Aime le mot dit : "M"

Et aussi | Elle est bègue ; il n’ose lui avouer qu’il ne sait pas lire. Malgré une foule de barrières, ils vont tenter de s’aimer. Pour sa première réalisation de long-métrage, Sara Forestier opte pour la complexité d’une romance abrupte nourrie de réel, de vécu et de non-dit. De beaux débuts.

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

Photo : © Ad Vitam


Les gens lisses sont sans histoire. Pas les discrets. En dépit de quelques exubérantes spontanéités télévisuelles lors de remises de trophées ou d'une altercation avec un partenaire ayant conduit à son éviction d'un tournage, Sara Forestier appartient sans équivoque à cette seconde catégorie d'individus — rien de commun donc avec ces it-girls précieuses usant de tous les canaux médiatiques pour étaler leur ridicule suffisance. La preuve ? Elle n'a pas converti sa consécration dans le Nom des gens (2010) en un passeport pour les premiers plans (et le tout venant), ralentissant même la cadence pour choisir des rôles parfois plus succincts mais avec du jeu et de l'enjeu (La Tête haute). Mais aussi, on le comprend enfin, pour peaufiner l'écriture et la réalisation de son premier long succédant à trois courts ; démontrant au passage que devenir cinéaste pour elle n'a rien d'une toquade.

Un film initial

Le changement d'état, de statut, par l'accomplissement artistique est précisément l'un des sujets de M : Lila, lycéenne brillante mais renfermée du fait de son bégaiement, gagne de la confiance en soi et se met à écrire lorsque Mo, un électron libre s'intéresse à elle. Or si Lila peine à parler, Mo cache son illettrisme. Cet argument de l'incommunicabilité aurait pu donner lieu ailleurs à une comédie sentimentale redoutable, Sara Forestier se démarque du gag pataud pour creuser les drames ayant mené ses personnages à ces destins si tourmentés. Leurs vies lestées d'absences sont denses, leur histoire intime apparaît aussi heurtée que sensuelle — rarement le désir féminin aura été montré aussi crûment, et cependant dans son naturel le plus humide.

À la fois autrice et comédienne, Forestier ne vampirise pourtant pas le film, mesurant la présence de son personnage à l'écran, avec cette même justesse qui rend la trentenaire crédible dans la peau d'une ado de 17 ans. Cet art d'allier contraires et contrastes se retrouve dans sa capacité à former une œuvre cohérente parsemée d'icônes du chaos (Jean-Pierre Léaud en père démissionnaire, Christophe à la B.O.) : sous la rigueur, la sauvagerie couve et avec elle l'âpreté des enfances mal aimées, des banlieues boiteuses, des économies parallèles, du déterminisme… Tout un contexte embrassé sans pathos et décrit à mots couverts. Mais d'une voix déjà assurée.

M de et avec Sara Forestier (Fr, 1h 38) avec également Redouanne Harjane, Jean-Pierre Léaud, Liv Andren, Nicolas Vaude…


M

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

De Sara Forestier (Fr, 1h38) avec Sara Forestier, Redouanne Harjane...

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Mo est beau, charismatique, et a le goût de l'adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu'il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c'est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d'imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire.


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Les Alizés toujours dans la tourmente

Bron | Une semaine après nos révélations sur la situation compliquée affectant le cinéma municipal brondillant, l’incertitude est plus que jamais à l’affiche des Alizés. Et l’inquiétude de plus en plus grande du côté des salariés, des spectateurs et des professionnels du cinéma locaux…

Vincent Raymond | Lundi 21 juin 2021

Les Alizés toujours dans la tourmente

D’habitude, c’est sur l'écran que l’on voit des rebondissements rapides. Pas autour. Pourtant, aux Alizés, les coups de théâtre affectent bien les murs de la salle. Pas le bâti, non — enfin, pas pour le moment —, mais bien ceux qui font tourner ce cinéma quadragénaire. La semaine dernière, on apprenait que la Ville de Bron par la bouche de son maire Jérémy Bréaud (LR) avait annoncé qu’elle envisageait de retirer à l’association Les Amis du cinéma la gestion des Alizés (dont elle possède les murs) pour mettre l’établissement en DSP (délégation de service public). Une décision très politique qui inquiétait les salariés, sans étonner la présidente de l’association, Manon Vialle, qui évoquait même la possibilité de participer au cahier des charges permettant de lister les critères pour désigner le candidat à la fameuse DSP… sans exclure de présenter la candidature de l’association, sous réserv

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“Minari” de Lee Isaac Chung : un problème de cultures

Drame | À partir de souvenirs mêlant biculturalisme, déboires d’une agro-entreprise familiale et relation avec une aïeule, Lee Isaac Chung signe un film aussi ouvert que lyrique participant de ce courant cicatriciel touchant le cinéma étasunien. Du rêve américain et de l’invincible espoir…

Vincent Raymond | Mercredi 23 juin 2021

“Minari” de Lee Isaac Chung : un problème de cultures

Arkansas, années 1980. Jacob Yi a convaincu son épouse Monica de quitter la Californie afin de mener de grands projets de culture de légumes coréens pour les expatriés affluant aux États-Unis. En attendant la fortune, ils travaillent comme sexeurs de volailles, au milieu de nulle part. Mais Monica a peur pour leur fils David atteint d’un souffle au cœur. Alors elle invite sa mère Soon-ja… Recomposition autobiographique de l’enfance du réalisateur dans l’Amérique de Ronald Reagan, Minari est, à l’instar de Nomadland — auquel il disputait les statuettes suprêmes cette année —, une relecture d’un de ces grands mythes étasunien : celui du chercheur d'or persuadé de faire fortune grâce à son obstination et sa confiance inébranlable dans cette land of plenty. Ce grand pays tellement neuf où l’on plante des espoirs et où fleurissent des promesses vite flétries ; où les récoltes attendues s’avèrent amères, et les surprises abondantes… Une terre à l’herbe toujours plus verte ailleurs et qui semble perpétuellement s’ingénier à illustrer la maxime « quand la vie

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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Régionales 2021 | Najat Vallaud-Belkacem, tête de liste du Parti Socialiste pour les Régionales, était de 2004 à 2008 en charge de la culture au sein de cette collectivité, sous la mandature de Jean-Jack Queyranne. Nous l'avons questionnée sur ce volet culturel de son programme.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Najat Vallaud-Belkacem : « nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture »

Si vous êtes élue, vous doublez le budget culture : de 60M€ à 120M€. Ça veut dire que la culture redevient un enjeu politique à gauche ? Najat Vallaud-Belkacem : Je ne sais pas si on peut dire que la gauche avait abandonné ce sujet ces dernières années. Ce dont je suis persuadée, à titre personnel, c'est que l'on a énormément besoin de culture. Surtout à la sortie de cette crise Covid. Potentiellement, nous avons les moyens de construire un âge d'or de la culture. Tellement de gens ont manqué de spectacles, de concerts, de toute cette vitalité, coincés devant Netflix, que je pense qu'ils rêvent de ressortir. Toutes nos belles idées de démocratisation de l'accès à la culture, c'est maintenant qu'il faut leur donner corps. Or, démocratiser la culture, ça passe d'abord par un soutien à nos structures culturelles. Sur tous les sujets : la capacité de production, de diffusion, de médiation. Et j'insiste, car ce sont des mots qui peuvent paraître techniques — mais la médiation par exemple, c'est avoir des moyens humains qui permettent que les publics viennent, de les accompagner. J'assume clairement cette idée de doubler le budget de la culture : on

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Le Festival Lumière dévoile ses dates

Cinéma | L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être (...)

