Lee Unkrich & Darla K. Anderson : « montrer Frida Kahlo dans la mort, c'est de la pure imagination »

Coco | Pilier de Pixar, le réalisateur de Monstres & Cie, du Monde de Nemo ou de Toy Story 2 & 3, Lee Unkrich est à nouveau à la manœuvre pour Coco, qu’il évoque avec sa productrice Darla K. Anderson.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Photo : © DR


Quel est le point de départ de Coco ?
Lee Unkrich :
L'inspiration est tout simplement venue du Mexique, dont j'appréciais depuis toujours le Día de muertos — le Jour des morts. Quand j'ai commencé à écrire sur ce sujet, je me suis rendu compte qu'il n'y avait aucune histoire sur cette fête, c'était une idée assez unique. Au fur et à mesure de mes recherches, j'ai découvert combien l'idée du souvenir de sa famille y était important. Il y avait là le potentiel pour une histoire universelle, drôle, dramatique, visuellement très belle et avec un vrai cœur. Ça m'a touché.

Avez-vous conçu le Pays des morts comme un miroir à celui des vivants, puisqu'on y boit, mange, dort ?
LU
: Non, on n'a pas pensé à cette notion de miroir, mais on a fait beaucoup de recherches pour la préparation, ce qui nous a aidés pour concevoir Santa-Cecilia, la ville du monde des vivants où vit Miguel. Évidemment, on ne pouvait pas faire de recherches pour le monde des ancêtres, alors on a fait appel à l'imagination. On aurait pu faire n'importe quoi, mais on voulait vraiment que ça “respire” mexicain, que ce soit plein de vie comme dans la vie réelle et que cela apparaisse comme familier non seulement à Miguel, mais également au public afin qu'il partage pleinement ses émotions.

Il y a d'ailleurs un côté parc d'attractions…
LU :
(rires) En quelque sorte. Ce devait être un endroit sympathique, drôle, plein de couleurs, de musiques, de vie… Día de muertos est une célébration : on ne vient du monde des ancêtres qu'une fois par an pour voir sa famille : tout le monde doit être heureux comme un gamin, tout excité.

Pourquoi Coco n'est-il pas sorti au moment de la Toussaint ?
Darla K. Anderson :
Il a bénéficié d'une sortie anticipée au Mexique, au moment de Día de muertos le 1er novembre ; aux États-Unis, il y aurait eu de la confusion avec Halloween le 31 octobre. Pour nous, c'est avant tout un film qui parle de la famille, du fait d'être ensemble, qui sont représentés par des fêtes comme Thanksgiving aux États-Unis et surtout Noël partout dans le monde. C'était donc une évidence pour nous de le faire coïncider avec ces dates-là.

Qu'est-ce qui a changé le plus dans votre façon de travailler depuis vos premiers films ?
LU : J'ai davantage confiance en moi qu'au début. Maintenant, lorsque je commence un film, quoiqu'il arrive, je sais qu'il sera fini — alors que ce n'était pas le cas auparavant. Je panique beaucoup moins, j'ai plus de recul. À part ça, c'est toujours aussi difficile de trouver et de raconter une bonne histoire. Quant à la technologie, elle est tellement avancée que l'on peut maintenant faire ce que l'on veut et c'est génial ; quoi qu'on imagine, on peut tout mettre à l'écran.

Tout est-il vraiment possible ?
LU
: Oui. Bien sûr, certaines choses n'ont pas encore été faites, mais c'est parce qu'on ne veut pas les faire chez Pixar — comme des être humains qui ressemblent à des êtres humains. La vraie question, c'est : comment les faire de manière efficace en restant dans le budget.

Coco fait “jouer” Frida Kahlo morte. Avez-vous dû demander une autorisation pour utiliser l'image de l'artiste défunte ?
DA
: Bien sûr, il fallait créer un partenariat avec la Fondation Frida Kahlo pour avoir l'autorisation de le faire.

LU : On a essayé de faire un vrai travail de partenariat avec tous les personnages authentiques représentés dans le film. La Fondation Frida Kahlo a ainsi demandé de petits ajustements subtils, notamment dans sa façon de jouer.

DA : Et l'on a eu du mal à trouver des enregistrements de sa voix — ça n'existe pas. On ne savait pas comment refaire sa voix.

LU : On se sentait une certaine liberté, en fin de compte : montrer Frida Kahlo dans la mort, c'est de la pure imagination ; ça donne quelques degrés de liberté pour jouer avec le personnage.

Le titre Coco, qui fait référence à l'arrière grand-mère s'est-il imposé tout de suite ?
LU
: Ce n'était pas le titre initial… car il n'y en avait pas au départ. Quand on fait des films chez Pixar, on donne toujours un nom de code pendant la phase de travail. Pour celui-ci, c'était Coco et il est resté. C'était le cas également avec Toy Story — on est tous d'accord, c'est un nom un peu stupide, “histoire de jouets”, mais c'est ça qui est resté. Coco c'est pareil. On avait pourtant fait des listes avec des centaines de titres potentiels, mais on a choisi celui-ci parce qu'il était simple. J'aimais bien aussi le côté énigme. Avant de voir le film, on ne sait pas pourquoi il porte le nom de l'arrière grand-mère ; à la fin, on comprend qu'elle est au cœur de l'histoire.


Coco

De Lee Unkrich (ÉU, 1h40) avec Andrea Santamaria, Ary Abittan

De Lee Unkrich (ÉU, 1h40) avec Andrea Santamaria, Ary Abittan

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Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…


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Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

Soul sur Disney+ | Coréalisateur de "Soul", Pete Docter s’est virtuellement adressé à la presse française pour présenter sa quatrième réalisation de long-métrage au sein des studios Pixar. Trois questions, trois réponses…

Vincent Raymond | Lundi 28 décembre 2020

Pete Docter : « depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie »

En quoi votre approche a-t-elle changée de Monstres & Cie à Soul ? Pete Docter : Quand j’ai commencé sur Monstres & Cie, je n’avais aucune idée de ce que je faisais — d’ailleurs ça n’a pas changé : je ne sais toujours pas ce que je fais ! Je me jette à l’eau. Faire un film, c’est un peu être bloqué jusqu’au moment où vous sentez que quelque chose prend : un personnage, un thème, un sentiment… Dans le cas de ce film, c’était plus un sentiment ou une circonstance de la vie. Chaque film est différent, et il faut avoir confiance dans le chaos inhérent, dans le processus créatif et ne pas arriver avec une idée préconçue : laissez aller et gardez en tête que personne ne sait ce que vous faites ; il faut simplement y aller. Comment avez-vous décidé d’amener le jazz dans ce film ? Au départ, c’était un choix esthétique : nous cherchions quelque chose de sympa à regarder. Depuis que le son existe dans un film d’animation, le jazz en a fait partie : si on pense à Betty Boop et nombre des premiers films de Disney, il y avait du jazz. L’énergie, l’esprit

