"Noma au Japon" : comment réinventer le meilleur restaurant du monde

ECRANS | de Maurice Dekkers (P-B, 1h33) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Photo : © DR


Couronné plusieurs années consécutives meilleure table du globe, le Noma de Copenhague se voit confier une carte blanche durant six semaines par le Mandarin Oriental de Tokyo. Pour l'équipe menée par le chef René Redzepi, le défi est de taille : il s'agit en effet de composer une carte nouvelle respectant l'esprit Noma tout en se nourrissant des particularités du terroir japonais. Une course contre la montre et pour les papilles s'engage…

On ne saurait mieux expliquer le processus créatif de la haute cuisine, naissant d'une fusion de talents individuels et d'une symbiose d'inspirations sous la houlette d'un chef d'orchestre aux intuitions audacieuses. Capable de tirer le meilleur de chacun, de fuir les évidences gastronomiques et de se remettre en question sans concession, Redzepi apparaît comme un catalyseur et un liant.

Sa curiosité et son perfectionnisme contagieux, respectueux de la nouveauté, des cultures, des saveurs ou de l'esthétique, rappellent la démarche de Benjamin Millepied dans l'excellent documentaire Relève…, auquel ce film fait énormément penser : l'investissement du chef, au sein de la brigade, a beaucoup à voir avec celle du maître de ballet. Évitez toutefois de voir ce film l'estomac vide : la torture serait insoutenable.


Noma au Japon : (Ré)inventer le meilleur restaurant du monde

De Maurice Dekkers (Ne, 1h33) documentaire

De Maurice Dekkers (Ne, 1h33) documentaire

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Janvier 2015. Le NOMA vient de recevoir pour la 4ème fois le titre de meilleur restaurant du monde. Le chef, René Redzepi, décide de fermer son restaurant de Copenhague pour ouvrir une résidence de deux mois à Tokyo, au Japon. Le but : proposer un menu exceptionnel de quatorze plats spécialement conçus pour l’occasion. René Redzepi et sa brigade ont six semaines pour créer de toutes pièces un menu unique et novateur en harmonie avec la culture japonaise, avec des produits et des saveurs qu’ils ne connaissent pas. Une course contre la montre s’engage.


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La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Patrimoine | Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie est retombée dans le giron de la Métropole de Lyon à la grande surprise du nouvel exécutif emmené par Bruno Bernard, qui ne s'attendait pas à ce cadeau empoisonné. Un nouveau projet est en cours de réflexion, piloté par le vice-président délégué à l’Agriculture et à l’Alimentation, Jérémy Camus, qui sera dévoilé en septembre prochain. En attendant, il a été décidé d'ouvrir en partie le site : les salles patrimoniales de la Cité seront ainsi ouvertes au public, gratuitement, chaque premier dimanche du mois, de 10h à 19h. Il s'agit du Dôme des Quatre Rangs, de la grande apothicairerie, des salles de l’ancien hôpital de la Charité (la salle du conseil et la salle des archives). Pour Jérémy Camus, également président du Fonds de Dotation de la Cité Internationale de la Gastronomie, qui s'est exprim

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Retour sur un bide

Cité de la Gastronomie | Retour sur un échec retentissant : la fermeture anticipée de la Cité de la Gastronomie, installée dans le Grand Hôtel-Dieu, qui n'aura jamais réussi à s'imposer lors de ses (très) courtes semaines d'existence.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 septembre 2020

Retour sur un bide

Octobre 2019, au cœur de l'automne ouvre enfin cette Cité de la Gastronomie. D'emblée le directeur d'alors, Florent Bonnetain, se débat avec les critiques qui fusent sur le prix d'entrée — 12€ sans la dégustation, pour une visite qui se révèle express. Le contenu, prometteur sur papier glacé, se révèle décevant lors de la visite. Le public boude. Il fallait 40 000 visiteurs par mois pour que le lieu soit rentable, ce nombre sera atteint péniblement... cinq mois plus tard. Les premiers signes d'un échec bruissent dans la ville. C'est alors que surgit un virus venu de Chine, qui éteint la lumière partout sur son passage. Celles de la Cité de la Gastronomie ne se rallumeront pas : début juillet, tombe un communiqué laconique du prestataire espagnol, Magma Cultura : « la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon (...) a subi les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus que le Pays traverse depuis mars 2020. Devant ces difficultés, face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique, et malgré tous nos efforts pour la sauvegarder, nous avons pris la décision de ne pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitati

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La Cité Internationale de la Gastronomie, un bide colossal

Food | C'était attendu, c'est confirmé via un communiqué tombé ce soir : la Cité Internationale de la Gastronomie ferme définitivement ses portes. Bien sûr, la crise liée (...)

Sébastien Broquet | Lundi 6 juillet 2020

La Cité Internationale de la Gastronomie, un bide colossal

C'était attendu, c'est confirmé via un communiqué tombé ce soir : la Cité Internationale de la Gastronomie ferme définitivement ses portes. Bien sûr, la crise liée au Covid-19 a plombé les comptes et fragilisé un lieu tout juste ouvert à l'automne 2019, au sein du Grand Hôtel-Dieu. Mais depuis ses débuts, la Cité menée en délégation de service public par les Espagnols de MagmaCultura était en échec : une première vague de non-reconduction de plusieurs CDD avait donné l'alerte, et le public n'aura finalement jamais adhéré à ce projet, jugé trop cher et trop hors-sol — les Toques Blanches boycottaient — et trop vite parcouru. « La Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon, comme de trop nombreux autres acteurs culturels en France et en Europe, a subi les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus que le Pays traverse depuis mars 2020. Devant ces difficultés, face à l’incertitude de l’évolution économique et touristique, et malgré tous nos efforts pour la sauvegarder, nous avons pris la décision de ne pas rouvrir la Cité et d’arrêter définitivement son exploitation. Nous nous sommes impliqués

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La popote réjouissante de Grive

Restaurant | Dans le quartier Saint-Georges, une épicerie fine garnie de produits locaux cachant dans son arrière-salle un sympathique néo-bistrot.

