Des Intergalactiques post-apocalyptiques

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Photo : © Moviestore / Rex_Shutterstock


Au-delà du divertissement, la science-fiction a toujours eu pour fonction de nous prévenir des risques encourus en cas de futur mal négocié. Mais depuis un bon demi-siècle — et grâce aux progrès exponentiels de la connaissance —, le futur a changé d'échelle : jadis horizon éloigné, il jouxte désormais le moment présent au point de se confondre parfois avec lui. Il arrive même que l'avenir soit moins anxiogène que l'époque contemporaine : l'ambiance géopolitique délétère nous indique 23h58 à l'horloge de la fin du monde. Une belle atmosphère collapsogène qui a sans doute incité les programmateurs des Intergalactiques à composer pour 2019 une sélection cinématographique totalement post-apocalyptique.

Point d'orgue le samedi 27 avril, la double séance de Mad Max 2 (1982) et Mad Max : Fury Road (2015) présentés par Jean-Pierre Dionnet et séparés par une table ronde tentant d'établir si Fury Road est (ou non) le meilleur film du monde. Meilleur ne veut pas dire seul ; aussi, vous pourrez découvrir les autres gâteries exhumées pour l'occasion. Comme La Vie future (1936) de William Cameron Menzies, œuvre d'anticipation… antique. À moins que vous ne préfériez suivre l'intégralité de la rétrospective diffusée au Lumière Bellecour débutant vendredi 26 par l'aveuglant Blindlness (2008) de Fernando Mereilles, et s'achevant mardi 30 par Quand souffle le vent (1986) de Murakami — le cinéaste. Si vous préférez naviguer en terre inconnue, il vous reste la compétition internationale de courts-métrages pour découvrir des formats brefs, les traditionnelles projections surpasse dans le dojo de la MJC Monplaisir (auxquelles on ne peut assister qu'en chaussettes !!) ainsi que le concours 48h plus tard, qui verra des vidéastes concevoir, tourner, monter et diffuser un film durant le week-end. Pas la mer à boire ; juste la fin du monde…

Les Intergalactiques
Au Lumière Bellecour, au Périscope et à la MJC Monplaisir
du 25 au 30 avril

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Festivals de cinéma : reports pour les Reflets et Les Intergalactiques

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Le 7 février, le symbolique cap des 100 jours de fermeture consécutifs pour les salles de spectacles et de cinéma a été franchi. Prudence étant mère de sûreté, les festivals prennent les devants et commencent à annoncer des décalages, des reports ou des aménagements. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : la Berlinale se déroulera du 1er au 5 mars en ligne et Cannes (qui avait tant tergiversé l’an dernier) s’est positionné du 6 au 17 juillet sur la Croisette. Bien malchanceux en 2020 (le premier confinement les avait frappés de plein fouet, même s’ils avaient pu proposer une version allégée après l’été), Les Reflets du Cinéma Ibérique et Latino-américain ont ainsi choisi de renoncer au mois de mars, ciblant la quinzaine entre le 22 septembre et le 6 octobre, pour une mise à l’honneur « de l’Espagne, du Portugal, du Mexique ». Du côté des Intergalactiques, on la joue aussi rebelote : le 9e édition ne pouvant se tenir en avril 2020 avait é

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Tout le monde s’accroche à son voisin, décollage imminent pour Les Intergalactiques ! Le festival de science-fiction se met en orbite autour du thème de la Femme : il sera question de sa place dans la pop culture et de la technologie comme outil d’émancipation. On ne peut évidemment pas parler de SF sans quelques bons films : les rétrospectives du festival sont là pour ça. De Cherry 2000 (1988) de Steve de Jarnatt, film d’action déjanté où le protagoniste part à la recherche des pièces détachées pour réparer l’amour de sa vie, un robot à la perruque rousse flamboyante, au délirant Frankenhooker (1991) du culte réalisateur Frank Henenlotter, où un amoureux un peu dérangé assemble des morceaux de prostituées pour greffer sur ce corps le cerveau de sa bien-aimée, il y en aura pour tous les goûts, surtout extrêmes. Des longs mais aussi des courts-métrages : le festival est l’occasion de participer au concours "48h plus tard", durant lequel les équipes devront réaliser en deux jours une production de SF, toujours contraints par les règles farfelues du jury. Et si vous ne vous sentez pas l’âme d’un cinéaste

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Entrée en 6e pour les Intergalactiques

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Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