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Le vagabond des limbes : "Soul", un Pixar privé de salles

Sur Disney+ | Narrant les tourments d’une âme cherchant à regagner son corps terrestre, le nouveau Pixar résonne étrangement avec la situation du monde du cinéma actuellement au purgatoire et peinant à retrouver sa part physique (la salle). "Soul", un nouvel opus existentialiste à mettre au crédit de Pete Docter. Sur Disney+ le 25 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2020

Le vagabond des limbes :

À quelques heures d’intervalle, Joe Gardner se voit proposer un job à plein temps dans le collège où il est prof de musique et de rejoindre un prestigieux quartette de jazz. Cela pourrait être le jour de sa vie… sauf que c’est aussi celui de sa mort. Refusant ce destin contrariant, l’âme de Joe cherche à faire marche arrière mais se retrouve propulsée dans le “Grand Avant“ — des limbes où on lui confie la charge de préparer une future âme (la terrible 22) à sa naissance… Annoncé pour la fin du printemps 2020, à cette époque si lointaine (novembre 2019…) où ses premières images dévoilées en avant-première de La Reine des Neiges 2 laissaient pressentir l’évidence d’une sélection cannoise, Soul aura connu un sort inédit pour un probable blockbuster Pixar : son torpillage par une pandémie, conduisant la maison-mère à le basculer d’emblée sur sa plateforme, Disney+. Ni les regrets des (nombr

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Cocotte, une admirable cuisine de bistrot

Restaurant | L’adresse de la rentrée, c’est ce bistrot excentré cours d’Herbouville, mené par une petite troupe italiano-parisienne : Cocotte.

Adrien Simon | Mardi 3 septembre 2019

Cocotte, une admirable cuisine de bistrot

La rentrée serait un nouveau prétexte pour les bonnes résolutions. Comme si la nouvelle année et ses promesses intenables ne suffisaient pas. Les prescripteurs en bien-être recommandent encore simplicité et moins d’excès. Ne cédez pas : quelques bonnes adresses ont mûri dans la canicule estivale. Parmi celles-ci, Cocotte, ses plats simples (tout de même) mais bistrot (donc pas healthy), ses breuvages natures, mais vineux. Une éclaircie pour ceux et celles qui vivaient mal le retour dans le bruit et la pollution. Et pour faire oublier les détroussages de bords de mer : ici la formule déjeuner est à 18€ ; elle les vaut. À l’origine de la bonne nouvelle ? Vertigo, qui ouvrit à la fin des années 2000 deux adresses dans le Marais, désormais bien connues des amateurs de vins naturels et de néobistroterie : Jaja et Glou. Le groupe (qui possède sept restos : ce n’est pas non plus une multinationale) mène aussi la brasserie parigote Grand Cœur en collab' avec le chef italo-argentin Mauro Colagreco, dont le res

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C’est l’histoire de la vie (bis) : "Le Roi Lion"

Animation | En donnant à voir sa nouvelle version du "Roi Lion", les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en affleure une où l’image est remplacée par une autre plus vraie que nature…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juillet 2019

C’est l’histoire de la vie (bis) :

Dans la savane africaine, la naissance de Simba, le fils du roi Lion Mufasa ravive la colère de son frère et rival Scar, qui fomente un plan diabolique pour le tuer, aidé par les hyènes. Débarrassé de son aîné, Scar persuade Simba qu’il est responsable de mort de son père et le contraint à l’exil… Le Roi Lion étant depuis un quart de siècle l’un des plus grands succès de la Maison de Mickey, cette nouvelle version à l’identique rassurera ses nombreux fanatiques : l’esprit de l’histoire, sa morale et son tempo demeurent inchangés. C’est sa forme qui a naturellement subi les plus profondes modifications. Il serait erroné de croire que la stratégie de reprise des “classiques“ d’animation des studios Disney en film “en prises de vues réelles“ soit gouvernée par une unique logique — fût-elle de rentabilité commerciale. Les productions se succédant, avec une accélération exponentielle ces derniers mois, ne font pas que suivre à la lettre le canevas des scripts existants : chaque film constitue ainsi une sorte de mini laboratoire, où s’élabore à risques (et coû

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Jamel Debbouze : « C’est une expérience sensorielle incroyable »

Le Roi Lion | Acquises à la cause de Simba depuis leur plus tendre enfance, les voix françaises de la nouvelle version (Jamel Debbouze, Anne Sila et Rayane Bensetti) ne cachent pas leur fascination pour le film original et son remake. Propos rapportés d’une rencontre enjouée.

Vincent Raymond | Mercredi 17 juillet 2019

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Avez-vous un souvenir de votre première vision du Roi Lion de 1994 ? Anne Sila : Je ne me souviens pas de la première fois, mais je l’ai vu un millier de fois, je le connais par cœur ! Il fait partie des histoires qui, bizarrement, touchent tout le monde, quoi qu’on ait vécu : il touche à l’enfance, et on retrouve notre petit cœur de bébé (sourire) Jamel Debbouze : J’ai tout fait pour le voir, c’était un événement tellement incroyable, tout le monde en parlait, on ne pouvait pas passer à côté ! Je me rappelle avoir resquillé tellement j’avais envie de le voir : un ami à Trappes avait payé sa place au cinéma Le Grenier à Sel et avait ouvert la porte de secours…(rires) Je me souviens encore très bien de toutes les sensations, j’étais passé par tous les états : la joie, de la peine, et re-de la joie… C’est un film incroyable. On a tous vu des images du nouveau film, et même si on a tous été au cinéma souvent, c’est incroyable : j’ai rarement vu un truc pareil, ça défie les lois de la pesanteur ! On voit des animaux parler, vivre, se mouvoir… La première fois, l’histoire

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Il faut savoir finir un rêve : "Toy Story 4"

Pixar | Quand Fourchette, la nouvelle arrivée dans la tribu des jouets de Bonnie, se fait la malle, Woody part aussitôt à sa recherche. Sa quête lui fera découvrir de bien étranges antiquités, mais aussi retrouver un amie depuis longtemps perdue de vue

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Il faut savoir finir un rêve :

Réussir un départ n’est jamais chose aisée. Pourtant, on se prend à espérer : et si la série Toy Story s’achevait en apothéose, saisissant au vol la splendide occasion offerte par la conclusion de ce quatrième opus — c’est-à-dire en se refermant sur un sentiment de frustration en renonçant par avance (et par principe) à toute idée de spin off ou de préquelle ? Parlant autant de l’abandon, de la transmission, du deuil de l’enfance, ce quatrième épisode invite à une rupture raisonnable : lorsque les enfants sont trop grands pour continuer à s’inventer des histoires avec leurs jouets (et que ceux-ci sont encore aptes, donc peuvent éviter l’Enfer de Toy Story 3) ils les confient à de plus jeunes dans une boucle infinie. L’adulte reste avec ses souvenirs, qu’il peut réactiver à loisir, ou rematérialiser en se procurant une réplique de son doudou auprès d’un antiquaire — qui n’est rien d’autre qu’un magasin de souvenirs pour nostalgiques. C’est de cette étoffe nostalgique qu’est tissée Toy Story 4, pour le meilleur, comme pour le pire.

