Shoah

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Photo : © DR


Somme documentaire parlant de la Solution finale, Shoah fut réalisé en l'absence d'images d'archives à partir de témoignages collectés pendant des années par Claude Lanzmann pour restituer par la parole l'indicible des camps d'extermination. En l'absence du réalisateur, qui nous a quittés le 5 juillet dernier, le film parle pour lui. L'Institut Lumière lui rend hommage par cette projection exceptionnelle en deux parties, soit au total 9h27.

Shoah
À l'Institut Lumière le samedi 29 septembre à 13h


Shoah 1ère partie

De Claude Lanzmann (Fr, NC ) documentaire

De Claude Lanzmann (Fr, NC ) documentaire

voir la fiche du film


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Trois questions à | Choc des Rencontres cinématographiques du Sud d’Avignon, où il a été projeté en avant-première, L’Origine de la violence a été présenté par un Élie Chouraqui combatif et serein.

Vincent Raymond | Mardi 24 mai 2016

Élie Chouraqui : « On a le droit et le devoir de montrer ”l'immontrable“ »

Y a t-il de la violence en vous ? Avez-vous réussi à en déterminer l’origine ? Il y en a, oui. J’ai fait un peu d’analyse, je me suis fait “suivre”, comme on dit, parce que j’avais des questions auxquelles personne n’avait répondu. Des vides dans mon passé, des inquiétudes, des angoisses — qui m’habitent toujours, qui ne sont pas complètement dissipées — m’empêchant parfois de “bien” vivre. J’avais tendance à me mettre dans des situations désagréables alors que ce n’était pas du tout indispensable. J’ai compris pourquoi. Maintenant, je vais mieux (rires). Je suis beaucoup plus apaisé. Vous évoquez à travers le film les interdits pesant sur la représentation des camps d’extermination — et l’impossibilité de montrer des déportés en train de rire. C’est rare… Ce principe de Claude Lanzmann, selon lequel on ne montre pas l’immontrable, c’est comme un lieu commun, c’est stupide. Pardon pour Lanzmann, pour lequel j’ai beaucoup de respect, mais il n’est pas question de garder les choses mystérieuses, sans en parler. Il faut au contraire tout montrer et tout analyser — si possible avec talent et intelligence. On a non seulement l

Continuer à lire

Confession d’un enfant du siècle

CONNAITRE | La troisième édition des Assises Internationales du Roman sera précédée dimanche d’un entretien avec l’immense Claude Lanzmann autour de son livre, Le Lièvre de Patagonie, dans lequel il relate sa traversée du siècle. Yann Nicol

Aurélien Martinez | Jeudi 14 mai 2009

Confession d’un enfant du siècle

Au fil de cette troisième édition des Assises Internationales du Roman, les nombreuses tables rondes consacrées au roman contemporain aborderont des thèmes aussi divers que le rapport à l’histoire, l’écriture de la violence, la prise en compte de la mémoire, la question des générations ou les enjeux de l’enquête littéraire. Autant de questions qui sont cristallisées par le seul livre de Claude Lanzmann, Le Lièvre de Patagonie, dans lequel l’écrivain-cinéaste revisite son propre destin tout en mettant en perspective les événements majeurs de la deuxième partie du XXe siècle. La Seconde Guerre mondiale, qui survient alors qu’il est un tout jeune homme, marquera à jamais son parcours. D’abord parce c’est là que débute une vie de lutte (il entre en résistance à 18 ans dans les Jeunesses Communistes) qui se traduira notamment par des engagements pendant la guerre d’Algérie, le conflit israélo-palestinien ou la crise de Budapest en 1956. Ensuite, parce que cette guerre sera le théâtre de la barbarie la plus extrême : l’extermination des Juifs d’Europe. Une barbarie qui est au cœur d’un film, Shoah, auquel il a consacré plus de dix ans de sa vie, et dont Lanzmann nous révèle la gen

Continuer à lire