Nuit Alien à l'Institut Lumière

Vincent Raymond | Mardi 13 juin 2017

Photo : © UFD


Son retour aux affaires pour Prometheus, puis récemment Alien : Covenant, a suscité des réactions mitigées de la part de quelques puristes. N'en déplaise à ces pisse-froid : Ridley Scott a su dans ces deux préquelles ranimer en beauté la flamme de son terrible xénomorphe. Sans trop de difficultés car, l'honnêteté le pousse à le reconnaître, la bête possède une résistance et une faculté d'adaptation peu communes — on parle ici du monstre, pas du réalisateur, hein !

Sans doute désireux de réconcilier les amateurs de l'Alien originel avec Scott, mais aussi d'offrir aux plus jeunes l'occasion de découvrir sur grand écran le début de la saga (donc la suite de l'histoire), l'Institut Lumière programme durant une nuit promettant d'être visqueuse et brûlante la fameuse Tétralogie, soit la bagatelle de 8h de (bon) cinéma.

Quatre films faisant aujourd'hui l'objet d'une vénération légitime parce qu'ils ont, séparément et ensemble, contribué à créer un mème contemporain et une icône de la science-fiction. Quatre films signés par des cinéastes alors presque débutants, aux univers personnels et visuels cependant affirmés : Ridley Scott, donc, pour l'opus fondateur (1979), James Cameron pour la suite de prestige (1986) hissant Alien parmi les franchises hors normes ; David Fincher (1995) et enfin Jean-Pierre Jeunet (1997) pour la touche exotique.

Le marathon permettra d'apprécier le couple insolite formé par-delà les années entre le xénomorphe et sa partenaire préférée, Ripley, jouée par Sigourney Weaver. Et vous incitera aussi à examiner d'un peu plus près votre matou ou votre toutou lorsque vous rentrerez chez vous.

Nuit Alien
À l'Institut Lumière le samedi 17 juin à 20h


Alien, la résurrection

De Jean-Pierre Jeunet (1997, EU, 1h44) avec Sigourney Weaver, Winona Ryder...

De Jean-Pierre Jeunet (1997, EU, 1h44) avec Sigourney Weaver, Winona Ryder...

voir la fiche du film


Deux cents ans après la mort de l'officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme en croisant son ADN avec celui d'un Alien. Le cauchemar reprend. A bord de la station Auriga, Ripley donne naissance à un fils qui lui est aussitôt enlevé. Prisonnière, elle s'efforce de renouer avec son lointain passé humain. Bientôt un autre vaisseau rejoint l'Auriga. Parmi l'équipage composé de brutes et de mercenaires, Ripley découvre une belle jeune femme, Call, avec laquelle elle ne tarde pas à se lier d'amitié.


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Projections à l'italienne

Cycle | Les 3e Rencontres autour du Cinéma italien vont vous botter : en 48 heures, elles vont saturer votre agenda de séances (six au total), parmi lesquelles (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

 Projections à l'italienne

Les 3e Rencontres autour du Cinéma italien vont vous botter : en 48 heures, elles vont saturer votre agenda de séances (six au total), parmi lesquelles moult avant-premières en présence de scénaristes, cinéastes, comédiennes ou spécialistes vous permettant d'approfondir votre vision des films. Comptez donc sur La Vita possibile de Ivana de Matteo, Easy de Andrea Magnani, L'Ordre des choses de Andrea Segre, Indivisibili de Edoardo De Angelis, Il Figlio (Manuel) de Dario Albertini et Un Bacio de Ivan Cotroneo. Ce n'est jamais mauvais de finir sur un baiser. 3e Rencontres autour du Cinéma italien Au Cinéma Comœdia du 31 janvier au 2 février

Continuer à lire

La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

Continuer à lire

"Alien : Covenant" : critique et entretien avec Ridley Scott

Science-Fiction | Après une patiente incubation, Ridley Scott accouche de son troisième opus dans la saga Alien, participant de son édification et de sa cohérence. Cette nouvelle pièce majeure semble de surcroît amorcer la convergence avec son autre univers totémique, Blade Runner. Excitant.

