Ça commence aujourd'hui : "Ça" de Andrés Muschietti

ECRANS | de Andrés Muschietti (E-U, int.-12 ans, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Photo : © Warner / Brooke Palmer


1988. Sans le savoir, la petite ville de Derry abrite depuis des siècles dans ses égouts une créature protéiforme se déguisant en clown pour attraper ses proies : les enfants. Mais le Club des Ratés (des gamins considérés comme ringards), va oser affronter le monstre… et ses peurs.

Le public eût sans doute apprécié de savoir que cette (longue) adaptation de Stephen King ne couvrait que la moitié du roman : il faut en effet attendre le générique de fin pour découvrir un timide “Chapitre un”, promesse d'une suite. Oh, cela n'empêche pas de comprendre l'histoire, mais ne la boucle pas tout à fait. Et explique certainement que Muschietti se soit abandonné à un empilement de séquences répétitives, au lieu de chercher à concentrer l'angoisse.

Bien sûr, la qualité du script initial et des effets spéciaux rend le spectacle convenable ; les apparitions de Grippe-Sou le clown obéissent aux lois du genre (surprise, gros plans, zooms avant, fixité sardonique etc.) et sont donc d'une totale efficacité. Il manque cependant le pendant adulte à l'épopée de ces téméraires Goonies pour lui donner sa pleine épaisseur. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 27 ans pour la découvrir…


Ça

De Andy Muschietti (EU, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher...

De Andy Muschietti (EU, 2h15) avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher...

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Plusieurs disparitions d'enfants sont signalées dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Au même moment, une bande d'adolescents doit affronter un clown maléfique et tueur, du nom de Pennywise, qui sévit depuis des siècles. Ils vont connaître leur plus grande terreur…


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Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Capitale de la Culture 2022 | L'année "Capitale française de la culture" a été lancée à Villeurbanne, en présence de Roselyne Bachelot. Au-delà de quelques marqueurs événementiels, c'est surtout du côté des dispositifs pérennes qu'il faut regarder, à l'instar des minimix, ces petits centres culturels soudés au sein des écoles.

Sébastien Broquet | Mardi 18 janvier 2022

Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Elle est sur orbite, cette année spéciale de Villeurbanne, celle où elle est devenue la toute première Capitale française de la culture — ce nouveau label initié par le ministère de la Culture qui a choisi la cité du solide emblème de la décentralisation, le Théâtre National Populaire, pour en être la première incarnation. Roselyne Bachelot, la ministre attitrée, s'est déplacée en personne pour lancer les festivités le vendredi 7 janvier, à peine perturbées par des intermittents en colère. Mais passés les cotillons dont on nous avait privé une semaine plus tôt, qu'est-ce qu'il nous reste à observer durant cette année ? Nous l'avions déjà expliqué lors d'un précédent article, le mercredi 17 novembre 2021, le maire Cédric Van Styvendael et ses équipes avaient tenté le coup pour cette candidature en intégrant à leur dossier plusieurs éléments déjà conceptualisés et imaginés pour leur programme de campagne électorale, à l'instar d'un festival du numérique (devenu les IrRéels) et surtout des minimix, véritables ambassades culturelles disposées au sein des écoles, qui d'idée à développer au fil du mandat sont devenues élément phare de cette année culturelle

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Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

ACTUS | Que faire d’un aspirateur qui n’aspire plus ou d’un grille-pain qui ne grille plus ? On ne répare plus, on jette bien sûr. Et on rachète du neuf. L’art du rafistolage n’est plus à l’ordre du jour, il a laissé place à une société de consommation aussi exigeante que fainéante. Heureusement, quelques bricoleurs résistent encore à l’envahisseur et assaillent les Repair Café.

Louise Grossen | Mardi 18 janvier 2022

Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

C'est une Amstellodamoise, Martine Postma, qui est à l’origine du concept. Révoltée par l’absence de scrupules des industriels à programmer l’obsolescence des objets, elle crée le Repair Café, un lieu où chacun peut apporter un objet cassé et s’atteler à sa réparation, assisté par un bénévole. Suite à l’indiscutable réussite du premier lieu à Amsterdam (en 2009), Martine crée la Fondation Repair Café et essaime le concept à l’international. C’est ainsi qu’à l’Atelier Soudé (dont le QG est au Croiseur, Lyon 7e), depuis 2015, les tours de main précieux sont partagés, un réseau de compétences se tisse, les problèmes sont mis en commun et les solutions sont trouvées ensemble. Les rencontres nourrissent les échan

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Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Restaurant | Dans ce couloir intimiste avec vue sur le tramway, Henrique sert des cocktails et Jessica met à profit ses talents de cuisinière aiguisés chez Ducasse : bienvenue à Odilia.

Adrien Simon | Mardi 18 janvier 2022

Odilia, des effluves de Brésil dans le 7e

Le timing n’était pas top. Odilia a ouvert un jeudi : le 30 janvier 2020. L’épidémiologie ne squattait pas encore les comptoirs et Djokovic disputait l’Open d’Australie. Badaboum ! On connaît la suite. Pour le destin d'Odilia c’est ballot, car de fermeture en couvre-feu, nous voilà deux ans plus tard et le resto n’est plus nouveau, sans avoir eu le temps de vraiment se faire connaître. Alors qu’il vaut le détour. Situons : on est dans le 7e, pas loin du Comœdia, dans un petit salon pas très éclairé à la déco chinée, une ambiance presque chandelle, du jazz dans les enceintes. Qui débouche sur une cuisine complètement ouverte chapeautée d’une mezzanine, où l’on a casé encore quelques tables. Et un piano. Un salon ? C’est l’intention des frangin-frangine, Henrique et Jessica Giovanini : c’est ai

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Un esprit baroque à la Fondation Bullukian

Art Contemporain | L’ambiance est un peu délirante à la Fondation Bullukian qui fait se rencontrer des œuvres de la photographe et plasticienne Natacha Lesueur (née en 1971) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Un esprit baroque à la Fondation Bullukian

L’ambiance est un peu délirante à la Fondation Bullukian qui fait se rencontrer des œuvres de la photographe et plasticienne Natacha Lesueur (née en 1971) et du duo Bachelot & Caron (nés tous deux au début des années 1960). Les portraits de femmes à la tête recouverte de concombre ou de charcuterie de la première, voisinent avec les céramiques gourmandes des deux autres qui associent salamis, côtes d’agneau et autres pâtisseries ! Ailleurs, Natacha Lesueur présente d’autres images interrogeant l’identité féminine, avec des fées et des mariées grunge ou gore, ou une étude sur des coiffes aussi complexes qu’irréelles… Quant aux facétieux Bachelot & Caron, ils s’en donnent à cœur joie dans cette exposition, avec leurs fontaines et leurs vases très organiques, leurs portes de deux mètres de haut destinées à d'invraisemblables palais baroques. Dans leurs céramiques, ça coule, ça dégouline, ça prolifère, ça s’absorbe : une pieuvre engloutit un homa

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L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Contemporain | Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 janvier 2022

L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes les villes). Et voilà l'Opéra Underground (et Superspectives) pour en remettre une magnifique couche à la rencontre du pape de la musique minimaliste mais pas que (on lui doit des concertos, des symphonies, des musiques de film et même des opéras). Et c'est même un véritable marathon que promet l'OU aux mélomanes les plus résistants/motivés/amoureux et ce pendant cinq jours. Ça démarre avec François Mardirossian, pianiste et co-directeur de Superspectives, qui livre trois soirs de suite une quasi intégrale au piano. On y retrouve évidemment les plus grandes pièces "Glassées" : Metamorphosis et Mad Rush (mardi 25 janvier à 18h30)

