Alexandre Astier : « nos fantasmes d'enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de L’Île aux enfants, de Goldorak, de Marvel, de manga et d’une note de Kaamelott… Entretien exclusif. Attention : peut contenir des traces de spoilers…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Photo : © Thomas Laisné


Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d'apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s'est déroulée cette transmission ?
Alexandre Astier
: La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m'a dit qu'il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n'aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c'était sincère. J'avais peur du vieillissement parce qu'Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s'en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu'il a été touché par l'histoire. Est-ce qu'il l'a rapportée à lui ? Je n'en ai pas l'impression — je ne lui ai pas demandé.

Mais je crois qu'il a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et très impressionné par les images numériques. Il ne s'est jamais caché de vouloir faire Disney en France — il avait ouvert ses studios Idéfix. Le boulot de Clichy et de ses équipes l'a époustouflé. Même s'il avait peur de la séquence rough en flash back. Lui trouve que ce n'est pas fini alors que nous qui avons baigné dans les Pixar, on apprécie cette incursion du matériau (rires). Il a aussi accepté parce que le premier avait marché : s'il avait considéré que j'avais piétiné sa licence, que j'étais un p'tit con qui voulais apprendre la vie à tout le monde, j'aurais pas replongé.

La devise de Panoramix, « c'est joli et ça ne sert à rien » qui lui permet de triompher, résonne avec la phrase de Cocteau : « Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi ». Serait-ce la morale de votre film ?
Je ne sais pas à quoi sert la poésie exactement. Il me semble qu'elle se voit quand elle n'est plus là, quand on ne s'occupe plus d'elle. Dans notre métier c'est compliqué, parce que la poésie est la seule chose que l'on vend, finalement ; la seule pour laquelle tu peux avoir une valeur. Et si l'industrie te fait entrer dans un cycle qui ne lui donne plus le loisir de s'exprimer, tu ne fais plus ton métier. Tu réitères. Et Panoramix réitère, en faisant la même chose — très bien, d'ailleurs, sans être surclassé depuis quarante ou cinquante ans. Mais pour prouver qu'il était encore le meilleur, je l'ai placé face à un antagoniste super doué qui n'a rien à perdre, qui improvise, qui a l'habitude de gruger, de contourner les choses. Il fallait que Panoramix fasse ici la preuve de son talent, avec ce qu'il avait sur lui et dans sa façon de gagner.

C'est une héroïne, la petite Pectine, qui lui permet de vaincre et donc de rassembler le village. Même si vous n'aimez pas les jeux de mots, l'avez-vous nommée ainsi parce qu'elle favorise la liaison par la cuisson (de la potion) ?
Ah, moi je trouvais ça vitaminé, pommesque et acide (rires) ! Quant à l'aspect “héroïne“, j'ai un peu de mal avec le fait qu'on puisse le voir comme en écho à un discours actuel. Je fais gaffe de ne pas l'être, d'habitude. J'ai mis les druides de la forêt des Carnutes dans une situation d'immobilisme complet, avec leurs traditions, dans l'absence de femmes… Ils ont tous les pieds dans le plâtre, d'une certaine manière. C'est pour cela que leur antagoniste Sulfurix est si libre.

Pour moi, il y avait une manière de m'attendrir sur mes propres filles, comme tous les papas de filles dans un monde qui leur est inégal, où l'éducation vis-à-vis des filles n'est pas bien faite.

Du coup, ça te fait faire des films qui renversent un peu la vapeur. Ce n'est pas une fierté particulière, mais je ne suis pas les mouvements. Je reprends toujours la phrase de Desproges : « si on faisait une manif pour sauver mes gosses, j'irais pas ». Je le crois vraiment. Je soutiendrais, hein, mais dès qu'on est plus de quatre, je n'y arrive pas. C'est un truc qui me stresse.

