Résilience maladroite : "En mille morceaux"

Théâtre filmé | de Véronique Meriadec (Fr, 1h22) avec Clémentine Célarié, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Photo : © Destiny Films


Éric a assassiné un enfant en 1977. Après ses 25 ans de prison, la mère de la petite victime lui donne rendez-vous dans le bric-à-brac d'un inquiétant hangar, où elle le presse de questions sur les circonstances et les motivations de son geste. Veut-elle se faire justice après la justice ?

De la difficulté de transmuter un tête-à-tête en film, de mettre en images et en scène ce qui repose avant tout sur des mots… Si le sujet est grave, la forme l'est aussi : à la base, En mille morceaux est censé promouvoir la “justice restaurative“, un procédé visant à faire se rencontrer les victimes de crimes et leurs auteurs dans le but de permettre aux uns d'accorder leur pardon, aux autres de les faire prendre conscience de leurs actes afin de réduire la tentation de récidive. Louable démarche. Seulement ici, pour faire thriller, la mère surculpabilise jusqu'à la terreur psychologique son bourreau sans expliquer le pourquoi de leur rencontre ; on ne peut pas être plus contre-productif. Du côté de l'assassin, ce n'est guère mieux : ses confessions nous amènent à comprendre qu'il a lui-même été martyrisé par son frère lui faisant rejouer des scènes cultes de films traumatisants — que l'on voit en flash-back. Manque de chance, il s'agit de films pour la plupart trop tardifs (Orange mécanique, Marathon Man, Furyo…) pour être en cohérence chronologique avec l'histoire. Le diable se niche dans les détail, et l'à-peu-près achève de balayer l'approximatif d'un projet mal défini.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Amour & turbulences

ECRANS | D'Alexandre Castagnetti (Fr, 1h36) avec Ludivine Sagnier, Nicolas Bedos, Clémentine Célarié

Jerôme Dittmar | Mercredi 27 mars 2013

Amour & turbulences

La comédie française étant ce qu'elle est, massivement lourde et vulgaire, il lui fallait un truc pour tromper sa beaufitude. Depuis le succès de L'Arnacœur, la comédie romantique est ainsi devenue son nouvel horizon, supposé apporter supplément d'âme et élégance à un cinéma qui fait peine à voir. Nouveau film éjectable du genre, Amour & turbulences commence pile là où se matérialise le rêve frustré de la comédie frenchy : à New York, entre les deux appartements chics des personnages, couple séparé avec fracas et se retrouvant dans un avion pour Paris, où ils refont le film de leur histoire. Malgré un pitch respectable et une mise en scène chiadée s'acharnant à faire la pub de sa virtuosité, ce petit kaléidoscope du déboire amoureux ne débouche sur rien, sinon son envie d'imiter joliment un patron auquel il ne pige pas l'essentiel. Alourdi par des dialogues balourds, des personnages insipides et un casting sans charme (Bedos sauve à peine sa peau), l'apprenti Lubitsch Alexandre Castagnetti se crash dès le décollage. Jérôme Dittmar

Continuer à lire