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Le Festival Lumière dévoile ses dates

L’annonce que les triskaïdékaphobes redoutaient, mais que les cinéphiles — qui sont quand même plus nombreux — attendaient avec impatience vient d’être officialisée : le 13e Festival Lumière aura bien lieu « à Lyon et dans sa Métropole du samedi 9 au dimanche 17 octobre 2021. » Autrement dit, les multiples effets dominos post-Covid ayant frappé le calendrier des rendez-vous cinématographiques internationaux n’affecteront pas celui de la manifestation consacrée au cinéma classique et de patrimoine, qui demeure vissée à la première quinzaine d’octobre. S’il est trop tôt pour annoncer le ou la future récipiendaire du Prix Lumière (cela n’empêchera pas le ban et l’arrière-ban de recycler leurs pronostics), on peut sans trop s’avancer imaginer qu’un moment d’importance sera consacré à celui qui fut l’une des pierres angulaires de l’Institut et du Festival,

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Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Festival | De Maceo Parker à Jamie Cullum, nombreux sont les artistes internationaux à annuler leurs tournées d'été, comme on pouvait s'y attendre. Ce qui impacte lourdement la programmation de Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 juin 2021

Vague d'annulations à Jazz à Vienne

Finalement il en va des annulations de spectacles comme de la Covid, elles vont par vagues, pour ne pas dire qu'elles volent en escadrille. Ce sont les tournées des différents artistes qui, elles, restent au sol à Jazz à Vienne, comme cela vient d'être annoncé. Qui priveront le festival d'une bonne demi-douzaine d'artistes, chamboulant considérablement le programme. D'abord, c'est Jamie Cullum qui, après Marcus Miller, jette l'éponge. Son concert du 23 juin est donc reporté à 2022 (les billets restent valables pour ceux qui ne craignent pas de les perdre et il est évidemment possible de se les faire rembourser). Ses musiciens, non vaccinés, seraient contraints de passer par une quarantaine avant leur concert, selon les informations du Progrès, d'où l'annulation. Même chose pour Portico Quartet qui devait se produire le 24 juin. La soirée "Cullum" est décalée au 6 juillet (on peut là aussi conserver son sésame ou se faire rembourser, comme pour l'ensemble des soirées) mais avec une programmation modifiée qui aligne : Youn Sun Nah & Ulf Wakenius,

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Bron : un drôle de vent souffle sur Les Alizés

Cinéma | L’un des plus anciens cinémas associatifs municipaux de la Métropole risque de changer de tête et de cœur : les Alizés de Bron sont jugés pas assez rentables par le nouvel exécutif, qui souhaite transformer sa gestion en les passant en DSP. Querelles à l’Est.

Vincent Raymond | Lundi 14 juin 2021

Bron : un drôle de vent souffle sur Les Alizés

Un coup de bambou. Trois semaines tout juste après la réouverture tant attendue de ses deux salles, l’équipe du cinéma Les Alizés de Bron voit son enthousiasme douché d’un coup. Conviés mercredi 9 juin pour une réunion à la mairie de Bron, les salariés ainsi que quelques membres de l’association Les Amis du cinéma — qui préside à ses destinées depuis une quarantaine d’années — apprennent du premier édile Jérémie Bréaud (LR) la décision de retirer la gestion des Alizés à l’association. À la place, la Ville (propriétaire des murs du cinéma) a décidé d’opter pour une DSP (délégation de service public). Presque tout le monde dans la pièce tombe des nues. Sauf la présidente de des Amis du cinéma, Manon Vialle. « On s’y attendait plus ou moins, détaille-t-elle. Il y avait eu un audit en 2016 par l’ancienne majorité municipale, qui avait été mis de côté ; et là, nouvelle majorité municipale… Ils avait dit qu’ils comptaient faire un nouvel audit. On se doute bien qu

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Osez les galeries : vingt galeries se réunissent pour un parcours commun

Art Contemporain | Vingt galeries d’art lyonnaises se sont réunies pour partager leurs énergies et défendre leur singularité. Singularité qui consiste notamment à défendre des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 16 juin 2021

Osez les galeries : vingt galeries se réunissent pour un parcours commun

Vingt galeries d’art lyonnaises se sont réunies pour partager leurs énergies et défendre leur singularité. Singularité qui consiste notamment à défendre des artistes contemporains, à vendre des œuvres, et aussi à inviter gratuitement un large public à découvrir leurs expositions. Pour sa seconde édition, Osez les galeries propose un week-end de parcours d’expositions de galerie en galerie dans toute la ville. « Pendant ces deux journées, nous invitons le public à "démystifier le rapport à l’art contemporain" : oser la découverte, Oser l’échange, le débat » indique le communiqué de presse de l’événement. Parmi ces expositions, nous vous conseillons notamment de ne pas rater le bel accrochage collectif de photographies du Réverbère, les images de Blaise Adilon à la galerie Chartier, les dessins et peintures de Marine Joatton à la galerie Françoise Besson... Osez les galeries Dans vingt galeries de Lyon les samedi 26 et dimanche 27 juin

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Festival | L'excellente nouvelle du jour : Nuits sonores ne se couche plus, et l'on pourra danser et circuler, bel et bien debouts, à Fagor-Brandt. La programmation est en cours de remodelage pour s'adapter aux nouvelles conditions.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 juin 2021

Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Après Nuits de Fourvière, c'est au tour de l'équipe de Nuits sonores de sortir de son rendez-vous à la Préfecture avec un grand sourire tranche papaye : en effet, la réunion du vendredi 11 juin et les échanges des jours suivants ont permis aux organisateurs du festival de musique électronique d'y voir beaucoup plus clair sur plusieurs protocoles d'ouverture et surtout, ils ont pu avoir confirmation que le festival pourrait se dérouler... debout ! C'est le premier grand festival à avoir officiellement cette autorisation — sachant que l'immense friche de 24 000m2 de Fagor-Brandt est considérée comme un extérieur, telle une halle et non une salle, en raison d'un grand volume d'air et d'ouvertures pérennes. Ainsi, on pourra danser — et circuler sur le site — à condition de rester masqués, après avoir franchi l'épreuve du pass sanitaire pour pénétrer sur le site (que ce soit à Heat comme à Fagor-Brandt). Côté jauge, c'est encore en discussion.

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Louvre et Lugdunum : une voie romaine à double sens

Musées | « Le Louvre est un musée national et pas un musée parisien » insiste Jean-Luc Martinez président-directeur général du Musée du Louvre, en déplacement à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 juin 2021

Louvre et Lugdunum : une voie romaine à double sens

« Le Louvre est un musée national et pas un musée parisien » insiste Jean-Luc Martinez président-directeur général du Musée du Louvre, en déplacement à Lyon. « Quelque 35 000 œuvres des collections du Louvre sont actuellement prêtées à des musées dans toute la France. Soit autant que le nombre d’oeuvres exposées entre les murs du Louvre ». On connaît aussi l’existence du Louvre Lens, et l’on apprend que des conventions partenariales ont été signées avec les villes de Nîmes et d’Arles. Ce vendredi 11 juin 2021, à Lugdunum – Musée et Théâtres romains, c’est un partenariat scientifique et culturel entre la Métropole de Lyon et le Louvre qui est signé par Jean-Luc Martinez, Bruno Bernard (président de la Métropole de Lyon) et Cédric Van Styvendael (vice-président chargé de la culture). Ce partenariat ouvre à un travail en commun entre le Louvre et le Musée d’antiquité romaine lyonnais, avec l’idée, par exemple, d’expositions communes possibles et d’échanges d’œuvres. Dithyrambique sur le musée lyon

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"Tom Foot" de Bo Widerberg : joue-la comme Johan

Euro 2021 | Voici qu'en plein Euro ressort au cinéma l'ovni footballistico-cinématographique de Bo Widerberg, Tom Foot (Fimpen en suédois), sorti en 1974. Soit l'histoire quelque peu enchantée d'un gamin de 6 ans, Johan Bergman, devenu le sauveur de l'équipe nationale de Suède. À voir pour retomber en enfance. Pour l'instant à l'extérieur et sans doute, on l'espère, bientôt à Lyon.

