Soirée Hitchcock/Truffaut

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Photo : © DR


Maître et disciple, Alfred et “François-my-boy” ont noué une singulière relation d'admiration réciproque qui se devine au fil des pages de leur livre d'entretiens, le Hitchbook. Pour approfondir le sujet, l'ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma et patron de la Cinémathèque Serge Toubiana vient donner une conférence portant sur les liens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut juste avant la projection du documentaire Hitchcock/Truffaut qu'il a coécrit avec Kent Jones.

Hitchcock/Truffaut
À l'Institut Lumièrele lundi 14 janvier à 19h30

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Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Mercato | À la tête du festival Lyon BD depuis sa création en 2006, Mathieu Diez annonce son départ pour de nouveaux horizons… Il laisse une enviable place vacante pour une institution culturelle riche de projets, solidement amarrée dans le paysage lyonnais, contribuant à son rayonnement international et produisant un festival réputé, à l’édition 2021 prometteuse…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

Mathieu Diez, directeur de Lyon BD : « il est temps pour moi de me redéfinir »

Nous sommes à trois mois de la prochaine édition du Lyon BD Festival. Alors que les annulations de manifestations pleuvent, le festival est-il bien maintenu ? Mathieu Diez : Il est maintenu et confirmé aux 11-12-13 juin pour le cœur de la manifestation. Tous les partenaires du festival sont à nos côtés parce qu'on pense qu’il y a un espace raisonnable et de bonnes chances. Bien sûr, cela tient à la réouverture des lieux culturels à la mi-juin (et donc de l’Hôtel de Ville, qui n'est pas vraiment un lieu culturel mais il faut qu'il puisse nous accueillir, de concert avec les institutions culturelles), ce qui est assez crédible. Et si elle s’accompagnait de contraintes fortes, on a montré qu'on savait faire lors de la Saison d’automne l’an dernier — notamment le concert Acid Arab. On saura faire, autant pour pour le week-end que durant tout le mois de juin. Parce que ce ne sera pas un “mini“ Lyon BD : on a quand même un programme important. Même si on doit supprimer les stands éditeurs, intenables pour des raisons sanitaires, le festival se tiendra sur 60 lieux dans la ville, ave

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Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Bande Dessinée | Parmi les futurs locataires du Collège Truffaut réhabilité figure Lyon BD Organisation, l’association à la tête du festival homonyme depuis quinze ans et à la manœuvre d’une foultitude d’événements en lien avec les univers graphiques tout au long de l’année. Son projet ? Le Collège Graphique.

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : Lyon BD au tableau d’honneur

Un (presque) retour aux sources géographiques pour Lyon BD Organisation. À l’origine créée sur le plateau de la Croix-Rousse, où s’étaient tenues les premières édition du festival, l’association avait dévalé la colline pour trouver refuge sur les quais du Rhône. La manifestation initiale a depuis pris l’ampleur que l’on sait, travaillé avec tous les lieux culturels de la Métropole ou presque, coproduit des spectacles, des expositions ; édité des ouvrages, tendu des passerelles entre Lyon et le monde, en tissant des liens entre auteurs, autrices, lecteurs, lectrices… Actrice incontournable du paysage — de l’écosystème — BD lyonnais, Lyon BD Organisation se positionne également comme un partenaire économique de nombreux artistes et membres de la filière BD locale (scénaristes, coloristes, illustrateurs, éditeurs…), tout particulièrement auprès des talents émergents. L’équipe ne pouvait être qu’intéressée par le cahier des charges du Collège Truffaut.

