Décharge parentale : "10 jours sans maman"

Comédie | Excédée par la forfanterie paternaliste qu’il manifeste au logis, l’épouse du DRH d’une grande surface s’octroie dix jours de vacances seule ; charge au mari de s’occuper de la maison et des trois enfants, en plus de son travail. Bien sûr, ça ne va pas bien se passer, du moins au début…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Photo : © StudioCanal


L'une des plaies du cinéma contemporain (et tout particulièrement de la comédie française) s'appelle la bande-annonce. Consistant en un concentré de film surmonté façon clip épileptique, ce produit formaté gâche plus les effets et/ou l'histoire qu'il n'éveille la curiosité. Promesse de prévisibilité catastrophique, celle de 10 jours sans maman est l'exemple du parfait repoussoir. Sauf que… Loin d'être un chef-d'œuvre de raffinement, d'intelligence ni d'esthétique (on baigne quand même dans l'uniforme lumière fromage blanc téléfilm), le nouveau Ludovic Bernard (L'Ascension) n'est pas si épouvantable que cela. Même avec Franck Dubosc, c'est dire !

D'abord, il tient son pari d'aborder la question de la méconnaissance de la charge mentale ménagère par le biais de la comédie, il s'attaque à ce tabou existant encore autour de la question de l'apparition des règles chez les adolescentes, et en bonus ironise sur les grotesques méthodes des grosses boîtes, mixte de lean management sauvage et d'injonction à être joyeusement corporate sous la houlette de chefaillons surenchérissant dans les sanctions pour se faire bien voir des dirigeants. Bref, tout n'est pas à jeter.

10 jours sans maman
Un film de Ludovic Bernard (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David…


10 jours sans maman

De Ludovic Bernard (Fr, 1h44) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David

De Ludovic Bernard (Fr, 1h44) avec Franck Dubosc, Aure Atika, Alice David

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Antoine, DRH d'une grande enseigne de bricolage, est en passe de devenir le numéro 1 de sa boîte. C'est le moment que choisit sa femme, Isabelle, pour faire une pause et prendre l'air quelques jours pour s'occuper d'elle. Antoine se retrouve alors seul à devoir gérer la maison et leur quatre enfants. Il est vite dépassé par les événements ! 10 jours sans maman qui risquent bien de faire capoter sa nomination.


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Sandrine Bonnaire, sage femme dans "Voir le jour" de Marion Laine

Comédie Dramatique | À l’hôpital de Marseille, Jeanne est auxiliaire dans un service de maternité. Son quotidien, entre les arrivées, les départs, les naissances ; les relations tantôt coulantes, tantôt houleuses avec les collègues ou l’administration… Et puis la vie à côté, avec sa fille de 18 ans, presque autonome…

Vincent Raymond | Vendredi 28 août 2020

Sandrine Bonnaire, sage femme dans

Qu’elles soient documentaires ou fictionnelles, issues d’un long-métrage (comme Hippocrate) ou non, les séries thématiques hospitalières nous ont familiarisé depuis deux décennies avec les couloirs aseptisés et le vocabulaire spécifique ou l’adrénaline qui les parcourent. Faisant partie de la cohorte des films décalés par la pandémie, Sages femmes tombe à point nommé dans la mesure où il s’articule autour des difficultés récurrentes de fonctionnement du service : la continuité des soins, l’usure des personnels, le manque de suivi des stagiaires, les risques, la vétusté sont compensés par l’investissement surhumain des équipes plaçant leur mission au-dessus de leur vie personnelle — ce qui n’empêche pas, hélas, les fautes. L’eût-on vu avant la crise de la Covid-19 (ce qui est le cas pour le public de quelques festivals), qu’on l’eût perçu comme un signal d’alerte ; il n’en prend que plus de valeur aujourd’hui. Et puis, Marion Laine habille son tract

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Fais ce que doigts… : "Au bout des doigts"

De concert | De Ludovic Bernard (Fr, 1h45) avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Fais ce que doigts… :

