Le game qui tue le game : "Escape Game"

Thriller | De Adam Robitel (E-U-Af du S, avec avert., 1h39) avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll…

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Photo : © Sony


Ils sont six à avoir reçu en cadeau une invitation à tester le plus formidable escape game de la ville. Six alléchés par la prime offerte au vainqueur. Six à déchanter lorsqu'ils découvrent que les pièces infernales s'enchaînent et qu'elles essayent toutes de les tuer. Pour de vrai…

Il fallait bien que cela arrive : l'essor et l'engouement pour les escape games devait inspirer une adaptation cinématographique. Un juste retour des choses, puisque ces espaces ludiques hautement scénarisés tirent leurs ambiances pour partie d'univers littéraires et majoritairement d'atmosphères filmiques, à grand renfort de sound design. Mélange assez pervers d'éléments connus aperçus dans Dix petits nègres, Cube, Destination finale, Action ou vérité et Saw (la dimension fantastique en moins), Escape Game fait défiler une série de décors-énigmes témoignant de l'ingéniosité vicieuse des auteurs. On s'attend à être crispé sur son fauteuil et, de fait, on l'est — en particulier durant une séquence littéralement “renversante“, où le public sujet au vertige risque de prendre cher. Composé comme une suite de sketches, ce bon divertissement mériterait de ne pas se dissoudre dans des suites. Faut-il pour cela lui souhaiter un succès tout juste raisonnable ? Avec ce genre de raisonnement, on ne s'en sort pas…


Escape Game

De Adam Robitel (ÉU-Afri, 139) avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller...

De Adam Robitel (ÉU-Afri, 139) avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller...

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Six personnes se retrouvent dans une situation incontrôlable ou seule leur intelligence leur permettra de survivre.


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Ondes de choc : "Waves"

Drame | Jeune espoir de la lutte, Tyler cache à son père — lui-même ancien sportif de haut niveau ayant réussi sa reconversion — la gravité de douleurs lancinantes. Son stress le plonge dans la surmédication, altère son humeur, cause sa rupture et va provoquer une cascade de drames à l’échelle familiale…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Ondes de choc :

Les ambitions de Trey Edward Shults sont manifestes : illustrer la théorie des dominos en l’appliquant à une famille où la pression excessive d’un père control freak va bousiller la vie de son fiston en provoquant d’irréparables dégâts collatéraux — un indice : ça va mal se finir, et au tribunal. Mais aussi désagréger ladite famille. Au passage, le fait que celle-ci soit afro-américaine ajoute une lecture sociologique supplémentaire : la stricte méritocratie ne suffisant pas dans un contexte hyperconcurrentiel au sein d’une population où une forme de ségrégation perdure, on peut supposer que l’acharnement du père à voir son rejeton suivre scrupuleusement ses traces pour conserver son statut fraîchement acquis est lié à un complexe de classe. Volontiers démonstratif — et surtout, répétitif — dans son arsenal stylistique multipliant panoramiques circulaires en milieu clos et effets clinquants, Shults s’offre cependant une belle séquence abstraite au mitan de son film confinant au cinéma expérimental. Un pur moment hallucinatoire faisant sens symboliquement et narrativement puisqu’il fait office de transit

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