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

L’ouverture d’Alien : Covenant se fait sur un œil se dessillant en très gros plan. Ce regard tout neuf et empli d’interrogations est porté par l’androïde David, création du milliardaire Peter Weyland. Aussitôt s’engage entre la créature et son démiurge une conversation philosophique sur l’origine de la vie, où affleure le désir de la machine de survivre à son concepteur. L’image mimétique d’un instinct de survie, en quelque sorte. Cet œil inaugural, immense et écarquillé, reflétant le monde qui l’entoure, fait doublement écho non à Prometheus — dont cette séquence est la préquelle et la totalité de Covenant la suite — mais à l’incipit de Blade Runner (1982) du même Scott. L’œil y apparaît pareillement, pour réfléchir un décor futuriste et comme miroir de l’âme : c’est en effet par l’observation des mouvements de la pupille, lors du fameux test de Voight-Kampff, que l’on parvient à trier les authentiques humains de leurs simulacres synthétiques, les “répliquants”. Le David d’Alien rêve-t-il, comme eux, de moutons élect

Continuer à lire

Cinéma italien : l’esprit de la Péninsule au Ciné-Caluire

Festival du cinéma italien | Portée par une poignée prodigieuse de comédiens aussi polyvalents que complémentaires (dont Sordi et Gassman) la comédie transalpine a connu à la fin des années (...)

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Cinéma italien : l’esprit de la Péninsule au Ciné-Caluire

Portée par une poignée prodigieuse de comédiens aussi polyvalents que complémentaires (dont Sordi et Gassman) la comédie transalpine a connu à la fin des années cinquante un essor inégalé. La revisiter étant une garantie de plaisirs infinis, on souscrit bien volontiers à la proposition du Ciné-Caluire qui en programme une joyeuse sélection dans le cadre de son festival annuel. Du Pigeon (1959) de Monicelli, merveille de charme et de légèreté, au romanesque absurde de Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (1974) de Comencini, en passant par la cruauté de L’Argent de la vieille (1972) du même Luigi — où s’illustre une machiavélique Bette Davis —, ou par la fantaisie de Il Vigile (1960) de Zampa, présenté en avant-première de sa ressortie. Un second axe sous-tend cette semaine : une mini-rétrospective Marco Bellocchio. Associé au renouveau “politique” du cinéma italien pendant les Nouvelles vagues, le réalisateur avait marqué le pas à l’orée des années 1990, mais son obstination à traiter l’histoire immédiate depuis quinze ans l’a replacé au premier plan. On reverra

Continuer à lire

Le Booooom #2 : places aux jeunes !

Actu Cinéma | Réunissant 145 salles de Rhône-Alpes acceptant la carte M’ra, permettant aux élèves et aux apprentis d’accéder au cinéma à des conditions préférentielles, le Réseau (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Le Booooom #2 : places aux jeunes !

Réunissant 145 salles de Rhône-Alpes acceptant la carte M’ra, permettant aux élèves et aux apprentis d’accéder au cinéma à des conditions préférentielles, le Réseau Médiation Cinémas M’ra avait lancé en 2015 le Boooom !, un événement incitant les titulaires de ladite carte à profiter de leurs avantages avant son échéance (fin mai). Le succès de l’initiative a entraîné sa reconduction cette année, dans une forme plus étoffée : pour le Boooom #2, 45 salles organisent une manifestation spécifique, ludique ou festive ayant pour thème central “le futur”. Les Amphis de Vaulx-en-Velin ont ainsi choisi un bon vieux classique, Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott précédé d’une présentation et suivi d’un pot pour ceux qui auraient encore de l’estomac vendredi 20 à 18h. Le Toboggan de Décines quant à lui rendra hommage au président du jury cannois George Miller avec une soirée rétrospective Mad Max (1 & 2) le samedi 21 à 18h suivie d’animations concoctées par le ToboGanG ; tandis qu’au même moment le Ciné la Mouche de Saint-Genis-Laval projettera Mad Max Fury Road (choisissez votre épo

Continuer à lire

Dix concerts qui vont faire du bruit

MUSIQUES | Dans le landerneau des organisateurs de concerts, ce mois d'octobre 2015 est si dense en propositions qu'il est surnommé "Octobrute". Un nickname d'autant plus approprié qu'une bonne partie d'entre elles fait plus dans le jean élimé que dans la dentelle. Exemples contractuels.

