Festival Lumière : qui pour accompagner Wong Kar-wai ?

La Programmation Dévoilée | À cinq semaines de l’ouverture du grand rendez-vous du film classique, la liste (presque) définitive des programmations et des premiers invités est tombée. Du 14 au 22 octobre, vous allez croiser du beau monde dans les salles…

Vincent Raymond | Jeudi 7 septembre 2017

On savait déjà depuis juin que Wong Kar-wai serait présent — logique, il est récipiendaire du Prix Lumière —, tout comme Georgio Moroder ; que Tilda Swinton, Diane Kurys et Guillermo del Toro feraient escale pour une masterclass. Et que Bertrand Tavernier viendrait avec un assortiment de westerns classiques… Le temps est venu d'en annoncer davantage. Par exemple, que del Toro fera l'objet d'une Nuit le soir de l'ouverture à l'Institut Lumière avec Le Labyrinthe de Pan, Hellboy, Cronos et Pacific Rim. Un concentré de fantastique qui vous dispensera de rêver, voire de cauchemarder, pendant quelques semaines.

Il ne sera pas le seul cinéaste mexicain à être honoré : Alfonso Cuarón est de retour au festival Lumière pour présenter La Fórmula Secreta de Rubén Gámez, mais aussi à l'occasion de la Nuit “Dans l'espace” à la Halle Tony-Garnier samedi 21 octobre, où seront projetés son satellisant Gravity, ainsi que Interstellar, Star Trek et Seul sur Mars. L'atterrissage le lendemain sera difficile.

William, Michael, Nicolas, Anna et Jean-François

Un autre lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur est attendu pour une masterclass (jeudi 19) : William Friedkin. On se réjouit de (re)découvrir sur grand écran les films qu'il a signés durant sa décennie prodigieuse, de French Connection (1972) à Cruising (1980), en passant par L'Exorciste (1973) et Sorcerer (1977). Tir groupé de rigueur le temps d'une nuit vendredi 20.

Puisqu'on parle de gros pistolet, les amateurs de polars seront servis avec l'invitation faite à Michael Mann, à l'occasion de la restauration en 4K de Heat (1995). C'est l'Auditiorium qui a été retenu pour le recevoir dimanche 15 — seul pour le moment : Bob et Al ne sont pas annoncés.

Un autre habitué va jouer les programmateurs : Nicolas Winding Refn, alias NWR, pour deux rééditions Night Tide de Curtis Harrington (1961) et The Nest of the Cuckoo Birds de Bert Williams (1965). C'est pour ce genre d'interventions cinéphiles (telles que les pratique Tarantino lorsqu'il vient en vacances à Lyon) qu'on aime ce festival, ainsi que pour ses surprises : NWR pourrait bien profiter du déplacement pour parler de ses projets en cours…

Un autre amateur de cinéma étrange, mais à la française cette fois-ci, bénéficiera d'une intégrale en sa présence : le réalisateur Jean-François Stévenin. Comédien prolifique, cet ancien assistant de Truffaut a réalisé trois longs-métrages décalés et décapants, sur lesquels il reviendra mardi 17 : Passe-montagne, Double-Messieurs et Mischka.

La défection Godard sera joliment compensée par l'interprète de ses grandes années, Anna Karina. La comédienne présentera Une femme est une femme sa première réalisation, Vivre ensemble (1973) mais aussi un documentaire que son compagnon le réalisateur Dennis Berry lui a consacré, Anna Karina souviens-toi.