Adrien Simon | Mardi 10 mars 2020

La popote réjouissante de Grive

On se répète : depuis dix ans le petit monde de la nourriture, si important à Lyon, bouge à toute vitesse. Trois objections : d’abord, cela fait plus d’une décennie que les cuisines sont en ébullition. Mais il est tentant d’identifier des périodes, et de ce point de vue le mouvement semble aller en s’accélérant. Ensuite, on parle beaucoup d’une avant-garde, mais il faut avouer que les brasseries ou cantines médiocres campent aussi sur leurs positions. Enfin, la trajectoire est plus sinusoïdale que constante : l’enthousiasme traverse des hauts et des bas. On est dans un haut. La rénovation bio-cool-localo-sympa-bistro-nomique-etc. de la restauration a désormais ses vitrines, prenez Food Traboule, consécration de jeunes gens qui s’échinent et qui viennent bousculer entre potes l’ambiance conservatrice du Vieux Lyon. Elle a aussi ses lieux confidentiels. Deux d’entre eux que l’on aimait bien ont malheureusement fermé ces derniers mo

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Florent Bonnetain : « ce sera une maison très ouverte »

Cité Internationale de la Gastronomie | Il est le directeur de la toute nouvelle Cité Internationale de la Gastronomie, qui s'apprête à ouvrir ses portes au sein du Grand Hôtel Dieu : Florent Bonnetain nous détaille le projet, les collaborations, dévoilant un pan de la programmation à venir. Et nous cause mécènes, aussi.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Florent Bonnetain : « ce sera une maison très ouverte »

À quelques jours de l’ouverture, êtes-vous confiant ? Florent Bonnetain : L’ouverture se fera le samedi 19 octobre, premier jour des vacances scolaires. On finalise les derniers réglages… Ce sera prêt. La Cité de la Gastronomie est une institution culturelle dédiée à la gastronomie, ce qui est assez inédit comme thématique. Gastronomie, chez nous, ce sont les règles du ventre : on y parlera à la fois de cuisine 3 étoiles et de l’alimentation du quotidien. C’est inédit aussi dans la forme, entre culture et éducation, avec une diversité de fonctions qui s’entremêlent dans un lieu bouillonnant. Exemple : il y a une exposition permanente, permettant d’illustrer la cuisine lyonnaise, le repas gastronomique des Français - c’est ce qui a été classé au patrimoine de l’Unesco en 2010 -, de réfléchir à ce qui nous attend demain (est-ce que l’on mangera des insectes ? Autour d’une table ?), il y a des espaces Ludo-éducatifs faits pour frapper les esprits et développer de la créativité autour de la cuisine en développant le bien-manger. C’est un lieu d’ateliers, mais l’équipe de cuisine peut venir faire une séance avec les enfants. Et il y a un espace de dégustation,

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Cité Internationale de la Gastronomie : ouverture le 19 octobre

Food | Il y a bientôt dix ans, l'Unesco classait le repas gastronomique des Français à l'inventaire du patrimoine de l'Humanité. Il manquait un lieu pour l'honorer : (...)

Adrien Simon | Mardi 8 octobre 2019

Cité Internationale de la Gastronomie : ouverture le 19 octobre

Il y a bientôt dix ans, l'Unesco classait le repas gastronomique des Français à l'inventaire du patrimoine de l'Humanité. Il manquait un lieu pour l'honorer : pourquoi pas une Cité de la Gastronomie. Ou un réseau de quatre, dans lequel Lyon s’est invité in extremis. Avec un objectif double : réaffirmer sa place de capitale gastronomique, titre un poil érodé, et doter le centre commercial du Grand Hôtel Dieu d'une facette culturelle. Si le projet a été mené par la Métropole, qui voit dans le bien-manger un atout pour le marketing territorial, il fut financé en grande partie par des mécènes privés. Parmi lesquels des groupes d'agro-alimentaire comme Metro ou Elior, spécialiste de la restauration de cantine. Le fonctionnement est délégué à l'entreprise espagnole MagmaCultura et devrait être largement auto-financé, avec un ticket d'entrée à 12€, le double en incluant des dégustations. Maintenant que la Cité lyonnaise est la première à voir le jour, reste à voir comment le public, notamment local, se réappropriera ce lieu hybride, à la fois « musée, c

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Le Melville, nouveau bar à bringues

Café-Concert | Le mois de septembre, c’est comme le lundi : on n’est clairement pas prêts, on a besoin d’aide, de soutien, de réconfort, de fortifiant, d’encouragement. Comprendre : d’apéros. Bonne nouvelle : un tout nouveau bar à concerts a ouvert ses portes à Saint-Georges.

Julie Hainaut | Mardi 17 septembre 2019

Le Melville, nouveau bar à bringues

Ce n’est ni un bar à cocktails, ni un pub à bières, ni une cave à vin. C’est un bar avec des cocktails, de la bière et du vin (et des softs). La nuance est de taille. « Avec Le Melville, nous souhaitions revenir aux origines du bar, au bar-concert des années 2000, authentique, simple. Un vrai lieu festif qui mélange les genres, les musiques, les styles. Qui rassemble » explique le co-fondateur Julien Dussauge (à qui l’on doit également Sauvage et La Cuisinerie). Un emplacement évident pour celui qui avait l’habitude d’investir le sous-sol du lieu avec son groupe de rock il y a quelques années, quand il abritait le bar emblématique de Saint-Georges, Le Citron. Lorsqu’il apprend que le lieu est en vente – entre temps, le Berliner s’y était installé –, il demande à Jérôme Laupies de Mediatone (son premier maître de stage – Julien a été agent d

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La fabrique des petits soldats : "Le Fils"

Documentaire | Documentaire de Alexander Abaturov (Ru-Fr, 1h11)…

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

La fabrique des petits soldats :

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexandre Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’étaient leurs marinières rouges, ils pourraient êtres les bidasses de Full Metal Jacket (1987) effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats “pour de rire“ — avec pommettes en charpie et nez explosé —, les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, Abaturov

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Attable : la grande bouffe

Festival Food | Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand (...)

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Attable : la grande bouffe

Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand cocotier culinaire ». Qui "décaraffonne" les codes. Or, Dieu sait qu'il y en a, des traditions gastronomiques (qui a dit "lourd héritage" ?) à Lyon. Mais comment ruer dans ces brancards-là ? Attable assume de s'appuyer sur la jeunesse cuisinière : celle qui n'a pas attendu les étoiles Michelin pour mettre les mangeurs des métropoles européennes à ses pieds. Mais que peuvent bien faire ces cuistots, devenus rockstars malgré eux, en déplacement à Lyon ? Fomenter un banquet en hommage au grand Paul ? Les artistes locaux (cols tricolores et étoilés + jeune génération) s'occupent déjà du tribute dominical (ce dimanche, À la Piscine). Montrer qu'il n'y a pas qu'en Rhône, qu'on sait bouffer ? On le savait déjà, et on salive d'avance en pensant à la nourriture autrichienne (!), genre marmotte fermentée et foie gras vegan, que prépareront samedi soir (

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La succulente Cuisine d'Elvis

Théâtre | Farce déglinguée convoquant une famille au bord de l'implosion et un Presley ressuscité, La Cuisine d'Elvis est un terrain de jeu idéal pour l'acteur et metteur en scène Pierre Maillet. De quoi commencer la saison avec une des plus belles réussites de la saison dernière.