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Cocoon en acoustique à la Comédie Odéon

Pop | Vu pour la dernière fois à Lyon en octobre 2017, en ouverture du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité, Cocoon fait son retour sur scène en amont (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 mars 2019

Cocoon en acoustique à la Comédie Odéon

Vu pour la dernière fois à Lyon en octobre 2017, en ouverture du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité, Cocoon fait son retour sur scène en amont de la sortie de Wood Fire, album programmé pour l'automne 2019, avec une mini-tournée acoustique qui passera par les fauteuils rouges et cosy de la Comédie Odéon le 24 juin. Ce Spark Tour – Warm Up Acoustic Shows sera l'occasion pour Mark Daumail de proposer un live épuré rehaussé par la présence de choristes, qui revisitera les classiques de Cocoon, des titres moins connus et évidemment quelques inédits issus de Wood Fire. Mise en vente le 21 mars à la Comédie Odéon et dans les points habituels. On doute qu'il y en ait pour tout le monde.

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Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vu à la TV | Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 décembre 2017

Le Petit Bulletin Festival #1 sur vos écrans

Vous n'étiez pas présent les 27, 28 et 29 octobre dernier pour la première édition du Petit Bulletin Festival à la Chapelle de la Trinité ou vous avez simplement envie de revivre l'émotion de ces concerts ? Ça tombe bien, en guise de cadeau de Noël, les meilleurs moments des trois concerts du festival, captés par Séquence SDP, seront diffusés sur TLM (Télé Lyon Métropole) pendant les fêtes selon le calendrier suivant : Cocoon avec le Quatuor Debussy : le 25 décembre à 21h. Rover : le 26 décembre à 20h. Keren Ann et le Quatuor Debussy : le 27 décembre à 20h. Quelle meilleure manière pour se remettre en douceur des agapes de Noël qu'un festin de musique ?

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Os secours des ancêtres : "Coco"

Animation | Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile (Monstre & Cie, Le Monde de Nemo), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et emporte les cœurs. Signé Pixar.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Os secours des ancêtres :

Depuis qu’une aïeule a été abandonnée par son guitariste d’époux, la famille de Miguel a banni toute musique de sa vie. C’est donc un drame quand le garçonnet avoue, le Jour des Morts en plus, se destiner lui aussi à la guitare. Miguel espère trouver du soutien auprès de ses ancêtres… S’il faut aux sceptiques une preuve supplémentaire de l’existence d’un particularisme artistique des studios Pixar au sein de l’empire Disney, Coco tombe à pic : il constitue même une manière de manifeste. Là où les productions issues de la maison mère misent sur un arsenal codifié d’éléments rassurants pour fédérer leurs publics — schématisons : la quête d’une princesse entrelardée par des torrents de chansons —, la branche spécialisée dans les images de synthèse s’aventure dans des territoires insolites, plus stupéfiantes encore du point de vue narratif que technique. Une “originalité” artistique autorisée parce qu’elle s’avère globalement payante… notamment du côté du tiroir-caisse. Notes en sourdine Même si la musi

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Journée Kid's

ECRANS | La Grande Journée des enfants revient sous un autre nom, mais ne change pas de concept : durant un dimanche, trois films à destination du jeune public (...)

Vincent Raymond | Lundi 20 novembre 2017

Journée Kid's

La Grande Journée des enfants revient sous un autre nom, mais ne change pas de concept : durant un dimanche, trois films à destination du jeune public s’enchaînent, dont un “classique” et deux avant-premières. Pour cette session d’avant Noël, l’ombre de Disney sera très présente avec la reprise de Toy Story à 11h et la nouveauté Pixar à 16h15, Coco (lequel sera aussi projeté au Comœdia). Entre les deux, pris en sandwich comme de la marmelade d’orange, l’ours de la famille Brown est de retour à 14h pour Paddington 2. Et toujours avec la voix de Guillaume Gallienne. Aux Pathé Bellecour, Vaise et Carré de Soie le dimanche 26 novembre

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Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Pop Contemporaine | La première édition du Petit Bulletin Festival s'est achevé ce dimanche 29 octobre en La Chapelle de la Trinité. Une première réussie avec trois concerts complets mais surtout trois moments hors-du-temps dans la droite ligne de l'ambition du festival : proposer des concerts pas comme les autres. Ce qui fut fait et pas qu'un peu avec Cocoon, Keren Ann et Rover. Petit bilan pour la bonne bouche.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 octobre 2017

Petit Bulletin Festival #1 : clap de fin !

Ça y est, c'est terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est passé vite. Le Petit Bulletin Festival s'est achevé dimanche soir après trois soirs de concerts vibrants en une Chapelle de la Trinité comble à chaque fois. De public, mais aussi d'émotions. Tout avait commencé le vendredi soir avec la création opérée par Cocoon et baptisée Chupee Chapel. Accompagné de la pianiste et chanteuse Thea et, sur certains morceaux, du Quatuor Debussy, c'est un Mark Daumail aux anges qui entamait le concert par un Cathedral joué au milieu du public et sans micro, avant de délivrer un mélange des classiques de Cocoon (On my way, Hummingbird, Tell me, Comets, Sushi) et d'extraits de son dernier album, W

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Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Petit Bulletin Festival | 10 ans après le succès de Chupee, tube emblématique de Cocoon jamais passé de mode, son maître d'œuvre Mark Daumail vient clore au Petit Bulletin festival la tournée de son troisième album de folk gracile et anglophone, Welcome Home, par un concert très particulier pour quatuor à cordes. Un événement baptisé Chupee Chapel que le Clermontois attend avec impatience.

Stéphane Duchêne | Mercredi 20 septembre 2017

Cocoon « Le Quatuor Debussy, c'est la cerise sur le gâteau »

Le premier album de Cocoon a dix ans cette année, le projet a connu une petite éclipse de quelques années, entrecoupée notamment de votre album solo. Le retour à Cocoon a-t-il été quelque chose de naturel ? Une sorte de retour à la maison, comme peut l'indiquer le titre de l'album, Welcome home ? Mark Daumail : Complètement. Cocoon, c'est mon projet de toujours, celui d'avant le succès. Je l'ai laissé un peu de côté avec le départ de Morgane, qui était avec moi sur les deux premiers albums. Mais en même temps, comme il y a eu un impact assez fort de Cocoon à un moment, on continuait à m'en parler beaucoup. Et puis mon fils est né pendant l'exploitation de mon album solo, malheureusement avec des problèmes de santé. Il a dû être hospitalisé et là on est parti avec mon épouse pour un tunnel d'hôpital. C'est là que je me suis retrouvé à reprendre la guitare acoustique, et sans m'en rendre compte à faire un disque de Cocoon, dans les règles

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Un festival, trois étoiles

Petit Bulletin Festival | Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip (...)