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Carte rouge à Dominique Païni

Rétrospective Hitchcock | Familier des lieux — il a conçu la scénographie du musée abrité dans la Villa —, l’ancien directeur de la Cinémathèque Dominique Païni revient pour une soirée à (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Carte rouge à Dominique Païni

Familier des lieux — il a conçu la scénographie du musée abrité dans la Villa —, l’ancien directeur de la Cinémathèque Dominique Païni revient pour une soirée à l’Institut Lumière afin de donner une conférence mêlant ses deux marottes : le cinéma et l’art, tout particulièrement dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock. La causerie sera suivie à 20h45 par un « grand film malade » selon le mot de Truffaut, entré depuis au panthéon des classiques : Marnie (1964). Un drame psychanalytique écarlate servi par une Tippi Hedren névrosé et un Sean Connery conquérant (mais compréhensif). À l’Institut Lumière le jeudi 24 janvier à 19h

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Quand la TV inspirait Hitchcock

Rétrospective | L’engouement actuel pour les séries, vues par certains et certaines comme une alternative définitive au cinéma, rappelle le premier âge d’or de la télévision (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Quand la TV inspirait Hitchcock

L’engouement actuel pour les séries, vues par certains et certaines comme une alternative définitive au cinéma, rappelle le premier âge d’or de la télévision dans les années 1950 aux États-Unis, où quelques cinéastes de renom appâtés par de jolis chèques (et la perspectives de s’essayer à des conditions de tournage différentes) passèrent du grand au petit écran. Hitchcock fut sans doute le plus célèbre d’entre eux, imprimant sa ronde silhouette sur un programme à son nom, Alfred Hitchcock présente. S’il n’en réalisa qu’une poignée d’épisodes — se contentant d’apparaître en prologue et épilogue — il tourna par ailleurs des téléfilms loin d’être anodins, lui permettant d’étancher ses désirs d’expérimentations. Comme le prodigieux Incident at a corner (1960) chef-d’œuvre rarissime sur la question du regard, que la rétrospective s’honorerait d’exhumer. Durant cette féconde période 1955-1962, Hitchcock transposa la légèreté (et la rapidité) des tournages télévisuels aux plateaux de cinéma, se désencombrant le plus possible des contraintes des super-pr

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Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

Rétrospective Hitchcock | C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret (...)

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Hitchcock à l'honneur à l'Institut Lumière

C’est par une œillade furtive que l’on commencera à se pencher sur la rétrospective Hitchcock que propose l’Institut Lumière ; comme un regard indiscret épousant celui du protagoniste de Fenêtre sur Cour (1954), Jefferies, un photographe à la bougeotte contrariée par un accident. Plâtré et cloué dans son fauteuil roulant, il en est réduit à épier ses voisins, imaginant leurs existences et suspectant l’un d’entre eux d’avoir assassiné son épouse… Mais comment enquêter quand on ne dispose que de soupçons, d’un téléobjectif et d’une charmante fiancée tête brûlée ? Adapté d’une nouvelle de Cornell Woolrish alias William Irish (auteur de La Mariée était en noir et de La Sirène du Mississippi), cet éloge du voyeurisme est un manifeste hitchcockien autant qu’un concentré de ses marottes ; à savoir créer une narration palpitante en répondant de façon à la fois élégante et audacieuse aux contraintes techniques qu’elle implique, sans priver le récit de son charme badin ou anxiogène. La quadrature du cercle, en somme, résolue dans u

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Coquilles vides en mutation

Friches provisoires | On passe devant chaque jour, mais à l'intérieur il n'y a plus rien. Quelle est (ou va être) leur mutation ?

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Coquilles vides en mutation

ENSBA Le 12 mai 2016, Gérard Collomb annonçait à nos confrères du Progrès le projet prévu pour l'ancienne École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) situé rue Neyret dans le 1er arrondissement et délaissée depuis une dizaine d'années. Le maire de l'époque prévoyait alors la vente des 6000m2 du bâtiment au Crédit Agricole pour 3, 5 millions d'euros. Au programme : des appartements autour de 6000 à 7000 euros du m2, une place-belvédère et des restaurants. Cette annonce avait alors suscité la mobilisation d'une pétition d'habitants s'opposant au projet, pour préférer celui qui était alors porté par la mairie d'arrondissement de transformer le lieu en une coopérative culturelle et artistique. Depuis, rien. Collège Truffaut La vie devrait bientôt reprendre dans cet ancien collège, abandonné depuis plusieurs années. Une réhabilitation est effectivement prévue pour transformer le lieu en une auberge de jeunesse nouvelle génération, une cour intérieure ouverte au public, une résidence étudiante et un accueil d'activités liées à l'économie sociale et solidaire. Reste à savoir si la

