Aime le mot dit : "M"

Et aussi | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Photo : © Ad Vitam


Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d'une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d'un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d'individus — rien de commun donc avec ces it-girls précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance. La preuve ? Elle n'a pas converti sa consécration dans le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l'enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l'écriture et la réalisation de son premier long succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n'a rien d'une toquade.

Un film initial

Le changement d'état, de statut, par l'accomplissement artistique est précisément l'un des sujets de M : Lila, lycéenne brillante mais renfermée du fait de son bégaiement, gagne de la confiance en soi et se met à écrire lorsque Mo, un électron libre s'intéresse à elle. Or si Lila peine à parler, Mo cache son illettrisme. Cet argument de l'incommunicabilité aurait pu donner lieu ailleurs à une comédie sentimentale redoutable, Sara Forestier se démarque du gag pataud pour creuser les drames ayant mené ses personnages à ces destins si tourmentés. Leurs vies lestées d'absences sont denses, leur histoire intime apparaît aussi heurtée que sensuelle — rarement le désir féminin aura été montré aussi crûment, et cependant dans son naturel le plus humide.

À la fois autrice et comédienne, Forestier ne vampirise pourtant pas le film, mesurant la présence de son personnage à l'écran, avec cette même justesse qui rend la trentenaire crédible dans la peau d'une ado de 17 ans. Cet art d'allier contraires et contrastes se retrouve dans sa capacité à former une œuvre cohérente parsemée d'icônes du chaos (Jean-Pierre Léaud en père démissionnaire, Christophe à la B.O.) : sous la rigueur, la sauvagerie couve et avec elle l'âpreté des enfances mal aimées, des banlieues boiteuses, des économies parallèles, du déterminisme… Tout un contexte embrassé sans pathos et décrit à mots couverts. Mais d'une voix déjà assurée.

M de et avec Sara Forestier (Fr, 1h 38) avec également Redouanne Harjane, Jean-Pierre Léaud, Liv Andren, Nicolas Vaude…


M

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

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Mo est beau, charismatique, et a le goût de l'adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu'il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c'est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d'imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire.


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Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Capitale de la Culture 2022 | L'année "Capitale française de la culture" a été lancée à Villeurbanne, en présence de Roselyne Bachelot. Au-delà de quelques marqueurs événementiels, c'est surtout du côté des dispositifs pérennes qu'il faut regarder, à l'instar des minimix, ces petits centres culturels soudés au sein des écoles.

Sébastien Broquet | Mardi 18 janvier 2022

Villeurbanne, première Capitale française de la culture

Elle est sur orbite, cette année spéciale de Villeurbanne, celle où elle est devenue la toute première Capitale française de la culture — ce nouveau label initié par le ministère de la Culture qui a choisi la cité du solide emblème de la décentralisation, le Théâtre National Populaire, pour en être la première incarnation. Roselyne Bachelot, la ministre attitrée, s'est déplacée en personne pour lancer les festivités le vendredi 7 janvier, à peine perturbées par des intermittents en colère. Mais passés les cotillons dont on nous avait privé une semaine plus tôt, qu'est-ce qu'il nous reste à observer durant cette année ? Nous l'avions déjà expliqué lors d'un précédent article, le mercredi 17 novembre 2021, le maire Cédric Van Styvendael et ses équipes avaient tenté le coup pour cette candidature en intégrant à leur dossier plusieurs éléments déjà conceptualisés et imaginés pour leur programme de campagne électorale, à l'instar d'un festival du numérique (devenu les IrRéels) et surtout des minimix, véritables ambassades culturelles disposées au sein des écoles, qui d'idée à développer au fil du mandat sont devenues élément phare de cette année culturelle

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Le dramaturge Novarina expose à l'URDLA

Peinture | Tandis que Jean Bellorini met en scène son Jeu des ombres au TNP, l'artiste et écrivain Valère Novarina expose peintures et estampes à l’URDLA. L’agitateur des mots s’y poursuit agitateur des formes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Le dramaturge Novarina expose à l'URDLA

Se remémorant ses débuts improvisés et autodidactes dans la pratique plastique, Valère Novarina nous raconte qu’il s’était trouvé un jour isolé dans un chalet pour écrire mais, à court de mots, il s’était mis alors à dessiner, dessiner, dessiner… Un flux graphique prenant le relais de ses habituels flux de mots composant ses nombreuses pièces de théâtre. Depuis, la peinture est entrée au sein de ses mises en scène comme un élément, non pas de décor, mais de dialogue et de stimulation pour les acteurs (elles sont là pour les surprendre, voire leur faire peur, les agiter en tout cas). Paroles, peintures, corps en mouvement, c’est tout un même espace d’échanges, d’échos, de rebonds, chez Valère Novarina. Une danse à trois temps avec beaucoup de vide et de syncopes, d’entrechocs et de brisures. L’écrivain-artiste insiste sur ce qui surgit, s’improvise, s’élance à travers sa main : mots ou lignes, noms ou figures. Il compose, maintenant, des œuvres plastiques détachées de la scène, existant pour elles-mêmes. À chaque fois, c’est comme un coup de dés qui fait proliférer tout un u

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Étreinte Brizé à l'Institut Lumière

Patrimoine | La nature a horreur du vide, la programmation de l’Institut Lumière également. Aussi trouve-t-on dans les interstices laissés entre les grandes (...)

Vincent Raymond | Lundi 17 janvier 2022

Étreinte Brizé à l'Institut Lumière

La nature a horreur du vide, la programmation de l’Institut Lumière également. Aussi trouve-t-on dans les interstices laissés entre les grandes rétrospectives, de petits cycles ou thématiques qui sont comme autant de respirations bienfaisantes. Avant d’aborder prochainement les dominantes Natalie Wood et Joseph Losey, évoquons ces harmoniques rythmant les prochaines semaines. D’abord, un coup de chapeau à ces deux œuvres quinquagénaires que sont Aguirre la colère de Dieu de Werner Herzog et Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel. Toutes deux marquées par une forme d’obsession absurde confinant à la folie ; l’une étant le (presque) premier film de son auteur, l’autre son (presque) dernier. Ensuite, un retour sur les dernières œuvres de Stéphane Brizé, avant de l’accueillir pour l’avan

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Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

ACTUS | Que faire d’un aspirateur qui n’aspire plus ou d’un grille-pain qui ne grille plus ? On ne répare plus, on jette bien sûr. Et on rachète du neuf. L’art du rafistolage n’est plus à l’ordre du jour, il a laissé place à une société de consommation aussi exigeante que fainéante. Heureusement, quelques bricoleurs résistent encore à l’envahisseur et assaillent les Repair Café.

Louise Grossen | Mardi 18 janvier 2022

Réparer c'est recycler avec l'Atelier Soudé

C'est une Amstellodamoise, Martine Postma, qui est à l’origine du concept. Révoltée par l’absence de scrupules des industriels à programmer l’obsolescence des objets, elle crée le Repair Café, un lieu où chacun peut apporter un objet cassé et s’atteler à sa réparation, assisté par un bénévole. Suite à l’indiscutable réussite du premier lieu à Amsterdam (en 2009), Martine crée la Fondation Repair Café et essaime le concept à l’international. C’est ainsi qu’à l’Atelier Soudé (dont le QG est au Croiseur, Lyon 7e), depuis 2015, les tours de main précieux sont partagés, un réseau de compétences se tisse, les problèmes sont mis en commun et les solutions sont trouvées ensemble. Les rencontres nourrissent les échan

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La Belle Meunière de retour au TNG

Théâtre | Retour au TNG de cette compagnie de l’Allier qui sublime la matière et les éléments.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

La Belle Meunière de retour au TNG

En 1999, la plasticienne et scénographe (et collaboratrice de Joël Pommerat) Marguerite Bordat a croisé la route du metteur en scène Pierre Meunier, qui avait créé la compagnie de La Belle Meunière sept ans plus tôt. Ensemble, ils inventent des formes singulières sur les lois de l’apesanteur (Badavlan) ou sur la matière visqueuse qu’est la vase. Cinq laborantins font des recherches sur cette boue, la pensent et l’expérimentent au point que les deux tonnes d’argile et d’eau trimbalées de scène en scène débordent et envahissent l’espace. Voir l’humain tenter de maitriser les éléments naturels, constater qu’il bute sur cette prétendue toute puissance amuse le duo qui signe avec Terairofeu son troisième spectacle à destination du jeune public (dès 6 ans pour cet opus). Les quatre éléments ne sont que des menaces désormais

