Flic ou voyou ? : "A Dark-Dark Man" de Adilkhan Yerzhanov

Policier | Un polar avec Daniar Alshinov, qui se distingue par sa radicalité formelle.

Vincent Raymond | Mercredi 14 octobre 2020

Photo : © Arizona Distribution


Au fin fond des steppes kazakhes, bien loin de la capitale, un commissaire corrompu qui a pris l'habitude de régler toutes les affaires vite et à sa façon, a “contaminé” Belzat, un jeune flic. L'arrivée d'une journaliste à l'occasion d'une enquête sur des meurtres pédophiles sort Belzat de sa sujétion et lui ouvre les yeux sur ses pratiques douteuses. Mais est-ce encore temps de changer ? Si ce combat d'un flic pour la restauration de son intégrité morale (et la réhabilitation d'un probable innocent) rappelle La Promesse de Dürrenmatt, il se distingue surtout par sa radicalité formelle : plans fixes, mouvements et travellings lents créant une tension qui se sublime dans l'abstraction d'un finale à revolvers tirés. L'âme de l'Homme seule est sombre dans ces décors en demi-teinte et ces extérieurs superbement photographiés.

A Dark-Dark Man
★★☆☆☆ Un film de Adilkhan Yerzhanov (Kaz-Fr, 1h50) avec Daniar Alshinov, Dinara Baktybaeva, Teoman Khos…


A dark, dark man

De Adilkhan Yerzhanov (Kaz, 1h50) avec Daniar Alshinov, Dinara Baktybaeva, Teoman Khos Bekzat est un jeune policier qui connait déjà toutes les ficelles de la corruption des steppes kazakhes. Chargé d’étouffer une nouvelle affaire d’agressions mortelles sur des petits garçons, il est gêné par l’intervention d’une journaliste pugnace et déterminée. Les certitudes du cow-boy des steppes vacillent.
Lumière Bellecour 12 rue de la Barre Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Camus roi de la steppe : "La Tendre indifférence du monde"

ECRANS | de Adilkhan Yerzhanov (Kaz-Fr, 1h39) avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Kulzhamiya Belzhanova…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Camus roi de la steppe :

Kazakstan. Les usuriers s’apprêtant à saisir la ferme familiale, la belle Saltanat n’a trouvé qu’un seul moyen pour la sauver : aller en ville, escortée par le costaud Kuandyk, son ami d’enfance. Ces deux innocents découvrent alors un monde corrompu où réussite rime avec compromission… Empruntant au réalisme magique, au roman picaresque, à la philosophie camusienne comme à la comédie sentimentale burlesque, ce conte kazakh où les héros tentent de préserver leur candeur feinte ou réelle, dissimule aux détours de son récit de multiples surprises cocasses ou stupéfiantes. Et notamment cette fascination pour les arts, qu’il partage avec le personnage de Kuandyk, portraitiste à ses heures : le film véhicule en contrebande de discrètes mais reconnaissables reconstitutions d’œuvres picturales (de Van Gogh, Caspar David Friedrich...) inscrivant les protagonistes dans une forme d’éternité, entre la fatalité et l’évidente postérité. Se déroulant sur un territoire à cheval entre l’Asie et l’Europe, La Tendre indifférence du monde peut aisément

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