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Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Puy-de-Dôme | Peut-être sera-t-elle capitale européenne de la Culture en 2028. Clermont-Ferrand, n’est pas que la ville-Michelin (même si l’entreprise est omniprésente) et lance sérieusement sa campagne en ce début d’année, au moment où le festival du court, le plus grand au monde, retrouve son public du 28 janvier au 4 février. Cap sur l’attachante capitale auvergnate.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Il faut bien reconnaitre que la consécration de capitale européenne de la Culture lui irait comme un gant. En 2023, on saura qui des villes candidates sera à l’honneur en 2028. Ici, la Scène Nationale est flambant neuve, le FRAC s’apprête à déménager pour s’agrandir, la Coopérative de Mai est l'une des SMAC les plus remuantes de l’Hexagone et le festival du court-métrage s’apprête à montrer 154 films. D’un lieu à l’autre, balade dans la cité anthracite où les affiches colorées de Castelbajac et du maire socialiste Olivier Bianchi souhaitent, aux passants, une bonne année. Clermont, plein centre Le marché de Noël vient juste de remballer ses cabanes et la place de la Victoire peut laisser apparaitre la majesté de Notre-Dame-de-l’Assomption. Construite comme tant d’habitations de la ville en andésite

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Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Cinéma | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation, rempli d’éclats autobiographiques discrets : le premier long-métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on a eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé de l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité singulièrement. Que ce soit une idée nécessaire et vitale de faire un film. Oser devenir ce qu'on appelle

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Makers : faire et défaire

SCENES | Déjouer le réel, s’inventer des possibles, si possible avec légèreté et rire, c’est tout le programme de Makers à voir aux SUBS du 18 au 20 janvier. Le metteur en scène et comédien espagnol Oscar Gómez Mata est en duo avec son compatriote Juan Loriente. Avant de rejoindre la scène, il nous présente cette récente création.

Article Partenaire | Lundi 10 janvier 2022

Makers : faire et défaire

Vous avez travaillé d’après les œuvres des écrivains Robert Louis Stevenson (La Maison d’Antan, 2004) et Alfred Jarry (¡Ubu!, 2000) ainsi que du cinéaste Lars von Trier (Le Royaume, 2019, Le Direktør, 2017), comment Jorge-Luis Borgès intervient-il dans Makers sans pour autant que ses écrits ne soient cités ? Oscar Gómez Mata : Dans Makers, Borgès est comme une ombre qui plane mais on ne travaille pas directement avec les textes. Un des premiers motifs de ce travail est en fait un livre de l’écrivain et du physicien espagnol Agustín Fernández Mallo qui a écrit un remake de El Hacedor de Borgès. Est-ce que la véritable origine du spectacle Makers (aux SUBS du 18 au 20 janvier) est une commande du Azkuna Zentroa, centre culturel à Bilbao, et l’envie de travailler avec l’acteur Juan Loriente ? Jusqu’en juin prochain, je suis associé

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La valse des annulations et des reports recommence à Lyon

Covid-19 | Le retour en force du Covid a entraîné de nouvelles restrictions sanitaires, annoncées le lundi 27 décembre par le Premier ministre : spectacles assis, jauges limitées à 2000 personnes en intérieur, le tout au moins jusqu’au lundi 24 janvier... Les répercussions ont été rapides avec des salles fermées, des concerts annulés ou reportés : on fait le point sur l'impact sur les programmations à venir.

Sacha Pelordet | Mardi 4 janvier 2022

La valse des annulations et des reports recommence à Lyon

La Halle Tony-Garnier a déplacé tous ses évènements jusqu’au 24 janvier. Même chose du côté du Ninkasi Gerland où les annulations et reports se multiplient ; la programmation est maintenue dans les 22 autres établissements Ninkasi, avec un public assis. Au Transbordeur, presque toutes les dates sont annulées ou reportées jusqu'au 29 janvier. Au Kraspek Myzik, le festival Plug & Play est annulé : le café-concerts choisit de fermer son établissement tout janvier, une décision évidente pour un spot de 80 places où les concerts assis sont peu envisageables — et surtout, pas dans l’esprit du lieu. Le Sonic reste fermé du fait de son statut ERP de discothèque, même si il n’en est pas une. Les clubs et boîtes de nuits (Le Sucre, Terminal, Petit Salon...) n’ont pour le moment aucune nouvelle sur leur futur et une éventuelle date de réouverture. Halle Tony Garnier - Harry Potter à l’École de sorciers (7 janvier) : reporté au 16 mai 2022

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Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Lundi 10 janvier 2022

Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont faites tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, pas sur sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé de l'adapter d’une manière plus libre, en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n’est pas l’autopsie d’un salau

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Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Cinéma | Robert Guédiguian explore les premières années de l’indépendance malienne en compagnie de la jeunesse révolutionnaire du pays, partageant son temps entre le socialisme en journée et le twist dans les maquis la nuit. Une évocation plus qu’une reconstitution dans une tragédie politique et sentimentale. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Au générique de Twist à Bamako, vous rendez hommage à une grande figure de l’indépendance culturelle africaine, Malick Sidibé. Il y a d’ailleurs en permanence à l’arrière-plan du film un personnage de photographe qui immortalise la vie de la jeunesse…Robert Guédiguian : Sidibé collait complètement à son époque. Il était jeune, joyeux, révolutionnaire ; il a filmé — lapsus [sourire] — photographié essentiellement la jeunesse de Bamako en liesse partout : au bord de la plage, dans les clubs qui étaient à tous les carrefours (c’était la fête de la musique dans tout Bamako tous les soirs). Il a cru en ça, c’était un personnage très intéressant et très libre. Et c’est de ses photos qu’est parti le film. Il y avait eu une exposition à la Fondation Cartier en 2017, et aussi de grands tir

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La compagnie Courir à la catastrophe s'offre une quinzaine aux Célestins

Théâtre | Deux reprises. Une création. Trois spectacles. Et quinze jours pour (re)découvrir la jeune et sagace compagnie lyonnaise Courir à la catastrophe, CALC pour les intimes.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

La compagnie Courir à la catastrophe s'offre une quinzaine aux Célestins

Il y a eu aux Clochards Célestes en février 2019 deux petits ovnis de théâtre traçant déjà les contours de la jeune compagnie Courir à la catastrophe, formée par les comédiennes Alice Vannier et Sacha Ribeiro à leur sortie de l’ENSATT, deux ans plus tôt. Il s’y dessinait une capacité à réfléchir et à débattre sur notre société en se plongeant dans La Misère du monde dirigée par Pierre Bourdieu (En réalités, lauréat du Prix Célest’1) et en faisant une introspection sèche de ce qu’individuellement nous sommes, nos attirances, nos intimités (5-4-3-2-1 j’existe). En plus de ces deux reprises, Sacha Ribeiro créera Œuvrer son cri. Ils seront cinq sur scène pour relater ce qu’est l’occupation d’un théâtre telle que le metteur en scène l’a vécue ici-même, aux Célestins, lors des manifestations contre la loi El Khomri. D’autres plus anciennes (Odéon-68…) y résonneront. Il ne s’agit pas d’un entre-soi

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Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Rap | Petit survol des concerts rap qui ont suscité notre attention, d'Orelsan à Casey.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Jam Groove Une soirée animée par le multi-instrumentiste Yacha Berdah (soliste chez Ibrahim Maalouf) et le batteur / beatmaker Hugo Crost, tous deux auteurs de The Way — un excellent single hip-hop / jazz aux couleurs boom-bap. Cette jam est menée par des experts qui mettent du corps dans le mélange entre instruments et machines. Le genre de scène ouverte où les talents se croisent et des projets se dessinent. Au Hot Club mercredi 26 janvier Orelsan Il n’est plus à présenter, son nouvel album Civilisation ;et la série documentaire dédiée sur Amazon Prime (Montre jamais ça à personne) ont fait le taf de promo. Orelsan fait escale vendredi 28 janvier à la Halle Tony Garnier, du moins on l’espère, le début de tournée étant reporté à mai. À l'heure de notre bouclage, ce concert est maintenu. À la Halle Tony Garnier vendredi 28 jan

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Au Théâtre de la Croix-Rousse, Johanny Bert reprend son Processus

Théâtre | Après Hen et avant Une épopée, Johanny Bert présente à Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse auquel il est associé, sa mise en scène du Processus. Cette pièce d’une heure (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Au Théâtre de la Croix-Rousse, Johanny Bert reprend son Processus

Après Hen et avant Une épopée, Johanny Bert présente à Lyon, au Théâtre de la Croix-Rousse auquel il est associé, sa mise en scène du Processus. Cette pièce d’une heure (présentée dans le studio) a été écrite par Catherine Verlaguet pour être jouée dans les lycées. Le sujet parfaitement mené – une ado de 15 ans tombe enceinte lors de son premier rapport et décide d’avorter – a tant touché les ados qu’ils ont demandé à ce que leurs parents puissent voir ce travail. Ce sera chose possible du jeudi 13 au samedi 15 janvier. Porté par la performance solo de la comédienne Juliette Allain, ce texte est à la fois juste et drôle, documenté et jamais moraliste et dit comment ce personnage décide avec courage d’arrêter le « processus » de ce qui n’est encore qu’un « dédoublement cellulaire ». L’enfant, c’est elle.