La rédaction | Mercredi 20 septembre 2017

Un festival, trois étoiles

Rosemary Standley et Dom La Nena, Benjamin Clementine, San Fermin, Alela Diane, Piers Faccini et Vincent Segal, Bruce Brubaker plays Philip Glass, Gabriel Kahane, Yael Naim, The Apartments, Pedro Soler et Gaspar Claus, Chris Thile, Thomas Dybdahl... Depuis novembre 2013, ce sont pas moins de 15 concerts, organisés en partenariat avec Rain Dog Productions, qui ont régalés les spectateurs dans le cadre des Petit Bulletin live. L'idée : inviter un artiste à se produire dans un lieu exceptionnel, atypique, ou les deux : Chapelle de la Trinité, Théâtre des Ateliers, Temple Lanterne, Sucre, Subsistances ou Comédie Odéon. Des artistes confirmés ou à découvrir dans une configuration musicale parfois inédite et souvent intime. La formule a fait ses preuves et quelques heureux, à commencer par nous, mais nous avons décidé de la modifier. Après tant de concerts parsemant la saison musicale, place à un format festival dont la première édition, en collaboration avec Les Grands Concerts se t

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Le Petit Bulletin Festival, première !

Festival | C'est décidé ! Nous lançons notre propre festival, en partenariat avec nos amis de Rain dog productions et en coréalisation avec Les Grands Concerts ! La suite logique des PB Live itinérants, qui se sont baladés dans la cité depuis novembre 2013, accueillant Benjamin Clementine ou encore Gaspar Claus & Pedro Soler. Cette première édition du Petit Bulletin Festival se déroulera du 27 au 29 octobre, à la Chapelle de la Trinité.

Sébastien Broquet | Mardi 13 juin 2017

Le Petit Bulletin Festival, première !

Trois artistes majeurs de la scène pop française vous invitent à découvrir leur "atelier", en se produisant en solo. Sans les musiciens qui les entourent habituellement sur scène, Cocoon, Keren Ann et Rover replongent à la source de leur inspiration et livrent des versions intimes, proches des premières ébauches de leurs compositions. En accord parfait avec l’acoustique de la Chapelle de la Trinité, Le Petit Bulletin Festival a convié des musiciens classiques (cordes, quatuor, violoncelle) à les rejoindre sur scène pour des collaborations inédites. Cocoon On se souvient du succès de Cocoon il y a une dizaine d'années, de ses tubes d'une douceur tantôt amère, tantôt sucrée. Si Mark Daumail a mis le projet entre parenthèses pendant quelques années, le temps de vivre l'aventure solo qui le chatouillait, le voici revenu dans son cocon séminal, avec le bien nommé Welcome Home, paru l'an dernier. Sans Morgane Imbeaud, cette fois mais, ça et là, bien accompagné, sur des duos avec Natalie Prass et Matthew E. White, également producteur de l'album

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Cocotte au CCN

Danse | Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 juin 2016

Cocotte au CCN

Nouveau rendez-vous au CCN de Rillieux-la-Pape (ce samedi 11 juin à partir de 19h), Cocotte fait bouillir la danse dans sa dimension performative avec pas moins de 16 performances proposées durant cette soirée : des six minutes interprétées par le metteur en scène Michel Raskine sur une proposition chorégraphique de Yuval Pick, aux cinq heures (et jusqu'à épuisement) de la danseuse et chorégraphe japonaise Mikiko Kawamura...

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Le Voyage d’Arlo

ECRANS | Après avoir conquis les esprits et les cœurs au printemps grâce à Vice-Versa, le studio Pixar sort son second film de l’année. Est-ce une si bonne nouvelle que cela ?

Vincent Raymond | Mardi 24 novembre 2015

Le Voyage d’Arlo

Comme il y a des années à treize lunes, 2015 aura donc été celle aux deux Pixar. Mais le calendrier se révèle aussi implacable que trompeur : sorti après Vice-Versa, Le Voyage d’Arlo aurait dû le précéder d’un an, si son réalisateur initial Bob Peterson n’avait pas été remercié et si, surtout, le projet avait été plus solide. Malgré, les changements d’équipes, les remaniements de scénario ; malgré, enfin la garantie de qualité théorique que constitue le label Pixar, c’est un film malade qui nous est donné à voir. Aussi bancal et minuscule que le héros-titre au sortir de son œuf immense et prometteur. Oh, la technique n’est pas en cause : la représentation des décors et de la nature frise la perfection… jusque dans ses imperfections ; quant à la relative laideur des personnages (ou, à tout le moins, leur graphisme sommaire, digne d’un patatoïde de classe maternelle), elle semble destinée à rappeler au spectateur qu’il se trouve bien devant un univers factice, un simulacre de monde, et non des prises de vues réelles. Le plus désolant en effet, c’est le manque de fluidité dans une narration faite de soubresauts et d’entrechocs ; l’extrême prévisibilité d

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Martin Scorsese : un Prix Lumière en majesté

ECRANS | Immense cinéphile et cinéaste majeur, Martin Scorsese avait depuis le début le profil d’un prix Lumière parfait. Son sacre aura lieu au cours de l’édition 2015 du festival Lumière, dont la programmation, même incomplète, est déjà enthousiasmante. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 18 juin 2015

Martin Scorsese : un Prix Lumière en majesté

Plus encore que Quentin Tarantino, qui est un peu son héritier débraillé et furieux, Martin Scorsese avait depuis la création du festival Lumière la stature parfaite pour recevoir un Prix Lumière. D’abord parce que son apport au cinéma est considérable ; ensuite parce que sa passion pour la conservation et la redécouverte des films est au diapason de la mission que se sont fixée Thierry Frémaux, l’Institut Lumière et le festival : célébrer le patrimoine cinématographique comme une histoire vivante qu’on se doit de conserver et de diffuser aux générations nouvelles. Il aura donc fallu attendre sept années où Scorsese n’a pas chômé — quasiment un film par an, et quels films ! pour qu’il vienne recevoir à Lyon le précieux trophée qui ira grossir sa collection déjà bien chargée — Palme d’or cannoise pour Taxi Driver, Oscar du meilleur réalisateur pour Les Infiltrés… Ce sera de plus l’occasion unique de revoir son œuvre, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle raconte le cinéma américain contemporain mieux qu’aucune autre. Violence et passions Débutée dans le sillage de son ami John Cassavetes (Who’s That Knocking at My Doo

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La Révolution Pixar

ECRANS | Vice-versa, chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks sont venus bousculer le monstre Disney, qui n’est pas parvenu à tuer leur créativité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