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

Dix concerts qui vont faire du bruit

Valient Thorr / Broken Water On a découvert Valient Thorr par hasard, au détour d'un abattoir reconverti en squat de vikings. C'était à l'été 2014, on avait une bonne douzaine d'années de retard sur le reste de la population mondiale – du moins celle assez sensible au high energy rock'n'roll pour s'organiser en chapitres – mais qu'importe : rarement a-t-on vu musiciens faire montre d'autant d'engagement que ces Américains aux bonnes trognes... ben d'Américains. Au point de descendre, entre deux riffs taillés pour faire imploser les jukeboxes des restoroutes, faire du rameur dans la fosse. [+ Child + Black Bone] Au Warmaudio jeudi 15 octobre On a déploré la brouille de Frank Black et Kim Deal. On a chouiné à l'idée que Thurston Moore et Kim Gordon les imitent – et ils ont fini par le faire, les salauds. Puis est apparu Broken Water. C'était en 2010 avec Whet, un premier album qui voyait ce très revendicatif trio mixte d'Olympia (des droits des femmes à la surveillance généralisée, ce ne sont pas

Continuer à lire

Christophe Gans invité d'Hallucinations collectives

ECRANS | Il faut l’avouer, Christophe Gans a longtemps été un de nos héros. De ceux qui nous ont fait découvrir des cinéastes majeurs comme Carpenter, Friedkin, Tsui (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Christophe Gans invité d'Hallucinations collectives

Il faut l’avouer, Christophe Gans a longtemps été un de nos héros. De ceux qui nous ont fait découvrir des cinéastes majeurs comme Carpenter, Friedkin, Tsui Hark et qui nous ont donné envie d’écrire sur le cinéma. Et une fois cet ancien journaliste de Starfix passé derrière la caméra, il nous a fait croire que le cinéma de genre s’était trouvé en France un styliste majeur. Aussi, lorsque nous sommes sortis dépités de La Belle et la Bête, le sentiment était celui d’avoir tué le père, avec ce que cela implique de mélancolie et de culpabilité. Heureusement, grâce à Hallucinations Collectives, tout est pardonné : en l’invitant à choisir trois films pour une carte blanche résolument surprenante, le festival prouve que Gans est resté un cinéphile pointu prêt à se faire le défenseur de toutes les formes d’innovations en matière de mise en scène — on n’a pas oublié par exemple ses visionnaires analyses à la sortie d’Avatar. I

Continuer à lire

Exodus : Gods and Kings

ECRANS | Ridley Scott réussit là où Darren Aronofsky avait échoué avec "Noé" : livrer un blockbuster biblique où la bondieuserie est remplacée par un regard agnostique et où le spectacle tient avant tout dans une forme de sidération visuelle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 décembre 2014

Exodus : Gods and Kings

2014 restera l’année où les artistes agnostiques et athées se sont penchés sur les textes religieux pour en offrir une lecture rationnelle, intime ou réaliste. Emmanuel Carrère dans Le Royaume, Alain Cavalier dans Le Paradis et aujourd’hui Ridley Scott avec Exodus empoignent chacun à leur façon cette matière comme une source féconde de romanesque et de spectacle, tout en maintenant la distance avec leur caractère sacré. Dans le cas de Scott, c’est rien moins que les épisodes-clés de la Bible où Moïse choisit de libérer le peuple juif et de le conduire jusqu’à la terre promise qui forment le cœur de son blockbuster. Dans un premier temps, le récit dessine un trajet au personnage qui rappelle celui du général Maximus dans Gladiator : frère d’armes du futur pharaon Ramses (Joel Edgerton, looké façon Brando période Kurtz / Apocalypse Now), Moïse (Christian Bale, entre beau

Continuer à lire

Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

ECRANS | La saga Alien proposée pendant toute une nuit à la Halle Tony Garnier est non seulement l’occasion de revoir une des franchises les plus stimulantes du cinéma de SF américain, mais aussi la possibilité de constater les premiers pas de quatre cinéastes importants, tous représentatifs des évolutions récentes du style hollywoodien.

