Seules les bêtes ? : "Les Vétos"

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Photo : © Les Films du 24 / Roger Do Minh


Nico et son aîné Michel font tourner à deux un cabinet vétérinaire d'un petit village du Morvan. Partant subitement en retraite, Michel fait venir à sa place sa nièce, une chercheuse entêtée mais qui n'a jamais pratiqué. Au contact de Nico, du village et des animaux, elle changera…

Évidemment sympathique, terriblement dans l'air du temps, malheureusement téléphonée, l'intrigue des Vétos est au moins aussi lourde que cette phrase surchargée en adverbes. On s'étonne même de voir sur grand écran cette collection de clichés sur la ruralité hexagonale — hostile et obtuse à l'étrangère, mais révélant un cœur “gros comme ça“ à la fin — d'habitude réservée au public captif de la télévision. Tout y passe : du paysan bourru au maire hobereau habillé façon militant LR à La Baule, de l'orpheline-cachant-un-lourd-secret au véto dévoré par son apostolat… Si aucun personnage n'échappe à sa caricature, le film aborde malgré tout un vrai sujet : celui de la désaffection rurale, de son abandon par l'État (raréfaction des services publics, mitage du maillage territorial…) au profit des zones plus urbanisées, créant de fait des insularités nouvelles… et des inégalités supplémentaires. Comme si celles qui existaient déjà ne suffisaient pas.

Les Vétos
Un film de Julie Manoukian (Fr, 1h32) avec Noémie Schmidt, Clovis Cornillac, Lilou Fogli…

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Malle du transport : "L’Aventure des Marguerite" avec Clovis Cornillac

Comédie | 1942. Le père de Marguerite a disparu à la guerre et l’adolescente se languit de son retour. 2019. Margot, sosie de la précédente, doit passer trois jours avec le nouveau copain de sa mère qu’elle trouve lourd. À cause d’une malle magique, les deux jeunes filles vont se substituer l’une l’autre…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Malle du transport :

Comme une étrange impression de se retrouver devant un J’aime Lire mis en images… Pas si loin, en fait, puisque cette comédie fantastique d’aventures est adaptée d’un roman jeunesse signé Vincent Cuvellier. Si le travail visuel est propre, rythmé par le va-et-vient permanent entre les deux époques, la partie 1942 se révèle beaucoup plus riche en rebondissements épiques que le segment contemporain — Marguerite s’adaptant très (trop) vite à l’univers de science-fiction XXIe siècle. Les scénaristes ne se sont pas non plus beaucoup trop préoccupés des inévitables questions de paradoxes temporels, pourtant le sel de ces histoires ainsi que des ressorts dramatiques de premier choix. On ignore quel destin attend ce film d’ambiance automnale un 14 juillet en salles, il fera certainement un meilleur score une après-midi de novembre agrémenté d’un chocolat chaud sur le canapé… L'Aventure des Marguerite Un film de Pierre Coré (Fr, 1h26) avec Alice Pol, Clovis Cornillac, Lila Gueneau…

Continuer à lire

Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Entretien | Après Nicolas Vanier et Christian Duguay, Clovis Cornillac signe le troisième et dernier épisode de Belle et Sébastien, adaptation grand écran de la série de Cécile Aubry. Le réalisateur y joue aussi le rôle du méchant.

Aliénor Vinçotte | Vendredi 16 février 2018

Clovis Cornillac : « Quel bonheur de faire des films ! »

Pourquoi autant de temps entre vos deux longs-métrages ? Clovis Cornillac : Entre les deux, j’ai aussi réalisé quatre épisodes de la saison 2 de Chefs, la série télévisée. Même si c’est passionnant, la réalisation demande beaucoup de temps. Belle et Sébastien 3 m’a pris un an et demi, tous les jours jusqu’à aujourd’hui. Mais quel bonheur de faire des films — c’est dément ! Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser Belle et Sébastien 3 ? Son producteur Clément Miserez. La proposition en elle-même m’a un peu déstabilisé au début — je ne voyais pas le lien avec moi. C’est à la lecture du scénario que je me suis fait avoir, car l’histoire m’a plongé dans la littérature d’aventures, type nord-américaine comme Conrad, Steinbeck. J’ai alors réalisé que ce genre de films d’aventures n’existe plus en France. On ne nous donne plus la possibilité d’en faire. J’étais aussi très intéressé par les thématiques comme la nature, les animaux, l’enfant et la figure du grand-père. Ce qui m’amusait plus que tout, c’était l’idée de faire un conte, de pouvoir emmener ce film sur des références qu