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Rencontre avec Robert Combas à la galerie Slika

Peinture | La galerie Slika (en compagnie de la librairie Descours) propose le mercredi 19 janvier à 19h une rencontre avec le peintre et sculpteur (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

Rencontre avec Robert Combas à la galerie Slika

La galerie Slika (en compagnie de la librairie Descours) propose le mercredi 19 janvier à 19h une rencontre avec le peintre et sculpteur prolifique Robert Combas, en dialogue avec Thierry Raspail l'ancien directeur du Musée d’Art Contemporain (qui avait consacré une grande exposition à l'artiste en 2012). L’occasion de retracer le très riche parcours de ce peintre de la figuration libre et d’aborder son actualité, notamment la parution d’un ouvrage en lien avec la ville de Sète et Georges Brassens. La musique a toujours été importante dans l’univers de Robert Combas (il s’est même essayé à former un groupe), et la rencontre sera d’ailleurs ponctuée d’un intermède musical du saxophoniste Lionel Martin pour qui il a réalisé une pochette de disque. Rencontre avec Robert Combas animée par Thierry Raspail A la galerie Slika, le mercredi 19 janvier à 19h.

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L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Contemporain | Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 janvier 2022

L'âge de Glass à l'Opéra Underground

Lyon et ses différentes scènes n'ont jamais été avares de Philip Glass, sans doute l'un des compositeurs qui y est le plus joué (mais cela vaut pour toutes les villes). Et voilà l'Opéra Underground (et Superspectives) pour en remettre une magnifique couche à la rencontre du pape de la musique minimaliste mais pas que (on lui doit des concertos, des symphonies, des musiques de film et même des opéras). Et c'est même un véritable marathon que promet l'OU aux mélomanes les plus résistants/motivés/amoureux et ce pendant cinq jours. Ça démarre avec François Mardirossian, pianiste et co-directeur de Superspectives, qui livre trois soirs de suite une quasi intégrale au piano. On y retrouve évidemment les plus grandes pièces "Glassées" : Metamorphosis et Mad Rush (mardi 25 janvier à 18h30)

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Comme une image au Théâtre du Fou

Théâtre | C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du (...)

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Comme une image au Théâtre du Fou

C’est un travail simple, modeste, dense et vraiment intéressant que celui qu’a fait Renaud Rocher pour la pièce Comme une image. Le directeur du Théâtre du Fou (Lyon 1er) a collecté des témoignages d’enseignants, les a entrecroisés et les a mis en scène avec trois comédiens qui alternent des visions inquiètes, parfois colériques mais jamais totalement désespérées, de celles et ceux qui endossent cette profession avec une forte conviction. Dans un décor minimal où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. Car l’école déborde de son cadre pour irriguer la société entière, que l’on soit parent ou non. À voir du jeudi 20 au dimanche 23 janvier à 20h30 (sauf le dimanche, à 18h).

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Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Puy-de-Dôme | Peut-être sera-t-elle capitale européenne de la Culture en 2028. Clermont-Ferrand, n’est pas que la ville-Michelin (même si l’entreprise est omniprésente) et lance sérieusement sa campagne en ce début d’année, au moment où le festival du court, le plus grand au monde, retrouve son public du 28 janvier au 4 février. Cap sur l’attachante capitale auvergnate.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Clermont-Ferrand, en long, en large... et en courts

Il faut bien reconnaitre que la consécration de capitale européenne de la Culture lui irait comme un gant. En 2023, on saura qui des villes candidates sera à l’honneur en 2028. Ici, la Scène Nationale est flambant neuve, le FRAC s’apprête à déménager pour s’agrandir, la Coopérative de Mai est l'une des SMAC les plus remuantes de l’Hexagone et le festival du court-métrage s’apprête à montrer 154 films. D’un lieu à l’autre, balade dans la cité anthracite où les affiches colorées de Castelbajac et du maire socialiste Olivier Bianchi souhaitent, aux passants, une bonne année. Clermont, plein centre Le marché de Noël vient juste de remballer ses cabanes et la place de la Victoire peut laisser apparaitre la majesté de Notre-Dame-de-l’Assomption. Construite comme tant d’habitations de la ville en andésite

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Festival Télérama et Incontournables UGC : séances de rattrapage

ECRANS | Deux semaines pour se mettre à niveau sur les sorties de l’an passé et même anticiper sur celles des prochaines semaines, cela vous dit ? D’abord chez UGC et ensuite dans les salles Art & Essai, tout à petits prix.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Festival Télérama et Incontournables UGC : séances de rattrapage

Bien chamboulée et surtout amputée par presque cinq mois de fermeture, l’année cinématographique 2021 a tout de même accueilli 478 nouveaux films sur les écrans, soit davantage, en moyenne, que d’habitude — les reports de 2020 n’y sont pas étrangers. Les spectateurs ayant eu le privilège (et le temps) de voir tout ce qu’ils convoitaient peuvent sans doute se compter sur les doigts d’un dinosaure ; on se réjouit donc de pouvoir rattraper, au vol, des jalons trop vite éclipsés grâce à deux rendez-vous reconduits : les incontournables UGC (du 12 au 18 janvier) et le Festival Télérama qui lui succède (du 19 au 25 janvier). Le premier programme treize films dans les deux plus grands sites lyonnais que sont UCG Confluence et Part-Dieu, dont — surprise ! — pas mal distribués par la filiale maison. À chaque jour son ou ses titres mais attention : certains films ne sont visibles que sur l’un ou l’autre des sites. Mercredi 12 Aline de Valérie Lemercier, Boîte Noire de Yann Gozlan ; jeudi

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Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Cinéma | Portrait inattendu et délicat d’une apprentie comédienne sous l’Occupation, rempli d’éclats autobiographiques discrets : le premier long-métrage de Sandrine Kiberlain est surtout un exceptionnel exercice de réalisation. Rencontre avec une jeune autrice qui va bien.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Sandrine Kiberlain : « c’est un film sur les premières fois »

Vous avez attendu longtemps avant d’oser écrire et mettre en scène. En cela, votre démarche est parallèle à celle de votre père, David Decca, qui avait attendu à peu près le même âge pour se lancer dans l’écriture dramatique… Sandrine Kiberlain : Ah, vous me cueillez ! Ça prend du temps en fait, d’oser faire un film ; surtout quand on a eu comme moi la chance de travailler avec de grands metteurs en scène. Et puis, je suis très heureuse comme actrice — donc ce n’est pas pour combler un manque ou un vide, mais parce que le chemin de l’actrice que je suis depuis… deux ans (rires) a fait que je me suis de plus en plus intéressée à l’ensemble de l’équipe, à comment un film se faisait… Entrer dans l’univers des autres me passionne ; visiblement, ça a découlé de l’envie de me raconter moi — surtout d’avoir un thème ou un sujet… Je crois que j’ai toujours rêvé de faire un film ; mais quel film ? Il fallait attendre d’avoir un vrai point de vue, un angle qui fasse la différence et qui soit traité singulièrement. Que ce soit une idée nécessaire et vitale de faire un film. Oser devenir ce qu'on appelle

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Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

En salles | Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

Les films à l'affiche à Lyon les mercredi 19 et 26 janvier 2022

Indispensables ★★★★☆ The Chef Chaud devant, voici un caviar : une immersion en temps réel (tournée en plan-séquence) dans le quotidien d’un restaurant autour d’un chef rongé de soucis personnels et professionnels, de sa prise de service à… impossible de révéler l’issue, mais son chemin est semé d’embûches. Théâtre permanent de la salle à l’arrière-cuisine où chacun des personnage dispose de son histoire et de ses enjeux (d’un rôle précis, en somme, comme dans une brigade), ce premier long signé par un comédien dresse également avec brio le catalogue des hypocrisies contemporaines : un restaurant de luxe étant aussi un lieu dans lequel le pouvoir de l’apparence et de l’argent compte souvent davantage que le goût ou la compétence. Stephen Graham s’avère parfait en capitaine groggy, perdu dans ce tourbillon paroxystique. Un film de Philip Barantini (G-B, 1h34) avec Stephen Graham, Vinette Robinson, Alice May Feetham… (sortie le 26 janvier)

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"Un monde" de Laura Wandel : la cour des mille raclées

Drame | Portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire et interprété par deux enfants déchirants de vérité, ce premier film miraculeux est une merveille de délicatesse autant qu’un tour de force de réalisation. Un choc absolu et sans nul doute, une future référence sur le sujet.