La Révolution Pixar

«Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». On ne sait pas si John Lasseter et ses camarades des studios Pixar ont lu Lamartine, mais ils auraient pu graver cette fameuse citation au frontispice de leurs bureaux. Au moins en ont-ils donné une version 2.0 à travers leur mythique logo : une lampe fait des bonds comme à pieds joints, lançant des œillades de lumière au spectateur avant d’aller écraser et remplacer le i de Pixar. L’objet doté de personnalité, de vie et d’humour : un véritable credo à la source de leurs premiers travaux, mais aussi l’amorce de la révolution Pixar. C’est d’abord un pied-de-nez à la tradition Disney : là où la firme du haut château s’intéressait avant tout aux héros des contes classiques — de Blanche-neige à Pinocchio — et à l’humanisation des animaux — Bambi, Dumbo, la centaine de dalmatiens ou encore les Aristochats — Pixar choisit de laisser la figure humaine dans l’ombre et ne se consacre à nos amis les bêtes que si celles-ci lui autorisent un changement radical d’échelle. Avec les deux Toy Story et Mille et une pattes, réalisés par le grand manitou John Lasseter (épaulé par le non moins influent Andre

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Vice-versa

ECRANS | Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, voici une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 juin 2015

Vice-versa

Vice-versa tombe à pic pour rappeler deux choses essentielles : d’abord, que les studios Pixar sont de grands aventuriers du cinéma, des pionniers qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et semblent se nourrir de défis toujours plus ambitieux. Il a fallu huit ans au génial Pete Docter, déjà auteur de Monstres et compagnie et de Là-haut, pour venir à bout de Vice-versa ; on comprend à sa vision à quel point tous les projets montés par le studio entre temps n’étaient que des récréations — parfois formidables comme Toy Story 3 ou Rebelle, parfois décevantes comme les suites de Cars et de Monstres et Compagnie — en attendant d’accoucher de cette œuvre majeure. Deuxième rappel : le cinéma d’animation n’est pas, comme trop de productions Dreamworks ou Disney récentes ont eu tendance à l’affirmer, une recette commerciale visant à séduire les bambins

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Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

ECRANS | "Vice Versa" de Pete Docter

Christophe Chabert | Mercredi 20 mai 2015

Cannes 2015, jour 6. Et Pixar fût…

Lundi matin, 11h. Alors que commençait la deuxième moitié du festival sous le signe d’interrogations diverses et variées résumables en : «Est-ce que c’est un bon cru, cette édition 2015 ?», la lumière est apparue sur l’écran du Théâtre Lumière, et tout a soudain été bouleversé. Nous en premier, en sanglots durant les quinze dernières minutes du film, puis systématiquement lorsqu’on l’évoquait aux gens qui ne l’avaient pas encore vu ; mais aussi l’ordre d’un festival qui, jusque-là, manquait singulièrement de hiérarchie. La lumière, c’est celle de Vice Versa (Inside Out) de Pete Docter, dernier-né des studios Pixar, et c’est peu de dire qu’il s’agit d’un événement considérable, un classique instantané du cinéma et une date dans l’histoire de l’animation. Surtout, c’est le genre de choc dont on ne se remet pas, une projection qui restera à jamais gravée dans nos mémoires, petite bille bleue et jaune stockée quelque part au fond de notre conscience que des mains agiles iront régulièrement ressortir pour nous refoutre le frisson, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Car ce que raconte Vice Versa, dans un élan méta-phys

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Deux jours en or

CONNAITRE | Une cinquantaine de dessinateurs, scénaristes et coloristes en dédicace, une exposition de planches et crayonnés de Lincoln, l'excellent western (...)

Benjamin Mialot | Dimanche 3 novembre 2013

Deux jours en or

Une cinquantaine de dessinateurs, scénaristes et coloristes en dédicace, une exposition de planches et crayonnés de Lincoln, l'excellent western métaphysico-burlesque des frères Jouvray (dont le huitième tome vient de paraître), des impromptus théâtraux, la réalisation en direct d'une fresque par les artistes de la galerie Le Bocal, une remise de prix... Ce n'est pas le programme de la prochaine édition de Lyon BD, mais celui d'un festival du neuvième art autrement plus modeste : le festival de la Bulle d'or, un doyen dans son genre, puisque c'est sa vingt-quatrième édition qui se tiendra les 9 et 10 novembre à Brignais. Au-delà des têtes connues (Kieran, Marie Jaffredo, la fratrie susmentionnée...), il est un auteur en particulier dont la présence sur place justifie le déplacement : Renaud Dillies, petit maître de l’anthropomorphisme auquel on doit au moins deux chefs-d’œuvre, le terrassant Abélard (sur un doux rêveur qui se met en tête de décrocher la Lune pour sa bien-aimée) et, plus récemment, le déroutant Saveur coco, où il raconte en de magnifiques aquarelles d'inspiration mexicain

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Monstres Academy

ECRANS | Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 7 juillet 2013

Monstres Academy

On se souvient avec émotion de Monstres et Cie, peut-être le film qui a fait basculer Pixar dans la cour des grands. L’allégorie sur l’entertainment hollywoodien s’y déployait à travers un récit mené tambour battant et passant par toutes les émotions possibles — la moindre des choses pour un film où le carburant était justement une émotion, en l’occurrence la peur. Plutôt que de lui donner une suite, le studio a choisi de retourner aux origines de ses héros et de greffer l’univers des terreurs d’élite sur celui du teen movie. Sully et Bob "retournent" donc à l’université, avec un antagonisme fort : le premier n’est que le descendant un peu glandeur d’une légende de l’effroi, le deuxième est un gringalet qui veut réussir malgré ses maigres atouts et met toute son énergie dans un bachotage effréné. Le campus est à peine différent de ceux qui forment l’ordinaire du cinéma adolescent américain : des nerds et des bullies, des confréries et des soirées entre étudiants… C’est la première déception du film : plutôt que de renouveler les code

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Nueva York

MUSIQUES | Du Spanish Harlem Orchestra à Marc Ribot en passant par le cintré Kid Creole, ce sont trois facettes de la très vivace tradition latino de New-York qu'entendent nous faire découvrir les Nuits de Fourvière. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 juin 2013

Nueva York

Incarnation moderne linguistique et sociologique autant que culturelle de la Babel antique, New York aura été bien plus qu'une des capitales mondiales de la contre-culture, des beats, du folk, du punk, du free jazz, du hip hop et de nombreux courants underground. La Grosse Pomme est aussi le creuset d'un métissage culturel et artistique, hérité de ses différentes vagues d'immigrations, et notamment le berceau de la salsa, musique au croisement des rythmes traditionnels cubains (mambo, guaracha et surtout son montuno...) et porto-ricains (bomba, plena...), emportés dans leurs valises par des hispaniques installés dans Spanish Harlem, ancien quartier...italien d'East Harlem. Devenu un terme générique aux multiples variantes, la salsa est le symbole de la vivacité des musiques latino. Mais elle compte aussi, parmi la jeune génération de "nuyoricains", ces New-yorkais d'origine porto-ricaines, quelques gardiens de la tradition. C'est le cas, comme l'indique le titre de l'album Viva la Tradicion !, du Spanish Harlem Orchestra, né dans le "barrio" d'East Harlem – même si partir en quête de tradition séminale da