Continuer à lire

Chienne d’arrêt : "Belle et Sébastien 3 : le dernier chapitre"

Pour occuper les enfants pendant les vacances | de et avec Clovis Cornillac (Fr, 1h37) avec également Félix Bossuet, Tchéky Karyo…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Chienne d’arrêt :

Comme si la montagne lui tombait sur la tête ! Sébastien, qui a désormais douze ans, apprend que son père veut l’emmener au Canada, loin de ses alpages chéris. Pire que tout, Joseph, un odieux bonhomme débarqué de nulle part, revendique la propriété de Belle et de ses trois chiots… Après deux opus touristiques sentant le foin, le vieux poêle et les années cinquante, on n’attendait plus grand chose de Belle et Sébastien, si ce n’est une nouvelle collection de chandails qui grattent et de guêtres en flanelle. Pur objet de producteurs, confié de surcroît à un réalisateur différent, chaque épisode de ce reboot du feuilleton de l’ORTF a déjà l’air d’être la rediffusion de Heidi contre Totoro. Alors, quelle heureuse surprise que ce volet qui, en plus d’annoncer clairement la fin de la série, le propulse dans une direction inattendue. Comme dans Harry Potter, gagnant en noirceur au fur et à mesure que le héros-titre prend de l’âge, Sébastien s’approche de l’adolescence en se confrontant à l’arrachement et à la perte de ses référents d

Continuer à lire

Mes héros

ECRANS | De Eric Besnard (Fr, 1h27) avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Clovis Cornillac...

Jerôme Dittmar | Jeudi 6 décembre 2012

Mes héros

Exemple effarant d'un cinéma post-sarkozy qu'on n'aurait jamais voulu voir naître, Mes héros confirme l'état alarmant de la production française en 2012. Pire que tout, cette comédie d'occupation où la tendresse neuneu côtoie le militantisme débile a des airs de Mamie fait de la résistance chez Jardiland. Dans un décor digne d'un shooting pour magazine déco, Josiane Balasko cache un jeune sans-papiers (le juif de l'an 2000) qui, séparé un temps de sa mère, trouve refuge à la campagne où il découvre les joies des tartines au beurre et de la 2CV vintage. Venue d'un autre temps, cette fable morale qui lave plus blanc que la Mère Denis, veut tout réconcilier : la famille, le pays, les années Hortefeux et ses gendarmes. Mené tambour battant par un duo Jugnot/Balasko ayant enfanté Clovis Cornillac (pire casting de l'année), Mes héros laboure l'humanisme blotti dans le petit coeur de chacun. L'enfant, qui n'a rien demandé à personne, enfonçant le clou de ce cauchemar hygiénique. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Radiostars

ECRANS | De Romain Lévy (Fr, 1h40) avec Manu Payet, Clovis Cornillac, Douglas Attal…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Radiostars

Une bande d’animateurs exerçant leur art de la grossièreté et de la vanne sur une radio FM le matin sont punis de leurs excès par leur directeur d’antenne et doivent aller faire le tour de la France profonde pendant l’été s’ils veulent garder leur place sur la grille de rentrée. En voilà un bon argument pour faire sauter les stéréotypes, ramener les personnages à la réalité, les changer en profondeur tout en tricotant une comédie douce-amère sur les aléas de la célébrité. Mais Radiostars n’est pas Intouchables, au contraire. Radiostars n’aime que le conflit, la dispute, l’engueulade, le couteau tiré, portrait d’un monde qui ne cherche pas la réconciliation, mais la conservation de son esprit de clan pour garder, en fin de compte, le succès et l’argent. La France d’en bas ? Des cons, des racistes, des bouseux, des passionnés de trucs pourris dont on se moque parce que ça fait de l’audience — parce que c’est l’audience ! La comédie elle-même se fout d’être parfois d’une lourdeur incroyable (Cornillac et les chambres pour handicapés,

