Eh mec, elle est où la caisse ? : "Braquer Poitiers"

Comédie | Une bande de pieds nickelés belges se fait refiler un tuyau en or : séquestrer Wilfrid, propriétaire d’un carwash, pendant un mois d’été et récupérer la caisse à sa place. Étonnamment, la victime — un excentrique célibataire — est consentante et les accueille à bras ouverts dans son château…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Photo : © DR


Au départ était un court-métrage dont on devine l'intention : permettre au réalisateur Claude Schmitz de tirer parti de la personnalité authentiquement décalée d'une poignée de copains comédiens dans un format “lelouchien“. En clair, de capter leur naturel gentiment bancal dans une suite de séquences vaguement liées par un argument *policier*. Le contraste entre le pittoresque Francis Soetens aux faux-airs de métalleux et Wilfrid le châtelain fin de race peut divertir quelques minutes. Au-delà, on tombe dans un systématique qui n'a plus grand chose à voir avec la fraîcheur du naturel ni de l'impro.

Les meilleures plaisanteries étant les plus courtes, Schmitz a donc eu tout faux en prolongeant d'une apostille artificielle son court histoire d'en faire un long. Mise en abyme bancale racontant, une saison plus tard, ce qu'il advient des comédiens/personnages lors de retrouvailles soporifiques (auxquelles on assiste avec le sentiment d'avoir été conviés par erreur), cette interminable séquence aurait dû rester à l'état de bonus pour le DVD souvenir de l'équipe. Ou carrément de projet.

Braquer Poitiers
Un film de Claude Schmitz (Fr, 1h25) avec Francis Soetens, Hélène Bressiant, Wilfrid Ameuille…

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Être ou avoir l’été : "Les Films de l’été"

ECRANS | Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Être ou avoir l’été :

Loin des clichés plage/montagne, cet assemblage de deux courts-métrages ultra primés propose deux “faces B” de l’été se déroulant dans des “non-lieux“ de vacances, avec des personnages pour le moins décalés. L’étrangeté ambiante doit sans nul doute aux ascendances belges des films ; un je-ne-sais-quoi d’absurdité faisant écho à cette intangible sensation que, durant la saison chaude, tout est possible. Et l’éternité, à portée de main. Vague décalque fantaisiste de L’Année dernière à Marienbad croisé avec Le Diable par la queue, Rien sauf l’été projette un jeune homme en recherche de quiétude dans un château en réfection, peuplé d’une famille bizarre mais accueillante. Quant au Temps de l’été, il suit l’autoroute vers le sud de la France en compagnie d’un fils, de son père et du vieux pote suicidaire de ce dernier. Dans les deux cas, les instants de vie se succèdent et s’empilent, sans qu’il y ait forcément d’histoire à raconter : le moment est capturé dans la fugacité de son évocation, comme la fraîcheur d’une glace à l’eau ou la morsure c

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