Stéphane Duchêne | Lundi 21 juin 2021

Dans Esaïe, chapitre 11, verset 6, où il est question d'emmener les animaux (et donc les agneaux de Dieu) vers de plus verts pâturages, il est dit : « et un petit enfant les conduira ». Ce pourrait être l'exergue de Tom Foot, ce film dans lequel le réalisateur suédois Bo Widerberg imagine l'équipe nationale de Suède menée à la Coupe du monde 1974 par un môme de six ans, Johan, le fimpen (« gamin ») du titre original. C'est en voyant le jeune Johan Bergman, qui interprête dans le film son propre rôle, jouer entre deux immeubles – et surtout lui prendre la balle – à la suite d'une de ces journées de tournage après lesquelles Widerberg avait pris l'habitude de taper la balle avec ses équipes, que le réalisateur de Joe Hill a imaginé cette histoire, « en 90 minutes » dira-t-il. C'est d'ailleurs cette scène qu'il reconstitue avec Macken, joueur star, fictif, du club d'Hammarby à Stockholm : en allant visiter sa petite amie, le footballeur échange quelques ballons avec des enfants. Johan lui prend la balle et Macken en perd son latin. Et son football. Il conseille même à son président d'e

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Woody Guthrie : Lui, the people

Story | En point d'orgue de son festival Images de sons, du 11 au 20 juin, le Musée des Confluences propose une soirée hommage à Woody Guthrie, peut-être la plus grande figure de la musique folk américaine – ce à quoi souscrirait son plus grand fan, le Prix Nobel Bob Dylan. Retour, en compagnie de sa fille Nora Guthrie, présidente de la fondation Woody Guthrie, sur la trajectoire aussi belle que terrible d'un chanteur, peintre et écrivain, communiste et humaniste, pourfendeur des injustices et inégalités de toutes sortes et pionniers de bien des luttes (anti-racisme, féminisme, écologie...). Un artiste aussi immense que modeste qui n'eut de sa vie qu'une seule vocation : chanter, et donc parler, pour le peuple.

Stéphane Duchêne | Jeudi 10 juin 2021

Woody Guthrie : Lui, the people

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La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Patrimoine | Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

La Cité de la Gastronomie ouverte un dimanche par mois

Après le grand bug, le retour en douceur : fermée depuis le fiasco MagmaCultura, l'opérateur espagnol ayant explosé en plein vol, la Cité de la Gastronomie est retombée dans le giron de la Métropole de Lyon à la grande surprise du nouvel exécutif emmené par Bruno Bernard, qui ne s'attendait pas à ce cadeau empoisonné. Un nouveau projet est en cours de réflexion, piloté par le vice-président délégué à l’Agriculture et à l’Alimentation, Jérémy Camus, qui sera dévoilé en septembre prochain. En attendant, il a été décidé d'ouvrir en partie le site : les salles patrimoniales de la Cité seront ainsi ouvertes au public, gratuitement, chaque premier dimanche du mois, de 10h à 19h. Il s'agit du Dôme des Quatre Rangs, de la grande apothicairerie, des salles de l’ancien hôpital de la Charité (la salle du conseil et la salle des archives). Pour Jérémy Camus, également président du Fonds de Dotation de la Cité Internationale de la Gastronomie, qui s'est exprim

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Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Jazz | Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 11 juin 2021

Le dernier concert de Miles Davis à Jazz à Vienne édité en vinyle

Quelques mois avant sa mort le 28 septembre 1991, le grand Miles Davis était sur la scène du Théâtre Antique, pour un quatrième passage à Jazz à Vienne. C'était un 1er juillet, il y avait foule, et l'ambiance était au beau fixe : le trompettiste et son groupe étaient en osmose. La prestation avait alors été enregistrée, et refait surface par la grâce d'une collaboration entre le festival français et le label Rhino, spécialiste des rééditions, qui annoncent conjointement la publication d'un double vinyle et l'apparition sur les plateformes de ce live baptisé Merci Miles ! pour le 25 juin. Ashley Kahn a rédigé les notes de pochette et Bruno Tilley réalisé le design. Deux compositions de Prince avait été jouées ce soir-là et sont sur le disque, Penetration et Jailbait. Collector.

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Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

Caviste | En bas des Pentes, une nouvelle cave à vins naturels : Satriale. Tenue par une bande d’amis, aussi exigeants en matière de bons sons que de bons pifs.

Adrien Simon | Mercredi 9 juin 2021

Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

L’entrée de la Grande Côte était jusque là gardée à main gauche par un tandoori, à main droite par une épicerie de nuit, qui ferma définitivement — c’était dans le monde d’avant. Elle a pris aujourd’hui les atours d’une cave à vins. Derrière de grandes baies vitrées, on voit de belles quilles dressées sur leurs piédestaux. Des bouteilles distanciées, remplies de vin nature. Donnez la définition que vous voudrez : liquide branché, piquette, nectar délicieux, vin véritable. La seule vérité c’est que le vin ici est nu (on dit "sans intrant"), fait de raisin juste pressé, fermenté, embouteillé. Les contenants on l’a dit, ne sont pas empilés, mais exposés, exhibant de belles étiquettes. L’équipe a travaillé avec Mačka pour éditer la sienne, qu’elle pose sur des bouteilles remplies de beaujo (signé Karim Vionnet), tirées d’un fut. Et derrière les apparences ? Les tauliers goûtent juste, et parlent bien. Par exemple d’un vin catalan, dont on vante la « complexité ludique. On aime quand il y a une information en bouche différente, c'est-à-dire qui te sort du domaine standard des

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Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Bande Dessinée | Officiellement, la 16e édition du Lyon BD Festival se tient les 12 et 13 juin. Mais chacun sait que, dans les faits, le rendez-vous de la bande dessinée a commencé depuis une septaine déjà. Rien à voir avec quelque éviction prophylactique : entre le off et le in, c’est tout le mois de juin qui est contaminé par le 9e art. Et aussi, surtout, l’ensemble de la vi(ll)e de Lyon…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Lyon BD Festival : là où les dessins s'animent

Les éditeurs feront sans doute un peu grise mine cette année du fait de l’absence de barnum place des Terreaux accueillant les stands à leurs couleurs — et leurs auteurs. Mais le pragmatisme l’emportant toujours sur la déception, ils se consoleront vite en considérant le verre rempli à ras-bord : la tenue en présentiel d’un des plus grands festival de bande dessinée de France, avec un programme conforme en ambition, en diversité et propositions, avec ceux déployés lors des éditions précédentes — on imagine les trésors d’inventivité qu’il aura fallu mettre en œuvre ! Fidèle à sa philosophie, Lyon BD poursuit en effet cette politique du “décloisonnement“ qui a fait son succès en révélant l’infini extraordinaire des interactions potentielles entre, d’une part, un art séquentiel lui-même multiple dans ses modes d’expression, et de l’autre toutes les disciplines culturelles et/ou les lieux les abritant dans la cité. En gagnant de nouveaux à sa cause chaque année, telle la Biennale de la Danse pour cette édition. Ça repart en live ! Au-delà des dédicaces (lesquelles ont toujours cour

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"La Nuée" de Just Philippot : du genre à sang à sillons