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"Matrix Resurrections" de Lana Wachowski : puissance quatre

Science-Fiction | Vingt ans et des poussières après que les Wachowski ont anticipé le principe du métavers en extrapolant les babils d’Internet et les écrits de Philip K. Dick, Lana W. remet le couvert en solo pour un nouvel opus tenant à la fois du palimpseste, du reboot en version augmentée, du prolongement et de l’objet théorique semi-parodique. Une sorte de Matrix 4.0…

Vincent Raymond | Mardi 21 décembre 2021

Comme un air de déjà-vu… Un groupe de rebelles assiste à la tentative d’arrestation par la police et les Hommes en noir d’une amazone qui, naturellement, parviendra à leur échapper. Décor, angles de prises de vue, ambiance colorimétrique, dialogue… À quelques détails près, la séquence est identique à celle ouvrant Matrix (1999). Sauf qu’ici l’agent Smith et Morpheus sont plus jeunes, et que le second est un transfuge de la Matrice. Quant à Néo, il arbore à nouveau l’identité de Thomas Anderson, un créateur de jeux vidéo ayant jadis connu le succès en programmant la trilogie Matrix, sommé par la maison-mère de sa boîte — le studio Warner, authentique producteur de la franchise cinématographique — de fournir un quatrième épisode. Différence notable : il est envahi de pensées parasites et soigne ce qu’il pense être une schizophrénie galopante auprès de son analyste, lequel lui prescrit des pilules bleues… Turing point L’une des grandes forces de Matrix, premier du nom, était d’avoir induit une révolution dans le spectacle du film

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Mathieu Rochet signe une saison 2 californienne de Lost in Transplanta

Série | Rencontre avec Mathieu Rochet qui, après avoir mis du baume sur notre année 2019 grâce à sa série Lost In Traplanta, s'apprête à revenir avec une saison 2 basée en Californie que nous avons visionnée en avant-première.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Mathieu Rochet signe une saison 2 californienne de Lost in Transplanta

Mathieu Rochet, l’homme aux mille anecdotes et tout autant d’initiatives, co-fondateur de Gasface le média que les hip-hop heads de Lyon et de ses environs connaissent par cœur, avait rendu la période fin 2019/début 2020 plus douce avec sa série Lost In Traplanta. co-produite par Arte. Une première saison se passant à Atlanta qui a raflé honneurs et distinctions, alors qu'une seconde est en gestation, voyant les choses en plus grand et prenant place en Californie. Ce nouveau trip, nous avons eu l'honneur de le voir en avant-première et on peut succinctement le présenter en évitant tout spoiler... Hoodie rouge sous son imper, Larry s’était donné pour mission de reformer Outkast dans la saison 1. Il part désormais dans la saison 2 à la recherche de Detox, l’album jamais sorti de Dr Dre qui est une véritable légende urbaine. Le concept reste le même : un fil d’ariane, prétexte à la découverte d’une place forte du hip-

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Ce que vous allez voir en salle en 2022

Rentrée cinéma | Sauf impondérables ou nouveau variant — touchons du bois — les sorties devraient reprendre une cadence "à peu près" normale dans les salles. Petit tour d’horizon de ce qui nous attend dans les premiers mois de 2022…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Ce que vous allez voir en salle en 2022

Vous leur échapperez difficilement Les films MCU ou DC ? Oui, mais pas que. Elsa Zylberstein, Gérard Depardieu, Alban Ivanov, Laetitia Dosch, Rebecca Marder ou Pio Marmaï seront chacun à l’affiche d’au moins trois ou quatre films ce premier semestre : entre l’embouteillage de ceux non sortis en 2020 et 2021 et la boulimie de tournages de certains, on arrive à cette illusion de surprésence. Donc, pas de panique… Vus et à voir Un monde de Laura Wandel (26 janvier) : un choc absolu. Interprété par deux enfants prodigieux de vérité, ce film portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire est une merveille de délicatesse et la future référence sur le sujet. Une jeune fille qui va bien, premier long-métrage réalisé par Sandrine Kiberlain (26 janvier), narrant le destin d’une apprentie comédienne juive en 1942, avec en toile de fond l’obscurcissement progressif de son présent… et de son avenir. Sobre et subtil.

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Charlotte Gainsbourg, Sandrine Kiberlain et Fanny Ardant viennent présenter leurs films à Lyon en janvier

Avant-premières | Dopée en fin d’année par une morsure d’araignée, les cinémas repartent d’un bon pied en multipliant les (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg, Sandrine Kiberlain et Fanny Ardant viennent présenter leurs films à Lyon en janvier

Dopée en fin d’année par une morsure d’araignée, les cinémas repartent d’un bon pied en multipliant les avant-premières en présence d’équipes de films. Cette première quinzaine lyonnaise est marquée par la visite de Philippe de Chauveron, Noom Diawara, Émilie Caen et Frédéric Chau pour Qu’est-ce qu’on a tous fait au bon Dieu ? (mercredi 5 janvier à 20h30 à l’UGC Part-Dieu et 21h au Pathé Bellecour), troisième volet d’une série qu’on ne présente plus. Mais aussi celle de Sandrine Kiberlain et de Rebecca Marder, respectivement réalisatrice et comédienne du drame historique Une jeune fille qui va bien (le jeudi 6 janvier au Pathé Bellecour à 20

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À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

Underground | « Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

« Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase du livre édité par Sébastien Escande dit "Barbapop". Une sorte de mantra du do it yourself qui depuis les origines irrigue la scène underground lyonnaise et cette manière d'organiser des concerts avec des bouts de ficelles dans des lieux qui tiennent parfois à peine debout ou n'ont pas vu une étiquette "norme européenne" depuis des lustres et avec chevillé au corps des principes indéboulonnables (prix libre, pas d'agent de sécurité, ce genre...). La chose est née du punk et Sébastien Escande qui a œuvré un moment avec Barbapop dans l'organisation de concerts pop obscurs (et néanmoins lumineux), souhaitait en raconter l'histoire lyonnaise, riche de personnages hauts en couleurs, d'assos (Silly Hornets, Sonotone), de groupes (Haine Brigade) et de lieux (le Pez-Ner, le Wolnitza, le Kafé Myzik) entrés dans la légende. Une histoire

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Sébastien Escande : « j'ai fait ce livre comme j'aurais fait un fanzine »

Do It Yourself | Organisateur de concerts et éditeur depuis quinze ans sous le nom de Barbapop, Sébastien Escande vient d'éditer À l'arrache – Portraits & récits de la scène musicale underground de Lyon, 1980-2020, livre somme à l'esthétique fanzine sur le milieu des concerts artisanaux, indés et l'esprit DIY punk qui hante le souterrain lyonnais depuis plus de 40 ans. Retour d'expérience.  

