Alexandre Astier : « dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit »

Kaamelott Livre IV | Après une longue interruption (et avant la sortie du premier long-métrage issu de la saga), Alexandre Astier reprend la publication du texte intégral de la série "Kaamelott". La parution du "Livre IV" (aux éditions Télémaque), point d’inflexion dramatique et formel de son épopée arthurienne, est l’occasion d’une conversation édifiante avec l’auteur-interprète sur, notamment, son approche de l’écriture — du cambouis de la structure à la haute couture brodée main pour les acteurs —, mais aussi de battre en brèche certaines légendes. Trois cors, c’est parti…

Vincent Raymond | Jeudi 16 juillet 2020

L'édition d'un scénario reste une sorte de paradoxe dans la mesure où il s'agit d'un “texte en bleu de travail“, un objet théoriquement invisible car il est en permanence contredit ou confirmé par le tournage. S'agit-il alors d'un témoin, d'un ouvrage de référence permettant des études comparées avec ce qui a été filmé, d'un outil pour d'autres comédiens ?
Alexandre Astier : C'est difficile à dire. On pourrait même partir du principe qu'il ne devrait pas exister. Sur les gros films, les scénarii sont confidentiels, watermarkés, tout le monde y fait attention. Ceux des séries, c'est autre chose : tu en retrouves par terre à la cantine ; c'est un tel flux d'apports nouveaux que tu en balayes ! À l'époque de Kaamelott la série, on vivait très clairement dans le papier. Et la vie du scénario, c'est de mourir le soir : poubelle. D'autant que c'est un document technique ne concernant que ceux qui savent s'en servir, comme un blueprint, un plan de démontage…

Molière, que j'écoute beaucoup, avait fait promettre qu'on n'édite pas ses pièces. Et cela s'entend : ce qui compte, c'est ce qu'on en fait ; tout ce qui précède n'a a priori aucune importance — en tout cas, publique. Le truc, c'est que j'aime bien la position d'ingénieur, alors que celles soumises à l'inspiration ne me vont pas du tout. Je regrette probablement de ne pas être un mécanique, même si j'essaie de me rattraper. J'adore les outils de l'ingénieur : je fabrique mes propres ordinateurs, j'écris en Python sur des logiciels de programmeur et non de scénariste, même si je rattrape après sur InDesign parce que j'aime aussi l'ingénierie de la typographie et du lay out ; récemment, j'ai fabriqué la police de caractère du coffret de Kaamelott En fait, j'édite le plan de la fusée, parce que j'adore les plans. Je sais bien que les gens ne vont pas faire une fusée avec, mais, ça m'est propre, je trouve que le document technique est poétique.

Et puis, sortir des textes de théâtre apporte la curieuse sensation d'être transparent en disant : « ce que vous regardez, que vous aimez bien, c'est juste ça… », mais aussi et surtout « regardez comme ça a été fait sérieusement ». Ce que j'adore dans la comédie, c'est l'absurde pris au sérieux dans ses grandes largeurs. L'absurde est choyé quand on filme de la comédie. Cela peut se traduire par soixante-dix professionnels choisis pour leur grand talent prenant au sérieux un Perceval n'ayant rien compris à une situation, disant un truc absolument dingue ou complètement con.

Le bouquin montre que sous la connerie de Perceval, il y a un texte. Et que c'est au mot près, pas au hasard.

Même quand il sort des règles du jeu à la con, je tiens à montrer que la comédie est une orfèvrerie. J'y tiens, j'en suis fier et suis très admiratif de ça chez les autres, comme les Monty Python qui ont mis tout le sérieux de la comédie anglaise au service de trucs très cons. Le bouquin en est un témoin.

Il y a une sobriété évidente dans l'édition : aucune photo ni illustration ne vient “parasiter“ le texte qui apparaît donc comme nu. Est-ce un fac-similé des scénarios originaux ?
C'est une version “lecture” du scénario qui, lui, était en format A4 pour pouvoir se photocopier beaucoup et souvent — sur le film Kaamelott, on a commencé à se distribuer sur le plateau des tablettes contenant les textes ; pas à l'époque de la série. Je ne suis pas dingue du format A4 pour un scénario : les Américains ont le US Letter, beaucoup plus joli et inspirant, mais c'est très difficile d'en trouver ici. Alors pour le bouquin, j'ai fait un lay out particulier : le nom du personnage est à gauche et le dialogue suit, alors que dans notre document technique, le nom est centré pour qu'on puisse immédiatement le lire ou le surligner, avec son pavé de texte en-dessous. Là, on pourrait dire que c'est la version théâtrale, avec beaucoup de répliques par page, de changement de styles, de balises… Une version études, également.

Ma mère étant enseignante à Lyon, je me débrouille tous les ans pour aller donner un ou deux cours dans son école — je ne me fais jamais payer, comme quand j'interviens à l'École de la Cité ou à la Fémis à Paris pour dire un truc sur les métiers à des jeunes gens. Dans ces grandes salles de classe, on voit des bouquins de théâtre par terre, cornés au coin, marqués avec des trucs au milieu, qui changent de statut pour devenir des outils de travail. Certains élèves photocopient un peu, c'est pas tellement permis mais — je suis désolé de l'apprendre à nos amis éditeurs — dans les cours de théâtre, ça se fait (sourire) parce qu'il y a beaucoup de textes tout le temps et qu'on a affaire à des jeunes gens qui n'ont pas tous les moyens.

J'adore les bouquins qui prennent un autre statut, comme tous ceux qui servent à expliquer des trucs : le dernier que j'ai acheté, Pantone, le XXe siècle en couleurs, explique comment Pantone s'est mis à cataloguer les couleurs. Alors, je ne sais pas tellement si les gens s'installent pour lire du Kaamelott dans leur fauteuil, si c'est une manière de se remémorer ce qu'ils aiment bien pour ceux qui ont la référence du son en tête… Mais si jamais des gens le jouent, alors ce bouquin prend un autre statut.

Le “mot près” n'est pas si tyrannique

Dans l'entretien avec Christophe Chabert du Livre 1, vous parliez de l'importance du premier jet en écriture. Si en peinture il y a le repentir, en réalisation et montage le director's cut, est-ce qu'il reste malgré tout des ajustements d'écriture propres au scénario ?
Je pense que le cerveau parle sans traduire. C'est le bas niveau de l'ordinateur, le truc direct qu'il faut choper. Même les ingénieurs qui accordent une grande place à la technique peuvent capter la chose qui échappent à leur esprit ; ce premier truc qui vient, qui n'est pas “l'inspiration” — un mot dont je me méfie beaucoup —, plutôt une vérité sous-jacente. Il ne faut pas la pervertir ni la travestir avec des couches de technicité.

Le montage, je considère qu'il est là pour restituer la vie qui est volée au tournage, parce qu'il y a quelque chose de mort dans le tournage. Sur le banc de montage, tu as ton idée, tu en vois les bouts, mais ça reste à faire. C'est vraiment du puzzle : je fabrique des répliques avec des morceaux que je vais piquer chez l'acteur dans des prises différentes pour restituer la vie que la mécanique du tournage a ôtée au texte. Déjà, il faut faire parler les gens plus vite que dans la vie — ça se joue pas à grand chose, en nombre d'images, mais n'empêche que tu crées une vitesse un tout petit peu surnaturelle en comédie, un tout petit peu plus rapide que ce que le spectateur est capable de choper. Ce petit cran d'avance, c'est au montage qu'on l'a.

Concernant l'ajustement… La base, la matière de tout est quand même très futile quand tu arrives sur un tournage : on est au service d'un truc hyper fugace ; on pourrait ne pas le faire ça ne changerait pas la face du monde, mais on va quand même le faire — et le faire très bien. Avec Adjani pour David et Madame Hansen par exemple, tout est au service de la mayonnaise qui peut prendre ou pas avec elle ; c'est ça, ce que j'appelle les modifications du jour. À quoi ressemble la météo ? Dans quel état d'esprit est-on le matin ? De quoi a-t-on envie ? Parce que l'envie est maîtresse. On peut être au mot près avec un script, et quand même très sensible, très modifiable à ce qu'on a envie de se dire aujourd'hui. Parce que je suis quand même assez au mot près avec le texte — assez chiant avec ça — ; pourtant ça sortirait ce jour-là probablement très différemment du lendemain.

Mais ce n'est pas si figé que ça : les musiciens, dont je suis, sont à la note près : quand ils prennent une partition de Schumann, ils jouent à la note près ; pourtant, si l'on place 12 interprétations de Schumann côte-à-côte, ce n'est pas la même musique. Le “mot près” n'est pas si tyrannique : il y a une sensibilité, une disponibilité de dernière minute aux choses.

Il est quand même arrivé que je demande à Frank Pitiot de refaire une réplique dans laquelle Perceval expliquait une règle de jeu incompréhensible, jusqu'à ce que ce soit le bon mot. Mais Pitiot ne m'emmerde jamais avec ça : c'est lié à qui l'on est. Je n'aurais jamais écrit Perceval comme ça si ça n'avait pas été lui. Ça rejoint l'esprit de troupe — je déteste “l'esprit de troupe“, mais il faut quand même admettre que, si l'on prend exemple sur Molière, il écrivait pour les mecs de sa troupe et qu'il n'aurait jamais écrit les mêmes choses s'il ne savait pas qui allait les jouer. Si jamais un acteur vient me dire — ce n'est pas souvent — « cette réplique, je ne la sens pas », je n'insiste pas : on essaie deux fois et on la jette. Je l'ai écrite pour qu'il la sente. Sinon, je me suis gouré.

