au quotidien. J'ai eu un partenaire, là-dessus. Un chef moderne, c'est aussi avoir une attention particulière envers les partitions d'aujourd'hui. Pas seulement célèbrer le passé en jouant le grand réperto

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À l'Opéra, des airs connus

Classique | Passage en revue des festivités prévues du côté de l'Opéra où l'on rejoue ses classiques, et de l'Auditorium qui fait tout un cirque de son réveillon.

Pascale Clavel | Mardi 13 décembre 2016

À l'Opéra, des airs connus

À l’Opéra, c’est le jeune, fougueux et futur chef permanent, Daniele Rustioni, qui officie : une soirée faite de joyeux pots-pourris, une enfilade de tubes à fredonner plus ou moins discrètement. Des extraits d’œuvres classiques et romantiques, tricotés comme un gros patchwork bien doux. Le public en aura trop et c’est bien cela qu’il cherche : le trop d’émotions, l’envie constante de bulles de champagne. Au menu, des valses de Tchaïkovski tirées pour l’une de la Belle au bois dormant, pour l’autre de la Symphonie n°5 ; des moments choisis des Noces de Figaro de Mozart et même des airs de Rossini à se pâmer. L’orchestre de l’Opéra de Lyon, sous la baguette très attendue de Rustioni, va offrir un moment tout en paillettes, tout en émotions rares et nous sortirons de là le cœur léger, le sourire aux lèvres et l’envie que le monde soit beau. L’Auditorium fait son numéro Avec ses rêves de cirque, le spectacle du Nouvel An risque de plaire aux petits, aux grands, tous confondus dans la même émotion. La salle de l'Auditorium se transforme en un immense

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L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

SCENES | Avec des musiciens intégrés au jeu, un décor non-naturaliste, des marionnettes à taille humaine, Jean Lacornerie signe un Opéra de quat'sous très homogène, plein d'allégresse et de liberté.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

L'Opéra de quat'sous : misère en lumières

Postulat de départ : remonter aux origines de cette œuvre écrite en six mois à peine par Kurt Weill et Bertolt Brecht en 1928. Ainsi, une traduction a été commandée à René Fix pour s'éloigner de tous les remaniements que le dramaturge berlinois a rajouté au fil des décennies et les chansons sont interprétées en allemand. Les mots sont crus et raccords avec l'énergie noire que développent les chefs de pègre : le criminel Macheath et son rival Peachum. Polly, la fille de ce dernier tombée dans les bras du premier s'en trouve même surnommée la « pute à gangster » et quand il s'agit de qualifier cette période trouble, elle est « pourrie. » Tout ce qui aurait pu entraver le rythme ou la compréhension a été gommé. Et loin d'appauvrir la pièce, cette propension à aller vite la sert. À commencer par la rapidité de jeu de Vincent Heden qui virevolte sur les tables de l'écurie (qui ressemble plus, et fort à propos, à un atelier d'usine) et entre les piles de cartons. C'est lui qui donne le la. Et ses a

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De l’audace à l'Opéra de Lyon !

Opéra de Lyon | Voici une saison d'opéra dans la continuité de ce que Serge Dorny a pour habitude de tricoter : un subtil mélange des genres. Neuf opéras, un festival axé sur (...)

Pascale Clavel | Mardi 20 septembre 2016

De l’audace à l'Opéra de Lyon !

Voici une saison d'opéra dans la continuité de ce que Serge Dorny a pour habitude de tricoter : un subtil mélange des genres. Neuf opéras, un festival axé sur les Mémoires, de nouvelles productions et des re-créations, voilà le programme. Kazushi Ono, quant à lui, entame sa dernière saison en tant que chef d’orchestre permanent : il passera le relais au jeune chef italien Daniele Rustioni en septembre 2017. La saison s’ouvre avec L’Ange de feu de Serge Prokofiev, œuvre rare à la scène, complexe dans son intrigue, riche dans son écriture, elle reste une partition des plus séduisantes du 19e siècle. Confiée pour la mise en scène à Benedict Andrews, L’Ange de feu sera l’occasion de réentendre avec plaisir Laurent Naouri dans le rôle de Ruprecht. En novembre, pour la joie des petits et des grands : le retour de L'enfant et les sortilèges de Ravel, conte savoureux écrit par Colette pour le compositeur. Le vidéaste Grégoire Pont en rajoute dans la féérie et crée une véritable sur

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Au cœur du Ballet à l'Opéra

Danse | Comment ça se passe dans cette grande maison noire ? Comment le ballet permanent organise-t-il ses journées en amont des spectacles ? C'est ce (...)

