Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

ECRANS | Importé de Montréal, le Kino est un mouvement cinématographique participatif et créatif ayant trouvé du répondant à Lyon. Chaque mois, il attire près d’une centaine de sympathisants à l’Aquarium Ciné-Café… lequel ne compte que 70 places. Mieux vaut ne pas arriver en retard, au risque de rester sur le trottoir…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Photo : © Aristea Linakis


Bientôt vingt ans que le Kino a vu le jour à Montréal. Favorisé par l'essor des “petites caméras“, ce mouvement réunissant des techniciens, artistes et créateurs audiovisuels répond au besoin d'expérimenter et obéit à une philosophie collectiviste et optimiste, pouvant se résumant à cette joyeuse maxime : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ». Tous les mois, les participants se réunissent au cours de soirée “cabaret“, durant lesquelles ils projettent leur œuvres respectives, réalisées avec ou sans contrainte (de durée, de thème). Une “démo“ permanente des talents de toutes et tous, créant une saine dynamique de groupe, et incitant chacune à travailler avec chacun.

Lancée en octobre dernier à l'initiative de deux transfuges de Montréal, la cellule lyonnaise a immédiatement connu le succès : « le modèle est mûr », analyse Nayan Ducruet, l'un des animateurs du groupe, qui programme déjà chaque mois une dizaine de courts métrages de moins de 3 minutes. En avril, la thématique Super-héros avait permis de couronner le film Sandwoman d'Aristéa Linakis, intéressante variation sur le thème de la marchande de sable, apparaissant ici comme une entité surnaturelle confrontée à un auteur en pleine inspiration, et à un dilemme moral : le faire succomber à son charme ou bien lui permettre d'achever son travail…

Prochainement ? On ment !

La prochaine séance se tiendra vendredi 18 mai à 20h (l'horaire a été avancé) et soumettra aux votes des publics des courts métrages prenant des libertés avec la vérité… pour la bonne cause, puisqu'il s'agit de “documenteurs“. Les lauréats se verront projetés durant le prochain festival On vous ment ! (du 23 au 27 mai), dédié à ce genre si savoureux.

Désormais constitué en association, Kino Lyon envisage avec sérénité sa deuxième saison et projette (outre des films) d'inviter à l'automne ses cousins de la Belle Province pour une résidence, en partenariat avec l'association Frigo. Sachant que de nombreux liens existent déjà entre Montréal et Lyon — notamment entretenus par les Entretiens Jacques-Cartier et le festival Lyon BD — un jumelage semble incontournable. Comme si le scénario était écrit d'avance…

Kino Lyon
À l'Aquarium Ciné-Café ​le vendredi 18 mai à 20h


Kino Lyon

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Projection mensuelle du Kino, courts-métrages


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Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

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Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une oxygénation optimale. C’est un peu pareil pour l’Aquarium Ciné-Café : à l’aube de sa cinquième saison, le spot croix-roussien mêlant vidéo-club aux 10 000 titres et lieu de projection mixte renouvelle un peu son équipe (Émile Belleveaux succède à Damien Vildrac à la programmation) tout en densifiant son offre : la séance du jeudi soir prend le nom de “Regards croisés“ et se thématise chaque semaine en ciné-débat avec des partenaires (Maison de l’Écologie, CinémAsian, Osez le féminisme, etc.). Le fameux Ciné-Mystère mensuel (comme son nom l’indique : vous venez voir un film sans savoir de quoi il s’agit) double la mise en intercalant un film d’animation pour les adultes — pas uniquement du Bakshi ! Et un podcast radio enregistré en direct, des ateliers (pour tous les âges, notamment les plus jeunes pendant les vacances de la Toussaint), et toujours autant de cartes blanches à des festivals amis… Le mois d’octobre qui pointe le bout de

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Élise Lemelle | Mardi 30 avril 2019

