"À mon âge je me cache encore pour fumer" : no smoking

ECRANS | de Rayhana Obermeyer (Fr-Gr-Alg, 1h30) Hiam Abbass, Biyouna, Fadila Belkebla, Nadia Kaci…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Photo : © DR


Dans l'enceinte d'un hammam algérien, pendant les années noires, des femmes se retrouvent hors de la férule et des regards des hommes. Entre complicité et solidarité, rivalités et divergences, elles se mettent à nu, au propre comme au figuré.

Au départ succès sur les planches, la pièce de Rayhana s'offre ici une parcelle d'éternité grâce à la productrice engagée Michèle Ray-Gavras, séduite par sa dimension politique. Il est vrai que cette confrontation kaléidoscopique d'opinions et de vécus féminins mérite de prolonger sa vie sur grand écran aujourd'hui, alors que les fièvres islamistes des années 1990 ont contaminé d'autres pays. Certes, le message véhiculé se révèle plus marquant ou remarquable que la forme du film, mise en images plutôt sèche (un comble pour un hammam) devant beaucoup à l'intensité de ses comédiennes.

La séquence finale tranche par sa profondeur métaphorique : on y voit des voiles s'envoler au-dessus de la Méditerranée, pareils à des oiseaux. Les Algériennes se sont débarrassées de l'oppressante étoffe, mais d'autres femmes sur les rives opposées en ont hérité.


A mon âge je me cache encore pour fumer

De Rayhana (Alg-Fr, 1h30) avec Hiam Abbass, Biyouna...

De Rayhana (Alg-Fr, 1h30) avec Hiam Abbass, Biyouna...

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Au coeur du hammam, loin du regard accusateur des hommes, des femmes se confrontent et s'interpellent entre fous rires, pleurs et colères


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C’est encore au programme !

Festival Lumière | Le clap de fin ne claquera que dimanche soir. D’ici là, focus sur quelques-un des rendez-vous de cette seconde partie de festival…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

C’est encore au programme !

Claire Denis convie Aurélien Barrau Faisant partie des invitées d’honneur de cette 10e édition, Claire Denis vient présenter Trouble Every Day (2001) ce mercredi 17 à 21h45 avec Béatrice Dalle et Alex Descas. Mais elle fait précéder à 19h cette séance à l’Institut Lumière de l’avant-première de son nouveau film, High Life, déjà montré à Toronto. Une œuvre de science-fiction portée par la musique de Stuart Staples des Tindersticks, qu’elle introduira en compagnie de sa comédienne Claire Tran et de l’un des astrophysiciens qui l’ont conseillée durant la préparation, Aurélien Barrau. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un inconnu du grand public : son intervention en faveur d’un sursaut écologique lors du Climax Festival 2018 a été massivement vue en ligne et partagée sur les réseaux sociaux. La cinéaste donnera le lendemain une masterclass à 11h30 à la Com

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Sans-papiers, sans pantalon : "Corps étranger"

DRAME NU | de Raja Amari (Fr-Tun, 1h32) avec Hiam Abbass, Sara Hanachi, Salim Kechiouche…

Vincent Raymond | Mardi 20 février 2018

Sans-papiers, sans pantalon :

Le drame des réfugiés est le sujet du moment ; il irrigue donc à des degrés divers, et avec plus ou moins d’inspiration, une part non négligeable des scénarios actuels. Parfois, on a l’impression qu’il sert de prétexte commode à des auteurs pour “faire concernant” ou donne une colonne vertébrale socio-politique à une histoire manquant d’assise. Tel Corps étranger. Bien sûr, il y a à la base l’arrivée clandestine en France de Samia, ayant fui le Maghreb et un frère fondamentaliste. Mais le cœur du film, c’est surtout la relation qu’elle va entretenir avec la femme qui lui donne un toit et du travail, Leila, ainsi qu’un jeune homme de son village, Imed. Ce ménage à trois violent et délétère, fait de trouble sensualité, de jalousies et de dominations à géométrie variable, intéresse en premier chef la réalisatrice, davantage que les misères des sans-papiers. Il ne s’agit pas là d’un jugement moral, seulement un constat. Le fait est que ses réalisations précédentes montraient déjà sa fascination pour l’érotisation des corps et le charme vénéneux qu’ils pouvaie

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Dégradé : un brillant film sur Gaza

ECRANS | de Arab & Tarzan Abu Nasser (Pal/Fr/Qat, 1h23) avec Hiam Abbass, Maisa Abd Elhadi, Manal Awad…

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Dégradé : un brillant film sur Gaza

À quoi reconnaît-on un “bon” film de guerre ? Certainement pas au volume de ses reconstitutions méthodiques de combats, ni au réalisme hurlant de ses étripages ; plutôt à la manière dont il donne à partager l’atmosphère pesante d’un conflit — cette oppression qui s’exerce par contamination directe sur les civils, et pollue leur existence comme une maladie collective en s’insinuant dans tous les interstices de leur quotidien. Dégradé est un “bon” film de guerre parce qu’il se joue dans le huis clos d’un salon de coiffure, autrement dit un lieu anodin cultivant une image de frivolité, de superficialité, où les clientes incarnent une forme de résistance face à l’absurdité du contexte gazaoui. Parce qu’il nous montre comment chacune tente de surmonter la menace chronique, de s’accommoder des privations, de répondre de manière pragmatique à la logique de mort ambiante. Dégradé ne rend pas extraordinaires des situations qui le sont pourtant toutes (y compris la présence d’un lion domestique dans la rue !), parvient à représenter la proximité menaçante du front de manière ultra-réaliste… tout en s’abstenant de le filmer. Il y a autant d’intelligenc