Dans l'album Le Ciel lui tombe sur la tête, Uderzo avait achoppé en introduisant des robots qui semblent a contrario tout à fait à leur place dans votre univers. Est-ce une question de différence de générations ?
Il est clair qu'on écrit tous avec nos fantasmes d'enfant. Ils sont le réel matériau que l'on utilise. Les miens sont certainement piochés chez L'Ïle aux enfants et Récré A2. Et quand je parle de Goldorak, c'est un grand héros, qui a compté pour moi. Aujourd'hui je peux mettre des mots sur l'ésotérisme dans sa façon de se diriger vers sa machine avec sa trappe, sa crémaillère… Mais quand j'étais gamin, c'était un monde entier qui se passait même d'être logique et qui me transportait vraiment. Du coup, si je veux écrire un truc bien, il faut que je mette dedans des choses auxquelles je tiens. Si je mets du Goldorak, c'est par affection, par amour. C'est un truc précieux que je donne ; je ne déconne pas avec ça. Pour moi, la scène de fin avec les robots est touchante ; elle marche sur moi — et j'espère sur d'autres.

On a certainement cette différence Uderzo et moi : il considère ce monde-là comme envahissant, c'est ce qu'il essaie de dire. Lui a tapé un peu dans Marvel et un peu dans les mangas, si je ne m'abuse. C'est son opinion de très grand dessinateur d'une autre école, je la respecte. Mais j'ai plutôt l'impression qu'il parle d'un problème industriel.

Moi j'adore naturellement le manga, que je trouve souvent plus créatif, à beaucoup d'égards. J'ai un peu largué les Marvel parce que pour moi, les super-héros sont toujours solitaires et un peu seuls face au monde.

En ce moment, on les met à des tables de réunion ; on mélange des dieux nordiques, des mecs en slibard et un mec qui a fait un robot (sourire), je ne comprends plus ce qu'ils foutent là ! Ce que j'aimais chez Hulk, c'est qu'il marchait le long de la rue et qu'il faisait du stop parce qu'il savait qu'avec son problème de mauvaise gestion de la colère, il était voué à une vie errante. Alors maintenant, s'il fait partie d'une équipe et qu'il se transforme à loisir… Donc je ne suis plus du tout là-dedans, je suis vraiment dans les manga et je ne suis pas super d'accord avec Le Ciel lui tombe sur la tête

Vous n'avez pas caché avoir eu des frictions d'ordre créatif durant la réalisation avec votre co-auteur Louis Clichy. Mais n'était-ce pas utile d'avoir un antagonisme de cette nature qui ressemble, en définitive, à celui entre Astérix et Obélix ?
À présent, j'aime beaucoup cet antagonisme. J'ai eu d'autres frites avec des gens qui voulaient présenter le film comme ci, dévoiler ça, sans parler de changer des choses sur le script. Là, ce sont des conflits, et je suis extrêmement teigneux avec ça, — et ça ne s'arrange pas avec l'âge, je ne laisse absolument rien passer de ce côté-là ! Mais quand je respecte artistiquement la personne avec qui je fais le truc, voire que j'ai de l'admiration pour elle, quand les postes sont aussi clairement définis, toutes les frites sont acceptées.

Quand des parents s'engueulent pour l'avenir de leur gamin, finalement c'est sain : pendant ce temps, tout le monde s'inquiète de l'avenir du gamin.

L'un a tort, l'autre non ou pas, mais c'est sur fond de : “qu'est-ce qu'on peut faire de bien pour lui“ ? Sur le film, à chaque fois que ça fritait, c'était parce qu'on était de deux écoles différentes, et qu'on les tenait fort, entre les grammaires animée, parlée, de jeu, de situation, d'action… J'ai beaucoup appris, et je crois que Louis aussi. Je suis sûr que je ne réaliserai pas d'autres choses de la même manière maintenant.

Ce genre de conflit fait naitre de la vraie complicité. Là, on est un peu fatigués parce qu'on vient de sortir un truc, mais Louis fait partie des très rares personnes avec lesquelles je pourrais retravailler. Parce que je sais que tout ce qu'il fait, il le fait pour ce qu'on fait. Et lui pareil dans l'autre sens. On mesure l'importance des choses qui sont dans le film à la dose d'énergie que l'autre met à faire en sorte qu'elles ne soient pas remises en question. À cause, souvent, de problématiques triviales de budget, de temps… La contrainte nous oblige à prendre des décisions. C'est sans arrêt une histoire de balance, c'est zarbi…