Vincent Raymond | Mardi 18 janvier 2022

C’est la rentrée à la ”grande école” pour Nora qui redoute d’être séparée de son aîné Abel, lequel a d’autres chats à fouetter dans la cour de récréation. Parce qu’il va s’opposer à ce que sa cadette soit bizutée, Abel devient le nouveau bouc émissaire des terreurs de la primaire. Témoin de ces sévices, Nora va désespérément tenter d’alerter les adultes. En vain, jusqu’à ce qu’un fait grave oblige l’institution scolaire à réagir… Il est actuellement une vague naissante, ou une vogue pour des films brefs s’attachant sans fioriture ni digression à leur sujet ainsi qu’au monde réel... Comme une douce alternative à la domination écrasante des blockbusters, rouleaux compresseurs flirtant avec les trois heures de bastons filmées sur fond vert, avec des acteurs partiellement virtuels et des enjeux de plus en plus hermétiques aux béotiens — dans la mesure où ils s’inscrivent dans des “univers” addictifs fonctionnant en vase clos, reproduisant l’efficacité gravitationnelle des trous noirs qui ne relâchent jamais la matière (spectatorielle) qu’ils ont capturée. Ces “films d’à côté” ont compris la nécessité d’aller à

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Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Placés | Retour à la case éducateur pour Nessim Chikhaoui. Pour son premier long-métrage, le co-scénariste des Tuche et du Doudou fouille ses souvenirs et signe une comédie très ancrée dans la réalité sociale des maisons d’accueil pour les mineurs et jeunes majeurs. Rencontre lors du Festival de Sarlat.

Vincent Raymond | Mercredi 12 janvier 2022

Nessim Chikhaoui : « Placés met un visage sur des chiffres »

Qu’y a-t-il de personnel dans votre film ? Nessim Chikhaoui : J’ai été éducateur en MECS (maison d’enfance à caractère social) pendant sept ans à Draveil, et ensuite trois ans, en AEMO (aide éducative en milieu ouvert) où l’on suit des jeunes qui sont encore chez eux. Beaucoup de situations du film sont réelles et vécues, d’autres romancées. C’est important pour moi de montrer cet aspect du métier, qu’on ne voit pas forcément dans tous les documentaires. Bon, il manque quand même les assistantes sociales, les psychologues, mais je ne pouvais pas mettre tout le monde, donc on s’est concentré sur les éducateurs et les jeunes pour des raisons scénaristiques. Il y a déjà beaucoup de personnages. Pourquoi votre héros débarque-t-il dans ce milieu après avoir manqué le concours de Sciences-Po ? L’idée était d’emmener quelqu’un qui n’était pas du tout destiné à faire ce métier. Moi, j’aurais aimé être prof de sport ou CPE, mais on a choisi un truc assez élevé et un diplôme qui parle à tout le monde. En fait, je crois que le concours ne se passe pas du tout comme on le montre d

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La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Danse | Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 janvier 2022

La vie dansée des formes à la Maison de la Danse

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève présente à Lyon son programme Minimal Maximal, regroupant deux pièces généreuses en nombre de danseurs (vingt-deux pour chaque œuvre), et créées à partir de musiques contemporaines minimalistes. La première, Fall, est signée par le grand chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui, connu pour la beauté fluide et délicate de son écriture. Dans un décor de soies pâles aux couleurs changeantes et une ambiance onirique baignée par la musique d’Arvo Pärt, les danseurs sont comme autant de feuilles d’automne, tombant ou se relevant au gré du souffle musical. Cette pièce nous invite à une rêverie faite de mouvements perpétuels, de poésie de formes et de gestes, détachée de tout récit. Toute aussi fluide, mais marquée par une exécution des gestes plus rapide, l’écriture du grec

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​Juliet Berto, l’inoubliable et mystérieuse icône

Portrait | De toutes les idoles féminines de la Nouvelle Vague, elle est celle dont l’aura a toujours été accompagnée d’un mystère aussi paradoxal qu’insondable ; celle aussi qu’une mort prématurée aura vitrifiée dans ses légendes précoces et successives, à l’aube de nouvelles gloires prometteuses. La ressortie de Neige est l'occasion de reparler de Juliet Berto (1947-1990).

Vincent Raymond | Mardi 11 janvier 2022

​Juliet Berto, l’inoubliable et mystérieuse icône

« Sur les vieux écrans de 68/Vous étiez Chinoise mangeuse de frites/Ferdinand Godard vous avait alpaguée/De l'autre côté du miroir d'un café… » Six ans après La Chinoise, film prophétique des événements de Mai-68 pour toute une génération de baby-boomers, Yves Simon dédie à une jeune comédienne de 26 printemps rien moins que la chanson-titre de son album, Au pays des merveilles de Juliet. C’est dire son aura. Imagine-t-on aujourd’hui une comédienne française de cet âge bénéficier d’une pareille dédicace ? Ne cherchez pas : il n’y en a pas. Née sous le nom d’Annie Jamet dans une famille ouvrière de Grenoble, celle qui s’est rebaptisée Juliet et a pris le patronyme de son premier époux, le comédien Michel Berto, a rapidement fait son chemin. Surfant le premier ressac de la Nouvelle Vague, elle croise Jean-Luc Godard dès 1963, qui détecte une personnalité atypique derrière son mystérieux minois : un regard recru, une lippe grave ainsi qu’un timbre de voix démentant la rondeur encore poupine du visage

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Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Théâtre | Faire de leurs singularités une force de frappe. Voici que Les Subs, les théâtres du Point du Jour et de l’Élysée coordonnent leurs programmations le temps d’un week-end : Azimuts, pour mettre à l’honneur des artistes émergents. Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ?

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Tous azimuts ou presque : quand trois théâtres jouent la complémentarité

Dans le foisonnement de ce qui est proposé en théâtre en ce moment, mieux vaut jouer la carte de la complémentarité que de la concurrence. Le Point du Jour, L’Élysée et Les Subs l’ont bien compris à la fois pour le public, les artistes et les professionnels à qui le festival Azimuts est adressé. Il ne s’agit pas là d’étapes de travail, mais bien de pièces abouties comme ce que fabrique Pierre Bidard, formé à l’ENSATT. À l’Élysée, le metteur en scène, installé dans son Orne natale, repéré par le prestigieux prix parisien du Théâtre 13, présente Que se répètent les heures en rapport avec le projet expérimental de la clinique psychiatrique de La Borde où, dans les années 70, un lien nouveau au patient a été inventé, en faisant une partie prenante de la vie de l’établissement. Dans son autre création Il faut tenter de vivre, Pierre Bi

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Makers : faire et défaire

SCENES | Déjouer le réel, s’inventer des possibles, si possible avec légèreté et rire, c’est tout le programme de Makers à voir aux SUBS du 18 au 20 janvier. Le metteur en scène et comédien espagnol Oscar Gómez Mata est en duo avec son compatriote Juan Loriente. Avant de rejoindre la scène, il nous présente cette récente création.

Article Partenaire | Lundi 10 janvier 2022

Makers : faire et défaire

Vous avez travaillé d’après les œuvres des écrivains Robert Louis Stevenson (La Maison d’Antan, 2004) et Alfred Jarry (¡Ubu!, 2000) ainsi que du cinéaste Lars von Trier (Le Royaume, 2019, Le Direktør, 2017), comment Jorge-Luis Borgès intervient-il dans Makers sans pour autant que ses écrits ne soient cités ? Oscar Gómez Mata : Dans Makers, Borgès est comme une ombre qui plane mais on ne travaille pas directement avec les textes. Un des premiers motifs de ce travail est en fait un livre de l’écrivain et du physicien espagnol Agustín Fernández Mallo qui a écrit un remake de El Hacedor de Borgès. Est-ce que la véritable origine du spectacle Makers (aux SUBS du 18 au 20 janvier) est une commande du Azkuna Zentroa, centre culturel à Bilbao, et l’envie de travailler avec l’acteur Juan Loriente ? Jusqu’en juin prochain, je suis associé

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Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Théâtre | C’est un art que le metteur en scène Renaud Rocher maîtrise à merveille. Celui de faire théâtre d’un recueil de témoignages. En 2020, il invitait à suivre les méandres du parcours d’un demandeur d’asile. Voici qu’avec Comme une image, il se confronte à un sujet ample et omniprésent : l’enseignement.