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Chanter Ramona

MUSIQUES | Les seules fois où l'on peut décemment être enthousiaste à l'idée, comme disait pépé, de «se faire chanter Ramona», c'est quand il s'agit de Ramona Cordova. Le (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 13 septembre 2012

Chanter Ramona

Les seules fois où l'on peut décemment être enthousiaste à l'idée, comme disait pépé, de «se faire chanter Ramona», c'est quand il s'agit de Ramona Cordova. Le fait que la Blogothèque ait un jour décrit l'Américain comme un «métis vagabond à la voix d'enfant» hurlant «comme trente-cinq gitans» - apparemment il s'agissait de compliments – en dit long sur la singularité du personnage – qui a emprunté son pseudonyme à sa grand-mère, en forme d'hommage – mais aussi de sa musique. La réalité est pourtant bien plus légère que cette description un peu martiale et le titre de son album sorti en 2006, The Boy who floated freely, en rend bien compte. Cette musique-là, ce folk, si l'on peut l'appeler ainsi, flotte et s'autorise à peu près toutes les libertés revendiquées par son auteur. Étrange spécimen voyageant en solitaire, Cordova puise son inspiration tant dans un arbre généalogique enraciné aux quatre coins de la terre (Canaries, Haïti, Porto-Rico, Philippines), que partout où il passe et dans tout ce qu'il entend. Une sorte de troubadour comme on n'en fait plus beaucoup, capable de restituer toute cette matière engrangée, toutes ces influences et informations glané

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Rebelle

ECRANS | Mais qui arrêtera les studios Pixar ? Leur retour à une histoire originale après deux prolongations de franchises maison donne lieu à une pure merveille, chef-d’œuvre scénaristique et leçon de mise en scène animée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 4 août 2012

Rebelle

Il était une fois une princesse écossaise qui rêvait de prendre les armes et de changer son destin, ne plus être la femme promise à un mariage de compromis pour préserver le Royaume des divisions claniques mais se transformer en aventurière romanesque. Cet argument a tous les atours d’un standard Disney, un genre de Raiponce en plus rugueux et féministe. Mais Rebelle est une production Pixar qui, une fois encore, taille des croupières à tous ses concurrents dans l’animation contemporaine. On a pu aimer les progrès effectués chez Dreamworks ou saluer un exploit du côté de l’hexagone (l’excellent Ernest et Célestine, à sortir en décembre) ; mais il faut le reconnaître : Pixar rappelle chaque été qui est le patron, que ce soit en transformant sa franchise la plus populaire en réflexion sombre sur la Shoah (Toy story 3) ou, comme ici, en se lançant dans une histoire originale qui, ce n’est pas la moindre de ses qualités, s’avère VRAIMENT originale. Peau d’ours Qu’on se le dise, Rebelle est un chef-d’œuvre de scénario. Son premier acte, qui s’achève sur le concours des prétendants et le refus de la belle Merida de

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Podcast / Débat critique sur Luca Monterastelli chez Néon et Paul Raguenes et Iain Baxter & à la BF15

ARTS | Cette table critique revient sur l’actualité de l’art contemporain à Lyon avec l’exposition de Luca Monterastelli.

Dorotée Aznar | Mercredi 20 juin 2012

Podcast / Débat critique sur Luca Monterastelli chez Néon et Paul Raguenes et Iain Baxter & à la BF15

Date de première diffusion:  19 Juin 2012 Emission n°114  Durée: 31’35 minInvités: Françoise Lonardoni, Responsable de l’artothèque de la Part-Dieu et commissaire indépendant; Patricia Creveaux, historienne de l’art et essayiste.Contenu: Cette table critique revient sur l’actualité de l’art contemporain à Lyon avec l’exposition de Luca Monterastelli jusqu’au 27 Juillet chez Néon et celle des artistes Paul Raguenes et Iain Baxyer & à la BF15 jusqu’au 28 Juillet 2012. Chroniques: Mattcoco inspirée par Paul Raguenes évoque le miroir dans Califragilistic; Solenne Livolsi a deux amours pour l’exposition parisienne à la Cité Nationale de l’Immigration. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site web de la BF15.

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Podcast / Débat critique sur ‘Tell the children’ à la Salle de Bain et Chiharu Shiota à la Sucrière

ARTS | L’exposition ‘Tell the children’ conçue par l’artiste Francis Baudevin se termine le 9 Juin 2012 à la Salle de bain de Lyon

Dorotée Aznar | Jeudi 24 mai 2012

Podcast / Débat critique sur ‘Tell the children’ à la Salle de Bain et Chiharu Shiota à la Sucrière

Date de première diffusion:  22 Mai 2012 Emission n°110  Durée: 35’00 minInvité: Françoise Lonardoni, Responsable de l’artothèque de la Part-Dieu et commissaire indépendant; Jean-Emmanuel Denave, critique art et culture dans la presse écrite.Contenu: L’exposition ‘Tell the children’ conçue par l’artiste Francis Baudevin se termine le 9 Juin 2012 à la Salle de bain de Lyon; ‘Labyrinth of memories’ de la Japonaise Chiharu Shiota constitue la première exposition de la Sucrière nouvelle formule et dure jusqu’au 31 Juillet 2012. Apportons une parole critique sur ces deux événements. Chroniques: Mattcoco et ses chers bambins nous livrent la deuxième partie de leur expédition au MAC dans l’expo Combas dans Califragilistic; Solenne Livolsi cuisine son Soliloque à la sauce Centre Pompidou-Metz. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : 

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Podcast / Entretien avec Marie Hendriks

ARTS | Le château des Adhémar, à Montélimar, présente dans ses entrailles pierreuses l’artiste néerlandaise Marie Hendriks jusqu’au 15 Avril 2012

Dorotée Aznar | Mercredi 21 mars 2012

Podcast / Entretien avec Marie Hendriks

Date de première diffusion:  20 Mars 2012Emission n°102 Durée: 29’41 minInvité: Marie Hendriks, artisteContenu: Le château des Adhémar, à Montélimar, présente dans ses entrailles pierreuses l’artiste néerlandaise Marie Hendriks jusqu’au 15 Avril 2012. La jeune plasticienne revient sur son univers baroque lors de l’entretien qu’elle a livré aux Rendez-vous. Chroniques: MattCoco interroge ses chères têtes blondes sur la notion de conte; Michel Nuridsany chronique dans son salon l’exposition Néons à la maison rouge à Paris. Liens utiles :  Quelques mots sur l’exposition de Marie Hendriks sur culture.fr Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

ARTS | Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012.

