Chaplin fête Noël dans les salles du GRAC

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Photo : © DR


Chaque mois, le réseau des salles du GRAC compose un cycle autour d'une grande figure du patrimoine cinématographique. Or comme le bon sens l'impose, un cycle, ça tourne — en l'occurrence, doublement : non seulement parce qu'il s'agit d'une succession de films autour d'un thème, mais aussi d'un programme itinérant, circulant dans les salles adhérant à ce groupement d'écrans régionaux. La fin d'année étant propice à l'évocation des figures enfantines ou familiales, à la célébration de la générosité et du partage, qui mieux que Charlie Chaplin (1899-1977) pour incarner ces valeurs humanistes et universelles ? Qu'il s'agisse de son personnage de Charlot, vagabond facétieux — coursé par une maréchaussée moustachue épaisse et scrupuleuse ou amoureux d'une pauvre aveugle —, ou de ses avatars successifs (coiffeur juif persécuté par un sosie dictateur, clown vieillissant sur le déclin…), Chaplin apporte toujours à ses contemporains le regard du naïf et la main secourable rendant le monde moins insupportable à vivre. Muets (comme le programme Charlot s'amuse ou Les Lumières de la ville), parlant à l'instar du précieux Le Dictateur (hélas toujours pertinent) ou Les Feux de la rampe, les quatre séances proposées sont à voir et revoir sans hésitation aucune ! En plus d'être remarquablement jouées, il y a là de profitables leçons de mise en scène à l'attention des jeunes générations.

L'ironie du sort voulut que Chaplin, dont l'image reste à jamais associée à l'éternité et l'atemporalité de l'âge d'enfant, disparut dans la peau d'un patriarche chenu le jour de Noël. Souvenons-nous plutôt que 2019 correspond au 130e anniversaire de sa naissance.

Cycle Charlie Chaplin
Dans les salles du GRAC ​du 2 au 31 décembre


Les Lumières de la ville

De Charles Chaplin (1931, ÉU, 1h30) avec Charles Chaplin, Harry Myers...

De Charles Chaplin (1931, ÉU, 1h30) avec Charles Chaplin, Harry Myers...

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Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Changements | Des directrices arrivent, le Point du Jour est prêt pour sa transition. Détails.

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Villefranche, 5C, Point du Jour : leurs têtes tournent

Point du Jour en suspension Gwenaël Morin a rendu les clés le 15 août du Théâtre du Point du Jour, cinq ans et demi après son arrivée. Son théâtre permanent aura été une expérience en décalage complet avec la profusion et le zapping pratiqués ailleurs mais a touché ses limites. En dépit des invitations faites au Collectif X, Philippe Quesne, Nathalie Béasse et Yves-Noël Genod, ce lieu a perdu une partie de son public et n'accueillait pas d'autres artistes que ceux cités. Cette saison, les Célestins y programment huit des neuf spectacles initialement destinés à la Célestine, inondée lors des crues de décembre dernier (une navette par car est mise à disposition des spectateurs chaque jour de représentation). Début janvier, une équipe artistique sera en place pour qu'une nouvelle saison émerge à la rentrée 2019. Parmi les candidats, figure Julien Poncet (Comédie Odéon) associé à Emmanuel Meirieu.

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Côté salles : à l’Est, rien de nouveau

Direction Artistique | À Charlie Chaplin comme au Toboggan, voici venir deux directeurs pas si nouveaux : Mourad Merzouki et Victor Bosch, déjà à la tête d’autres salles. Cette concentration des pouvoirs menace-t-elle la diversité de l’offre ?

Nadja Pobel | Mardi 5 septembre 2017

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Poussée vers la sortie avec force par la mairie de Décines, Sandrine Mini, qui a eu à cœur de défendre au Toboggan une programmation exigeante, a pris du galon : elle fait sa rentrée à la tête de la scène nationale de Sète. Fin de la belle histoire. Denis Djorkaeff, l’adjoint à la Culture, a fait appel à « une référence, à même de faire une programmation dans un temps record » comme il nous le confiait en mars dernier, en même temps qu’il annonçait la venue de Victor Bosch. Depuis, le directeur du Radiant à Caluire a vu sa mission se préciser. Il est officiellement directeur artistique et programmateur du Toboggan pour une durée de trois ans. Soucieux « de ne rien casser de ce qui a été précédemment fait », il garde sa recette éclectique, tentant de répondre aux besoins de sa nouvelle tutelle de faire un théâtre de proximité avec

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Expo "Popcorn" : le design à l'écran

Design | À l'occasion de la Biennale du design, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne jette un regard croisé sur les liens entre design et cinéma... Une exposition restreinte à peu de salles mais digne d'intérêt.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 avril 2017