Nadja Pobel | Mardi 18 janvier 2022

Une image pas si sage au théâtre Le Fou

Sans jamais tomber dans la simplicité d’enchainer les récits les uns après les autres, Renaud Rocher les entrecroise sans perdre le spectateur en route. Sans doute parce que chaque personnage (et donc chaque enseignant) a une histoire singulière et forte à transmettre, à commencer par celle d’un homme qui angoisse à la veille de sa première rentrée. Il est en reconversion professionnelle et doute comme un jeune adulte bien qu’il ait, après un long apprentissage et une profonde remise en cause, chevillée au corps, la conviction que sa place est là, parmi les enfants. Dans un décor minimal, où chaque objet remplit plusieurs fonctions, se déploient l’école, bien sûr, mais aussi l’intimité d’un domicile conjugal, la solitude d’un appartement ou encore l’agitation qui règne dans un bistrot. C’est là (appuyés sur le lit soudain devenu table de bar) que se rencontrent un couple de profs rompus à l’exercice du métier, militants de la cause, et une amie instit’ toute aussi passionnée mais fragilisée par l’institution. Même si les discussions sont intéressantes, c’est peut-être le moment de t

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Ça virevolte à la tête des Biennales

Politique Culturelle | François Bordry, président des Biennales, a brutalement démissionné, mettant en cause la Métropole. Le vice-président à la Culture, Cédric Van Styvendael, réagit.

Sébastien Broquet | Mardi 4 janvier 2022

Ça virevolte à la tête des Biennales

Coup de tonnerre, ou coup d'épée dans l'eau ? Si certains, prompts à sauter sur l'énième polémique anti-écolo, ont bondi sur les propos virulents du désormais ex-président de la Biennale de la Danse (« La Métropole conduit une politique marquée par une absence totale de concertation avec les associations et les institutions chargées de mettre en œuvre l’action culturelle »), dans les faits, la démission de François Bordry ressemble plus à un règlement de comptes à retardement — l'homme devait initialement quitter son poste le 14 décembre dernier. Il n'en reste pas moins que, combiné aux autres sujets fâcheux reliant la culture et la Métropole de Lyon (la micro-révolte de Bruno Bernard pour ouvrir de force le Musée des Confluences avant de faire volte-face, Fagor-Brandt, l'Arena de Décines...) comme à la démission surprise de Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, à force, ça fait tâche dans un bilan : les discordances rythment inexorablement le mandat de Bruno Bernard, côté Culture, comme dans d'autres domaines, éclipsant ses mesures phares et courageuses sur lesquelles il pourrait fédérer à gauche — la régie publique de l'eau ou l'encadrement des loyer

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La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

ACTUS | Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est sur Facebook que Dan Ohlmann, le directeur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon, a annoncé mi-décembre qu’il transmettait les rênes de sa création à Julien Dumont. Passé par l’École Émile-Cohl, ce trentenaire d’origine lyonnaise assure, depuis 2018, les fonctions de gérant, réalisateur et producteur au sein de la société genevoise Titan Films. C’est donc la seconde fois pour l’établissement de Dan Ohlmann que la providence est helvétique : en 2005, après la fermeture de son Palais de la Miniature rue Juiverie, la mécène suisse Gisela Oeri avait acquis la Maison des Avocats

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Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Lundi 10 janvier 2022

Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Qu’est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ? Fred Cavayé : Beaucoup de choses : l’envie date de très longtemps. Le point de départ, c’est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont faites tondre. Les salauds sous l’Occupation, c’est un sujet qui avait été assez peu abordé. J’avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m’a envoyé le texte, je n’ai pas voulu le lire (je préférais découvrir la pièce une fois montée), je m’en suis fait mon histoire avec le peu que j’en savais. Or sa pièce est ailleurs, pas sur sujet-là. Comme j’ai la chance d’avoir de bons producteurs et d’être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé de l'adapter d’une manière plus libre, en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n’est pas l’autopsie d’un salau

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Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Cinéma | Robert Guédiguian explore les premières années de l’indépendance malienne en compagnie de la jeunesse révolutionnaire du pays, partageant son temps entre le socialisme en journée et le twist dans les maquis la nuit. Une évocation plus qu’une reconstitution dans une tragédie politique et sentimentale. Rencontre.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Robert Guédiguian : « je refuse de monter dans une voiture s’il n’y a pas Otis Redding ! »

Au générique de Twist à Bamako, vous rendez hommage à une grande figure de l’indépendance culturelle africaine, Malick Sidibé. Il y a d’ailleurs en permanence à l’arrière-plan du film un personnage de photographe qui immortalise la vie de la jeunesse…Robert Guédiguian : Sidibé collait complètement à son époque. Il était jeune, joyeux, révolutionnaire ; il a filmé — lapsus [sourire] — photographié essentiellement la jeunesse de Bamako en liesse partout : au bord de la plage, dans les clubs qui étaient à tous les carrefours (c’était la fête de la musique dans tout Bamako tous les soirs). Il a cru en ça, c’était un personnage très intéressant et très libre. Et c’est de ses photos qu’est parti le film. Il y avait eu une exposition à la Fondation Cartier en 2017, et aussi de grands tir

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Stravinsky et Mahler au menu

Rentrée Classique | La musique dite savante ne s’arrête pas à Mahler ni même à Stravinsky (que nous serons heureux de réécouter cette année), et son cœur bat toujours aujourd’hui. Ce que nous rappellent notamment la Biennale des Musiques Exploratoires et la structure Superspectives.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Stravinsky et Mahler au menu

Commençons par la fin et donc par ce que les salles de concert proposeront de plus contemporain à nos oreilles ! 2022 est notamment une année de la Biennale des Musiques Exploratoires (du 10 au 27 mars) avec quarante compositeurs contemporains et 17 créations mondiales à son programme. Elle se déroulera aussi bien au Sucre (Ryoji Ikeda) qu’aux Subs (Clément Vercelletto, Florentin Ginot) ou au Théâtre de la Renaissance à Oullins (Marc Monnet, Fernando Fiszbein…) et dans bien d’autres lieux encore… L’Auditorium participe à l’événement avec un week-end sur le thème "musique, espaces et architecture" (les 26 et 27 mars). On pourra y découvrir notamment plusieurs œuvres du compositeur Gérard Grisey (1946-1998). Gris

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2022, tous les âges de la danse contemporaine

Danse | L’année 2022 sera l’occasion de réviser ses classiques de la danse contemporaine : Maguy Marin, Jiří Kylián, Ohad Naharin, Pina Bausch… Et entre deux révisions, de découvrir aussi nombre de jeunes talents internationaux.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

2022, tous les âges de la danse contemporaine

L’année chorégraphique commence dans un grand souffle signé Mourad Merzouki. Avec sa nouvelle pièce Zephyr, la figure de proue du hip-hop français lance dix interprètes dans les turbulences d’un vent bien concret sur scène, avec lequel et contre lequel il s’agit de danser, sur une musique signée Armand Amar et au travers d'une scénographie riche en objets divers et étonnants (à la Maison de la Danse du 11 au 21 janvier). Des tourbillons qui se poursuivront avec le Ballet de Genève qui vient à Lyon danser une pièce d’Andonis Fondianakis, Paron, sur un concerto pour violon de Philip Glass, véritable vertige de mouvements calés sur le tempo accéléré de la musique (du 26 au 30 janvier à la Maison de la Danse). Le hip-hop fera son retour à la Maison de la Danse (du 23 au 26 mars) avec deux compagnies, dont une 100% féminine Femme fatale, et M

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Dix expositions à voir d’ici l’été

Arts | Notre sélection de dix événements dans les musées et les galeries de Lyon. On y croisera quelques figures connues (William Klein, Andy Warhol, Valère Novarina…) et surtout un grand nombre d’artistes français et internationaux méconnus à découvrir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Dix expositions à voir d’ici l’été