Pianiste virtuose et quasi-autodidacte, Mathieu Malinski est repéré dans une gare par le directeur du Conservatoire de Paris qui veut l’intégrer à son école. Mais le jeune banlieusard est indocile, de surcroît piégé par un passif de petite délinquance. Un lent apprentissage s’engage… Massifs himalayens, gammes chromatiques… Ludovic Bernard semble affectionner tout ce qui monte. Après L’Ascension, il opte ici toutefois pour un décor plus classique — même si la trame de base reste identique : cela demeure l’histoire d’un djeun’s s’extrayant de sa banlieue au prix d’un exploit, faisant mentir conjointement le déterminisme social et les préjugés. Accessoirement, il triomphe aussi de son orgueil et de ses préjugés. Réglé comme du papier à musique, mais Jules Benchetrit a un telle mine de Rod Paradot qu’on y croirait. N’oublions pas Lambert Wilson : en Richard Descoings du Conservatoire, doté d’une faille intime mais résolu à révéler les talents d’où qu’ils proviennent, il est criant de vérité — à croire qu’il

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"L’Ascension" : La montagne, ça lui gagne

ECRANS | de Ludovic Bernard (Fr, 1h43), avec Ahmed Sylla, Alice Belaïdi, Kevin Razy…

Vincent Raymond | Mardi 24 janvier 2017

L’être humain est un animal social capable, même inconsciemment, d’empathie avec ses congénères : bâillez donc dans une rame de métro pour en avoir une preuve concrète. Ce réflexe mimétique fonctionne-t-il également avec le sourire ? Ludovic Bernard semble désirer le démontrer dans ce feel-good movie, multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Pour accroître le taux de bonnes ondes, son héros Samy — un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la Nadia dont il est épris — ne se trouve confronté qu’à de sympathiques interlocuteurs ou partenaires. Ni une brève algarade avec des Anglais pleins de bière, ni l’attitude rigide de son guide taciturne (mais protecteur vis-à-vis de ce débutant) ne peuvent passer pour de réelles adversités dans son expédition, somme toute relativement tranquille. Même s’il se défend bien question altimétrie, L’Ascension aurait pu viser plus haut encore avec un scénario plus relevé ou ayant davantage de relief. Sa for

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"Camping 3" : et Gérard Jugnot avala un spacecake

ECRANS | Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’assister à une séance de Camping 3 (pour fournir une escorte à votre coquin(e), fuir une soirée foot, assouvir un instant grégaire…) réjouissez-vous, il se peut que vous puissiez vous raccrocher à une séquence comme le naufragé à sa bouée. En l’occurrence, celle où Gérard Jugnot ingurgite un spacecake — expliquer les circonstances de l’ingestion serait fastidieux. Rentabilisant au mieux sa participation et son expérience, le comédien retrouve ses trémulations asthmatiques du buveur de liqueur d’échalote, devient hystérique comme un Félix à Noël et offre par son trip une plage de grâce dans une mer d’huile solaire. À part ce moment qui, étonnamment, échappe au cadre du camping — de là à en tirer les conclusions qui s’imposent… — rien de nouveau sous le coup de soleil ; tout le monde retourne au piquet de tente. Camping 3 de Fabien Onteniente (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Gérard Jugnot…

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Tout pour être heureux

ECRANS | de Cyril Gelblat (Fr, 1h37) avec Manu Payet, Audrey Lamy, Aure Atika, Joe Bel…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Tout pour être heureux

Ses yeux de cocker l’ont conduit à prêter sa voix au chien Bill ; sa barbe de trois jours et son poil grisonnant semblent le condamner à des emplois d’épave en rupture de famille, de copine, de boulot (mais qui arrivera bien par s’en sortir, allez) assistant à leur propre déchéance avec une fatalité lasse… Peut-être que Manu Payet devrait envisager le rasage de près pour accéder à des rôles différents, ne tournant pas autour du nombril d’un quadra bobo exprimant son ressenti de victime d’une précarité sournoise, tout ça parce qu’il a craqué le lacet de sa Stan Smith droite — sa préférée. Ce n’est en tout cas pas avec cette comédie fatiguée, espérant sans doute se parer de l’épithète “dramatique” parce qu’elle ne se boucle pas totalement en faveur du héros, qu’il sort de sa zone de confiance. Dommage pour Audrey Lamy qui, elle, arrive à faire quelque chose de son maigre personnage.