Continuer à lire

Requiem pour une tueuse

ECRANS | De Jérôme Le Gris (Fr, 1h31) avec Mélanie Laurent, Clovis Cornillac…

Christophe Chabert | Mercredi 16 février 2011

Requiem pour une tueuse

Classique instantané du nanar, "Requiem pour une tueuse" est un film héroïque. Dès les cinq premières minutes, rien n’y est crédible, et tout y est risible : la perruque blonde de Mélanie Laurent, les lunettes rondes de Tchéky Karyo, la guitare du super-espion Cornillac, la tronche du jardinier… Ce Nikita new-look est en fait le thriller le plus cheap et neurasthénique jamais tourné : passée l’intro, l’action ne sort plus d’un château en Suisse dans lequel on a construit au sous-sol un théâtre à l’italienne (félicitations à l’architecte) pour y organiser un festival de musique lyrique. Du coup, les personnages se courent après dans les couloirs et dans les jardins pendant une heure vingt. Avec le même scénario, les mêmes dialogues, des acteurs un peu plus âgés et Pascal Thomas derrière la caméra, il y avait matière à une comédie old school plaisante. Jérôme Le Gris, lui, a choisi de prendre tout cela au sérieux, et c’est encore plus fendard, comme un remake sérieux des "Barbouzes" (Karyo et son bonnet en laine grise ressemble d’ailleurs furieusement à Francis Blanche). Un joyeux naufrage à consommer sans modération, à l’image de la scène déjà culte du vin empoisonné.Christ

Continuer à lire

600 kilos d’or pur

ECRANS | D’Éric Besnard (Fr, 1h40) avec Clovis Cornillac, Audrey Dana, Patrick Chesnais…

Christophe Chabert | Mercredi 7 juillet 2010

600 kilos d’or pur

Une immense frustration gagne le spectateur devant ce "600 kilos d’or pur", tant le film sur l’écran est le compromis manifeste entre deux visions absolument contradictoires : d’un côté, l’envie de faire un film d’aventures noir et désespéré, quelque chose entre "Le Trésor de la Sierra Madre" et "Le Convoi de la peur" (plus que l’original de Clouzot, c’est bien le remake de Friedkin auquel on pense). De l’autre, les exigences des coproducteurs et du prime-time télé : casting bankable, scènes d’action hors sujet et violence reléguée dans un hors champ systématique et ridicule. Éric Besnard, co-scénariste de Boukhrief et réalisateur du déjà très «TF1» "Cash", a visiblement dû courber l’échine de ses ambitions pour mener son projet à bien. C’est d’autant plus étrange que le producteur du film, Mandarin, a démontré avec les "OSS 117" et bientôt avec le formidable "Potiche" de François Ozon, qu’il savait secouer la monotonie du cinéma français mainstream avec des films populaires et rentre-dedans… CC

Continuer à lire

L’Amour c’est mieux à deux

ECRANS | De Dominique Farrugia et Arnaud Lemort (Fr, 1h30) avec Clovis Cornillac, Virginie Efira, Manu Payet…