Klein d’œil Fêtant ses quarante ans, la galerie photo Le Réverbère prolonge sa très belle exposition collective actuelle (jusqu’au 29 janvier) où l’on peut voir ou revoir des images de tous les photographes de la galerie (Denis Roche, Bernard Plossu, Arièle Bonzon, Géraldine Lay…). Ensuite, au printemps, la galerie annonce une exposition très attendue consacrée au grand William Klein qui fêtera quant à lui ses… 96 ans ! L’exposition réunira une centaine d’images de Klein, balayant tous les aspects de son œuvre, de la street photography choc de ses débuts aux "contacts peints", œuvres plus plastiques. Klein + L’Atelier À la Galerie Le Réverbère du 12 mars au 30 juillet ELYX et Warhol Pionnier de l’art numérique en France, Yacine Aït Kaci a réalisé de nombreuses œuvres et installations immersives, floutant les frontières entre le réel et le virtuel. En 2011, son personnage ELYX (un petit bonhomme tout simple au large sourire) s

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"Tromperie" d'Arnaud Desplechin : quelques maux d’amour

Drame | Adaptation d’un roman de Philip Roth qui lui trottait depuis longtemps en tête, la tromperie de Desplechin est aussi un plaidoyer pro domo en faveur du droit de l’artiste à transmuter la vérité de son entourage dans ses œuvres. Quitte à confondre amours privées et fictions publiques.

Vincent Raymond | Mercredi 29 décembre 2021

Fin des années 1980. Écrivain à succès américain provisoirement exilé à Londres, Philip accueille dans le petit appartement où il travaille sa jeune maîtresse anglaise. Entre deux galipettes, ils parlent, ou plutôt elle parle et il l’écoute, prenant des notes comme il a l’habitude de le faire depuis toujours avec ses conquêtes. Le soir, il retrouve sa compagne officielle ou ses obligations mondaines, échangeant parfois avec ses anciennes liaisons, lesquelles ont toutes laissé une trace dans son œuvre. Et vitupère à l’envi contre l’antisémitisme systémique au Royaume-Uni… Film verbal plus que verbeux, resserré autour d’un couple (pas toujours le même, bien que l’homme demeure identique), Tromperie tranche dans la filmographie de Desplechin par sa relative linéarité puisqu’il accompagne un double processus : l’édification d’un amour et celui de l’œuvre codépendante. Certes, Roubaix, une lumière (2019) présentait déjà une structure narrative plus “disciplinée” qu’à l’ordinaire chez le cinéaste, mais c’était surtout parce qu’elle s’inscrivait dans un genre bien particu

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Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

ACTUS | Ancien rédacteur en chef de Trax Magazine, Jean-Paul Deniaud a récemment co-fondé Pioche!, un magazine en ligne et une newsletter dédiés aux nouveaux récits de l’écologie et à l’engagement du monde de la culture. Rencontre à quelques jours de sa venue à Hôtel 71.

Louise Grossen | Mardi 4 janvier 2022

Jean-Paul Deniaud : « ça ne sert à rien de sauver la planète si on ne peut pas faire la fête »

Pouvez-vous nous présenter le magazine Pioche! ? Jean-Paul Deniaud : Pioche! est né en juin dernier. Mais le projet a germé quand j'étais rédacteur en chef de Trax Magazine. J'avais déjà envie d'aller plus loin et de parler de musique électronique pour parler de la société. À la faveur du Covid et d’une réflexion avec mon ami Calixte de Procé, on a eu envie de porter ce journalisme-là en faisant un média dédié à l’écologie. Pour en parler de manière positive, dynamique, d’une façon qui soutienne les projets locaux, à la manière de ce que l’on faisait chez Trax pour des collectifs de musique et des artistes, mais cette fois-ci avec des acteurs de l'écologie. Pioche! appartient au journalisme de solution. Que répondre aux sceptiques qui reprochent à ce genre de récits une dimension utopique ? Il faudrait leur répondre que le journalisme de solution part avant tout d'un problème... C’est au contraire un journalisme à la fois très réaliste et pragmatique sur les enjeux de demain. C’est identifier les

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"Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson : sweet seventies

Comédie dramatique | Deux jeunes gens que près de dix ans séparent apprennent à s’aimer, non sans peine. À la fois roman picaresque et d’apprentissage, une balade sur la carte américaine du tendre à l’aube des 70’s. Une carte postale datant de l’époque du pétrole illimité, des waterbeds et des cols pelle à tarte confiée à d’inattendues têtes d’affiche.

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

San Fernando, L.A., 1973. À la fois lycéen, comédien et à l’affût de la moindre opportunité entrepreneuriale, le jeune Gary Valentine tombe sous le charme d’Alana, l’assistante du photographe de l’école. Le fait qu’elle ait la vingtaine ne l’arrêtant pas, l’ado culotté engage une opération de séduction qui ne laisse pas totalement insensible sa putative dulcinée. Chronique de leur histoire, entre hauts et bas… Ne vous attendez pas à découvrir dans ce film la recette (ni la moindre apparition) de la pizza à la réglisse promise par le titre ! Cette espèce de chimère culinaire, que les papilles peinent d’ailleurs à conceptualiser — quand bien même elles auraient tâté de l’improbable Hawaïenne — doit se comprendre comme l’équivalent alimentaire doux-amer de notre mariage entre la carpe et le lapin. Une sorte d’attelage improbable entre deux caractères davantage suscep

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Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Rap | Petit survol des concerts rap qui ont suscité notre attention, d'Orelsan à Casey.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Ce qui vous attend côté rap les prochaines semaines

Jam Groove Une soirée animée par le multi-instrumentiste Yacha Berdah (soliste chez Ibrahim Maalouf) et le batteur / beatmaker Hugo Crost, tous deux auteurs de The Way — un excellent single hip-hop / jazz aux couleurs boom-bap. Cette jam est menée par des experts qui mettent du corps dans le mélange entre instruments et machines. Le genre de scène ouverte où les talents se croisent et des projets se dessinent. Au Hot Club mercredi 26 janvier Orelsan Il n’est plus à présenter, son nouvel album Civilisation ;et la série documentaire dédiée sur Amazon Prime (Montre jamais ça à personne) ont fait le taf de promo. Orelsan fait escale vendredi 28 janvier à la Halle Tony Garnier, du moins on l’espère, le début de tournée étant reporté à mai. À l'heure de notre bouclage, ce concert est maintenu. À la Halle Tony Garnier vendredi 28 jan

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"Street Food des Gones" : un livre de portraits et de recettes

Street Food | De bons artisans rencontrent des jeunes cuistots et paf !, ça fait de la cuisine qu’on mange avec les doigts. Et à la fin, un livre de portraits et de recettes, Street Food des Gones.

Adrien Simon | Mardi 4 janvier 2022

Lyon semble être devenue une place forte de la street food en France. Pour preuve, le Lyon Street Food Festival a encore accueilli cet automne quelques dizaines de milliers de visiteurs. Cela peut surprendre : manger en marchant n'est pas inscrit dans la tradition locale — un bouchon invite à s'attabler. Le récent succès de la street food doit donc être mis sur le compte de quelques acteurs qui s’échinent à rafraîchir la gastronomie d’entre Rhône et Saône. Parmi ceux-ci, La Food Factory et La Buvette Lyonnaise, « dénicheurs de tendances culinaires », qui se sont associées pour auto-éditer ce livre. Bouquin qui tente justement de faire exister une nourriture de rue à l’accent rhodanien, telle qu’elle est servie à Food Traboule : on pense au grec d’andouillette ou aux frites de quenelles du stand La Meunière. L’idée, c’est que la street

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Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Théâtre | Dans Le Jeu des ombres, pensée pour la cour d’honneur du Festival d’Avignon 2020 annulé, Jean Bellorini, avec Valère Novarina et Monteverdi, embrasse en musique et en mots, le monde des morts, plus vivant qu’on ne le croit.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Au départ, il y a l’Orfeo de Monteverdi. Jean Bellorini, qui a toujours accordé une place primordiale à la musique dans ses créations, s’y intéresse tant qu’il l’a présentée à la basilique de Saint-Denis en 2017. Pourquoi Orphée, à qui est accordé de retrouver sa dulcinée Eurydice dans les ténèbres, ne peut s’empêcher de se retourner pour la voir et la perdre ainsi à jamais ? C’est une relecture de ce récit que le directeur du TNP a commandé à Valère Novarina, avec lequel il avait déjà cheminé en 2008 pour une Opérette imaginaire. Cet auteur, chantre du langage inventé, produit une langue aussi satellisée – non on ne comprend pas tout au Jeu des ombres et ce n’est pas nécessaire – que foncièrement terre-à-terre. Les parties du corps y sont nommées sans détour, l’homme est rendu à son espèce animale sans que cela ne le déprécie, bien au contraire — c’est une « bête qui parle » — car « il n’y a jamais eu personne dedans » nous dit un "enfant de la colère". « Le suicide ne sera admis qu’à titre rétrospectif » Neuf comédiens, sept musiciens et deux chanteurs sont ici réunis