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Bis

ECRANS | De Dominique Farrugia (Fr, 1h38) avec Franck Dubosc, Kad Merad…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Bis

C’est un cas d’école : comment le succès d’un film d’auteur français — Camille redouble — conduit à un dérivé opportuniste et commercial qui en reprend exactement la même formule — ce Bis signé Dominique Farrugia. Impossible d’oublier cette donnée pendant qu’on regarde cette comédie, pourtant pas la plus nulle engendrée par le cinoche français ces derniers temps. Il y a certes les éternels jeux de mots foireux qu’affectionne l’ex-Nul et qui nous donnent plutôt envie de chialer de dépit ; et une fin d’un conservatisme tellement inouï et assumé qu’on se demande si Farrugia ne fait pas déjà campagne pour la réélection de Sarkozy en 2017. Ceci mis à part, dans le foutoir ambiant, il y a quelques bonnes idées, notamment celle qui montre ces deux vieux-jeunes tenter de convaincre la secrétaire de Claude Berri de produire les futurs succès du box office hexagonal. Voir Kad Merad voler l’idée des Ch’tis à Dany Boon est assez amusant, mais la réaction sceptique de la secrétaire l’est plus encore, venant corroborer l’idée qu’un succès est avant to

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Barbecue

ECRANS | D’Éric Lavaine (Fr, h38) avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Barbecue

Le concept — une comédie avec des potes, un barbecue et Franck Dubosc — pouvait laisser penser à un ersatz de Camping ; grave erreur ! Barbecue est en fait un ersatz des Petits mouchoirs de Guillaume Canet. Même humour pas drôle entre gens riches pleins de problèmes de riches, même envie de capturer l’air du temps générationnel des gens riches, même vague suspense mélodramatique autour de la mort possible d’un des mecs riches présents sur l’écran. Et, surtout, même morale décomplexée où l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, si tu n’en as pas, ben t’es qu’un gros raté. On le sait : la comédie française vote depuis belle lurette à droite et, après tout, elle fait bien ce qu’elle veut. Mais dans ce film horriblement mal écrit au casting aussi furieusement opportuniste que totalement à côté de la plaque — exception : Florence Foresti, qui se sauve courageusement du désastre — la chose est affirmée clairement : le pauvre de la bande a un job de merde, pas de copine et est à moitié simplet. Comme disait l’autre : vive la so

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Les Seigneurs

ECRANS | D’Olivier Dahan (Fr, 1h37) avec José Garcia, Jean-Pierre Marielle, Ramzy, JoeyStarr, Gad Elmaleh, Franck Dubosc…

Christophe Chabert | Mercredi 19 septembre 2012

Les Seigneurs

Typique du cinéma industriel qui se développe en ce moment dans l’Hexagone, Les Seigneurs est avant tout un film de producteur, en l’occurrence l’ancien comédien Isaac Sharry. Olivier Dahan, certes réalisateur de La Môme mais qu’il avait tourné juste après une commande déjà bien foireuse pour Luc Besson (Les Rivières pourpres 2), ne vient donc qu’apporter sa griffe à un récit archi-calibré (en gros, un entraîneur à la dérive est engagé pour s’occuper d’une équipe de dernière zone sur l’île de Molène, Bretagne, et convainc tous ses anciens camarades de renfiler les gants pour défendre l’usine menacée de fermeture). Le problème, c’est que Dahan est plus une erreur de casting qu’un atout : il ne sait manifestement pas mettre en scène de la comédie, sinon en surdécoupant le jeu de ses comédiens ou en les cadrant large quand ils font leur numéro, et en jouant sur des effets qui rappellent rien moins que Les Fous du stade avec Les Charlots. Quant au foot, n’en parlons même pas — de toute façon, seul Carlos Reygadas a su le filmer dans

