Ça commence aujourd'hui : "Ça" de Andrés Muschietti

ECRANS | de Andrés Muschietti (E-U, int.-12 ans, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Photo : © Warner / Brooke Palmer


1988. Sans le savoir, la petite ville de Derry abrite depuis des siècles dans ses égouts une créature protéiforme se déguisant en clown pour attraper ses proies : les enfants. Mais le Club des Ratés (des gamins considérés comme ringards), va oser affronter le monstre… et ses peurs.

Le public eût sans doute apprécié de savoir que cette (longue) adaptation de Stephen King ne couvrait que la moitié du roman : il faut en effet attendre le générique de fin pour découvrir un timide “Chapitre un”, promesse d'une suite. Oh, cela n'empêche pas de comprendre l'histoire, mais ne la boucle pas tout à fait. Et explique certainement que Muschietti se soit abandonné à un empilement de séquences répétitives, au lieu de chercher à concentrer l'angoisse.

Bien sûr, la qualité du script initial et des effets spéciaux rend le spectacle convenable ; les apparitions de Grippe-Sou le clown obéissent aux lois du genre (surprise, gros plans, zooms avant, fixité sardonique etc.) et sont donc d'une totale efficacité. Il manque cependant le pendant adulte à l'épopée de ces téméraires Goonies pour lui donner sa pleine épaisseur. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 27 ans pour la découvrir…


Ça

De Andy Muschietti (EU, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher...

De Andy Muschietti (EU, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher...

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Plusieurs disparitions d'enfants sont signalées dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Au même moment, une bande d'adolescents doit affronter un clown maléfique et tueur, du nom de Pennywise, qui sévit depuis des siècles. Ils vont connaître leur plus grande terreur…


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Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

Théâtre | Au Théâtre des Clochards Célestes, une radiographie douce-amère des couples d’artistes par deux comédiens et metteurs en scène : Joséphine Chaffin et Clément Carabédian.

Nadja Pobel | Vendredi 24 septembre 2021

Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

La profession de son épouse ? « Me rendre heureux » confie Gustav Mahler au micro de la radio imaginaire concoctée par l’autrice Joséphine Chaffin et le comédien (notamment pour Christian Schiaretti) Clément Carabédian. Durant une heure, ce duo signe aussi la mise en scène et explore de façon ludique, parfois légèrement didactique (comme durant le passage sur la féminisation des noms de métier) mais surtout habile la place de la créatrice en couple avec un créateur. Dans la peau de l’intervieweuse, Joséphine Chaffin ne questionne à son micro que des hommes. Malher voit en son épouse celle qui lui permet de se construire et non la compositrice qu’elle est aussi, Chopin s’agace : c’est lui qui a fait George Sand. Francis Scott Fitzgerald signe seul ce qu’il co-écrit avec son épouse Zelda. Niki de Saint-Phalle et Jean Tiguely établissent, eux, un rapport d’égalité. Dans un rythme enlevé (Beyoncé et Jay-Z passent aussi par ici, ainsi que Burton / Taylor, Varda / Demy…), les deux fondateurs de la compagnie Superlune maitrisent très bien la joute oratoire et la narration induite par la radio — passage d’an

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Célestins : "Skylight" de Claudia Stavisky, bataille rangée

Théâtre | Les acteurs ne peuvent pas tout. Si bons et engagés soient Patrick Catalifo et Marie Vialle dans la dernière création de Claudia Stavisky, Skylight, ils ne parviennent pas à gommer le simplisme du texte de David Hare.

Nadja Pobel | Mercredi 22 septembre 2021

Célestins :

« T’aurais pu réussir comme moi » lui lance-t-il au visage, le mépris en bandoulière qui ne le quittera pas. Tom, costard-cravate, la cinquantaine, vient de faire irruption chez Kira, vingt ans de moins. Durant six ans, elle fut son amante avant que l’épouse officielle — désormais défunte — du premier, amie de la seconde, ne découvre tout. Ils ne se sont pas revus depuis. Elle était serveuse puis gérante dans l’un de ses nombreux restaurants, la voici devenue prof auprès des gosses difficiles d’une banlieue londonienne. Elle aime écouter les gens dans son long trajet quotidien en bus pour prendre le pouls de la société post-thatchérienne ; lui s’énerve que ses nouveaux collègues, ces « petits cons formés en école de commerce », portent une Rolex. À chacun sa sensibilité. Jamais l’auteur David Hare ne cite l’ancienne Dame de fer dans ce texte dont la première a eu lieu en 1995 au National Theater de Londres, cinq ans après qu’elle a quitté le pouvoir. À cette époque, l’écrivain a perdu de sa verve passée, sa radicalité s’est émoussée. En 1970, il créé Slag

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"Candyman" de Nia DaCosta : double crochet du droit

Horreur | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini-Green autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés… Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long-métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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Lyon : festivals à gogo !

Cinéma | À peine sort-on des Hallus, avant de se jeter dans Lumière, voici qu’une nouvelle brassée de festivals jaillit, réclamant de notre part attention(s) et ubiquité. Un vrai problème de riche !

Vincent Raymond | Jeudi 23 septembre 2021

Lyon : festivals à gogo !

À tout seigneur, tout honneur : gros morceau de cette quinzaine, les 37e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (du 22 septembre au 5 octobre) se déploient au Zola comme l’an passé en version automnale afin de compenser l’ajournement du mois de mars — donnant, au passage, l’illusion que nous vivons un mois de mars austral. Dotés d’un imposant programme espagnol où les réalisatrices figurent à l’honneur (Icíar Bollaían pour La Boda de Rosa, Pilar Palomero pour Las Niñas, Paula Cons pour La Isla de las Mentiras etc.), nanti de son lot d’inédits et d’avant-premières (la sensation cannoise venue d’Haïti Freda de Gessica Geneus, Sentimental de Cesc Gay…), d’une compétition “premiers films”, de ses savoureux “minutos picantes“ agrémentant les avant-séances et des résonances dans les cinémas de l’agglomération, ces Reflets ne sont en rien l’ombre d’eux-mêmes ! Mais aussi… Engagée depuis le 17 septembre dernier, l’édition

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De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Ain / Rhône | Entre Jujurieux et Lyon se dessine une histoire autant industrielle que sociale autour de la soie. Balade en deux temps.

Nadja Pobel | Jeudi 23 septembre 2021

De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Soieries Bonnet - Jujurieux C’est une extension de ce qui se trame à Lyon, qui se trouve et se visite toujours à Jujurieux dans l’Ain (à 70 km de Lyon) sur les terres de l’écrivain et prix Goncourt de la poésie, Charles Juliet. En 1835, l’entrepreneur Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) installe dans son village de naissance un véritable pensionnat-école, le premier du genre en France. Lui-même a appris le métier de tisseur à Lyon avant de devenir fabricant dans le quartier des Terreaux à 24 ans. Dans l’Ain, il va faire travailler jusqu’à 2000 personnes en même temps pour la filature, le moulinage et le tissage. À la fin du XIXe siècle, ce sont 800 ouvriers qui œuvrent de chez eux pour le dévidage des cocons et 1200 sur place — dont 800 jeunes filles dès 12-13 ans, venues l’Ain, de Savoie voire l’Italie du Nord, placées par leur famille ou recueillies à l’orphelinat de l’hôpital lyonnais de la Charité (l'actuelle place Antonin Poncet : il n’en reste que le clocher). Bon

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Cité de la Gastronomie : ça cogite, ça cogite

Food | Le futur de la Cité de la Gastronomie ? Rendez-vous dans deux ans pour savoir. En attendant, on teste et on resserre le prisme sur l'alimentation pour en faire non plus un musée, mais un « lieu totem de la filière alimentaire ».