Horreur | Une éleveuse de sauterelles en difficulté découvre que nourrir ses bêtes en sang fait bondir le rendement… Aux lisières du fantastique et du drame social, le premier long de Just Philippot interroge les genres autant que notre rapport au vivant et à sa production. La nouvelle veine du genre français pulse bien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Agricultrice isolée, mère célibataire, Virginie ne s’en sort plus : est au bord de la faillite, et son élevage de sauterelles vivote. À la suite d’un accident, elle remarque que les insectes ayant goûté son sang se développent mieux, et plus rapidement. L’apparente aubaine la conduit à augmenter la capacité de son exploitation et à s’investir corps et âmes pour des sauterelles hématophages de plus en plus gourmandes… La Nuée peut se définir comme un “film de genre français d’horreur rurale“. L’allitération tord la langue, mais chacun des termes de cette appellation baroque est signifiant. Récapitulons. D’abord, “film de genre français d’horreur“ parce qu’issu du (plutôt fécond) programme monté par So Film visant à détecter des auteurs et des réalisateurs, puis à produire un style de cinéma codifié où la France recommence doucement à glisser l’orteil (Grave). L’argument éco

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Dominique Lawalrée, un minimaliste à découvrir au festival Superspectives

Minimalisme | Le festival de musique contemporaine Superspectives consacre toute une soirée au compositeur belge Dominique Lawalrée. Une figure clandestine de la musique minimaliste au charme artistique aussi discret qu’irrésistible.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 9 juin 2021

Dominique Lawalrée, un minimaliste à découvrir au festival Superspectives

Quel est le point commun entre la Belgique, Led Zeppelin et la liturgie dominicaine ? Dominique Lawalrée. Né en 1954, le compositeur belge a sorti une trentaine de disques singuliers, traversé une crise mystique en 1994, tout en sortant coup sur coup en 2014 et 2015 un ouvrage fouillé et admiratif sur les Beatles, puis un autre sur Led Zeppelin ! Une carrière tout sauf monocorde donc, même si, à l’écoute de certaines de ses quelque cinq cents œuvres (pour piano, orgue, synthétiseur, orchestre à cordes ou musique de chambre), ressort son goût pour le minimalisme et la musique répétitive. Erik Satie, Brian Eno, Morton Feldman, John Cage, Messiaen sont parmi ses influences les plus importantes. Dans Taciturne, journal écrit en 1984-85, Dominique Lawalrée se qualifie lui-même de… « gros plein de sons » ! « Morton Feldman a dit que si l’on ouvrait le ventre de Stockhausen on y trouverait quelque part John Cage. Si l’on ouvrait le mien on y trouverait non seulement Stockhausen, Feldman et Cage, mais encore des dizaines d’autres musiciens… Je dois donc maigrir, condition s

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Edo : Fourvière en éphémère pour Mory Sacko

Restaurant | On n’aurait pas parié sur l’esplanade de Fourvière comme l’un des hot spot de ce début d’été. Mais voilà que Mory Sacko y plante dès ce mercredi 9 juin son (...)

Adrien Simon | Mercredi 9 juin 2021

Edo : Fourvière en éphémère pour Mory Sacko

On n’aurait pas parié sur l’esplanade de Fourvière comme l’un des hot spot de ce début d’été. Mais voilà que Mory Sacko y plante dès ce mercredi 9 juin son restaurant éphémère, expérimenté l’an dernier au Palais de Tokyo. La scénographie est signée Visual System, qui va dresser aux côtés de la basilique une structure de bois et de leds. Le chef explique l’intention : « croiser l’esprit des neon markets et de Shibuya la nuit avec les maquis, ces bars clandestins qu’on retrouve en Côte d’Ivoire, souvent cachés dans les broussailles — ici des éléments en bois. » On trouvera dans les verres des cocktails signés Julian Short, bartender sud-africain. Et évidemment, pour éponger, la street food de Mory Sacko : grillades de poulet, maquereau ou bœuf, tempuras de légumes, sandwich gatsby aux aubergines massala, frites de patates douces, crème sucrée au miso et glace café. Le projet est mené, entre autres (notamment en partenariat avec la Fondation Fourvière), par le groupe Assembly (le Silencio), qui devrait veiller à la programmation musicale. « C’est un endroit qui se veut aussi festif, avec un

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Mory Sacko : « on ne va pas au restaurant pour se nourrir »

Food | Quelques jours avant la réouverture de son resto Mosuke à Paris, mais surtout d'un atterrissage fracassant du côté de Fourvière avec le concept Edo, on a téléphoné au top chef Mory Sacko. Et parlé longuement confinement, partage et voyage. Et cuisines africaines.

Adrien Simon | Mercredi 9 juin 2021

Mory Sacko : « on ne va pas au restaurant pour se nourrir »

Vous disiez cet hiver, à propos du nouveau confinement : « faire des boîtes quand tu ouvres ton premier resto, c’est pas ce que tu préfères, deux ou trois mois pour tenir ok, mais si j’en suis encore là en mars… » Trois petits points. On est au mois de juin… Mory Sacko : Quand j’ai ouvert Mosuke [son premier restaurant, à Paris], on parlait déjà d’une deuxième vague de l’épidémie donc on savait qu’on allait sûrement devoir fermer, mais franchement personne n’imaginait que ce serait pour sept mois… Je ne suis pas tout à fait fou donc on était tout de même préparé à basculer sur une nouvelle formule [en l’occurrence des burgers au poulet frit], formule à emporter qui nous a permis de toucher une nouvelle clientèle, qui n’a pas forcément les moyens d’aller dans un restaurant gastronomique. Ça, c’est le côté positif, comme l’émission de cuisine que j’ai pu lancer sur France 3, mais il faut bien avouer que dans mon équipe tout le monde commence à fatiguer, surtout psychologiquement, et il était temps qu’on puisse rouvrir… Il y a beaucoup de

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

Street Food | C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour (...)

Louise Grossen | Vendredi 4 juin 2021

Lyon : RoofPop s'installe à la Part-Dieu

C’est sur le toit terrasse du centre commercial de la Part-Dieu, au RoofPop, que les Lyonnais prendront de la hauteur cet été pour profiter d’un afterwork. Ouvert depuis le jeudi 3 juin, ce nouveau spot fonctionne sept jours sur sept de 11h à minuit. Cette terrasse de 250 m2 gérée par Nomad Kitchens — qui pilote le Lyon Street Food Festival —, promet de rythmer l’été avec sa programmation bouillonnante de mixologues, de chefs et de DJs. Côté food, le RoofPop déballera sa caravane Airstream flambant neuve de laquelle abonderont burgers, tapas et diverses denrées estampillées street food. À accompagner d'une sélection de craft beers et de cocktails pop. Mais, car il y a un mais : le spot est éphémère, et f

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Street Reporters : allô le monde, ici la rue

Podcast | Où dormir ? Où manger ? Où se laver ? Où faire ses démarches ? Où trouver des protections périodiques ? Des questions auxquelles les personnes à la rue se heurtent quotidiennement. Le podcast Street Reporters initié par la Fondation Abbé Pierre offre aux personnes mal-logées l’occasion de prendre la parole et d’aborder leurs parcours de vie, leur expérience à la rue, et d’enfin rendre plus accessible une information parfois vitale.