Nadja Pobel | Lundi 5 septembre 2016

Au cœur du Ballet à l'Opéra

Comment ça se passe dans cette grande maison noire ? Comment le ballet permanent organise-t-il ses journées en amont des spectacles ? C'est ce que vous propose de découvrir l'Opéra ce samedi 10 septembre de midi à 18h30. Au programme : la visite du grand studio, magnifique salle de travail sous la verrière imaginée par Jean Nouvel, mais aussi des projections vidéo, des ateliers pour enfants et adultes (sur réservation) ou une initiation sous le péristyle par Ashley Wright, toute jeune retraitée de ce ballet qui compte 31 danseurs venus du monde entier. Les chorégraphes Alessandro Sciarroni et Marina Mascarell vous ouvrent les portes de leurs créations qui ouvriront la Biennale de la danse du 14 au 18 septembre et répondront à vos questions. Cette journée n'est que le prélude aux Brigades d

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Aux marges du ballet avec "Relève : histoire d'une création"

Le Film de la Semaine | Benjamin Millepied transmet à de jeunes danseurs du ballet de l’Opéra de Paris son inépuisable enthousiasme et livre, au terme d'un époustouflant contre-la-montre, sa première création en tant que directeur de la danse à Garnier. Édifiant et fascinant.

Vincent Raymond | Mercredi 7 septembre 2016

Aux marges du ballet avec

En 2013, la nomination de Benjamin Millepied à la tête du ballet de l’Opéra de Paris avait tout pour éveiller la suspicion des non initiés — eh quoi ! Trentenaire aux allures de gravure de mode, coqueluche des revues depuis son beau mariage avec une actrice à Oscar, il ressemblait moins au successeur attendu de la vétérane Brigitte Lefèvre, qu’à une concession à l’air du temps — un préjugé emballé dans un tutu rose, auquel sa démission expresse donnerait début 2016 la touche finale… N’en déplaise aux cancaniers, la présence du chorégraphe à ce poste n’avait rien d’usurpée ; et son passage, pour météorique qu’il fût, se révéla tout sauf anecdotique : Relève démontre en filigrane des coulisses de la création de Clear, Loud, Bright, Forward, à quel point Millepied semblait taillé pour y accomplir de nécessaires révolutions. Et Benjamin Millepied opéra… Relève porte ce regard original sur l’élaboration du ballet promis par le titre — de l’esquisse à la première — tout en intégrant des éléments périph

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Nuit blanche couleur Dario Argento

Institut Lumière | Manque de sommeil et d’appétit ? Envie de repeindre vos cauchemars dans des tons allant du giallo au rouge sang ? Optez pour la Nuit Dario Argento (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

Nuit blanche couleur Dario Argento

Manque de sommeil et d’appétit ? Envie de repeindre vos cauchemars dans des tons allant du giallo au rouge sang ? Optez pour la Nuit Dario Argento composée dans le cadre de l’Épouvantable Vendredi. Un menu de choix réunissant quatre longs-métrages extraits de la grande époque du maître italien (Les Frissons de l’angoisse, Suspiria, Ténèbres et Phenomena), agrémentés de divers documents façon friandises : interviews, bandes-annonces, etc. Pour les spectateurs dotés d’un estomac à toute épreuve, le petit déjeuner est offert à l’issue de ces agapes écarlates — et néanmoins stridentes. À l’Institut Lumière le vendredi 10 juin à 20h30

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Opéra de Lyon : cinq coups de cœur pour la prochaine saison

Opéra | La programmation lyrique de la prochaine saison de l’Opéra de Lyon est révélée : parmi les neuf productions proposées, cinq d'entre elles ont particulièrement éveillé notre intérêt.