Il y a une dimension de “plasticité humaine”, consubstantielle à la fabrication du film…
Oui, et une notion assez coupable de plaisir, qui s'éloigne énormément de la tradition et du lexique prolétaires du travail. J'ai été élevé chez les ouvriers italiens de Gerland ; du côté de chez mon père, ses parents étaient mineurs. Pour eux, et je pense que c'est lié à la timidité de l'immigré et à sa volonté de rentrer dans le moule, le travail (et donc la paie), c'est le résultat de l'effort, de la souffrance presque. C'est très difficile pour une génération d'artistes (même si je n'aime pas le mot) de passer ce cap-là ; c'est aussi con que « t'es pas obligé de finir ton assiette ». Finir son assiette, c'est on gaspille pas, ça coûte cher de mettre de la bouffe dans une assiette et du coup, il y a plus de gros, parce que si tout le monde se posait la question « t'as encore faim » à mi-assiette, il la laisserait de côté. La culpabilité de l'assiette pleine, c'est un truc ouvrier. Le courage du travail en est un autre. On fait des métiers qui convoquent beaucoup d'argent, mais qui ne servent à rien si le plaisir et une certaine fainéantise ne sont pas au centre de toute la mécanique.

Quand j'étais chez Pathé pour David et Madame Hansen, c'était bizarre d'arriver face à une équipe très pro, très chère pour se de dire : « qu'est-ce qu'on a envie de faire ? » C'est pas ouvrier comme esprit, c'est même privilégié, enfant gâté… On était tous, Ajdani comprise, avec le décorateur, le costumier, en train de jouer. Un tournage, c'est des gamins qui ont gagné leurs galons, qui ont compris des trucs très techniques, souvent par geekerie et par plaisir, ils ne se sont pas bien forcés. Du coup, quand tu as des gamins, faut jouer ! Et c'est une notion qui n'est pas ouvrière, de jouer avec le travail. Et on gagne beaucoup d'argent si on a bien joué, si on s'est bien amusé. C'est un truc bien bizarre, tout ça.…

Alors, est-ce que le texte écrit est une manière de se dédouaner, de se disculper et de dire à mes grands-parents qui ne sont malheureusement plus là pour trois d'entre-eux : « oui oui ça a l'air con, mais regardez tout ce que j'ai écrit : j'ai travaillé. » Dans la tête de quelqu'un qui a été élevé chez les ouvriers c'est très curieux : je peux gagner en une journée l'équivalent de dix ans de leur travail, avec une journée beaucoup moins chiante qu'une journée de leur travail à eux. Il faut affirmer : mon métier, c'est de jouer, si je ne joue pas, si je ne m'amuse pas, c'est mauvais, donc il faut que j'organise mon amusement. Et tout ça passe, pour moi qui suis geek, par les choses techniques, les plans…

Vous avez attendu plusieurs années pour procéder à l'édition définitive du Livre IV. Ce temps de latence, qui s'explique par des projets très différents et périphériques à Kaamelott, vous a-t-il permis de considérer le texte avec une forme de distance ?
Une des raisons pour lesquelles la publication s'est arrêtée est que ce n'est pas parce que les textes existent déjà qu'il suffit de les foutre sur un papier pour les sortir : ça me demande beaucoup de boulot de corrections. J'ai dû fabriquer le lay out, qui est un peu particulier : il a des balises, il repère tout seul le nom du personnage, il ouvre, il met les espaces insécables ; il y a de l'automation dans ce truc-là puisque le texte n'est pas dans ce format-là. Il faut vraiment que l'ordinateur apprenne à reconnaître ce qu'il reçoit, à le classer pour comprendre ce qu'il fait et le donne autrement. Ça a été long, surtout que je faisais de petites différences entre ce qui était tourné et écrit. De temps en temps, je dis au lecteur : « c'était écrit comme ça mais on ne l'a pas fait comme ça mais je vous le laisse en l'état », parfois : « ce qu‘on devait faire et que finalement on n'a pas fait, je ne vous le laisse pas parce ce qu'on a fait, je l'ai réécrit sur un coin de table avant qu'on le fasse ». Il n'y en a pas beaucoup des trucs comme ça, mais ça demande un boulot — c'est quand même six heures de texte à chaque fois, et des mots, des mots, des mots…

Je me suis fait aider par des gens qui connaissent très bien Kaamelott, qui ont fait un pré-boulot de repérage des différences. Mais aussi de petites erreurs. Par exemple, je n'écris jamais les élisions dans les textes : je trouve ça illisible, je déteste ça. La seule chose que je m'autorise, c'est des phrases sans négation, ou en demi-négation, mais sinon je mets les mots en entier. Je sais que je ne devrais pas parce que le vrai document technique devrait indiquer quel mot je veux élider ou pas, mais je trouve ça très vilain à lire. Il a donc fallu beaucoup de boulot pour que ça finisse par être ce que c'est : il n'y a pas d'autre manière que de passer grain de riz par grain de riz. Et puis j'ai attendu beaucoup parce que j'avais pas le temps. Là, je me suis un peu réorganisé, j'ai repris le truc parce que c'est vrai que c'était con qu'il n'existe que la moitié de la série. J'ai les bons partenaires, les gens avec qui j'aime bien bosser, ça avance mieux.

Je m'occupe aussi un peu plus de ce qu'est le monde Kaamelott, des éditions… Ça m'intéresse davantage ; j'ai d'autres projets qui tournent autour : par exemple, j'aimerais sortir un petit livre de photos — j'en ai fait tous les jours sur le tournage. Le film, il ne constitue pas un reboot — je ne vais pas effrayer les gens qui attendent, mais il y a une petite renaissance. Ça fait toujours suite à tout le reste, c'est toujours la même saga, mais les formes de production ont un peu changé, on passe un cran.

Kaamelott étant un work in progress, à quel moment de l'écriture vous êtes-vous rendu compte du point d'inflexion que constituait le Livre IV, qui est celui qui fait entrer la noirceur. Est-ce une forme de libération dans la mesure où cela induit le drame, l'épique et surtout annonce une modification globale du rapport au temps ?
C'est difficile aujourd'hui de se souvenir quel est le mouvement de libération dans tout cela. Il y en a un, c'est sûr… Il y a un truc fondamental : je pense que j'ai une aversion profonde pour le divertissement, vraiment. Je déteste ce mot-là, ce qui tourne autour.

Soit on lui rend ses lettres de noblesse et je veux bien l'utiliser — OK, mais c'est quelque chose de dur à faire, de technique, qui demande beaucoup de précision et d'orfèvrerie — soit “marketingment“ on est en train de parler de divertissement et je ne veux plus tout ça. Le format court télé encourageait la “bonne humeur“. Et la “bonne humeur” est un truc que je déteste ENCORE plus que le divertissement. Je ne suis pas du tout là pour vendre de la bonne humeur, et j'en suis persuadé. Certains disent « si, quand même, on a envie de se marrer ». Je ne dis pas qu'on ne se marre pas, mais je ne suis pas là pour regarder la télé ni pour aller au cinéma, mais pour mettre un truc sur l'écran. Et pour moi, bonne humeur c'est complètement contre-productif, contre-instinctif. Il est possible que j'aie eu peur de cette troisième saison de textes courts parce que j'avais mis de la bonne humeur dedans ; je pense que déjà dans la saison trois on sent quelques bricoles qui commencent à puer ici ou là, sur le triangle amoureux. Après, la geste arthurienne contient ses propres éléments de bordel…

Ça ne finit pas très bien, déjà…
Non, de toutes façons, tout ça ne vise pas la bonne humeur, je préviens les gens (sourire) ce n'est pas le but ultime de l'affaire ! Scènes de ménages, qui a un succès fou, probablement bien supérieur à celui que j'avais, je vois bien qu'il y a un besoin de bonne humeur derrière, de comédie directe derrière. Ça m'aurait rendu malheureux comme les pierres d'être coincé là-dedans. Je le dis sincèrement, alors que ce sont des amis, que j'en ai fait un — tout va bien ! Mais cette condamnation à la “bonne humeur” me terrorise, littéralement. Alors, au bout d'un moment, je me suis dit que puisque Kaamelott était la seule chose que j'écrivais à ce moment-là, il y aurait absolument tout ce qui me passait par la tête dedans : ça allait être un terrain de jeux illimité. Alors… ça n'a pas été annoncé, mais livré, fini. Dans Kaamelott, il y a un mouvement de libération total du mec qui écrit. Un mouvement autoritaire, même : Kaamelott, c'est moi qui décide.