Dorotée Aznar | Mercredi 15 février 2012

Podcast / Entretien avec Lili Reynaud - Dewar

Date de première diffusion:  7 Février 2012Emission n°97 Durée: 35’38 minInvité: Lili Reynaud-Dewar, artisteContenu: Le Magasin de Grenoble invite l’artiste Lili Reynaud-Dewar à investir son espace jusqu’au 24 Avril 2012. La jeune plasticienne a accepté de répondre à nos questions sur ‘Ceci est ma maison’, l’exposition complexe qu’elle propose.     Chroniques: Califragilisticse penche sur la notion d’habitat au micro de MattCoco; Gwilherm Perthuis introduit une nouvelle somme française sur Joseph Beuys. Liens utiles : Texte de Florence Dérieux à propos de L. Renaud-Dewar sur le site de la Zoo Galerie Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Les rendez-vous de la création contemporaine #94

ARTS | Podcast / L’Espace Arts Plastiques de Venissieux propose “Double” jusqu’au 17 Mars 2012, une proposition de l’artiste Christine Crozat.

Dorotée Aznar | Mercredi 25 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #94

Date de première diffusion:  24 Janvier 2012Emission n°94Durée: 30’42 minInvité: Christine Crozat, artiste Contenu: L’Espace Arts Plastiques de Venissieux propose “Double” jusqu’au 17 Mars 2012, une proposition de l’artiste Christine Crozat. Les oeuvres présentées sont une invitation au voyage dans la psyché de leur créatrice, par le biais de fragments mêlant présent et passé. Interview.   Chroniques: MattCoco interroge adolescents et enfants sur le titre de l’exposition de Christine Crozat, ’ Double’; Michel Nurisdany nous invite à la découverte d’une jeune artiste chinoise exposée à Paris nommée Sun Xue. Liens utiles : Site web de Christine Crozat Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Rattrapage

MUSIQUES | Vendredi 15 juillet

Dorotée Aznar | Mardi 12 juillet 2011

Rattrapage

Ceux qui avaient raté, il y a deux ans, le show tout en bisounourseries et en bavardages de Cocoon ont l'occasion ici de se rattraper. Quelque chose nous dit qu'elle ne se reproduira pas de sitôt, sauf à faire du duo Clermontois un résident du Théâtre antique. Pour d'autres, il s'agira plutôt de pallier la défection lyonnaise de Junip cette année à L'Épicerie Moderne pour enfin découvrir sur scène le magnifique premier (c'est pas trop tôt) album du groupe fantôme du folkeux suédois Jose Gonzalez. SD

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Cocoon

MUSIQUES | Si l'on se souvient du film "Cocoon" de Ron Howard, on se rappellera qu'il parlait de personnes âgées qui découvraient la jeunesse éternelle. Sans doute le (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 4 février 2011

Cocoon

Si l'on se souvient du film "Cocoon" de Ron Howard, on se rappellera qu'il parlait de personnes âgées qui découvraient la jeunesse éternelle. Sans doute le duo de Clermont-Ferrand, au Transbordeur lundi 14 février, n'arbore-t-il pas ce nom par hasard. S'ils ne sont pas encore des vieillards, loin de là, ils ont en revanche su rester jeune et attachés à un univers fait d'animaux extraordinaires, de fées et de comètes fantastiques. De là, ils tirent des albums de comptines pour adultes au sens de la narration aiguisée et aux arrangements précieux. Que l'on s'y attache ou pas dépend certainement un peu de l'état de l'enfant qui sommeille (ou pas) en nous. SD

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Toy story 3

ECRANS | C’est une habitude dont on ne se lasse pas : Pixar domine cette année encore les débats en matière de divertissement intelligent, avec ce troisième volet des aventures de Woody et Buzz l’éclair qui propose une allégorie enlevée sur le temps qui passe. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 11 juillet 2010

Toy story 3

Dix ans ont passé depuis le deuxième "Toy story". Les studios Pixar ne cherchent pas à cacher cette longue absence : ils en font le point de départ du troisième volet. Andy n’est plus un gamin, c’est un adolescent qui s’apprête à quitter le domicile familial pour aller à la fac. Que va-t-il faire de ses jouets, déjà réduits à s’inventer des films d’action improbables au fond d’une malle en osier ? Au grenier, à la poubelle ou dans une garderie voisine ? Le temps a passé et "Toy story" en fait donc son enjeu souterrain. La vieillesse, qui était déjà le sujet de "Là-haut", est ici traitée sur un mode plus allégorique que mélancolique. Pour Woody, Buzz l’éclair et leurs copains, il ne s’agit pas de rester jeunes, mais de gérer cette éternelle jeunesse en se trouvant un territoire plus accueillant. Ce sera donc Sunnyside, une garderie qui fait d’abord figure de paradis, avant de révéler un piège terrible en forme d’enfer carcéral, les jouets s’y étant organisés en castes, avec ses dominants et ses dominés. Le shérif est en prison Pixar nous a habitué au fil des années à ces multiples et passionnants niveaux de lectures ; mais on n

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Cocon de Lyon

MUSIQUES | Électro / Difficile d’importer au Ninkasi le décor digne de planète Tatooine qui fait tout l’exotisme du prestigieux club de Sven Väth. À Francfort, le (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 27 novembre 2009

Cocon de Lyon

Électro / Difficile d’importer au Ninkasi le décor digne de planète Tatooine qui fait tout l’exotisme du prestigieux club de Sven Väth. À Francfort, le Cocoon est par essence un temple du noctambulisme qui défie tous les superlatifs. Pourtant, même si la salle de Gerland ne peut pas transformer ses murs carrés en triangles, ni imposer une soucoupe volante en lieu et place de la scène, l’association Elektro System réalise toujours des prouesses pour décorer le Kao dans l’esprit SF du club allemand. Salle maculée de blanc, réalisation de mobiles et de tentures spécialement conçus par un décorateur et une couturière «sur mesure», vidéos fournies par les Vj’s Cocoon eux-mêmes, scénographie coordonnée par l’équipe de maître Sven… Comme le souligne Gregg d’Elektro System : «Cocoon ne laisse rien au hasard. C’est tout un concept artistique et technique qui est encadré par le staff de Francfort». Pour sa quatrième édition, la soirée de Lyon entend donc bien mettre le paquet pour transporter les clubbers dans un cosmodrome d’hédonisme et d’ailleurs, un outre-monde de transe où la Fête avec un grand F sera conduite, entre autres, par le live d’Extrawelt. Electro minimale de rigueur, b

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Kinatay

ECRANS | De Brillante Mendoza (Philippines, 1h50) avec Coco Martin, Julio Diaz…

Christophe Chabert | Mercredi 11 novembre 2009

Kinatay

Décision incompréhensible du jury lors du dernier festival de Cannes : le prix de la mise en scène remis à Brillante Mendoza pour Kinatay ! Il suffit de raconter formellement la chose pour s’en rendre compte : d’abord, on plonge dans les rues de Manille, caméra à l’épaule suivant en temps réel un couple qui se rend à la mairie pour se marier. Sur le trajet, une tentative de suicide accapare un instant la caméra de Mendoza… Jusque-là, tout va bien, même si on a déjà vu ça en mieux ailleurs. Ensuite, ça se gâte : le récit se recentre sur Peping, policier novice qui kidnappe avec ses coéquipiers une prostituée. Grand moment de solitude pour le spectateur : l’enlèvement est à son tour raconté en temps réel, dans un interminable plan séquence quasiment noir à l’intérieur d’une voiture. Après ces vingt minutes où il ne se passe absolument rien, Mendoza plonge dans le cauchemar : viol collectif, torture, meurtre et démembrement sous les yeux de Peping, hésitant à accomplir son devoir (et garder son job), ou écouter sa conscience. Le cinéaste ne se pose pas tant de questions : le point de vue est flottant, la caméra se délecte d’images atroces et la bande-son de cris insoutenables.