Si la clôture est prévue autour de In the Mood for Love, le “tube” de Wong Kar-waï, le mystère plane encore sur le film d'ouverture ainsi que sur l'invité·e d'honneur qui accompagnera cette première séance. Nul doute que la lumière viendra bientôt de l'Institut homonyme…

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Guillermo del Toro : « Le genre de mon film ? Un film de moi ! »

Festival Lumière | Lion d’Or à Venise pour La Forme de l’eau, Guillermo del Toro fait escale au Festival Lumière ce week-end pour présenter une sélection de ses œuvres de chevet. Il en profitera pour montrer en avant-première sa romance fantastique entre un homme aquatique et une femme de ménage muette…

Vincent Raymond | Samedi 14 octobre 2017

Guillermo del Toro : « Le genre de mon film ? Un film de moi ! »

Quand vous avez reçu votre Lion d’Or, vous avez dit « Si vous restez pur et fidèle à ce que vous croyez — et pour moi ce sont les monstres —, alors vous pouvez faire ce que vous voulez ». D’où vous vient cette fascination pour les monstres ? Guillermo del Toro : Tout d’abord, je veux revenir sur cette phrase : à Venise, ils avaient traduit « monsters » par « mustard », c’est-à-dire « moutarde » (rires), trouvant que c’était une métaphore géniale : « il aime les condiments ». Mais sinon pour moi, ça a commencé tôt, presque au berceau, quand j’avais deux ans. Mon psy dit que c’était un mécanisme d’inversion, tellement j’était tellement effrayé d’être né. Quand j’étais gosse, je me sentais étrange. Déjà, j’étais incroyablement mince — si si —, mes cheveux étaient extrêmement blonds, presque blancs, et j’étais tellement timide que je boutonnais ma chemise jusqu’au col. Je me battais si fréquemment que j’ai commencé à prendre du poids pour être capable de me défendre. Alors forcément, j’éprouvais de l’empathie pour les monstres : je voyais la cr

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Hello et Goodbye, Mister Wong

Festival Lumière | Adoucir le moment des adieux par un nuage de beauté et d’évanescence… Dimanche après-midi, quand viendra (déjà) l’heure de saluer Wong Kar-wai et de le (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Hello et Goodbye, Mister Wong

Adoucir le moment des adieux par un nuage de beauté et d’évanescence… Dimanche après-midi, quand viendra (déjà) l’heure de saluer Wong Kar-wai et de le remercier de sa présence à Lyon, le public de la Halle Tony Garnier pourra en guise de consolation appliquer sur ses yeux embués cet élixir visuel qu’est In the Mood for Love (2000) — au risque de verser quelques larmes. Mais avant cette projection de clôture, l’homme aux lunettes noires aura promené sa silhouette vendredi de la scène du Théâtre des Célestins pour sa masterclass à l’Amphi 3000 de la Cité Internationale pour la remise solennelle de son Prix Lumière, suivie de la projection des Anges déchus (1995). Et samedi, il aura sacrifié au rite du tournage d’une Sortie d’usine, rue du Premier-Film. D’autres rendez-vous marquent la fin de la décade prodigieuse. On ne reviendra pas sur la visite d’Anna Karina (rencontre et projections notamment de son film

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Festival Lumière : Godard se fait la belle

Festival Lumière | L’un des programmes les plus ambitieux de cette 9e édition du Festival Lumière (du 14 au 22 octobre prochains) n'a pas survécu à l’été : la première (...)

Vincent Raymond | Jeudi 31 août 2017

Festival Lumière : Godard se fait la belle

L’un des programmes les plus ambitieux de cette 9e édition du Festival Lumière (du 14 au 22 octobre prochains) n'a pas survécu à l’été : la première partie de l’Intégrale Godard — allant grosso modo pour les longs-métrages de À bout de souffle (1959) à La Chinoise (1967). On espère que cette annulation aussi subite que regrettable n’a rien à voir avec un veto du principal intéressé — connu pour ses redoutables mouvements d’humeur — et qu’elle annonce au contraire un événement encore plus prestigieux dans le futur. Le reste de la programmation sera, quant à lui, dévoilé lors des séances de présentation des 7, 9 et 12 septembre à l’Institut Lumière. Les spectateurs du Lumière Terreaux pourront néanmoins se consoler avec l’avant-première de l’évocation très réussie du “personnage” de Godard, croqué par Michel Hazanavicius dans Le Redoutable le lundi 4 septembre à 20h30. Ce sera le lancement des lundis d’avant-premières dans cette salle. Et là, il n’y aura pas de lapin…

