Aime ma soeur : "Éléonore" de Amro Hamzawi

Comédie | "Éléonore" ? Désuet et dispensable, avec Nora Hamzawi.

François Cau | Vendredi 25 septembre 2020

Photo : © Ecce Films


Bavarde impénitente, gaffeuse patentée, en panne d'amour, Éléonore accepte un job alimentaire d'assistante chez un éditeur de romans érotiques. Elle va mettre le souk, mais dans l'intérêt général… Transposant son histoire pour que sa sœur Nora puisse l'interpréter, Amro Hamzawi signe une comédie sentimentale désuète pour l'export, pleine de cartes postales et de Parisiennes trop agaçantes mais sexy (ô-l'amûr-jolie-madmoizel). Hors d'âge et relativement dispensable.

Éléonore
★☆☆☆☆ Un film de Amro Hamzawi (Fr, 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond…


Eleonore

De Amro Hamzawi (Fr, 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond

De Amro Hamzawi (Fr, 1h25) avec Nora Hamzawi, Julia Faure, Dominique Reymond

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Sous la pression de sa mère et de sa sœur, Eléonore, apprentie écrivain, change de vie et devient l’assistante d’un éditeur spécialisé dans les romances érotiques.


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Pensée commune : "Alice et le maire" avec Fabrice Luchini

Comédie dramatique | Un maire à bout d’idées se régénère grâce aux perfusions intellectuelles d’une philosophe. Levant un coin du voile sur les coulisses de nos institutions, Nicolas Pariser raconte aussi l’ambition, la sujétion, le dévouement en politique, ce métier qui n’en est pas un…

Vincent Raymond | Mardi 1 octobre 2019

Pensée commune :

Usé, fatigué… vieilli ? Paul Théraneau, maire de Lyon, éprouve en tout cas un passage à vide intellectuel incitant son cabinet à recruter une jeune philosophe, Alice Heimannn, pour lui redonner des idées. Dans les arcanes du pouvoir, Alice se fait sa place et devient indispensable… L’époque impose de dénigrer les dirigeants politiques, lesquels donnent bien volontiers le bâton pour se faire battre (dans les urnes). Aussi, chaque film s’intéressant à la chose publique et révélant la réalité d’une gouvernance, loin des fantasmes et des caricatures, est salutaire. Alice et le Maire s’inscrit ainsi dans le sillage de L’Exercice de l’État (2011) de Pierre Schoeller. Sans angélisme non plus puisque les manœuvres d’appareil, les mesquineries et jalousies de cabinet ne sont pas tues — mais n’est-ce pas là le quotidien de n’importe quelle entreprise où grenouillent les ambitieux ? Ce sur quoi Pariser insiste, c’est la nécessité pour le responsable politique d’être animé par une inspiration, un souffle ; de disposer d’un socle philosophique et d’un ou une sparring partner int

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"L’Amant double" de François Ozon : maux comptent double

ECRANS | Une jeune femme perturbée découvre que son ancien psy et actuel compagnon mène une double vie. Entre fantômes et fantasmes, le nouveau François Ozon transforme ses spectateurs en voyeurs d’une œuvre de synthèse. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Mercredi 31 mai 2017

Conseillée par sa gynécologue, Chloé, une jeune femme perturbée, entame une psychanalyse auprès de Paul Meyer. Mais après plusieurs séances, la patiente et le thérapeute s’avouent leur attirance mutuelle. Le temps passe et ils s’installent ensemble. C’est alors que Chloé découvre que Paul cache d’étranges secrets intimes, dont une identité inconnue… L’an dernier sur la Croisette, c’est Elle de Verhoeven qui avait suscité une indignation demi-molle en sondant les méandres obscurs du désir féminin et en démontant sa machinerie fantasmatique — sans pleinement convaincre, pour X ou Y raison. Au tour de François Ozon de s’y employer, dans le même registre élégamment sulfureux et chico-provocateur. Car l’on sait, à force, que le réalisateur adore frayer avec les tabous, s’amusant à les titiller sans jamais outrepasser les frontières de la bienséance : courtiser le scandale est à bien des égards plus excitant (et moins compromettant) que d’a

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Nora Hamzawi au Radiant : enfin grande !

Humour | À la télévision, à la radio, dans les magazines et les librairies : Nora Hamzawi est partout. Elle est aussi et surtout sur scène, avec un spectacle qui cartonne, à voir au Radiant le 21 avril.

Gabriel Cnudde | Mardi 11 avril 2017

Nora Hamzawi au Radiant : enfin grande !