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Le Jeu de l'amour et des reprises

SCENES | Café-théâtre / À l'instar des théâtres, les cafés-théâtres ont aussi leurs classiques qu'ils ne se privent pas de reprogrammer au cours de cette première moitié de (...)

Nadja Pobel | Vendredi 4 septembre 2009

Le Jeu de l'amour et des reprises

Café-théâtre / À l'instar des théâtres, les cafés-théâtres ont aussi leurs classiques qu'ils ne se privent pas de reprogrammer au cours de cette première moitié de saison. Les Cocottes retrouvent les planches de l'Espace Gerson pour une virée au supermarché qui tourne au rire. En novembre et en décembre, le Complexe du rire accueille Jacques Chambon (Monsieur Merlin dans Kaamelott) qui invente une rencontre improbable dans une clinique psychothérapeutique entre un prof d'histoire-géo dépressif et un homme qui tente de sauver sa peau. Le Rideau rouge reprend les aventures de Pénélope durant tout l'automne. Ce premier volet est l'occasion de revoir les trois amies de longue qui s'apprêtent à enterrer la vie de jeune fille d'une quatrième copine. Et si les Monologues du vagin sont absents de la programmation de fin 2009, la réplique masculine des Monologues du pénis prendra le relais de septembre à décembre, toujours au Rideau rouge. La salle jumelle du Boui Boui surfe sur l'éternelle opposition des genres puisque, chaque soir, le Mode d'emploi homme-femme sera joué du point de vue des hommes (à 19h45) et des femmes (à 21h30). Le nouveau café-théâtre créé cet été, les Tontons flingueu

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Coco avant Chanel

ECRANS | D’Anne Fontaine (Fr, 1h53) avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola…

Christophe Chabert | Mardi 14 avril 2009

Coco avant Chanel

La mode du biopic n’est pas près de se tarir sur les écrans, chaque pays se cherchant héros et héroïnes pour en faire de romanesques adaptations suçant la roue du modèle américain. Coco Chanel a déjà remporté le titre français en 2009, puisqu’avant la version Jan Kounen à venir au second semestre, voici sa jeunesse en mode Anne Fontaine. La cinéaste livre une copie appliquée où rien ne manque sur le pourquoi du comment de la vocation et des engagements de Gabrielle dite Coco. En témoigne la scène initiale où, abandonnée par son père dans un pensionnat de bonnes sœurs, son regard s’attarde longuement sur la coiffe noire et blanche des nonnes… Chanteuse sans le sou dans des cabarets minables, en révolte contre le patriarcat et la bourgeoisie de son temps, elle va canaliser son désir de revanche sociale et personnelle dans l’invention de vêtements qui libèreront la femme des lourdeurs froufrouteuses et des corsets étouffants. Une démarche à l’opposé de la pesanteur scénaristique et cinématographique d’Anne Fontaine, qui explique et souligne tout, ne laisse aucun vide ni dans les plans, toujours sagement centrés sur l’action, ni entre les scènes. Cet académisme est donc un pur contrese

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Les montagnards ne sont pas las

MUSIQUES | Musique / On connaît les propriétés minérales des sommets volcaniques du Massif Central. Elles expliquent sans doute la vitalité actuelle de la scène musicale (...)

| Mercredi 9 mai 2007

Les montagnards ne sont pas las

Musique / On connaît les propriétés minérales des sommets volcaniques du Massif Central. Elles expliquent sans doute la vitalité actuelle de la scène musicale auvergnate. Car si on ne sait pas, comme le dit la pub, si quand un volcan s'éteint un être s'éveille, ce qui semble clair c'est qu'à chaque fois un groupe émerge, faisant de Clermont-Ferrand une place de plus en plus forte de la musique hexagonale. Cocoon en est l'un des derniers avatars de qualité. Quand les Elderberries ou les Kissinmas cavalent sur les sommets de la région comme des dahus dératés, le duo (un gars, une fille) arpente d'un pas tranquille leur versant folk aux côtés d'Helian in the Sun (mélange de Bert Jansch sous aligot et de Nick Drake passé au charbon) ou The Delano Orchestra (dans une veine neurasthénique à la Mark Linkous). Et, l'air de rien, Cocoon emporte tous les suffrages : révélés fin 2006 par le flair de la compile CQFD des Inrocks, découverte du dernier Printemps de Bourges, les voilà Lauréats du tremplin Eurockéennes 2007. Collègues de label des excellents Hey Hey My My, ils contribuent déjà discrètement à hisser une école française folk d'un éclectisme stupéfiant à la hauteur de ses consœurs am

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L’Ile aux enfants

MUSIQUES | Musique / Sur leur troisième album, The Adventures of Ghosthorse & Stillborn, les deux sœurs foldingues de CocoRosie ont changé leur folk fantôme en pow-wow hip-hop. Trop foisonnant sur disque, leur gloubiboulga musical fait toujours merveille sur scène. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 6 juin 2007

L’Ile aux enfants

Sur Anthology of American Folk Music, somme indispensable des années 20 et 30 sur les origines du genre, on entend des voix grinçantes et fantomatiques surgies des entrailles du folklore américain et dont on n'identifie pas toujours les ectoplasmiques propriétaires (homme ? femme ? vieillard ? enfant ? vivant ? mort ?). C'est de ce territoire de morts bien vivants qu'ont semblé débarquer il y a quatre ans les sœurs Casady de CocoRosie (Sierra, sosie de Mélanie Griffith, et Bianca, sosie de n'importe quel moustachu) : voix transgenres et sans âge véhiculant tout le poids d'une tradition ancestrale née dans les Appalaches et la modernité d'une démarche musicale entamée dans une salle de bain parisienne (lieu d'enregistrement de l'inaugural La Maison de mon Rêve). De cette rencontre entre un vieux phonographe à cylindre, un ghetto-blaster et un mange-disques pour enfants, est apparue une musique inclassable pratiquée avec la grâce et l'innocence de ces petites filles qui, dans certains films, parlent aux fantômes : blues bohémien, comptines hip-hop, bluegrass de chambre, opérette lo-fi, mélodies sacrées sur rythmes païens. Car les sœurs Casady, à la fois inquiétantes et sucrées, doive

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