Sébastien Broquet | Mardi 7 septembre 2021

Cité de la Gastronomie : ça cogite, ça cogite

Toute la presse locale était conviée jeudi dernier au sein de la Cité de la Gastronomie par les services de la Métropole de Lyon, histoire d'en apprendre un peu plus sur l'avenir du lieu, dont la première incarnation voulue par la majorité macroniste d'alors et pilotée par l'opérateur espagnol MagmaCultura s'était soldée, comme le dit très bien Bruno Bernard, par un « fiasco » retentissant, laissant exsangue partenaires, mécènes et équipes. Le président de la Métropole s'est retrouvé dès son élection avec cet innattendu dossier sur les bras et on pouvait espérer au bout d'un an une vraie prise en main pour ce lieu emblématique et historique, situé en plein cœur de Lyon. Or, les idées pour incarner une vision patrimoniale, ce n'est visiblement pas le point fort des écologistes : du côté de la Ville, on ne sait toujours pas trop quoi faire de l'ancienne école des beaux-arts et du Musée Guimet, par exemple. Le projet Fagor-Brandt reste flou. Et pour la Cité de la Gastronomie... Eh bien, ça reste flou aussi. Bruno Bernard, accompagné de son vice-président en charge de l'agriculture et l'alimentation Jérémy Camus,

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10 spectacles à réserver pour la saison à Lyon

Théâtre | Immanquables ? Assurément. Voici 10 pièces de théâtre pour lesquelles il faut absolument réserver cette saison dans la Métropole lyonnaise. Sélection.

Nadja Pobel | Mercredi 8 septembre 2021

10 spectacles à réserver pour la saison à Lyon

Love Trois ans que l’on attend de revoir ce Love depuis qu’il était passé au CDN de Valence dans la foulée de Paris. Ce travail du Britannique, auteur et metteur en scène Alexander Zeldin nous convie sur le palier d'un étage de logement social. Un quadra y vit avec sa mère incontinente, une famille d'immigrés tente d’y nourrir correctement ses enfants. Des hommes sans papier passent par là. Les langues se mélangent, les corps, dont aucun ne ressemble à celui d'un autre, se frôlent. L'amour déborde mais se heurte à la plaie béante qu'est la pauvreté. Cette grande pièce, déchirante et bouleversante, décalée par le Covid, trouvera enfin sa place à Lyon. Et c’est une joie. Aux Célestins du mercredi 3 au dimanche 7 novembre Pli Il y a eu la tornade de papier sous la verrière des Subs. Et il y a désormais les agrès de la circassienne israélienne Inbal Ben Haim. Tout dans Pli, créé la fois aux Subs et au centre chorégraphique de Grenoble auquel elle est associée, est fait de p

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5 étoiles au Festival Ninkasi

Festival | 7 jours, 33 artistes, 27 événements gratuits, répartis sur un territoire vaste comme son réseau de brasseries, le Festival Ninkasi est ras-la-gueule de festivités musicales. Et blindé d'artistes locaux, conformément à la politique maison menée par le grand mamamouchi Fabien Hyvernaud. On vous aide à y voir plus clair avec une sélection des 5 groupes à voir à Lyon et ses environs.

Stéphane Duchêne | Lundi 6 septembre 2021

 5 étoiles au Festival Ninkasi

Johnnie Carwash, c'est Cali « La Caaaalifoooorniiiie » hululait Julien Clerc. Johnnie Carwash nous la joue depuis Lyon en mode quatuor rock guitare-basse-batterie-coolitude absolue (la coolitude est surnuméraire, en vrai, ils sont trois). Son sec comme une trique, guitares coiffées-décoiffées, chant sans filtre (la voix très 90's de Manon, école Kim Deal/Tanya Donelly), avec trois bouts de ficelles DIY, Johnnie Carwash, auteur d'une belle cavalcade avec le EP Mom is a punk (ils ont donc de qui tenir), recrée une géographie, une époque et s'impose comme la formation lyonnaise la plus excitante du moment. Au bas mot. Mettre une pièce également sur Arabella en première partie, issu du Ninkasi Musik Lab. Au Ninkasi Gerland le jeudi 9 septembre à 20h30 Ulysse Von Ecstasy, psycho-folk

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Les 10 spectacles de danse à voir absolument cette saison à Lyon

Danse | Dix, seulement dix. Côté danse, voici nos incontournables pour lesquels il faut absolument réserver, au cœur d'une saison hétéroclite dans ses formes esthétiques et marquée par de nombreux grands noms de la danse contemporaine : Pina Bausch, Angelin Preljocaj, Ohad Naharin, Jiří Kylián, Maguy Marin et William Forsythe...

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 septembre 2021

Les 10 spectacles de danse à voir absolument cette saison à Lyon

Les dragons pop d’Eun-Me Ahn Pour la troisième fois, la Sud-Coréenne Eun-Me Ahn revient sur la scène de la Maison de la Danse… Avec à nouveau un spectacle un peu déjanté et à l’esthétique pop. Dragons réunit quatorze jeunes danseurs (dont six en hologrammes !) tous nés en 2000 (l’année du dragon pour l’astrologie chinoise), et se propose de dresser un portrait vitaminé et extravagant de l’Asie d’aujourd’hui et de demain. Eun-Me Ahn, Dragons À la Maison de la Danse les mardi 21 et mercredi 22 septembre Vania Vaneau en solo Originaire du Brésil, danseuse pour Maguy Marin ou Wim Vandeykebus (entre autres), Vania Vaneau s’est lancée dans la chorégraphie en 2014

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Stéphane Casez : « chez nous, vous allez vous marrer »

Café-Théâtre | À l’heure où les café-théâtres présentent leur nouvelle saison, Stéphane Casez, directeur des emblématiques Boui Boui, Rideau Rouge et Tontons Flingueurs, nous passe un coup de fil depuis sa galerie à Ibiza pour nous parler de ses trois salles lyonnaises.

Louise Grossen | Mardi 7 septembre 2021

Stéphane Casez : « chez nous, vous allez vous marrer »

Comment se portent financièrement vos trois salles au lendemain de la crise ? Stéphane Casez : Étonnement, plutôt bien. On a des chiffres équivalents à l’avant-crise en termes de fréquentation. On est très satisfait, même si on reste évidemment très prudent ! On ne sait jamais ce qui peut arriver, on l’a bien constaté cette dernière année. Tout est encore fragile. Quand ils ont annoncé la mise en place du passe sanitaire, on a eu une baisse de fréquentation immédiate, puis les gens sont peu à peu revenus. On s’est tellement habitué au chaos ambiant qu’on passe un été plutôt agréable ! Ça n’a pas été simple tous les jours, mais on a tenu le choc. Quid du public ? Il est au rendez-vous. Il semblerait que le public ait digéré le passe sanitaire très rapidement. On sent bien que les gens ont surtout envie de se marrer, et ça passe par une adaptabilité remarquable ! Tantôt on leur disait de garder le masque et de faire une chaise sur deux, tantôt il n'y avait plus de chaise et plus de masque, puis re des chaises... On a un public en or, qui sait que de toute façon le café-théâtre, c’est un peu rock’n'roll ! C’

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Colum McCann à Montluc

Prix Résistance et Liberté | Cette année, l'écrivain dublino-new-yorkais Colum McCann a remporté le Prix Montluc Résistance et Liberté pour son dernier roman Apeirogon. Un prix qui récompense (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 août 2021

Colum McCann à Montluc

Cette année, l'écrivain dublino-new-yorkais Colum McCann a remporté le Prix Montluc Résistance et Liberté pour son dernier roman Apeirogon. Un prix qui récompense chaque année un auteur interrogeant les pratiques de résistance à l'oppression sous toutes ses formes, ou dont l'œuvre constitue en elle-même un acte de résistance. L'auteur est convié à venir présenter ce livre sur le destin commun de deux pères, l'un israëlien, l'autre palestinien, tous deux déchirés par la perte de leurs filles respectives, de morts violentes causées par le conflit israélo-palestinien. Et qui décident de témoigner de leur expérience au monde. Un rencontre animée par Christian Schiaretti qui aura lieu au Musée National de la prison de Montluc le 3 septembre à 15 h et sera suivie d'une séance de dédicaces.