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

Sébastien Escande : « j'ai fait ce livre comme j'aurais fait un fanzine »

Pour commencer, la question rituelle que tu poses à tes interlocuteurs dans le livre : qu'est-ce qui a déclenché ton intérêt pour la musique et comment s'est-il manifesté dans un premier temps ? Sébastien Escande : Quand j'étais ado, j'écoutais de la musique plutôt mainstream. C'était Nirvana, Smashing Pumpkins, ce genre de choses, mais ça restait mainstream. Quand j'ai été étudiant, je me suis retrouvé en colocation avec un musicien qui joue aujourd'hui dans le groupe Maison Neuve, chez Talitres. D'un coup, je découvrais l'univers des vinyles, des 45t fait à la maison et notamment la musique indé via le label Sarah Records. De là, je me suis attaché à tout le microcosme de la musique, à la culture DIY, à ce côté artisanal et un peu rare. Je suis devenu collectionneur et j'ai ré-orienté ma vie professionnelle vers la musique. J'ai été stagiaire aux Transmusicales de Rennes, trois années d'affilée, j'ai tr

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Au Shalala, un réveillon à la macédoine

Réveillon | L’équipe du Shalala adapte énergiquement et habilement l’excellente BD de Fabcaro.

Nadja Pobel | Jeudi 30 décembre 2021

Au Shalala, un réveillon à la macédoine

Grinçante, noire, Et si l’amour c’était aimer est un bijou d’anti bien-pensance qui dit tout haut nos arrangements avec le couple pour rentrer dans les cases exiguës que la société favorise. Dans cette bande dessinée sortie en 2017, Fabcaro, déjà auteur du célébrissime et adapté sur les planches aussi Zaï Zaï Zaï Zaï, raconte ici, façon roman-photo dessiné, la vie tranquille de Sandrine et Henri, patron de start-up tant chéri par son épouse jusqu’à ce que Michel, le chanteur de rock et livreur de macédoine (!) pour payer ses répet’ ne fasse vaciller ce bel équilibre. « Les sentiments purs et absolus ne sont-ils pas qu'une feuille morte emportée par le vent ? » demande Fabcaro, « un arc-en-ciel ne finit-il pas toujours par disparaître derrière les nuages ? ». Voici pour la philosophie déglinguée qui nimbe son texte extrêmement terre-à-terre et d’autant plus désopilant. « —Trop bon cette macédoine, je me suis explosé le bide comme un enculé… — Mon chéri, avec toi la vie est une suite de surprises renouvelée chaque jour ». Les six comédiens et comédiennes de la bande du bar à spectac

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Les Célestins sur leur 31

Réveillon | Du théâtre populaire par des artistes populaires : voici le double programme des Célestins pour glisser vers 2022.

Nadja Pobel | Jeudi 30 décembre 2021

Les Célestins sur leur 31

Ça fait bien longtemps qu’on n’a pas revu un spectacle de Jean-Christophe Hembert. C’était avant Kaamelott, sur les planches du Théâtre de la Croix-Rousse (époque Philippe Faure !) en 2002 avec le désopilant Jour du Froment et même un an plus tôt aux Subsistances pour son Timon d’Athènes ! Il avait été co-assistant à la mise en scène sur Le Cochon noir de Roger Planchon. Depuis, il a mis en scène notamment son complice Alexandre Astier dans ses one-man-show et revient avec joie à une épopée de cape et d’épée de deux heures, d’après le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier qu’il a créé cet été dans le décor parfaitement adapté du château de Grignan. Il expose le XVIIe siècle un « réalisme stylisé » selon ses mots et convie une clique fidèle dont Loïc Varraut et Jacques Chambon. Mais aussi Patrick Pineau, excellent depuis longtemps, sous la houlette de Georges La

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Au Musée des Beaux-Arts, une exposition sur la brièveté de la vie

Vanités | Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en charge des peintures et sculptures anciennes au Musée des Beaux-Arts, est commissaire de l’exposition À la vie, à la mort ! : rencontre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Au Musée des Beaux-Arts, une exposition sur la brièveté de la vie

Quelle est l’origine de cette exposition sur la vanité ? Ludmila Virassamynaïken : la stimulation principale a été donnée par une collection particulière privée — les propriétaires ont souhaité garder l’anonymat —, dont la vanité constitue l’un des axes très forts avec des œuvres signées Jim Dine, Paul Rebeyrolle… Sur les quelque 160 œuvres présentées, une trentaine provient de cette collection. D’autre part, le contexte de la pandémie a bousculé notre programmation d’expositions, et nous a rappelé dans le même temps notre condition de mortels. Vous insistez sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une exposition sur la mort… La mort y apparaît seulement sous forme d’allégorie et jamais de façon frontale. Les œuvres exposées font toujours un pas de côté dans leur réalisation en soulignant les dimensions esthétiques, humoristiques… Il est davantage question dans cette exposition de l’existence bornée par la mort. On y voit surtout la vie et des vivants, au sens large puisque cela va des êtres humains aux animaux et jusqu’aux végétaux et aux fleurs. Vous avez écrit un article pour le catalogue s

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"La Croisade" de Louis Garrel : au vert, les enfants !

Comédie | Un argument presque truffaldien dans un contexte de péril environnemental… Louis Garrel confirme la grâce et la force de son cinéma dans un conte moderne méritant d’être celui de Noël. Bravo !

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Jeunes quadras parisiens, Abel et Marianne découvrent que leur ado Joseph a subrepticement vendu quantité d’objets leur appartenant depuis des mois pour financer un grand projet secret, auquel participe une internationale d’enfants désireux de prendre l’avenir de la planète en mains. La stupeur passée, et si Joseph leur avait ouvert les yeux ? Sale temps pour la planète, et triste époque pour le documentaire environnemental. Depuis que le drone permet de tourner des belles images écologiquement déculpabilisées des reliquats de la beauté du monde, les ciné-tracts concernants s’additionnent, s’empilent, s’entassent sur les écrans. Tous se veulent lanceurs d’alerte (ils n’ont pas tort : la maison brûle) ; tous s’estiment légitimes (ils ont raison : ils vivent sur Terre et c’est la seule planète habitable). Mais le cri qu’ils pensent singulier se noie finalement dans un brouhaha de hérauts du climat, de la nature, de la jeunesse-qui-s’engage, des initiatives… Inconsciemment sans doute, ils finissent par construire les mêmes constats alarmo-catastrophistes tempérés par l’héroïsation optimiste d’une nouvelle génération vo

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Droits aux putes ! Cécile Ducrocq et Claus Drexel portent la prostitution à l'écran

Nos films de la semaine | Le hasard place le même jour sur les écrans deux beaux films qui, bien qu’opposés dans la forme, mettent en scène des prostituées et prostitués témoignant de leur désir d’exercer leur profession. Une singularité de regard courageuse, à une époque où souffle un puritanisme de tartuffes.

Vincent Raymond | Mercredi 8 décembre 2021

Droits aux putes ! Cécile Ducrocq et Claus Drexel portent la prostitution à l'écran

D’un côté, un documentaire sur les travestis/trans/prostituées/prostitués du Bois de Boulogne, que la caméra de Claude Drexel cadre en plan fixe à toutes les saisons de l’année, recueillant leurs confidences sur leur vie au quotidien, leur travail du sexe et ce qui les a conduites à le pratiquer. De l’autre, une fiction de Cécile Ducrocq où une mère courage se tue à la tâche en multipliant les passes pour payer une école de cuisine privée à son grand dadais d’ado qui tourne mal. Si dans les deux cas, il n’y a pas d’héroïsation ni d’érotisation de la prostitution, il n’y a pas non plus de misérabilisme ou d’apitoiement de dame-patronnesse sur le sort des protagonistes. Ce qui n’empêche pas les films d’être magnifiquement photographiés, offrant ici des natures mortes sublimes ; là des plans dignes de Schatzberg ou de pochettes de 33t. De

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Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

ECRANS | On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il (...)