Louise Grossen | Vendredi 11 juin 2021

Street Reporters : allô le monde, ici la rue

Initié en 2017 par L’agence régionale de la Fondation Abbé Pierre en Auvergne-Rhône-Alpes avec l’appui d’Atlantide Merlat, le podcast Street Reporters arrive en complément du Guide de l’Urgence sociale. Directrice de Péniche Accueil (lieu d’accueil journalier des publics en situation de rue, aide à la réinsertion et aide de première nécessité, située dans le 2e arrondissement), Atlantide Merlat, qui mène ce projet, nous explique : « le podcast était une alternative au livret qui existe déjà. On a vocation à le diffuser dans les structures d’accueil pour éclairer, informer, mais aussi dans des lieux de culture, les bibliothèques, etc. L’action, ça commence par un travail de sensibilisation et d’information pour tous. Je connais le monde de la précarité, je peux dire que le citoyen lambda, lui, ne le con

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Maître Grimme

Pop | Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Maître Grimme

Victor Roux aka Grimme nous avait sacrément tapé dans l'oreille avec son EP de 2015 et son album de 2017, The World's is all wrong but it's allright, qui l'avaient installé, en ce qui nous concerne du moins, comme un des plus beaux artisans de la pop hexagonale chiadée. Et l'on était assez impatient de la suite aux annonces répétées de son changement d'idiome, le musicien passant de l'expression en anglais (alpha et oméga de la pop) à l'oral de français. Non sans une certaine appréhension. Totallement dissipée à l'écoute d'Un hôtel une étoile en 2020 et plus encore avec la sortie ce printemps d'Un manteau pour l'hiver, où la puissance cinématographique de ses chansons, l'onirisme de ses arrangements continuent de tisser une œuvre singulière, un monde à part. Grimme, Un manteau pour l'hiver (Vibrations sur le fil / Inouïe distribution)

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Raoul Vignal : de marbre et de douceur

Folk | Prince du finger-picking et des accords alternatifs – les lecteurs de Guitar Mag ou de La Gazette du Mediator comprendront –, le Lyonnais Raoul Vignal (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 juin 2021

Raoul Vignal : de marbre et de douceur

Prince du finger-picking et des accords alternatifs – les lecteurs de Guitar Mag ou de La Gazette du Mediator comprendront –, le Lyonnais Raoul Vignal n'en finit plus de livrer des albums impeccables qui après l'avoir installé comme ni plus ni moins que le Nick Drake français réussisent au fil du temps et des sorties à l'éloigner durablement de cette simple comparaison, certes flatteuse, mais à force sans doute un peu embarrassante. Car le chanteur-guitariste mérite, malgré le cousinage de son jeu et de sa voix avec ceux du barde de Tanworth-in-Arden, d'être jugé à l'aune de son propre talent et en toute indépendance. Plus que jamais son tout récent Years in Marble, troisième long format, devraient y inciter, où Vignal continue de s'imposer en orfèvre de la mélodie et de l'arrangement létal qui ne paie pourtant pas de mine. Une authentique leçon de folk, pastorale autant qu'urbaine, mélancolique autant que lumineuse et qui fait foisonner l'intime. Une merveille de plus à son actif.

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Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Disquaire Day | Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, l'amateur de vinyle se lance dans son annuelle grande chasse à la galette, avec une petite préférence pour les collectors – parfois dispensables, il faut bien l'avouer – édités spécialement pour l'occasion (un 45t live de Ziggy Stardust où Bowie a le hoquet à la fin de Starman ; un split single Adamo / Dinosaur Jr., ce genre). Et histoire de faire de la journée une fête qui ne soit pas que mercantile (on n'est pas des bêtes, enfin pas que), l'événement s'accompagne d'une poignée d'événements. Tels cette année, un showcase de la jeune Claire Days, ancienne finaliste du Ninkasi Musik Lab (dont le Creatures sort le 23 juin), au Village du Disquaire Day (situé à l'Away Hostel, du côté de Croix-Paquet), deux concerts d'After Geography (pop en survêt') et de Midnight Cassette (psyché pop franco-néo Z) au Groom. Ce dernier fera l'objet d'un enregistrement sur vi

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Les 100 ans de l'Institut Franco-Chinois avec Guillaume Degé

Art Contemporain | Il y a cent ans, la Chine installait sur la colline de Fourvière sa première université à l’étranger, et créait (avec la coopération de la ville de Lyon) (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 juin 2021

Les 100 ans de l'Institut Franco-Chinois avec Guillaume Degé

Il y a cent ans, la Chine installait sur la colline de Fourvière sa première université à l’étranger, et créait (avec la coopération de la ville de Lyon) l’Institut Franco-Chinois. Celui-ci reçut, entre 1921 et 1946, quelque 470 étudiants, en quête de savoirs et de technologies occidentaux. Le petit musée qui est consacré à cette histoire singulière vient de rénover ses espaces et son parcours, constitué d’une poignée de salles thématiques : reconstitution d’une chambre d’une étudiante en littérature, évocation de la bibliothèque de l’institut, présentation de quelques pièces asiatiques de la collection Guimet… Pour ce centième anniversaire, le Nouvel Institut Franco-Chinois a invité l’artiste (et sinologue) français Guillaume Degé à exposer ses gouaches sur papier chinois et ses céramiques récentes. Les premières laissent libre cours à des formes qui oscillent entre monde minéral et monde végétal, évocations sexuelles masculines et féminines, couleurs acidulées et tons de gris… Un univers non figuratif

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Lyon : Écrans Mixtes invite Gaël Morel et Ulrike Ottinger pour sa onzième édition

Festival | Depuis dix ans, Écrans Mixtes s’attache à brosser un panorama des cinémas queer des plus vastes, c’est-à-dire ouvert à toutes les chapelles, sans exclusive. (...)

Vincent Raymond | Jeudi 3 juin 2021

Lyon : Écrans Mixtes invite Gaël Morel et Ulrike Ottinger pour sa onzième édition

Depuis dix ans, Écrans Mixtes s’attache à brosser un panorama des cinémas queer des plus vastes, c’est-à-dire ouvert à toutes les chapelles, sans exclusive. Cultivant la fidélité (Philippe Vallois est un exemple) autant que le goût pour le patrimoine, sa programmation sait rendre compte des évolutions des genres — ce qui n’est pas un vain mot — comme de leur représentation en accueillant un public grandissant, séduit par ce mélange autant que par l’éclectisme de l’affiche et des invités. Décalée à l’entrée de l’été, cette édition 2021 reste prestigieuse : outre les rétrospectives à Gaël Morel et Ulrike Ottinger (en leur présence), l’hommage à Delphine Seyrig, féérique emblème de l’affiche, il faut noter le focus New Queer Cinema Female Gaze permettant de (re)voir des films des années 1990 pour la plupart, signés par des autrices lesbiennes et/ou abordant l’homosexualité féminine (Go Fish, Orlando, High Art

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Jean-Pierre Améris et Anne Fontaine présentent leurs nouveaux films au Pathé Bellecour

Avant-Premières | Un retour aux sources double, triple, quadruple même pour la première avant-première proposée par le Pathé Bellecour le vendredi 18 juin à 19h45, Profession (...)

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Jean-Pierre Améris et Anne Fontaine présentent leurs nouveaux films au Pathé Bellecour

Un retour aux sources double, triple, quadruple même pour la première avant-première proposée par le Pathé Bellecour le vendredi 18 juin à 19h45, Profession du père : il s’agit en effet de l’adaptation d’un roman de Sorj Chalandon inspiré de son enfance à Lyon, tournée principalement à Lyon par le Lyonnais Jean-Pierre Améris (présent lors de la séance) et co-produit par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Suivra le mardi 22 à 20h25 Présidents de Anne Fontaine en sa présence, ainsi que celle de ses comédienne Doria Tillier et Pascale Arbillot (sous réserve) — l’équipe sera également présente le même soir à l’UGC Confluence à 19h30 et au Comœdia à 21h. Ah, et il se murmure qu’une autre équipe serait en voie de confirmer sa venue la même semaine. Restez branchés !

