Anne Consigny présente "Je prends ta peine"

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Photo : © Cactus Prod


Comédienne appréciée chez Desplechin ou Stéphane Brizé, Anne Consigny est devenue cinéaste à l'occasion de ce documentaire où elle raconte la naissance d'une amitié entre elle et deux femmes arméniennes qu'elle hébergeait dans des circonstances particulièrement dramatiques — l'une étant atteinte d'un cancer foudroyant. Sorti en octobre dernier dans une discrétion à la mesure de la dimension intime du sujet, Je prends ta peine poursuit son existence dans les salles lors de séances se déroulant en compagnie de sa réalisatrice. Histoire de prolonger la sensation de confidence et de respectueuse proximité.

Je prends ta peine
Au Ciné-Mourguet ​le mercredi 29 janvier à 20h et au Ciné Toboggan le vendredi 31 janvier à 20h30


Je prends ta peine

De Anne Consigny (Fr, 1h05 min)

De Anne Consigny (Fr, 1h05 min)

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Susanna débarque d’Arménie à Paris avec sa fille Narine, 26 ans, pour tenter de la soigner d’un cancer violent. Anne les reçoit. Narine survivra 5 mois. Susanna et Anne ne partagent ni la langue, ni la culture ; elles deviendront pourtant comme sœurs. En Arménien " Ça va " se dit " Tsavet tanem ", littéralement " Je prends ta peine ".


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Vacances aux bords de la mère : "Madre" de Rodrigo Sorogoyen

Thriller | D’un court-métrage multi-primé, Rodrigo Sorogoyen fait le point de départ d’un long homonyme captivant, dérangeant et violemment psychologique. Une histoire de mère orpheline et d’une ado en rupture de famille, une histoire d’amour raccommodé…

Vincent Raymond | Mercredi 22 juillet 2020

Vacances aux bords de la mère :

Dix ans après la disparition subite de son fils sur une plage des Landes, Elena a quitté l’Espagne et sa vie ancienne pour travailler dans un restaurant sur cette maudite plage. Un jour, elle aperçoit Jean, ado dont l’âge et le physique lui évoquent son enfant. Elle le suit ; il s’en rend compte… L’exercice consistant à dilater un court-métrage en un long est souvent l’apanage des débutants pour qui le format bref constitue, aux yeux des producteurs, une promesse. Mais les deux disciplines étant ontologiquement différentes — autant que le demi-fond l’est du marathon —, l’entreprise s’avère souvent un redoutable casse-gueule. Pour y échapper, certains optent pour une simple prolongation de leur court à l’instar de Xavier Legrand (avec Avant que de tout perdre, puis Jusqu’à la garde dont on connaît le double succès) ou ici Rodrigo Sor

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La pause s’impose : "7 Minuti"

Social | de Michele Placido (It-Fr-Sui, 1h28) avec Ottavia Piccolo, Anne Consigny, Clémence Poésy

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

La pause s’impose :

Dilemme pour un groupe de délégués du personnel, qui doit statuer sur l’abandon de sept minutes de pause déjeuner en échange du sauvetage de son usine. Tel est le marché pervers proposé par leur future actionnaire majoritaire. La division s’installe parmi les salariés et salariées… Mettons au crédit de Michele Placido l’idée de transposer ce fait social survenu à Yssingeaux en Italie puisque le capitalisme n’a pas de frontière, et la pertinence d’en faire un huis clos : cette situation d’un choix cornélien — face à un marché de dupes ! — renvoie à 12 hommes en colère. Les similitudes s’arrêtent là. Du fait de sérieux problèmes d’écriture, dont de grotesques effets de suspense théâtraux destinés à différer la divulgation de la fameuse mesure (on se croirait dans Le Prénom) ; à cause également de quelques personnages féminins au-delà de la caricature et d’une mise en scène contemplative là où du vif aurait été nécessaire, on s’agace au lieu de compatir. Un grand sujet potentiel, qui sans doute eût été plus à sa place sur les planches, devien