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"Matrix Resurrections" de Lana Wachowski : puissance quatre

Science-Fiction | Vingt ans et des poussières après que les Wachowski ont anticipé le principe du métavers en extrapolant les babils d’Internet et les écrits de Philip K. Dick, Lana W. remet le couvert en solo pour un nouvel opus tenant à la fois du palimpseste, du reboot en version augmentée, du prolongement et de l’objet théorique semi-parodique. Une sorte de Matrix 4.0…

Vincent Raymond | Mardi 21 décembre 2021

Comme un air de déjà-vu… Un groupe de rebelles assiste à la tentative d’arrestation par la police et les Hommes en noir d’une amazone qui, naturellement, parviendra à leur échapper. Décor, angles de prises de vue, ambiance colorimétrique, dialogue… À quelques détails près, la séquence est identique à celle ouvrant Matrix (1999). Sauf qu’ici l’agent Smith et Morpheus sont plus jeunes, et que le second est un transfuge de la Matrice. Quant à Néo, il arbore à nouveau l’identité de Thomas Anderson, un créateur de jeux vidéo ayant jadis connu le succès en programmant la trilogie Matrix, sommé par la maison-mère de sa boîte — le studio Warner, authentique producteur de la franchise cinématographique — de fournir un quatrième épisode. Différence notable : il est envahi de pensées parasites et soigne ce qu’il pense être une schizophrénie galopante auprès de son analyste, lequel lui prescrit des pilules bleues… Turing point L’une des grandes forces de Matrix, premier du nom, était d’avoir induit une révolution dans le spectacle du film

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Minnà, la seconde adresse d’Unico

Pâtisserie | L’un des meilleurs glaciers de la ville — Unico — s’étend, à deux pas des Terreaux, avec Minnà. Une extension qui sent le gâteau.

Adrien Simon | Mardi 4 janvier 2022

Minnà, la seconde adresse d’Unico

Les clients d’Unico, glacier "responsable" des Pentes, réclamaient des pâtisseries non givrées. Leur vœu est exaucé avec cette nouvelle échoppe, Minnà. Qui respecte les mêmes codes : 100% maison, toujours de saison. Pour le dire autrement : pas de charlotte aux fraises en ce début d’hiver, mais une tarte bourdaloue, avec des poires cueillies pas bien loin. Pour réaliser ce projet, Unico s’est associé à un duo de femmes. La première, c'est Marcela Acquarone Quintana, venue du Paraguay se former à l’Institut Paul Bocuse. La seconde, Renata De Araujo Mazzoni, qui tint l’épicerie Trois Petits Pois, dans le 7e : « mon rôle, ici, ce sera d’aller chercher de nouveaux fournisseurs, petits producteurs, idéalement bio. Pour les fruits de nos tartes, mais aussi pour garnir les focaccia et les pão de queijo [sortes de gougères, mais brésiliennes comme Renata]. »

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Mathieu Rochet signe une saison 2 californienne de Lost in Transplanta

Série | Rencontre avec Mathieu Rochet qui, après avoir mis du baume sur notre année 2019 grâce à sa série Lost In Traplanta, s'apprête à revenir avec une saison 2 basée en Californie que nous avons visionnée en avant-première.

Alpha Saliou Diallo | Mardi 4 janvier 2022

Mathieu Rochet signe une saison 2 californienne de Lost in Transplanta

Mathieu Rochet, l’homme aux mille anecdotes et tout autant d’initiatives, co-fondateur de Gasface le média que les hip-hop heads de Lyon et de ses environs connaissent par cœur, avait rendu la période fin 2019/début 2020 plus douce avec sa série Lost In Traplanta. co-produite par Arte. Une première saison se passant à Atlanta qui a raflé honneurs et distinctions, alors qu'une seconde est en gestation, voyant les choses en plus grand et prenant place en Californie. Ce nouveau trip, nous avons eu l'honneur de le voir en avant-première et on peut succinctement le présenter en évitant tout spoiler... Hoodie rouge sous son imper, Larry s’était donné pour mission de reformer Outkast dans la saison 1. Il part désormais dans la saison 2 à la recherche de Detox, l’album jamais sorti de Dr Dre qui est une véritable légende urbaine. Le concept reste le même : un fil d’ariane, prétexte à la découverte d’une place forte du hip-

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Ce que vous allez voir en salle en 2022

Rentrée cinéma | Sauf impondérables ou nouveau variant — touchons du bois — les sorties devraient reprendre une cadence "à peu près" normale dans les salles. Petit tour d’horizon de ce qui nous attend dans les premiers mois de 2022…

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Ce que vous allez voir en salle en 2022

Vous leur échapperez difficilement Les films MCU ou DC ? Oui, mais pas que. Elsa Zylberstein, Gérard Depardieu, Alban Ivanov, Laetitia Dosch, Rebecca Marder ou Pio Marmaï seront chacun à l’affiche d’au moins trois ou quatre films ce premier semestre : entre l’embouteillage de ceux non sortis en 2020 et 2021 et la boulimie de tournages de certains, on arrive à cette illusion de surprésence. Donc, pas de panique… Vus et à voir Un monde de Laura Wandel (26 janvier) : un choc absolu. Interprété par deux enfants prodigieux de vérité, ce film portant sur la mécanique pernicieuse du harcèlement scolaire est une merveille de délicatesse et la future référence sur le sujet. Une jeune fille qui va bien, premier long-métrage réalisé par Sandrine Kiberlain (26 janvier), narrant le destin d’une apprentie comédienne juive en 1942, avec en toile de fond l’obscurcissement progressif de son présent… et de son avenir. Sobre et subtil.

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Les films à voir à Lyon du mercredi 5 janvier au mardi 18 janvier 2022

En salles | Indispensables ★★★★☆ Twist à Bamako Juste après l’indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Les films à voir à Lyon du mercredi 5 janvier au mardi 18 janvier 2022

Indispensables ★★★★☆ Twist à Bamako Juste après l’indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de porter la bonne parole socialiste dans les les villages bambara s’éprend d’une jeune femme de son âge mariée de force. La romance va se heurter à la fatalité… Loin de sa géographie coutumière, Guédiguian tourne pourtant au plus près de son histoire et de sa jeunesse : dans un décor où les lendemains chantent et dansent sur les tubes des yéyés, avant de déchanter entre le marteau des idéologues et le pragmatisme de la réalité. Servi par une distribution impeccable, ce portrait de groupe sur fond de décolonialisme rappelant le Lumumba de Raoul Peck (2000), montre (avec la même indignation que Jean Ferrat dans Le Bilan) comment le pouvoir peut hélas flétrir un idéal… Un film de Robert Guédiguian (Fr-Can-Sén, 2h) avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo… (sortie le 5 ja

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Dans les salles du GRAC, il était une fois… des révolutions

Patrimoine | La fortune sourit aux audacieux, prétend un proverbe. Il faut toutefois nuancer en art, et notamment au cinéma, où le fait d’oser ne délivre pas de sauf-conduit automatique pour la richesse. Reste la postérité : sans les devanciers, pas d’évolution ni de révolution possibles. C’est ce que nous rappelle ce nouveau cycle Ciné-Collection.  