C'est : « je m'affranchis… »
Ah oui ! Si j'ai envie d'en faire un truc noirissime dans le dernier épisode, avec un mec qui va dans un théâtre fantôme rencontrer des mecs qui n'existent pas et le menacent de stérilité, puis que le mec ne le supporte pas, rentre chez lui, pète un plomb et se taille les veines, je le fais. Il y en a certainement qui considèrent que j'ai saboté ma série. Que j'ai tout sabordé. J'ai regardé la saison 5 récemment et je me suis dit un truc, très franchement — c'est toujours très dur de juger ce que l'on fait — je ne sais pas si c'est bon ou pas, ce n'est pas mon affaire, on peut le détester comme l'adorer ; ce qui est sûr en revanche, c'est que cette liberté-là est très rare sur une chaîne généraliste à 20h30 pour un truc qui s'appelle comédie. Ça, les gars, vous ne me le referez pas ! Je suis très fier de ce mouvement là, parce qu'il y a tout dedans — pas fier comme un con qui vient dire : « vous vouliez que je vous fasse rire ? Je vous emmerde ! », mais parce qu'il y a la psyché du mec — je ne devais pas aller très bien à l'époque — c'est présent, j'ai pas triché, il y a une signature. Si on compare à des choses à l'écriture plus collective et surveillée, là, rien n'est relu. Et ça, c'est en DVD, ça marche bien en plus. Ce mouvement de liberté-là, je suis très fier de l'avoir imprimé. Et puis il est tel quel, pas modifié.

©Fred Mortagne

À l'époque, il n'est pas en director's cut en télé parce que M6 ne pouvait pas me donner quatre soirées, il a donc été tronqué. Mais la version du DVD est intégrale, avec tout ce que je voulais y mettre, y compris les choses difficilement compréhensibles, très personnelles, très symbolisées. Du coup, la saison 4 dans le texte se finit de manière inattendue : après un baptême, un mec inconnu au bataillon arrive et sort un poème — déjà, le mode a changé… Je voulais faire dire aux gens qui regardent Kaamelott : « ah ! Il vient de se passer quelque chose » (rires). On vient de subir un virage, que ça les rende curieux de la suite, évidemment.

Et puis, c'est aussi il y a une manière de dire : « il s'agit du Roi Arthur, quand même ! C'est une saga. » Le Roi Arthur, on se le refile entre auteurs depuis… un peu moins de dix siècles, on en fait ce qu'on en veut, c'est ça qui est cool ; en revanche, on a quelques petites responsabilités…

Une injonction comme : « merci de le rendre dans l'état où vous l'avez emprunté… » ?
Oui… Non… Ce n'est même pas cela. C'est : « messieurs les auteurs, merci de vous déchirer pour Arthur, de vous ouvrir le bide et de sortir ce que vous avez dedans, parce que si c'est pour raconter des conneries, laissez ça tranquille sur son étagère. » Faut le mériter ! Moi j'ai eu la sensation très très nette que la geste arthurienne se méritait : tu racontes Arthur, eh bien tu fais aller Arthur au bout d'Arthur, c'est à dire au bout de toi-même. Normalement, un auteur, ça se confond avec son héros. Tu prends Arthur et tout ça ? Très bien ! Mais alors, tu ne te fous pas de sa gueule. Si tu loues une Ferrari, tu ne fais pas du 60, sinon tu loues autre choses (rires). Il y a une responsabilité arthurienne.

Arthur, j'y tiens énormément pour les enfants qui se sont attendris sur lui, en tant que héros de la série. Il y a message très net : on a le droit de se décourager. Je n'ai pas entendu beaucoup de films pour enfants, ni de Disney le dire. J'ai entendu des Disney dire des trucs magnifiques. Comme, par exemple, dans Mulan : « il faut mentir de temps en temps, quand c'est nécessaire ». C'est magnifique, de dire à ça à des enfants, c'est formidable ! Moi, je leur dis : « ton sac à dos peut être trop lourd pour toi, tu peux être découragé, baisser les bras, t'es quand même un héros ! » Ça, c'est mon message aux enfants de mon emprunt de la geste arthurienne, parce que c'est pour moi le public à former sur l'héroïsme.

Un héros, c'est pas ce que vous croyez ; c'est pas le mec qui est sans faille tout le long.

Moi, je vous présente un héros qui un jour a dit : « je ne veux plus, je retire pas l'épée, vous vous démerdez, moi je lis des bouquins, je reste couché, je bouffe, je grossis, j'en ai rien à foutre de vos conneries. » Parce que quand t'es un héros, ça peut être comme ça. Et un jour après, tu te relèves et ça change… C'est ça, pour moi, respecter la geste arthurienne. Mais avec du 3'30'' de “bonne humeur” et de “divertissement” tous les soirs, tu triches. Si tu fais ça, il faut inventer un autre mec, peu importe, pas besoin de prendre le vrai. Arthur, tu peux en faire ce que tu veux, c'est très large, mais tu as un petit cahier des charges…

Comment s'écrit une voix et comment faire pour qu'elle fasse entendre son timbre singulier ? À quel moment dicte-t-elle sa loi ?
J'ai l'impression qu'écrire est une envie de spectateur. Je le vois, parce qu'avec mon fils aîné, on se mate des films et du Blier à mort, et qu'il a nourri une grande admiration pour les dialogues de ce monsieur. J'éprouve un immense plaisir à regarder les acteurs chez les autres, notamment dans les Blier. Lorsque je re-regarde un Blier, une à deux fois par mois — souvent les mêmes — je ne les regarde jamais en entier : je les écoute plus que les regarde. Je me fais les textes en spectateur : c'est une nourriture formidable pour l'acteur.

Il y a un plaisir presque pervers à écrire pour les acteurs : avec quoi tu as envie de les voir se dépatouiller, qu'est-ce que tu as envie de mettre sur ton écran chez toi, avec une bonne glace, pour ton plaisir personnel. En fait — l'image est particulière — c'est comme si je tournais mes fantasmes de plumard et que je me les passais chez moi (rires).

Pour la voix, prenons l'exemple de Rollin, qui joue Loth, parce que c'est assez net dans son cas. Il est à table avec De Caunes et Alexis Hénon, il fomente je ne sais plus quoi… Quand tu écris, tu sais bien que Rollin est le seul personnage clairvoyant et intelligent de la table — les autres vont quand même un peu plus lentement. Et puis il y a une ouverture ; j'ai envie de lui faire balancer tout ça. J'adore ces personnages chez Blier qui savent ce qu'ils sont ; qui avouent qu'ils sont désolés d'être trop cons pour comprendre — c'est une intelligence. Du coup, Rollin je lui ai fait dire un truc du genre : « vous savez, si j'arrive à m'en sortir, vous je vous nomme à des postes importants. Parce que mon destin, c'est de m'entourer de nuls, de vrais nuls » (rires). J'ai juste envie d'avoir Rollin qui dit ça ; je sais comment il va le faire, c'est un truc de spectateur.

Avec Chabat, c'est pire que ça : il présente la Duchesse d'Aquitaine Géraldine Nakache et les gens sont très étonnés parce que ce n'est pas celle qu'ils connaissent, elle est beaucoup plus jeune. Alors il dit : « ah mais pardon non, vous êtes encore sur l'ancienne, c'est la nouvelle, l'autre est morte » Du coup, il raconte un truc à la Chabat, complètement plat sans un sourire, la mort de son ex-femme, comme la mort d'un chien, trop gros, obèse qui commençait à couiner et qui finit sous un meuble, qu'on commence à piquer mais qui est déjà morte (rires). C'est horrible ! Je me suis dit que j'allais le faire dire à Chabat, en plan-séquence, avec Nakache dans le champ qui n'a pas le droit de rire parce qu'elle est à côté… Ils ne pouvaient pas s'en sortir ! Putain, ça a été vraiment bon à tourner ! C'est vraiment un coup de pute, mais en réfléchissant et en parlant, je me demande si c'est pas ça écrire : des coups de pute.

Blier, cet enfoiré, quand il écrit pour Jacques François dans Les Acteurs, et qu'il lui fait dire : « j'en ai marre de jouer les hommes du monde, je veux dire bite, couille ! », c'est génial ! Et il le coince avec ça, parce que Jacques François est intimidé : en face y a du Serrault, du Dussollier, du Villeret, du Marielle… Ils sont tous là et il lui fait balancer ça, il y a un coup de pute, qu'il le mette tout seul, mais il y a un acte amoureux aussi. Je le vois comme ça. « C'est vrai que tu joues toujours les hommes du monde, allez viens ». C'est des mouvements libératoires, tout ça ! Quand Perceval va voir une prostituée — ah tiens ? Mais non, il se fait caresser la tête et explique son amour pour son roi et le fait qu'il aimerait lui faire plaisir en trouvant le Graal… Ces choses, je les écris parce que j'ai envie de les voir, de les entendre.

Alors effectivement, la voix… Je suis incapable d'écrire si je n'ai pas l'acteur qui va faire le personnage. Je suis très admiratif des gens qui y arrivent. Si je ne sais pas qui va le faire, je peux écrire un truc générique sur une envie de qui est ce mec là — et généralement je vais avoir une référence en tête, même si c'est pas lui qui finit par le faire — mais quand je sais qui c'est, c'est modifié. D'ailleurs, le Astérix-Clavier n'est pas écrit comme le Astérix-Carel : ce ne sont pas les mêmes phrases, ni le même nombre de pieds, ni les mêmes rebondissements… Parce que mon plaisir, c'est de mettre des acteurs et de me les faire dire ce que j'ai envie de les entendre dire. Je n'ai aucun plaisir à écrire un mec qui n'existe pas, en fait. Aucun.