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Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Humour | Pour son troisième one man show, Réda Chéraitia livre un vrai-faux portrait de lui-même, ne s’épargnant pas et avec quelques piques bienvenues sur l’époque.

Nadja Pobel | Dimanche 22 août 2021

Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Voilà donc qu’il est vieux. Quadra (pas plus), le comédien entame son seul en scène par une entrée physique et tonitruante qui le met à genoux. Et de décliner ce qui se déglingue dans le corps tout en assumant le vocabulaire que les natifs du XXIe siècle ne peuvent pas comprendre, du temps où l’on faisait ses courses chez Mammouth, où l’on circulait en Renault 12 et où les Roms étaient des Romanichels. De sa vie « simple », il va pourtant tordre la réalité pour tenter le gore d’une adoption de lépreux et voir jusqu’où le public peut suivre. Et ça va loin. À l’image de ce que peut jouer Blanche Gardin, que le comédien cite volontiers comme référence à l’issue de la représentation. « L’âge n’a aucune importance » lui a dit un prof de théâtre. Il s’en souvient dans ce spectacle comme de ces trois années passées au Conservatoire régional de Normandie — cette ligne de son CV revient-là comme un gimmick. Et c’est aussi une façon de montrer qu’il ne s’enferme pas dans une case, puisqu’il ne cesse d’alterner les one-man (son précédent, Stand by, créé il y a dix ans tourne encore) avec du théâtre musical comme Ceci n'est pas un

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Festival Lumière : hello, Sydney Pollack !

Festival Lumière | Officiellement, le programme s’en tient toujours à ses premières annonces : Prix Lumière dévolu à Jane Campion, ciné-concert autour du Casanova (1927) restauré (...)

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Festival Lumière : hello, Sydney Pollack !

Officiellement, le programme s’en tient toujours à ses premières annonces : Prix Lumière dévolu à Jane Campion, ciné-concert autour du Casanova (1927) restauré d’Alexandre Volkoff, ajout de Kinuyo Tanaka à la section Histoire permanente des femmes cinéastes. Si la rumeur bruisse de la projection du Van Gogh de Pialat restauré, le directeur artistique du Festival Lumière Thierry Frémaux a surtout glissé au détour d’une interview accordée à Variety de possibles compléments. D’abord, une rétrospective Sydney Pollack (1934-2008). Comédien, puis cinéaste et producteur de premier plan, l’éclectique réalisateur de Out of Africa (1985) ou de Tootsie (1982) a touché à tous les genres, y compris au documentaire sur la fin de sa carrière. Ensuite, un hommage à Léa Seydoux qui aurait dû en juillet d

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Villeurbanne : un appel à candidature pour les jeunes musiciens

Capitale de la Culture 2022 | Si émerger dans les musiques de jeunes comporte généralement une date limite (mais une fois que c'est fait on peut jouer les rock stars jusqu'à ce que mort (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 août 2021

Villeurbanne : un appel à candidature pour les jeunes musiciens

Si émerger dans les musiques de jeunes comporte généralement une date limite (mais une fois que c'est fait on peut jouer les rock stars jusqu'à ce que mort s'ensuive), il semblerait qu'il ne soit jamais trop tôt pour ce faire. C'est sans doute ce que pense la ville de Villeurbanne, désignée capitale française de la culture 2022, qui non seulement lance un appel à candidature autour des émergences musicales mais en plus le réserve aux jeunes gens âgés de 12 (!) à 25 ans, interprètes, compositeurs, groupes ou artistes solos de la métropole de Lyon, et tous genres musicaux confondus. Des tremplins musicaux seront ensuite organisés dans toute la ville avec pour but d'accéder au grand festival jeunesse qui se tiendra à la Feyssine en juin 2022.

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Monica Bellucci et Carole Bouquet : « on fait ce métier pour réaliser une partie des fantasmes de l’humanité »

Les Fantasmes | Duo vénéneux et de charme dans le film à sketches Les Fantasmes des frères Foenkinos, Carole Bouquet et Monica Bellucci incarnent un couple s’épanouissant en mêlant Eros et Thanatos. Une occasion d’évoquer avec elles et Stéphane Fœnkinos la question du fantasme…

Vincent Raymond | Lundi 16 août 2021

Monica Bellucci et Carole Bouquet : « on fait ce métier pour réaliser une partie des fantasmes de l’humanité »

Au générique, il est précisé que Les Fantasmes est une adaptation ; comment êtes-vous tombés sur l’original ? Stéphane Foenkinos : Ce sont les producteur Éric et Nicolas Altmayer qui sont venus avec ce projet. Mon frère David et moi, on était en train de travailler tranquillement sur un autre film et ils nous ont parlé d’un film australien sur le même principe — des gens qui se croisaient avec des fantasmes. Mon frère David m’a dit : « regarde ! ». C’était très drôle, très cru, mais je ne me voyais pas du tout faire un truc pareil. David l’a regardé et m’a dit : « t’es fou, c’est ça qu’on doit faire, mais on doit aller plus loin. » Et ça a été le défi : en fait, on en a conservé 10 ou 15%, mais on a étendu. La partie de Carole Bouquet et Monica Bellucci vient de notre âme très tourmentée (rires). Elles nous ont demandé : « mais comment vous avez sorti ça de votre tête ?! » Carole Bouquet : Mais c’est qu’il n’y avait pas que ça ! Ils nous ont raconté plein d’autres fantasmes ! Une liste impressionnante… Il y a vraiment de tout, ils sont vra

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"Les Fantasmes" des frères Foenkinos : six couples en quête d’ardeur

Comédie | Faut-il mettre du piment ou du sel sur sa vie de couple ? Et comment faire son conjoint ne partage pas les mêmes goûts ? Les frères Foenkinos s’attaquent à la drôle de cuisine des fantasmes amoureux dans un film à sketches où les uns mitonnent, les autres mythonnent…

Vincent Raymond | Lundi 16 août 2021

Six histoires où les relations amoureuses répondent à des impératifs différents de la “norme“ car l’un des partenaires (ou les deux) vit sa passion en assouvissant un jeu de rôle sexuel. Six sketches autour de fantasmes, de ce qu’ils provoquent au sein d’un ménage, mais aussi à l’extérieur… Rêve ou pulsion, le fantasme tient à la fois de l’idéal, de l’interdit ou de la transgression possible dont on ne sait jamais s’il faut, si l’on doit, la conserver comme une ligne d’horizon infranchissable ou bien l’assouvir. Parfait Janus, sa capiteuse ambiguïté le rattache autant à la séduction érotique mutuelle qu’à des formes de perversions inquiétantes qu’on n’aimerait pas croiser le soir dans une rue déserte. Bref, il est doté d’un spectre large et affriolant lui permettant d’être attaqué par la face nord du drame et de la perversion sinistre comme celle, plus légère, de la comédie ludique. Si telle est l’option retenue par les frères Foenkinos, ceux-ci ne se privent cependant jamais de recourir à l’humour noir-grinçant. L’on croise

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“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Cannes 2021 | Une réalisatrice sur l’île d’un réalisateur autofictionne sa relation avec un autre réalisateur et signe un film faisant penser à un autre réalisateur. On préfère le cinéma de Mia Hansen-Løve quand il s’intéresse aux histoires des autres qu’aux récits à peine transformés de sa propre existence.

