L'espion qui venait de l'asile : "Le Lion"

Comédie | Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s’est vu confier le cas de Léo Milan, “le Lion”, un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d’aider son toubib, à condition qu’il le fasse évader…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Photo : © Jean-Marie Leroy


Inépuisable mais loin d'être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d'allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d'adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête (compte à rebours, poursuite, fuite, etc.). Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l'association fonctionne entre Dany Boon — de plus en plus attiré par les emplois physiques — et Philippe Katerine, qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire.

Cavale burlesque autant que film d'action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la hauteur de celle du Zidi de La Totale, auquel Le Lion renvoie également — et qui, on s'en souvient, inspira True Lies à James Cameron. Chat le fait.

Le Lion
Un film de Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra…


Le lion

De Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra...

De Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra...

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Pour l’aider à retrouver sa fiancée disparue, Romain, médecin en hôpital psychiatrique n’a d’autre choix que de faire évader l’un de ses patients Léo Milan, qui prétend être un agent secret. Mais Romain n’est pas tout à fait sûr d’avoir fait le bon choix, Léo, dit « Le Lion », est-il vraiment un agent secret ou simplement un gros mytho ?


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Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Nuits de Fourvière | À l'approche du printemps tombe le programme de l'été, du moins du côté de Fourvière dont les Nuits vont une fois de plus occuper nos soirées de juin et juillet. Revue d'effectif du casting musical de cette édition 2020, toujours enrichi du programme parallèle des Salons de musique.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2020

Liam Gallagher, Thom Yorke et Woodkid seront à Fourvière cet été

Passer aux Salons Commençons par Les Salons de musique des Nuits, cette extension intimiste et indoor des Nuits de Fourvière chargée de proposer une sorte de contre-programmation. La chose débutera avec un énième projet de l'intenable saxophoniste Thomas de Pourquery : Von Pourquery accompagné de chœurs du Conservatoire à Rayonnement Régional (2 juillet). Suivront le trio de multi-instrumentistes Bernard Lubat, André Minvielle et Fabrice Vieira (3 juillet), le Valetti Quintetto (5 juillet) formé par le même Minvielle, Raphaël Imbert, Beer-Demander et Serge Valtetti à la création et production ; un hommage à Henri Crolla, sorte de Django Reinhardt napolitain avec Dominic Cravic, concert suivi du film Le Bonheur est pour demain avec Crolla et Higelin (7 juillet) ; le spectacle Si oui, oui, Si non, non, où le jazz rock d'Albert Marcoeur rencontre les appétences contempora

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"Le Lion" à Lyon (et Dany Boon, et Philippe Katerine aussi)

Avant-Première | Grand classique de la comédie française d’aventures, le buddy movie porte parfois un nom d’animal : La Chèvre, Le Jaguar, Le Poulpe, L’Ours… À cette (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Grand classique de la comédie française d’aventures, le buddy movie porte parfois un nom d’animal : La Chèvre, Le Jaguar, Le Poulpe, L’Ours… À cette ménagerie il faut désormais ajouter un nouveau membre, Le Lion de Ludovic Colbeau-Justin, où Dany Boon et l’ubiquiste Philippe Katerine doivent sans doute découvrir qu’ils sont félins pour l’autre. Quoi qu’il en soit, l’équipe sera présente pour l’avant-première… à Lyon. Le Lion Au Pathé Vaise ​le mercredi 15 janvier à 21h

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Katerine à confesse

Pop | Retour en forme olympique d'un très grand Katerine, livrant avec Confessions sa complexité évangélique comme on s'offre entièrement. Le Transbordeur est promis à la renverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 10 décembre 2019

Katerine à confesse

Allez donc le choper, le Katerine : réalisateur what the fuck (Peau de cochon) ; clown chez Gilles Lellouche et Éric Judor, panouillant chez Claire Denis ou Jonathan Demme ; ancien roi confidentiel de l'easy-listening intronisé mangeur de banane ; chevauchant de concert avec Arielle Dombasle et Alkpote, The Herbaliser et Pink Martini ; reprenant Mélissa sur l'album de duos de Juju Clerc

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Du plomb à la patte : "Le Dindon"

Comédie | Séducteur impénitent, Pontagnac suit chez elle Victoire qu’il aimerait mettre dans son lit, ignorant qu’elle est l’épouse de son ami Vatelin. Quand celui-ci apparaît, il faut composer. Encore plus quand un autre soupirant de Victoire débarque. Et davantage à l’irruption de Mme Pontagnac…