Comment expliquez-vous le succès de votre spectacle depuis 2013 ? Quand j'ai commencé, il était beaucoup plus court, il ne faisait que quarante minutes. Je m'autoproduisais à l'époque. Le spectacle a évolué. Je ne sais pas vraiment comment expliquer son succès... Moi qui suis angoissée, j'ai plutôt tendance à me dire « pourvu que ça dure ». Je suis hyper heureuse : je l'ai joué à une époque devant dix personnes... Pourquoi les gens sont au rendez-vous aujourd'hui ? Je crois qu'il y a du travail, de la chance, une question de timing. Je pense qu'il y a aussi une question de sincérité : je fais ça depuis des années, ça n'a pas toujours marché. Je pense aussi que le portrait que je dresse sur scène est celui de quelqu'un d'extrêmement normal, qui n'a pas peur de se livrer et de se tourner en dérision. C'est quelqu'un qui rassure les gens dans leur folie ou leur normalité : ils s'y retrouvent. Ce personnage que vous incarnez, c'est Nora Hamzawi ou un personnage de fiction ? Entre les deux. C'est un personnage que j'ai créé, mais il n'est pas éloigné de moi. Le quotidien de mon personnage sur scène n'est pas du tout m

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"L’Histoire d’une mère" : un enfant à la mère

ECRANS | Mère célibataire d’un petit Louis mutique, la jeune Neige vit âprement avec la revêche Héloïse — sa grand-mère aux talents de rebouteuse — dans une ferme isolée (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Mère célibataire d’un petit Louis mutique, la jeune Neige vit âprement avec la revêche Héloïse — sa grand-mère aux talents de rebouteuse — dans une ferme isolée appartenant au maire du village. Entre les deux femmes, la communication est minimale, abrupte. Et le drame couve… On ne s’étonnera pas que Sandrine Veysset ait trouvé de l’inspiration dans le conte homonyme d’Andersen, car il contient (ou appelle en écho) tous ses thèmes fétiches : l’enfance blessée — avec ses familles discontinues grevées de secrets —, la Nature — avec la ruralité, et son existence parfois spartiate —, le silence — et ses ténèbres. Mais comme tout conte, la part de fantastique est compensée par une part de merveilleux. Oh, elle est certes ténue, et repose finalement sur la foi du spectateur en la possibilité d’un miracle. Toutefois, elle s’étoffe grâce à la présence magnétique de l’excellente Lou Lesage dans son rôle d’héritière de sorcière. Sans jamais étaler de sensualité outrancièrement vénéneuse, elle envoûte une assistance le temps d’une danse fascinante. Cette magie dispensée aura, hélas pour son personnage, un prix.

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Gamines

ECRANS | D’Éléonore Faucher (Fr, 1h47) avec Amira Casar, Sylvie Testud…

Christophe Chabert | Mercredi 9 décembre 2009

Gamines

Après "Gamines" le livre, "Gamines" la pièce de théâtre, voici la déclinaison cinématographique de la vie rêvée de Sylvie Testud, avec Éléonore Faucher derrière la caméra. On n’a pas tellement envie de blâmer la réalisatrice du beau "Brodeuses" pour la médiocrité du résultat, tant on a le sentiment qu’elle honore ici une commande de l’actrice, dont le narcissisme est carrément gênant. Au présent : Sylvie Testud attend de rencontrer son père dans une chambre d’hôtel puis à l’avant-première d’un film ("Les Blessures assassines", grossièrement déguisé et dont, ça n’est pas très élégant, elle partage désormais seule l’affiche — Julie-Marie Parmentier appréciera…) ; au passé (avec flou avant flashback, un procédé tellement éculé qu’on croit rêver en le voyant sur l’écran !), sa mère et ses deux sœurs vont à l’école, en colo, en Italie, dans un océan de clichés et une esthétique Ripolin à faire passer "Le Petit Nicolas" pour un documentaire réaliste. Les gamines parlent comme des livres (l’enfant singe savant a, après "Le Hérisson", encore frappé !), et on reste interloqué par la prestation pour le moins binaire de Jean-Pierre Martins. Dire qu’il joue dans "La Horde" de notre maître Y

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Adieu Gary

ECRANS | De Nassim Amaouche (Fr, 1h15) avec Jean-Pierre Bacri, Dominique Reymond… (sortie le 22 juillet)

Christophe Chabert | Vendredi 10 juillet 2009

Adieu Gary

Grand prix de la Semaine de la critique au dernier festival de Cannes, Adieu Gary est effectivement une jolie découverte, malgré ses petits défauts (de jeunesse ?). Après des années d’absence, Samir revient dans son «pays», une cité ouvrière ardéchoise figée après la fermeture de l’usine, et y retrouve son père et ses amis, tous plombés par la résignation. Le décor étonnant du film est pour beaucoup dans sa séduisante étrangeté : dans cette ville fantôme, les personnages sont effectivement en train de devenir des spectres de leur humanité passée. La manière dont Amaouche aborde les questions sociales contemporaines (le deal de drogue, le chômage endémique, l’immigration), sans s’y appesantir mais avec d’étonnantes ellipses de mise en scène, témoignent d’un réel talent de cinéaste. Dommage dès lors que son travail en vignettes subisse un réel passage au vide en son milieu (le film, pourtant très court, est encore un peu long). Il faut donc attendre les dernières séquences, très touchantes, pour que les personnages sortent de leur apathie et se remettent à espérer, ensemble. Christophe Chabert

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