Vincent Raymond | Vendredi 16 juillet 2021

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve : île en faut peu pour être Fårö

Chris et Tony, un couple de cinéastes, débarque sur Fårö, l’île où vécut Ingmar Bergman (et où demeure son empreinte) pour écrire, chacun s’attelant à son projet personnel. Entre les obligations liée à la résidence artistique de l’un, le désir (ou la nécessité) d’explorer l’univers bergmanien, les impasses narratives de l’autre, le couple perd un peu de son harmonie et la fiction contamine le réel… Un vent de déjà-vu traverse ce bien sage ego-fan-trip où Mia Hansen-Løve ne se donne pas vraiment la peine de dissimuler les visages derrières les personnages : Tony, c’est Assayas et Chris… eh bien c’est elle. Deux artistes ensemble, unis par le métier et une enfant, mais dissociés par l’impossibilité de construire conjointement une famille équilibrée et chacun leur œuvre. Une incapacité qui les rapproche de Bergman, ou du moins que Fårö semble révéler à Chris : quand Tony avance dans son écriture et est célébré par les insulaires, elle se trouve en proie aux doutes, aux atermoiements, son stylo tombant régulièrement (et symboliquement) en panne sèche…

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“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

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“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Comédie | Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“La Conspiration des belettes“ de Juan José Campanella

Dans une grande demeure à l’écart de la capitale argentine vit un ménage à quatre de vieilles gloires du cinéma qui s’insupportent mutuellement : un réalisateur, un scénariste, un comédien paraplégique ainsi que son épouse, actrice à la mémoire défaillante. Leur haine routinière est perturbée par l’irruption d’admirateurs : des agents immobiliers désireux de faire main basse sur leur bâtisse. Mais on ne s’attaque pas si aisément à des experts en construction dramatique… Jadis lauréat d’un Oscar pour un thriller politico-sentimental — Dans ses yeux — et vieux routier des plateaux étasuniens où il a tourné bon nombre de séries, Juan José Campanella concocte ici un délice de manipulation auto-réflexive et métafilmique jouant autant avec les règles du genre policier qu’avec le public. En découle une comédie noire sardonique très Sunset Boulevard sur les vieilles peaux encapsulées dans leur passé, une réflexion mélancolique sur l’éphémère de la séduction (et à ses faux-semblant troubles), ainsi qu’un éloge vachard et jouissif du pouvoir absolu de la création artistique,

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“Annette” de Leos Carax : noces de son

Cannes 2021 | Espéré depuis un an, le nouveau Carax tient davantage de la captation d’un projet scénique que de ses habituelles transes cinématographiques. Vraisemblablement nourrie de son histoire intime, cette mise en abyme du vampirisme trouble entre artistes, artistes et modèles, artistes et environnement familial dépose presque toute fragilité en multipliant les oripeaux chic, glamour et trendy. Parfait pour le tapis rouge de l’ouverture de Cannes ; moins pour l’émotion…

Vincent Raymond | Mercredi 7 juillet 2021

“Annette” de Leos Carax : noces de son

Figurer en ouverture sur la Croisette n’est pas forcément une bonne nouvelle pour un film. A fortiori cette année, après deux ans de disette. Car ce que le Festival attend de sa première montée des marches, c’est qu’elle amorce la pompe à coup de stars, de strass et de flashs fédérateurs. L’œuvre qui abrite ces premiers de cordée se trouve souvent reléguée à l’enveloppe de luxe et elle encourt surtout le risque d’être vite oblitérée d’abord par le reste de la sélection, puis par le tamis du temps — on n’aura pas la cruauté de rappeler quelques pétards mouillés du passé… Cochant les cases de la notoriété grand public et auteur, Annette souscrit également — on le verra — à d’autres paramètres prisés par les festivals : une dénonciation à travers la comédie musicale cinématographique de l’égotisme des gens de la “société du spectacle”, à l’instar du All That Jazz

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Jane Campion, 13e Prix Lumière

Festival Lumière | Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Jane Campion, 13e Prix Lumière

Le timing est bien choisi : tous les yeux sont braqués sur la Croisette où débute demain le 74e Festival de Cannes, et c’est vers octobre qu’on nous invite à nous projeter… Le 15, très précisément, date à laquelle la 13e récipiendaire du Prix Lumière recevra sa récompense à Lyon. Son nom vient d’être dévoilé : Jane Campion. La cinéaste néo-zélandaise continue d’ouvrir la voie en étant la première réalisatrice à figurer au palmarès, après avoir été la seule couronnée d’une Palme d’Or à Cannes (La Leçon de Piano, 1993, ex aequo avec Adieu ma concubine). Révélée dans la section Un certain regard en 1986 avec Two Friends en 1986, c’est avec Sweetie et surtout Un Ange à ma table (1990), biopic fleuve de Janet Frame qui révéla Kerry Flox qu’elle se fit connaître. Prolifique durant dix ans, où elle offre aux actrices du moment des p

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Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Street Art | Peinture Fraîche sera de retour à la Halle Debourg du 1er au 31 octobre 2021, pour une troisième édition sous le signe des nouvelles technologies, de l’écologie, des regards féminins et de l’abstraction. Les premiers noms viennent d’être dévoilés.

Sarah Fouassier | Mardi 29 juin 2021

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Le lieu du festival reste inchangé, mais la programmation sera, elle, entièrement renouvelée : vingt artistes locaux se joindront à vingt artistes internationaux et nationaux pour repeindre les murs de la Halle Debourg. La réalisation de chacune des œuvres sera filmée puis timlapsée — c’est-à-dire accélérée, afin de montrer au public, en quelques secondes, les conditions de réalisation. Ainsi seront dévoilées toutes les étapes du processus de production d’une œuvre. Ces vidéos seront visibles sur nos téléphones à l’aide de la réalité augmentée. Parmi les premiers noms révélés, on retrouve le Belge Ceepil et ses animaux en bandes qui paraissent comme emprisonnés dans une condition dont ils ne maîtrisent pas la destinée. L’Espagnol Angel Toren fera vivre au public une véritable expérience optique et numérique. Ses peintures murales mêlent tradition et innovation en jouant sur les lettrages, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Le Suisse Ygrek installera l’une de ses créations typographiques sur fil de fer qu’il expérimente depuis 2012, tandis que le Danois Dais

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Quais du Polar : un festival de littératures noires

Polar | Né en bord de Saône, Quais du Polar s’offre une résurrection post-Covid de luxe en bord de Rhône et à l’air libre. Coups d’éclats, de soleil et lunettes noires à prévoir.

Vincent Raymond | Lundi 28 juin 2021

Quais du Polar : un festival de littératures noires

À quelque chose, malheur est bon : forcée de se décaler à l’aube de l’été pour éviter la parenthèse covidienne, cette 17e édition de Quais du Polar s’est adaptée, démultipliant les interactions avec la ville et l’air libre. Point de Grande Librairie dans le Palais de la Bourse cette année, mais une farandole d’étals s’étirant quai Sarrail en face, le long du Rhône, à la manière des bouquinistes — c’est ici que les autrices et auteurs viendront dédicacer. Pas d’espace jeunesse en intérieur non plus : à l’instar de Lyon BD, le Parc de la Tête d’Or est réquisitionné pour accueillir les auteurs et leur public sur la pelouse des Ébats. Mais ce n’est pas tout : le festival a aussi créé de nouveaux formats, en théorie éphémères (2022 verra en effet le retour du festival à son calendrier normal) de “reconquête” de l’espace public. En plus de la traditionnelle Grande Enquête signée Christelle Ravey, saluons notamment l’hommage

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Quais du Polar : Cantaloube Island

Série Noire | Héritier de la veine politique et sociale qui a marqué le polar français moderne, Thomas Cantaloube, désormais entièrement tourné vers la fiction, publie une seconde Série Noire scotchante, Frakas.