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Du plomb à la patte :

Transposer une pièce de Feydau : pourquoi pas ? La situer au début des années 1960 : l’idée se défend, révélant à quel point les codes de la bourgeoisie patriarcale ont peu évolué jusqu’au schisme sociétal de 68. Reste la question de l’adaptation… C’est-à-dire pas uniquement un ripolinage cosmétique visant à “actualiser“ ici quelques répliques, là du décor, ailleurs des situations ou des personnages ; juste rendre le matériau compatible avec les contraintes propres à l’écran. Bien sûr, il ne faut pas attendre d’un vaudeville sa métamorphose en fresque de David Lean (ce serait un contresens stupide), mais à tout le moins qu’il trouve une équivalence dans sa mécanique rythmique. Ici, seul le deuxième acte parvient à s’abstraire de la langue pour donner vie aux corps en osant burlesque et absurde : le premier reste prisonnier d’une exposition laborieuse et le troisième d’un dénouement mollasson. Dommage, car le générique vitaminé laisser espérer mieux. Le Dindon Un film de Jalil Lespert (Fr, 1h25) avec Dany Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol…

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Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Yves | Quand le cinéaste montre le frigo qui fait du rap, le spectateur peut rire mais aussi s’inquiéter. Benoît Forgeard grime en comédie ses inquiétude devant l’avénement des intelligences artificielles destinées aux consommateurs superficiels.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Benoît Forgeard : « à force de laisser entrer les IA dans le quotidien, il va devenir de difficile de leur résister »

Après Gaz de France, vous continuez avec un scénario racontant une sorte de fin de monde… Benoît Forgeard : Oui c’est vrai : c’est ça la définition d’apocalypse d’ailleurs : pas forcément la destruction de la planète, plutôt le début d’un nouveau monde. Comment Yves a-t-il germé dans votre esprit ? Pendant plusieurs années, je faisais des pitchs de films imaginaires pour la revue So Film, et j’avais pour habitude de les écrire de façon assez poétique, sans trop me soucier de leur faisabilité. Là, j’étais allé à une conférence sur la domotique au Collège de France ; un spécialiste parlait des IA domestiques qui allaient arriver dans les maisons, notamment de la voiture automatique de demain qui lorsqu’elle percevra l’abaissement de vos paupières, prendra le contrôle du véhicule, se mettra sur le côté et appellera un proche (rires). Quand j’ai entendu ça, je me suis dit qu’il y avait une possibilité de faire une comédie : le potentiel burlesque est important dans cette idée que les IA prennent des initiatives.

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Robot après tous : "Yves"

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Robot après tous :

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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Dany Boon ne perd pas le Nord : "La Ch’tite famille"

Comédie | de et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec également Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud…

Vincent Raymond | Mardi 27 février 2018

Dany Boon ne perd pas le Nord :

Designer star, Valentin s’est créé un passé d’orphelin par honte de sa famille nordiste prolétaire. L’irruption inopinée de celle-ci chamboule son quotidien ultra-maniaque et est la cause indirecte d’un accident le rendant amnésique mais aussi Ch’ti à nouveau. Un malheur ? Une chance. On se souvient que le précédent Dany Boon, RAID Dingue, était littéralement inégal : après un début burlesque très convenable, le film s’enlisait dans la gaudriole franchouillarde improbable à base de travestis avec accent d’Europe centrale — Clavier aurait été lapidé s’il s’était commis là-dedans. Par un effet de symétrie assez singulier, La Ch’tite famille souffre d’un commencement désastreux (sur-caricatures de bouseux du Nord et de Parisiens prétentieux, défilé de copains people, décors hurlant le studio), que rattrape une suite à dominante tendre, illuminée par Laurence Arné — dont le personnage insupportable de prime abord évolue (et c’est heureux) très favorablement. Ce retour aux basiques a tout de la piqûre de ra

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Joyeuse Nawell : "C’est tout pour moi"

Comédie | de Nawell Madani & Ludovic Colbeau-Justin (Fr, 1h43) avec Nawell Madani, François Berléand, Mimoun Benabderrahmane…

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Joyeuse Nawell :