Yannick Mur | Mardi 26 avril 2016

Opéra de Lyon : cinq coups de cœur pour la prochaine saison

L’Ange de Feu Par Sergueï Prokofiev. L’auteur de Pierre et le Loup ou encore de Roméo et Juliette possède un sens de l'orchestration, du rythme et de la mélodie qui lui confère un style personnel et unique. La partition elle-même est une histoire : composée entre 1918 et 1927, elle ne verra le jour qu'en 1954, un an après la mort du compositeur. C'est une œuvre bouleversante qui oscille entre passion hystérique, possession diabolique et élans mystiques. Pour interpréter le personnage de Renata, rôle très exigeant sur le plan vocal, c'est Ausrine Stundyte qui sera sur scène. Elle nous avait impressionné dans Lady Macbeth de Mzensk en janvier dernier, nul doute qu’elle saura camper une Renata avec autant d'engagement. Du 11 au 23 octobre 2016 Tristan et Isolde Le chef-d’œuvre de Richard Wagner dont on ne se lasse pas. Du somptueux prélude (utilisé par Lars Von Trier dans Melancholia), jusqu’au Liebestod final d'Isolde, qui est l'un des sommets de l'histoire de l'art lyrique, le maître de Bayreuth tisse une musique envoû

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Incendie dans un entrepôt de l'opéra à Venissieux

ACTUS | Coup de chaud pour l'opéra de Lyon : un incendie s'est déclaré le lundi 28 mars dans un entrepôt, là où sont construits et stockés ses décors, a révélé Le (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Incendie dans un entrepôt de l'opéra à Venissieux

Coup de chaud pour l'opéra de Lyon : un incendie s'est déclaré le lundi 28 mars dans un entrepôt, là où sont construits et stockés ses décors, a révélé Le Progrès dans son édition du mardi 29 mars. Ce bâtiment appartenant à la ville de Lyon est situé à Vénissieux, il est prêté à l'opéra depuis 1974. Heureusement, peu de dégâts à signaler : un véhicule dans lequel le sinistre s'est déclaré selon les premières constatations, et du matériel de construction, mais aucun décor n'a brûlé ; même s'il reste à établir les dégâts causée par les fumées mais aussi par l'eau lors de l'intervention des pompiers. Ces derniers, qui ont engagé près de cinquante hommes, sont intervenus peu avant 20 heures après un signalement des voisins.

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Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

SCENES | Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 mars 2016

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex Tchécoslovaquie, plongée alors dans les turpitudes de l'Histoire, le chorégraphe révèle très tôt des dons pour la musique et la danse : il crée sa première pièce (Paradox) à l'âge de vingt-trois ans ! Figure, depuis, de la danse dite "néo-classique", longtemps directeur artistique du Nederlands Dans Theater (NDT) de 1975 à 2004, Kylián a signé un nombre incalculable de pièces dont La Symphonie des Psaumes (1978) ou One of a kind (2000). Nombre d'entre elles sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra dont Jiri Kylián sera l'artiste associé pendant trois saisons à partir de septembre 2016. Il y reprendra l'an prochain One of a kind et transmettra au Ballet Sleepless, une pièce créée en 2004 (jamais montrée en France) autour de l'univers du peintre Lucio Fontana. JED

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L'errance en compagnie de Bach

MUSIQUES | Le premier festival international Cross Opéra, proposé par le Toboggan de Décines et le Concert Impromptu, retient par avance notre attention : en cinq (...)

Pascale Clavel | Mercredi 10 février 2016

L'errance en compagnie de Bach

Le premier festival international Cross Opéra, proposé par le Toboggan de Décines et le Concert Impromptu, retient par avance notre attention : en cinq moments musicaux décoiffés, les musiques classique, jazz et contemporaine s’affrontent, discutent, se frottent les unes aux autres dans un joyeux capharnaüm. L’idée n’est certes pas nouvelle, mais finement tricotée. L’Ensemble de percussions TaCTuS, le Concert Impromptu, le Piano Ambulant et l’ensemble Tarka sont les premiers à s’y engager. L’ensemble TaCTuS et le comédien Jacques Bonnaffé ouvrent le Festival avec Dédales, sorte de petite balade littéraire et musicale au coeur de la ville avec les Variations Goldberg sous le bras. Cette déambulation urbaine magnifie l’errance, surexpose Jean-Sébastien Bach, musicien architecte des sons et s’empare des textes de Baudelaire et Calvino. Pour bousculer encore les codes et les genres, le lendemain un Allemagne - Brésil est rejoué en un match/concert scénographié sur rectangle vert. La musique est ballon et au milieu du gazon, on se demande qui de Jean-Sébastien Bach ou de la samba va gagner... PASCALE CLAVEL