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Les séries des cinéastes : Hitchcock time

Institut Lumière | Hitch (re)présente ! L’Institut Lumière initie un cycle de projections consacrées aux séries télévisées réalisées par de grands cinéastes. La première séance propose (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 27 mars 2018

Les séries des cinéastes : Hitchcock time

Hitch (re)présente ! L’Institut Lumière initie un cycle de projections consacrées aux séries télévisées réalisées par de grands cinéastes. La première séance propose une rétrospective Alfred Hitchcock présente, une série de petites histoires noires à la chute inattendue et sans lien entre les épisodes. Si vous regardiez la télévision dans les années 1950, ou, de manière plus probable, si vous êtes familier de l’œuvre du maître du suspense, alors vous vous souvenez sans doute des « Bonsoir » sévères lancés par Hitchcock au début de chaque épisode et de l’épilogue moral, toujours chargé de son humour noir caractéristique, que le réalisateur servait aux spectateurs. Deux autres projections sont prévues à l’Institut Lumière dans les prochaines semaines : la première concernera l’inspecteur Columbo vu par Steven Spielberg, l’autre, sur les Maîtres de l’horreur, une série d’épouvante réalisée entre autres par John Carpenter… À consommer sans modération. Les séries des réalisateurs À l’Institut Lumière ​le mercredi 28

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Au Comœdia, revoir "La Nuit américaine" de Truffaut

Reprise | « Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse (…) Les films avancent comme des trains (…) Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Au Comœdia, revoir

« Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse (…) Les films avancent comme des trains (…) Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma. » Adressée par un metteur en scène à un comédien déboussolé et rongé par le doute, cette réplique est sans nul doute la plus célèbre de La Nuit américaine (1973), film de François Truffaut tout entier consacré à un tournage, ce microcosme si propice en fermentations dramatiques et en réactions extraverties. Mais davantage qu’une flamboyante envolée lyrique, c’est une mise en garde terrible que Truffaut/Ferrand assène ici à son alter ego Jean-Pierre Léaud/Alphonse. Une promesse de joie… mais aussi de souffrance. Héroïsé par la bande originale haendelienne de George Delerue, ce faux making of déshabille ses personnages et les coulisses du film censé être tourné, Je vous présente Pamela, à jamais invisible. Nourri d’anecdotes et de légendes, La Nuit américa

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Kiyoshi Kurosawa : « je filme en ressentant. »

Entretien | Quand Kiyoshi Kurosawa pose sa caméra en France, il emporte avec lui les spectres de son cinéma intime. Explications d’une relation entre un pays et un univers se contaminant mutuellement.

Julien Homère | Mercredi 15 mars 2017

Kiyoshi Kurosawa : « je filme en ressentant. »

Est-ce que les fantômes dans ce film français sont les mêmes que les japonais ? Kiyoshi Kurosawa : Il y a exactement les mêmes fantômes et d’autres qui sont totalement différents. Dans le film, dés l’introduction, le personnage de la mère est le genre de fantôme que l’on voit dans les films qui font peur, notamment les films d’horreur japonais traditionnels. Ce qui est nouveau, c’est le personnage de Marie [Constance Rousseau, NDLR] qui n’était pas un fantôme au départ, mais l’est devenue. Cela ouvre un nouveau drame avec un personnage différent. Cette manière de représenter les fantômes est un challenge car elle ne se fait pas du tout dans l’horreur japonaise ou dans le cinéma de genre mondial en général. C’est vrai que mes films s’inscrivent dans le genre horreur. Et j’ai commencé à avoir envie de ne pas seulement représenter la peur dans les fantômes, mais aussi d’autres facettes de l’être humain, plus sensibles. Comment expliqueriez-vous la dialectique entre les photographies et les fantômes ? Je filme en ressentant. Lorsqu’on regarde un film ou une photographie, ça appartient au pass

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Magnéto, Serge !

ECRANS | Jeune retraité, Serge Toubiana aura été successivement le rédacteur en chef des Cahiers du cinéma (revue historiquement concurrente de Positif) et directeur (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Magnéto, Serge !

