Silence dans les rangs : "La Révolution silencieuse"

Biopic | de Lars Kraume (All, 1h51) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Photo : © StudioCanal / Julia Terjung


1956, à Stalinstadt en RDA. Pour protester à leur façon contre la répression en cours à Budapest, Kurt, Theo et Lena proposent à leurs camarades de terminale de procéder à une minute de silence. L'initiative est adoptée, mais les conséquences seront redoutables…

Sur les écrans français quelques semaines après que l'on a célébré en Allemagne le 5 février dernier le Zirkeltag — date à partir de laquelle le nombre de jours depuis l'effondrement du Mur dépasse celui durant lequel il balafrait la ville — ce biopic d'anonymes porte une valeur très symbolique outre-Rhin, et purement informative ailleurs. En particulier à destination des générations nouvelles : difficile d'imaginer pour elles que les Corées actuelles correspondent à un modèle superlatif des RFA et RDA d'antan.

Pas de révélation en revanche dans la présentation des méthodes coercitives dont le régime “démocratique” pouvait user lorsqu'il s'agissait de “convaincre” une brebis dès lors qu'elle s'égarait du bon troupeau et de ses camarades : chantage, manœuvres psychologiques, intimidations… Une sacrée bande de vilains cocos ! Après Friz Bauer, un héros allemand, Lars Kraume continue de dévider la bobine du roman national, trouvant des modèles rédempteurs à mettre en valeur dans un cadre léché. Il fait du propre avec du propre, en somme.


La révolution silencieuse

De Lars Kraume (All, 1h58) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz...

De Lars Kraume (All, 1h58) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz...

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Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.


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Fritz Bauer, un héros allemand

ECRANS | de Lars Kraume (All, 1h46) avec Burghart Klaußner, Ronald Zehrfeld, Lilith Stangenberg…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Fritz Bauer, un héros allemand

Engagé à peu de choses près pendant le tournage du Labyrinthe du Silence de Giulio Ricciarelli, Fritz Bauer apporte un contrechamp et une seconde couche sur ce thème de la prise de conscience par les Allemands de l’ampleur de la Shoah et de la nécessité d’une dénazification publique de la société germanique, en se focalisant sur la personne d’un procureur atypique. Figure du droit, autorité morale des années 1960 pour toute une génération, Bauer a cependant été écarté de l’Histoire officielle pendant près d’un demi-siècle, comme mis au purgatoire. Trop juif, trop homosexuel ? Trop critique vis-à-vis de ses contemporains ? Coupable d’avoir permis aux services secrets israéliens d’arrêter Eichmann en leur livrant des informations ? Comme toujours, c’est le thermomètre indiquant la maladie honteuse que l’on a voulu briser, au lieu de la traiter. Le contrecoup, c’est un enchaînement de films “de réparation”, au classicisme assumé et suscités par des auteurs étrangers : Ricciarelli est italien, quant à ce Fritz Bauer, il a été coécrit par le Français Olivier Guez, d’après son essai. Deme

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