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Le Ballet fait sa révolution

SCENES | Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

Le Ballet fait sa révolution

Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes contemporains. On pourra y revoir Tout autour (2014) de Rachid Ouramdane et Sunshine d'Emmanuel Gat, et surtout, découvrir la nouvelle création de la chorégraphe portugaise Tânia Carvalho, figure montante de la danse contemporaine.

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Brigade du Ballet : session de janvier

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 6 janvier 2016

Brigade du Ballet : session de janvier

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 13 janvier, autour du programme Révolution(s). Vous avez jusqu'au 8 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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À l'Opéra, une Carmen endiablée

SCENES | Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 novembre 2015

À l'Opéra, une Carmen endiablée

Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une scénographie très théâtrale, en costumes et... sur pointes ! Ceux, en l'occurrence, de deux pièces de Roland Petit (1924-2011), auteur de plus de cent cinquante créations et chorégraphe difficilement classable. Entre académisme et innovation (l'introduction, par exemple, de gestes du quotidien dans ses pièces), entre théâtralité et abstraction, Roland Petit s'est essayé à tous les genres, signant quelques chefs-d’œuvre (Le Jeune homme et la mort en 1946 notamment) comme des spectacles plus légers (dans le domaine du music-hall, à la télévision ou pour Hollywood). L'Arlésienne (1974) et Carmen (1949), les deux oeuvres sur une musique de Bizet au programme du Ballet, sont représentatives de sa danse "patchwork" où les pirouettes et les figures classiques le disputent à de plus singulières positions "en dedans" ou à des chutes et des mouvements au sol. Les danseurs semblent plus à l'aise et motivés dans Carmen, spectacle aux décors hauts en couleurs (signés par le peintre espagn

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Brigade du ballet - C'est reparti !

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Brigade du ballet - C'est reparti !

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 14 octobre, autour du spectacle programme Carmen / L'Arlésienne. Vous avez jusqu'au 7 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

SCENES | «Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 septembre 2015

Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

«Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris de musicalité et de pureté du mouvement, décline ces thèmes existentiels fondamentaux dans des univers spectaculaires hétéroclites : l'abstraction vive et minimale de 27'52'' (2002), la théâtralité onirique et baroque de Bella Figura (1995) ou le dispositif intimiste et émouvant de Heart's Labytinth, pièce créée il y a trente ans en hommage à une danseuse de sa compagnie qui s'était suicidée. Ces trois pièces seront interprétées par les danseurs du Ballet de l'Opéra (du 8 au 16 septembre à l'Opéra) et, à cette occasion, la fabuleuse chorégraphie de 27'52'' fera son entrée dans le répertoire de la compagnie. Pièce pour six interprètes dont le titre est aussi sa durée précise, 27'52'' déploie ses mouvements vifs et tranchants à travers la musique sous haute tension de Dirk Haubrich, inspirée de la Symphonie nº 10 de Mahler et de quelques vers de Charles Baudelaire. On y retrouve le thème du couple et de la rencontre amoureuse, dans u

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Sorcerer

ECRANS | Dans un été riche en belles et grandes reprises, le retour sur grand écran dans une version restaurée et supervisée par son auteur de "Sorcerer" va permettre de découvrir enfin ce film maudit et génial de William Friedkin.