Jeune retraité, Serge Toubiana aura été successivement le rédacteur en chef des Cahiers du cinéma (revue historiquement concurrente de Positif) et directeur de la Cinémathèque (établissement émulateur pour l’Institut Lumière). À l’occasion de la publication de son récent ouvrage Les Fantômes du souvenir (Grasset), il est convié pour une petite causerie là où le cinéma est né, enclave de neutralité pour tous ceux qui aiment le 7e art. La conversation sera suivie de la projection d’une grande œuvre consacrée à la perpétuation (parfois mortifère) du souvenir des défunts, La Chambre verte (1978) de et avec François Truffaut. Serge Toubiana À l’Institut Lumière le jeudi 16 février à 19h

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Le Dernier Métro

Reprise | Lorsqu’il reçut le César du meilleur film — le 10e de la soirée — pour Le Dernier Métro, François Truffaut déclara : « Ce film (…) est à propos de comédiens, de (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Le Dernier Métro

Lorsqu’il reçut le César du meilleur film — le 10e de la soirée — pour Le Dernier Métro, François Truffaut déclara : « Ce film (…) est à propos de comédiens, de comédiennes, à propos des gens du spectacle. À cause de cela, je pense que ce prix est aussi le vôtre, mais avec votre permission je le garderai chez moi, pour vous. » Lorgnant vers le réalisme poétique, ce drame sentimental est aussi un œuvre historique et d’aventures, assortie d’une grande évocation de l’Occupation, où Truffaut renoue avec l’interprète (et des répliques) de La Sirène du Mississippi. Un très bon choix de film du week-end. À l’institut Lumière le samedi 21 mai à 18h45 et dimanche 22 à 19h15

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Hitchcock et le nez de Lincoln

ECRANS | Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du (...)

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Hitchcock et le nez de Lincoln

Lorsqu’il met en chantier La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock sort du semi-échec de Vertigo qui, par une de ces ironies cruelles de l’histoire du cinéma, deviendra avec les années son film le plus vénéré. Mais cela fait longtemps que le projet est en préparation, avec comme titre L’Homme sur le nez de Lincoln, en référence à son climax sur le Mont Rushmore. L’idée d’Hitchcock est d’arriver à un parfait film d’espionnage à suspense où la figure du "faux coupable" est prise dans des péripéties qui l’amènent à traverser les États-Unis avec, à défaut de la mort, tout un tas d’agents secrets à ses trousses. Cary Grant y est cet innocent que l’on prend pour un autre appelé George Kaplan, personnification parfaite du MacGuffin hitchcockien — tout le monde le cherche, mais il n’est qu’un leurre, une ombre, et ce sont bien ceux qui le cherchent, leur duplicité et leurs traîtrises, qui forment le vrai nœud de l’intrigue. La Mort aux trousses traduit donc ce goût du "tourisme" à l’œuvre chez Hitchcock, où l’on passe de New York à Chicago puis à Rapid City, de la ville à un champ de maïs et aux fameuses statues représentant les Présidents améri

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Le Crime est toujours parfait

ECRANS | Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années (...)

Christophe Chabert | Mardi 13 mai 2014

Le Crime est toujours parfait

Cinéaste avide d’innovations en général et de nouveautés techniques en particulier, Alfred Hitchcock fut tout naturellement titillé par l’arrivée dans les années 50 de la 3D. Car, rappelons-le à nos lecteurs les plus jeunes, la 3D ne date pas des expérimentations de Robert Zemeckis et d’Avatar, mais a connu plusieurs vagues qui se sont toutes fracassées sur les contraintes de projection et sur le désintérêt du public. Grâce au numérique, ces films longtemps vus "à plat" peuvent donc renaître dans leur relief originel ; c’est le cas du Crime était presque parfait, tourné par Hitch en 1954 alors que le procédé est déjà à bout de souffle. Tiré d’une pièce de théâtre, le film est du pur Hitchcock période américaine, où un tennisman monte un plan diabolique pour faire assassiner sa femme et éviter que celle-ci le quitte avec leurs économies. Sauf que c’est elle qui finit par tuer celui qui devait la faire passer de vie à trépas… Grace Kelly — aussi à l’honneur cette semaine sous les traits de Nicole Kidman dans la bio d’Olivier Dahan — joue l’épouse et Ray Millan

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"Blackmail" en ciné-concert au festival Lumière

ECRANS | Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, (...)