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Entendons-nous bien : trois films tournant autour du son et de l'ouïe à voir en salles

Théma | À force de louer les qualités visuelles du cinéma, on en oublierait presque qu’il marche sur une autre jambe : son oreille, si l’on ose dire. Et que son, musique ou écoute sont décisifs…

Vincent Raymond | Jeudi 10 juin 2021

Entendons-nous bien : trois films tournant autour du son et de l'ouïe à voir en salles

Sans un bruit 2 devait sortir en mars dernier. Et puis, crac ! Pandémie, confinement, fermeture des salles, silence radio… Un écho assez troublant pour cette suite au thriller survivaliste de (et avec) John Krasinsky, dont le succès (légitime) et surtout l’hallucinante rentabilité (20 fois la mise) avaient sans peine convaincu les producteurs de prolonger l’aventure. Seize mois après la date initiale — et après notre douloureuse promesse de maintenir le silence sur l’intrigue — sort donc le 16 juin cette séquelle parée d’un prologue décrivant l’invasion par le ciel de créatures chassant tout ce qui bouge à l’oreille ; des prédateurs monstrueux dont les fréquences des appareils auditifs de la fille de l’héroïne sont, avec l’eau, les seuls talons d’Achille connus. Dans cet opus, où Evelyn et sa famille partent à la recherche d’autres survivants, les rues désertes, la paranoïa galopante ou les zones censément à l’abri (des huis clos sur le point de devenir de nouveaux clusters) prennent dans le contexte du Covid un relief d’un réalisme insoupçonné. Le silence obligé des protagonistes contamine la salle et le susp

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Teen Movies, tour des sorties de juin

Théma | Place aux jeunes ! Devant (parfois aussi derrière) la caméra, les grands ados métaphorisent à l’écran les métamorphoses dont ils sont les témoins privilégiés. Il y en a pour tous les goûts…

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

Teen Movies, tour des sorties de juin

Débutons par une débutante très exposée, Suzanne Lindon et ses Seize Printemps (sortie le 16 juin), vraie fausse auto-fiction autour d’une néo-effrontée du (très) beau Quartier Latin parisien, tombant en pâmoison face à un comédien de théâtre trentenaire… Disons que c’est conforme à ce que l'on peut en attendre, pour le pire et le meilleur : naïf et autocentré (c’est le sujet), le fait qu’il soit interprété par la réalisatrice interroge sur la distance qu’elle veut poser par rapport à son personnage. Y a-t-il du recul, de l’ironie par rapport à certains clichés propres à ce genre de films, au milieu qui est le sien et qu’elle décrit, à son recours un peu gratuit à la comédie musicale (en hommage à Decouflé ?), à sa personne ? Il faudra attendre son prochain film pour être fixé. Freaky de Christopher Landon (sortie le 23 juin) offre de son côté une vision franchement plus décalée de l’irruption dans le monde des adultes, puisqu’elle reprend en mode comédie horrifique, production Blumhouse oblige, le désormais classique switch de

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Kevin Costner dans "L'un des nôtres" : très chère chair de notre chair

Thriller | Un thriller de Thomas Bezucha, avec Kevin Costner et Diane Lane, qui pourrait figurer dans les filmographies de Clint Eastwood ou John Cassavetes.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Kevin Costner dans

Montana, fin des années 1950. Après la mort accidentelle de leur fils, Margaret et George voient leur bru épouser le très discret Donnie, et quitter la ville du jour au lendemain avec leur petit-fils Jimmy. Bien décidés à le récupérer, ils partent à sa recherche, sans imaginer le calvaire à venir… Signé par un réalisateur n’ayant jamais connu la gloire et doté d'un titre français bancal, L’un des nôtres sort presque en catimini, mais ne vous y trompez pas : il pourrait figurer dans la filmographie de Clint Eastwood ou de Cassavetes. Avec son couple formé d’un shérif retraité mutique (Kevin Costner, parfait dans la mesure et le non-dit) et d’une cow-girl obstinée (Diane Lane, nouvelle Gena Rowlands), ce néo western glissant d’un déchirant drame familial vers un glaçant thriller ne cesse de surprendre par la richesse de ses motifs secondaires et de sa justesse. Sobriété d’interpré

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"Le Discours" de Laurent Tirard : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | Laurent Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby. Avec Sara Giraudeau et Kyan Khojandi.

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêchent pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer comme Resnais un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipien

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Nuits de Fourvière : bienvenue au théâtre des Flandres

Théâtre | Les Nuits de Fourvière s’apprêtent à faire souffler un vent de Flandres revigorant sur le théâtre lyonnais. Guy Cassiers, les comp. Marius et les tg STAN débarquent du Thalys avec leur art de l’immédiateté, que ce soit dans des décors minimalistes ou dans la sophistication des images. Au centre : le texte. Embarquement immédiat.

Nadja Pobel | Vendredi 11 juin 2021

Nuits de Fourvière : bienvenue au théâtre des Flandres

Il y a les flandriennes et les flandriens. Les premières désignent ces classiques cyclistes à se damner qui font les beaux jours du début du printemps et embarquent le peloton sur ses murs et ses monts. Les seconds sont les artistes que les Nuits de Fourvière accueillent dans cette édition : Guy Cassiers, les tg STAN et les comp. Marius. Le premier est un des symbole de la "vague flamande" qui a vu renaitre dans les année 90 sur la scène européenne les arts de la scène néerlandophone avec Jan Lawers, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker… Les deux collectifs ont cheminé ensemble au Conservatoire d’Anvers ; Waas Gramser a co-fondé les tg STAN puis travaillé en compagnie avec Guy Cassiers de 1994 à 2005 avant de fonder les Marius avec Kris Van Trier. Auteurs vivants et mythes Tout trois ne travaillent pas avec les mêmes outils mais placent au cœur de leur réflexion le texte et la

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100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Médias | Hommes de radio, pirates des ondes, doux dingues ayant senti le vent tourner à l’aube des années 80 quand Mitterrand élu s’apprêtait à libérer les fréquences : Serge Boissat et Christophe Mahé ont tous deux vécu pied au plancher l’époque baptisée "radios libres". Ils ne se parlaient pas, n’avaient rien à fricoter ensemble, l’un doit son succès aux cocos, l’autre ses débuts à Chirac. Mais ils partagent ce même amour inconditionnel d’un média qui a marqué des générations : la radio. Et sont les deux faces d’une même pièce ayant fait vibrer les ondes lyonnaises des 80’s. Au micro, les deux protagonistes de cette fabuleuse histoire : Serge Boissat, dictateur de la cultissime Radio Bellevue, décédé durant l’été 2018, et Christophe Mahé, entrepreneur à succès et patron de Espace Group. Ce sont les 100 ans de la radio : pump up the volume !

Sébastien Broquet | Mardi 1 juin 2021

100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Serge Boissat : My name is Serge Boissat. 1973, j’ouvre ma boutique Bouldingue. 1975, mon frère et trois potes montent une structure nommée Veronica. Plein de petits concerts sont organisés, des trucs de rock progressif comme Van Der Graaf Generator ou Caravan. Et les Rolling Stones au Palais des Sports. À un moment, ils ont trop grossi. Jean-Pierre Pommier démarrait, en tant que banquier il a commencé à financer un concert ou deux. Pommier, il a plein de défauts, il m’horripile des fois, même tout le temps… Sauf quand il est bourré. Lui venait de faire Kevin Ayers, bien dans le même style que ce que faisait Veronica. Donc, ils se sont associés. Et ils ont ouvert le Rock’n’Roll Mops. J’y ai passé deux mois et demi. Le Rock’n’Roll Mops, c’est le début

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Elie Wajeman & Vincent Macaigne : « le médecin de nuit nous donne accès à l’universel »