Contrairement aux Astérix produits il y a une quinzaine d'années, il ne fait pas fauché…
Il y a des possibilités, il y a le temps du film, pas très long… 80 minutes, c'est très dur à écrire. Parfois on atteint des densités dramatiques, et l'on a besoin d'une petite pause, mais l'on ne peut pas trop la faire. Heureusement, on a des leviers. Par exemple, en créant un dessin animé 2D à l'intérieur du film. Au-delà du fait qu'on aime le faire, c'est une économie qui compte et permet de s'offrir plus de choses par la suite. Et puis la contrainte elle est longtemps créative : tu tranches, tu enlèves… Le problème que j'ai, c'est que j'aime les situations qui parlent pour ne rien dire, qui s'enlisent… C'est du temps, ça ! Au cinéma, ça ne coûte rien : les caméra tournent (sourire). Ici, c'est de l'image…

Il reste une séquence “astierisque“ autour de la barbe des druides…
Elle est là (rires) ! Et ça marche bien, d'ailleurs…

Une note musicale pour finir. Dans Le Domaine des Dieux, les cornes des soldats trompétaient le jingle de RTL composé par Michel Legrand. Ici, il y a une auto-référence au générique de Kaamelott. Faut-il y entendre une réminiscence de la série ou le teasing d'un futur film ?
C'est Clichy qui a voulu les mettre. Je lui ai dit : « t'es sûr ? Les gens vont dire que c'est moi qui me parle à moi-même.Non, c'est sympa comme truc — OK. » Mais dans un fond de ma tête, je me suis dit, ouais, peut-être que des gens le prendront comme quelque chose à venir. Bah, très bien… (sourire qui en dit long)


Astérix - Le secret de la potion magique

De Louis Clichy et Alexandre Astier (Fr, 1h25) animation

De Louis Clichy et Alexandre Astier (Fr, 1h25) animation

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À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique…


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Pire qu'un film avec Christian Clavier et Jean Reno, un film de Christian Clavier, avec Christian Clavier et Jean Reno. Si l'image ne suffit pas, le point de départ d'On ne choisit pas sa famille devrait calmer tout le monde : un gros beauf en manque de fric (Clavier, inégalable), accepte contre rémunération de partir avec la compagne de sa sœur pour adopter une jeune Thaïlandaise qu'elles ont rendu orpheline par accident. Le faux couple doit ainsi jouer aux mari et femme sans trahir leurs identités, devant un french doctor intégriste et accessoirement en rut (Reno, indescriptible). D'un cynisme hallucinant, à moitié volontaire et pas du tout assumé, le film commet à peu près tous les faux pas : racisme, néo-colonialisme, vulgarité absolue, bêtise permanente, gags qui puent des pieds ; un sans faute dans la comédie beauf et complaisante. Genre préféré du cinoche français qui revient ici à ses racines avec l'acteur qui l'a défini.Jérôme Dittmar

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La Sainte-Victoire

ECRANS | De François Favrat (Fr, 1h45) avec Clovis Cornillac, Christian Clavier…

Christophe Chabert | Mercredi 25 novembre 2009

La Sainte-Victoire

Xavier Alvarez, jeune architecte venu des quartiers pauvres d’Aix-en-Provence, rêve de franchir un palier social en obtenant de gros marchés publics. Sa rencontre avec Vincent Cluzel, aspirant à la députation, pourrait être la voie royale vers la réussite. Une chose fait d’abord rire jaune dans ce polar politique pépère : Christian Clavier y incarne un homme politique intègre qui se refuse au renvoi d’ascenseur. Après l’affaire de la villa corse, libre à chacun d’interpréter la chose comme du cynisme absolu ou une forme de mauvaise conscience. Cela dit, il faut le souligner, Clavier est très bon dans le film ; il est même le seul à donner du crédit à son rôle, tandis que tout le reste en manque cruellement. Le scénario a sans doute subi de grosses coupes pour rentrer dans le format du prime time, et le film est plus bordélique que touffu. Sans parler de la réalisation, frénétique jusqu’à l’absurde avec ses zooms de recadrage en ouverture de séquence ! Le plantage est presque total puisque cette quête aveuglée d’embourgeoisement se conclut sur une morale «rassurante», mais en fait très ambiguë : une femme, une maison, un enfant, n’est-ce pas avoir déjà deux pieds dans le ciment bour