Vincent Raymond | Vendredi 3 décembre 2021

Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L’Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu’il figure parmi les plus importants cinéastes contemporains. N’hésitez donc pas à retourner à la rencontre du filmeur Alain Cavalier le samedi 4 décembre à 16h au Comœdia à l’occasion de la projection de la copie restaurée de Thérèse (1986), évocation de la sainte calvadosienne qui avait subjugué le public — et montre que, dans le genre biopic, il existe des approches divergentes confinant à la poésie. La séance est proposée à l’invitation de François Hien, auteur et co-metteur en scène de

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"Le Lac des cygnes" de Preljocaj à la Maison de la Danse

Danse | Figure parmi les plus populaires de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj s’attèle régulièrement à des relectures de grands (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 décembre 2021

Figure parmi les plus populaires de la danse contemporaine française, Angelin Preljocaj s’attèle régulièrement à des relectures de grands classiques narratifs : Roméo et Juliette, les Mille et une Nuits, Blanche Neige… Et ce avec des fortunes diverses. À plus de soixante ans, le chorégragraphe se confronte aujourd’hui au classique des classiques de la danse, Le Lac des cygnes, sur la musique tubesque de Tchaïkovski. Rappelons qu’à l’origine, ce ballet avait été créé en 1895 par Marius Petipa et Lev Ivanov. Créée en 2020 à Paris, la version de Preljocaj met en scène, avec une certaine malice et retenue, quelque vingt-six interprètes au talent époustouflant. Réglée au cordeau, suivant le fil narratif de l'œuvre d'origine, cette pièce foisonne de pistes possibles : pastiche humoristique, échos à l’actualité écologique et économique d’aujourd’hui, passages de la musique classique à l’électro (des musiques signées 79 D), beauté des costumes, utilisation de la vidéo...

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Villeurbanne prend la lumière

Politique Culturelle | La première partie du programme de Villeurbanne, Capitale française de la culture a été dévoilée par le maire, Cédric Van Styvendael.

Sébastien Broquet | Mercredi 17 novembre 2021

Villeurbanne prend la lumière

Passé l'exaltation de la victoire, il a fallu pour les équipes de la Ville et des structures culturelles de Villeurbanne se remettre au boulot et faire d'un dossier une réalité. Ce qui, bien sûr, est beaucoup plus complexe. L'avantage, c'est que le maire et ses équipes de campagne avaient planché sur un programme culturel dense et dépourvu de nouvel événement type festival pour mieux viser le maillage du territoire et le long-terme, hormis un festival du numérique abandonné en cours de route face aux critiques et finalement ressorti du chapeau pour l'occasion sous le noms Les IRréels. Bref, il y avait les fondations, il y avait les idées pour construire, il a fallu charpenter l'ensemble et même si ce n'est pas fini, on commence à mieux saisir tout ce qui se déroulera au fil de cette année 2022. Les IRréels Il y a donc ces IRréels, un festival du numérique qui se déroulera du 7 au 10 juillet et sera porté par le Pôle PIXEL, où seront croisées expériences personnelles des Villeurbannais et œuvres d'artistes, avec du jeu vidéo, de la réalité virtuelle, des performances audiovisuelles. Même si c'est encore trè

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Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

En salles | C'est la clef, dit-on, du succès d’un film. Bien plus que les critiques — voilà pourquoi on les cite pour l’alimenter. Mais le bouche à oreille peut aussi évoquer des histoires de bouches… et d’oreilles…

Vincent Raymond | Mercredi 17 novembre 2021

Les sorties cinéma à Lyon du 17 au 24 novembre

Voix et parole vont souvent de pair, en particulier dans le vocable politique. En pleine précampagne électorale, Jean-Christophe Meurisse des Chiens de Navarre sort avec Oranges sanguines (17 novembre) un bijou corrosif évoquant (notamment) la figure du politique et son usage de la langue de bois à travers un ministre gérant en coulisses l’étouffement d’un scandale médiatique. Volontairement “impur” dans sa forme — une construction de saynètes rend le fil de sa narration discontinu, mais l’effet mosaïque en résultant sert admirablement le propos — ce film choral restitue l’impureté de la chose publique, les arrangements boiteux, les masques sociaux et l’hypocrisie ambiante dont, pourtant, personne n’est dupe. Dialogue, distribution, jeu sont impeccables, et si l’on rit devant ces polaroïds du cynisme contemporain érigé en norme, c’est jaune : qui est le plus monstrueux ? Chacun fabrique le monstre de son prochain. Tragiquement drôle ! Oh, ouïe, encore ! À la même date, mais plus près des tympans, une rom’-com’ charmante, cocasse et touchante de et avec

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Le Réverbère, 40 ans d’images

Photographie | Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Le Réverbère, 40 ans d’images

Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de ses (anciens ou actuels) assistants et assistantes de présenter, chacun sur une cimaise, leur florilège d’images produites par la galerie. L’exposition est prolifique, variée, et ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on redécouvre des photographies vues dans d'anciennes expositions du lieu : quelques chefs d’œuvre coups de poing de William Klein, quelques éclats poétiques de Bernard Plossu, des portraits émouvants d’Arièle Bonzon, des jeux de reflets en abyme du Canadien Serge Clément, des compositions au cordeau de Pierre Canaguier… La sélection la plus osée et la plus troublante est signée Aurélie Sannazzaro qui met en avant le corps : corps érotique, corps pornographique, corps fragile et blessé, corps fragmenté… On y revoit l’un des plus beaux diptyque de Denis Roche, quelques nus de Jacques Damez, et ces genoux photographiés par

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Alice Guy à l'Institut Lumière

Matrimoine | Imaginez la migraine pour les Anglo-saxons : la première cinéaste de l’histoire s’appelait Guy — bon, d’accord de son nom de famille, Alice (1873-1969) (...)

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Alice Guy à l'Institut Lumière

Imaginez la migraine pour les Anglo-saxons : la première cinéaste de l’histoire s’appelait Guy — bon, d’accord de son nom de famille, Alice (1873-1969) étant son prénom. Tombée dans l’oubli pendant près d’un siècle, cette pionnière est pourtant réputée avoir signé les premières fictions scénarisées dès l’âge de… 23 ans en 1896, parmi lesquelles La Fée aux choux. Créatrice et volontariste, celle qui débuta comme secrétaire chez Gaumont devint même patronne de studio aux États-Unis, avant de tout perdre — à cause de son époux. Un destin hors du commun, tardivement réhabilité, qui bénéficie d’un double éclairage grâce à Catel & Bocquet. Après leurs albums consacrés à Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges ou Joséphine Baker, les deux auteurs ajoutent un nouveau chapitre à leur superbe série de biographies de grandes figures féminines/féministes. Ils la présenteront à l’Institut Lumière lors d’une conférence à 18h30 le jeudi 25 novembre puis lors d’une dédicace à la librairie La BD le lendemain. Les insc

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Aux USA : no (Indian) logo

Sport | Aux États-Unis, l'image des Amérindiens (et sa réhabilitation) est aussi devenue un enjeu sur les terrains de sport, où un mouvement est en marche qui tente de faire débaptiser les clubs sportifs emblématiques portant des surnoms liés à une caricature de l'identité indienne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 3 novembre 2021

Aux USA : no (Indian) logo

Dans les années 80, l'activiste et acteur lakota Russell Means déplorait : « bien que le Vatican ait publié en 1898 une bulle papale déclarant que nous étions bien des hommes, le fait que les équipes sportives continuent à faire des Indiens leur mascotte montre la survivance d'un racisme institutionnel. » Sans doute l'ancien leader de l'American Indian Movement, décédé en 2012, apprécierait-il le mouvement qui se dessine dans le sport américain depuis deux décennies, lui qui dès 1972 avait poursuivi en justice l'équipe de baseball des Cleveland Indians pour sa mascotte grotesque qui donnait « l'impression aux Amérindiens d'être perçu tantôt comme des sauvages, tantôt comme des clowns ». Depuis ses origines, le sport professionnel (et universitaire) américain, monstre référentiel de la pop culture US, affuble ses équipes de surnoms liés à leur environnement plus ou moins immédiat (faune locale, histoire, géographie, folklore). Les In