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Comme chaque année, le festival Lumière investira l'Auditorium pour un ciné-concert où l'Orchestre National de Lyon, sous la direction de Lenoard Slatkin, mettra en musique un chef-d'œuvre du muet. Pour l'édition 2013, ce sera donc Blackmail d'Alfred Hitchcock, fraîchement restauré par le British Film Institute grâce à son programme "Rescue the Hitchcock 9" — neuf films muets du cinéaste dont les copies étaient menacées de disparition — dans la partition composée en 2008 par Neil Brand et orchestrée par Timothy Brock. Le ciné-concert se déroulera le mercredi 16 octobre à 20h15, et Lumière programmera durant le festival le remake parlant de Blackmail, tourné quelques années plus tard par Hitchcock lui-même.

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Dietrich, sans alibi

ECRANS | Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 février 2013

Dietrich, sans alibi

Redécouvrir Le Grand alibi (Stage fright) cette semaine à l’Institut Lumière, c’est comme ramasser plusieurs actualités cinématographiques dans une même reprise ! D’abord, la rétrospective consacrée à Marlene Dietrich par ledit Institut, dont le cœur réside bien entendu dans la longue et fructueuse collaboration entre l’actrice et Joseph Von Sternberg, mais où l’on pourra constater qu’elle a aussi travaillé avec tout ce que son temps comptait de réalisateurs géniaux (Walsh, Wilder, Welles, Lubitsch, Lang…). Et donc Hitchcock, dont Sacha Gervasi vient de livrer un portrait amusant dans le biopic du même nom, et qui revient hanter cette semaine le cinéma de son plus grand émule Brian De Palma. Ceci étant dit, Le Grand alibi, puisque c’est de ça qu’on cause, est resté comme un des films les plus retors du maître Alfred. Il repose sur un twist final qui non seulement vient révéler la vérité aux yeux du spectateur, mais surtout vient trahir les mensonges volontaires du metteur en scène. C’est une des premières fois au cinéma où l’image ment sciemment, où

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Hitchcock

ECRANS | Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque (...)

Christophe Chabert | Mercredi 30 janvier 2013

Hitchcock

Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque l’apogée de son style des années 50. Craignant de se répéter — et donc de lasser le public — il voit dans l’adaptation du roman de Robert Bloch, lui-même inspiré de l’histoire vraie du serial killer Ed Gein, un nouveau territoire à explorer, plus cru, plus choquant et plus viscéral. C’est ce cinéaste, finalement plus occupé par le désir des spectateurs que par sa propre postérité, que croque Sacha Gervasi au début de Hitchcock, et c’est sa grande qualité — en plus de la légèreté gracieuse de la mise en scène : refusant les habituelles tartes à la crème sur le génie et son inspiration, il montre un metteur en scène pragmatique, calculateur et prêt à défier studios et censeurs. Dans le film, Hitchcock a un double : son épouse Alma, véritable collaboratrice artistique qui, lassée de vivre dans l’ombre de son mari, entreprend de prêter son talent à un scénarist

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Nouvelle vague d’amour

ECRANS | Il est de bon ton de jeter l’opprobre sur la Nouvelle Vague, accusée de tous les maux du cinéma français, alors que la nullité actuelle des films hexagonaux (...)