Christophe Chabert | Lundi 13 octobre 2014

Lumière 2014 : Alien, une histoire de cinéastes

1979 : Alien, Ridley Scott Alors que les golden boys du Nouvel Hollywood connaissent des fortunes diverses — gloire pour Spielberg et Lucas, temps difficiles pour Coppola et Cimino, vitesse de croisière pour De Palma — les studios découvrent les vertus d’une génération d’Anglais venus de la pub et du clip : Alan Parker, Adrian Lyne et enfin Ridley Scott, peu de temps avant son frère Tony, passent à la mise en scène de cinéma. Scott, remarqué pour le beau Duellistes, se retrouve aux manettes d’Alien et invente le film d’horreur galactique, à la direction artistique impeccable, misant sur le suspense et la suggestion, montrant des ouvriers de l’espace aux prises avec un monstre viscéral. Les inoubliables visions de ce premier film ont posé la mythologie Alien : les face huggers, l’accouchement abdominal de la bête et, moins horrible, Sigourney Weaver en survivante sexy et virile. 1986 : Aliens, le retour, James Cameron Cameron sort du succès surprise de Terminator et empoigne cette suite pour en faire un film raccord avec l’état d’esprit du cinéma américain des années 80 : un Vi

Continuer à lire

5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

Continuer à lire

Le classique aux trousses

ECRANS | La rentrée cinéma, c’est aussi celle du cinéma de patrimoine. Et il y en a partout : à l’Institut Lumière, chez UGC, dans les salles du GRAC… Du rare, du classique, des incontournables : que du bon ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Le classique aux trousses

Qui dit cinéma de patrimoine dit la désormais incontournable Ciné-Collection, soit un classique qui circule chaque mois dans salles (indépendantes) du GRAC, à Lyon et dans l’agglomération. Joli programme, cette saison encore, d’un bel éclectisme, qui débutera avec La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, qu’on ne présente plus — enfin, on le fera quand même la semaine prochaine ! et qui se poursuivra en octobre avec la grande redécouverte de l’été cinématographique : Seconds de John Frankenheimer. Film inouï, renversant, qui en 1966 passait au crible d’un thriller paranoïaque l’illusion de la deuxième chance américaine, miroir aux alouettes que le cinéaste transforme en cauchemar halluciné par une mise en scène multipliant les déformations d’image et les audaces graphiques — notamment une scène de bacchanales qui repousse les limites de la censure en matière de nudité. Tout aussi essentiel, Johnny Got his Gun, seul film réalisé par le scénariste blacklisté Douglas Trumbo, prendra la suite en novembre, au pic des commémorations de la Première Guerre mondiale. C’est le contexte du film, mais son

Continuer à lire

Cartel

ECRANS | La rencontre entre Cormac McCarthy et le vétéran Ridley Scott produit une hydre à deux têtes pas loin du ratage total, n’était l’absolue sincérité d’un projet qui tourne le dos, pour le meilleur et pour le pire, à toutes les conventions hollywoodiennes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 12 novembre 2013

Cartel

Il y a sans doute eu maldonne quelque part. Comment un grand studio hollywoodien a-t-il pu laisser Cormac McCarthy, romancier certes adulé mais absolument novice en matière d’écriture cinématographique, signer de sa seule plume ce Cartel, le faire produire par la Fox et réaliser par un Ridley Scott réduit ces dernières années à cloner sans panache ses plus grands succès (Robin des Bois, sous-Gladiator, Prometheus, sous-Alien…) ? Le film est en tout point fidèle à la lettre et à l’esprit de ses œuvres littéraires : omniprésence de la corruption morale, déliquescence d’un monde livré à la sauvagerie et s’enfonçant dans une régression inéluctable vers le chaos, voilà pour l’esprit ; pour la lettre, c’est là que le bât blesse, tant McCarthy se contrefout éperdument des règles élémentaires de la dramaturgie cinématographique. Pas d’expositions des personnages, de longues conversations plutôt virtuoses dans leur façon d’exprimer les choses sans vraiment les nommer, mais qui versen

Continuer à lire

Prometheus

ECRANS | Se voulant un retour aux origines de la saga "Alien", "Prometheus" est surtout une impasse pour Ridley Scott, tiraillé entre l’envie de retrouver sa splendeur graphique des débuts et son désir de rivaliser avec les blockbusters d’aujourd’hui. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 31 mai 2012