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Pascal Elbé : « quand on est prêt à se regarder, on peut enfin se tourner vers l’autre »

On est fait pour s’entendre | Pascal Elbé signe une charmante rom-com dans laquelle il campe un prof tombant des nues en se découvrant malentendant et amoureux de sa voisine interprétée par Sandrine Kiberlain. Un regard original sur l’ouïe défaillante, entre autres handicaps invisibles…

Vincent Raymond | Jeudi 18 novembre 2021

Pascal Elbé : « quand on est prêt à se regarder, on peut enfin se tourner vers l’autre »

Qu’y a-t-il de personnel dans ce film ? Pascal Elbé : Absolument rien (sourire). Non, en fait, c’est un problème personnel : j’ai perdu l’audition il y a quelques années ; c’était le prétexte parfait pour parler de sentiments, de notre rapport à l’autre, de cette époque où on a du mal à se tourner les uns vers les autres, à s’entendre. On vit dans une époque ultra connectée, de relations d’amis virtuels, où il y beaucoup de solitude — pas que dans les grandes villes, dans les campagnes aussi. Alors un personnage amputé d’un sens, qui rencontre un autre personnage, elle aussi diminuée dans son rapport à l’autre, j’ai trouvé que ça résonnait, ça s’alignait bien. Et comme j’ai découvert que j’étais devenu romantique, j’en ai fait une comédie romantique parce qu’apparemment le romantisme, c’est quand deux personnes finissent par se trouver… Ce qui est un peu le principe de la vie. Par rapport à votre vécu, que vous a apporté la lecture du livre de David Lodge, La Vie en sourdine ? On m’avait conseillé ce livre qui raconte la vie au quotidien d’un professeur d’univ

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Chacun cherche sa châtaigne

Ardèche | Pour que soit préservé leur métier, les cultivateurs de châtaignes ont initié il y a une trentaine d’années la création du Parc naturel des Monts d’Ardèche sur lequel pousse ce fruit délicieux, AOP, et célébré en cet automne par des fêtes dédiées : les castagnades.

Nadja Pobel | Vendredi 5 novembre 2021

Chacun cherche sa châtaigne

150 communes et un bon tiers du territoire départemental : c’est sur cet espace que se déploie le Parc naturel des Monts d’Ardèche, de Saint-Agrève aux Vans et de Saint-Laurent-les-Bains à Saint-Cierge-la-Serre, qui lèche le Rhône. Ouvert en 2001, ce parc constitué de plateaux (pour l’élevage du bœuf Mézenc AOP notamment et pour les myrtilles), de pentes et du piémont cévenol (avec vignes et oliviers) ne serait pas né sans la volonté des castanéiculteurs de sauver leur production. À la fin des années 1990, l’engouement des sixties et seventies pour l’Ardèche s’est tari et s’opère alors un dépeuplement ; l’agriculture est en recul et les châtaigneraies s’embroussaillent dans ces pentes, compliquées à travailler. Pour ces agriculteurs particuliers, la création du PNR — Parc Naturel Régional — sera une planche de salut puisque sa fonction est d’être « un outil de développement de territoire sur une zone rurale en difficulté », nous confie sa chargée de mission communication Vanessa Nicod. Aujourd’hui 30 000 hectares de châtaigneraies sont recensés mais seuls 5000 sont cultivés — le problème étant que la transmiss

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Halloween avec Carpenter et Dante au Lumière Terreaux

Midnight Movies | Les choses sont bien faites : le dimanche 31 octobre, on peut à la fois se coucher tard ET faire sa misère à son réveil puisque c’est la nuit du changement (...)

Vincent Raymond | Mercredi 20 octobre 2021

Halloween avec Carpenter et Dante au Lumière Terreaux

Les choses sont bien faites : le dimanche 31 octobre, on peut à la fois se coucher tard ET faire sa misère à son réveil puisque c’est la nuit du changement d’heure et que le lendemain a la bonne idée d’appartenir à l’espèce des jours fériés. Cerise sur le caveau, c’est aussi Halloween et pour l’occasion, le Lumière Terreaux programme à 20h30 un double bill pas piqué des asticots, avec en hors d’œuvre les loups-garous de Hurlements de Joe Dante (1981) suivis par l’incarnation démoniaque du Prince des ténèbres telle qu’imaginée par le prolifique John Carpenter (1987). Deux bonnes raisons de frissonner si le temps est encore trop clément ; deux excellentes machines à engendrer du cauchemar carabiné…

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"La Fracture" de Catherine Corsini : corps social à l’hôpital

Comédie Dramatique | En un quasi temps réel, Catherine Corsini passe au rayons X et à 360° le “moment“ social des Gilets Jaunes dans un lieu essentiel où se joue une comédie humaine si réaliste qu’elle en devient fatalement tragique. Mieux qu’un épisode inédit d’Urgences : une réussite.

Vincent Raymond | Mardi 26 octobre 2021

Certes, il a récupéré une Queer Palm sur la Croisette parce que Marina Foïs et Valeria Bruni Tedeschi y interprètent un couple de lesbiennes en pleine rupture — intrigue très secondaire du film. N’empêche… On se demande bien ce que les festivaliers ou jurés étrangers ont pu saisir et apprécier de La Fracture avec ses références si franco-françaises, dont la conférence de presse à Cannes fut de surcroît cannibalisée par la sur-interprétation d’une déclaration enflammée de Pio Marmaï. Scandale éphémère bien commode qui allumait un contre-feu médiatique là où La Fracture porte plutôt la caméra dans la plaie. Ce que le cinéma de Catherine Corsini fait de plus en plus, avec à chaque fois davantage d’à-propos et d’universalité. Mais pouvait-il en être autrement en choisissant ici comme scène quasi-unique, ce lieu-monde qu’est

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Le cinéma Le Zola change de directeur

Villeurbanne | Changements imminents au Cinéma Le Zola ! À quelques semaines du Festival du Film Court (42e édition et seconde de l’année, du fait des reports covidiens), (...)

Vincent Raymond | Lundi 11 octobre 2021

Le cinéma Le Zola change de directeur

Changements imminents au Cinéma Le Zola ! À quelques semaines du Festival du Film Court (42e édition et seconde de l’année, du fait des reports covidiens), Olivier Calonnec le directeur du mono-écran villeurbannais quitte non seulement son poste mais aussi la région. À 38 ans, il rejoint sa Bretagne natale et s’apprête à prendre la direction d’un établissement de Vannes… début novembre. L’Association pour le cinéma, qui gère le seul cinéma de Villeurbanne, se met donc en campagne pour trouver un ou une successeur. L’enjeu est d’importance : outre l’exploitation ”ordinaire” des films de cette salle très dynamique classée art & essai, le Zola programme trois festivals (Film Court, Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain, Ciné O’clock…) et sera sans nul doute l’un des lieux-clefs de "Villeurbanne 2022, capitale de la culture" l’an prochain.

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"Mourir peut attendre", un dernier James Bond pour Daniel Craig : mourir et laisser vivre

Espionnage | Sorti de sa retraite pour contrer une pandémie terroriste (et se venger de Blofeld), Bond se découvre de nouveaux ennemis… et des alliés et alliées inattendues. Retardé depuis 18 mois, l’ultime épisode interprété par Daniel Craig clôt par un feu d’artifice inédit son cycle d’aventures dans la peau de l’agent britannique. Défense de spoiler !

