"Emily Dickinson, A Quiet Passion" : flamme de lettres

ECRANS | de Terence Davies (G-B, Bel., 2h05) avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle, Jodhi May…

Vincent Raymond | Mardi 2 mai 2017

Photo : © DR


Réservée et cependant rebelle, brûlant de mille passions intérieures, consumée par sa littérature, telle fut la poétesse étasunienne Emily Dickinson, qui souffrit surtout d'être femme dans l'Amérique corsetée du XIXe siècle. Et passa une part non négligeable de son existence recluse dans sa famille avant d'agoniser, à peine reconnue.

D'une élégance austère mais parsemé d'une malice retenue — à l'image de l'artiste représentée autant que du réalisateur — ce biopic joue la carte d'une intimité vivante et non compassée : Emily Dickinson n'y est pas présentée comme une introvertie entêtée déconnectée du monde, ni victime de l'autorité cassante d'un pater familias abusif (tableau banal s'il en est…). Au contraire, Terrence Davies la valorise-t-il dans son avant-gardisme moral et créatif, déroutant des proches aimants par ses aspirations à l'indépendance et à la modernité.

Fiévreusement spirituelle (il y a du Jane Austen dans certaines répliques), intellectuellement brillante, son Emily apparaît aussi comme une femme radieuse et séduisante (bravo à la photo de Florian Hoffmeister et à l'interprétation de Cynthia Nixon), empêchée de s'épanouir pleinement par les contraintes d'une époque sur laquelle elle était beaucoup trop en avance.


Emily Dickinson, a quiet passion

De Terence Davies (Angl-Bel, 2h05) avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle...

De Terence Davies (Angl-Bel, 2h05) avec Cynthia Nixon, Jennifer Ehle...

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Les jeunes années de la poétesse Emily Dickinson.


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Sex and the city

ECRANS | de Michael Patrick King (ÉU, 2h25) avec Sarah Jessica Parker, Kim Catrall, Cynthia Nixon…

Christophe Chabert | Jeudi 29 mai 2008

Sex and the city

Alors que l’on célèbre la reprise en main du romanesque par une poignée de cinéastes après des années de domination télévisuelle, la sortie de la version ciné de Sex and the city fait figure de fulgurant contre-exemple. Le film est indescriptible de nullité, d’une mollesse cinématographique hallucinante (Michael Patrick King semble ne connaître que quatre valeurs de plan et travaille sa mise en scène comme s’il était encore dans une économie télé, voir ce très long travelling au supermarché qui n’a rien d’un plan-séquence altmanien !). Mais surtout, on n’y retrouve jamais le plaisir de la narration proliférante qui, même sur le format 26 minutes, travaillait chaque épisode de la série. Le scénario est indigent, on peut y compter les péripéties sur les doigts d’une main, et l’enjeu dramatique rachitique (mariée ou pas mariée ?) occupe sans scrupule la colonne vertébrale de ces 145 minutes (un record pour une comédie !). Au feuilleton contemporain, avec ses codes et ses excès, se substitue une vaste régression vers le soap opéra façon Feux de l’amour, les dialogues percutants laissant la place à des conversations plates bourrées de clichés. Le pire étant que le film semble beauc

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