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À l'Institut Lumière : L’Asiatique, le mystique et le caustique

Institut Lumière | Un mois et demi avant l’ouverture de sa 9e édition, le Festival Lumière présente un solide avant-goût de sa programmation à l’Institut homonyme. Mais pas que.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

À l'Institut Lumière : L’Asiatique, le mystique et le caustique

Révision générale. Par le passé, l’Institut Lumière a déjà anticipé un Festival en programmant dès septembre des films de (ou avec) son Prix Lumière. Mais c’était surtout parce qu’ils ne figuraient pas dans le tableau final des projections. 2017 semble opérer un changement radical en proposant rien moins que cinq longs-métrages de Wong Kar-wai (soit la moitié de son œuvre) et deux conférences pour se remettre dans le bain. Des films de la première partie de sa carrière, scandant les années 1990 (de Nos années sauvages à Happy Together), qui l’ont inscrit avec insistance comme figure originale d’un renouveau du cinéma asiatique — et en définitive, mondial. Cette mise en bouche délestera les salles bondées durant la semaine festive, encourageant le public à découvrir des productions plus rares. Pour accompagner ces flamboyants zakouskis, deux comètes dont les univers sont aussi opposés que l’influence sur leurs confrères et consœurs considérable : u

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Prix Lumière 2017 : Wong Kar-wai et les autres

Festival Lumière | Retour aux fondamentaux pour le Prix Lumière 2017 : un cinéaste sera récompensé le 22 octobre prochain à Lyon et il s’appelle Wong Kar-wai.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juin 2017

Prix Lumière 2017 : Wong Kar-wai et les autres

On ne vous fera pas lanterner comme le patron de l’institut Lumière, qui avec son affable et coutumière cruauté a fait durer le suspense 90 minutes en truffant sa présentation de force anecdotes, digressions ou boutades : Wong Kar-wai sera le 9e récipiendaire du Prix Lumière. Un choix audacieux qu’il convient tout d’abord de saluer : à présent que le Festival est installé, avec des spectateurs·rices fidélisé·e·s et acquis·es à sa cause, il peut user de sa jeune notoriété pour célébrer des personnalités moins “évidentes” que Catherine Deneuve. Pour quitter l’axe Europe-Amériques. Et populariser le travail d’un artiste à la carrière plus discrète ayant cependant exercé une influence considérable sur ses contemporains. Car même si le monde entier a succombé à son hypnotique “hit” In the Mood for Love (2000), dont la rythmique visuelle et musicale est immédiatement reconnaissable par le grand public, l’œuvre du cinéaste shanghaïen appartient à un registre plus art et essai. Grâce à ce Prix, le grand public aura ainsi l’occasion de découvrir non seulement l’intégralité de ses

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Wong Kar-wai, prix Lumière 2017

Festival Lumière | le prix Lumière sera décerné cette année au réalisateur Hong-kongais Wong Kar-wai !

Lisa Dumoulin | Jeudi 15 juin 2017

Wong Kar-wai, prix Lumière 2017

La nouvelle vient de tomber : le prix Lumière sera décerné cette année au réalisateur Hong-kongais Wong Kar-wai ! A L'origine du chef d'oeuvre In the mood for love, il a aussi réalisé 2046 et My Blueberry nights. Le Prix Lumière est attribué par l'Institut Lumière chaque année depuis 2009 à un(e) cinéaste pour récompenser une contribution exceptionnelle à l'histoire du cinéma. Wong Kar-wai fera donc suite à Catherine Deneuve l'an dernier, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et le tout premier, Clint Eastwood. le Festival Lumière se tiendra cette année du 14 au 22 octobre.

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