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Après avoir porté un sérieux coup à l’organisation criminelle Spectre et capturé son chef Ernst Stavro Blofeld, James Bond s’octroie une escapade italienne en compagnie de Madeleine Swann. Leur tête-à-tête romantique va être contrarié par plusieurs fantômes de leurs passés respectifs, les contraignant à une rupture brutale. Cinq ans plus tard, Bond est tiré de sa retraite par son ami Felix Leiter de la CIA, après qu’un savant russe retourné par le MI6 a été enlevé avec une redoutable arme biologique de sa confection… Tourné et finalisé avant la pandémie, retardé à cause d’icelle, Mourir peut attendre traite donc d’une… pandémie. Ou du moins du combat de James Bond contre une puissance terroriste cherchant à déclencher une attaque bactériologique (pour faire simple) à l’échelle planétaire. Un argument réactualisant celui de Au Service Secret de Sa Majesté (1969) de Peter Hunt, lui-même produit au moment de l’épidémie de grippe de Hong Kong. La fatalité a de ces ironies… Seul épisode interprété pa

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Angelin Preljocaj avec Deleuze et Hendrix au festival Chaos Danse

Danse | Pour sa nouvelle création, Angelin Preljocaj donne mouvements et figures à la musique de Jimi Hendrix et… à la voix du philosophe Gilles Deleuze (des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 6 octobre 2021

Angelin Preljocaj avec Deleuze et Hendrix au festival Chaos Danse

Pour sa nouvelle création, Angelin Preljocaj donne mouvements et figures à la musique de Jimi Hendrix et… à la voix du philosophe Gilles Deleuze (des extraits d’enregistrements de ses cours à Vincennes, notamment celui sur Spinoza) ! Huit danseurs de haut vol sont rassemblés pour l’occasion, entre explosions de riffs de guitare et voix posée et onctueuse de Deleuze. Preljocaj a toujours été admiratif du philosophe et l’a ici associé avec Hendrix parce que, selon lui, ces deux-là ont ouvert de grandes brèches libératrices dans leurs domaines respectifs. Deleuze/Hendrix sera jouée les 12 et 13 octobre au Théâtre Astrée à Villeurbanne et ce spectacle ouvre la saison du festival Chaos Danse 2021-2022.

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Feuilles d'automne, le 7e salon Lyon Art Paper

Dessin | Lyon Art Paper est un salon entièrement consacré au dessin contemporain, dont la septième édition rassemble 68 artistes.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 octobre 2021

Feuilles d'automne, le 7e salon Lyon Art Paper

Depuis maintenant plusieurs années, le dessin a le vent en poupe et les événements (expositions, foires…) qui le mettent en avant se sont multipliés, en France comme à l’étranger. À Lyon, le salon Lyon Art Paper est aujourd’hui bien installé parmi le paysage artistique de la ville, avec déjà six éditions à son actif. La septième rassemblera 68 artistes (représentés ou non par une galerie) qui ont pour support commun le papier, mais dont les techniques (aquarelle, crayon, collage, impression numérique…) sont aussi diverses que les styles et les univers. Expressionnistes en diable Chaque année, le salon décerne un prix et en 2020, les jeunes artistes Cléo Duplan et Nicolas Cluzel en ont été les lauréats. Une exposition focus leur sera consacrée au sein du salon, ainsi qu’en parallèle à la galerie L’œil écoute (du 8 au 30 octobre). Source principale d’expression pour la Marseillaise Cléo Duplan, le dessin s’affirme chez elle comme un souffle d’images aux références multipl

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Eliz Murad : l'Arabe du turfu

Portrait | Rangée du duo Teleferik avec lequel elle officia pendant dix ans, la chanteuse-musicienne-autrice-compositrice Eliz Murad, Franco-libanaise, désormais installée et travaillant entre Lyon et Saint-Étienne, vient de publier son premier EP solo, Apocalypsna, qui marque un virage musical dans sa carrière mais prolonge une constante : allier le bon vieux rock au chant en arabe.

Stéphane Duchêne | Jeudi 7 octobre 2021

Eliz Murad : l'Arabe du turfu

La grande légende du rock raconte que les Happy Mondays, cette bande de zinzins primo-délinquants ayant conquis Manchester puis la planète indé avec un futé mélange de soul-dance queutarde et d'indie-rock dessalé en traînant — avant une épiphanie en vendant des saloperies stupéfiantes — dans les escaliers des boîtes "deux salles deux ambiances". La fusion de danse et de rock aurait alors fait masse dans les cervelles à rude épreuve de Shaun Ryder & friends qui en auraient tiré leur joyeux gloubiboulga pour party people exigeants et désinvoltes. Tout cela n'a pas grand-chose à voir avec Eliz Murad qui vient de produire depuis Lyon son premier EP solo, Apocalypsna, après dix ans passés au sein du duo parisien Teleferik, et pourtant. Franco-libanaise née à Paris de parents exilés, Eliz a grandi en écoutant Nirvana et consorts dans sa chambre auxquels venaient se superposer en arabe les voix de Fairuz, légende libanaise, ou d'Oum Kalthoum, mythe égyptien, qu'écoutait sa mère. Une collision qui dans l'esprit mixte fait très tôt germer l'idée, l'envie, d'entendre du r

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Philippe Le Guay : « on a tous en nous des choses que l’on refoule »

L’Homme de la cave | Décrivant la mécanique du complotisme et du harcèlement, le nouveau Philippe Le Guay éclaire le présent par le passé et met en lumière les penchants sinistres de l’âme humaine. Conversation avec le cinéaste et ses interprètes, François Cluzet et Jérémie Renier.

Vincent Raymond | Mercredi 13 octobre 2021

Philippe Le Guay : « on a tous en nous des choses que l’on refoule »

D’où vient cet “homme de la cave” ? Est-il une métaphore ?Philippe Le Guay : Absolument. C’est la conjonction de plusieurs choses. D’abord une histoire, et puis un thème autour d’une sorte de fléau contemporain qui est le complotisme — ces gens capables de dire inlassablement : « est-ce que la vérité est vraiment la vérité ? Il faut se méfier des vérités officielles, on va poser des questions… », non pas pour arriver à une vérité plus haute comme ça doit être le cas pour les savants et les historiens, mais pour brouiller la vérité. Enfin, avec le fait que le personnage de Françoise Cluzet est dans une cave, il y a quelque chose de beaucoup plus émotionnel, d’angoissant, qui se rattache à la grande tradition du thriller. Cette conjonction a été un détonateur. Un tel film, qui explore des zones sombres de la nature humaine comme les souterrains d&

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"L'Homme de la cave" de Philippe Le Guay : le démon intérieur

Thriller | Un négationniste s’installe dans la cave d’une famille juive et lui pourrit la vie tout en faisant croire qu’elle le persécute. Aidé par un François Cluzet effrayant, Philippe Le Guay renoue avec l’acuité mordante à laquelle il avait depuis longtemps renoncée dans cette illustration de la perverse religion du complotisme et de la manière dont ses apôtres fidélisent, en flattant leurs plus bas instincts ou les brossant dans le sens du poil, de nouveaux séides.

Vincent Raymond | Mercredi 13 octobre 2021

Paris, de nos jours. Parce qu’il n’en a pas l’usage, Simon Sandberg vend la cave de l’appartement familial. Parce qu’il a confiance, il accepte l’offre de Jacques Fonzic, prof grisonnant et plaintif en quête d’un local pour entreposer les affaires de sa défunte mère. L’affaire conclue, Fonzic va habiter le réduit et révéler son vrai visage : celui d’un négationniste, instillant son venin partout dans l’immeuble et surtout dans la famille Sandberg, rescapée de la Shoah. L’enfer commence… N’était la traditionnelle mention figurant au générique indiquant que l’argument est tiré de faits réels, l’on pourrait croire à un conte philosophique tant il y a d’études de caractères, de portraits sociologiques, d’interprétations métaphoriques et/ou psychanalytique et de morales à tirer dans cette histoire. À bien des égards, elle est exemplaire : contemporaine et universelle, &eacut

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Vincent Maël Cardona présente "Les Magnétiques" dans les salles du GRAC

Avant-Première | On parle régulièrement dans ces colonnes du programme Ciné Collection des salles du GRAC qui propose chaque mois sur les écrans de ce groupement régional de (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Vincent Maël Cardona présente

On parle régulièrement dans ces colonnes du programme Ciné Collection des salles du GRAC qui propose chaque mois sur les écrans de ce groupement régional de salles indépendantes de (re)voir des copies restaurées de films du patrimoine à travers des programmes thématiques éclectiques et de qualité. L’actualité du Festival Lumière, gigantesque coup de rétro-projecteur sur l’Histoire du 7e Art — nous incite à mettre le focus sur une autre démarche du GRAC, tout aussi précieuse : ses “tournées“ visant à soutenir un film d’actualité (avant ou juste après sa sortie), promenant son réalisateur ou un membre de son équipe à la rencontre des publics de son vaste réseau. Du dimanche 17 au vendredi 22 octobre, c’est à un petit marathon que va se plier Vincent Maël Cardona en escortant son premier long-métrage Les Magnétiques, retraçant sous forme romancée l'épopée des radios libres et de la libération des ondes en 1981. Une formidable incarnation de ces années de son et d

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Festival Lumière : silence, on ouvre !