Nadja Pobel | Mardi 9 janvier 2018

La succulente Cuisine d'Elvis

Il a l'habitude de voisiner avec Copi. Pierre Maillet, membre fondateur du collectif d'acteurs Théâtre des Lucioles piloté par Marcial di Fonzo Bo, est à l'aise avec un théâtre féroce jamais dénué de tendresse ni de drôlerie. Qu'il choisisse d'adapter et de créer en octobre 2016 cette pièce du dramaturge anglais quinqua Lee Hall, écrite en 1999, est dans la droite lignée de son travail – il fut aussi très récemment le metteur en scène idéal de Marilu Marini dans La Journée d'une rêveuse (Copi, encore...). Jill, une ado de 14 ans, raconte une vie de famille bien peu modèle entre une mère de 38 ans prof d'anglais alcoolique, son père tétraplégique arrimé à son fauteuil roulant et un inconnu, beauté glacée à la Terence Stamp, qui comme chez Pasolini va bousculer ce trio étriqué en devenant l'amant de la mère, séducteur auprès de la fille, libérateur (sexuel) de l'accidenté. Love them tender

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Les Halles de la Martinière deviennent un food court

Food | Les halles municipales ont rouvert, après une intense (éco)rénovation. On y trouve une épicerie, un dealer de jus, un poissonnier, une crêperie et un bar à vins et tapas, ayant pour mantra commun l'alimentation durable.

Adrien Simon | Mardi 5 décembre 2017

Les Halles de la Martinière deviennent un food court

La halle millésimée 1838 était devenue le serpent de mer de la Martinière. Voilà près de quinze ans qu'il était question à son propos de changement. La mairie projeta d'abord de privatiser le bâtiment - on murmura le nom de Casino, voire de Bahadourian. Pour diverses raisons, notamment la mobilisation d'habitants du quartier, le projet fut ajourné puis abandonné, ce qui n'empêcha pas la halle de se vider de ses commerçants et de finir par fermer. Furent alors évoqués plusieurs projets de reprise, dont l'un, en 2013, mené par des producteurs de la région - qui échoua, encore. Finalement, il fallut l'intervention d'Etic, un créateur et financeur de projets immobiliers "responsables", pour que la perspective d'une réouverture devienne crédible. Avec un bon million d'euros d'investissements et un an de travaux, les murs en béton et l'amiante posés dans les années 60 ont disparu, les colonnettes en fonte et leurs paniers de fruits ont réapparus, et le bâtiment a regagné des couleurs, ou plutôt de la lumière. Il est aujourd'hui cerclé de grandes baies

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Entre deux : "L'École de la vie"

Documentaire | de Maite Alberdi (Fr-Chi-P-B, 1h32) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Entre deux :

La vie quotidienne dans une école chilienne spécialisée accueillant des adultes atteints du syndrome de Down (la Trisomie 21) : le travail à l’atelier gastronomie, l’amitié et les histoires de cœur minées par les décisions des tuteurs légaux… Maite Alberdi cadre les élèves serrés, dans une très grande proximité, à l’extrême limite parfois de l’intimité gênante (sans franchir la ligne jaune de l’obscénité), gardant parents et éducateurs dans un flou visuel volontaire. Ce dispositif tranché facilitant la focalisation sur ses héros — Rita, au régime, qui tente de soustraire du chocolat en cachette, Anita et Andrés désireux de se marier malgré l’opposition parentale —, et permettant d’adopter plus aisément leur point de vue, est sans doute la meilleure idée de ce documentaire. L’École de la vie laisse en effet une impression mitigée, découlant pour partie des méthodes en apparence paradoxales de l’école. Certes, les élèves semblent disposer d’une liberté d’action complète et s’épanouir lorsqu’ils préparent de la pâtisserie, mais ils sont étr

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Deux filles en cuisine : les Mères lyonnaises ont des héritières

Restaurant | On demanda à un fameux critique gastronomique lyonnais le nom de son resto préféré. Non pas le meilleur de la ville, mais sa cantine à lui. Sans hésiter : « Deux filles en cuisine ! C'est bon, sans chichi. Comme à la maison, mais en meilleur. »

Adrien Simon | Mardi 3 octobre 2017

Deux filles en cuisine : les Mères lyonnaises ont des héritières

Voilà bientôt trois ans que cette table d'hôtes urbaine régale les pentes de la Croix-Rousse. Sophie, l'une des Deux filles, se rappelle : « il y a eu un genre de quiproquo : les gens ont d'abord pensé qu’on faisait un truc healthy, qu’on servait des soupes, ce genre de chose. Mais c'est pas du tout ça notre truc ! » Depuis, leur pot-au-feu de canard est devenu célèbre, comme leur tajine ou leur chou farci. « Je ne dirai pas qu'on fait dans le tradi', non. C’est une cuisine de transmission, de territoire. » Dans la lignée de celle des Mères lyonnaises, "version 2017". Ces Deux filles, ce sont Sophie Jung-Lauzet et Davia Chambon, accompagnées en cuisine par Frédérique Wattiau. Qui ont fui leurs boulots (dans la culture), d’abord pour faire du catering un peu en loucedé, avant d'investir leur local des pentes. Elles continuent d'y préparer à manger pour des mariages, pour des entreprises ou des événements. Mais ce qu'elles aiment avant tout (et nous aussi), c'est le menu unique qu'elles servent quatre midis par semaine. « Ce n’était pas prévu. Ici ça devait

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Prison de filles : "Des rêves sans étoiles" de Mehrdad Oskouei

Documentaire | de Mehrdad Oskouei (Irn, 1h16) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Prison de filles :

Iran. Des jeunes femmes à la lisière de la majorité sont filmées dans leur quotidien de détenues d’un centre de “réhabilitation” pour mineures. Souvent en rupture de famille, certaines sont délinquantes, d’autres enceintes, voire mères ; toutes dans l’angoisse de leur sortie… Voilà un projet intéressant sur le papier, qui peine pourtant à aller au-delà de ses évidentes bonnes intentions. Notamment parce que le réalisateur parasite son propre film, en intégrant des interviews qu’il réalise, voix off, avec les détenues. De témoin, il devient acteur des événements ; il interagit avec eux. À ces “tête-à-tête“ trop polis pour être honnêtes (ont-ils été répétés ? Ont-ils été surveillés durant le tournage ?), on préfère les rares séquences d’imprévus, plus crues, montrant la détresse d’une gamine tétanisée par l’irruption de ses parents, ou une autre effondrée parce que sa grand-mère refuse de l’accueillir. Le cours d’instruction religieuse, abordant la question de l’égalité homme-femme, est aussi un grand moment.