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Dans les salles du GRAC, il était une fois… des révolutions

En janvier, les salles du réseau GRAC ont plus que jamais bonne mémoire, rappelant à la nôtre quatre films dont l’influence sur le 7e Art n’est pas près de s’éteindre. Quatre jalons internationaux prouvant l’universalité du langage cinématographique et la complémentarité des formes ; un carré de chefs-d’œuvre (osons le mot) contaminant encore et toujours les images contemporaines. De Rome à Cuba Premier mouvement du cycle, Rome, ville ouverte (1945) pose un regard neuf à mi-chemin entre la fiction et la reconstitution documentée sur l’Histoire en train de s’écrire, permettant à Rossellini d’inventer un genre : le néo-réalisme dans les décombres fumants de la Seconde Guerre mondiale. Nul besoin de rechercher la vérité : elle sourd des décors, terriblement authentiq

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Charlotte Gainsbourg, Sandrine Kiberlain et Fanny Ardant viennent présenter leurs films à Lyon en janvier

Avant-premières | Dopée en fin d’année par une morsure d’araignée, les cinémas repartent d’un bon pied en multipliant les (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Charlotte Gainsbourg, Sandrine Kiberlain et Fanny Ardant viennent présenter leurs films à Lyon en janvier

Dopée en fin d’année par une morsure d’araignée, les cinémas repartent d’un bon pied en multipliant les avant-premières en présence d’équipes de films. Cette première quinzaine lyonnaise est marquée par la visite de Philippe de Chauveron, Noom Diawara, Émilie Caen et Frédéric Chau pour Qu’est-ce qu’on a tous fait au bon Dieu ? (mercredi 5 janvier à 20h30 à l’UGC Part-Dieu et 21h au Pathé Bellecour), troisième volet d’une série qu’on ne présente plus. Mais aussi celle de Sandrine Kiberlain et de Rebecca Marder, respectivement réalisatrice et comédienne du drame historique Une jeune fille qui va bien (le jeudi 6 janvier au Pathé Bellecour à 20

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Sept seuls-en-scène pour s’esclaffer ce semestre

Humour | Humour saignant, tendre ou givré, à chacun sa recette. Voici sept humoristes qui sauront vous régaler dans les prochains mois.

Louise Grossen | Mardi 4 janvier 2022

Sept seuls-en-scène pour s’esclaffer ce semestre

Élodie Arnould, Future grande ? Nœud dans les cheveux et veste à paillettes forment l’attirail de cette petite brunette géminée d’une pile électrique. Le quatrième mur, ce n’est pas son truc, à Élodie Arnould. Son propos ? Un passage à la vie d’adulte — et de femme — difficile, semble-t-il. L’humoriste au visage ultra expressif et au capital sympathie indéniable partage ses appréhensions du « monde des grands ». Pourtant, c’est une femme et mère bien accomplies qui s’adresse à nous avec autodérision (sur sa taille, son accouchement, ses relations…). Un spectacle tendre et pétillant conviant même chant et danse. Au Radiant le mardi 18 janvier Noémie Delattre, Féministe pour hommes L’humoriste (actrice, dramaturge, metteuse en scène, essayiste) à la langue acérée présente Féministe pour hommes. Entre cabaret burlesque, tribune, stand-up et lettre ouverte, Noémie de Lattre parle des hommes et des femmes, aux hommes et aux femmes, dans un registre à part, sous

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Piers Faccini à l'Opéra : vertiges de la chute

Folk | Depuis l'automne, Piers Faccini et ses invités sont à l'honneur à l'Opéra Underground. Avant de recevoir Blick Bassy, il convie le percussionniste Karim Ziad, le musicien gnaoui Mehdi Nassouli et le quatuor de chambre Emana à revenir avec lui, sur la grande scène de l'Opéra, autour des questionnements de son album Shapes of the Fall.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Piers Faccini à l'Opéra : vertiges de la chute

On voit tous les jours les formes de la chute, sous forme d'inondations dantesques, d'incendies de forêt d'ampleur biblique, de tempêtes de l'apocalypse, de tornades à vous retourner le Kansas façon magicien d'Oz. Elles sont les éclaireuses de la chute finale. C'est un peu à elles que Piers Faccini a souhaité donner corps, indirectement, sur son dernier album, justement baptisé Shapes of the Fall. Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels – et peut-être l'avertissement sur un titre comme Foghorn Calling, où il sonne la corne de brume – de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète, à commencer donc par le climat, mère de toutes les crises à venir. Lui qui a toujours multiplié et invité aux voyages, y compris immobiles et toujours horizontaux, ces dernières années depuis ses chères Cévennes d'adoption, nous offre le vertige d'un voyage vertical. Et plutôt de haut en bas, on l'aura co

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Les 20 concerts qui feront le printemps

Bons Plans | Avec le grand retour des internationaux et un nombre invraisemblable de reports, le printemps 2022 déborde de concerts prometteurs et/ou attendus. Revue d'effectifs forcément très sélective et un peu subjective.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 janvier 2022

Les 20 concerts qui feront le printemps

Johnny Mafia Sens – c'est dans l'Yonne – n'est pas à proprement parler connue pour être la capitale du punk – ça se saurait, ou alors on a sauté quelques pages du Dictionnaire du rock. Et pourtant, pourtant, Johnny Mafia pourrait avoir tendance à nous prouver le contraire le temps de quelques saillies de deux minutes douche comprise, de quelques refrains expédiés comme une envie de pisser. Car il y a chez ces quatre gars rencontrés au lycée une certaine facilité à trousser des tubes pour mieux les détrousser ensuite. Sens dessus dessous, en quelque sorte. Au Périscope le vendredi 14 janvier Big Thief En 2019, Big Thief avait retourné le petit monde indie-rock avec pas moins de deux albums, Two Hands et U.F.O.F. qui avaient gentiment trusté les bilans de fin d'année. Dans la foulée, en février 2020, le groupe d'Arianne Lenker était mont

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Les théâtres soignent leur jeune public

Famille | Les grands théâtres se lancent à leur tour dans la programmation pour le jeune public, avec quelques pépites à la clef.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Les théâtres soignent leur jeune public

Les grandes salles soignent les petits, tels les Célestins proposant en février Le Voyage de Gulliver par Christian Hecq et Valérie Lesort, qui sont à l’origine du beau 20 000 lieues sous les mers pour les enfants mais d’une affreuse Mouche pour les grands. Pour les 8 ans et plus, le feuilleton intrigant de Johanny Bert, Une épopée, sera joué en juin au Théâtre de la Croix-Rousse de 10h à 16h, avec de longues pauses. On attend, au même endroit en mars, Ce que vit le rhinocéros dans lequel les animaux du zoo de Buchenwald prennent la parole grâce à l’auteur Jens Raschke et aux metteurs en scène Pauline Hercule et Pierre Germain. À Oullins, au Théâtre de la Renaissance, le roman monstre d’Albert Cohen (qui comprend Belle du Seigneur) est adapté en trois heures avec une dextérité déconcertante par Olivier Borle, au moins dans la partie Mangeclous q

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Tout là-haut dans le Rhône, le Mont Saint-Rigaud

Rhône | Et si on allait sur le toit du Rhône ? Le Mont Saint-Rigaud culmine à mille mètres et des poussières et, parce qu’il est un peu à l’écart de la route des vins, n’est pas aussi connu que le Mont Brouilly voisin. Balade au milieu des sapins dans ce Haut-Beaujolais et à Beaujeu.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Tout là-haut dans le Rhône, le Mont Saint-Rigaud

Loin des rallyes découverte en 2CV et du road book de la route des vins (douze appellations) avec cabriolet sur fond de vignes que nous vante l’office du tourisme, prenons le temps de ralentir, sans bling bling et souvenirs instagrammables. Au nord-ouest du département du (nouveau) Rhône, aux confins de la Loire et de la Saône-et-Loire, aux portes du Charolais-Brionnais, se dresse le Mont Saint-Rigaud dans un massif du Beaujolais labellisé Geopark par l’UNESCO, reconnaissant ainsi une des géologies « les plus riches et complexes de France » forgée depuis près de 500 millions d’années et mélangeant des pierres dorées, rouges, vertes, blanches, grises ou noires correspondant au granité, schiste, calcaire et argile des vignes. Seuls sept parcs sont ainsi distingués par l’UNESCO en France. Le Mont Saint-Rigaud 1009 m, 1012 m, les chiffres diffèrent de quelques centimètres pour mesurer ce mont de schiste, coiffé de roches volcaniques, qui incontestablement est le plus haut de ce petit département rhodanien. Il y a fort fort longtemps, il faisait partie d’une chaîne de montagnes aussi hautes que celle des Alpes. Et ce

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Une programmation théâtrale riche en découvertes