Concrètement, plusieurs épisodes sont-ils écrits simultanément ou bien ne lâchez-vous pas une idée tant qu'elle n'a pas trouvé son aboutissement ?
Il y a des épisodes qui sont quasiment une scène à eux-seuls et d'autres qui voyagent, parfois de personnages en personnages avec des trucs parallèles. Autant que je me souvienne, j'étais déjà pas mal secondé informatiquement : j'avais un ordinateur toutes les nuits qui me disait quoi faire, qui me rappelait mes outils : quel acteur était là, combien de temps, où en était la structure, la narration, ce qui manquait, qu'est-ce qui n'avait pas pu être fait pour des raisons X ou Y. Quand je rentrais le soir, j'indiquais à cet ordinateur que tel acteur ne pouvait plus venir tel ou tel jour, que tel décor changeait, et je me retrouvais avec cet espèce de secrétaire robotique qui m'aidait beaucoup — parce que j'étais très fatigué. J'aime beaucoup ce que j'écris quand je suis fatigué ; n'empêche que je suis… fatigué ! (rires) Et si je m'endors à l'heure du tournage, je suis foutu ! Après, je dormais 2h et je me réveillais à 3h, je récrivais plus tard. Dans ma façon d'écrire, à partir du moment où je sais quoi écrire, ça ne me pose plus de problème. Si je sais qui est là et où j'en suis…

La route est déblayée ?
Oui oui : le dialogue, ce n'est plus qu'une envie de les entendre, c'est rien, ça peut être fait en pleine nuit. Je ne sais peut-être pas faire grand chose, mais ça je sais m'en sortir. Mes modèles sont des gens qui dialoguent : des Blier, des Audiard ; des gens qui font parler. Ce n'est pas ce qui me pose souci. Je suis amoureux de la structure, y compris de la structure mobile, instinctive, mais la structure ne se fait pas à 3h du mat'. Quand tu veux tendre des pièges — ce n'est que ça, la structure — il faut avoir un coup d'avance sur le spectateur. Et le coup d'avance, ça veut dire un peu d'anticipation ; sinon t'es pas armé. C'est comme si tu étais dans la jungle en train de chasser : si tu viens deux jours avant que la bestiole y soit et que tu as préparé tes trous et tes piques, tu peux t'amuser. Mais si vous êtes largués en même temps dans le terrain, va falloir y aller à mains nues — ce n'est pas que tu peux pas le faire, mais tu as moins le choix. Donc la structure, il fallait que quelqu'un s'en occupe, en l'occurrence une programmation informatique m'affranchissait de tout. Ça a permis d'optimiser la production puisque tout le monde était utilisé à son max et ça m'a beaucoup aidé.

Et pour la part écriture, les répliques en soi, je me les laisse : je ne prends jamais d'avance. Au contraire, je préfère être dans le bain pour écrire. J'aurais bien aimé le faire pour le film, mais c'était moins possible. Pourtant — je ne pense pas que tout le monde le fasse — j'ai quasiment tout réécrit le film la veille.

Parfois, je laissais parce que ça allait, ou je modifiais très peu, parfois je modifiais beaucoup avec les acteurs dont je sais qu'ils me connaissent, et qu'ils sont habitués. Je n'allais pas faire ça avec notre camarade Sting qui a un français assez chouette mais qui s'est entraîné pour dire ces choses avant. Je n'allais pas lui dire : « tiens, fais moi ça ». Quoique sur le plateau, on a quand même essayé des trucs.

Pour les gens qui ne sont pas habitués à cette façon que j'ai de faire, ça peut être très perturbant et foutre une trouille bleue à un comédien. Je sais que certains ont cette trouille de venir chez moi parce que « la légende dit qu'il donne les textes le matin, qu'il faut se démerder avec et 3-4 action ». Quand je les ai au téléphone, je leur dis « on s'en fout, c'est le matin des fois, mais on prend le temps, ça va être bien » et ceux qui viennent quand même sortent et disent « ah mais c'est super, quand est-ce que je reviens ? ». La preuve que je me goure pas trop… Mais c'est vrai qu'il y a une réputation de merde qui me colle au cul (rires). C'est dommage pour ceux qui pensent avoir une mauvaise mémoire, parce qu'ils se trompent sur eux-mêmes : il y a des textes qui se retiennent très bien quand on les écrit pour toi — des gens se sont surpris eux-mêmes. C'est plus dur d'être un acteur quand c'est un truc générique où ça pourrait être toi comme quinze autres, qui est là pour expliquer l'histoire !

Et puis j'ai trouvé des acteurs joueurs, qui veulent changer, essayer plein de trucs, capables de te prendre une réplique et puis de te la faire en bleu, en vert. Gallienne, je me suis amusé avec lui : c'est un joueur. Il est pas sur un plateau, il est au casino ou à l'Aquaboulevard (rires). Il arrive dans un très grand sérieux et un respect du texte immense mais il n'est pas là pour planter des clous : tout ce qu'il sait faire est au service du jeu. C'est une Rolls, ce mec, c'est génial. À ce niveau là, c'est super classe. Parce que des mecs qui savent pas aligner trois mots mais qui veulent s'amuser, c'est louable, mais c'est plus dangereux pour le plateau. D'autres qui savent très bien jouer mais qui ont une couche un peu figée, y en aussi malheureusement — ça n'enlève pas leur valeur, d'ailleurs. Quand tu as des mecs qui sont des Lamborghini et en même temps des pilotes chevronnés qui veulent faire les cons avec la Lamborghini, ça c'est quand même la classe…

Il faut juste empêcher les sorties de route ?
Même pas ! Avec le texte, peut-être. Mais Gallienne ne s'est jamais pointé en disant : « ça, j'arrive pas à le dire ». Encore une fois, je m'en sors bien : je l'avais bien chopé, le mec ; je n'avais jamais écrit pour lui et il a aimé faire ce qu'il fait. Les mecs ne jouent pas avec les mots. On essaie la réplique en rigolant, ou en la lançant à un mec qui est à 35 mètres même si ce n'est pas à lui qu'elle s'adresse, ou en la disant avec le sous-texte « je m'emmerde », ou le sous-texte « j'ai faim », « je veux partir », « je l'ai mal pris »… Il va se passer quelque chose ! C'est ça, jouer. C'est ce qu'il reste à un orchestre quand il chope une symphonie et que les notes et les nuances sont figées. C'est énorme, pour un orchestre quand tu réfléchis : ils devraient tous jouer la même chose. Pas du tout. Il reste tout un terrain de jeu pour les grands interprètes. C'est ça qu'on essaie de faire, cette marge d'amusement. Après, c'est bien d'avoir un Gallienne comme virtuose, un Cornillac, un Chabat — je parle des connus…

Il y a d'autres solistes et virtuoses qui le sont moins…
Absolument. Un Rollin, un Cousseau sont extraordinaires … La Dame du Lac, tu peux vraiment te marrer. Anne Girouard, qui joue mon épouse, est magnifique. Je ne sais pas si les gens nous imaginent intimes, on ne l'est pas : plutôt timides, on est très courtois l'un avec l'autre, on s'aime beaucoup. Quand on se mettait au plumard dans la série, on savait qu'on allait passer une bonne journée. Ça allait être cool, il allait y avoir des gueulantes ! Elle vient pour s'amuser, c'est ça que je cherche. Quand tu regardes Blier, qui est un modèle — pas en tout, je sais qu'on lui reproche des trucs, mais j'en ai rien à foutre…

Il est de sa génération…
Oui, il ne faut pas aller chercher des poux dans une tête qui n'est pas là pour ça. Quand tu le vois en making off, il fait gaffe à ce que la table soit bonne : faut bien bouffer, c'est des trucs qui fédèrent des potes, et les potes qu'il ne connaît pas encore. Parce qu'il est à l'affût des nouveaux — c'est con, il ne m'a jamais appelé, j'aurais adoré. Quand un mec l'intéresse, il le fait venir et il le teste. Le beau Sami Frey, il l'a quand même passé à la moulinette dans Les Acteurs avec son fauteuil roulant. Il a eu du mal à l'obtenir, mais il l'a eu ! Le mec fait ça pour s'amuser. C'est une composante de mon métier, le plaisir. Il faut finir par se le dire. Parce que sinon, on ne fait pas son boulot.

Alexandre Astier, Kaamelott, Livre IV (Editions Télémaque, 16, 50€)

Photo dans le texte © Fred Mortagne / Illustration de haut de page © Kaamelott : Livre IV, Nicolas Bory pour le coffret Kaamelott : Les Six Livres, www.virginie.fr/rough/nicolas-bory/

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Fréquentation des salles à Lyon : chronique d’un été

Cinéma | Bousculées durant l’été par de nouvelles mesures sanitaires, les salles de cinéma se sont adaptées et ont fait mieux que résister dans un contexte difficile. Au bilan, une fréquentation en hausse, des gagnants et un moral retrouvé notamment à Lyon et Grenoble.