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Leçons de son : "Buena Vista Social Club : Adios" de Lucy Walker

Documentaire | de Lucy Walker (É-U-Cu, 1h50) documentaire avec Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Manuel Mirabal…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Leçons de son :

Vingt ans ou presque après le documentaire de Wenders, y avait-il encore des choses à apprendre sur le groupe d’octo-et-nonagénaires cubains ? Étonnamment, oui. Réalisé à l’occasion de la tournée d’adieux du Buena Vista Social Club, ce film est davantage qu’une séquelle du précédent opus : il creuse aussi ses racines grâce à un luxe d’archives inédites. Si Lucy Walker opte pour une structure plus classique et une réalisation moins “virtuose” que son prédécesseur allemand, elle compense par un supplément de valeur informative et d’émotion : les maîtres du son dont elle établit le parcours médiatique (Ibrahim Ferrer, Compay Secundo, Rubén González…) avant leur entrée dans l’illustre orquesta sont désormais tous mort, exception faite de la vaillante Omara Portuondo. La cinéaste exhume par ailleurs des images (parfois tendues) de la conception de l’album de 1996, rendant au producteur Nick Gold des lauriers souvent indument tress

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Boulang' & Patiss' : la Cuisine Itinérante en voie de sédentarisation

Restaurant | La Cuisine Itinérante ouvre une boulangerie bio, près de Jean Macé, « un lieu de convivialité et d’ouverture » avec une petite « restauration paysanne ». Derrière le jargon écoresponsable on découvre, ouf !, du bon pain. Et même du bon vin !

Adrien Simon | Mardi 27 juin 2017

Boulang' & Patiss' : la Cuisine Itinérante en voie de sédentarisation

La Cuisine Itinérante est un traiteur pas tout à fait comme les autres. Vous avez peut-être déjà croisé cette joyeuse troupe : dans un mariage, ou plus sûrement dans un salon (aux Débouchées, ou au Lyon Bière Festival, cette année). Sa démarche, résumée : cuisiner des produits frais, locaux et souvent bio, tout en essayant de tirer les prix (de vente) vers le bas. Faire à manger en prenant soin des liens entre producteurs et consommateurs ; faire du bon, mais aussi du sensé ; faire une cuisine, en somme, qui triture gentiment la tête, qui donne à réfléchir sur notre monde alimentaire et « la vie des paysans. » Avec de telles ambitions, la Cuisine Itinérante ne pouvait se limiter au catering. L’un des fondateurs, Axel Hernandez, qui co-créa aussi le bar De L’autre Côté du Pont, l’avoue aisément : « l’objectif c’est de démocratiser l’alimentation durable. Dès l’origine, il était prévu de développer une multitude de projets. » Ainsi à l’automne dernier, les

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États généraux du documentaire

ECRANS | S’il est encore trop tôt pour connaître le programme détaillé de la 29e édition des États généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche) on peut d’ores et déjà en (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

États généraux du documentaire

S’il est encore trop tôt pour connaître le programme détaillé de la 29e édition des États généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche) on peut d’ores et déjà en indiquer ses dates (du 20 au 29 août) et rappeler le principe de cette semaine. Conjuguant séquences réflexives (séminaires théoriques) approche pratique (ateliers) et projections (plusieurs sections interrogeant le patrimoine comme la production contemporaine), ce laboratoire vivant est surtout le rendez-vous cardinal et convivial des amateurs de cette forme exigeante, mais polyvalente. Un must pour qui croit en la capacité du cinéma d’émettre une voix dissonante. www.lussasdoc.org

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"Le Goût du tapis rouge" : raides carpettes

Documentaire | de Olivier Servais (Fr, 1h13) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 mai 2017

Dix jours en mai, leur vie s’interrompt, cependant qu’elle s’illumine. Guetteurs ou arpenteurs, ils forment une foule compacte s’agglutinant autour des marches du Palais des Festivals et roulant le long de la Croisette. Deux éditions durant, Olivier Servais a braqué ses regards vers ce peuple de l’ombre, les uns mendiant des paillettes aux étoiles, les autres œuvrant à leur service. Cannes vu par les vraies gens, hors apparat et coupe-file… L’idée était séduisante de partager un point de vue “plébéien”, extérieur, éventuellement dissonant — plutôt que les sempiternels clichés sur l’angoisse de la star au moment de gravir les escaliers ou l’art du concierge de palace à satisfaire ses caprices. Hélas, Servais semble parti tourner à caméra-que-veux-tu, et avoir ensuite effectué un collage à la diable de ses séquences, histoire de leur donner un cachet expérimento-impressionniste. Le résultat est fade, factice et soporifique. Cependant, s’il fallait retenir une chose de ce vrac, c’est que la faune statique des fanatiques du Festival est aussi diverse dans ses motiva

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"Retour à Forbach" : mauvaises mines

ECRANS | de Régis Sauder (Fr, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Venu pour solder la maison de famille, Régis Sauder arpente Forbach — autrefois cité minière, désormais dévorée par le chômage et gagnée par les votes extrêmes. Sur les traces de son enfance mosellane, il confronte ses souvenirs de prolo complexé à la réalité contemporaine, retrouve des camarades d’antan. En leur compagnie, mais aussi avec quelques grands témoins (telle une tenancière de café, parfait coryphée moderne) il enregistre la réalité du quotidien forbachois, dans son effrayante apparence de cité fantôme : plans fixes sur des pas-de-portes désertés, des échoppes à l’abandon, des commerces fermés, auxquels succède l’empilement des bulletins en faveur de l’extrême-droite lors des élections régionales. Dans cette région autrefois occupée, les mémoires sont courtes, et Sauder profite de son amer pèlerinage pour rappeler la cause du malheur actuel : l’exploitation minière, qui fit les “beaux jours” et la richesse du pays — c’est-à-dire des quelques familles possédant les mines, pompant le sol comme l’énergie vitale des ouvriers. Dépourvu d’illusion et de rêve, Forbach apparaît ici écrasé entre

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"L’Opéra" : un an de prises à Bastille

Le Film de la Semaine | Des coulisses aux cintres, des tensions sociales aux minutes de silence, des répétitions aux applaudissements, une suite d’instantanés façons puzzle glanés durant une saison de l’Opéra de Paris visant à désacraliser cette institution culturelle française majeure. Avec bienveillance.

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Philippe Martin, producteur habituel de Jean-Stéphane Bron, ne s’en cache pas : grand amateur d’art lyrique et familier de Stéphane Lissner (le directeur de l’Opéra de Paris), c’est lui qui a soufflé l’idée, pour ne pas dire commandé ce film au cinéaste helvétique, pur néophyte dans cet univers. Mais est-ce en cela un problème ? L’œil du candide capte souvent des mouvements insolites que l’habitué, blasé malgré lui, ne perçoit plus. Bron s’est donc immergé pendant 130 jours dans les murs de l’Opéra, le découvrant lui-même pour le faire découvrir au spectateur. Avec la chance du débutant, du point de vue dramaturgique : couvrant la saison 2015-2016, il suit donc des grèves à répétition, les conséquences des attentats parisiens, l’arrivée et le départ de Benjamin Millepied… davantage du côté directorial, offrant ainsi un contrepoint (ou un contrechamp) à l’excellent Relève : histoire d’une création de Thierry Demaizière & Alban Teurlai, tourné c

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La Renaissance des Muses de l'Opéra

Bar | Fermé en 2012, l’ascenseur qui mène derrière les Muses rouvre pour seulement trois mois. Il faut se dépêcher de l'emprunter, pour aller boire un verre, grignoter les produits sélectionnés par Deux Filles en Cuisine et profiter de la terrasse panoramique.