Christophe Chabert | Jeudi 23 août 2012

Nouvelle vague d’amour

Il est de bon ton de jeter l’opprobre sur la Nouvelle Vague, accusée de tous les maux du cinéma français, alors que la nullité actuelle des films hexagonaux concerne aussi bien un cinéma d’auteur autiste qu’un cinéma commercial mal branlé. Il suffit pourtant de redécouvrir Jules et Jim de François Truffaut pour se rendre compte que cette Nouvelle Vague-là n’avait pas grand-chose à se reprocher : rigoureux dans son écriture, audacieux dans son sujet (une femme aime deux hommes sans que cela ne brise l’amitié masculine qui les unit) comme dans sa forme (Truffaut utilise à chaque plan toute la grammaire cinématographique pour créer du spectacle), Jules et Jim n’a pas usurpé sa réputation de chef-d’œuvre. Pour son troisième film, Truffaut installait le dernier axe de son œuvre, celui qui allait le rendre célèbre à travers le monde : le goût du romanesque, qui complétait son désir d’autobiographie (Les 400 coups) et son envie de relire les codes du cinéma de genre (Tirez sur le pianiste). Adapté d’un livre d’Henri-Pierre Roché, Jules et Jim inscrit son récit dans celui de deux pays, la France et l’Allemagne, qui passent de l’insouc

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Une vie de cinéma

ECRANS | Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud (...)

Christophe Chabert | Dimanche 9 janvier 2011

Une vie de cinéma

Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière, l’ouvrage massif (plus de mille pages) de Patrick McGilligan traduit en français et co-édité par Actes Sud et l’Institut Lumière, n’est pas la première biographie consacrée à Hitchcock. Mais, à n’en pas douter, elle est la plus complète. La somme monumentale de documents, entretiens, anecdotes et notes internes qu’utilise l’auteur a de quoi laisser pantois, ses analyses sur les participants à chaque film aussi, tout comme son habileté à passer sans arrêt de la vie à l’œuvre, des films à leurs conditions parfois acrobatiques de production. Allant jusqu’à croiser des sources parfois contradictoires (et souvent sciemment rendues confuses par les déclarations d’Hitchcock, qui réécrivait sa propre légende au gré des interviews) pour essayer d’en tirer des certitudes, McGilligan lève quelques lièvres jusqu’ici tenus secrets (l’impuissance du cinéaste et ses conséquences : la révélation la plus spectaculaire du livre). Mais là n’est pas l’essentiel, même si cela contribue au plaisir de la lecture ; McGilligan tord le cou à de nombreuses idées reçues sur la manière dont Hitchcock travaillait, notamment dans la phase de préparati

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Les enfants d’Hitchcock

ECRANS | Influence / La descendance cinématographique d’Hitchcock est innombrable, mais trois cinéastes sont emblématiques de cet héritage hitchockien. CC

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

Les enfants d’Hitchcock

De Palma : l’art du palimpseste Aucun cinéaste n’aura autant cité Hitchcock que Brian De Palma. Une grande partie de son œuvre n’est d’ailleurs qu’une relecture des classiques hitchcockiens dont il lève les sous-entendus et intensifie la violence, quand il ne cherche pas à rivaliser avec son maître en mouvements de caméra virtuoses. "Obsession" est son "Vertigo", "Pulsions" son "Psychose" ; mais c’est "Body double" qui s’avère la variation la plus insensée autour d’Hitchcock, puisqu’il croise le voyeurisme de "Fenêtre sur cour" avec le fantôme féminin et le trauma de "Vertigo". Il tentera un exercice du même ordre, mais moins réussi, avec "L’Esprit de Cain", où "Psychose" est dupliqué en un infini jeu de miroirs. Lynch : le double amoureux Il suffit de revoir le pilote de "Twin Peaks" pour constater à quel point la mise en scène de David Lynch retient les leçons de Hitchcock (ainsi que son humour très noir). Mais avec "Lost highway", Lynch cite ouvertement (mais à sa manière) "Vertigo", en l’inversant : la femme brune meurt et réapparaît en blonde, et avec elle l’amour fou d’un homme perdu dans les m

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L’ombre d’Hitchcock

ECRANS | Cinéma / La rétrospective Hitchcock à l’Institut Lumière et la sortie d’une imposante biographie signée Patrick McGilligan remettent le «maître du suspense» au cœur de l’actualité cinématographique ce trimestre. Ça tombe bien : son cinéma est toujours aussi actuel. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 7 janvier 2011