La saison à venir | Après une première moitié de saison d’une densité inédite, les théâtres attaquent 2022 sans baisser de rythme. Les six mois à venir seront riches comme rarement de découvertes et de grandes figures pour se clore sur la venue d’Ariane Mnouchkine.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Une programmation théâtrale riche en découvertes

Comment suivre ? La cadence n’a jamais été aussi effrénée en terme de programmation. Les Célestins l’emportent haut la main en nombre de propositions quand le TNP a choisi les longues séries qui laissent le temps du bouche-à-oreille s’installer. Des deux côtés, un public présent en dents de scie, qui a progressivement retrouvé le chemin des salles malgré une baisse d’environ 30% de la fréquentation. Les réservations sont encore très basses pour janvier, mais on a pu observer, ces derniers mois, une hausse des ventes en dernière minute. Des artistes internationaux majeurs ou très reconnus seront là pour la rentrée : Katie Mitchell, Christophe Marthaler, Tiago Rodrigues (qui deviendra directeur du Festival d’Avignon en septembre prochain), Anne-Cécile Vandalem dans un théâtre des Célestins qui n’a rien d’un théâtre municipal mais tant d’un CDN (en dehors des moyens de création), l’immense et indispensable Milo Rau avec Familie (au Point du jour, en janvier), le Raoul Collectif au Théâtre de la Croix-Rousse. Le moment

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La Ligne Vertuose, menuiserie stylée au service de l’inclusion sociale

Menuiserie | Faire fabriquer du mobilier stylé à des jeunes éloignés de l’emploi, à partir de chutes de bois inexploitables. En échange de leur travail, ces menuisiers en herbe bénéficient de subventions pour financer la formation de leur choix. Telle est la mission de La Ligne Vertuose depuis 2018.

Louise Grossen | Mercredi 15 décembre 2021

La Ligne Vertuose, menuiserie stylée au service de l’inclusion sociale

C’est l’histoire d’un designer, d’un menuisier, et d’un consultant en transformation des organisations qui ont fusionné leurs savoirs-faire pour les ériger en un projet à vocation sociale et sociétale. À l’occasion d’une visite des Ateliers Garnier de son ami Thierry Rueda, Guillaume Bourdon, le designer, s’est interrogé sur l’utilisation des chutes de panneaux de bois, qui représentent 25% de pertes de matériaux sur les chantiers. L’idée de réutiliser cette matière pour lui donner une seconde vie émerge alors. Laurent Pillot, consultant chez Ergon’Homme et son associé Guillaume Bourdon développent une gamme complète de mobilier contemporain conçue à partir de ces chutes : table, luminaire, bureaux, étagères… Si le cœur de métier de La Ligne Vertuose reste la menuiserie à travers l’upcycling, son rôle repose avant tout sur sa dimension humaine et sociale. Le but de l’association est de proposer à des profils éloignés de l’emploi mais animés par un projet professionnel de les aider à

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Le retour de Noé, atelier de la mer

Restaurant | C’est l’histoire d’une poissonnerie ouverte entre deux confinements, qui n’a pas fait naufrage. Elle rouvre même en grand son accès à la mer.

Adrien Simon | Jeudi 16 décembre 2021

Le retour de Noé, atelier de la mer

L'atelier donne sur le fleuve, quai Augagneur, voisinant à gauche le Café du Rhône. Mais en poussant la porte, on accède à Sète, au Grau-du-Roi, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, les Glénans et, allez !, jusqu’au bout de l’Écosse, partout où l’on pêche encore bien. Partout où Ismaël Adam Drissi-Bakhkhat a un pied dans une criée. Lui s’y connaît en belle poiscaille, en pêche durable. Laissons-le parler de son métier : « aujourd’hui, soit tu fais du locavore et donc à Lyon tu manges des carpes et des anguilles, soit il faut être dynamique. On achète nous-même de Port-la-Nouvelle jusqu’à Roscoff. Si tu veux nourrir les gens sans les voler, tout en ayant une éthique de pêche durable, il faut connaitre les saisons, savoir où se fournir, et quand. » C’est ce savoir-faire qu’il mettait au service des grandes tables (Ducasse), qu’il apporte désormais au public, chez Noé : identifier ce qui est disponible, le rendre séduisant, faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas que le bar et le turbot. Il allume au passage certaines belles histoires autour des circuits-courts : « ça ne marche pas. D’abord, il n’y a rien de moin

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Jérôme Bonnell : « ce qui a l’air essentiel est caché »

Chère Léa | Jonas n’arrive pas à accepter sa rupture d’avec Léa, alors il se réfugie dans le café en face de chez elle pour lui écrire une longue missive, sous l’œil bienveillant du bistrotier. Orfèvre en délicatesse, Jérôme Bonnell signe avec Chère Léa un nouveau bijou avec deux Grégory, Montel et Gadebois. Quand un bar parisien devient le centre d’un monde en une journée. Rencontre dans le bar en question…

Vincent Raymond | Mercredi 15 décembre 2021

Jérôme Bonnell : « ce qui a l’air essentiel est caché »

Grégory, connaissiez-vous le cinéma de Jérôme Bonnell ? Grégory Montel : Certains de ses films m’avaient bouleversé, notamment J’attends quelqu’un avec Florence Loiret-Caille, que j’avais découvert au ciné-club de Dignes-les-Bains, quand j’étais au Cours Florent. Pourquoi vous a-t-il choisi ? GM : En fait, Jérôme avait eu un gros coup de cœur pour un truc que j’avais fait, il y a une dizaine d’années, L’Air de rien, mon premier “gros” film, avec un réalisateur qui est devenu mon frère d’armes, Grégory Magne. Ça avait eu une jolie vie, une existence, ça m’avait permis aussi de découvrir les César par les “révélations“. Après, 10 pour cents est venu confirmer et un film comme celui-ci, c’est devenu faisable de le monter avec Grégory Montel en tête d’affiche. Mais je suis réaliste : autour de moi, il y a Anais Demoustier et Grégory Gadebois — moi qui ai joué avec lui, je peux vous confirmer que c’est une machine guerre. Je le vois encore : il était tellement imposant et merveilleux. Au début, j’ai eu peur, parc

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May B de Maguy Marin, voici le DVD

Danse | Créée en 1981, représentée plus de 800 fois à travers le monde, la pièce May B de la chorégraphe Maguy Marin est un monument de la danse contemporaine, et même (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 décembre 2021

May B de Maguy Marin, voici le DVD

Créée en 1981, représentée plus de 800 fois à travers le monde, la pièce May B de la chorégraphe Maguy Marin est un monument de la danse contemporaine, et même au-delà. Librement inspirée de l’univers et des écrits de Samuel Beckett, elle met en scène une dizaine de danseurs recouverts d’argile, pour une odyssée mi-drolatique mi-tragique, qui est tout simplement celle de notre condition humaine. Le fils de la chorégraphe, David Mambouch qui a lui-même été danseur pour May B, en a réalisé un film qui sort ce mois-ci en DVD chez Naïa Productions (en parallèle, le cinéaste avait aussi tourné un documentaire sur Maguy Marin : Maguy Marin, l’urgence d’agir). Un DVD qui comporte aussi des images inédites du tournage en bonus.

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À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

Underground | « Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 14 décembre 2021

À l'arrache : nous avons lu le livre de Sébastien Escande

« Don't hate the media, become the media ». La phrase est de Jello Biafra, ex-chanteur des Dead Kennedys, et s'affiche au détour d'une phrase du livre édité par Sébastien Escande dit "Barbapop". Une sorte de mantra du do it yourself qui depuis les origines irrigue la scène underground lyonnaise et cette manière d'organiser des concerts avec des bouts de ficelles dans des lieux qui tiennent parfois à peine debout ou n'ont pas vu une étiquette "norme européenne" depuis des lustres et avec chevillé au corps des principes indéboulonnables (prix libre, pas d'agent de sécurité, ce genre...). La chose est née du punk et Sébastien Escande qui a œuvré un moment avec Barbapop dans l'organisation de concerts pop obscurs (et néanmoins lumineux), souhaitait en raconter l'histoire lyonnaise, riche de personnages hauts en couleurs, d'assos (Silly Hornets, Sonotone), de groupes (Haine Brigade) et de lieux (le Pez-Ner, le Wolnitza, le Kafé Myzik) entrés dans la légende. Une histoire

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