Le début de la fin : "Domingo"

Chronique | de Fellipe Barbosa & Clara Linhart (Bré, 1h28) avec Itala Nandi, Camila Morgado, Augusto Madeira…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Photo : © Condor Distribution


Dimanche 1er janvier 2003. La vieille et acariâtre Laura rejoint les siens dans la demeure familiale pour célébrer la nouvelle année. Pendant que cette bourgeoisie fin de race festoie, les employés de maison suivent dans les coulisses l'investiture du nouveau président élu par le peuple, Lula…

Domingo ressemble à une version contemporaine et brésilienne de La Règle du jeu ou de Gosford Park : une peinture corrosive de ces “grandes familles“ vivant dans l'aveuglement de leur propre déliquescence, à l'approche d'un changement de société majeur. Si les notables n'en ont aucune perception, endormis qu'ils sont par les reliquats de leurs privilèges féodaux, le nez dans la drogue et le pantalon en bas des chevilles, au royaume des domestiques en revanche, tout indique qu'une révolution se prépare. Mais aura-t-elle vraiment lieu ?

On pardonnera à Linhart et Barbosa leur petite entorse à la vérité historique — le 1er janvier 2003 était un mercredi et non un dimanche — mais la tentation était grande de fusionner dimanche, jour de l'an, férié et d'investiture ; autrement dit, des dates d'exception durant lesquelles on ne saurait travailler et encore moins être exploité. Tourné avec quinze ans de recul, et sortant au moment d'un nouveau scrutin présidentiel au Brésil qui pourrait voir le succès de l'extrême-droite, Domingo prend une saveur encore plus amère. Il se conclut d'ailleurs par une apostille d'un pessimisme définitif, rappelant Le Guépard : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

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Hard Fist, nouveau départ

Clubbing | Cornelius Doctor et Tushen Raï sortent le quatrième EP de leur label Hard Fist : à déguster au Sucre lors du Club Méditerranéen avant une release party secrète la semaine prochaine.

Sébastien Broquet | Mardi 2 octobre 2018

Hard Fist, nouveau départ

Commençons par démêler les fils : non, Hard Fist, ce n'est pas Art Feast. Mais oui, il s'agit d'une continuation de ce label monté par Romain Tamayo en 2013 autour de l'esthétique house music et mis en sommeil l'an dernier après sept vinyles parus. La house, c'est ce qui a rapproché Guillaume (ex-Klaaar, devenu Cornelius Doctor) et Romain, qui ont donc lancé ce nouveau projet ensemble courant 2017 : Hard Fist. Vite rejoints par Baptiste Pinsard, alias Tushen Raï. « On avait besoin d'exprimer d'autres idées, un nouvel univers, plus barré » explique Guillaume, attablé à la terrasse de La Madone. « L'aspect graphique est très important, on a choisi dès le début de travailler avec Sheree Domingo, une illustratrice de Berlin, pour nos pochettes. La connexion a été immédiate dès le premier disque. » Important, pour le crew Hard Fist, qui au fil de ses quatre premiers EPs révèle ainsi une vision aussi bien musicale que graphique, et porteuse de sens dans son propos. « On fait une musique globale, aux influences mondiales, tribales. Le troisième EP était plus influencé pa

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