L’ombre d’Hitchcock

Lors du dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une version restaurée en numérique avec un son «spatialisé» ont affiché systématiquement complet. Il était pourtant certain que ce film, tourné il y a cinquante ans, était un des plus connus de la programmation. Mais voilà : quand on n’a pas vu "Psychose", quelque chose en nous nous intime l’ordre d’aller le voir ; et quand on l’a déjà vu, on a toujours envie de le revoir. Voilà la magie, le secret du cinéma d’Alfred Hitchcock : à la fois classique et totalement moderne, sinon avant-gardiste, commercial et furieusement personnel, il incarne un idéal fédérateur que peu de cinéastes ont réussi à atteindre. Control freak Hitchcock, tout d’abord, est un formidable manipulateur d’émotions. Son cinéma cherche avant tout l’efficacité, et son besoin de contrôle n’est pas gratuit ou totalitaire, mais vise clairement à ne rien laisser au hasard, à commencer par les réactions des spectateurs. Au fil d’une carrière sinueuse, commencée en Angleterre au temps du muet, ayant connu la révolution du parlant puis l’âge d’or des studios américains avant de terminer dans un très

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Hitch, expert en cinéma

ECRANS | Une grande rétrospective Hitchcock et la sortie d’une imposante biographie consacrée au maître constitueront la base de l’actualité cinéphile lyonnaise, complétée par une foule de festivals passionnants. CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2010

Hitch, expert en cinéma

Au dernier festival Lumière, les projections de "Psychose" dans une copie numérique HD au son restauré fut un événement qui a attiré le public en masse. Comme quoi… Il y a encore des chanceux qui découvrent aujourd’hui l’œuvre impérissable d’Alfred Hitchcock, et des cinéphiles qui vont s’y replonger pour se laver les yeux d’un cinéma contemporain qui a oublié la rigueur et la précision des mises en scène du maître. C’est ce que proposera pendant tout le trimestre l’Institut Lumière : une grande rétrospective consacrée à Hitchcock, accompagnée d’un livre signé Patrick McGilligan, biographie qui fait déjà référence concernant la vie et l’œuvre du réalisateur. Au programme, des films muets, les grands classiques de la période anglaise ("Jeune et innocent", "Les 39 marches", "Une femme disparaît"), les curiosités de la période américaine (notamment "Mr and Mrs Smith", la seule comédie réalisée par Hitchcock) et les chefs-d’œuvre qui ont assis sa légende (la liste est longue : "La Corde", "Fenêtre sur cour", "Les Enchaînés", "Vertigo", "La Mort aux trousses", "Psychose", "Les Oiseaux", etc.). Enfin, la rétrospective sera complétée par des épisodes de la série "Alfred Hitchcock présen

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Le carré parfait de Truffaut

ECRANS | L’œuvre de François Truffaut, actuellement projetée dans son intégralité à l’Institut Lumière, est entièrement contenue dans ses quatre premiers films, où l’on trouve aussi un précipité de ce qu’a été la Nouvelle Vague. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 juin 2009

Le carré parfait de Truffaut

Vingt-cinq ans après sa mort, un demi-siècle après son premier film, l’héritage de François Truffaut est encore vivace dans le cinéma mondial. De Loach à Desplechin, de Tsai Ming Liang à Steven Spielberg, d’Almodovar à Wes Anderson, l’œuvre du cinéaste infuse chez les grands auteurs actuels. Intègre et personnelle, elle a pourtant plusieurs visages, que Truffaut avait balisés avec ses quatre premiers films, dont tous les autres ne sont que des déclinaisons affinées, des suites rêveuses ou des remakes cachés. Les 400 coups : Antoine Doinel est né Sensation au festival de Cannes 1959 : le critique de cinéma François Truffaut devient cinéaste et réalise Les 400 coups, en rupture radicale avec l’esthétique du cinéma français à l’époque. Un vent de vérité, du décor aux acteurs, mais aussi une maîtrise de la mise en scène, fondée sur un apparent refus de la maîtrise, baignent ce film pionnier. Truffaut s’y invente un alter ego de fiction, Antoine Doinel, et lui offre un corps et une voix inédits, ceux de Jean-Pierre Léaud. Aussi insoumis que son personnage et son auteur, Les 400 coups parle d’une enfance éprise de lib

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