Encore un self-biopic ?! Et d’une stand-upeuse en plus, qui malgré son jeune âge prétend nous narrer son incroyable parcours contrarié vers le succès ? En effet. Mais défiez-vous des a priori : en dépit d’un argument cousu de fil blanc et d’un charmant égocentrisme bien canalisé, Nawell signe une très agréable comédie “auto-centrée“, avec la dose de distance, de dérision et de griffures pour éviter le prospectus ou le mélo, qui de surcroît tient sur la longueur. Combien “d’épopées” d’artistes s’essoufflent après vingt minutes ayant duré sept heures ? Nawell Madani s’est certes nourrie d’épisodes réels pour construire son film. Mais la part de vécu authentique comme le contexte de la découverte de sa vis comica importent peu : l’essentiel étant que le personnage qu’elle interprète à l’écran ait une cohérence dramatique solide. Singulièrement, ce n’est pas la battante, la performeuse efficace ni la belle plante qui ressort de ce portrait, mais la candide ; la jeune femme sincère dont une meute de vautours aux aguets (escrocs et/ou confrères de la scène) profitent sans complexe.

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Variable à orageux : "Un beau soleil intérieur" de Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr, 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Variable à orageux :

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du WTF revient au face-à-face final avec Depardieu jo

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"Hibou" : le style Dupieux se devine à chaque recoin

ECRANS | Un film de & avec Ramzy Bedia (Fr, 1h23) avec également Élodie Bouchez, Etienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence, et finit par s’interroger sur sa propre existence, alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc — l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia

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Gaz de France

ECRANS | De et avec Benoît Forgeard (Fr, 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine, Alka Balbir…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Gaz de France

À l’image de son auteur-interprète Benoît Forgeard ou de son comédien principal Philippe Katerine (qui vont jusqu’à l’incarner à la ville dans leur esthétique vestimentaire et leur art de vivre kitsch-vintage), Gaz de France cultive un ton décalé épris de nonsense. Une sorte de burlesque froid et languide, dont les effets comiques naissent d’une improbable combinaison entre l’absurde, le contemplatif et le bavard musical. Pas tout à fait ratée, ni vraiment réussie, cette farce auteuriste et bariolée empruntant à la politique-(science)-fiction use de diverses stratégies pour compenser un budget qu’on suppose étriqué. Les décors, d’abord, sans doute voulus comme arty, design et épurés ; hélas, ils trahissent plutôt le carton-pâte fauché. Reste la distribution, solide, rehaussée par la présence magnétique d’Alka Balbir. Voilà en l’occurrence un procédé aussi déloyal que pervers, puisqu’il vise à obtenir notre libidineuse et concupiscente indulgence. Nous ne sommes pas dupes… *soupir*

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Supercondriaque

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec Kad Merad, Alice Pol...

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Supercondriaque

«Ne te déplaise... Je n´aime que la comédie à la française !» chantait la Ruda Salska au début du siècle, listant dans un de ces tubes festivo-lettrés dont elle avait le secret de poilantes pellicules de Pierre Richard, Philippe de Broca ou Joël Seria. A la vision du dernier méfait de Dany Boon, énième clou rouillédans le cercueil du genre, on se dit que le groupe aurait été bien en peine de l'actualiser. Rien à sauver en effet dans cette histoire d'hypocondriaque que la fille de son médecin traitant confond avec le chef d'une rébellion sévissant dans un état balkanique fictif (à ce niveau, ce n'est plus de la capillotraction, c'est du scalp à mains nues), sorte d'adaptation consensuelle et lourdement archétypale du Malade imaginaire par le prisme de La Totale. Surtout pas l'interprétation de son réalisateur : si derrière la caméra Boon se prend pour le Francis Veber de la grande époque (toute proportion gardée), il n'évoque devant, avec ses grimaces pantelantes et ses cris de trisomique mal-entendant, qu'un Michel Leeb lancé dans un numéro d'imitation de Sinok, le colosse bercé trop près du mur des Goonies. Au bout d'une heure quarant

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Eyjafjallajökull

ECRANS | D’Alexandre Coffre (Fr, 1h32) avec Dany Boon, Valérie Bonneton, Denis Ménochet…

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Eyjafjallajökull

Tel le produit d’une éruption volcanique incontrôlée, Eyjafjallajökull est un grand mixe de comédie des contraires façon Francis Veber, de comédie du remariage style Hollywood classique et de comédie cartoonesque tendance Vil Coyote. Sur le papier, un tel projet paraît enthousiasmant… Mais avec Dany Boon dans le coffre arrière — littéralement, lors d’une séquence du film — puis une main sur le volant du scénario et un œil dans le rétro de la mise en scène, c’est évidemment une toute autre affaire, chaque ingrédient venant affadir le précédent pour un résultat plutôt branlant. Cette longue scène de ménage sur les routes d’Europe n’ose jamais aller au bout de son incongruité, ramenant les écarts d’humour noir et méchant dans le giron du conformisme tout public — tout ce chambard pour un mariage ; notez l’audace. On le sait, la comédie française est à la peine depuis un bon moment ; il faut reconnaître à Alexandre Coffre le désir de lui filer un petit coup de boost. On sent hélas que les décideurs cravatés de l’entertainment hexagonal ont mis ici les deux pieds sur le frein.