Médecin de Nuit | Métamorphosé par Elie Wajeman, Vincent Macaigne devient dans "Médecin de Nuit" une grande figure tragique de roman noir, tiraillé entre son éthique professionnelle, ses obligations familiales et ses pulsions, au cœur d’une très longue nuit. Consultation en tête à tête avec le réalisateur et son comédien.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Elie Wajeman & Vincent Macaigne : « le médecin de nuit nous donne accès à l’universel »

Le titre est d’une grande nudité et d’une grande simplicité : Médecin de nuit. Le personnage de Mikaël est aussi celui le médecin de LA nuit, c’est-à-dire de tous les affects, de toutes les misères, de toutes les maladies cachées, de toutes les turpitudes de la nuit… Elie Wajeman : C’est exactement ça. Il est médecin des corps et médecin des âmes nocturnes. Comment l’avez-vous composé ? Y a-t-il une part de collecte documentaire pour établir un profil comme celui de Mikaël ? EW : C’est un mélange. Le premier jet, c’était vraiment un Mikaël que j’ai inventé ; après, ça a été affiné, on l’a retravaillé grâce à l’étape documentaire. Mais ça s’est pas fait comme ça ! Et j’espère que ces médecins solitaires, dans la

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Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours | À l’écran, on l’a connu odieux ("Le Sens de la fête"), irrésistible de drôlerie ("Mon inconnue"), fuyant ("Antoinette dans les Cévennes") mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe — de la Comédie Française — poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du "Discours", adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux : « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste, et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, sa névrose… C’est quelqu’un qui se débat, il est complètement obsédé par l’am

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Villeurbanne : au Zola, Ciné O’Clock is back

Festival | Rattrapage au Zola, la suite. Après la version 2020+1 du Festival du Film Court fin mai, place à Ciné O’Clock et au cinéma britannique et irlandais, condensé (...)

Vincent Raymond | Mercredi 2 juin 2021

Villeurbanne : au Zola, Ciné O’Clock is back

Rattrapage au Zola, la suite. Après la version 2020+1 du Festival du Film Court fin mai, place à Ciné O’Clock et au cinéma britannique et irlandais, condensé sur le week-end du 11 au 13 juin — ce qui ne l’empêche pas d’être diablement appétissant. Côté nouveautés ou inédits, Dream Horse de Euros Lyn, The Song of Names de François Girard, Louxor de Zeina Durra, Ammonite de Francis Lee, Crock of Gold de Julian Temple (documentaire sur Shane McGowan en avant-première), Sisters with Transistors de Lisa Rovner (un autre doc, sur les pionnières de la musique électronique, précédant un DJ set de Marion Bornaz aka Maria Rockmore

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Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Festival | Édition hors-série, limitée question lieux (deux seulement), jauges et horaires, mais édition aguicheuse et conservant l'ADN du festival : Nuits sonores pense futur sans renier ses basiques et convie aussi bien la star Jeff Mills que la newcomer Lala &ce en juillet 2021. On détaille.

Sébastien Broquet | Jeudi 27 mai 2021

Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Au milieu d'un torrent d'incertitudes (debout ou pas ? comment fonctionneront les bars et la restauration ? pass sanitaire ou pas ? ), le festival Nuits sonores a réussi à concocter une programmation fûtée pour gens couchés qui finalement se lèveront peut-être. Avec une grosse dose d'artistes locaux, parfois emblématiques de la ville (on pense à High Tone et Flore), de découvertes, de quelques stars des musiques électroniques aussi — tel Jeff Mills qui vit à Paris, ou Chloé. Bref, une programmation qui ne renie rien des engagements du festival et fait clairement envie. Avec même le groupe le plus excitant du continent africain contemporain, les natifs de Kinshasa Fulu Miziki, dont l'album doit paraître prochainement sur Crammed Discs. « Avec une édition hors-série et pour la première fois estivale, le festival se réinventera autour de nouveaux récits, d’une nouvelle temporaliteL

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Lyon : Mory Sacko ouvre Edo, resto éphémère sur l'esplanade de Fourvière

Food | Edo, tel est le nom de code de ce restaurant éphémère, entièrement en terrasse, que le chef acclamé et récemment étoilé Mory Sacko ouvre dès le 9 juin sur l'esplanade de la Basilique de Fourvière. Le spot de l'été, assurément.

Sébastien Broquet | Mercredi 26 mai 2021

Lyon : Mory Sacko ouvre Edo, resto éphémère sur l'esplanade de Fourvière

Après l'annonce du retour en ville de la team du Café Sillon et de Mathieu Rostaing-Tayard avec Micro Sillon, les nouvelles excitantes se succèdent pour les amatrices et amateurs de food à Lyon : c'est désormais Mory Sacko, l'acclamé jeune chef de MoSuke dans le 14e arrondissement à Paris — où il mêle les influences africaines, japonaises et françaises —, tout juste récompensé d'une étoile Michelin en janvier dernier après avoir été révélé en 2020 dans l'émission TV Top Chef, qui dévoile l'installation d'un restaurant éphémère cet été à Lyon... sur l'esplanade de Fourvière, avec vue panoramique sur la cité ! Edo, concept itinérant qui avait régalé l'été dernier en créant une immense terrasse sur le parvis du Palais de Tokyo face à la Tour Eiffel, part donc cette année en tournée — après Lyon, ce sont Marseille (au Cercle des Nageurs de Marseill

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"Vers la bataille" et "Si le vent tombe" : si loin, si proches

Cinéma | L’époque et la géographie les oppose, mais les protagonistes de "Vers la bataille" et de "Si le vent tombe" ont beaucoup en commun. À commencer par le fait d’être des Français temporairement expatriés et irrésistiblement attirés par le souffle de la guerre…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

La Guerre et ce qui s’ensuivit, écrivait Aragon. Quelle que soit l’âge du conflit, le déroulement sur le terrain est identique : les corps des belligérants (et des malheureux civils au mauvais endroit, au mauvais moment) finissent hachés par une pluie de boue et de mitraille, après avoir été laminés par l’angoisse d’être touchés. La raison commanderait de fuir à tout prix ces zones de haut péril, mais la raison, on la connaît, a parfois les siennes, hors de toute logique. Pour Louis dans Vers la bataille de Aurélien Vernhes-Lermusiaux, c’est d’aller photographier au plus près l’Expédition du Mexique de 1861 (et sa déroute) à la demande de l’armée française, histoire d'oublier la mort de son fis. Pour Alain dans Si le vent tombe de Nora Martirosyan, c’est d’aller observer de ses yeux cette ligne de front ayant justifié sa venue au Haut-Karabagh pour inspecter un aéroport afin de lui donner l’autorisation d’ouvrir ; cette même ligne de front exigeant que le rapport soit défavorables po

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Matthias Schoenaerts : « Sons of Philadelphia, c’est plus un film social qu’un film de genre »

Polar | Le comédien belge désormais international accompagne l’auteur et scénariste de polars Jérémie Guez dans sa première aventure outre-Atlantique, le très réussi Sons of Philadelphia, où il compose un mafieux pris en étau entre vengeance familiale et morale…

Vincent Raymond | Mercredi 26 mai 2021

Matthias Schoenaerts : « Sons of Philadelphia, c’est plus un film social qu’un film de genre »

Dans Sons of Philadelphia, le personnage de Peter que vous interprétez présente une sorte de cousinage avec celui de Jacky dans Bullhead, qui vous a révélé. Sa fin est toutefois plus heureuse, puisqu’il a ici sa revanche… Matthias Schoenaerts : Ces similitudes me fascinent. En fait, ces deux personnages sont écartelés. D’un côté, il y a leur “public persona“ en accord avec l’univers dans lequel ils vivent ; de l’autre, leur vraie personne qu’ils n’ont jamais réussi à développer, et c’est une tragédie profonde. Si je regarde autour de moi, et sans porter quelque jugement que ce soit, beaucoup de gens vivent une vie qui n’est pas en accord avec qui ils sont vraiment. Ils prennent des décisions qui ne sont pas vraiment les leurs, ils vivent une vie qui n’est pas vraiment la leur mais qui au bout d’un moment, devient la leur même si ce n’est pas celle qu’ils devaient avoir. Pour moi, c’est une tragédie humaine et pour moi, ce film, c’est bien plus qu’un film de gangster, c’est vraiment une tragédie humaine pour cette personne qui ne sera jamais qui elle est. En cela, il y a effectivement une similitude ent