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La petite boutique de Kaamelott

CONNAITRE | Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, (...)

| Mercredi 22 décembre 2004

La petite boutique de Kaamelott

Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, l'avènement du christianisme, les invasions barbares, les bouleversements géopolitiques dans l'île de Bretagne, la fin des traditions celtes, la polygamie et les premiers préceptes monogames..." explique Astier. Mais, évidemment, on est loin de la vision d'un John Boorman avec Excalibur. Les personnages parlent dans une langue qui est un mélange d'argot lyonnais et de gouaille audiardienne (grande référence d'Astier), un langage "musical" que l'auteur fait littéralement chanter dans la bouche de ses acteurs. Quant à la mythologie, elle en prend aussi pour son grade : les chevaliers sont lâches, égoïstes et surtout particulièrement idiots. On retrouve là le goût d'Astier pour des personnages constamment à côté de la plaque, crétins inoffensifs dont il se moque avec une certaine tendresse, dans la lignée d'autres grands artistes du dialogue et de la caractérisation, les frères Coen. Les bases sur lesquelles la série se développe alternent trois types de sujets : "La partie professionnelle avec la vie militaire, la vie des chevaliers,

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"Un terrain de jeu inépuisable"

ECRANS | Interview / Alexandre Astier, auteur, réalisateur, acteur et compositeur de la musique de Kaamelot Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Petit Bulletin : Tu as tourné cent épisodes de Kaamelott. Comment as-tu travaillé les sujets ?Alexandre Astier : Il n'y a pas d'anachronisme, il n'y a que la langue qui est actuelle, tout le reste aurait pu se passer à l'époque. Personne ne se pointe avec une montre ou un autoradio. Sur les sujets, à part ceux qui traversent les âges et les siècles, et qui n'ont pas vraiment changé, comme les histoires de possessivité sentimentale, de doute professionnel ou d'inefficacité globale, il n'y a pas de références directes à l'actualité, ça aurait enlevé de la pérennité au projet ; j'aurais l'impression de rendre anecdotique ce que je suis en train d'écrire. Comment fais-tu pour te renouveler ?Je n'écris pas pour des personnages mais pour des comédiens. Je commence par les faire parler : j'allume l'ordinateur, je leur fais dire une ou deux phrases qui finiront peut-être à la poubelle. Au bout de quelques répliques, je commence à piger ce qu'ils sont en train de dire. Je sais alors de quoi je parle. Il y a tellement de sphères de toute façon... C'est un carrefour entre le médiéval fantastique et la réalité historique. C'est inépuisable comme terrain de jeu.

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Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

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Astérix aux jeux Olympiques

ECRANS | De Thomas Langmann et Frédéric Forestier (Fr-All-Esp-It, 1h55) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Alain Delon, Benoît Poelvoorde...

Christophe Chabert | Mercredi 6 février 2008

Astérix aux jeux Olympiques

L'échec artistique de ce troisième Astérix, patent et douloureux, peut se résumer facilement. Le projet de blockbuster paneuropéen de Thomas Langmann voulait fédérer les talents de chaque pays coproducteur. Des talents, il y en a (Depardieu, Poelvoorde, Delon, Cornillac, Astier, Segura, Garcia...), mais chacun est réduit à jouer sa partition en solo, souvent dans le registre qu'on lui connaît déjà. Ni le scénario, basique, ni la réalisation, occupée à justifier le budget du film, n'assure le liant. Langmann tenait aussi à se démarquer de la vision donnée par Chabat dans le précédent volet, jugé trop «Canal». Pourtant, dès le monologue de Delon, ce que l'on voit à l'écran, c'est un immense acteur en train de jouer en live son guignol. Rupture tranquille, donc, qui au fil du film se déporte de la chaîne cryptée vers TF1, avec la sainte trinité variétoche/comédie populaire/sport en ligne de mire. Sur le modèle des superproductions américaines formatées, Astérix aux jeux Olympiques ne repose que sur des équations marketing hasardeuses où chaque séquence est supposée répondre aux attentes d'une catégorie de spectateurs. C'est l'aveu terrible des 15 dernières minutes où il n'

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