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Encadré par sa fameuse Nuit des séries de science-fiction (à la polarité très politique cette année), et le vide-grenier du geek — soit deux gâteries pour mordus d’expériences ultimes combinant pizzas, liquides pétillants divers et fourbis électroniques, si l’on schématise honteusement —, le festival des Intergalactiques déploie en son milieu moult autres trésors. À commencer par ses séances cinéma. Une rétrospective de l’anticipation dystopique, des années 1960 à 1990, comprenant des films rares sur grand écran tels que le matriciel et épuré THX 1138 de George Lucas, le déprimant La Planète des Singes de Franklin J. Schaffner et le vrombissant La Course à la mort de l’an 2000 signé Paul Bartel. Prouvant au passage que le futur, ce n’était pas mieux avant. On ne saurait trop vous conseiller de garder des forces pour deux autres séances prodigieuses. D’abord, la soirée Invasions !, avec le chef-d’œuvre de Carpenter, Invasion Los Angeles : l’une des plus

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Pile au moment où vu de France, l'élection d'un musulman fils de prolo à la mairie de Londres semble avoir dans les milieux autorisés des allures de scénario de science-fiction, on ne peut que goûter l'ironie de cette édition 2016 des Intergalactiques sur laquelle flottera très largement l'Union Jack. Du 12 au 15 mai, le festival a effectivement décidé de se tourner largement vers la riche école SF britannique entre conférences ("L'humour dans la science-fiction britannique", une tautologie en soi), nuit des séries et projections de films très politiques. De fait, il sera beaucoup question ici de l'articulation entre utopie et réalité ("Cinéma et Littérature, quand l'utopie vire au cauchemar"). Et ce jusque dans l'appellation de la table ronde "Science fiction et politique à l'heure des Nuits debouts ?" Ce n'est pas d'hier que l'avenir des sociétés se lit et se décrypte a priori dans la science-fiction. En la matière, les britanniques ont rarement passé leur tour, de Wells à Ballard, d'Orwell à Clarke. Peut-être que là réside la magie, vue d'ici, de l'élection de Sadiq Khan, réalité anglaise, utopie française.

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«Le temps ! Le temps ! Qu'est-ce que le temps ?» Excellente question. Merci au Lièvre de Mars de l'avoir posée dans l'adaptation disneyenne d'Alice au Pays des merveilles – il n'était toutefois pas utile de détraquer au passage, qui plu est au moyen de condiments et confiseries variés, la montre à gousset du Lapin blanc. Et merci, surtout, au festival Les Intergalactiques de consacrer l'essentiel du sien (du 21 au 25 octobre) à y apporter, dans le cadre de discussions impliquant de grands noms régionaux des littératures de l'imaginaire (Alain Damasio, Christian Chavassieux, Jean-Pierre Andrévon...) et exemples cinématographiques à l'appui (L'Armée des 12 singes de Terry Gilliam, le très ardu Primer de Shane Carruth ou encore The Infinite Man, méconnue romcom à paradoxes de Hugh Sullivan), les réponses pleines de gros mots scientifiques (par exemple "relativité") et romanesques (genre "dystopie") dont il a le secret depuis maintenant quatre ans. Trop longue la phrase qui précède ? Tout est relatif, justement. Si ce n'est l'intérêt de cette manifestation, à des années-lumière du rassemblement d'inadap

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Élu meilleur film de l’année par tout ce qu’Internet compte de critiques de bande-annonces à la simple vue de ses innombrables trailers, Mad Max Fury road sera visible en version longue — en version film, quoi — dès le 14 mai. Histoire de rappeler que le culte autour du personnage ne date pas d’aujourd’hui, UGC Ciné Cité Internationale organise le mardi 12 mai une soirée avec les deux premiers volets de la saga signée George Miller — le troisième, où le cinéaste amorce un virage humaniste qu’il maintiendra ensuite via Lorenzo, Babe, le cochon dans la ville ou les deux Happy feet, est plus embarrassant. Dans Mad Max, on fait donc la connaissance de Max Rockatansky (Mel Gibson), flic badass arpentant les routes australiennes où des punks complètement vrillés sèment la terreur — viols, meurtres et tutti quanti — à la poursuite d’un or noir devenu denrée rare. À grands coups de scènes de poursuite spectaculaires, de violence et de nihilisme, Miller pose les bases d’un univers où la folie semble prendre le dessus sur tout autre sentiment, mais le circonscrit encore dans un périmètre réaliste, celui d’un futur proche où l’humanité

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On n'a pas toujours les lecteurs qu'on mérite. Prenez la science-fiction. Hormis une poignée de fanatiques aux doigts gras, qui se soucie de cette branche de la littérature qui, pour reprendre la définition qu'en donnait Isaac Asimov, se «soucie des réponses de l'être humain aux progrès de la science et de la technologie» ? Malgré les efforts d'une structure comme AOA Prod pour la sortir de l'ornière geek, notamment via le festival des Intergalactiques, pas grand monde. L'époque où l'expression ne désignait que des spooky tales mal dégrossis est pourtant largement révolue. Depuis les années 60 en fait, période à laquelle a déferlé depuis l'Angleterre puis les États-Unis une Nouvelle Vague d'auteurs formellement plus ambitieuse et socialement plus en prise avec son temps. Au même titre qu'Asimov justement, ou Philip K. Dick, le New-yorkais Norm

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