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Lyon : cinq expositions à voir en juin

Bons Plans | Des frères Flandrin à l’entreprise de bio-chimie Monsanto, en passant par l’enfance vue par Marine Joatton, le mois de juin est placé sous le signe de la diversité, dans les musées et les galeries du Grand Lyon.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 juin 2021

Lyon : cinq expositions à voir en juin

Aller voir ailleurs La galerie photo Le Réverbère a eu des envies d’ailleurs et a proposé à (presque) tous ses photographes de présenter un petit ensemble d’images autour de cette thématique. L’ailleurs ici peut être bien sûr le voyage lointain, mais aussi l’ailleurs intime et nocturne avec deux photographies prises depuis une voiture par Julien Magre, l’ailleurs des images avec un travail sur leur texture par Serge Clément, l’ailleurs dans le temps avec des images anciennes de Bernard Plossu. Envie(s) d’ailleurs ! Au Réverbère jusqu’au 31 juillet La fratrie Flandrin Auguste, Hippolyte et Paul Flandrin ont marqué la scène artistique lyonnaise du XIXe siècle, et au-delà. Artistes et frères, ils furent aussi et surtout complices dans leurs projets de création, formant une sorte de collectif familial. Le Musée des Beaux-Arts propose de (re)découvrir leurs œ

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Exib, un nouvel espace d’art hybride

Art Contemporain | Une nouvelle galerie d'art, Exib, s'installe dans le 7e arrondissement.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 26 mai 2021

Exib, un nouvel espace d’art hybride

Dans le quartier de la Guillotière, à deux pas de la galerie La Rage (une galerie d’art brut), un nouvel espace d’exposition est né : Exib. Rien de trop ici : des cimaises sur deux niveaux assez étroits, quelques tables dans un espace séparé et une mini terrasse dans une cour intérieure. Fondé et géré par Fabien Rambert, Exib se veut tout à la fois un lieu d’exposition, de restauration, d’ateliers et d’événements divers… Les artistes Mara Tchouhadjian, Alfredo Piola et Monsieur Caramel (artiste et pâtissier !) inaugurent les lieux avec des œuvres médiums hétérogènes (sculptures, peintures, photographies…) déclinant le motif du lien et du nœud. Bonhommes faits de nœuds, lignes dessinées ou en fil de laiton entrelacées… Un fil à suivre, en trois brins, dans cet endroit fort sympathique. Mara Tchouhadjian, Alfredo Piola, Monsieur Caramel, En boucles À Exib (5 rue d

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Un nouveau Ninkasi au cœur d'OL Vallée

Brasserie | La saison prochaine, les supporters de l’Olympique Lyonnais pourront retrouver la saveur d'une mousse d'avant-match dans un Ninkasi comme du (...)

Louise Grossen | Vendredi 21 mai 2021

Un nouveau Ninkasi au cœur d'OL Vallée

La saison prochaine, les supporters de l’Olympique Lyonnais pourront retrouver la saveur d'une mousse d'avant-match dans un Ninkasi comme du temps de Gerland. 160 places en intérieur, 100 supplémentaires en terrasse pour savourer les 17 variétés de bières de la marque ou découvrir la récente gamme des spiritueux maison, c'est le programme de ce tout nouveau Ninkasi qui ouvrira le 7 juin sur le site d'OL Vallée. À la direction : Olivier Milesi, ancien gérant du Ninkasi Sans Souci. Côté food, on se délectera des désormais traditionnels burgers, bagels et frites maison. Et la programmation viendra confirmer le concept "bières burgers musique" avec au menu : blind tests, concerts d'artistes locaux, soirée disco bingo & karaoké. Ninkasi OL Vallée 2 avenue Simone Veil, 69150 Décines-Charpieu Du dimanche au mercredi de 11h à minuit Du jeudi au same

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Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Festival | Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 21 mai 2021

Jazz à Vienne : les deux dates de Marcus Miller annulées

Ce devait être l'un des moments phares de cette édition forcément un peu spéciale de Jazz à Vienne : deux concerts programmés les 4 et 6 juillet de celui qui est l'un des grands habitués du festival, Marcus Miller. Malheureusement, le bassiste américain a pris la décision d'annuler sa tournée estivale en Europe dont évidemment les deux dates viennoises, invoquant notamment les difficultés liée à la circulation internationale dans le contexte de la Covid – qui a quasiment éradiqué la présence d'artistes américains dans les festivals ayant choisi de se produire cet été. Jazz à Vienne réfléchit à des solutions de remplacements qui devraient être annoncées dans les prochains jours.

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Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

Bar à vin | Mathieu Rostaing-Tayard, l'ancien chef du Café Sillon et du 126, ouvre un bar-cave à vin dans le 1er arrondissement, confié à son ancienne sommelière et désormais associée, Joanna Figuet. Baptisé Micro Sillon, ce spot forcément très attendu ouvrira le mardi 15 juin.

Sébastien Broquet | Jeudi 20 mai 2021

Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

C'est l'événément de l'été côté food à Lyon : Mathieu Rostaing-Tayard s'apprête à faire son retour, aux côtés de l'ancienne sommelière du Café Sillon, Joanna Figuet. Tous deux, associés, ont repris le Vin des Vivants, ancienne cave / bar où l'on adorait se poser en terrasse ombragée pour l'apéro, que Mathieu Perrin leur a cédé. Le nom de ce nouveau spot qui va obligatoirement draîner tout ce que la ville compte de fins gourmets et bon vivants : Micro Sillon. Of course. Mathieu Rostaing-Tayard nous détaille le concept : « c'est un projet que nous avons construit ensemble, tous les deux. C'est Joanna qui va le gérer au quotidien, car je vis maintenant au Pays Basque. Micro Sillon est une cave et bar à vin, où l'on présentera des vignerons que l'on aime comme Daniel Sage, Claude Courtois ou encore Philippe Valette. Avec de la petite restauration, uniquement le soir, des plats simples — enfin, simples... pour nous — et peu cuisinés. Avec des produits sélectionnés par mes soins, très bie

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Un Matisse au Musée des Beaux-arts

Peinture | C’est une femme sans visage, vêtue de jaune, peinte par Matisse (1869-1954) en 1951, qui vient rejoindre les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mai 2021

Un Matisse au Musée des Beaux-arts

C’est une femme sans visage, vêtue de jaune, peinte par Matisse (1869-1954) en 1951, qui vient rejoindre les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Épure des formes, absence de traits de la figure, psychologie du modèle effacée : on retrouve là quelques-uns des motifs récurrents de la dernière période de l’artiste. Katia à la chemise jaune rejoint plusieurs œuvres de Matisse déjà conservées au musée (dessins et peintures), et son acquisition fait suite à l’importante exposition Henri Matisse, le laboratoire intérieur présentée en 2016-2017. Acheté à la Fondation Pierre et Tana Matisse à New York pour la coquette somme de 4 800 000 euros, le tableau a été financé par des mécènes du musée (4 100 000 euros), l’État (500 000 euros) et la Ville de Lyon (200 000 euros). À partir du mercredi 19 mai, il est présenté au public parmi un nouvel accrochage des collections du XXe et XXIe siècles. Parallè

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