Christophe Chabert | Mardi 21 juillet 2015

Sorcerer

Lorsqu’il entreprend Sorcerer en 1976, William Friedkin est encore le parrain tout puissant du Nouvel Hollywood. Il a décroché des Oscars avec French Connection — de retour lui aussi sur les écrans cet été — et un succès planétaire avec L’Exorciste, flanquant les miquettes à toute une génération de spectateurs. Autant dire qu’on ne peut rien lui refuser, surtout un budget confortable pour tourner un remake du Salaire de la peur, le film d’un de ses cinéastes préférés, Henri-Georges Clouzot, avec qui il partage une même vision désespérée d’une existence gouvernée par le mal. La malédiction Sauf que deux choses vont envoyer Sorcerer dans le fossé. D’abord, l’accumulation de tuiles qui se produisent durant la préparation, puis pendant le tournage. Alors que Friedkin envisageait Steve MacQueen et Lino Ventura dans deux des rôles principaux, il doit se rabattre sur Roy Scheider et Bruno Crémer, tout de suite moins bankables. Quant à la fabrication même du film, elle tourne au cauchemar : la jungle encore plus hostile que prévue, les conditions climatiques catastrophiques, les techniciens camés et cramés, le budget qui

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Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

ACTUS | Fort d'un solide casting de nouvelles têtes (Wouajdi Mouawad, Dominique Pitoiset, Jeanne Candel...) et d'habitués (Olivier Py, Laurent Pelly, David Marton...) et fidèle à sa volonté de donner à voir à la fois la modernité du répertoire et la vitalité de la création contemporaine, l'Opéra de Lyon placera sa saison 2015/2016 sous le signe de l'humanisme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 14 mars 2015

Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

La présentation de la saison 2015-2016 de l'Opéra de Lyon a débuté par une confirmation : celle de la nomination de Daniele Rustioni en tant chef permanent. D'ici sa prise de fonction en septembre 2017, le jeune prodige italien de 32 ans dirigera notamment La Juive, fastueuse romance inter-religieuse qui valut à Jacques Fromental Halévy les louanges de Wagner, sur une mise en scène d'Olivier Py. Une production d'autant plus symbolique qu'elle s'inscrira dans le traditionnel festival de l'Opéra (fin mars et début avril 2016), dédié cette fois à l'Humanité, journal emblématique... Ah non. D'après nos notes, il présentera en fait des œuvres disant la nécessité de lutter contre les intégrismes, dont une création mondiale : Benjamin, dernière nuit, un biopic du génie tourmenté Walter Benjamin (en partenariat avec la Biennale Musiques en scène, avec l'écrivain Régis Debray au livret, Bernhard Kontarsky à la direction et John Fulljames à la mise en scène). Un double programme mettant en lumière des compositeurs passés par le ghetto de Terezin –

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Un nouveau chef à l'Opéra de Lyon

MUSIQUES | Il ne prendra ses fonctions qu'en septembre 2017 (pour un mandat de cinq ans), mais son nom est déjà sur toutes les lèvres : Daniele Rustioni vient (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 12 mars 2015

Un nouveau chef à l'Opéra de Lyon

Il ne prendra ses fonctions qu'en septembre 2017 (pour un mandat de cinq ans), mais son nom est déjà sur toutes les lèvres : Daniele Rustioni vient d'être nommé à la succesion de Kazushi Ono à la tête de l'orchestre de l'Opéra de Lyon. D'ici là, ce jeune chef italien de 32 ans, formé à Milan, passé par le Covent Garden de Londres et remarqué la saison passée sur Simon Bocanegra, se produira à deux reprises : au printemps 2016 pour La Juive de Halévy et pour les fêtes de fin d'année avec la Nuit à Venise de Johann Strauss.

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Rejoignez les Brigades du Ballet

MUSIQUES | Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Rejoignez les Brigades du Ballet

Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de Lyon et Le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses. Vous êtes apprenti blogger, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs et racontez le fruit de cette rencontre sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon ! Adressez-nous votre candidature motivée à : brigadeduballet@petit-bulletin.fr   Plus d'informations : http://www.opera-lyon.com/page/la-brigade-du-ballet Sessions précédentes : http://www.petit-bulletin.fr/lyon/membre-27829.html

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Alleluia

ECRANS | Fabrice Du Welz passe au tamis du surréalisme belge "Les Tueurs de la lune de miel" pour une version qui, malgré ses embardées baroques, son humour très noir et un Laurent Lucas absolument génial, reste proche de son modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Alleluia