Vincent Raymond | Vendredi 20 août 2021

Fréquentation des salles à Lyon : chronique d’un été

Revenus du diable Vauvert et de sept mois (!) de fermeture, malgré l’arsenal de mesures déployées pour préserver la sécurité de ses clients-spectateurs, et surtout l’absence de foyer de contamination avéré constaté sur leurs sites, les exploitants cinématographiques ont vécu un ascenseur émotionnel depuis leur réouverture progressive le 19 mai dernier. Soumises à des jauges variables, au couvre-feu en vigueur dans leur territoire respectif jusqu’au 20 juin, à l’inexistence d’entente et de régulation entre distributeurs (et surtout, d’arbitrage par les tutelles) quant aux sorties, les salles ont ensuite vu avec effroi resurgir la concurrence de l’été — cette envie de sortir qui supplante celle de retrouver le grand écran. Et, pis que tout, la résurgence de la pandémie assortie du variant Delta avec un cortège de nouvelles restrictions. Au programme, un énième abaissement des jauges à 50 personnes et l’instauration du passe sanitaire (ou la présentation d'un test négatif de moins de 72h) pour la clientèle âgée de plus de 18 ans à compter du mercredi 21 juillet. « On est passé sous de nouvelles fourches caudines, soupire Bernard Wolmer

Continuer à lire

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Comédie | À la fois prologue et poursuite de la série télévisée, film d’épée et de fantasy, épopée dramatique teintée de notes burlesques et d’éclats symphoniques, Kaamelott – Premier Volet marque le retour attendu de l’inclassable saga arthurienne comme celui du réalisateur Alexandre Astier. Une concrétisation artistique ouvrant sur une prometteuse trilogie.

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

“Kaamelott – Premier Volet“ de et avec Alexandre Astier : le Retour du Roi

Deux tailles, deux ambiances… La porosité est faible entre le petit et le grand écran. S’il arrive qu’un succès au cinéma trouve des prolongations en feuilletonnant à la télévision en version longue des sagas (Le Parrain, Jean de Florette/Manon des Sources) ou en donnant naissance à une déclinaison/spin off (M*A*S*H, Fame, L’Arme Fatale, Star Wars : Clone Wars, The Mandalorian…), plus rares sont les séries TV à atteindre les salles. Et encore : sous forme de reboot semi-nostagique, comme en témoignent Chapeau melon et bottes de cuir (1998), The Wild Wild West (1999), Starsky et Hutch (2004) ou The Man from U.N.C.L.E. (2015). Rares exceptions à ce jour, Espace détente (long métrage autour de Caméra café, 2005), Sex and the City (2008) ou Downtown Abbey (2019) ont poursuivi dans la foulée de leur diffusion — et avec leur distribution originale — des aventures conçues pour la récurrence télévisuelle. Mais elles ressemblaient surtout à des épisodes de luxe. Jusqu’à Kaamelott - Premier Volet, excep

Continuer à lire

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Kaamelott | Alors que sort le mercredi 21 juillet le film plus attendu de l’année, Alexandre Astier revient sur la genèse et le tournage de "Kaamelott - Premier Volet". Écriture, personnages, musique, image, distribution… L’auteur-réalisateur-compositeur-interprète aborde tous les postes et ouvre des perspectives. Attention, spoilers ! Vous viendrez pas nous dire qu’on vous aura pas prévenus !

Vincent Raymond | Jeudi 15 juillet 2021

Alexandre Astier : « vous croyiez connaître Arthur… »

Dix ans se sont écoulés entre la fin du Livre VI de la série télévisée et Kaamelott - Premier Volet. La même durée dans la fiction pour les personnages (donc l’équipe) que pour le public… Néanmoins, vous avez vécu à la fois avec et sans Arthur durant tout ce temps puisqu’il a été celui de la préparation du film… Alexandre Astier : Il y a déjà un avantage à cet arrêt : la série se termine sur un mec lui-même à l’arrêt, plus du tout concerné par ce qui se passe dans une Bretagne sur laquelle il n’a plus aucun impact, et qui erre à Rome comme un clochard. Le royaume de Logres, aux prises avec ses anciens camarades, est devenu un état dictatorial mené par un taré, dans un bain de collaboration et de résistance. Du point de vue d’Arthur, comme ça ne le concerne plus, ça aurait pu durer vingt ou trente ans. Dire « je pars ; non, je déconne, en fait je reviens », ça ne peut pas marcher ! Il faut justement que celui qui ne voudrait pas revenir soit obligé de revenir sur une seule patte. L’autre avantage concerne l’écriture. À part quelques grands traits, je ne pouvais pas s

Continuer à lire

Un jour, un des Sting

Pop | C'est en réinterprêtant ses grands hits que Sting a trouvé cette année une énième manière de se réinventer, passe-temps favori de ce chanteur en perpétuelle mue.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Un jour, un des Sting

Il serait tentant de ne voir en Sting que le dinosaure en chef de ce drôle de machin mal branlé que fut le reggae blanc, puis, en solo, une sorte de crooner tantrique et engagé (L'Amazonie, sa grande cause). Et dans les deux cas un pourvoyeur de hits FM en cascade. Mais on serait loin du compte, Gordon Sumner s'étant ensuite allègrement empifré à tous les râteliers musicaux qui ont eu l'heur de se présenter devant lui. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur lorsqu'il bifurqua vers le jazz et le r'n'b aux côtés d'Ira Coleman, Mary J. Blige ou Ibrahim Maalouf ; publia, avec le luthiste bosniaque Edin Karamazov, Songs from the Labyrinth, un album de musique baroque, reprises de chansons du XVIIe siècle britannique signées John Dowland. Pas rassasié, on le vit ensuite accoucher d'un album hommage aux ouvriers des chantiers navals de Newcastle (The Last Ship) et jouer Dionysos dans un spectacle musical de Steve Nieve.

Continuer à lire

Les Nuits de Fourvière se font jour : la programmation dévoilée

Nuits de Fourvière | Ça y est, comme disait le poète quelque chose vient de tomber et, bonne nouvelle, c'est la programmation - complète ! - des Nuits de Fourvière. Théâtre musical, opéra, danse, musiques en tous genres, entre habitués, légendes vivantes et grandes premières, la coupe estivale du Théâtre Antique est presque pleine, elle n'attend plus que son public du 1er juin au 31 juillet.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 mars 2019

Les Nuits de Fourvière se font jour : la programmation dévoilée

Attendue comme la fumée blanche du Vatican et généralement précédée de quelques confidences en avant-première quand ce n'est pas, parfois, de fuites Internet, c'est toujours à la veille du printemps que tombe la foisonnante programmation des Nuits de Fourvière. Qui, comme chaque année, pousse le spectateur amateur de théâtre musical, de danse, de cirque d'opéra ou de musique(s) en tous genres à dégainer son calendrier pour y cocher scrupuleusement les dates fatidiques à retenir et/ou à se jeter sur la billetterie en ligne, avide de nouveauté ou impatient de retrouver des artistes fidèles au festival. Des chevaux et des chiens Parmi ces fidèles justement, on retrouvera du côté des arts vivants la troupe équestre de Zingaro, délocalisée au Parc de Parilly du 14 juin au 24 juillet (ce qui laisse de la marge pour assister à la chose) avec le spectacle d'ascète et sans humain Ex Anima. Mais également Les Chiens de Navarre, au Radiant-Bellevue du 22 au 26 juin, pour une création baptisée provisoirement, Tout le mon

Continuer à lire

Transmission réussie : "Astérix - Le Secret de la Potion Magique"

Animation | Un film de Louis Clichy & Alexandre Astier (Fr, 1h25) avec les voix de Christian Clavier, Guillaume Briat, Alex Lutz…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Transmission réussie :

L’accident idiot : une branche qui rompt fait choir le druide Panoramix. Lequel y voit un signe des Dieux : penser à sa postérité et transmettre le secret de sa potion magique. Il part alors en quête d’un jeune successeur. Las ! Un confrère jaloux, le fourbe Sulfurix, a des vues sur la recette… Tombé dans la potion magique des mages Uderzo et Goscinny dès son plus jeune âge, Alexandre Astier en a gardé quelques séquelles — d’aucuns diraient même que les effets en sont permanents sur lui. Aussi n’avait-il eu guère de peine à enfiler les braies de ses aînés pour signer l’adaptation du Domaine des Dieux, où déjà affleuraient quelques velléités d’émancipation : tout en respectant le principe d’une histoire “astérixienne“, la langue et les attitudes évoluaient vers “l’astierisquien”. Entièrement original dans l’écriture, ce nouvel é

Continuer à lire

Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Astérix - Le Secret de la Potion Magique | Alexandre Astier revient sur la recette de ce nouvel opus animé de la série Astérix, dont il partage la réalisation avec Louis Clichy. Où il sera question de Uderzo, de L’Île aux enfants, de Goldorak, de Marvel, de manga et d’une note de Kaamelott… Entretien exclusif. Attention : peut contenir des traces de spoilers…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Alexandre Astier : « nos fantasmes d’enfant sont le réel matériau dans lequel on pioche »

Avec cette histoire originale, vous vous êtes retrouvé en situation d’apprenti devant obtenir la bénédiction du vénérable druide Uderzo. Au-delà de la mise en abyme, comment s’est déroulée cette transmission ? Alexandre Astier : La première fois que je lui ai présenté le pitch, il m’a dit qu’il ne pouvait pas rester un sujet fondamental qui n’aurait pas été traité en album — et ça se voyait que c’était sincère. J’avais peur du vieillissement parce qu'Astérix est un monde fixe : sans futur ni passé, ni vieillesse, ni mort, ni cheveux blancs, ni enfants pour remplacer les adultes. À chaque aventure, les personnages sont jetés dans une situation, s’en sortent et tout revient à la normale. Je crois qu’il a été touché par l’histoire. Est-ce qu’il l’a rapportée à lui ? Je n’en ai pas l’impression — je ne lui ai pas demandé. Mais je crois qu'il a voulu voir ce que ça allait donner, cette difficulté de trouver un successeur et le risque que cela comportait. En plus, Uderzo est très amoureux et

Continuer à lire

Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Avant-première | Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand (...)