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Un plan parfait

ECRANS | De Pascal Chaumeil (Fr, 1h45) avec Diane Kruger, Dany Boon…

Christophe Chabert | Mercredi 24 octobre 2012

Un plan parfait

Le navet français de cette rentrée, ce n’est ni Les Seigneurs, ni Astérix, ni Stars 80, tous échappant peu ou prou à l’infamie, mais bien ce calamiteux Plan parfait. C’est une surprise car Pascal Chaumeil avait, avec son très bon Arnacœur, su revitaliser un genre (la comédie française) en lui insufflant charme et légèreté, et en misant sur un impeccable double duo d’acteurs (Paradis / Duris et Damiens / Ferrier). Un plan parfait tente de refaire le coup mais le casting est sa faiblesse la plus criante : le tandem Kruger / Boon n’est jamais crédible, elle peu à l’aise avec des gags il est vrai éculés, lui jamais émouvant dans la partie romantique. Quant aux deux seconds rôles comiques, ils ont été confiés à des comédiens dont la médiocrité et la vulgarité p

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Repris(e) de justesse

MUSIQUES | Musique / On est tous d’accord : Philippe, le dernier album de Katerine, ce n’était vraiment pas ça. Mais avec Katerine, il y a toujours un double fond, (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Repris(e) de justesse

Musique / On est tous d’accord : Philippe, le dernier album de Katerine, ce n’était vraiment pas ça. Mais avec Katerine, il y a toujours un double fond, un train électrique qui en cache un autre (le très pop Les Créatures et son pendant lo-fi L’Homme à trois mains, le double segment Hélicoptère dans le film Peau de cochon). Donc, tandis qu’il enregistrait les vaines miniatures de Philippe, Katerine bricolait avec un groupe nommé Francis et ses peintres «52 reprises dans l’espace» de standards français, d’abord uniquement disponibles sur un site internet. L’affaire fit son petit effet car les chansons, loin de n’être que des gadgets amusants, démontraient que le garçon n’avait rien perdu de son oreille musicale. Et pourtant ! Transformer Partir un jour des 2B3, en balade mélancolique, ou À toutes les filles que j’ai aimées en morceau cool jazz à la Henry Mancini ne tombait pas sous le sens… Katerine et ses acolytes témoignent ainsi d’un génie réjouissant du contre-pied : pour Rectangle de Jacno, la mélodie au synthé originale est reprise au ukulélé, complétée par une ligne de basse, une batterie et des claquements de doigts ; à l’inverse, Un lapi

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Rien à déclarer

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h48) avec Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners…

Dorotée Aznar | Jeudi 27 janvier 2011

Rien à déclarer

Avant le succès improbable de Bienvenue chez les Ch’tis, Boon avait écrit et mis en scène le tout pourri La Maison du Bonheur, dont le tort principal était de vouloir retranscrire sans filtre l’humour boulevardier sur grand écran, le tout pour un résultat assez douloureux. Avec les Ch’tis, le comique avait affiné le trait et réussi à toucher le public français en titillant notamment ses zones érogènes régionalistes. Ce qui est foutrement révoltant avec Rien à déclarer, c’est que l’auteur qui aura su le mieux exciter les spectateurs hexagonaux ces dernières années, que Dany Boon, donc, doté du temps, du budget et de toutes les bonnes volontés nécessaires, ait volontairement choisi la voie de la facilité la plus crasse, de l’humour le plus rance, le tout sous couvert de “bonnes intentions“ soi-disant humanistes qui finissent par se retourner contre elles-mêmes – ainsi d’un final qu’on a eu beaucoup de mal à digérer, dont la moralité pourrait être “ahlala, ces racistes sont impayables“. Construit sur des ressorts comiques au mieux rebattus, au pire consternants, Rien à déclarer fait non seulement peine à voir (Bienvenue chez les Ch’tis, à côté, c’est du Lubitsch), mais confirme que