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Vous n’avez encore rien vu

ECRANS | À travers un dispositif sophistiqué mais vite répétitif, Alain Resnais interroge l’éternel retour de l’art et la disparition de ceux qui le font vivre, dans une œuvre plus mortifère que crépusculaire plombée par le texte suranné de Jean Anouilh. Fin de partie ? Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 septembre 2012

Vous n’avez encore rien vu

Depuis sa belle association avec Bacri et Jaoui, Alain Resnais semble tourner chacun de ses films comme si c’était le dernier, ou plutôt en intégrant à ses récits cette conscience du spectateur : maintenant nonagénaire, le réalisateur rédige manifestement son testament artistique. Pourtant, les relents d’angoisse qui venaient pétrifier l’hiver de Cœurs ou la fugue printanière des Herbes folles n’avaient rien de surprenants de la part d’un homme dont le premier film était un documentaire de montage sur les camps de concentration nazis… Si crépuscule il y a, c’est plutôt dans la forme des films : on avait beau parler de «légèreté» et de «fantaisie», on sentait de plus en plus que ce cinéma-là trahissait son âge. Vous n’avez encore rien vu ne laisse plus de doute : Resnais régresse ouvertement vers un temps (les années 40) où les prémisses de ce cinéma moderne dont il fût un des ambassadeurs voisinaient avec un néo-classicisme théâtral aujourd’hui poussiéreux. Retour vers le passé Il y a donc le dispositif : de

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Rapt

ECRANS | En s’appropriant avec finesse toutes les ambiguïtés d’un fait divers aux finalités troubles, Lucas Belvaux élabore un étrange objet cinématographique se jouant des notions de réalisme. François Cau

Dorotée Aznar | Lundi 16 novembre 2009

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La caméra commence par accompagner la frénésie de son personnage principal. Stanislas Graff (Yvan Attal, enfin revenu parmi nous), PDG en flirt permanent avec les plus hauts sommets de l’État, père pressé, mari évanescent, joueur compulsif, insomniaque probable. Sa course quotidienne s’arrête avec son kidnapping en pleine rue. Un processus rapide, efficace, que Lucas Belvaux filme sèchement, avant de mettre un coup de frein au rythme trépidant de sa mise en scène. Les plans conservent leur ampleur visuelle, mais resserrent les cadres, jouent à les déconstruire en brouillant les perspectives. Les premières scènes de détention, dans leur noirceur, précipitent l’empathie pour la victime avant de la remettre en question quelques scènes plus loin. Le scénario nous présente les seconds rôles méthodiquement, place ses pions et enclenche le processus de divulgations des secrets de son héros, lui fait progressivement prendre le pas sur l’issue de l’enlèvement. Et l’enquête comme les négociations avec les ravisseurs de se muer en constants jeux de dupes, filmés en prise directe avec l’action et dialogués avec une évidente précision. Fragments chronologiquesCette schizophrénie dan

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La première étoile

ECRANS | De et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr, 1h30) avec Firmine Richard, Anne Consigny…

Christophe Chabert | Vendredi 20 mars 2009

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On voit bien la stratégie à l’œuvre : sous couvert de son plébiscite au dernier Festival de L’Alpe d’Huez, d’une réinterprétation lapidaire de son postulat de départ (une famille d’origine antillaise à la montagne) sous l’angle du décalage culturel, qui se voudrait la fusion toute fantasmée entre les films des scélérats de la bande du Splendid et Bienvenue chez les Ch’tis, on tente de nous vendre la première réalisation de Lucien Jean-Baptiste comme le prochain carton annoncé de la comédie à la française. Mais ne nous y trompons pas : tout sympathique qu’il soit, l’acteur-réalisateur a grand mal à insuffler de la vigueur cinématographique à un récit balisé, convenu, truffé de blagues éculées tombant quasi systématiquement à côté de la plaque. On va encore se faire traiter de fossoyeurs du cinéma populaire français, mais on est prêt à assumer face au marasme artistique assez gênant qui se déroule devant nos yeux… François Cau

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