Météore cinématographique, Les Tueurs de la lune de miel appartient à cette catégorie de films dont le souvenir se grave à vie dans l’esprit de ceux qui le voient. Leonard Kastle, musicien contemporain qui signait là sa seule réalisation pour le cinéma, s’emparait d’un fait divers tragique — un couple d’amants meurtriers recrutait des veuves par petites annonces, avant de les assassiner sauvagement une fois le mariage célébré — pour en faire une œuvre au romantisme paradoxal, entre amour fou et amour virant à la folie. S’attaquer au remake d’un tel monument tient de la gageure, mais Fabrice Du Welz, qui a démontré dans Calvaire et le mésestimé Vinyan qu’il savait digérer ses influences cinéphiles pour en faire des films hautement personnels, a relevé le défi. Transposant l’histoire aujourd’hui dans les Ardennes, remplaçant les petites annonces par des sites de rencontres en ligne, il injecte surtout à la dramaturgie de Kastle ce qui fait sa patte : un goût pour le surréalisme belge, les apartés baroques et un humour particulièrement ma

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Trois Forsythe pour le prix d'un

SCENES | Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 28 octobre 2014

Trois Forsythe pour le prix d'un

Depuis trente ans qu'elles sont inscrites à son répertoire, le Ballet de l'Opéra de Lyon est sans doute le meilleur véhicule des recherches cinétiques de William Forsythe – nonobstant sa propre compagnie, même si sa première incursion en terres lyonnaises, lors de la dernière Biennale de la danse, a fait l'effet d'une douche froide. On peut le vérifier depuis la rentrée à Paris, où il assure le gros de l'hommage rendu par le Festival d'Automne au maître américain du néo-classicisme. On pourra surtout le constater du mardi 4 au vendredi 7 novembre, dates auxquelles le Ballet présentera, à domicile, trois de ses œuvres les plus emblématiques. L'occasion de redécouvrir Steptext, déconstruction pleine de danger et de maîtrise des codes du ballet classique qui posa en 1985 les bases du style Forsythe (corps en déséquilibre, mouvements explosifs, enchaînements fragmentés), mais aussi et surtout One Flat Thing, Reproduced (2000), sorte de contrepoint tout en tension et en articulations aux comédies musicales en m

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Get On Up

ECRANS | De Tate Taylor (ÉU, 2h18) avec Chadwick Boseman, Nelsan Ellis…

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2014

Get On Up

Il y a désormais tout à redouter de la bio filmée d’une légende musicale, tant l’affaire se résume en général à cette équation : derrière le génie, il y avait un homme complexe. Get On Up, qui tire le portrait de James Brown, parvient pendant près d’une heure à tenir cet écueil à distance, grâce à un travail scénaristique original des frères Butterworth, déjà derrière le script réussi d’Edge of Tomorrow, qui tentent de déconstruire le mythe en le ramenant à son point le plus trivial : Brown y passe pour un businessman mégalo et tyrannique, obsédé par l’idée d’être le meilleur et de bouffer ses concurrents blancs. Cela passe par une idée de mise en scène assez forte : régulièrement, Brown s’adresse directement au spectateur, comme pour lui signifier que c’est bien lui qui raconte sa vie à l’écran, comme s’il rédigeait sa propre légende. On n’en attendait pas tant de la part du réalisateur du médiocre La Couleur des sentime

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Devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

SCENES | La saison prochaine, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses du spectacle Les (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 juillet 2014

Devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

La saison prochaine, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses du spectacle Les Labyrinthes du coeur (dès le 1er septembre) et à raconter le fruit de cette rencontre.   Vous êtes apprenti blogger, rédacteur, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Adressez-nous votre candidature motivée par email à brigadeduballet@petit-bulletin.fr avant le 18 août et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs.   Au fil des spectacles, les meilleurs mini-reportages (écrits, filmés, dessinés…) seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon.   Bonne chance à toutes et à tous, et que les plus inspirés gagnent.  