Expo

Moins importante en quantité que nous l'espérions, l'exposition Popcorn est cependant une exposition réussie sur le plan qualitatif. Elle entrecroise art, cinéma et design en trois temps, respectivement dédiés aux thématiques du travail, de la conquête spatiale et du western. Rappelons que le design et le cinéma sont nés à peu près en même temps (en 1851 pour le design avec une exposition au Crystal Palace à Londres défendue par Sir Henry Cole ; en 1895 pour le cinéma avec la première projection des frères Lumière) et qu'ils partagent, à leurs débuts, la même réputation de sous-disciplines artistiques. Le cinéma est rattaché aux attractions et spectacles forains et le design au monde un peu sombre et encrassé de la technique et de l'industrie ! Bref, c'est en sortant peu à peu des "bas-fonds" que le cinéma comme le design gagneront leurs lettres de noblesse, qui ne sont plus remises en question aujourd'hui... Le travail à l'œil Bizarrement, c'est la partie la moins fun de l'e

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Entretien | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

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Dominique Abel & Fiona Gordon : « ce qu’on fait en réalité, c’est du théâtre à l’écran »

Avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du réalisme poétique ? Dominique Abel : On s’inspire de ces films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a été nourri par plusieurs styles différents, mais on adore le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme Kaurismäki. Mais nos goûts sont plus larges que ça. Emmanuelle Riva était-elle l’une de ces références ? D.A : On ne l’avait jamais vu dans un autre registre que celui du drame. Elle était très curieuse, vivante avec le rire incroyable d’une jeune fille de 14 ans. Elle faisait beaucoup de théâtre et nous, ce qu’on souhaitait, c’était de répéter pour atteindre une mécanique propre à notre jeu. À ça, e

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"Paris Pieds Nus" : recherche Martha désespérement

Et aussi | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Traversée d’une joie communicative, cette comédie raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou à le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique à un restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés, cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une d

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De Charlot à Laurel & Hardy | Charlot, Buster Keaon, Laurel et Hardy. Le jeune public va pouvoir découvrir ce qui a fait marrer papy, mamy, grand papy, grand mamy etc... Et rire à son tour.

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À chaque vacances scolaires, l'Institut Lumière soigne les zygomatiques des minots avec un programme aux petits oignons baptisé Cinématokid. Une fois n'est pas coutume, un cycle noir et blanc est initié pour cette fin d'année, permettant aux enfants de découvrir des légendes de l'humour. Tout commence — en fanfare — le mercredi 21 décembre avec la projection des Temps Modernes de Charlie Chaplin, assurément — avec Le Dictateur — le chef d'œuvre de Charlot. Ouvrier désabusé et éreinté dans une usine dévorante, il plaque tout et recueille une orpheline pour faire face à l'aprêté de ce monde. Éminement poétique, émouvant et drôle à pleurer, cela fait désormais 80 ans que ce film émerveille le public — qu'il soit pubère ou pas. Piqûre de rappel le 27, même endroit, même heure. Le vendredi 23 décembre, Stan Laurel et Oliver Hardy, le tandem le plus poilant de l'histoire est à l'honneur avec le court-métrage Aidons-nous ! ou le premier épaule — à sa manière — le second à dissimuler les

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ECRANS | Star mondiale, figure légendaire, icône cheap, Chaplin est-il inépuisable, ou bien définitivement épuisé ? Et si, ayant côtoyé plusieurs fois la mort, son œuvre était faite pour ressusciter ? Éléments de réponse à l'occasion de la rétrospective que lui consacre l'Institut Lumière. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 29 novembre 2012

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Le cinéma a forgé sa mythologie la plus criarde autour de quelques stars brillant par-delà les films où on les admire, comme si tout ce qui comptait c'était d'abord le plus concret, un visage et un corps. La politique des acteurs serait-elle finalement plus démocratique que celle des auteurs ? Figure monstre de l'histoire du cinéma, Chaplin a quelque chose de définitif et supplémentaire dépassant l'aura d'une Marilyn ou d'un Bruce Lee qui, eux aussi, finiront en poster Ikea. Mythe complet avec son personnage emblématique et des films d'une mise en scène éblouissante, Chaplin est devenu une incarnation du cinéma, de ses prémisses à son âge d'or et ses déclins successifs. Il fut la quintessence de l'art du XXème siècle, l'épousant dans sa trajectoire jusqu'à se faire absorber par lui et en illustrer aussi la mort, cette mort du cinéma qu'on annonce sans cesse pour mieux le voir revivre. Working Hero Pour briller si haut, Chaplin fut comme John Ford ou Griffith, un pionnier. Il a été là au début, à une époque où sous contrat avec des studios désormais disparus, l'on pouvait enchaîner les petits films à un rythme fou. Quand l'immigré anglais passe, très

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