Sébastien Broquet | Vendredi 2 juillet 2021

Quais du Polar : Cantaloube Island

Deux romans seulement. Mais c'est une nouvelle voix qui compte dans le polar français, tendance politico-sociale, héritage Pouy-Daeninckx, où l'on explore les tréfonds de la politique et creuse du côté des officines style SAC, tout en scrutant l'arrière-cour des grands faits historiques du pays — comme dans Meurtres pour mémoire du suscité Didier Daeninckx, car ici aussi, Maurice Papon traîne dans le paysage de Requiem pour une république. Et c'est Jacques Foccard, le monsieur Afrique du général De Gaulle, qui prend la lumière sur ce second volet, suite habile baptisée Frakas, tableau forcément sombre d'une Françafrique tordue, manipulatrice, meurtrière, alors naissante dans la foulée des indépendances qui se succédent sur le grand continent. Cette voix, c'est celle de Thomas Cantaloube. Ancien grand reporter ayant œuvré pour les Cahiers du Cinéma comme pour L'Humanité, dont il fût longtemps le correspondant aux États-Unis avant d'aller enquêter un peu partout sur la planète, il quitta le journal communiste en 2001, participa à la

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Jeune création : les Mondes d'après

Politique Culturelle | Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet, vient d'intégrer, avec entre autres Bruno Messina du festival Berlioz, le comité artistique chargé de mener à bien "l'appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs" lancé par le gouvernement dans le cadre du volet culturel du plan de relance. Un programme de soutien à la conception et à la réalisation de projets artistiques originaux doté d'un budget de 30 millions d'euros. Explications.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 juin 2021

Jeune création : les Mondes d'après

Déjà évoqué, et même promis, il y a presque un an dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a lancé le 22 juin son appel à manifestation d'intérêt à destination des jeunes créateurs baptisé "Mondes nouveaux". Un programme doté de 30 millions d'euros (sur les 2 milliards du plan de relance dévolus à la culture) qui doit permettre à « des artistes ou collectifs d'artistes, français ou résidents en France » de concevoir des projets artistiques dans un éventail de disciplines telles que le spectacle vivant, les arts visuels, la musique, les écritures, le design et les métiers d'art. Des projets qui se feront, non pas au sein de lieux constitués de la culture (musées, centres chorégraphiques...), mais dans des lieux du territoires, par exemple en résonance avec des sites du patrimoine architectural et historique tels que gérés par le Centre des monuments nationaux ou avec des sites naturels placés sous la responsabilités du Conservatoire du Littoral, tous deux associés à cet appel. Les projet

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Micro Sillon, ça tourne rond

Cave à Manger | ​Précédemment, on évoquait l'alliance entre vinyles et vins natures : ça se passait chez Satriale, dans les Pentes. Cette semaine, une cave (nature encore, dans le 1er toujours, mais où l'on mange, cette fois) a ouvert à l’enseigne Micro Sillon. Point cette fois d’histoire musicale. Mais une référence à un sacré épisode de la jeune bouffe lyonnaise. Remember 2014…

Adrien Simon | Mercredi 30 juin 2021

Micro Sillon, ça tourne rond

Cet énième déconfinement a vu les terrasses ressortir, et ressurgir des souvenirs. Jusqu'en -2 avant Covid, il y eut un resto qui replaça Lyon sur la carte du manger et du cool : le Café Sillon, né en 2014 — prix du Fooding dans la foulée. L'apothéose ? Une folle nuit, en clôture du festival Attable. Dans les cuisines de ce néobistrot du 7e se réunirent, jusqu'à tard, un bataillon de chefs stars (Troisgros père et fils, Carrette, Grébaut, Aizspitarte). Quelques mois plus tard, bim, le Sillon fermait. Et son chef, Mathieu Rostaing-Tayard, disparaissait des radars. La rumeur dit qu'il reprend du service. Mais du côté de Biarritz… Le Pays Basque n'est pas lyonnais, alors comment le fantôme du Sillon fait-il pour venir hanter Lyon en ce début d’été ? Mory Sacko disait dans notre dernier numéro qu’un resto ne saurait se réduire à sa nourriture. Qu'un resto ne tient pas que par un chef. Au Sillon, au côté de Mathieu,

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"Présidents" d'Anne Fontaine : vieilles choses publiques

Comédie | Enchaînant films et sujets opposés, Anne Fontaine s’attaque après Police à l’étage supérieur : le pouvoir suprême et ceux qui l’ont exercé… lorsqu’ils en sont dépossédés. Entre fable et farce, une relecture des institutions et de l’actualité politique bien plus intéressante que ce que les teasers-sketches laissaient supposer…

Vincent Raymond | Mercredi 30 juin 2021

Reconverti en homme d’intérieur dépressif, l’ex président Nicolas S. prend pour prétexte la popularité grandissante de la candidate d’extrême-droite pour partir en Corrèze afin de convaincre son ancien adversaire et successeur François H. de monter un nouveau parti avec lui. La cohabitation sera d’autant plus rude qu’ils sont opposés en tout, et que leurs compagnes s’invitent dans la campagne… Une évidence en préambule : sur les arcanes de la Ve République — et ses bruits de cabinet, diront les mauvaises langues — il sera difficile de parvenir un jour à se montrer plus complet que le magistral L’Exercice de l’État de Pierre Schoeller. Rien n’empêche toutefois d’attaquer le sujet par la bande, en se focalisant sur des espèces s’ébattant dans cet écosystème. Tels les Présidents du film homonyme d’Anne Fontaine construit comme une fable dont les protagonistes ne seraient pas de grands fauves, mais deux ex éconduits par leur bien-aimée, trompant ensemble leur déni dans l’illusoire espoir d’une reconquête. Sauf que la belle, de plus en plus v

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Summer Camp : le Zola passe la deuxième

Villeurbanne | On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de (...)

Vincent Raymond | Lundi 5 juillet 2021

Summer Camp : le Zola passe la deuxième

On ne change pas une formule qui gagne… sauf pour l’améliorer. C’est en substance le parti-pris du Zola à l’occasion de son deuxième Summer Camp. Du fait de la densité de l’actualité cinématographique alimentée par le Festival de Cannes d’une part et les “réserves” accumulées pendant les confinements de l’autre, cette session s’offre jusqu’au 1er août un joli strabisme en conjuguant regard rétrospectif ET suivi des sorties, sans jamais cesser de créer des passerelles ni des événements. Qu’on en juge : une soirée Satoshi Kon en sa présence (et trois films, dont un surprise), soirée David Robert Mitchell (avec It Follows et Under The Silver Lake), un cycle Kelly Reichardt (une quasi intégrale, avec First Cow en avant-première), un autre consacré à Takeshi Kitano (dont Sonatine et Kids Return), un focus road movie montrant que le genre va des légendaires Zabriskie Point

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Les Alizés toujours dans la tourmente

Bron | Une semaine après nos révélations sur la situation compliquée affectant le cinéma municipal brondillant, l’incertitude est plus que jamais à l’affiche des Alizés. Et l’inquiétude de plus en plus grande du côté des salariés, des spectateurs et des professionnels du cinéma locaux…

Vincent Raymond | Lundi 21 juin 2021

Les Alizés toujours dans la tourmente

D’habitude, c’est sur l'écran que l’on voit des rebondissements rapides. Pas autour. Pourtant, aux Alizés, les coups de théâtre affectent bien les murs de la salle. Pas le bâti, non — enfin, pas pour le moment —, mais bien ceux qui font tourner ce cinéma quadragénaire. La semaine dernière, on apprenait que la Ville de Bron par la bouche de son maire Jérémy Bréaud (LR) avait annoncé qu’elle envisageait de retirer à l’association Les Amis du cinéma la gestion des Alizés (dont elle possède les murs) pour mettre l’établissement en DSP (délégation de service public). Une décision très politique qui inquiétait les salariés, sans étonner la présidente de l’association, Manon Vialle, qui évoquait même la possibilité de participer au cahier des charges permettant de lister les critères pour désigner le candidat à la fameuse DSP… sans exclure de présenter la candidature de l’association, sous réserv