Vincent Raymond | Jeudi 15 novembre 2018

Astérix - Le Secret de la potion magique, en présence d'Alexandre Astier et Louis Clichy

Sa recette confidentielle se transmet de druide en druide depuis la nuit des temps ; il se murmure pourtant qu’elle pourrait bien être dévoilée au grand public dans Astérix - Le Secret de la potion magique… Rassurez-vous ; il y a peu de chance qu’un tel sacrilège soit ainsi commis par Alexandre Astier et Louis Clichy, de retour à la barre pour ce nouvel opus animé, adapté d’un sujet original. Prévu sur les écrans gaulois le 5 décembre, ce long-métrage effectue son avant-première nationale à Lugdunum (on est capitale des Gaules ou pas ?) en présence des deux auteurs, sous la haute bienveillance de Belisama, Belenos et Toutatis, évidemment. Les bardes sont autorisés, mais muselés. Astérix - Le Secret de la potion magique Au Pathé Bellecour ​le dimanche 25 novembre à 15h20 (et aussi à 11h et 13h30 au Pathé Carré de Soie)

Continuer à lire

Au Delicatessen, c'est tous les jours l'Amérique

Barbaque | Fustigeant les nouveaux régimes alimentaires, à base de « p'tits machins tout secs » Karadoc conclue : « le gras c’est la vie ! » Saison 2, Épisode 76 de Kaamelott. Dans la série d’M6, Karadoc a un frangin : gourmand lui aussi. Si gourmandFepi qu’il vient d’ouvrir à Lyon son restaurant, dédié à la barbaque.

Adrien Simon | Mardi 3 octobre 2017

Au Delicatessen, c'est tous les jours l'Amérique

Brice Fournier est acteur : outre Kaamelott, on a pu le voir dans des longs (À l’origine de Xavier Gianolli, et en chef de cuisine dans les Saveurs du Palais) et dans des courts-métrages (Black Spirit, bientôt, dans lequel il tient le rôle principal). Pendant son temps libre, Brice est aussi restaurateur. Il a tenu un resto thaïlandais à Paris, devenu steakhouse. Le voilà qui donne de sa personne pour ce tout neuf Delicatessen. Le rapport entre sa carrière de comédien et celle d'aubergiste ? « L’envie de raconter des histoires. » Celle du Delicatessen, c’est celle de son affection pour les States, lui qui a fait ses études de commerce à New York, qui vécut un temps dans le Maryland et dont les trois enfants sont américains. Ici, Brice a « fait un melting pot de différentes choses

Continuer à lire

Justice et Sting pour les 15 ans de Musilac

Festival | Rendez-vous du 13 au 16 juillet à Aix-les-Bains (Savoie).

Sébastien Broquet | Mercredi 14 décembre 2016

Justice et Sting pour les 15 ans de Musilac

La programmation des quinze ans du festival Musilac, qui durera cette année quatre jours, continue à être dévoilée au compte-gouttes. On savait déjà pour Phoenix, Die Antwoord, Archive, The Lumineers, Calypso Rose et Vianney. Deux nouveaux noms se rajoutent. D'abord les producteurs de tubes à la pelle (D.A.N.C.E., Never Be Alone...) Justice, dont le nouvel album vient de sortir. Et le on-ne-le-présente-plus Sting. Pour savoir qui passe quel jour, c'est sur le site du festival que ça se passe.

Continuer à lire

Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

SCENES | L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année (...)

Benjamin Mialot | Lundi 2 novembre 2015

Alexandre Astier à la Halle Tony Garnier bis

L'Exoconférence connaît un tel succès que ce n'est finalement pas une, mais deux fois que son auteur et interprète la donnera à la Halle Tony Garnier l'année prochaine (le 13 et, désormais, le 14 février). Une date supplémentaire d'autant plus symbolique qu'elle marquera la centième représentation de cette très fine et très spectaculaire keynote du troisième type.

Continuer à lire

Il pleut des cordes à Guitare en scène

MUSIQUES | Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Il pleut des cordes à Guitare en scène

Pour être invité à Guitare en scène, ce n'est pas bien compliqué : il suffit d'avoir une guitare. Bon, et accessoirement de savoir en jouer excellemment. Ici, on vénère à ce point la six cordes que même quand elle n'en a que quatre, on l'aime quand même. C'est ainsi que l'on retrouvera cette année à Saint-Julien-en-Genevois des stars de la basse comme Sting – qui s'est diversifié au-delà de ce qui fut son instrument d'origine – ou le grand Marcus Miller. Mais pour les dingos de soli et de tablatures, il y a du virtuose : blues avec Sonny Landreth, le guitariste préféré d'Eric Clapton – après Eric Clapton, sans doute – rock progressif avec Steven Wilson, classic rock avec le bellâtre Aynsley Lister, "Black Keys libanais" avec The Wanton Bishops ou hard rock avec Flayed. Sans oublier bien sûr, Scorpions – inventeurs brevetés du soft hard rock. Et celui qui, pour les lecteurs de Guitare Mag, est sans doute l'un des équivalents de Dieu – après Eric Clapton, sans doute : l'Anglais Mark Knopfler,

Continuer à lire

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

Continuer à lire

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

Continuer à lire

Pas juste pour rire

SCENES | L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 janvier 2015

Pas juste pour rire

L'année café-théâtre 2014 s'est terminée sur une création hors-normes comiques de Dominic Palandri (New York Paradis). Amusant hasard : 2015 débutera sur une tentative similaire de son complice Jacques Chambon, Les Sentinelles (20 février au Karavan), une intrigante «tragédie burlesque sur l’incapacité des hommes à se reconnaître dans l’autre». Autre auteur et metteur en scène pas-que-drôle, Jocelyn Flipo présentera lui Sale mentor (à

Continuer à lire

Astier en orbite

SCENES | Avec "L’Exoconférence", Alexandre Astier s’envoie en l’air direction l’espace pour y régler la question de la vie extra-terrestre. Un spectacle évidemment drôle, mais aussi érudit, ludique et qui rappelle qu’en plus d’être un grand auteur, Astier est un comédien génial. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Astier en orbite

Ne jamais aller là où on l’attend, tel est le credo d’Alexandre Astier, à la télévision, au cinéma ou sur les planches. Après un superbe solo sur Bach (Que ma joie demeure), le voilà qui s’offre un one-man-show scientifi-comique où il s’agit, des Grecs anciens à nos jours, de s’interroger sur la possible existence d’une vie extra-terrestre. Enfin, s’interroger… Astier débarque sur le plateau un cornet de pop corn à la main, gominé et tiré à quatre épingles, prêt à délivrer sa leçon à l’assistance. Conférencier hi-tech nanti d’un ordinateur "féminin" capricieux — et hop ! voilà les sempiternels problèmes de communication chers à l’auteur qui s’invitent sur scène — et d’un écran géant sur lequel vont défiler preuves et contre-preuves des thèses qu’il avance, il ne s’embarrasse ni de débats, ni de dialectique. Fruit d’un long travail de recherches et d’entretiens, le spectacle ressemble à son personnage : à la fois sûr de son point de mire et prompt à toutes les digressions, rigoureux dans son approche scientifique

Continuer à lire

Astérix – Le Domaine des Dieux

ECRANS | Vivifiée par la verve et la rigueur de l’écriture d’Alexandre Astier et par un beau travail graphique de Louis Clichy, cette version animée des aventures d’Astérix et Obélix fait oublier les faux-pas des récentes adaptations live. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Astérix – Le Domaine des Dieux

C’est presque un effet de signature : discutant avec des sénateurs, Jules César se lance dans des métaphores animalières qu’aucun d’entre eux ne parvient à suivre. Les amateurs de Kaamelott apprécieront de retrouver dès la première séquence le goût d’Alexandre Astier pour les malentendus et les problèmes de communication qui ont fait sa marque. Le légionnaire à qui il prête sa voix doit d’ailleurs faire face à des frondes diverses où ses ordres sont constamment remis en question par la masse qui lui fait face, que ce soit ses propres troupes ou les esclaves et leur chef, très doué pour la rhétorique — géniale inversion des clichés. L’apport d’Astier — dont la quasi-acronymie avec le héros est troublante — à cette adaptation animée dont il est à la fois le scénariste et le co-réalisateur ne s’en tient pas là ; on sent chez lui un réel amour pour l’univers des irréductibles Gaulois, un plaisir enfantin à rester fidèle à l’esprit d’Uderzo et Goscinny. Cela suffit à faire la différence avec les deux derniers volets live qui couraient après

Continuer à lire

Alexandre Astier de retour au Radiant

SCENES | C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 (...)