Cinéma | Renouveler la cérémonie d’ouverture d’un festival dédié au cinéma de patrimoine tient à la fois de l’oxymore et du mythe de Sisyphe puisqu’il faut (...)

Vincent Raymond | Mercredi 6 octobre 2021

Festival Lumière : silence, on ouvre !

Renouveler la cérémonie d’ouverture d’un festival dédié au cinéma de patrimoine tient à la fois de l’oxymore et du mythe de Sisyphe puisqu’il faut sempiternellement refaire du neuf avec de l’ancien… tout en maintenant les plaisante traditions — notamment, la déclamation solennelle par le chœur des talents présents mâchouillant dans un sabir incompréhensible et désynchronisé le sésame lançant officiellement les festivités : « nous déclarons ouvert Lumière 2021 etc. ». Bien sûr, il faut s’attendre à des hommages à celles et ceux qui ne sont plus, aux devancières et devanciers de Jane Campion ; des surprises sans doute, mais aussi une prometteuse création originale conjuguant hier et aujourd’hui : un ciné-concert autour du Caméraman de Buster Keaton et Edward Sedgwick (1928), accompagné en direct au piano par Vincent Delerm. On peut difficilement trouver plus parfait symbole d’amour, de cinéma et d’amour du cinéma jusque dans la liturgie obstinée de sa fabrication que cette virevoltante comédie sentimentale où le héros, en se positionnant face à l’

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Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

Théâtre | Au Théâtre des Clochards Célestes, une radiographie douce-amère des couples d’artistes par deux comédiens et metteurs en scène : Joséphine Chaffin et Clément Carabédian.

Nadja Pobel | Vendredi 24 septembre 2021

Aux Clochards Célestes, variations sur le même t’aime pour Joséphine Chaffin et Clément Carabédian

La profession de son épouse ? « Me rendre heureux » confie Gustav Mahler au micro de la radio imaginaire concoctée par l’autrice Joséphine Chaffin et le comédien (notamment pour Christian Schiaretti) Clément Carabédian. Durant une heure, ce duo signe aussi la mise en scène et explore de façon ludique, parfois légèrement didactique (comme durant le passage sur la féminisation des noms de métier) mais surtout habile la place de la créatrice en couple avec un créateur. Dans la peau de l’intervieweuse, Joséphine Chaffin ne questionne à son micro que des hommes. Malher voit en son épouse celle qui lui permet de se construire et non la compositrice qu’elle est aussi, Chopin s’agace : c’est lui qui a fait George Sand. Francis Scott Fitzgerald signe seul ce qu’il co-écrit avec son épouse Zelda. Niki de Saint-Phalle et Jean Tiguely établissent, eux, un rapport d’égalité. Dans un rythme enlevé (Beyoncé et Jay-Z passent aussi par ici, ainsi que Burton / Taylor, Varda / Demy…), les deux fondateurs de la compagnie Superlune maitrisent très bien la joute oratoire et la narration induite par la radio — passage d’an

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Célestins : "Skylight" de Claudia Stavisky, bataille rangée

Théâtre | Les acteurs ne peuvent pas tout. Si bons et engagés soient Patrick Catalifo et Marie Vialle dans la dernière création de Claudia Stavisky, Skylight, ils ne parviennent pas à gommer le simplisme du texte de David Hare.

Nadja Pobel | Mercredi 22 septembre 2021

Célestins :

« T’aurais pu réussir comme moi » lui lance-t-il au visage, le mépris en bandoulière qui ne le quittera pas. Tom, costard-cravate, la cinquantaine, vient de faire irruption chez Kira, vingt ans de moins. Durant six ans, elle fut son amante avant que l’épouse officielle — désormais défunte — du premier, amie de la seconde, ne découvre tout. Ils ne se sont pas revus depuis. Elle était serveuse puis gérante dans l’un de ses nombreux restaurants, la voici devenue prof auprès des gosses difficiles d’une banlieue londonienne. Elle aime écouter les gens dans son long trajet quotidien en bus pour prendre le pouls de la société post-thatchérienne ; lui s’énerve que ses nouveaux collègues, ces « petits cons formés en école de commerce », portent une Rolex. À chacun sa sensibilité. Jamais l’auteur David Hare ne cite l’ancienne Dame de fer dans ce texte dont la première a eu lieu en 1995 au National Theater de Londres, cinq ans après qu’elle a quitté le pouvoir. À cette époque, l’écrivain a perdu de sa verve passée, sa radicalité s’est émoussée. En 1970, il créé Slag

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"Candyman" de Nia DaCosta : double crochet du droit

Horreur | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini-Green autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés… Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long-métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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Lyon : festivals à gogo !

Cinéma | À peine sort-on des Hallus, avant de se jeter dans Lumière, voici qu’une nouvelle brassée de festivals jaillit, réclamant de notre part attention(s) et ubiquité. Un vrai problème de riche !

Vincent Raymond | Jeudi 23 septembre 2021

Lyon : festivals à gogo !

À tout seigneur, tout honneur : gros morceau de cette quinzaine, les 37e Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (du 22 septembre au 5 octobre) se déploient au Zola comme l’an passé en version automnale afin de compenser l’ajournement du mois de mars — donnant, au passage, l’illusion que nous vivons un mois de mars austral. Dotés d’un imposant programme espagnol où les réalisatrices figurent à l’honneur (Icíar Bollaían pour La Boda de Rosa, Pilar Palomero pour Las Niñas, Paula Cons pour La Isla de las Mentiras etc.), nanti de son lot d’inédits et d’avant-premières (la sensation cannoise venue d’Haïti Freda de Gessica Geneus, Sentimental de Cesc Gay…), d’une compétition “premiers films”, de ses savoureux “minutos picantes“ agrémentant les avant-séances et des résonances dans les cinémas de l’agglomération, ces Reflets ne sont en rien l’ombre d’eux-mêmes ! Mais aussi… Engagée depuis le 17 septembre dernier, l’édition

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De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Ain / Rhône | Entre Jujurieux et Lyon se dessine une histoire autant industrielle que sociale autour de la soie. Balade en deux temps.

Nadja Pobel | Jeudi 23 septembre 2021

De Jujurieux à la Croix-Rousse, un monde en soie

Soieries Bonnet - Jujurieux C’est une extension de ce qui se trame à Lyon, qui se trouve et se visite toujours à Jujurieux dans l’Ain (à 70 km de Lyon) sur les terres de l’écrivain et prix Goncourt de la poésie, Charles Juliet. En 1835, l’entrepreneur Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) installe dans son village de naissance un véritable pensionnat-école, le premier du genre en France. Lui-même a appris le métier de tisseur à Lyon avant de devenir fabricant dans le quartier des Terreaux à 24 ans. Dans l’Ain, il va faire travailler jusqu’à 2000 personnes en même temps pour la filature, le moulinage et le tissage. À la fin du XIXe siècle, ce sont 800 ouvriers qui œuvrent de chez eux pour le dévidage des cocons et 1200 sur place — dont 800 jeunes filles dès 12-13 ans, venues l’Ain, de Savoie voire l’Italie du Nord, placées par leur famille ou recueillies à l’orphelinat de l’hôpital lyonnais de la Charité (l'actuelle place Antonin Poncet : il n’en reste que le clocher). Bon

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