De vrais mensonges

Tout comme le festival de Cannes, qui lui rend hommage à travers son affiche, la quatrième édition de On vous Ment ! doit se sentir orpheline de la regrettée Agnès Varda, disparue il y a quelques jours. La cinéaste à coiffure à Demy-trompeuse a mieux que personne pratiqué le genre documenteur — n’a-t-elle pas forgé le mot en 1982 pour une fiction éponyme ? À présent, les documenteurs sont des fictions aux allures de documentaires qui s’amusent de notre naïveté et nous rappellent qu’il est facile de mentir sous couvert de vérité. Le festival On vous Ment ! les célèbre, et met en compétition des longs et courts-métrages aux origines multiples. De la personnification de Rien contée par Iggy Pop dans In Praise of Nothing (de Boris Mitic) à la découverte horrifique de Gonjiam (Jeong Beom-Sik), en passant par une expérimentation temporelle The Death and Life of Otto Bloom (de Cris Jones), pour enfin trouver l’amour avec Love possibly (de Michael Boccalini & Che Grant). Face à tant de diversité, le j

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Margaux Rinaldi | Mardi 22 mai 2018

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Si le cinéma parvient à suivre la vie d’un serial killer complétement déjanté (interprété par Benoit Poelvoorde dans C’est arrivé près de chez vous), ou réussit (presque) à prouver que les Américains ne sont jamais vraiment allés sur la Lune (avec Opération Lune de William Karel), comment se fait-il que le faux documentaire, alias le documenteur (qui existe quand même depuis les années 1960, notamment grâce à Culloden de Peter Watkins) reste un genre aussi discret ? Heureusement que le festival On vous ment ! le met à l’honneur, en présence d’un jury composé cette année de Mathilda May, Richard Bohringer, Yves Boisset et Jonathan Hyde. Et ça pour le coup, ce n’est pas un mensonge. Dès le 23 mai, dans les cinémas de Lyon et Villeurbanne, le festival diffusera des longs et courts documenteurs, provenant de la planète entière. Du monde de la musique avec Guy (du Français Alex Lutz) et Spit’n’split (du Belge Jérôme Vandewattyn), au monde de l’angoisse avec Autohead (de l’Indien Rohit Mittal),

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Laho, Serpentine Illustratrice protéiforme, Laho dessine, créé des affiches et des céramiques, édite des objets en papier ou en tissu… Ses dessins ultra colorés proposent une plongée onirique dans des univers peuplés de créatures transgenres. Pour cette exposition Serpentine, elle évoque un mouvement ondulé, un chemin sinueux, où l’on glisse d'un songe à l'autre, guidé par les traces du reptile, l'œil grand ouvert. À la galerie Superposition du 19 avril au 24 mai Giuliana Racco, Little Interpreters Artiste canadienne d’origine italienne, Giuliana Racco étudie les méthodes d’apprentissage des langues destinées à des apprenants allophones, plus particulièrement réfugiés et migrants. Elle mène des enquêtes, réalise des vidéos ou créé des manuels de langue. Cette première exposition personnelle en France représente la troisième étape de son projet, et a été l’occasion d’accompagner des groupes d’apprenants en langue française sur le territoire.

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Lors du dernier Festival du Film court, on avait noté la coutumière sous-représentation du genre documentaire dans la compétition européenne — deux films sur quarante-huit —, éclipsé par la fiction. Mais ne jetons pas l’anathème sur la vaillante manifestation villeurbannaise : la majorité des festivals généralistes ont pris l’habitude de programmer les documentaires ainsi que les films expérimentaux ou de création dans des sections parallèles. Pour des raisons très diverses, allant de la lisibilité globale de leur sélection à la crainte de voir un brûlot politique faire scandale en étant primé pour des raisons compassionnelles, militantes, morales — bref, non cinématographiques (Fahrenheit 9/11, vous vous souvenez ?). Voilà pourquoi des festivals comme Doc en Courts, totalement dédié aux films n’obéissant pas à une définition normative du cinéma, existent. Créé au tournant du siècle par des universitaires de Lyon 2,

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À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors de sa traditionnelle séance mensuelle. On rappelle le principe : les spectateurs sont priés de venir pour 18h découvrir un film surprise choisi par Marc Artigau (avec la complicité du Petit Bulletin une fois par trimestre). Une petite présentation précède la projection, et une chaleureuse discussion s’ensuit — avouez que c’est plus attrayant que d’aller piétinement parmi les touristes devant les illuminations. Allez, rejoignez sans hésitation ce précieux rendez-vous ! Ciné-Mystère Au Ciné-Aquarium ​le dimanche 10 décembre à 18h