Adrien Simon | Mardi 28 mars 2017

La Renaissance des Muses de l'Opéra

Les muses des arts, ces filles de Zeus qui ornent la façade de l’opéra, alimentent les rumeurs. Pourquoi l’architecte, Antoine-Marie Chenavard, n’en a choisi que huit ? La poésie, la musique, l’élégie, la tragédie, la danse, la comédie et même l’Histoire et la rhétorique, d’accord (Calliope, Euterpe, Erato, Melpomène, Terpsichore, Thalie, Clio et Polymnie). Mais il manque Uranie ! On a dit que, pour des raisons d’harmonie, et donc de symétrie, le bâtisseur a sacrifié l’astronomie. Car elle a peu à voir avec le théâtre, et parce qu’Uranie trônait déjà sur la place des Cordeliers (avant d’être décapitée par les Canuts, puis détruite en 1858). La vie de muse, c’est difficile. Les huit élues se trouvent désormais à la base du dôme, créé par Jean Nouvel. Et dans leur dos, éclairé de rouge, se trouve le petit restaurant que l’architecte avait aménagé pour, en 1994, le grand cuisinier Philippe Chavent. Malgré ses qualités (des chefs de renom comme Daniel Ancel, sa terrasse, son panorama), le restaurant, tel Uranie, se cassa la figure, ferma en 2012 et ne trouva personne pour le relever. Sans qu’on ne comprenne exactement : p

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Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

ECRANS | Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Histoires Vraies (.doc) : regards partagés sur le doc'

Des gens, des causes et des films. Munies d’exclusivités de tous horizons, les 18e rencontres autour du film documentaire se placent du côté de l’Homme, tournées vers sa laideur extérieure comme sa beauté intérieure. Accompagnant un pot d’ouverture, Food Coop de Tom Boothe montrera que même Wall Street n’arrive pas à stopper le geste fraternel au sein d’une coopérative alimentaire new-yorkaise. Manger mieux pour vivre mieux, credo commun entre Rosa Maria, exilée de son village en 1931 et les migrants kurdes à Riace, dans le sud de l’Italie actuelle : Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella rappelle les heures sombres de l’actualité, en miroir avec son Histoire, démarche jumelle de Ils ne savaient pas que c’était une guerre. Avec l’association Coup de Soleil, favorisant les échanges culturels entre la France et le Maghreb, son réalisateur Jean-Paul

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"Le Concours" : il ne peut en rester que soixante

ECRANS | de Claire Simon (Fr, 1h59) documentaire avec Laetitia Masson, Sylvie Verheyde, Patricia Mazuy, Vincent Dedienne…

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

Héritière de l’Idhec, la Femis représente l’aristocratie des écoles de cinéma et peut se targuer d’avoir formé Emmanuel Mouret, François Ozon, Céline Sciamma, Alice Winocour ou encore Emmanuelle Bercot. Son drastique écrémage à l’entrée est si réputé — 1200 postulant(e)s pour 60 élu(e)s — qu’il a inspiré la cinéaste Claire Simon. Rien d’étonnant, connaissant son appétence pour les portraits de microcosmes, en fiction ou documentaire — que ce soit les cours d’écoles dans Récréations (1992), le planning familial dans Les Bureaux de Dieu (2008) ou le bois de Vincennes pour Le Bois dont les rêves sont faits (2016). Dans Le Concours, elle suit le processus de sélection, des épreuves de pré-admissibilité à la rentrée des élèves, en témoin muette des examens et des oraux, captant le réel sans jamais intervenir. Au-delà de son léger suspense (qui sera retenu et pourquoi ?), le projet est intéressant de par sa grande transparence, puisque l’on pénètre les coulisses d’une grande institution et l’on ass

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"Ouvrir la voix" au Périscope

CONNAITRE | Être femme et noire en France, aujourd'hui : une double peine. Le documentaire de la réalisatrice et militante afro-féministe Amandine Gay est un (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 janvier 2017

Être femme et noire en France, aujourd'hui : une double peine. Le documentaire de la réalisatrice et militante afro-féministe Amandine Gay est un instantané du quotidien des femmes afro-descendantes noires, en France et en Belgique, qui se livrent sur la beauté, le travail, l'accent, la religion, le machisme... Et se retrouvent toutes à l'intersection du racisme et du sexisme. Un documentaire pas sorti en salles, mais toutes les projections sont rapidement complètes. La prochaine : au Périscope, ce lundi 30 janvier à 20h30.

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Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Grand Cuisine Cinéma Club | Ce dimanche a lieu la seconde édition du Grand Cuisine Cinéma Club, un festival de films culinaires, durant lequel on n’oublie pas de manger. Interview avec Mat Gallet, l’un des organisateurs de l’événement.

Adrien Simon | Dimanche 18 décembre 2016

Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Un mot sur l’année dernière : en plus des dix films présentés (six documentaires, deux films d’animation, un long-métrage de fiction et un court-métrage) on pouvait manger des petites assiettes en rapport direct avec les projections : du houmous préparé par Simon Huet pour suivre le film Make hummus not war, des ramens de Yomogi avec Tampopo, une salade thai de Têtedoie en accompagnement de Farang. Le dispositif va changer ? Mat Gallet : Au Grand Cuisine Cinéma Club, on essaye d’imaginer un format d’événement propre à chaque thématique. La première édition tournait autour des foodmaniacs. On l’avait donc construite comme une expérience quasi boulimique : douze heures non stop, une orgie de films et de tapas un peu sexy. Là, avec l’édition #disruption, on se devait de tester un nouveau modèle. Vu les films programmés, il nous semblait important que les cuisiniers puissent vraiment donner leur interprétation des films. On a donc pris le contrepied de tous les conseils qu’on nous donnait. Et plutôt que de faire un événement plus gros, on a choisi de proposer un événement plus concent

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À mater & à manger

Grand Cuisine Cinéma Club | Le Grand Cuisine Cinéma Club retend la toile et remet le couvert pour un second festival de mets et de films, dont une avant-première goûtue : à savourer sans modération.