Benjamin Mialot | Mardi 14 octobre 2014

Alexandre Astier de retour au Radiant

C'est au Radiant-Bellevue de Caluire que nous avons découverte L'Exonconférence d'Alexandre Astier. C'est au même endroit que l'on pourra la revoir les 10 et 11 février 2015 – ou à la Bourse du Travail, pour les chanceux qui ont pu obtenir des places pour les 19, 20 et 21 décembre. Profitons donc de cette bonne nouvelle pour nous replonger dans la genèse de cet impressionnant (d'érudition, d'ambition et d'aisance) seul-en-scène d'inspiration stellaire.

Continuer à lire

Astier, la tête dans les étoiles

SCENES | Assouvissant un vieux fantasme, celui de parler d’une potentielle civilisation extraterrestre, Alexandre Astier revient sur les planches après l’excellent "Que ma joie demeure" pour une "Exoconférence" mystérieuse qu’il créera au Radiant les 12 et 13 septembre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 septembre 2014

Astier, la tête dans les étoiles

Les amateurs de Kaamelott ont pu, au fil de leurs visionnages intensifs de la série, se rendre compte à quel point le sujet de la vie extraterrestre travaille son créateur Alexandre Astier. Des mystères de Stonehenge à ceux des «crop circles», ces cercles de culture parfaits et inexpliqués, des dissertations de Perceval sur les étoiles aux clins d’œil à la science-fiction américaine, l’auteur-acteur a placé des références à ce qui reste pour lui une passion de toujours : l’astronomie, l’espace et l’hypothèse, à laquelle il souscrit, d’une forme de vie sur une autre planète que la nôtre. «Je faisais partie de ceux qui étaient bouleversés par la possibilité d’une civilisation extra-terrestre concomitante à la nôtre» confesse-t-il. Après le succès de Que ma joie demeure où il incarnait Jean-Sébastien Bach, Astier a donc décidé de retrouver la scène pour cette Exoconférence dont le programme est clair : «Réglons la question de la vie extraterrestre». Il insiste : «"Réglons la question…", pas "débattons" ou "parlons-en" ou "rouvrons la question". Non

Continuer à lire

Alexandre Astier en conférence

SCENES | Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 2 avril 2014

Alexandre Astier en conférence

Après la musique baroque, qu'il décortiquait avec autant de virtuosité que de délicatesse dans Que ma joie demeure !, le créateur de Kaamelott s'intéressera cet automne à l'astronomie, le temps d'une Exoconférence qui entend rien moins que «régler la question de la vie extraterrestre». De quoi ravir les innombrables fans de son toujours très viral sketch sur la physique quantique. Ils seront tout aussi ravis d'apprendre que ce spectacle, qu'on devine comme les précédents hanté par l'idée de transmission, sera rodé au Radiant-Bellevue les 12 et 13 septembre, avant d'investir pour un mois la grande salle du Rond-Point à Paris (soit du 18 septembre au 19 octobre).

Continuer à lire

Quadrophenia, un film à la Mods

ECRANS | Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia, passionnant à (...)

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Quadrophenia, un film à la Mods

Les Who et le cinéma, pour beaucoup, c’est avant tout Tommy, opéra rock culte qui a plutôt mal vieilli. Mais c’est aussi ce Quadrophenia, passionnant à redécouvrir trente-cinq ans après sa réalisation, à la fois évocation d’une époque passée — le courant Mods, à son acmé dans les années 60 — et œuvre importante du réalisme à l’anglaise au même titre que les premiers Loach ou les téléfilms d’Alan Clarke. Jimmy, le jeune héros de Quadrophenia, tente d’échapper à sa poisse sociale — coincé entre une famille qu’il ne supporte plus et un boulot merdique — en courant après un rêve dérisoire : intégrer les Mods et leur existence sexe, drogues, rock’n’roll et scooters customisés. Frank Roddam, le réalisateur, surveillé de près par Pete Townshend et Roger Daltrey, s’autorise un grand pont entre ce courant finalement éphémère et le punk qui alors faisait figure de culture dominante dans la jeunesse anglaise. Quadrophenia n’est ainsi pas très loin de la démarche de certains cinéastes du Nouvel Hollywood : la musique entre dans le film comme dans Mean Streets

Continuer à lire

Passe ton Bach d’abord

SCENES | De la musique qu’il étudia au conservatoire et du théâtre où il fit ses armes avec ses parents, Alexandre Astier tire aujourd’hui une belle synthèse : "Que ma joie demeure", formidable solo où il se distribue dans le rôle de Jean-Sébastien Bach et revisite sous un nouveau jour ses obsessions d’auteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 17 décembre 2012

Passe ton Bach d’abord

Alexandre Astier a un don, un vrai : il a l’oreille absolue. En musique, avoir l’oreille absolue, cela signifie être capable de retranscrire une suite de notes simplement en écoutant de la musique. Jean-Sébastien Bach, qu’il incarne actuellement sur scène dans Que ma joie demeure, l’avait aussi, et Astier ne se prive pas d’y faire référence dans le spectacle. Ce don-là aurait sans doute pu lui suffire pour lui assurer une belle carrière de musicien : diplômé très jeune du conservatoire, il maîtrise de nombreux instruments — à une époque, son appartement faisait figure de home studio rempli de guitares, de percussions et de claviers — et il possède un domaine de prédilection, le jazz-rock, où il officie avec son instrument fétiche, la basse électrique. Mais l’oreille absolue d’Astier a trouvé un singulier prolongement avec son autre casquette, celle d’auteur-acteur-réalisateur. En effet, il a cette capacité, pour le coup peu scientifique mais avérée à l’usage, d’entendre jouer un comédien et de détecter immédiatement son registre idéal au point de pouvoir lui écrire une partition sur mesure qu’il n’aura ensuite aucun mal à exécuter. C’est pourquoi Astier

Continuer à lire

Date supplémentaire pour Alexandre Astier

SCENES | Une représentation supplémentaire de "Que ma joie demeure !" vient d'être fixée au samedi 23 décembre à 16h à la Bourse du travail de Lyon. La billeterie est d'ores (...)

Christophe Chabert | Jeudi 18 octobre 2012

Date supplémentaire pour Alexandre Astier

Une représentation supplémentaire de "Que ma joie demeure !" vient d'être fixée au samedi 23 décembre à 16h à la Bourse du travail de Lyon. La billeterie est d'ores et déjà ouverte Le spectacle d'Alexandre Astier sur Jean-Sébastien Bach, créé au printemps dernier au théâtre parisien du Rond-Point, affiche déjà complet pour les dates des 21 et 22 décembre. Le 31 décembre, "Que ma joie demeure !" se jouera aussi à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne.

Continuer à lire

David et Madame Hansen

ECRANS | De la part du créateur de Kaamelott, rien ne pouvait laisser présager une entrée au cinéma aussi singulière que ce David et Madame Hansen. Loin d’exploiter un (...)

Christophe Chabert | Lundi 27 août 2012

David et Madame Hansen

De la part du créateur de Kaamelott, rien ne pouvait laisser présager une entrée au cinéma aussi singulière que ce David et Madame Hansen. Loin d’exploiter un filon, Alexandre Astier le prend à rebrousse-poil avec cette œuvre aussi mélancolique que l’automne sur le lac du Bourget, où se déroule une partie de l’action. On y voit un ergothérapeute fraîchement investi dans une clinique en Suisse (Astier lui-même, tout en retenue et chuchotements), qui doit s’occuper d’une patiente souffrant d’amnésie post-traumatique, Madame Hansen-Bergmann, qui porte sur le monde un regard imprévisible et d’une mordante lucidité. C’est le thème du film : la norme bousculée par une pathologie qui devient une forme de santé face à des êtres coincés dans leur conformisme. Astier l’aborde avec son habituelle maîtrise d’écriture, et une mise en scène d’une belle simplicité, même si elle se laisse parfois aller à quelques inutiles ralentis et fondus enchaînés. Ce qui touche dans David et Madame Hansen, c’est la manière dont Astier redouble la quête de communication entre les deux protagonistes par son propre dialogue de comédien avec une Isabelle Adjani impressionnante. Comme

Continuer à lire

Alexandre Astier au Théâtre de la Croix-Rousse

SCENES | C’est officiel : Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, viendra jouer son seul en scène sur Jean-Sébastien Bach, Que ma joie demeure, au Théâtre de la (...)