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Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pixar | Le réalisateur du nouveau Pixar (exclusivement visible en streaming sur Disney+) évoque quelques-unes des inspirations ayant guidé son trait et sa palette vers cet univers bariolé peuplé de monstres marins et d’une Italie idéale : celle de la Dolce Vita et des côtes. Propos rapportés.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Enrico Casarosa, réalisateur de “Luca” : « je m’identifie beaucoup à Miyazaki »

Pourquoi cette décision de réaliser le film dans un décor du littoral Italien ? Enrico Casarosa : J’ai eu la chance de grandir à Gênes. J’ai passé tous mes étés sur le littoral Italien, en compagnie de mon meilleur ami qui s’appelait vraiment Alberto. Nous avons sauté des falaises pour plonger dans la mer ensemble… Enfin, il m’a surtout poussé ! Le littoral en Ligurie a une cote particulière, très escarpée : les montagnes paraissent s’élever droit au-dessus de l’océan. Et j’ai toujours aimé tout particulièrement les Cinque Terre. On dirait que ces cinq petites villes viennent de sortir de la mer et s'accrochent à la montagne afin de ne pas tomber. C’est un lieu vraiment unique, qui me semblait l’endroit idéal pour rendre hommage à la culture italienne : la petite ville ouvrière, le bleu de la mer… C'est très particulier, et ça me rappelle mes souvenirs d’enfance, notamment cette notion autour des amitiés qui nous changent et nous font grandir qui est cœur du film. Quelles recherches avez-vous faites pour ce film ? Concernant les villes qui nous ont inspirés, il y avai

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“Luca“ : Italia belle eau

Sur Disney+ | Le dernier Pixar en date, court et beau, dispo sur Disney+.

Vincent Raymond | Vendredi 25 juin 2021

“Luca“ : Italia belle eau

Aux abord des côtes italiennes, Luca est un gentil petit monstre marin tenu à l’écart des humains par ses parents. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alberto : celui-ci lui révèle qu'il peut prendre forme humaine sur terre. Les deux amis vont s’enfuir et s’inscrire à un concours leur ouvrant le monde… Luca tranche par la simplicité de son intrigue — ce qui ne signifie pas qu’elle soit simpliste — comme en atteste la brièveté du film. Rappelant par son esprit “entre terre et mer“ Ponyo sur la falaise ou Lou et l’île aux sirènes, l'arc dramatique principal, la quête de Luca et d’Alberto, est elle-même basique, à hauteur de rêve d’enfant (même si la Vespa symbolise davantage qu’un deux-roues, la liberté et l’émancipation de leur quotidien, l’adolescence, etc.) ; l'unité de temps (l’été), de lieu (le village façon Cinque Terre), et d’action (la préparation du concours) est par ailleurs respectée. Cette épure presque nippone s’avère aussi bienvenue : en resserrant le film sur l’essentiel, sans digression, elle permet aux plus jeunes spectateurs de mieu

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Bron : un drôle de vent souffle sur Les Alizés

Cinéma | L’un des plus anciens cinémas associatifs municipaux de la Métropole risque de changer de tête et de cœur : les Alizés de Bron sont jugés pas assez rentables par le nouvel exécutif, qui souhaite transformer sa gestion en les passant en DSP. Querelles à l’Est.

Vincent Raymond | Lundi 14 juin 2021

Bron : un drôle de vent souffle sur Les Alizés

Un coup de bambou. Trois semaines tout juste après la réouverture tant attendue de ses deux salles, l’équipe du cinéma Les Alizés de Bron voit son enthousiasme douché d’un coup. Conviés mercredi 9 juin pour une réunion à la mairie de Bron, les salariés ainsi que quelques membres de l’association Les Amis du cinéma — qui préside à ses destinées depuis une quarantaine d’années — apprennent du premier édile Jérémie Bréaud (LR) la décision de retirer la gestion des Alizés à l’association. À la place, la Ville (propriétaire des murs du cinéma) a décidé d’opter pour une DSP (délégation de service public). Presque tout le monde dans la pièce tombe des nues. Sauf la présidente de des Amis du cinéma, Manon Vialle. « On s’y attendait plus ou moins, détaille-t-elle. Il y avait eu un audit en 2016 par l’ancienne majorité municipale, qui avait été mis de côté ; et là, nouvelle majorité municipale… Ils avait dit qu’ils comptaient faire un nouvel audit. On se doute bien qu

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Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Festival | L'excellente nouvelle du jour : Nuits sonores ne se couche plus, et l'on pourra danser et circuler, bel et bien debouts, à Fagor-Brandt. La programmation est en cours de remodelage pour s'adapter aux nouvelles conditions.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 juin 2021

Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Après Nuits de Fourvière, c'est au tour de l'équipe de Nuits sonores de sortir de son rendez-vous à la Préfecture avec un grand sourire tranche papaye : en effet, la réunion du vendredi 11 juin et les échanges des jours suivants ont permis aux organisateurs du festival de musique électronique d'y voir beaucoup plus clair sur plusieurs protocoles d'ouverture et surtout, ils ont pu avoir confirmation que le festival pourrait se dérouler... debout ! C'est le premier grand festival à avoir officiellement cette autorisation — sachant que l'immense friche de 24 000m2 de Fagor-Brandt est considérée comme un extérieur, telle une halle et non une salle, en raison d'un grand volume d'air et d'ouvertures pérennes. Ainsi, on pourra danser — et circuler sur le site — à condition de rester masqués, après avoir franchi l'épreuve du pass sanitaire pour pénétrer sur le site (que ce soit à Heat comme à Fagor-Brandt). Côté jauge, c'est encore en discussion.

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La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Patrimoine | Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie est retombée dans le giron de la Métropole de Lyon à la grande surprise du nouvel exécutif emmené par Bruno Bernard, qui ne s'attendait pas à ce cadeau empoisonné. Un nouveau projet est en cours de réflexion, piloté par le vice-président délégué à l’Agriculture et à l’Alimentation, Jérémy Camus, qui sera dévoilé en septembre prochain. En attendant, il a été décidé d'ouvrir en partie le site : les salles patrimoniales de la Cité seront ainsi ouvertes au public, gratuitement, chaque premier dimanche du mois, de 10h à 19h. Il s'agit du Dôme des Quatre Rangs, de la grande apothicairerie, des salles de l’ancien hôpital de la Charité (la salle du conseil et la salle des archives). Pour Jérémy Camus, également président du Fonds de Dotation de la Cité Internationale de la Gastronomie, qui s'est exprim

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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Kcidy : mélancolie heureuse

Portrait | Avec son deuxième album, Les Gens heureux, disque baroque 60's et mélancolique, la Lyonnaise Kcidy vient de frapper un très grand coup. Et de marquer avec bonheur un changement radical dans son approche de la pop.