Adrien Simon | Mardi 13 décembre 2016

À mater & à manger

C’était en septembre de l’année dernière : un festival de cinéma (le premier du genre) offrant autant à voir qu’à manger. Pour la première édition du Grand Cuisine Cinéma Club, les spectateurs-dîneurs enchaînaient douze heures de films (documentaires, animation, fiction et courts-métrages) sur la cuisine, et de tapas apparus à l'écran (du houmous pour accompagner Hummus not war, des ramens pour suivre Tampopo...). Mat Gallet (Nuits sonores, Le Sucre) et sa bande recommencent ce week-end dans une formule moins boulimique, avec un nombre restreint de convives et une sélection filmique plus resserrée. En parallèle, quelques-uns des jeunes chefs lyonnais les plus en vue du moment « cuisineront en live, pendant les séances, dans la salle » pour (en plus de nombreuses surprises) servir un vrai repas, à table.

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"Swagger" : à l’école de la classe

ECRANS | Portrait d’une banlieue par des jeunes qui la vivent au présent et ont foi en l’avenir, dans un documentaire de création bariolé, sans complaisance mortifère ni idéalisation naïve. Stimulant.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Ils se prénomment Aïssatou, Astan, Aaron, Elvis ou Mariyama… Vivant dans des cités de périphérie, ces adolescents dépassent la facile caricature à laquelle ceux qui ne les ont jamais approchés les réduisent. Pour un peu qu’on consente à les rencontrer ! Olivier Babinet, lui, les a écoutés durant des semaines, et construit en leur compagnie ce singulier documentaire débordant de fantaisie, de liberté et surtout d’espoir. Film stylé, Swagger est ainsi autant une collection de témoignages qu’une œuvre de création chamarrée ; un puzzle assumé et dynamique se pliant autant à l’imaginaire immédiat de ses protagonistes qu’à leurs projections. S’ils décrivent le quotidien pas forcément folichon avec lequel ils doivent composer au prix d’une sacrée créativité, les onze ados du film sont aussi les acteurs d’un changement en cours. Que la caméra, complice magique, transpose parfois dans une imagerie hollywoodienne ou clippée — voir les défilés vestimentaires de Paul et Régis, deux jeunes mecs ayant su affirmer leur identité à travers leurs fringues. Ou qu’elle an

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"Trashed" : le plastique, c’est satanique

Le Film de la Semaine | Jeremy Irons nous guide à travers le monde des déchets gouverné par de belles saloperies : dioxines et plastiques — des polluants ubiquistes impossibles à recycler, résidus de la révolution industrielle et des Trente Glorieuses. Un documentaire aussi édifiant qu’effrayant.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Fin octobre, le WWF publiait une étude révélant l’extinction de 50% des espèces de vertébrés durant les quarante dernières années. À qui la faute ? Trashed délivre davantage qu’une ébauche de réponse à ce cataclysme supérieur à tous les accidents géologiques passés, en accumulant des strates d’informations. Pour certaines collectées au grand jour ; pour d’autres ramassées dans la fange putride de nos poubelles. Lesquelles, sous nos yeux obstinément aveugles, ont gagné notre espace vital. Elles gagneront tout court, si l’on n’y prend garde. Ordures ! Sur le front environnemental, d’aucun(e)s pensent qu’il est plus productif pour la cause d’encenser en sautillant benoîtement un chapelet de micro-initiatives positives, en prenant grand soin d’éviter de s’attarder sur la situation actuelle, décidément trop anxiogène. Une étrange forme de méthode Coué consistant à consentir un traitement, sans accepter de reconnaître la maladie — tout à fait en phase avec notre époque de l’aseptisé triomphant. Ici, Jeremy Irons ne fait pas de cœurs avec les doigts, ni n’étreint ses interlocuteurs sur fond chill-out. Pas plus qu

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"Dernières nouvelles du cosmos" : mes mots ont la parole

ECRANS | de Julie Bertuccelli (Fr, 1h25) documentaire avec Hélène “Babouillec” Nicolas…

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Présentant les préparatifs d’un spectacle façon MJC, avec un comédien un brin halluciné déclamant des vers post-mallarméens, les premières images inquiètent légitimement. Où donc nous a entraînés la réalisatrice de La Cour de Babel ? Elle livrera peu à peu les clefs : l’interprète des poésies est en fait le père d’Hélène, leur auteur. Signant Babouillec, cette trentenaire souffrant d’un trouble autistique ne parle ni n’écrit : elle communique depuis dix ans en désignant une à une les lettres composant les mots reflétant ses pensées. C’est grâce à ce procédé de bénédictin qu’elle a brisé le mur l’isolant du monde et “dicté“ ses créations. Julie Bertuccelli fait témoigner ses parents (formidables de présence et de soutien), filme l’auteure à l’œuvre — œuvre de patience —, et en discussion avec un mathématicien, sans doute brillant, mais énonçant ici des platitudes. La cinéaste ne pose pas un regard admiratif ou protecteur sur une “curiosité”, mais nous fait partager son appréhension d’une démarche artistique singulière. Et prouve également que captée à l’état natif, la poésie d’Hélène se suffit à elle-même, n’en déplaise à son

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"Voyage à travers le cinéma français" : c’était sa première séance

ECRANS | Bertrand Tavernier raconte son rapport affectif aux films qui l’ont construit, dévoile son Panthéon intime. Édifiant, enthousiaste, touchant : trois quarts de siècle d’un compagnonnage actif avec le cinéma, à tous les points de vue et d’écoute.

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Bertrand Tavernier ne pouvait choisir meilleur public que celui du Festival Lumière — manifestation organisée par l’institut homonyme, qu’il préside, dans la ville où il est né — pour présenter les premières séances du documentaire-somme retraçant son parcours. Car davantage qu’une audience acquise, celle-ci se révèlerait surtout réceptive au projet de ce ciné-fils/cinéphile, l’accompagnant bien volontiers dans l’exploration de sa mémoire d’ogre. Promis depuis des années, ce Voyage dans le cinéma français offre un retour très personnel aux sources primitives de sa passion pour l’écran d’argent ; aux origines de sa curiosité fervente et contagieuse, devenue avec les années prosélytisme chaleureux en faveur de tous les types de cinémas, peu importent les chapelles, du moment qu’ils lui apportent du plaisir — son emploi immodéré du superlatif absolu et de l’épithète “formidable” est d’ailleurs légendaire. Oncle Tatave, celui qui se souvient de tous les films Tout aussi prodigieuse se révèle sa mémoire cinématographique, presque indissociable du contexte folklorique des séances qu'il ressuscite : le voisin fa

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"La Philo vagabonde" : festin de cerveau

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr, 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs — et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de “produit culturel”, Guyard se veut une sorte de coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu — certes, lui porte et apporte des valeurs

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À Lussas, vive les doc’ !

ECRANS | Havre de bonheur et de réflexion pour les adeptes du cinéma du réel, les États généraux du film documentaire de Lussas ont su se construire une enviable (...)