Christophe Chabert | Jeudi 1 mars 2012

Alexandre Astier au Théâtre de la Croix-Rousse

C’est officiel : Alexandre Astier, le créateur de Kaamelott, viendra jouer son seul en scène sur Jean-Sébastien Bach, Que ma joie demeure, au Théâtre de la Croix-Rousse du 12 au 26 juin. Les locations ouvriront le 4 avril…

Continuer à lire

Fait pour durer

SCENES | Acteur tout terrain depuis 18 ans au théâtre, à la télé et même chez Spielberg, Karim Demnatt revient à lui et puise dans son pays d’origine – le Maroc - une histoire intime qu’il présente à l’Espace 44, "Brûler". Portrait de ce touche-à-tout à l’énergie Duracell. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 20 janvier 2012

Fait pour durer

Première rencontre. Cette impression qui dessine les contours d’une personnalité : quelle énergie ! Quelle tchatche ! Et irrémédiablement l’envie de savoir qui se cache derrière. Au commencement, en 1974, Karim Demnatt est Karim Qayouh. Il naît en France de parents marocains venus chercher ici de meilleures conditions de vie. Maman est intendante de maison dans une grande famille autour de Roanne, papa travaille dans l’industrie automobile en banlieue parisienne. Rien ne destine Karim à passer sa vie sur les planches. Il est d’ailleurs plus pressé de pratiquer les sports de combat que d’accompagner ses copains au théâtre. C’est pour lui du haut de ses 15 ans,  «un truc de tapettes avec souliers vernissés». Mais les préjugés d’ado sont rapidement mis au placard : «Je m’approche du théâtre alors comme un animal craintif, à pas de loup comme s’il y avait un risque» et il découvre «que ça met de la beauté dans la vie, c’est comme un rapport amoureux». En route donc pour l’école de la Comédie de Saint-Etienne où il ne pense pas une seconde avoir réussi le concours d’entrée. Et pourtant si. Mais il reste à s’adapter à des gens pas comme lui, qui ne rêvaient

Continuer à lire

La petite boutique de Kaamelott

CONNAITRE | Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, (...)

| Mercredi 22 décembre 2004

La petite boutique de Kaamelott

Analyse / L'univers de Kaamelott est conforme au contexte historique dans lequel il s'inscrit. "L'action est coincée entre la chute de l'empire romain, l'avènement du christianisme, les invasions barbares, les bouleversements géopolitiques dans l'île de Bretagne, la fin des traditions celtes, la polygamie et les premiers préceptes monogames..." explique Astier. Mais, évidemment, on est loin de la vision d'un John Boorman avec Excalibur. Les personnages parlent dans une langue qui est un mélange d'argot lyonnais et de gouaille audiardienne (grande référence d'Astier), un langage "musical" que l'auteur fait littéralement chanter dans la bouche de ses acteurs. Quant à la mythologie, elle en prend aussi pour son grade : les chevaliers sont lâches, égoïstes et surtout particulièrement idiots. On retrouve là le goût d'Astier pour des personnages constamment à côté de la plaque, crétins inoffensifs dont il se moque avec une certaine tendresse, dans la lignée d'autres grands artistes du dialogue et de la caractérisation, les frères Coen. Les bases sur lesquelles la série se développe alternent trois types de sujets : "La partie professionnelle avec la vie militaire, la vie des chevaliers,

Continuer à lire

"Un terrain de jeu inépuisable"

ECRANS | Interview / Alexandre Astier, auteur, réalisateur, acteur et compositeur de la musique de Kaamelot Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Petit Bulletin : Tu as tourné cent épisodes de Kaamelott. Comment as-tu travaillé les sujets ?Alexandre Astier : Il n'y a pas d'anachronisme, il n'y a que la langue qui est actuelle, tout le reste aurait pu se passer à l'époque. Personne ne se pointe avec une montre ou un autoradio. Sur les sujets, à part ceux qui traversent les âges et les siècles, et qui n'ont pas vraiment changé, comme les histoires de possessivité sentimentale, de doute professionnel ou d'inefficacité globale, il n'y a pas de références directes à l'actualité, ça aurait enlevé de la pérennité au projet ; j'aurais l'impression de rendre anecdotique ce que je suis en train d'écrire. Comment fais-tu pour te renouveler ?Je n'écris pas pour des personnages mais pour des comédiens. Je commence par les faire parler : j'allume l'ordinateur, je leur fais dire une ou deux phrases qui finiront peut-être à la poubelle. Au bout de quelques répliques, je commence à piger ce qu'ils sont en train de dire. Je sais alors de quoi je parle. Il y a tellement de sphères de toute façon... C'est un carrefour entre le médiéval fantastique et la réalité historique. C'est inépuisable comme terrain de jeu.

Continuer à lire

Appelez-le Arthur...

CONNAITRE | Télévision / Découvert sur les planches lyonnaises avec Le Jour du Froment, Alexandre Astier donne une suite à son court-métrage Dies Irae en reprenant le créneau de Caméra Café sur M6. Kaamelott : 3 minutes 30 quotidiennes pour découvrir les dessous burlesques des Chevaliers de la Table Ronde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 22 décembre 2004

Appelez-le Arthur...

En 2002, Alexandre Astier s'offre une année faste... Alors qu'il écrit et interprète sous la direction de Jean-Christophe Hembert le formidable Jour du Froment au Théâtre de la Croix-Rousse, il prépare en parallèle un court-métrage intitulé Dies Irae. On y découvre les Chevaliers de la Table Ronde aux prises avec une réalité très quotidienne, glosant dans un langage contemporain très fleuri sur les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quête (poussive) du Graal. Une galerie de portraits croqués avec ce sens du dialogue percutant qui est déjà en train de faire la réputation d'Astier, redoublé par sa prestation en Arthur colérique, loin de la noblesse habituelle du premier Roi de Bretagne. Dies Irae confirme l'aptitude d'Astier à travailler un rythme imparable, mais aussi, plus inattendu, son œil de réalisateur, le film étant composé avec un soin inattendu pour du court métrage comique. Les ratés de la table ronde"Mon agent m'a dit que cette idée marcherait bien dans un format court, explique Astier. Je n'aurais pas couru après un truc télé parce que ce n'est pas mon monde, mais elle avait raison, ça s'y prêtait. C'est pour ça qu'on a enquillé sur des pilotes autoproduit

Continuer à lire

Magicien à tout faire

SCENES | Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, (...)

| Mercredi 15 novembre 2006

Magicien à tout faire

Portrait / C'est lui le Merlin un peu branque de la série Kaamelott. Jacques Chambon fait aussi des apparitions dans des téléfilms et, on le sait moins, il a joué pour Planchon dans une pièce produite par le TNP. En bon gymnaste, il fait surtout depuis le début de sa carrière de grands écarts entre ce qu'il ne peut pas dissocier, le café-théâtre et le théâtre classique. Il consent néanmoins à dire que les deux univers ont un manque cruel de curiosité réciproque. «Je sais depuis longtemps qu'il faut savoir faire plusieurs choses pour survivre dans ce métier». C'est pas le tout mais «faut faire croûter les enfants, et ils ont bon appétit», note-t-il au passage. Il faut tenter de vivre de cette scène «indispensable» et d'avancer dans une carrière de comédien. Pas simple. Alors plutôt que d'attendre que le théâtre institutionnel lui ouvre grand les bras, il fait son travail là où on le lui permet. «On peut faire des choses bien en café-théâtre, de la comédie intelligente, avec du fond», assure-t-il. D'autant qu'il ne joue et n'écrit pas que ça. Sa pièce Nous crions grâce écrite à partir de lettres de soldats a tiré les larmes à plus d'un spectateur. Par ailleurs, la comédie qu'il a écr

Continuer à lire

Astérix aux jeux Olympiques

ECRANS | De Thomas Langmann et Frédéric Forestier (Fr-All-Esp-It, 1h55) avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Alain Delon, Benoît Poelvoorde...

Christophe Chabert | Mercredi 6 février 2008

Astérix aux jeux Olympiques

L'échec artistique de ce troisième Astérix, patent et douloureux, peut se résumer facilement. Le projet de blockbuster paneuropéen de Thomas Langmann voulait fédérer les talents de chaque pays coproducteur. Des talents, il y en a (Depardieu, Poelvoorde, Delon, Cornillac, Astier, Segura, Garcia...), mais chacun est réduit à jouer sa partition en solo, souvent dans le registre qu'on lui connaît déjà. Ni le scénario, basique, ni la réalisation, occupée à justifier le budget du film, n'assure le liant. Langmann tenait aussi à se démarquer de la vision donnée par Chabat dans le précédent volet, jugé trop «Canal». Pourtant, dès le monologue de Delon, ce que l'on voit à l'écran, c'est un immense acteur en train de jouer en live son guignol. Rupture tranquille, donc, qui au fil du film se déporte de la chaîne cryptée vers TF1, avec la sainte trinité variétoche/comédie populaire/sport en ligne de mire. Sur le modèle des superproductions américaines formatées, Astérix aux jeux Olympiques ne repose que sur des équations marketing hasardeuses où chaque séquence est supposée répondre aux attentes d'une catégorie de spectateurs. C'est l'aveu terrible des 15 dernières minutes où il n'

Continuer à lire