Hommage à Michel Piccoli

Vincent Raymond | Vendredi 11 septembre 2020

Photo : © Lira Films


Michel Piccoli fut l'incarnation parfaite de l'homme d'âge mûr de la fin des années 1960 à l'aube du XXIe siècle ; l'alter ego des plus grands cinéastes autant qu'une conscience politique et morale. 2020 porte son deuil mais les salles du GRAC le célèbrent tout septembre à travers quatre films dissemblables mais, en définitive, complémentaires pour dessiner son portrait chinois : grave et intérieur dans Le Mépris, quadra en pleine sortie de route existentielle dans Les Choses de la vie, néo-primitif laissant libre court à son animalité dans Themroc, électron libre et fantasque d'une grande famille dans Milou en Mai… De quoi profiter encore de son rire, de ses sourcils et de ses rouflaquettes sur grand écran.


Le mépris

De Jean-Luc Godard (1963, It-Fr, 1h45) avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli...

De Jean-Luc Godard (1963, It-Fr, 1h45) avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli...

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Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme semblent former un couple uni. Un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari.


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Habemus Papam

ECRANS | Nanni Moretti invente une fiction où la fonction (papale) réveille le vague à l’âme d’un cardinal qui se rêvait comédien. Ce n’est pas une farce mais une belle comédie douce-amère avec un Michel Piccoli formidable d’évanescence. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mercredi 31 août 2011

Habemus Papam

Habemus papam débute par une collision de cérémoniaux. Il y a celui qui précède l’élection d’un nouveau pape, lui-même décomposé en plusieurs petits rituels : le défilé des cardinaux en habits se poursuit par une séance de vote où chacun d’entre eux hésite sur le nom qu’il va inscrire, puis tremble à l’idée que son voisin le désigne. Là où l’on imaginait Nanni Moretti fidèle à lui-même, sacrifiant sa mise en scène sur l’autel du sarcasme, c’est l’inverse qui se produit : on a rarement vu réalisation aussi appliquée de la part du cinéaste de Journal intime, et son humour sert pour une fois la crédibilité de la situation. Si ironie il y a, elle se fait à l’encontre de l’hystérie journalistique qui fait rage à l’extérieur du Vatican, où les télés font le pied de grue en commentant l’absence d’événement — car l’élection s’éternise. Déjà, Moretti pose le principe du film : un va-et-vient entre ce qui (ne) se passe (pas) dans les murs — urbi — et la vie qui se répand anarchiquement au-dehors — orbi. Quand Moretti, psychanalyste dans la fiction, viendra à la rescousse du nouveau Pape, submergé par la tâche qui lui incombe et incapable de l’affronter, on pense qu’il va introduire cette

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