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Textures de voix

ARTS | «Le costume est devenu un acteur déterminant de la scénographie d'un opéra. On voit d'abord avant d'entendre» lance Maximilien Durand, directeur du Musée des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 avril 2014

Textures de voix

«Le costume est devenu un acteur déterminant de la scénographie d'un opéra. On voit d'abord avant d'entendre» lance Maximilien Durand, directeur du Musée des Tissus. Et Serge Dorny, directeur de l'Opéra de Lyon, de préciser : «Le budget de production des costumes est aujourd'hui très important, à part égale avec les décors». Les deux institutions ont décidé de présenter, en une séduisante mise en scène, 130 costumes d'opéras et de ballets de danse correspondant aux vingt dernières années de création de l'Opéra de Lyon. La sélection s'est opérée en fonction de la qualité des habits et des spectacles les plus marquants de cette période (Trois sœurs et Lady Sarashina de Peter Eötvös, La Flûte enchantée mise en scène par Pierrick Sorin, etc.). Le parcours se décline en salles thématiques ("Figures de l'altérité", "Héros et héroïnes", "Femmes fatales"...) et propose à chaque fois des cartels très précis, à la fois sur les productions et les techniques de couture. Les costumes habillent des mannequins masqués et certaines salles s'avèrent tout simplement impressionnantes 

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Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

MUSIQUES | Revenu de Dresde sans jamais être parti de Lyon, Serge Dorny a présenté sa douzième saison à la tête de l’Opéra de Lyon, placée sous le thème "Au-delà du réel". Decryptage. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 avril 2014

Opéra de Lyon : une saison au-delà du réel

«L’art incite à dire ce qu’on voit et à voir ce qu’on voit». En citant Charles Péguy, Serge Dorny affirme vouloir montrer ce qu’on ne voit plus dans cette nouvelle saison : de l'émotion et de la réflexion, tout en flirtant avec le fantastique. Il donne pour ce faire libre cours à une nouvelle génération d’artistes, dont deux feront leur première apparition sur les scènes françaises, les metteurs en scène Stefan Herheim (pour Rusalka de Dvorak en décembre) et Martin Kusej, homme de théâtre venu de Munich (Idoménée de Mozart en janvier/février). L’Opéra poursuit par ailleurs sa complicité avec Jean Lacornerie du Théâtre de la Croix-Rousse. Il s’attaquera cette année au Roméo & Juliette version Boris Blacher qui, en 1943, déplace l’intrigue shakespearienne dans le IIIe Reich (en février/mars). Il mettra également en scène Le Roi et moi, spectacle jeune public (décembre). Cette saison, qui s’ouvre avec Le Vaisseau fantôme de Wagner mis en scène par Alex Ollé et La Fura dels Baus (octobre) sera comme les précédentes

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Les dossiers de Warren

CONNAITRE | Visuelle par excellence, la littérature policière est l'une des plus solubles dans le neuvième art. La très belle collection d'adaptations que co-éditent (...)

Benjamin Mialot | Mardi 1 avril 2014

Les dossiers de Warren

Visuelle par excellence, la littérature policière est l'une des plus solubles dans le neuvième art. La très belle collection d'adaptations que co-éditent Castermann et Rivages depuis 2008, et qui comprend notamment un scrupuleux et iconique Dahlia Noir par Matz, David Fincher et Myles Hyman, suffit à en attester. La présence simultanée dudit Myles Hyman et de James Ellroy à Quais du polar aussi. Ce n'est toutefois pas dans cette convergence que réside l'événement BD de cette édition 2014, mais dans la venue d'un scénariste anglais à la barbe druidique dont l'un des principaux accomplissements est d'avoir déconstruit la figure du super-héros. Non, il ne s'agit pas d'Alan Moore, mais de Warren Ellis, auteur de Planetary et The Authority, sagas spectaculaires et sophistiquées qui le virent, d'un côté par le prisme d'une organisation secrète d’archéologues surhumains, de l'autre par celui d'une force d'intervention planétaire aux méthodes expéditives, non seulement mettre au jour les modes de construction de la culture pop (du cinéma hongkongais aux comics eux-mêmes), mais aussi examiner sous un angle inédit de brûlantes questions de société (d

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