Christophe Chabert | Vendredi 30 avril 2010

L’Amour c’est mieux à deux

Sous ses allures de comédie romantique à l’anglaise, ce sinistre sous-produit n’est en fait qu’un vaudeville relooké qui ne cache guère sa nature rance et sa beaufitude satisfaite. Si le nom du comique sarkoziste Farrugia figure sur l’affiche comme co-réalisateur, c’est bien l’imbitable Franck Dubosc qui est à l’origine du désastre, auteur d’un scénario où figurent des dialogues aussi fins que «Je m’appelle Ariel et je suis homo», ou une scène pathétique de chat dont le quiproquo repose sur une faute de frappe autour du mot «col». Niveau réalisation, on a droit à des clips réguliers censés résumer l’action et qui ne font, prouesse, que la ralentir encore. Enfin, un mot sur Virginie Efira : pendant que ses deux collègues cabotinent à outrance, elle se contente de débiter son texte sans aucune conviction, comme si elle passait des essais pour le rôle. On la préférait dans la Nouvelle Star ! CC

Continuer à lire

La Sainte-Victoire

ECRANS | De François Favrat (Fr, 1h45) avec Clovis Cornillac, Christian Clavier…

Christophe Chabert | Mercredi 25 novembre 2009

La Sainte-Victoire

Xavier Alvarez, jeune architecte venu des quartiers pauvres d’Aix-en-Provence, rêve de franchir un palier social en obtenant de gros marchés publics. Sa rencontre avec Vincent Cluzel, aspirant à la députation, pourrait être la voie royale vers la réussite. Une chose fait d’abord rire jaune dans ce polar politique pépère : Christian Clavier y incarne un homme politique intègre qui se refuse au renvoi d’ascenseur. Après l’affaire de la villa corse, libre à chacun d’interpréter la chose comme du cynisme absolu ou une forme de mauvaise conscience. Cela dit, il faut le souligner, Clavier est très bon dans le film ; il est même le seul à donner du crédit à son rôle, tandis que tout le reste en manque cruellement. Le scénario a sans doute subi de grosses coupes pour rentrer dans le format du prime time, et le film est plus bordélique que touffu. Sans parler de la réalisation, frénétique jusqu’à l’absurde avec ses zooms de recadrage en ouverture de séquence ! Le plantage est presque total puisque cette quête aveuglée d’embourgeoisement se conclut sur une morale «rassurante», mais en fait très ambiguë : une femme, une maison, un enfant, n’est-ce pas avoir déjà deux pieds dans le ciment bour

Continuer à lire

Bellamy

ECRANS | De Claude Chabrol (Fr, 1h50) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin…

Christophe Chabert | Vendredi 20 février 2009

Bellamy

«Terminus en gare de Sète» : dans un raccourci rigolard, Claude Chabrol commence son dernier film par une fin funeste, cadrant dans un panoramique la tombe de Georges Brassens et une voiture calcinée en bord de mer, son conducteur décapité à ses côtés. Quelques minutes plus tard, l’apparition du commissaire Bellamy, plus pépère que Navarro et Derrick réunis, laisse entendre que le polar promis sera remis à un autre film. Il y a bien un crime, mais l’assassin, joué par un Jacques Gamblin guignolesque et inspiré, avoue tout de suite, et la vague enquête se traîne entre un repas sardonique chez un couple gay et une querelle entre époux à la maison. Il faut donc regarder ailleurs, vers la relation entre Bellamy et son demi-frère Jacques (Clovis Cornillac, en grande forme), faite de rivalité, de jalousie, de remords et de regrets. Dans ce drôle de film anti-dramatique, au sens où tout événement est noyé dans un quotidien terne et morne, Chabrol suggère au spectateur que l’homme est ainsi fait qu’il ne s’intéresse qu’à l’anecdotique et loupe ce qui dans une vie en constitue l’essentiel. Bellamy préfère la souffrance du criminel à celle de ce frère paumé, son rôle de flic à son rôle de ch

Continuer à lire

Faubourg 36

ECRANS | de Christophe Barratier (Fr-All, 2h) avec Gérard Jugnot, Kad Merad, Clovis Cornillac…