Stéphane Duchêne | Mercredi 7 juillet 2021

 Kcidy : mélancolie heureuse

« Les gens heureux dansent », chante Kcidy sur une chanson extraite de son dernier album. Du moins ils devraient, les gens, être heureux et danser. Mais en ce moment personne ne danse. Les lieux de culture ont beau rouvrir petit à petit, à Nuits Sonores (exemple non contractuel), le public se couchera, comme on passerait son tour. Et il faudra attendre encore un peu (beaucoup ?) pour le retour des « jours heureux » promis par Emmanuel "Fonzie" Macron. Certes, Les gens heureux dansent n'est pas tout à fait une chanson sur nos corps contrariés par la pandémie mais elle traduit quelque chose de l'inaccessibilité de cet état de mouvement. « J’ai imaginé ce que ça ferait d’être entourée de ces "gens heureux" qui dansent, alors que moi je serai immobile et figée, comme engluée dans la mélancolie, comme si le bonheur de ces gens m’était inaccessible, lointain » confiait la chanteuse et musicienne au site Soul Kitchen, à propos de cette chanson cl

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Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Disquaire Day | Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, l'amateur de vinyle se lance dans son annuelle grande chasse à la galette, avec une petite préférence pour les collectors – parfois dispensables, il faut bien l'avouer – édités spécialement pour l'occasion (un 45t live de Ziggy Stardust où Bowie a le hoquet à la fin de Starman ; un split single Adamo / Dinosaur Jr., ce genre). Et histoire de faire de la journée une fête qui ne soit pas que mercantile (on n'est pas des bêtes, enfin pas que), l'événement s'accompagne d'une poignée d'événements. Tels cette année, un showcase de la jeune Claire Days, ancienne finaliste du Ninkasi Musik Lab (dont le Creatures sort le 23 juin), au Village du Disquaire Day (situé à l'Away Hostel, du côté de Croix-Paquet), deux concerts d'After Geography (pop en survêt') et de Midnight Cassette (psyché pop franco-néo Z) au Groom. Ce dernier fera l'objet d'un enregistrement sur vi

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"Le Discours" de Laurent Tirard : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | Laurent Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby. Avec Sara Giraudeau et Kyan Khojandi.

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêchent pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer comme Resnais un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipien

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Nuits de Fourvière : bienvenue au théâtre des Flandres

Théâtre | Les Nuits de Fourvière s’apprêtent à faire souffler un vent de Flandres revigorant sur le théâtre lyonnais. Guy Cassiers, les comp. Marius et les tg STAN débarquent du Thalys avec leur art de l’immédiateté, que ce soit dans des décors minimalistes ou dans la sophistication des images. Au centre : le texte. Embarquement immédiat.

Nadja Pobel | Vendredi 11 juin 2021

Nuits de Fourvière : bienvenue au théâtre des Flandres

Il y a les flandriennes et les flandriens. Les premières désignent ces classiques cyclistes à se damner qui font les beaux jours du début du printemps et embarquent le peloton sur ses murs et ses monts. Les seconds sont les artistes que les Nuits de Fourvière accueillent dans cette édition : Guy Cassiers, les tg STAN et les comp. Marius. Le premier est un des symbole de la "vague flamande" qui a vu renaitre dans les année 90 sur la scène européenne les arts de la scène néerlandophone avec Jan Lawers, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker… Les deux collectifs ont cheminé ensemble au Conservatoire d’Anvers ; Waas Gramser a co-fondé les tg STAN puis travaillé en compagnie avec Guy Cassiers de 1994 à 2005 avant de fonder les Marius avec Kris Van Trier. Auteurs vivants et mythes Tout trois ne travaillent pas avec les mêmes outils mais placent au cœur de leur réflexion le texte et la

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Elie Wajeman & Vincent Macaigne : « le médecin de nuit nous donne accès à l’universel »

Médecin de Nuit | Métamorphosé par Elie Wajeman, Vincent Macaigne devient dans "Médecin de Nuit" une grande figure tragique de roman noir, tiraillé entre son éthique professionnelle, ses obligations familiales et ses pulsions, au cœur d’une très longue nuit. Consultation en tête à tête avec le réalisateur et son comédien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Elie Wajeman & Vincent Macaigne : « le médecin de nuit nous donne accès à l’universel »

Le titre est d’une grande nudité et d’une grande simplicité : Médecin de nuit. Le personnage de Mikaël est aussi celui le médecin de LA nuit, c’est-à-dire de tous les affects, de toutes les misères, de toutes les maladies cachées, de toutes les turpitudes de la nuit… Elie Wajeman : C’est exactement ça. Il est médecin des corps et médecin des âmes nocturnes. Comment l’avez-vous composé ? Y a-t-il une part de collecte documentaire pour établir un profil comme celui de Mikaël ? EW : C’est un mélange. Le premier jet, c’était vraiment un Mikaël que j’ai inventé ; après, ça a été affiné, on l’a retravaillé grâce à l’étape documentaire. Mais ça s’est pas fait comme ça ! Et j’espère que ces médecins solitaires, dans la

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Nick Cave aux Nuits de Fourvière en 2022

Festival | Les fans de Nick Cave n'ont sans doute pas oublié, ni ne se sont remis du magistral concert perpétré par l'Australien en juillet 2013 à Fourvière, en sortie du (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Nick Cave aux Nuits de Fourvière en 2022

Les fans de Nick Cave n'ont sans doute pas oublié, ni ne se sont remis du magistral concert perpétré par l'Australien en juillet 2013 à Fourvière, en sortie du classieux Push the sky away. Parmi ces fans, l'une des plus hardcore, Sophie Broyer arrivée l'an dernier aux fonctions de programmatrice des Nuits de Fourvière – et qui n'a guère eu l'occasion d'étrenner de manière satisfaisante ses grandes compétences. Elle se rattrapera manifestement l'an prochain puisque viennent d'être annoncés non pas un mais deux concerts du Cave et de ses Bad Seeds, les 6 et 7 juin 2022 sur la scène du théâtre antique. Certes, ce n'est pas demain la veille – et d'ailleurs la billetterie n'ouvrira pas avant l'année prochaine – mais c'est toujours de la belle perspective de vrai monde d'après. Ce soir là, on repensera sans nostalgie à 2020 et 2021 et on kiffera

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Exib, un nouvel espace d’art hybride

Art Contemporain | Une nouvelle galerie d'art, Exib, s'installe dans le 7e arrondissement.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 26 mai 2021

Exib, un nouvel espace d’art hybride

Dans le quartier de la Guillotière, à deux pas de la galerie La Rage (une galerie d’art brut), un nouvel espace d’exposition est né : Exib. Rien de trop ici : des cimaises sur deux niveaux assez étroits, quelques tables dans un espace séparé et une mini terrasse dans une cour intérieure. Fondé et géré par Fabien Rambert, Exib se veut tout à la fois un lieu d’exposition, de restauration, d’ateliers et d’événements divers… Les artistes Mara Tchouhadjian, Alfredo Piola et Monsieur Caramel (artiste et pâtissier !) inaugurent les lieux avec des œuvres médiums hétérogènes (sculptures, peintures, photographies…) déclinant le motif du lien et du nœud. Bonhommes faits de nœuds, lignes dessinées ou en fil de laiton entrelacées… Un fil à suivre, en trois brins, dans cet endroit fort sympathique. Mara Tchouhadjian, Alfredo Piola, Monsieur Caramel, En boucles À Exib (5 rue d

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Gault & Millau sort son guide Auvergne-Rhône-Alpes

Food | Gault & Millau vient de publier l'édition Auvergne-Rhône-Alpes de son guide pour amatrices et amateurs de balades gastronomiques, Les Escapades (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 19 mai 2021

Gault & Millau sort son guide Auvergne-Rhône-Alpes

Gault & Millau vient de publier l'édition Auvergne-Rhône-Alpes de son guide pour amatrices et amateurs de balades gastronomiques, Les Escapades gourmandes. Au menu : échappées savoureuses dans toute la région — 623 restaurants sont chroniqués dans 548 villes de la région —, adresses de producteurs et commerces prompts à combler les foodies, vignobles, et pour faire bonne mesure, bons plans pour dormir (226 hôtels) avant d'enchaîner le lendemain. Du classique pour éclairer les week-ends en se laissant guider par nos palais et donner quelques bonnes pistes, permettant aussi de se cultiver sur les traditions culinaires du secteur visité (des lentilles du Puy au Saint-Nectaire, en passant par le poulet de Bresse), le tout pour 14, 50€.

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Au cinéma, avec les enfants : nos coups de cœur

Kids | Notre sélection de films à voir en famille pour le retour des kids dans les salles obscures.