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

À Lussas, vive les doc’ !

Havre de bonheur et de réflexion pour les adeptes du cinéma du réel, les États généraux du film documentaire de Lussas ont su se construire une enviable singularité en résistant, encore et toujours, à la tyrannie des palmarès. Ce village ardéchois présente ainsi depuis 1989 un tour d’horizon très libre de la production documentaire annuelle, avec des projections en plein air, chez l’habitant ; des échanges avec des professionnels ainsi qu’un module théorique de premier plan : des séminaires et ateliers très prisés se déroulent sur place. Le détail de la programmation sera connu début août sur le site www.lussasdoc.org. À Lussas (Ardèche) du 21 au 27 aout

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Un voyage en Iran

ECRANS | Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Un voyage en Iran

Quand un régime exerce un pouvoir excessif sur son peuple, abuse de son autorité et/ou confisque les libertés, alors s’élèvent des voix pour protester ou le dénoncer ; et celles des artistes sont souvent les premières à se faire entendre. Depuis l’instauration de la république islamique en Iran, les cinéastes ont multiplié les coups d’éclats : fictions et documentaires, tournés au grand jour ou sous le manteau, témoignent de la restriction démocratique, de la régression des droits des femmes et d’une certaine exaspération populaire. Dépassant le brûlot pour repenser la forme, le langage et les moyens de production cinématographiques, ces œuvres ont révélé plusieurs générations d’auteurs dont le talent est célébré partout dans le monde, sauf à Téhéran où certains sont emprisonnés (comme Jafar Panahi). Afin de savourer (ou découvrir) l’originalité de ce cinéma persan, l’association culturelle franco-iranienne de Lyon propose un double programme intégrant No Land’s Song d'Ayat Najafi, récent documentaire consacré à un projet-passerelle ô combi

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La Sociologue et l’Ourson

ECRANS | de Étienne Chaillou & Mathias Théry (Fr, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

La Sociologue et l’Ourson

On avait à peu près tout vu et entendu au moment de la présentation du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes du même sexe (dite du “mariage pour tous”). Beaucoup de passion et d’écume, empêchant toute réflexion sereine ou toute parole structurée en faveur de la loi d’être relayée dans le calme. Chaillou et Théry font de cette chienlit table rase, en proposant de suivre le parcours de l’une des expertes sollicitées le temps de l’examen du projet, la sociologue Irène Théry (la mère de l’un des documentaristes). À la fois conviviale et didactique, l’approche ne manque pas d’originalité : les auteurs ont pris le parti de remplacer la plupart des intervenants dans les images d’archives par des jouets animés qui dédramatisant le sujet sans le ridiculiser. Et de rendre la sociologie vivante en illustrant de manière plaisante les exemples concrets choisis par la spécialiste dans son histoire familiale, à l’occasion des entretiens qu’elle accorde à son rejeton. Ce documentaire dispose enfin d’un autre grand mérite : il inscrit le texte dans le temps républicain, en abrasant (autant que faire se peut) la surmédiatisation délirante dont ont bénéficié

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No Land's Song

ECRANS | de Ayat Najafi (All/Fr, 1h31) avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Sayeh Sodeyfi…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

No Land's Song

Monter un concert avec des solistes féminines au pays des mollahs, où les voix non masculines sont prohibées… Le défi que s’est lancé la compositrice Sara Najafi rappelle le pari des Chats persans (2009) de Bahman Ghobadi, en particulier son jeu de cache-cache (de caméra) permanent. Najafi use de bien des contorsions pour parvenir à ses fins, mettant les autorités face à leurs contradictions et leur suprême hypocrisie — le documentaire rappelle qu’avant 1979, les Iraniennes pouvaient librement chanter et n’étaient pas spécialement voilées. Malgré des déconvenues, grâce à de la ruse légitime, on assiste à un concert-passerelle entre l’Iran et la France, avec, entre autres, Jeanne Cherhal et Élise Caron. VR

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Little go girls

ECRANS | de Éliane de Latour (Fr, 1h18) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Little go girls

On ne pourra jamais reprocher à Éliane de Latour de manquer d’engagement ou d’honnêteté dans ses projets documentaires. Little go girls montre comment, parce qu’elle s’est intéressée au sort de ces prostituées ivoiriennes, les suivant et les accompagnant, elle leur a permis de sortir de la rue et du tapin. Une aventure exemplaire, dont le rendu manque hélas épouvantablement de vie. L’exposition photographique par laquelle tout a débuté devait en concentrer davantage que ce film asthénique. VR

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Merci Patron !

ECRANS | Jusqu’alors peu connu du grand public, le journal alternatif Fakir s’offre un splendide coup de pub en divulguant son opération de flibuste victorieuse contre la deuxième fortune française, Bernard Arnault. De l’extorsion de fonds ? Non point : de justes représailles…

Vincent Raymond | Mercredi 24 février 2016

Merci Patron !

Le patron de Fakir, François Ruffin, doit jubiler du bon tour qu’il joue à l’inflexible capitaine d’industrie, aussi jaloux de ses profits que de sa discrétion. Car avec son documentaire branquignolesque, tenant plus du carnet de notes potaches filmé que de l’investigation orthodoxe, non seulement il dresse un bilan de “l’action bienfaisante” du brillant milliardaire au sein des filatures de Nord-Picardie, mais surtout il donne des visages et des noms à ses victimes directes : les Klur, une famille d'ouvriers déclassés, promis à une misère noire. Puisqu'Arnault a fabriqué sa fortune en pratiquant de-ci de-là des entorses à la vérité — prétendant que sa marque Kenzo fabriquait en France alors que les usines étaient délocalisées en Pologne, par exemple — et de grosses fractures à l’éthique (si ce n’est pas amoral d’entasser autant de fric par pure avidité, en laissant crever toute une région…), Ruffin use de ruses pour lui faire restituer une partie de son butin. Ses armes principales étant la menace de bruit médiatique et son air de crétin inoffensif, parfait pour tourner en ridicule un hyper-patron. Comment se payer sur la bête Avec son

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Les Délices de Tokyo

ECRANS | De Naomi Kawase (Jap, 1h53) avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Délices de Tokyo

Auteure de l’éprouvant Forêt de Nogari (2007) – condensé de cinéma abscons – Naomi Kawase trouve dans Les Délices de Tokyo une manière de rédemption en abordant la thématique de la gastronomie : elle insuffle une sensualité simple et joyeuse à son cosmos – toujours autant focalisé sur la transmission in extremis entre les générations. Car la nourriture a cette irremplaçable vertu d’assouplir les âmes, en plus de réjouir les papilles ou les pupilles ; les précédents Le Festin de Babette de Gabriel Axel (1987) ou Au petit Marguery de Laurent Bénégui (1995) en témoignent. Discipline suivant une liturgie complexe, exercée par des artistes dans l’abnégation d’eux-mêmes, la tradition culinaire est ici montrée comme un ciment culturel intime et poétique. Elle est aussi le révélateur de ce Japon à la mémoire si sélective, toujours prompt à brandir avec fierté l’héritage d’un Empire millénaire, en occultant les aspects gênants de son histoire contemporaine. Les clients se pressent pour dévorer des gâteaux à la pâte de haricot rouge ; ils vont lâchement déserter en apprenant que celle qui les a confectionnés