Christophe Chabert | Vendredi 12 septembre 2008

Faubourg 36

Sortir du succès des Choristes et de sa réputation de film nostalgique de la vieille école d’avant-guerre était un challenge. Christophe Barratier a choisi d’ignorer tout cela et signe avec Faubourg 36 un deuxième long pas mal du tout, sincère jusque dans ses défauts, loin d’un quelconque plan de carrière. En 1936 dans un faubourg parisien où pullulent les cabarets peuplés de chansonniers déjà ringards, Le Chansonia, repris par son régisseur Pigoil (Jugnot dans son registre préféré de Français poissard, picoleur et terriblement humain), est au bord de la ruine, et le gangster fascisant Galapiat n’attend qu’une occasion pour récupérer les murs. Dans ce Paris du Front Populaire reconstitué à Prague par Barratier, on croise un pseudo Gabin coco (Cornillac, très bien), un imitateur dénué de talent (Kad Merad, parfait), un vieil ermite mythique (normal, c’est Pierre Richard) et une jolie chanteuse avec un grand cœur (Nora Arnezeder, une révélation qui ne tient pas toutes ses promesses). Si nostalgie il y a, c’est donc plus pour les images du cinéma français, tendance Prévert-Carné-Duvivier, que pour l’époque, dont Barratier prend soin de montrer la n

Continuer à lire

Le Nouveau Protocole

ECRANS | de Thomas Vincent (Fr, 1h30) avec Clovis Cornillac, Marie-Josée Croze…

Dorotée Aznar | Mercredi 12 mars 2008

Le Nouveau Protocole

Déjà réalisateur d’un éprouvant Je suis un assassin il y a deux ans, Thomas Vincent poursuit dans le cinéma de genre avec ce thriller politique qu’on pourrait résumer par «Michael Clayon rencontre le Constant Gardener». Soit une fiction parano où un bûcheron découvre que son fils a peut-être été victime d’une expérimentation pharmaceutique qui a mal tourné. Le «peut-être» est important, car il résume l’ambiguïté voulue par Vincent et son co-scénariste Eric Besnard. Et là, catastrophe : c’est le personnage de passionaria altermondialiste incarnée par la pourtant géniale Marie-Josée Croze qui doit, par son jeu illuminé, faire passer la pilule. Mais ses dialogues sont si grotesques, les situations si mal tournées (la grande révélation explosive se fait au coin d’un zinc, en plein jour, au milieu des clients !) que le film s’effondre instantanément. Et la capacité de Cornillac à jouer les héros badass, certifiée, n’empêche pas Le Nouveau Protocole de virer au grand n’importe quoi, convoquant le fantôme d’Henri Verneuil pour mieux plomber la perspective d’un cinoche populaire et engagé made in France. Un authentique gâchis… CC

Continuer à lire

Astérix aux jeux Olympiques

ECRANS | De Thomas Langmann et Frédéric Forestier (Fr-All-Esp-It, 1h55) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Alain Delon, Benoît Poelvoorde...

Christophe Chabert | Mercredi 6 février 2008

Astérix aux jeux Olympiques

L'échec artistique de ce troisième Astérix, patent et douloureux, peut se résumer facilement. Le projet de blockbuster paneuropéen de Thomas Langmann voulait fédérer les talents de chaque pays coproducteur. Des talents, il y en a (Depardieu, Poelvoorde, Delon, Cornillac, Astier, Segura, Garcia...), mais chacun est réduit à jouer sa partition en solo, souvent dans le registre qu'on lui connaît déjà. Ni le scénario, basique, ni la réalisation, occupée à justifier le budget du film, n'assure le liant. Langmann tenait aussi à se démarquer de la vision donnée par Chabat dans le précédent volet, jugé trop «Canal». Pourtant, dès le monologue de Delon, ce que l'on voit à l'écran, c'est un immense acteur en train de jouer en live son guignol. Rupture tranquille, donc, qui au fil du film se déporte de la chaîne cryptée vers TF1, avec la sainte trinité variétoche/comédie populaire/sport en ligne de mire. Sur le modèle des superproductions américaines formatées, Astérix aux jeux Olympiques ne repose que sur des équations marketing hasardeuses où chaque séquence est supposée répondre aux attentes d'une catégorie de spectateurs. C'est l'aveu terrible des 15 dernières minutes où il n'

Continuer à lire