Vincent Raymond | Mardi 25 mai 2021

Au cinéma, avec les enfants : nos coups de cœur

Faites le calcul : six mois sans cinéma pour un enfant de 7 ans équivaut pour un adulte de 35 ans à 2, 5 ans de privation de salles obscures ! Autant dire qu’il y a des raisons légitimes d’y emmener vos chérubins à la première heure. Certains films profitant de l’occasion pour continuer leur existence raccourcie, il n’est pas défendu de leur rendre un hommage (Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary du toujours impressionnant Rémi Chayé pour les 8 ans et plus, les programmes Les Mal-aimés de Hélène Ducrocq et La Baleine et l'Escargote de Max Lang & Daniel Snaddon pour les 3-6 ans). Toutefois, quelques nouveautés alternatives — c’est-à-dire hors du périmètre tonitruant des blockbusters — méritent d’être signalées. À commencer par l’improbable (sur le papier) StarDog et TurboCat de Ben Smith, dans lequel Buddy, un chien expédié dans l’espace en 1969, atterrit de nos jours dans une ville où les animaux domestiques sont traqués. Mais avec l’aide de Félix, un chat hâbleur équipé comme Batman, il rétablira l’ha

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Le Zola sort de sa chrysalide

Villeurbanne | Derrière ses portes closes, Le Zola a accueilli la semaine dernière Costa-Gavras et Michèle Ray-Gavras pour une rencontre privée exceptionnelle. Ceux-ci ont d’une certaine manière inauguré par anticipation la réouverture et la renaissance du seul cinéma villeurbannais.

Vincent Raymond | Mercredi 19 mai 2021

Le Zola sort de sa chrysalide

La stupeur et les tremblements généralisés passés, les crises s’avèrent de sacrés moments darwiniens, où se révèlent dans l’adversité la puissance d’adaptation et la combativité des espèces. Il en va de même pour les salles de cinémas, et tout particulièrement pour Le Zola, qui n’a pas fait le canard en attendant patiemment la réouverture. Pionnier l’an passé des projections virtuelles via La Toile, le mono-écran villeurbannais a mis a profit ses six mois de baisser de rideau forcés pour poursuivre ses travaux de rénovation : désormais habillé de bleu profond et de bois clair, son hall a été plus que rafraîchi ; quant au son, sa qualité a été encore améliorée. Si l’on rappelle que les fauteuils avait été changés il y a moins de deux ans, c’est donc un cinéma quasiment neuf que les spectateurs vont retrouver — de quoi consentir à une (modique) é

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Lucas Belvaux : « il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Des hommes | Adapté du roman de Laurent Mauvignier, Des hommes rend justice à toutes ces victimes de la Guerre d’Algérie payant les intérêts de décisions “supérieures“ prises au nom des États. Et s’inscrit avec cohérence dans la filmographie du (toujours engagé) cinéaste Lucas Belvaux…

Vincent Raymond | Mardi 25 mai 2021

Lucas Belvaux : « il ne doit pas y avoir un plaisir malsain à regarder la violence »

Il y a un lien manifeste entre Chez Nous (2017) et ce film qui en constitue presque une préquelle… Lucas Belvaux : Il est un peu né du précédent, oui. J’avais lu le livre de Laurent Mauvigner à sa sortie en 2009, et à l’époque j’avais voulu prendre les droits et l’adapter. Mais Patrice Chéreau les avait déjà, et puis il est tombé malade et n’a pas eu le temps de le faire. J’avais laissé tombé et, avec le temps, ne voyant pas le film se faire, je m’y suis intéressé à nouveau. Surtout après Chez nous : il y avait une suite logique. J’ai relu le livre, je l’ai trouvé toujours aussi bon et mon envie de l’adapter était était intacte — ce qui est bon signe après dix ans. Outre “l’actualité” de votre désir, il y a celle du sujet : on a l’impression qu’on ne fait que commencer avec le traitement de “liquidation“ de la Guerre d’Algérie. C’est encore neuf… Étra

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Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Littérature Live Festival | Au début du mois mai, la Villa Gillet annonçait le remplacement des Assises Internationales du Roman par le Littérature Live Festival. Un nom et une formule qui, si tout va bien, devraient laisser place au Festival International de Littérature de Lyon en 2022. Lucie Campos, directrice de la Villa Gillet et instigatrice de ces changements, nous explique pourquoi et comment.

Stéphane Duchêne | Mardi 25 mai 2021

Lucie Campos : « trouver les formes d'un retour à une interaction plus forte avec le public »

Après une édition numérique des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet présente cette année le Littérature Live Festival. Pourquoi ce changement d'identité, jamais anodin pour un festival ? Lucie Campos : je suis arrivée l'an dernier en tant que nouvelle directrice de la Villa Gillet avec un projet qui impliquait à la fois de consolider les acquis d'une maison qui a une très grande légitimité à l'international et de changer des choses. La Villa Gillet porte depuis 14 ans un festival de littérature qui s'est appelé depuis 2007 les Assises Internationales du Roman. Elle continuera bien évidemment de porter un festival qui sera pour l'avenir le Festival International de Littérature de Lyon, avec pour domaine d'action et d'interrogation la littérature dans son sens le plus large. C'est là le principal changement : quitter la forme unique du roman qui fais

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Les Baronnies pour baromètre

Drôme | À l’extrême sud de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les Baronnies et le Nyonsais sont le berceau des olives, truffés de balades dans une végétation qui lorgne déjà vers la Méditerranée. Avant que ne s’impose le Mont-Ventoux, halte dans ces entrelacs drômois.

Nadja Pobel | Mercredi 26 mai 2021

Les Baronnies pour baromètre

Direction plein Sud, en voiture ou en train. Juste après Montélimar, virage à 90° : à l’Est toute ! Traverser cette étrange Enclave des Papes, enfermée dans la Drôme, alors qu’elle est administrativement vauclusienne, et s’arrêter à Nyons, l'un des points d’entrée sur ce parc régional naturel pas très vieux : les Baronnies provençales, créé en 2015. Commencer par visiter Nyons Avec ses plus de 7000 habitants, la cité se déploie comme une poupée russe tant elle regorge de belles surprises cachées les unes dans les autres. Nyons a les pieds dans l’Eygues qu’enjambe un pont de pierre roman remarquable, avant de proposer un dédale de ruelles et une place carrée à arcades. Ce serait suffisant pour y faire halte mais, au gré des panneaux, il faut grimper un peu sur les pavés pour se trouver nez-à-nez avec les ruines d’un château féodal, la tour Dauphine et surtout la tour Randonne et son épatant clocher pyramidal et ajourné qui coiffe, dans son style néo-gothique, une chapelle. Encore quelques pas et vous serez au bout de crête en atteignant ce qu’il reste de château Delphinal. De part et d’autre des ruelles, rue des Grands Fort

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Une vie au présent (dé)composé : "Falling" de Viggo Mortensen

Drame | "Falling", premier film signé Viggo Mortensen, est un récit intime entièrement tourné vers les autres avec un Lance Henriksen hypnotique.

Vincent Raymond | Mercredi 19 mai 2021

Une vie au présent (dé)composé :

Octogénaire, Willis évolue dans un temps embrumé : les souvenirs de sa jeunesse se mêlent au présent. Quand son fils John lui suggère de venir auprès de lui en Californie, le vieil homme aussi rude que réactionnaire l’envoie paître sans égards, la démence aggravant sa désinhibition… Pourquoi n’est-on pas étonné de voir avec Falling, premier film signé Viggo Mortensen, un récit intime entièrement tourné vers les autres ? Là où beaucoup fichent caméra ou stylo dans leur nombril pour “devenir auteur“, le comédien raconte à travers ses protagonistes la souffrance indicible de la perte de repères, du deuil, de l’homophobie, de la xénophobie, de la solitude, de la peur de mourir, de la “non conformité au modèle social“… Ça hurle, ça pleure, ça cause mal ; les personnages sont parfois incorrects, pas forcément aimables, mais au moins, ça vit et ça vibre dans les incertitudes du crépuscule, très loin

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