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Cheba Louisa

ECRANS | De Françoise Charpiat (Fr, 1h35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré, Biyouna…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Cheba Louisa

Avec ses coups de théâtre à toutes les séquences, son image de téléfilm France 3, sa direction artistique atroce et ses mots d’auteur qui pèsent une tonne (un pour la route : «la cas soc’, elle te dit cassos»), Cheba Louisa a tout de l’accident pur et simple. Visiblement écrit avec un exemplaire de Robert MacKee dans une main et "La Banlieue pour les nuls" dans l’autre — dur de tenir le crayon, du coup — il se permet de sacrifier une actrice comme Isabelle Carré, enlaidie au-delà du raisonnable afin de la faire passer pour une caissière de supermarché. Rien à sauver là-dedans, mais de quoi se distraire au moins cinq minutes en regardant Steve Tran. Steve qui ? Depuis qu’il a tenu un des trois rôles principaux de Beur sur la ville, Steve Tran est devenu le bon pote asiatique de service dans les banlieues-films, histoire de respecter une forme de représentativité raciale. On a pu le voir ailleurs — dans

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Amerrika

ECRANS | De Cherien Dabis (Can-ÉU-Koweït, 1h32) avec Nisreen Faour, Hiam Abbass…

Dorotée Aznar | Lundi 15 juin 2009

Amerrika

Cette photographie des États-Unis à l’époque de la première Guerre du Golfe à travers le regard d’émigrés palestiniens cherchant à s’intégrer sans heurts, ne brille pas vraiment par son originalité. L’évolution psychologique des personnages, leurs désillusions sur la réalité sociale de l’Amérique suivent leurs sentiers dramatiques balisés, alternant les scènes de rixes familiales, de racisme bêtement ordinaire et autres crises d’identité. Là où le film de Cherien Dabis s’envole, c’est dans sa description affûtée d’une mère courage insubmersible, superbement campée par Nisreen Faour. Portant le film sur ses épaules, elle lui assure son charme, son identité artistique, et transcende avec infiniment d’émotions la dignité dont son personnage ne se dépare jamais. FC

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Les Citronniers

ECRANS | d'Eran Riklis (Israël-Fr-All, 1h46) avec Hiam Abbass, Ali Suliman...

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2008

Les Citronniers

On avait vraiment beaucoup aimé le précédent film d'Eran Riklis, La Fiancée syrienne ; d'où dépit face à ces Citronniers plutôt ratés, qui remplacent le regard doux-amer et tragi-comique par une démonstrative leçon de géopolitique. C'est le problème du cinéma concerné, accroché à son sujet et à son message : il oublie parfois simplement d'être du cinéma. Ici, chaque scène illustre non pas un enjeu dramatique, mais un morceau de la thèse défendue par le cinéaste, avec ce qu'il faut de métaphores et d'intentions soulignées par la caméra. D'autant plus que l'argument est un peu léger (un ministre israélien s'installe en face d'un champ de citrons appartenant à une famille cisjordanienne, vite encerclée par des barbelés pour des raisons de sécurité) et certains raccourcis carrément lourds : une grande réception est donnée chez le ministre mais, comme par hasard, on a oublié d'acheter des citrons pour les cocktails ! De quoi déclencher une micro-intifada d'agrumes ô combien symbolique... Les Citronniers, c'est vraiment un film-dossier comme Télérama les adore : parfait pour nourrir le débat après la projection, inapte à maintenir le cinéphile éveillé pendant.CC

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La fiancée syrienne

ECRANS | d'Eran Riklis (Fr-Israël-All, 1h37) avec Hiam Abbass, Makram J. Khoury, Julie-Anne Roth...

Christophe Chabert | Mercredi 16 mars 2005

La fiancée syrienne

Dans les montagnes du Golan, à la frontière entre Israël et la Syrie, on s'apprête à célébrer des noces entre la dernière fille d'un activiste récemment libéré de prison et d'un acteur de sitcom. Mais la jeune femme vit dans le no man's land frontalier et son futur époux habite en Syrie. Pendant que la famille (désunie) se retrouve pour préparer le mariage, une Française onusienne règle les détails administratifs, un fonctionnaire israélien reçoit un nouveau tampon pour valider les passeports, préparant ainsi le foutoir à venir... C'est l'originalité de ce joli film choral, où l'on suit dans un premier temps les péripéties picaresques de ces apatrides croqués avec un trait particulièrement inspiré (le frère dragueur et frimeur, l'ainée éprise d'indépendance, le fils qui a "trahi" en épousant une Russe) avant de les retrouver tous à la frontière. Cette mécanique scénaristique rend tous les personnages égaux devant l'absurdité de la situation : des gens sans nationalité qui préparent un mariage à l'aveugle (ou presque) et perpétuent des traditions qui se fissurent sous les volontés individuelles. Proche d'un Danis Tanovic dans No man's land (pour la rencontre entre l'histoire, le rir

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