Prometheus

L’attente disproportionnée qui a entouré Prometheus, de l’annonce du projet (une prequel d’Alien) à ses nombreux changements d’horizon («l’invention d’une nouvelle mythologie») ne sont peut-être pas pour rien dans la déception éprouvée à la vision du film. Qui ne commence pourtant pas si mal… Pour la première fois, Ridley Scott s’essaie à la 3D et les images d’introduction, travellings aériens survolant une nature majestueuse, loin du space opera attendu, ont de l’allure. Même l’étrange géant diaphane qui se décompose au contact d’une substance noire et liquide, désintégrant jusqu’à son ADN, permet à Scott de déployer une certaine maestria visuelle. Quand le film s’envole dans l’espace avec une troupe de scientifiques et de grouillots au panel très Benetton, on y croit encore. Scott glisse par exemple une idée étonnante : l’androïde David, interprété par Michael Fassbender (curieux, tout de même, d’avoir confié à l’acteur le plus physique et sexuel du moment un personnage robotisé et désincarné), choisit son look en référence à Peter O’Toole dans Lawrence d’Arabie. Comme si, autant que d’expliquer les fondements de la

Continuer à lire

Reprises à l’italienne

ECRANS | Même si l’été cinématographique sera sans doute un des plus riches en nouveautés excitantes, le programme des rééditions en copies neuves n’est pas mal non plus, et sera placé sous le signe de l’Italie. CC

Christophe Chabert | Vendredi 10 juillet 2009

Reprises à l’italienne

Pendant longtemps, l’été au cinéma était l’occasion de revoir ses classiques, les distributeurs n’osant pas déranger les vacanciers avec des nouveautés tapageuses (par crainte, aussi, de les envoyer au casse-pipe commercial). Les mœurs ont changé, la tradition s’est perdue, avant de revenir en force durant les années 2000. Maintenant, films anciens et films récents coexistent harmonieusement sur les écrans ; certaines salles en font même un pilier de leur programmation estivale. Exemple lyonnais : le Comœdia qui, après avoir vaillamment labouré le sillon du cinéma américain des années 70, change de destination cette saison et se tourne vers l’Italie. En point d’orgue, la rétrospective des premiers films signés Nanni Moretti (lire portrait en page 20) ; autour, une série de films rares ou bien connus, mais toujours bienvenus (de nouveau) sur un grand écran. Noir, c’est noir (mais ça peut être drôle, aussi) Ça commence fort avec Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini. Fort, c’est le moins qu’on puisse dire concernant cette adaptation de Sade transposée dans la République fasciste de Salo, où des notables décaden

Continuer à lire

Mensonges d’état

ECRANS | À travers une complexe histoire d’espionnage au Moyen-Orient, Ridley Scott tente d’analyser le cynisme de la CIA dans sa lutte contre le terrorisme. Mouais… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 3 novembre 2008

Mensonges d’état

Ridley Scott enchaîne à une vitesse fulgurante les films, passant sans transition d’une épopée médiévale (Kingdom of heaven) à une comédie légère (Une grande année) puis à une fresque sur le gangstérisme (American gangster). À la vision de ce Mensonges d’état, on serait tenté de lui dire de calmer le jeu, tant il donne l’impression de manquer de recul, hésitant entre blockbuster d’espionnage et réflexion politique, perdant sur les deux tableaux de la clarté et de l’efficacité. Le film montre comment un agent de la CIA piste à travers le Moyen-Orient un djihadiste responsable d’une vague d’attentats en Europe. La première partie le montre au cœur d’une action qu’il tente de maîtriser, épié dans ses moindres faits et gestes par un supérieur pratiquant un trouble jeu. C’est la meilleure piste du début : le grand écart entre la confusion que vit Ferris sur le terrain et la froide machinerie des écrans de surveillance, à la précision millimétrée comme un wargame sur Playstation. Duplicité redoublée par l’opposition entre Di Caprio, qui abîme à nouveau sa gueule d’ange à coups d’hématomes, de cicatrices et de plaies,

Continuer à lire