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Plan de table

ECRANS | De Christelle Raynal (Fr, 1h30) avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, Audrey Lamy…

Christophe Chabert | Mercredi 4 avril 2012

Plan de table

Dans The Player, Robert Altman montrait des producteurs capables de donner leur feu vert à n’importe quel projet, même le plus stupide, pourvu que Julia Roberts joue dedans. Vingt ans plus tard, ce n’est plus de la fiction, il semble que ce soit la même chose en France avec Franck Dubosc. Pourtant incroyablement mauvais, ce comédien qui n’a jamais réussi à comprendre qu’il n’était plus en one man show mais qu’il jouait avec d’autres acteurs sur le plateau continue donc à se commettre dans des films aberrants. Plan de table surfe donc sur tout ce qui est dans l’air (la comédie de mariage, le concept du ou bien, ou bien, la critique à peu de frais d’un matérialisme dans lequel les personnages se vautrent à longueur de temps) sans la moindre rigueur dans l’écriture ou la mise en scène. Confondant précipitation et rythme, Christelle Raynal raconte tout à 400 à l’heure, excès de vitesse dont les acteurs sont les premières victimes, condamnés à la grimace, au cabotinage ou au profil bas. Naufrage !Christophe Chabert

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier, Gérard Darmon…

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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48 heures par jour

ECRANS | de Catherine Castel (Fr, 1h29) avec Antoine de Caunes, Aure Atika, Victoria Abril…

Christophe Chabert | Mardi 27 mai 2008

48 heures par jour

Face à ce film anodin et médiocre, grande est la tentation de ressortir nos rengaines habituelles sur le délabrement de la comédie française. Mais, fin de saison oblige, la lassitude est trop forte. À la limite, relisez notre papier sur Tu peux garder un secret, dont 48 heures par jour est une version moins agressivement commerciale et misogyne. On y retrouve les mêmes travers : des mots d’auteurs lourds comme du plomb surlignés par le jeu «comédie» des acteurs, une vision désespérante du monde du travail où tout le monde est débordé mais où personne ne travaille jamais à l’écran, une empathie voulue mais introuvable pour les problèmes des gens riches, une relecture à peine dépoussiérée des clichés du vaudeville. Osons donc ici un sepuku critique : ce cinéma-là existe depuis des lustres, il a connu, selon les acteurs et les auteurs qui l’ont alimenté, des hauts (diard) et des bas (en ce moment…), mais surtout, il se contrefout de notre avis de spectateur. Autant dire qu’il n’est pas impossible qu’à l’avenir, on le laisse macérer dans son jus… CC

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Disco

ECRANS | de Fabien Onteniente (Fr, 1h43) avec Franck Dubosc, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu...

Dorotée Aznar | Mardi 25 mars 2008

Disco

Les Ch'tis peuvent dormir tranquilles... Ce n'est pas cet abominable Disco qui va leur faire de l'ombre ; au contraire, on espère que les spectateurs seront cohérents et infligeront à cette comédie cynique le camouflet commercial qu'elle mérite ! Après Camping, Onteniente et Dubosc touchent le fond : ils se débarrassent en cinq minutes de leur exposition pour s'enfoncer dans le développement fastidieux d'un scénario rachitique (un vieux beau espère gagner un concours de disco pour emmener son fils en vacances en Australie) reposant sur son seul acteur principal, qui ne joue à l'écran que de sa stupéfiante autosatisfaction. Le film s'enfonce alors dans un culte de la ringardise qui nie l'essentiel : l'esprit libertaire qui animait les années disco. Réac (la famille, l'amour, l'amitié virile contre la femme castratrice) et raciste (les Polonais en prennent pour leur grade), dialogué et filmé n'importe comment, il n'y a que deux leçons à tirer de ce nanar antipathique : même embourbé dans des projets improbables, Depardieu garde la classe. Et Le Havre, qu'Onteniente cherche pourtant à montrer comme un sommet de grisaille, est une bien belle ville ! CC

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