Black Moon, un rare Louis Malle projeté au Bellecombe

Vincent Raymond | Jeudi 8 octobre 2020

Photo : © Capture YouTube / DR


Tourné dans la foulée de Lacombe Lucien, Black Moon (1975) est l'ultime long-métrage que Louis Malle va signer en France avant de s'exiler aux États-Unis pour quelques années — au reste, on n'y cause plus français, ni plus beaucoup d'ailleurs dans cette variation sur Alice au pays des merveilles automnale qui rappelle par son ambiance onirique semi-cauchemardesque La Dernière fugue que signera Chabrol deux ans plus tard. Superbement photographiée par le génial Sven Nykvist, cette rêverie située à la campagne et pendant une campagne militaire (de guerre entre hommes et femmes) envoûte par son charme abstrait et ses échos psychanalytiques. Météorites le sort de l'éclipse où il se cachait pour le proposer en une conjonction spéciale au cinéma Bellecombe (Lyon 6e) le vendredi 9 octobre à 19h. À voir !


Black Moon

de Louis Malle (1975, Fr, 1h40) avec Joe Dallesandro, Therese Giehse...

de Louis Malle (1975, Fr, 1h40) avec Joe Dallesandro, Therese Giehse...

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Alors que la guerre fait rage dans une contrée non identifiée, une jeune fille, Lily fuit éperdument au volant d'une voiture. Elle se réfugie dans la foret et pénètre dans un monde imaginaire ou les fleurs gémissent de douleur sous les pas et ou elle rencontre une licorne qui la conduit vers une mystérieuse maison.


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Des étoiles dans les yeux : "Les Météorites"

Drame | De Romain Laguna (Fr, 1h25) avec Zéa Duprez, Billal Agab, Oumaima Lyamouri…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Des étoiles dans les yeux :

Nina, 16 ans, a lâché le lycée et bosse pour l’été dans un parc d’attraction. Seule à voir une météorite zébrer le ciel, elle y lit un signe du destin et se sent invincible. Alors Nina ose, agit selon son cœur et ses envies, quitte à essuyer de cosmiques déconvenues. Elle grandit… Bonne nouvelle : une génération de comédiennes est en train d’éclore et en plus, on leur écrit des rôles à la hauteur de leur talent naissant, donnant au passage de la jeunesse d’aujourd’hui une image plutôt féminine et volontaire. Après la révélation Noée Abita dans Ava de Léa Mysius (2017), voici Zéa Duprez en Nina — la prévalence des prénoms mono ou di-syllabiques riches en voyelles étant fortuite. Mais le volontarisme de Nina n’exclut pas une dose d’ingénuité lorsqu’il s’agit d’affaires de cœur : on n’est pas sérieux quand on a 16 ans, on croit en l’éternité de l’amour et l’on déchante avec d’autant plus de cruauté. Romain Laguna fixe des instantanés d’un été à part, ainsi que les mille et unes facettes d’une héroïne tantôt farouche et rugueuse quand elle r

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« Le cinéma expérimental, c’est de la peinture »

Collectif Météorites | Météorites, c’est ce nouveau collectif qui organise des projections de films un peu spéciales. La Mort du Dieu serpent au Zola, c’était eux. The Swimmer au Vinatier aussi. La soirée John Fahey au Périscope, toujours eux. Mais qui sont-ils ?

Lisa Dumoulin | Mardi 14 février 2017

« Le cinéma expérimental, c’est de la peinture »

Sébastien Escande, comète à l'initiative de la nébuleuse Météorites, nous éclaire : « Nous sommes une quinzaine de personnes, des réalisateurs, des producteurs, des programmateurs mais aussi des cinéphiles, et j’aime parce que c’est bien mixte, garçons et filles. C’est un collectif informel et mouvant, et c’est une force puisque ça nous oblige à réinterroger notre désir à chaque fois. Le moteur c’est la programmation : chacun arrive avec des idées. Ce qui est intéressant, c’est qu’on n’est pas enfermés dans un genre. L’idée c’est avant tout de montrer des films qui ne seraient pas diffusés si on ne les accompagnait pas, parce qu’ils représentent une prise de risque importante, qu’ils sont peu connus ou formellement singuliers… donc ils nécessitent d’être accompagnés par un réalisateur, une soirée, un échange. » La programmation se construit autour de trois axes : des documentaires contemporains (« on rapporte nos coups de cœurs des festivals où l’on se rend, comme ceux de Lussas ou de Clermont-Ferrand »), des films expérimentaux (« car il n’y en a pas à Lyon ») et des films méconnus

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Acteur du crépuscule

ECRANS | Film du mois dans la Ciné-collection du GRAC, "Le Feu follet" de Louis Malle (à qui l’Institut Lumière rendra aussi hommage ce trimestre) est un magnifique portrait de son acteur, Maurice Ronet, aussi énigmatique que mésestimé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 mars 2011

Acteur du crépuscule

Quand René Clément réunit dans Plein soleil Maurice Ronet et Alain Delon, a-t-il conscience de leur faire jouer à l’écran un scénario qui, métaphoriquement, sera celui de leurs carrières respectives ? Dans le film, la star Delon assassine et prend la place de l’acteur Ronet, tout comme ce film sorti à l’époque de la Nouvelle Vague amorce la mutation d’un cinéma populaire français résistant aux assauts de la politique des auteurs. Maurice Ronet, avec sa beauté ombrageuse et son port de grand bourgeois, sera éclipsé par le charme éclatant et le naturel éblouissant du soleil Delon. Ils se recroiseront pourtant deux fois par la suite, dans La Piscine de Jacques Deray qui rejoue la rivalité de Plein soleil en l’inversant, et dans Mort d’un pourri de Georges Lautner, où Ronet n’est que l’ami député vite assassiné d’un Delon qui s’improvise justicier face à l’état corrompu. Face à l’insolente santé de Delon, Ronet paraît alors avoir mille ans et éprouvé mille épreuves, déjà un peu de l’autre côté. Quelques années plus tard, sa confrontation avec Patrick Dewaere da

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