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Je suis un no man's land

ECRANS | De Thierry Jousse (Fr, 1h32) avec Philippe Katherine, Julie Depardieu…

Christophe Chabert | Mardi 18 janvier 2011

Je suis un no man's land

Grands admirateurs de l’œuvre de Luc Moullet, Thierry Jousse et Philippe Katherine lui rendent hommage avec cette comédie où Katherine, dans son propre rôle de chanteur à succès, se retrouve fictivement dans le village de son enfance et la maison de ses parents, à la faveur d’une étrange malédiction spatio-temporelle — et d’un effet spécial qui laisse songeur. Le prologue du film, catastrophique, où Judith Chemla cabotine outrageusement en vamp cherchant à coucher avec le chanteur, préfigure le ratage qui va suivre. Globalement dépourvu du moindre rythme, d’une grande platitude cinématographique (la HD n’est absolument pas maîtrisée), le film se contente de juxtaposer ses idées sans la moindre construction scénaristique, Katherine assurant un lien bien mou entre toutes les histoires (l’ancien pote aigri, l’ornithologue nocturne, le couple parental). Ce n’est ni drôle, ni mélancolique, mais ça se voudrait un peu des deux. Quant à Katherine, après son album de l’an dernier, il sape à nouveau sa crédibilité avec ce film à l’onanisme revendiqué. CC

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Spécial K

MUSIQUES | Katerine est un K à part sur la scène française. Ambigu, déjanté, farfelu, le personnage se plaît à jouer les ingénus. Mais est-il toujours aussi génial, à force de marcher en funambule sur la corde ténue qui sépare le brillant du ridicule ? Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 19 novembre 2010

Spécial K

Simplet savant ou génie déconnant ? Parangon kitsch ou pygmalion punk ? Provocation à deux balles ou prodige capital ? Le K Philippe déconcerte. Jusqu’ici, on avait toujours tenu en estime son talent délirant pour la chanson décalée, son humour singulier sur disque, sur livre et au cinéma (Peau de cochon), son sens unique de l’absurde et de l’autodérision… Autant de miroirs à peine déformants tendus sur la société pour en railler les déraillements. Mais en déboulant à la rentrée avec un neuvième album qui se vautre dans la régression, la grossièreté et le déblatérage d’onomatopées, Philippe Katerine nous a laissés perplexes comme une baleine devant une banane. OK, à première écoute, on s’est marré comme le cétacé en découvrant ses phrases choc balancées à la raie publique («Liberté mon cul, fraternité mon cul…»), ses chansons bien crues pour bien dire que notre monde est cuit. Derrière l’insoutenable légèreté du paraître, on a vite compris que l’époux Groland use de pipi-caca pour exorciser sa colère : à n’en point douter son caprice infantile est sincère. Le problème n’est donc pas les lyrics de La Reine d’Angleterre («je vous chie à la raie»), ce sont plutôt les musiques qui cour

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Micmacs à tire-larigot

ECRANS | De Jean-Pierre Jeunet (Fr, 1h45) avec Dany Boon, Jean-Pierre Marielle, Dominique Pinon…

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

Micmacs à tire-larigot

Malgré ses évidentes qualités de fabrication, quelque chose ne tourne pas rond dans la mécanique bien huilée de Micmacs à tire-larigot. Faire une comédie des David artisans et semi-clodos contre les Goliath cravatés de l’armement n’est pas un mauvais point de départ. Le film a même, dans sa première partie, de bonnes idées visuelles, notamment dans son mélange baroque de décors allant de la ferraille rétro à la moderne boîte à cons de TF1, en passant par l’architecture soviétique et l’urbanisme vert d’un tramway contemporain. Mais tout cela donne surtout un sentiment de déjà-vu, chez Jeunet beaucoup, ailleurs un peu aussi. Le souffle romanesque qui portait 'Un long dimanche de fiançailles' (son meilleur film) laisse la place à une nouvelle galerie de trognes bricolant des inventions qui deviennent assez vite le seul carburant scénaristique du récit. Une scène pour poser les éléments et les participants à la farce à venir, une autre pour mettre le piège en place et une dernière pour le regarder se refermer ; et hop ! on recommence. Jeunet revient ainsi à la case départ, celle de Delicatessen, avec sa naïveté surjouée (Dany Boon, à ce niveau, est un pléonasme amb

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