"Departure" d'Andrew Steggall : mauvais débarras

ECRANS | de Andrew Steggall (G-B- Fr, 1h49) avec Juliet Stevenson, Alex Lawther, Phénix Brossard…

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Photo : © DR


Entre Beatrice et son époux, le climat est à l'orage. C'est donc aidée par leur fils Elliot que cette Britannique vient vider leur maison du Sud-Ouest de la France. Durant ce grand ménage, Elliot sympathise avec Clément, un ado de son âge, qui l'attire sans laisser Beatrice indifférente…

Comment dire… Peut-être exotique pour nos amis d'Outre-Manche, ce roman initiatique où un jeune homme gracile couvé par sa maman, poète à ses heures, jette des œillades humides à un mystérieux mécano plein de cambouis n'hésitant pas à se baigner cul-nu-des-fesses dans un vague réservoir d'eau, nous paraît un peu… “cliché”. Voire totalement conventionnel (et encore, on ne parle pas du décor pittoresque, du cafetier souriant, ni des belles pierres à faire se pâmer d'extase Stéphane Bern et Jean-Pierre Pernaut réunis).

Résurgence du cinéma de la fin des années 1980, ce Departure un peu affecté semble prisonnier de ses intentions ou de ses obsessions ; il trahit en tout cas la difficulté d'Andrew Steggall à affirmer une voix singulière. Patience : ce n'est qu'un premier film…

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Departures

ECRANS | De Yojiro Takita (Japon, 2h11) avec Masahiro Motoki, Tsutomu Yamazaki…

Dorotée Aznar | Vendredi 29 mai 2009

Departures

Daigo, violoncelliste discret, est obligé de revoir ses plans lorsque son orchestre est dissout. Il embringue son affable épouse jusqu’à son village natal, où il trouve un emploi dans une entreprise de pompes funèbres. Le commerce de la mort étant furieusement tabou, il cache sa nouvelle situation à sa femme, tout en s’adaptant à ses nouvelles fonctions. Dans une salutaire volonté de dédramatiser le caractère pesant des thématiques abordées, Yojiro Takita et Masahiro Motoki (acteur principal et coscénariste du film) optent pour un ton d’une légèreté pour le moins inattendue, allant même jusqu’à verser dans une trivialité pas forcément du meilleur goût ! C’est à la fois le charme et la limite de Departures : son caractère mélodramatique est sans cesse tempéré par de précieux sursauts de vitalité, tant dans la mise en scène que dans l’impeccable direction d’acteurs, mais cet équilibre instable crée malgré lui une distance dommageable vis-à-vis des événements. Quand Takita reprend foi en son récit, cela donne cependant de très beaux moments de cinéma, en particulier lorsqu’ils sont accompagnés de la partition lyrique à souhait de Joe Hisaishi (collaborateur régulier de Miyazaki et

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