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Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé notamment par Tim Burton, Plan 9 from Outer Space (1959), qui en a fait une des substances lointaines de Mars Attacks mais également de Ed Wood — ce dernier étant le réalisateur de cet improbable nanar de science-fiction. Si vous aimez les décors en carton-pâte qui bougent tous seuls, les comédiens faux comme des billets de 3$ et les scénarios en forme de gruyère, allez-y ! C’est tellement raté que ça en devient irrésistiblement drôle. Alors, avec de la musique en direct… Plan 9 from Outer Space À l’Aquarium Ciné-Café ​le samedi 16 septembre

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Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture à la curiosité sans limite, il a montré les œuvres les plus exigeantes avec la plus absolue des passions. Absent depuis trop longtemps des écrans, ce merveilleux bavard se voit confier une carte blanche chaque jeudi de juin par l’Aquarium Ciné-Café, histoire de partager ses enthousiasmes et ses emportements. À (re)découvrir en sa compagnie le 8 juin La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa (1958), précédé d’une présentation et suivi d’une discussion. Suivront Poussières dans le vent de Hou Hsiao-hsien (1986) le 15 et L’Adversaire de Satyajit Ray (1970) le 22 juin. Le rendez-vous mériterait d’être pérennisé… Marc Artigau À l’Aquarium Ciné-Café tous les jeudis jusqu’au 22 juin à 20h45

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Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

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…Mais on ne vous spoile pas ! La 2e édition du festival consacré aux documenteurs arrive avec son cortège de faux-semblants, et son lot d’impostures volontaires. Entre une compétition nourrie de courts et longs-métrages et quelques belles reprises (le Forgotten Silver de Peter Jackson, le Incident au Loch Ness avec Werner Herzog et le plaisant hh, Hitler à Hollywood de Frédéric Sojcher), vous aurez votre content de canular cinématographique. Notons la présence au jury de deux figures de poids : le comédien Fabio Testi ainsi que le réalisateur de Highlander Russell Mulcahy. Mais aussi Sean Connery — eh non, lui c’est un mensonge. Sans rancune ? On vous ment ! Au Zola, Cinéma Opéra, Comœdia, Aquarium et Lumière Bellecour du jeudi 1er au dimanche 4 juin

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Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

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Genre hybride aux allures de plaisanterie potache, le documenteur est un canular (avoué au spectateur ou non) empruntant au cinéma du réel sa forme canonique. Pratiqué par Welles, Allen, Karel, Robbins ou Varda, il continue de faire des émules et s’offre même un festival. Cinq longs-métrages et douze courts se mesureront aux suffrages d’un jury composé notamment des comédiens Elina Löwensohn, Féodor Atkine et Lou Castel. Une rétrospective vampires, une soirée concerts et des rencontres (dont une table ronde en présence de Jean-Teddy Filippe, Gérard Soeteman et Nicolas & Bruno, portant sur notre rapport à la vérité au cinéma) concluront le programme. Du très sérieux. Au Cinéma Jeanne-Mourguet et au CNP Bellecour du 27 au 29 mai

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Kevin spécial

MUSIQUES | De Montréal, la semaine passée avec l'apocalyptique orchestre du Mont Zion, à Of Montreal cette semaine, il y a bien plus d'un pas. Un monde pour ainsi (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 février 2014

Kevin spécial

De Montréal, la semaine passée avec l'apocalyptique orchestre du Mont Zion, à Of Montreal cette semaine, il y a bien plus d'un pas. Un monde pour ainsi dire. Une distance géographique – Kevin Barnes vient d'Atlanta, en Georgie – mais plus encore esthétique. Quant à l'état d'esprit, on en reparlera le jour où l'on verra les membres de Silver Mt Zion débarquer sur scène en tenue d'Adam sur un immaculé bourrin, à la manière d'un empereur romain.  Non, ce n'est pas une nouveauté, Kevin Barnes fuit un peu de la soupière et ça s'est souvent vu. C'est aussi probablement pourquoi il a produit des albums aussi géniaux et/ou abscons. Eh bien figurons-nous qu'il s'est calmé – pour autant que la chose fut possible –, au point de sortir l'an dernier un album – le douzième ! – "normal", Lousy with Sylvianbriar, mais génial. Mais normal. Mais génial.  Car Kevin Barnes est suffisamment fort pour livrer un disque empreint de classicisme psychédélique 60's, pur exercice de style quasi post-moderniste, d'hommage, de pastiche, et parvenir à en faire l'une des œuvres les plus enth

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