Soirée Anti-foot au Ciné-Rillieux

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Photo : © DR


Si vous n'aimez pas la Coupe du monde, allez vous faire foot. C'est en substance ce que vous propose le Ciné-Rillieux en termes plus fleuris — ou gazonnés —, histoire de vous changer des matches monopolisant le petit écran. Sa suggestion ? Une soirée bière-pizza à 20h en compagnie de la projection de la version restaurée du brûlot de Jean-Jacques Annaud Coup de tête (1976), portrait vitriolé d'une bourgade de province à travers ses notables aussi moralement crasseux dans leurs affaires que dans leur club de foot. Patrick Dewaere y joue les trublions façon libertaire avec une jubilation libératrice pour le public. Le stade ultime du plaisir.

Coup de tête
Au Ciné-Rillieux le mercredi 27 juin à 20h


Coup de tête

De Jean-Jacques Annaud (1979, Fr, 1h39) avec Patrick Dewaere, France Dougnac...

De Jean-Jacques Annaud (1979, Fr, 1h39) avec Patrick Dewaere, France Dougnac...

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Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

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Précurseur de la manifestation pluriculturelle Tout l’monde dehors, le rendez-vous estival de l’Institut Lumière joue chaque année à fond la carte de la gourmandise cinéphilique en brassant les styles et les époques. Il convoque d’une semaine sur l’autre un réjouissant coq-à-l’âne d’ambiances : d’une saignante critique sociale sur fond de football dans une quelconque ville de province digne d’être une sous-préfecture chabrolienne (Coup de tête, photo) l'on passe à un film à sketches d’Ophuls d’après Maupassant (Le Plaisir), puis l’on roule en Lancia dans l’insouciance de l’Italie ensoleillée (Le Fanfaron), avant de retrouver la vivacité baroque et transformiste d’Almodóvar (Talons aiguilles), l’ambiance lourde d’un thriller post-franquiste (La Isla Minima) et le destin brisé d’une icône autodétruite par ses addictions et son trop plein de souffrance comme de talent (

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Le Dernier loup

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Jean-Jacques Annaud est-il devenu une sorte d’ambassadeur français auprès des territoires en plein boom économique, un ministre du cinéma non officiel allant refourguer son expérience (les gens de droite disent son "expertise", c’est un bon moyen de les reconnaître) ? Après le Qatar pour Or Noir, c’est la Chine qui coproduit ce Dernier loup où plane l’ombre d’un autre animal jadis magnifié par Annaud : l’ours. Car les mécanismes sont à peu près les mêmes : de beaux paysages — ceux de la steppe mongole — des grands sentiments et une bête d’abord sauvage, puis apprivoisée par un maître aimant, curieux et compréhensif. Il est dommage, alors que la critique a été souvent injuste avec l’auteur de La Guerre du feu et du Nom de la Rose, modèles d’un certain cinéma populaire à grand spectacle, qu'il soit aujourd'hui congelé dans sa créativité, au point de ressortir en moins bien des recettes désormais datées. Par moments, il arrive toutefois à capter quelques visions puissantes, comme ces chevaux pris dans un lac de glace ; mais Le Dernier loup manque d’ampleur, et encore plus de courage. Car au moment où des cinéastes

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«Dewaere, un acteur cérébral»

ECRANS | Rémi Fontanel, professeur de cinéma à l’Université Lumière Lyon 2, publie un ouvrage consacré à Patrick Dewaere, qu’il présentera au Zola jeudi 28 octobre avec la projection de "F comme Fairbanks". Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 20 octobre 2010

«Dewaere, un acteur cérébral»

Petit Bulletin : C’est la première fois que vous écrivez sur un acteur. Pourquoi vous être intéressé à Patrick Dewaere ?Rémi Fontanel : L’ouvrage est une commande de Christian Viviani dans la collection «Jeux d’acteurs». Il m’a demandé si je voulais bien écrire sur un acteur, et spontanément j’ai évoqué Patrick Dewaere. Pas par passion de longue date pour l’acteur, mais parce qu’il m’a paru intéressant d’aborder son jeu. Il existe quatre biographies de Dewaere : sa vie tourmentée et sa disparition brutale ont éclipsé l’acteur et sa technique. Ce n’est donc pas un ouvrage biographique, il respecte le cahier des charges de la collection : une première partie sur ce que dégage l’acteur d’un point de vue physique, mais aussi le type de rôles que le cinéma lui a confié : des révoltés, des séducteurs, des marginaux. La deuxième partie est plus technique, c’est l’analyse de sa gestuelle, de ses mouvements, de ses déplacements. On a l’habitude de dire de Dewaere qu’il est un acteur intuitif, mais c’est aussi un acteur très technique, qui maîtrise les contre-pieds, les ruptures, qui dissocie le verbe et le corps…

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Des polars à bon port

CONNAITRE | La programmation cinéma de Quais du polar prouve, de Melville à Corneau en passant par Chabrol, que le film policier français a une longue et belle histoire derrière lui. CC

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2007

Des polars à bon port

On vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... C'était le temps où le polar français avait de la gueule, où il était même probablement ce qui se produisait de mieux dans le genre après Hollywood. Quais du polar a, cette année, misé sur cette page d'histoire glorieuse pour illustrer son versant cinématographique. Grâce lui soit rendue, car si certains pensent encore que le cinéma policier français, c'est Truands, Pars vite et reviens tard et Contre enquête, on leur conseille d'aller à l'Institut Lumière voir les films de Melville, au Comœdia découvrir Série Noire d'Alain Corneau et au CNP Odéon pour assister à la nuit blanche concoctée par Claude Chabrol. Mythes et réalitésMelville, d'abord. Il incarne le styliste du polar français, celui dont la patte est immédiatement reconnaissable. À l'Institut Lumière, pendant tout le week-end, on pourra même voir ce style se raffiner jusqu'à l'ascétisme final du radical Un flic. Révélé par des films aux scénarii solides et aux mises en scène tenues (Bob le flambeur, Deux hommes dans Manhattan et son premier chef-d'œuvre Le Doulos), Melville s'accomplit quand il commence à travailler ses personnages

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