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Les Saisons

ECRANS | De Jacques Perrin & Jacques Cluzaud (Fr, 1h37) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Saisons

À l’instar des studios Pixar, le Jacques Perrin documentariste aura exploré tous les milieux (l’eau, l’air, la terre), produit et réalisé des œuvres plébiscitées par les scolaires et signé les livres s’y rapportant. Seule différence notable, il n’a pas (encore) de parc d’attractions à sa gloire, ni de jouets à l’effigie des personnages de ses films ! Animé par une sincère volonté de sensibiliser les spectateurs à la beauté fragile du monde, aux menaces pesant sur sa faune et par conséquent sur le futur de l’Homme, l’artiste s’est engagé depuis vingt ans pour la nature comme il le fit autrefois contre les totalitarismes. Moins planant (forcément) que Le Peuple migrateur (2001), moins naïf que le glougloutant Ωcéans (2009), Les Saisons est de ces films contemplatifs parcourant les campagnes que l’on regarde de préférence un dimanche de fainéantise claquemuré chez soi. L’œil mi-clos, dans un état modifié de conscience provoqué par la voix veloutée de Jacques Perrin, avec des chaussettes Meg Ryan aux pieds et une tasse de thé fumante à proximité. Chaque documentaire de Cluzaud & Perrin se posan

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Le Grand Cuisine Cinéma Club, une première

CONNAITRE | D'habitude, les dimanches au Sucre, c'est hamburger. Ce 13 septembre, ce sera truffes, ramen et sauce sriracha, entre autres aliments au menu du Grand (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

Le Grand Cuisine Cinéma Club, une première

D'habitude, les dimanches au Sucre, c'est hamburger. Ce 13 septembre, ce sera truffes, ramen et sauce sriracha, entre autres aliments au menu du Grand Cuisine Cinéma Club, «le premier événement entièrement dédié aux films et documentaires traitant de la cuisine, l'alimentation ou la foodculture, où vous pouvez manger ce que vous voyez à l'écran». Un banquet gaulois 2.0 ? Oui mais pas que. La food for tought est aussi de mise puisque, entre un court animé mettant en scène des plagistes de barbaque (Wurst, par un animateur de Pixar) et la ressortie d'une comédie japonaise littéralement nounouille (Tampopo), il sera question de condition animale (avec un épisode des Politics of Food de Vice consacré au gavage), de rapport à l'image (Mukbang, qui analyse la mode coréenne du youtubing dînatoire) ou encore de géopolitique (Make Hummus not War, qui fait le point sur la dispute opposant le Liban, la Palestine et Israël quant à la paternité de la purée de pois chiches). En tout, ce ne sont pas moins de dix films qui seront projetés, le temps de trois séances accessibles à

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Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

SCENES | Avec "Psy", "Traces" et "Séquence 8", le collectif canadien des 7 Doigts de la Main nous avait habitué au meilleur. Avec "Cuisine et confessions", présenté à la Maison de la Danse pour les Nuits de Fourvière, il signe un spectacle tout en auto-satisfaction et en démagogie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 29 juin 2015

Les 7 Doigts de la Main font la tambouille

Un décor de cuisine monumental à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre des spectateurs qui s’installent pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 Doigts de la Main savent recevoir et allécher. Sauf que ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus, au point que le spectacle semble ne jamais commencer, nonobstant quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques. D’emblée, Cuisine et confessions manque cruellement de rythme – et cela se vérifiera sur ses 90 minutes – un comble pour des circassiens, par ailleurs de très haut niveau (ah ! leur maîtrise du mât chinois...). De là, les 7 Doigts de la Main se laissent prendre au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant fréquemment sur scène, comme s’ils ne pouvaient convaincre par leur seul talent, allant jusqu'à se planquer tandis que trois spectateurs meublent la scène. Dans cet aveu de faiblesse, ce n’est pas tant l’embarras des cobayes qui met mal à l'aise que la limpide démission des artistes. Se (faire) rouler dans la farine Autre facilit

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Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

ECRANS | Woody Allen : un documentaire. Après la bataille.

Christophe Chabert | Vendredi 18 mai 2012

Cannes jour 1 : Woody et les chevaux

Le film d'ouverture de Cannes est-il un bon présage de la sélection à venir ? Si oui, alors Cannes 2012 devrait être exceptionnel, tant le Moonrise kingdom de Wes Anderson nous a littéralement enchanté. On en parle ailleurs, donc pas la peine de s'appesantir sur le sujet. Mais pour revenir à la question de l'ouverture comme signe annonciateur de la qualité globale, il faut se souvenir qu'en 2010, qualifiée par les festivaliers qui l'ont vécue d'annus horribilis, avait débuté avec le lamentable Robin des bois de Ridley Scott, et le reste avait été à l'avenant.  En revanche, le bon cru de 2011 avait été lancé par l'excellent Minuit à Paris de Woody Allen, qui restera par ailleurs comme un des meilleurs souvenirs de l'ex-première dame de France - on s'égare. Or, avec une certaine malice, Thierry Frémaux a choisi de proposer aux festivaliers non pas le Woody Allen annuel (To Rome with love, privé de Cannes pour cause de sortie avancée en Italie), mais un documentaire consacré au cinéaste prolifique. E

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Le monde à vue d'œil

CONNAITRE | Les États Généraux du Film Documentaire, festival ardéchois, se propose d’explorer un genre cinématographique à part, souvent considéré – à tort – comme mineur : (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

Le monde à vue d'œil

Les États Généraux du Film Documentaire, festival ardéchois, se propose d’explorer un genre cinématographique à part, souvent considéré – à tort – comme mineur : le documentaire (du 16 au 22 août, à Lussas). Il s'agit ici de se placer sans ambiguïté du côté du cinéma, avec le documentaire comme véritable objet artistique. Ces rencontres cinématographiques, non compétitives sont vues par les organisateurs comme une sorte d'université d'été. La programmation, outre la traditionnelle sélection Incertains regards, proposera de parcourir les routes de Roumanie, de Pologne ou encore celles, multiples, d'Afrique. D'autres chemins, plus politiques cette fois-ci, seront explorés avec un séminaire de trois jours sur les rapports entre cinéma et engagement et un autre sur les influences réciproques entre photographie et documentaire.

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